La mare aux mots
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Marie Colmont

Des règles à suivre l’été et une boum à ne pas rater

Par 26 mai 2014 Livres Jeunesse

Pourquoi ne pas commencer la semaine par des petits bijoux ?

Et on commence par un livre très particulier, Les lois de l’été de Shaun Tan.
Les lois de l'étéUn enfant se remémore ce qu’il a appris l’été dernier, des règles comme celle qui disent qu’il ne faut jamais laisser de chaussette rouge sur la corde à linge, ne jamais faire tomber un bocal ou ne jamais attendre d’excuses. Cette liste est illustrée par de grands dessins, complètement surréalistes.
Les lois de l’été est impossible à expliquer, c’est un album étrange, original. Est-on ici dans un rêve ? Dans l’imaginaire des deux enfants ? (une clef sera donnée en fin d’ouvrage… mais elle peut ouvrir de nombreuses portes) Par exemple, pour illustrer « Ne mange jamais la dernière olive de la soirée », un des enfants s’apprête à prendre la dernière olive d’un grand plat, pendant que l’autre l’empêche, sous le regard sévère d’une assemblée d’oiseaux, en costume, bien plus grands qu’eux. Pour illustrer « Ne marche jamais sur un escargot », derrière nos enfants, dont l’un des deux regarde sous sa chaussure, on aperçoit un typhon qui ravage tout sur son passage. On pense aux Chroniques d’Harris Burdick, mais aussi à La quatrième dimension. Les planches sont absolument superbes, on a envie de plonger dans ce monde parfois inquiétant.
Alors il est tout à fait possible de passer à côté, de se demander quel est l’intérêt de ce livre qu’on ne comprend pas vraiment. Ou alors on peut se laisser porter en retenant une des règles du livre : Ne demande jamais d’explications.
Un album déroutant, sublime, qui ne vous laissera pas indifférent, avec de superbes grandes planches, signé par l’auteur du magnifique La chose perdue.
Des extraits sur le site de l’auteur (en VO).

La BoumÀ 37 ans, il m’arrive encore de bondir de joie, comme un enfant, en ouvrant certains plis et en découvrant le nouveau livre d’une série. Ça a été le cas avec la nouvelle aventure de Michel, le héros de Charlotte Moundlic et Olivier Tallec.
Après avoir passé des vacances chez ses grands-parents où il a été le souffre-douleur de ses cousins (les pires vacances de sa vie), après avoir eu le cœur brisé par Carmen (les plus beaux jours de sa vie), Michel va avoir la plus mauvaise idée de sa vie : proposer une boum pour son anniversaire pour éviter le sempiternel goûter d’anniversaire avec sa pêche à la ligne. C’est certain sa mère va refuser, et il va être tranquille. Sauf que ce plan foireux échoue… et Michel va devoir organiser une boum et tout faire pour que ça soit réussi (inviter des filles, faire une playlist, se débarrasser des parents…) Y’a pas à dire, c’était pas une bonne idée… quoique…
Comme d’habitude avec Michel, le titre est trompeur, La boum, la plus mauvaise idée de ma vie ne raconte pas une boum catastrophique, les choses ne se passent pas aussi mal que Michel le pensait. Dans ce nouvel album, encore une fois, Charlotte Moundlic bourre son histoire de petits détails (la haine des brocolis, les petites guéguerres de clans, les parents qui se mettent à danser quand tout le monde est parti…) qui nous rappellent notre propre enfance et qui sont parlant pour les enfants. Ça parle de l’enfance et du fait de grandir avec énormément de tendresse, de délicatesse. Un petit peu comme Du vent dans mes mollets.
Et puis il y a les dessins du très talentueux Olivier Tallec, qui sont si tendres également… on se régale.
Fin, drôle, délicat, tendre… quel bonheur de retrouver Michel.
Un extrait sur la page facebook de l’éditeur.

