La mare aux mots
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Margery Williams

Des doudous

Par 17 novembre 2017 Livres Jeunesse

On les appelle objets transitionnels ou doudous, aujourd’hui des livres qui mettent en scène des ours en peluche, un lapin de velours, un koala et toute sorte d’autres doudous. Et chez vous, c’est quoi le doudou ?

Le lapin de velours
Texte de Margery Williams (traduit par Rose-Marie Vassallo), illustré par Sarah Massini
Père Castor
16,50 €, 240×265 mm, 64 pages, lieu d’impression non indiqué, 2017.
L’ours et la poupée
Texte d’Hubert Ben Kemoun, illustré par Sejung Kim
Père Castor
13,50 €, 240×300 mm, 32 pages, imprimé en Espagne, 2017.
Je n’aime pas koala
Texte de Sean Ferrell (traducteur·trice non crédité·e), illustré par Charles Santoso
Alice Jeunesse dans la collection Histoires comme ça
12,90 €, 237×242 mm, 40 pages, imprimé en Chine, 2017.
Balthazar a perdu son ours Pépin
Texte de Marie-Hélène Place, illustré par Caroline Fontaine-Riquier
Hatier Jeunesse dans la collection Balthazar
12,94 €, 240×270 mm, 32 pages, imprimé en France chez un imprimeur éco-responsable, 2015.
Tous les doudous et le mien !
Textes de Bénédicte Rivière, illustré par Élise Garcette
Larousse
11,50 €, 205×245 mm, 32 pages, imprimé en Espagne chez un imprimeur éco-responsable, 2017.

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Parler de la mort…

Par 31 octobre 2013 Livres Jeunesse

Comme régulièrement voici une petite sélection de livres sur la mort. Parce que c’est un sujet tellement délicat qu’on est toujours content de trouver des livres jeunesse qui parlent de ce moment difficile que vont connaître certains enfants.

J'ai laissé mon âme au ventUn grand-père s’adresse à son petit-fils. Il lui conseille de ne pas s’inquiéter pour le jardin, le voisin s’en occupera. Il lui dit que les nuages seront toujours là pour l’abriter du soleil, qu’il y aura encore des sourires, des gourmandises (et qu’il faudra croquer dedans), lui… il a laissé son âme au vent.

Je commence par un coup de cœur, le magnifique J’ai laissé mon âme au vent de Roxane Marie Galliez et d’Éric Puybaret, véritable merveille de poésie. Ici, on dit que la vie continue, qu’il FAUT qu’elle continue malgré la tristesse. Le grand-père dit à son petit-fils qu’il est toujours là, quelque part et qu’il ne faut pas l’oublier. Mais quand il pense à lui il faut que ce soit en pensant à ses facéties, qu’il ne soit pas triste. Le texte est extrêmement bien écrit et les grandes illustrations d’Éric Puybaret les accompagnent à merveille. C’est assez rare un texte dont le narrateur est déjà mort. C’est souvent une personne âgée qui parle de l’après, là on y est… J’ai rarement été aussi ému par un album, un petit bijou.
Écoutez un extrait du texte sur le site de l’auteur.
Le même vu par Sous le feuillage et Enfantipages.

L'étoile de Grand'Pa Petit Ours entend ses parents parler, il perçoit des mots « Grand’ Pa », « lui dire », « demain »… Il sait très bien de quoi ils parlent, demain il ira voir son grand-père comme chaque été. Le lendemain, il se lève tout heureux, il a hâte d’y être. Sur le chemin, il imagine déjà tout ce qu’ils vont faire ensemble, il se remémore l’année dernière, il a hâte de lui montrer ce qu’il arrive à faire maintenant et qu’il ne savait pas faire avant. Son père, lui, est triste, il veut dire quelque chose à Petit Ours, mais n’y arrive pas. Quand ils arrivent chez Grand’ Pa ils ne l’y trouvent pas et ‘Pa trouve enfin la force de parler à son fils…

C’est une histoire sur la difficulté d’annoncer la mort aux enfants que nous raconte Jean-Marie Robillard. Que c’est difficile d’annoncer à un enfant qui se réjouit de revoir son grand-père que plus jamais il ne le reverra, mais qu’il est là toujours, en lui. Petit Ours se souviendra que son grand-père lui a dit que lorsqu’un ours meurt, un aigle vient cueillir sa dernière étincelle de vie et l’emporte dans le ciel, c’est ce qui fait les étoiles. Petit Ours saura ainsi que son grand-père veille sur lui. Xu Hualing  a fait un très beau travail sur cet album et certaines illustrations sont absolument merveilleuses. Elles sont bien mises en valeur par la taille de l’album et couvrent parfois des doubles pages. Un bien bel album sur ceux qui ne sont plus là, mais veillent encore sur nous.
Plusieurs planches du livres sur le site de l’illustratrice.

une chanson pour l'oiseauIl n’était pas mort depuis longtemps quand les enfants ont trouvé cet oiseau. Il était encore tiède, mais très vite il est devenu raide et froid. Alors, très tristes, ils décidèrent de l’enterrer. Ils ont creusé un trou dans la terre pour lui, ont mis une pierre sur laquelle ils ont écrit “Ici repose un oiseau qui est mort” et ils sont retournés jouer.

