La mare aux mots
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Marie Melisou

Des filles et leurs mères

Par 26 mai 2013 Livres Jeunesse

L’une maigrit sous le regard impuissant de sa mère, l’autre n’a plus le regard de la sienne.

La fille qui n'existe pasNinawa, 14 ans, 1m59, 32 kilos. Ninawa la fille qui disparaît, comme dans un tour de magie. Dans quelques jours, clic, elle aura disparu. C’est la fille qui n’existe pas. Raillent ses copains d’école. Pourtant Ninawa l’a voulu cet état, c’est pour ressembler aux filles des magazines et des clips qu’elle s’est mise à ne plus manger et à trouver des astuces pour que ça ne se voit pas. Sur les forums les conseils ne manquent pas… Alors Nina perd gramme après gramme, kilo après kilo et perd par la même occasion cheveux et dents, points en classe et concentration, sa vue est moins précise, elle a des acouphènes. Ninawa disparaît sous le regard coupable de sa mère et l’incompréhension de son meilleur ami.

Marie Mélisou nous parle de l’anorexie des jeunes filles qui veulent ressembler à ce que le monde leur montre des femmes, du côté « drogue » de cette maladie (toujours plus, nier les choses et promettre qu’on va s’arrêter quand on est surpris), des séances à l’hôpital, du corps qui se transforme, des docteurs,… mais surtout d’une mère, une mère qui perd pied, qui se sent la « conne » de l’histoire, celle qui est responsable, qui n’a rien vu venir et qui ne sait pas comment s’en sortir. Comment aider son enfant sans se la mettre à dos. Un roman dur et touchant sur une situation que beaucoup de jeunes filles connaissent, conséquence d’un matraquage de photos trafiquées.
Retrouvez le coup de coeur/coup de gueule que Marie Mélisou avait écrit pour La mare aux mots et qui parlait d’anorexie.

Maman au bois dormantElla a une dizaine d’années, sa mère va avoir un bébé avec son nouveau compagnon… pas facile à accepter. Pourtant il faudra bien vivre avec ce nouvel homme dans la vie de sa mère et ce « demi » frère. Le jour de l’accouchement arrive et les choses se passent encore plus mal que prévu, suite à une crise d’éclampsie sa mère ne se réveille plus. Ella doit vivre avec ce beau-père qu’elle déteste et ce frère dont elle ne voulait pas pendant que sa mère est dans le coma. Elle va devoir vivre avec l’espoir, guettant des différences de respiration, il va lui falloir supporter les copines qui changent par rapport à sa situation, les infirmières qui traitent sa mère comme une marionnette,…

Maman au bois dormant est un roman sur la maladie d’un des parents vu par son enfant, l’incompréhension des termes médicaux, des situations. Un enfant est rarement préparé à ces situations (et pourtant ça arrive, j’en sais quelque chose). On parle ici du regard des autres qui change (les gens qui deviennent bienveillants, d’autres qui vous trouvent moins intéressant car trop triste,..). Ella devra aussi se rendre compte que les choses ne sont pas toujours telles qu’on les idéalise (son vrai père n’est pas la personne qu’elle fantasme, sa mère est fragile). Un roman facile à lire pour jeunes lecteurs, l’histoire d’un enfant passionné de baleines qui aimerait que sa mère « remonte à la surface » ou qu’un prince charmant vienne la réveiller. Une petite fille qui voit les choses comme une petite fille et à qui on demande d’agir en grande personne. Une situation dure racontée sans aucune dureté et même parfois avec humour.

Quelques pas de plus…
Retrouvez la chronique d’Enfantipages et de Fantasia de Maman au bois dormant.

La fille qui n’existe pas
de Marie Mélisou
Le griffon bleu dans la collection On ré-agit !
7,50€, 210×147 mm, 129 pages, imprimé en France, 2011.
Maman au bois dormant
de Jacqueline Wilson (traduit par Vanessa Rubio-Barreau)
Gallimard Jeunesse dans la collection Folio Junior
7,90€, 124×176 mm, 308 pages, imprimé en Espagne, 2012.

A part ça ?

Le genre de vidéo qui rend fou…

Gabriel

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Les invités du mercredi : Galia Tapiero et Marie Melisou (+ concours)

Par 6 février 2013 Les invités du mercredi

Aujourd’hui je voulais vous faire découvrir (ou vous faire mieux connaître) deux personnes que j’ai rencontré à Montreuil et avec lesquelles j’ai eu un grand plaisir à discuter, deux personnes qui, je trouve, ont vraiment quelque chose à dire. Galia Tapiero éditrice des éditions Kilowatt et auteur qui a accepté de répondre à mes questions et Marie Mélisou, auteur que m’a présenté la pétillante Régine Joséphine qui nous donne son coup de cœur et son coup de gueule. Entre l’interview et le Coup de cœur et coup de gueule, vous avez la possibilité de gagner un livre grâce à Galia Tapiero et aux éditions Kilowatt… Bon mercredi !