MichkaEt puisqu’on parle du génial Olivier Tallec, on ne vous avait pas parlé de sa version de Michka, le grand classique de Marie Colmont, sorti il y a quelque temps.
Tout comme pour Marlaguette (chroniqué ici), l’illustrateur a refait les dessins de l’album original et ils sont accompagnés du texte d’origine de 1941, dépoussiérant ainsi un autre grand classique de la littérature jeunesse. J’avoue que je n’étais pas très fan des illustrations de l’époque (signées Feodor Rojankovsky). Olivier Tallec a illustré de façon extrêmement poétique cette histoire d’un petit ours qui a fui une maîtresse trop rude un soir de Noël pour reprendre sa liberté, mais qui va finalement faire le bonheur d’un enfant sans cadeau. Un véritable bijou.
Des extraits sur le site d’Olivier Tallec.

Quelques pas de plus…
Nous avons déjà chroniqué des ouvrages de Charlotte Moundlic (Chamalo aime l’école, Je veux des lunettes !, Mon cœur en miette, Chamalo et sa baby sitter, Chamalo est jaloux, Les invités , Le slip de bain, ou les pires vacances de ma vie et La croûte), Olivier Tallec (Qui quoi qui, Coffret Grand Loup & Petit Loup, MarlaguetteLe plus féroce des loups, Pas de pitié pour les baskets, Kevin et les extraterrestres, Restons Calmes !, Joyeux Noël Rita et MachinMaurice Carême chanté par Domitille, Mon cœur en miettesLe slip de bain, ou les pires vacances de ma vie et La croûte) et Marie Colmont (Marlaguette).

Les lois de l’été
de Shaun Tan (traduit par Anne Krief)
Gallimard Jeunesse
19,90 €, 300×280 mm, 52 pages, imprimé en Italie, 2014.
La boum ou la plus mauvaise idée de ma vie
Texte de Charlotte Moundlic, illustré par Olivier Tallec
Père Castor dans la série Michel
10,50 €, 195×240 mm, 32 pages, imprimé en Chine, 2014.
Michka
Texte de Marie Colmont, illustré par Olivier Tallec
Père Castor
13,50 €, 267×285 mm, 24 pages, imprimé en Chine, 2011.

À part ça ?

Sur Facebook, Gilles Bachelet publie des dessins hilarants.

Gabriel

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Maintenant, j’ai un ami

Par 15 novembre 2013 Livres Jeunesse

Unis main dans la main
A chaque seconde
On rit de ses chagrins
Quand on possède un bon copain
Avoir un bon copain, Jean Boyer

Dans les albums du jour il sera question de rencontres, d’amitié, d’entraide. Et je vous préviens, il y aura quelques pépites.

Une rencontreUne renarde rôde. Il fait froid, c’est l’hiver et la neige recouvre le sol. Elle s’approche d’un village, bien entendu elle est chassée par les habitants mais de la fenêtre de sa chambre un enfant observe. Il voit la renarde se réfugier dans la serre, il décide de l’aider.

Une rencontre est un album sans texte (comme tous les albums de la collection Histoire sans paroles très joliment sous-titrée Pour lire avant de savoir lire). Les très belles planches toutes en longueur sont signées Princesse Camcam et elles sont absolument magnifiques. Elle reprend ici le principe des papiers découpés qu’on avait adoré dans L’album de famille. C’est un album très doux, extrêmement poétique. Le petit garçon aide la renarde qui cherchait où mettre au monde ses petits, la renarde offrira un beau cadeau au petit garçon. Un magnifique album, format à l’italienne, présenté dans un fourreau en carton.
Vous pouvez voir des illustrations issues du livre sur le site de Princesse Camcam.

Le lion et l'oiseauAlors qu’il jardinait, Lion trouva un oiseau par terre, l’oiseau était blessé, il fallait le soigner. Ses amis avaient continué leur vol et il était maintenant seul. Lion allait prendre soin de lui, le réchauffer, le nourrir. Lion, qui vivait seul, était ravi de ce nouvel ami et ensemble ils regardaient passer l’hiver, bien au chaud. Au printemps, l’oiseau était guéri, ses amis repassèrent, il pouvait donc les rejoindre. Lion se retrouva à nouveau seul… il espérait que son ami reviendrait le voir.