La collection Cligne cligne, chez Didier Jeunesse, ressort des petits trésors anciens de la littérature jeunesse, comme ce Une chanson pour l’oiseau sorti en 1958 aux États-Unis (et jamais sorti en France). Avec beaucoup de justesse et de poésie, Margaret Wise Brown et Remy Charlip nous montrent  les réactions des enfants face à la mort. C’est toujours la vie qui reprend le dessus, la tristesse est vite oubliée pour retourner jouer. C’est un petit album au format à l’italienne dont les doubles pages textes alternent avec les doubles pages illustrations. Un magnifique ouvrage sur l’enfance et son rapport à la mort.
Des extraits sur le site de Didier Jeunesse.
Le même vu par Fantasia, Les lectures de Kik et Les lectures de Liyah.

Le tracteur aux dromadairesC’est en patois que lui parlait son grand-père. Raphaël était très proche de ce vieux monsieur qui adorait son tracteur et qui se désolait de la désertification de la campagne. Le vieil homme se souvenait d’un voyage dans le Sahara, il repensait aux gens qui y vivent. Un soir, il prit une décision, après sa mort il voulait que son tracteur soit envoyé là-bas, il se disait qu’il aurait beaucoup plus d’utilité pour ces gens. Bien sûr, on l’avait écouté comme on écoute parfois (malheureusement) les paroles des vieux, se disant que ce ne sont que des délires séniles. Son petit-fils, lui, l’avait vraiment entendu.

J’avais eu la chance de voir il y a quelques années Yannick Jaulin sur scène (malheureusement trop brièvement). Très célèbre dans la région nantaise, sa popularité gagne de plus en plus le reste de la France… et réputation n’est pas usurpée ! Yannick Jaulin est fabuleux à écouter. Ici, il s’agit de le lire (mais tout en lisant l’histoire je l’imaginais la racontant). Il nous conte donc l’histoire de ce vieil homme plus vraiment écouté (parce qu’il ne parle pas comme ses enfants, parce que ses passions semblent désuètes) et de l’amour de son petit-fils. Alors bien sûr le grand-père va partir (sinon le livre ne serait pas dans une chronique sur la mort) et le petit-fils va tout faire pour honorer la mémoire de celui qu’il a tant aimé. C’est une histoire entre la réalité et le conte, un pied dans le réel (il y a rarement de tracteurs dans les contes) et un autre dans l’imaginaire (un enfant qui part en tracteur jusque dans le Sahara sans qu’on se demande où il trouve l’essence ou comment il traverse la mer). Et même si je n’ai pas du tout été touché par les illustrations (mais c’est une affaire de goût), j’ai trouvé très belle cette histoire sur la transmission, le partage, la mort et les expériences dont on sort grandit.
Des extraits sur le site de Rêves bleus.

Quelques pas de plus…
Nous avons déjà chroniqué des livres de Jean-Marie Robillard (Le messager du clair de lune), Xu Hualing (Manon et la caverne aux brigands) et Margery Williams (Le lapin en peluche).
Retrouvez toutes nos chroniques sur les livres pour enfants parlant de la mort et du deuil sur notre fiche thématique et sur le forum (que vous pouvez compléter !).

J’ai laissé mon âme au vent
Texte de Roxane Marie Galliez, illustré par Éric Puybaret
De la Martinière Jeunesse
14,50€, 251×352 mm, 32 pages, imprimé en Belgique, 2013.
L’étoile de Grand-Pa
Texte de Jean-Marie Robillard, illustré par Xu Hualing
Le buveur d’encre
16€, 300×280 mm, 40 pages, imprimé en Italie, 2011.
Une chanson pour l’oiseau
Texte de Margaret Wise Brown, illustré par Remy Charlip
Didier Jeunesse dans la collection Cligne Cligne
11,90€, 150×210 mm, 42 pages, imprimé en France chez un imprimeur éco-responsable, 2013.
Le tracteur aux dromadaires
Texte de Yannick Jaulin, illustré par Marie-France Goyet
Rêves Bleus
15€, 240×320 mm, 36 pages, imprimé en Europe chez un imprimeur éco-responsable, 2013.