L’interview du mercredi : Galia Tapiero

Galia TapieroParlez-nous de votre parcours ?
La question est vaste ! En résumé, une douzaine d’années passées dans une galerie d’art contemporain, avec beaucoup d’artistes du continent africain. Des études d’histoire de l’art peu à peu redirigées vers l’anthropologie et de la recherche. L’anthropologie des objets, ou plus précisément comment donner à voir les objets dans les musées représentant les populations non occidentales ou les musées de sociétés. En parallèle, des collaborations avec le CNDP, des articles pour TDC (NDLR : Textes et Documents pour la Classe) et une encyclopédie sur l’Afrique chez Larousse pour les 6/9 ans. Et en 2007 naissance de Kilowatt.

Comment sont nées les éditions Kilowatt ?
Vous prenez le parcours ci-dessus, un grand amour des livres, des catalogues de musées, des encyclopédies et mon amitié avec Barroux. On mélange le tout et on se lance !

Pourquoi ce nom ?
Kilowatt est un nom qui a de l’énergie ! (watt est l’unité qui permet de calculer le flux kilowatténergétique) Et puis nous cherchions un nom qui se prononce bien, en plusieurs langues, dont le nom de domaine était libre. Enfin, cela fait beaucoup de points au scrabble et graphiquement c’est joli (important pour Barroux qui a fait notre logo).

Si vous deviez définir la ligne éditoriale de Kilowatt…
Au départ, désacraliser le livre. Au niveau de la forme, des moyens formats et des couvertures souples, c’est courant dans les pays anglophones. Un livre qu’on achète pour soi et non pas seulement celui qu’on offre. Léger pour être transporté facilement. Plus qu’un livre de poche, un beau livre, mais pas précieux, facile à manipuler pour les enfants. J’aime les livres mais j’écris dessus, je corne les pages, je me les approprie. Au niveau du contenu, des albums et des documentaires. Une ouverture sur le monde, sur le vivre ensemble avec nos différences et nos similitudes. Bon, certains libraires n’apprécient pas toujours notre format et nos couvertures souples et la période économique n’est peut-être Mon cartablepas propice à cela.
En ce moment nous sommes dans une période de réflexion pour sans doute aller vers un format plus conventionnel, plus de documentaires ? A suivre…

Quelles étaient vos lectures d’enfant, d’adolescente ?
Théo la terreur
de François Ruy-Vidal illustré par Jean-Jacques Loup aux éditions Harlin Quist et Fleur de Lupin de Binette Schroeder à L’école des Loisirs. Deux albums que j’ai adoré, gardé et lu à mes enfants (ça date un peu !!). Des romans mais aussi les dictionnaires, l’encyclopédia universalis, les atlas, les guides de voyages…

Quels sont vos projets ?
Ils sont nombreux. En ce moment je travaille à l’élaboration d’un catalogue sur le vodou pour le futur musée de Strasbourg. J’aimerai réaliser son pendant pour les enfants, pour Kilowatt. Il y a les rêves et la réalité, il faut trouver l’équilibre.

Le site de Kilowatt : http://www.kilowatt.fr/

Bibliographie sélective :

Comme je vous le disais au début de cette interview, Galia Tapiero me propose de faire gagner un livre des éditions Kilowatt à l’un de vous. On va faire simple, allez sur le site des éditions Kilowatt et dites moi lequel vous aimeriez gagner et pourquoi ! (la raison peut-être réelle ou fantaisiste !) Attention les titres Un éléphant dans mon arbre et L’amie de Zoé sont épuisés donc ne les choisissez pas ! Je tirerai au sort et l’heureux élu gagnera le livre qu’il a choisi. Vous avez jusqu’à lundi 20h !


Le coup de cœur et le coup de gueule de… Marie Mélisou

Une fois par mois un acteur de l’édition jeunesse (auteur, illustrateur, éditeur,…) nous parle de deux choses qui lui tiennent à cœur. Une chose qui l’a touché, ému ou qui lui a tout simplement plu et sur laquelle il veut mettre un coup de projecteur, et au contraire quelque chose qui l’a énervé. Cette semaine c’est l’auteur Marie Mélisou qui nous livre son coup de cœur et son coup de gueule.

La vérité sur l'Affaire Harry Quebert Mon coup de cœur ne va être ni sur Hollande qui s’est vu offrir un chameau au Mali, ni sur les députés qui siègent tout le week-end pour le « mariage pour tous »… Pourtant il y aurait à dire.