Le lion et l’oiseau de Marianne Dubuc est également un magnifique album. Ici aussi on parle d’entraide, d’amitié. Le livre est extrêmement doux, poétique et si, contrairement au précédent, il y a du texte, c’est un texte court, parfois plusieurs pages n’en contiennent pas. J’avais déjà chroniqué un livre édité par La pastèque il y a peu (Joseph Fipps) et j’ai le même coup de cœur ici. Décidément une maison d’édition qui fait de beaux livres (tant niveau édition que dans le contenu), une maison d’édition à suivre de près !
Le même vu par Le cabas de Za, Enfantipages et Œil d’ailleurs.

coffret Grand loup et Petit loupGrand Loup avait toujours vécu sur sa colline, sous son arbre. Un jour il vit arriver Petit Loup qui s’installa aussi sous l’arbre… Grand Loup ne savait pas quoi faire, qui était cet inconnu ? Il le regardait du coin de l’œil. La nuit vint, Grand Loup se coucha, Petit Loup aussi. Grand Loup eu pitié de Petit Loup et partagea avec lui son drap de feuille. Très vite ces deux-là devinrent amis. Grand Loup connut le manque quand Petit Loup disparut (avant de revenir, rassurez-vous). Il accomplit un dangereux périple pour lui offrir une feuille qui le tentait tant et il partit à sa recherche quand Petit Loup se perdit.

Connaissez-vous Grand Loup & Petit Loup, cette série de Nadine Brun-Cosme et Olivier Tallec ? Trois albums sont sortis, ils sont ici regroupés en petit format dans un coffret. Si vous ne connaissez pas ces albums, ce sont des bijoux de poésie. Des textes superbes, extrêmement riches (ma préférence va à La feuille qui ne tombait pas, le deuxième livre, où Petit Loup désire plus que tout une feuille qui se trouve tout en haut de l’arbre, il a envie de la toucher, de la goûter et de se voir dedans. Grand Loup va aller la chercher pour lui mais il a tant attendu avant de le faire que la feuille se désagrège à peine il la touche, et elle tombe en poussière. Finalement, Petit Loup recevra une pluie de morceaux de la feuille mais il arrivera à en manger un petit bout, un morceau frôlant sa joue lui montrera qu’elle est douce et en regardant les morceaux tomber il verra à quel point elle brillait… magnifique). Les illustrations d’Olivier Tallec sont bien sûr superbes (Olivier Tallec…) et il nous réserve une surprise dans le dernier tome, quelque chose qui m’a laissé sans voix, perplexe, qui m’a donné envie d’en parler avec lui. Bref, voilà réunis 3 albums merveilleux, dans un bien joli petit coffret.
Grand Loup & Petit Loup (le premier album du coffret) vu par Le cabas de Za.

MarlaguetteMarie-Olga était une petite fille que tout le monde appelait Marlaguette. Un jour qu’elle cueillait des champignons dans les bois elle rencontra le loup ! Bien sûr le loup la prit dans sa gueule mais l’enfant se débattait tellement que le loup finit par se cogner… il ne bougeait plus, un peu de sang coulait de son front. Marlaguette ne pouvait pas le laisser comme ça. Ce fut le début d’une belle histoire.

Marlaguette est un conte classique que vous avez peut-être lu enfant et que vos parents ont peut-être même lu lorsqu’ils l’étaient eux-mêmes (il date de 1952). La version sortie dans les classiques du Père Castor est très connue. Ce bon vieux Père Castor a eu une super idée en la ressortant dans un grand album, au dos toilé, illustré par le génial Olivier Tallec. Les grandes planches sont absolument magnifiques, c’est vraiment un régal de redécouvrir les aventures de cette petite fille qui pardonne à celui qui voulait la manger et décide de lui venir en aide. On y parle aussi de la nature (et de ne pas aller contre elle). Une magnifique histoire d’amitié et d’entraide qui, éditée il y à 60, n’a pas vieillit depuis.

Le petit pêcheur et le squeletteTong vit dans une petite cabane, aux portes de la ville. Comme tous les matins, l’enfant part à la pêche sur son bateau, mais ce matin le ciel est sombre, très vite la mer se déchaîne. Tong pousse tout à coup un cri d’horreur, un squelette vient de monter dans son bateau et se dresse maintenant devant lui, imaginez la terreur du petit garçon qui lutte pour faire tomber cet occupant. Tong arrive a rentrer chez lui mais le squelette est toujours là, l’enfant s’évanouit. Le squelette ramasse l’enfant, l’aide à revenir à lui, s’en occupe puis découvre son image dans un miroir, à son tour il est terrorisé et s’effondre, ça sera l’enfant qui, à son tour, s’occupera de lui.