À part ça ?

Paroles au Paradis Lucernaire 2013Puisque dans cette rubrique je parlais de conteur (avec Yannick Jaulin)… en ce moment au Lucernaire (à Paris) dans le cadre du festival Paroles au Paradis, un festival de contes, de très bons conteurs sont programmés. Moi je suis allé voir Zouj de Pierre Delye et Halima Hamdane, c’était absolument magnifique. Il s’agit d’un spectacle pour adultes dans lequel les deux conteurs content chacun à leur tour ou ensemble, en comparant les histoires de « chez eux ». Ils sont vraiment extraordinaires, il faut absolument aller les voir, c’est jusqu’au 9 novembre. Plus d’informations ici et sur le site de Clair de lune.

Gabriel

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La vie des doudous

Par 14 juin 2013 Livres Jeunesse

Le lapin en pelucheVivant, voilà ce qu’aimerait être ce petit lapin en peluche. D’après le cheval à bascule il suffit pour cela d’être aimé très fort par un enfant, imaginez donc la joie de notre lapin lorsque Nana le mit dans le lit du petit garçon et qu’il devint sa peluche préférée, celle qu’on traîne partout. Vivant il l’était devenu aux yeux du petit garçon, mais une rencontre avec de vrais lapins lui fit comprendre qu’il ne l’était pas aux yeux de tous… mais l’histoire était loin d’être terminée !

C’est un très beau conte de Margery Williams qu’adapte ici la très talentueuse Komako Sakaï. Un conte comme ceux de notre enfance (il date de 1922, année de ma naissance à deux trois années près) qui rappelle un peu Pinocchio (l’envie de devenir vivant, l’aide d’une fée pour le devenir). L’histoire est absolument magnifique et tellement riche ! On parle de l’importance des doudous, de la maladie, des objets qui ont une âme,… les illustrations de Komako Sakaï sont comme toujours somptueuses (la couverture ne leur rend pas justice d’ailleurs je trouve). Un conte magnifique, inoubliable.

Le Nouveau DoudouMais qui est ce lapin ? Les doudous ne le connaissent pas ! Faut dire qu’à l’école tout le monde se connaît : Kiki l’éléphant, Lala le petit âne, Tigrou le fauve, Boudou le carré de laine… passer des heures sur les étagères pendant que les enfants sont en classe ça crée des liens ! Alors pourquoi ce matin ce n’est pas Loupette que Soledad a déposé mais ce petit lapin nommé Pinpin ?

Dans un tout autre genre que le précédent, c’est une très jolie histoire de doudou qu’a écrite Hubert Ben Kemoun. On parle ici des doudous qui vont et qui viennent, des doudous de la nuit et ceux du jour, des doudous oubliés,… on parle aussi d’apprentissage, de l’école, de jalousie, du fait qu’on peut aimer plusieurs personnes sans que l’amour soit amoindri. Le texte est mis en valeur par de belles illustrations de Charlotte Roederer. Un bel album qui plaît beaucoup aux enfants.

Quelques pas de plus…
Nous avons déjà chroniqué des livres de Komako Sakaï (L’ours et le chat sauvage et Dans l’herbe), Hubert Ben Kemoun (La pire meilleure journée de ma vie, Seuls en enfer et L’épouvantail qui voulait voyager) et Charlotte Roederer (Mes cinq premières histoires à la petite école). Retrouvez aussi une de nos chroniques sur les doudous et d’autres avec le tag doudou.

Le lapin en peluche
de Komako Sakaï, d’après Margery Williams
L’école des loisirs
12,70€, 225×280 mm, 36 pages, imprimé à Singapour, 2007.
Le nouveau doudou
Texte d’Hubert Ben Kemoun, illustrations de Charlotte Roederer
Nathan dans la collection Album Nathan
10€, 224×275 mm, 24 pages, imprimé en France chez un éditeur éco-responsable, 2013.

A part ça ?

La petite salamandre 88Le nouveau numéro de la revue La petite salamandre est sorti ! Vous le savez on aime beaucoup ce magazine pour enfants sur la nature. Dans ce numéro 88 (juin-juillet) on va en savoir un peu plus sur les chauve-souris, apprendre à différencier un martinet noir d’une hirondelle de fenêtre, tout connaître du grillon,… et comme d’habitude des BD, un conte, des loisirs créatifs (on va fabriquer des instruments de musique !)… Un magazine toujours aussi bien fait, à la fois drôle, ludique et pédagogique. Pour tous les mordus de nature de 6 à 10 ans (et agréable à lire à tous les âges !).
En savoir plus sur cette super revue : http://www.petitesalamandre.net

Gabriel

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