Coup de cœur pour le livre pavé « La vérité sur l’Affaire Harry Quebert » de Joël Dicker.

Marcus Goldam, au printemps 2008, jeune écrivain à succès, est dans la tourmente à New York : il est incapable d’écrire le nouveau roman qu’il doit remettre à son éditeur. Le délai est près d’expirer quand soudain tout bascule pour lui : son ami et ancien professeur d’université, Harry Quebert, l’un des écrivains les plus respectés du pays, est rattrapé par son passé et se retrouve accusé d’avoir assassiné, en 1975, Nola Kellergan, une jeune fille de 15 ans, avec qui il aurait eu une liaison.

Convaincu de l’innocence de Harry, qui est déjà emprisonné, Marcus abandonne tout pour se rendre dans le New Hampshire et mener son enquête. Il est rapidement dépassé par les événements : l’enquête s’enfonce et il fait l’objet de menaces. Pour innocenter Harry et sauver sa carrière d’écrivain, il doit absolument trouver : Qui a tué Nola Kellergan ? Que s’est-il passé dans le New Hampshire à l’été 1975 ?

A l’instar de Truman Capote qui enquête pour « De sang froid », le ton romanesque de Dicker et l’enquête minutieuse qu’il nous rapporte, nous dépeignent une Amérique profonde avec ses non-dits et ses secrets.

650 pages avalées avec délice, entre amitié, amour, l’inspiration et l’écriture vitales pour le romancier et enquête policière.

Le Goncourt des lycéens ( celui-ci 2012) est tous les ans une belle lecture. Et comme dans un roman de Joyce Carol Oates ou Wally Lamb, Joël Dicker nous fait vivre l’Amérique.

Mon coup de gueule n’est ni sur les tweets de @Sarko-Junior ni sur Beckham au PSG, info people ou sportive…

Nan, nan, coup de gueule compréhensible par tous, qui touche beaucoup plus d’ados qu’on ne le pense.

Certains livres jeunesse prônent (encore) d’avoir la ligne, d’être mince et joli(e), de ne pas hésiter à commencer un régime.

D’ailleurs ne sommes-nous pas en guerre contre les « gros », les obèses, les formes qui révèlent une gourmandise à outrance, voire la gloutonnerie ? Que manger -sans bouger- est à bannir de notre société.

L’excès inverse s’appelle l’anorexie.

L’anorexie qui est à la mode au collège. Au lycée. Cette addiction au vide. Se remplir de vide, encore et encore, toujours plus de vide pour que l’entourage puisse « voir » combien il ou elle souffre, il ou elle se maîtrise, il ou elle va trop loin, il ou elle perd son contrôle, il ou elle meurt…

Pourtant, si la guerre contre le sexisme existe en littérature de jeunesse (« non à papa lit le journal, non à maman fait la vaisselle… »), la guerre envers la nourriture n’est pas réglée. Ces jeunes qui envient les images en papier glacé des magazines ou des titres alléchants sont des PROIES IDÉALES.

Je tombe encore (poc !) sur des titres tel que « Le corps de rêve des copines » où « le top 20 des astuces minceur » est développé, où « la belle allure filiforme » est la grâce absolue, etc…
Cela me met en colère pour ceux et celles qui tombent dans ce piège.
Un ado qui perd 9 kg en trois mois est anorexique. Un ado qui perd un tiers de son poids ne sait pas qu’il va perdre aussi ses dents et ses cheveux. Ni que le scanner de son cerveau montrera celui-ci tout racorni. Ni qu’il ne peut plus marcher, ni suivre les cours, ni avoir une vie sociale…

La fille qui n'existe pasAlors en 2013, je vais participer à des conférences pour débattre de ce fléau. Avec des associations Anorexie & Boulimie, dans le cadre de la semaine de la santé mentale, le 15 mars à Ombres Blanches (Toulouse, 31), le 18 à Pontivy (56), le 20 mars au théâtre Anne de Bretagne (Vannes, 56), je propose encore et encore (sans jamais me lasser) de lire relire ou débattre en classe et à la maison : « La fille qui n’existe pas », roman 13-17 ans (et les parents !), éditions Le Griffon Bleu.

« Il maigrit, mon corps, je peux si je veux le faire disparaître. Je maîtrise ce qui me fait en réalité le plus peur : la mort. N’être plus personne pour personne, l’infinie terreur. »
(Parole d’anorexique)

 Marie MélisouMarie Mélisou est auteur. Bibliographie (jeunesse) sélective :

Retrouvez Marie Mélisou sur son site : http://marie.melisou.free.fr

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