Le petit pêcheur et le squelette est un album bien singulier, il pourrait paraître terrifiant (le squelette arrive dans l’histoire avec un gros plan pleine page) mais ma fille de cinq ans (assez froussarde habituellement) n’a pas du tout été effrayée par ce conte (la notion de squelette n’est pas forcément associée à un revenant pour les petits). Ici aussi on parle d’entraide, ces deux-là vont s’occuper tour à tour l’un de l’autre. Et la fin est des plus heureuses (le squelette redeviendra humain grâce aux soins du petit garçon). Les illustrations sont superbes et accompagnent parfaitement ce joli conte, bien original.
Le même vu par Les livres de Dorot’.

Deux clownsUn clown blanc regardait vers l’horizon mais ne voyait rien venir, accompagné de son cheval il décida donc de quitter son pays. Il rencontra un petit homme perché sur un arbre, il lui expliqua que, grâce à de la peinture, il redonnait de la couleur aux arbres qui avaient perdu leurs feuilles. Les deux hommes sympathisèrent, ensemble ils partagèrent un repas puis jouèrent de la musique. Ils remarquèrent qu’ils avaient le même nez rouge et qu’en les voyant les enfants riaient. Un cirque passait par là, ils décidèrent de le suivre pour en devenir les clowns.

Deux clowns est aussi une très belle histoire d’amitié que nous propose Éric Battut, l’histoire de deux hommes, assez différents, mais avec quelques points communs, qui vont devenir amis. On reconnaît bien sur ici le clown blanc et l’Auguste, deux personnages connus chez les clowns. Ce bel album est sorti dans une toute jeune maison d’édition, Bulles de savon, qui a déjà un beau catalogue. A suivre donc (mais nous en reparlerons) !

D'une île à l'autreColin, Max et Rémi jouaient ensemble tous les jours sur leur rocher qu’ils appelaient leur île. C’était LEUR territoire, personne n’avait le droit de s’en approcher. Les trois garçons avaient chacun leur caractère, l’un aimait construire des tours et des châteaux, l’autre adorait courir, le troisième aimait les drapeaux. Un jour, Sarah arriva. Hors de question qu’elle joue avec eux, une fille ! Imaginez donc ! Alors elle les observa de loin, sur son propre rocher. Seulement, quand Sarah mit un drapeau, les garçons continuèrent à jouer mais en gardant un œil vers là-bas… Le lendemain ils était deux sur le rocher de Sarah… et ils n’étaient plus que deux sur le rocher des garçons.

D’une île à l’autre nous parle aussi d’amitié, d’aller à la rencontre de l’autre, peu importe sa couleur, peu importe son sexe. C’est tellement mieux de faire les choses à plusieurs que seul dans son coin, et comme le dit l’expression, plus on est de fous, plus on rit. De très belles illustrations à la peinture signées Sylvie Serprix mettent en image le texte de Nadine Brun-Cosme (dont on a déjà parlé dans cette chronique). Un très bel album pour aller vers l’autre qui a eu le soutien d’Amnesty International.
Le même vu par Enfantipages.

ChapillonUn papillon vole, un chat le poursuit. Le chat s’élance… va-t-il l’attraper ? Non, le chat retombe sur ses pattes et le papillon vole toujours. On retente de plus haut… le chat tombe dans la mare. Allez une autre tentative ?

On a commencé par un album sans texte, on termine la chronique par un album sans texte. Chapillon de Layla Benabid fait partie de la collection Cartoons de chez Rêves Bleus dont nous vous avions déjà parlée ici. Une très jolie collection de petits albums souples en noir et blanc (avec une couleur en plus). Ici on parle donc de l’histoire d’amitié entre un papillon et un chat, eux qu’on croyait ennemis. Un album très graphique et très esthétique, très tendre.
Le même vu par Butiner de livres en livres.

Quelques pas de plus…
Nous avons déjà chroniqué des livres de Princesse Camcam (Le jardin de Clara, Je danse à l’Opéra, L’album de famille, Marie de Paris, Marie voyage en France, Drôles de marchés ! et La fille aux cheveux d’encre), Nadine Brun-Cosme (Trop c’est trop et Le prince amoureux), Olivier Tallec (Le plus féroce des loups, Pas de pitié pour les baskets, Kevin et les extraterrestres, Restons Calmes !, Joyeux Noël Rita et MachinMaurice Carême chanté par Domitille, Mon cœur en miettesLe slip de bain, ou les pires vacances de ma vie et La croûte), Éric Battut (Mes petits bateaux, Le petit poisson rouge, Arthur 1er et le trône à trois pieds, Quand Grand-Mère revenait, Monsieur Scarlatine, Comme un pou), Sylvie Serprix (Samiha et les fantômes et Contes d’un autre genre) et Layla Benabid (Kid-do, Nours et Li-loup). Retrouvez aussi notre interview de Princesse Camcam.

Une rencontre
de Princesse Camcam
Autrement dans la collection Histoire sans paroles
12€, 260×150 mm, 32 pages, imprimé en Chine, 2013.
Le lion et l’oiseau
de Marianne Dubuc
La Pastèque dans la collection Pamplemousse
16,40€, 199×249 mm, 60 pages, imprimé à Singapour, 2013.
Coffret Grand Loup & Petit Loup
Textes de Nadine Brun-Cosme, illustrés par Olivier Tallec
Père Castor
18€, 140×170 mm, 3×32 pages, imprimé en Chine, 2013.
Marlaguette
Texte de Marie Colmont, illustré par Olivier Tallec
Père Castor
13€, 280×260 mm, 32 pages, imprimé en Chine, 2013.
Le petit pêcheur et le squelette
de Chen Jiang Hong
L’école des loisirs
12,70€, 285×290 mm, 48 pages, imprimé en Italie, 2013.
Deux Clowns
d’Éric Battut
Bulles de savons
14€, 310×230 mm, 32 pages, imprimé en Union Européenne, 2013.
D’une île à l’autre
Texte de Nadine Brun-Cosme, illustré par Sylvie Serprix
Talents Hauts
14,80€, 226×306 mm, 25 pages, imprimé en Italie, 2013.
Chapillon
de Layla Benabid
Rêves Bleus dans la collection Cartoons
5,90€, 150×150 mm, 32 pages, imprimé en France, 2013.

A part ça ?

Les auteurs ne sont déjà pas bien riches, la loi des finances 2014 propose de les taxer encore plus. Une pétition à lire (et à signer) ici.

Gabriel

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« Le vent tiède, les éclairs, le tonnerre et la douceur y furent invités »

Par 11 décembre 2011 Livres Jeunesse

Je vous avais promis, il y a peu de temps (ici), de vous parler de recueil de contes. Comme je vous disais j’aime beaucoup ces (généralement beaux) albums. On y pioche régulièrement une histoire, on les garde longtemps, on les rouvre avec plaisir.

Le premier est d’actualité puisqu’il parle de Noël !

Dans la collection Petites histoires du Père Castor, un spécial Noël vient de ressortir (je le connaissais sous une autre couverture il me semble). Dix histoires très disparates mais toujours sur le même thème… Un père Noël qui en a ras le bol de toujours s’habiller pareil et décide de changer tout ça… mais les lutins et les rênes ne vont pas le laisser faire ! (Chic, le Père Noël ! de Sylvie Poillevé, illustré par Pierre Caillou), l’histoire de Monsieur Gronchon qui déteste Noël, les cadeaux, le repas de réveillon jusqu’au jour où il va trouver une dinde dans son jardin… (La dinde de Noël d’Élodie Agin illustré par Clotilde Perrin), les aventures d’Ivan Ivanovitch et de sa grand-mère Maroussia qui vivent dans la pauvreté en Russie au temps des tsars et qui, grâce à l’ingénuosité du petit moujik, vont passer un joli Noël (Ivan et l’oie de Noël de Christine Frasseto d’après un conte russe, illustré par Nicolas Duffaut), la rencontre entre Petite Mère et Bonhomme Hiver qui va être à l’origine de la création de la bûche glacée (Bonhomme Hiver… de Sylvie Poillevé illustré par Éric Gasté), le Noël d’animaux dans la savane qui voient tomber du ciel un objet que chacun interprête à sa façon et pense qu’il est son propre cadeau (Dans le ciel de Noël d’Amélie Sarn illustré par Nadia Bouchama), les aventures d’animaux qui ont pris possession d’une maison pour l’hiver et font fuir les visiteurs en leur faisant croire qu’elle est hantée, jusqu’au jour où… (Cette nuit-là… sans doute celle que j’ai préféré, d’Agnès Bertron-Martin illustré par France Sengel), un classique de chez Père Castor, Michka, l’histoire d’un petit ours en peluche qui va fuir une petite fille trop gâtée pour vivre de belles aventures (de Marie Colmont, illustré par Feodor Rojankovsky), l’attente de 24 petites souris, désespérées de ne pas avoir de neige à Noël (24 petites souris et la neige de Noël de Magdalena, illustré par Nadia Bouchama), l’histoire d’un vieil homme très pauvre qui vit à Mooréa avec pour seule compagnie son chien, à qui il n’a rien à offrir même pour Noël… mais un chat va changer leur réveillon (le très beau Un Noël tombé du ciel d’Agnès Bertron-Martin d’après un conte polynésien illustré par Aurélie Abolivier) et enfin les mésaventures du Père Noel, qui vit incognito dans un petit village et qui ne peut accéder à la liste de Noël des enfants car son ordinateur a un virus (le très moderne Sauvons le Père Noël ! d’Émmanuel Trédez illustré par Louis Alloing).

Avec son petit format (18×23 cm) et sa couverture matelassée, c’est un joli petit album aux histoires, comme je le disais plus haut, très différentes. Parfois drôles, parfois tristes, parfois très modernes parfois plutôt classiques, même dans les illustrations on passe par des extrêmes (il y a un monde entre les jolies illustrations classiques, très douces, de Feodor Rojankovsky et celles, très modernes, de Louis Alloing). Chacun y trouvera son compte, y’en a vraiment pour tous les gouts (y compris sur la longueur des histoires) ! …et les parents apprécieront le petit prix !

Et si on se replongeait dans les bons vieux classiques d’Andersen ? C’est ce que nous propose Lito avec un très bel album intitulé tout simplement Contes d’Andersen. Ici ce sont les contes dans leur version originale et en intégralité que l’on peut découvrir ou redécouvrir. Certains je les connaissais très bien. Poucette, par exemple, combien de fois ai-je entendu ma mère raconter à ma sœur les aventures de cette petite fille grande comme un pouce qui va être tour à tour la promise d’un crapaud et d’une taupe avant de rencontrer un joli prince de sa taille ? Autres histoires connues, La petite fille aux allumettes ou Le vilain petit canard, font partie de celles que l’on nous a racontées à de multiples reprises. Ou encore Les habits neufs de l’empereur que j’avais redécouvert grâce à Parastou Haghi et aux éditions Philomèle, je vous avais parlé il y a peu de temps de cette histoire d’empereur vaniteux et coquet dont la crédulité va être mise à l’épreuve par deux escrocs. Par contre j’ai découvert Le rossignol (l’histoire d’un rossignol dont le chant envoûte les populations et fini par enchanter l’empereur de Chine… avant qu’il ne soit remplacé par un oiseau mécanique…), Le petit soldat de plomb ( l’histoire d’un petit soldat unijambiste qui va tomber amoureux d’une petite danseuse) ou encore La princesse au petit pois (qui est très connue, je sais, mais qu’on ne m’avait jamais lue !). Le livre est très beau, pages épaisses, couverture cartonnée épaisse, grand format (31×26 cm) et les illustrations sont absolument merveilleuses. Les sept contes sont mis en image par Evelyne Faivre, Mayalen Goust, Jean-Marc Denglos, Judith Gueyfier, Aline Bureau, Daneth Khong et Crescence Bouvarel (attention malgré que le dessin de couverture soit de Rebecca Dautremer, vous ne trouverez aucune illustration d’elle à l’intérieur). Un très bel album, donc, aux histoires parfois un peu dures (la fin de la petite fille aux allumettes ou celle du soldat de plomb et de sa danseuse ne sont pas des plus joyeuses…) mais toujours très belles. Sept contes qui traversent le temps.

On retrouve plusieurs noms de l’album précédent dans le dernier ouvrage dont je vais vous parler, mon préféré des trois, Princesses de tous les pays. Anja Klauss, Daneth Khong, Xavière Devos, Anne Cresci, Mayalen Goust, Aline Bureau et la très talentueuse Sophie Lebot (dont Marianne vous a parlé encore cette semaine) illustrent ici de belles histoires de princesses des quatre coins du monde écrites par Christine Palluy.

Kimiko est une princesse du japon qui va rencontrer un prince changé en carpe, elle devra l’aider à lever cette terrible malédiction… au risque de se faire enlever par un dragon. Meriem est fille de sultan qui est menacée par une ogresse voleuse de princesse, menace qui ne cessera qu’à ses seize ans… mais vous vous doutez bien qu’elle va la rencontrer avant ! Vaïmiti est fille de pêcheur sur l’ïle de Tahiti. Elle est amoureuse du prince, malheureusement lui n’a pas le droit de regarder une fille du peuple. Grâce à l’esprit de la mer leur destinée va être changée. La reine d’un village africain ne pouvait avoir d’enfant. Elle promet à un baobab que s’il faisait en sorte qu’elle en ait un, elle lui donnerait ce qu’il veut en échange. Ainsi naît Adamma. Seulement quand elle devient une belle femme, le baobab, par l’intermédiaire d’un oiseau, la demande. Ce qui va lui arriver sera bien plus beau que ce qu’elle ne croit. Léontine (quelle joli prénom !) a eu la malchance d’avoir, au-dessus de son berceau, la dispute entre deux fées qui, du coup, lui ont offert des dons assez particuliers… Elle sera capricieuse, colérique mais surtout elle disparaitra le jour où un prince la rencontrera. Son père va bien sûr l’enfermer dans un château pour qu’aucun prince ne la croise. Mais c’est sans compter sur le caractère de Léontine… Nastasia, dont la mère est morte, vit avec son père, le tsar, sa belle-mère et ses deux horribles filles. À cause de cette marâtre elle va être la promise d’un ours (non pas un homme dur et renfermé, l’animal !) mais bien entendu l’ours n’est pas ce que l’on croit… Enfin Shakila, la fille du raja, est la promise du vieux maharaja. Son amour pour un jeune brodeur va la sauver de cette triste destinée.

Ces princesses ont du caractère (Léontine est même un peu peste), elles se rebellent parfois contre leur destinée (dans raja on parle de révolte des filles mariées de force), leurs histoires sont surtout très belles. J’ai lu ça seul, sans enfant et je me suis régalé ! Esthétiquement le livre est très réussi, il y a une vraie cohérence dans le choix des illustrateurs (et ils n’en ont choisi que des talentueux) et une vraie cohésion, il est assez grand (34×25), je trouve que tout ça en fait un bien beau cadeau. Comme dans le précédent ce sont donc sept histoires, toutes merveilleuses. Un très joli recueil pour ceux qui aiment les histoires de princesses, avec ici des histoires originales et inédites.

Petites histoires du Père Castor pour Noël, collectif
Père Castor/Flammarion, 9,95€

Contes d’Andersen, Hans Christian Andersen illustré par Evelyne Faivre, Mayalen Goust, Jean-Marc Denglos, Judith Gueyfier, Aline Bureau, Daneth Khong et Crescence Bouvarel.
Éditions Lito, 18€

Princesses de tous les pays, de Christine Palluy, illustré par Anja Klauss, Daneth Khong, Xavière Devos, Anne Cresci, Mayalen Goust, Aline Bureau et Sophie Lebot
Éditions Lito, 18€

Public : A leur lire / Lecteurs débutants (mais pas pour les trop petits pour la plupart, les textes sont assez long et, dans le cas des contes d’Andersen, assez ardus)

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A part ça ?

Zut ! sera à l’Olympia dimanche prochain et du coup nous aussi ! Il reste peu de places. Zut ! on les adore, sur scène c’est un grand moment pour les enfants et les parents, ne les manquez pas ! Si vous ne connaissez toujours pas : notre article sur leur dernier album ici, l’interview de Phil Marsal et leur site : http://www.coucouzut.com.

Gabriel

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