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Marie Pavlenko

Les invité·e·s du mercredi : Marie Pavlenko et Gwendal Oulès (librairie Récréalivres)

Par 20 mars 2019 Les invités du mercredi

Quel bonheur de vous proposer aujourd’hui une interview de la géniale Marie Pavlenko ! J’ai adoré son dernier roman, et j’avais envie d’en savoir un peu plus sur elle. Ensuite, c’est à nouveau un libraire qui est l’invité de la rubrique Ce livre-là. Cette fois, c’est Gwendal Oulès le super libraire de la librairie Récréalivres au Mans. Bon mercredi à vous !


L’interview du mercredi : Marie Pavlenko

Présentez-nous Abi, le personnage de votre magnifique roman Un si petit oiseau.
Abi est une jeune femme de 19 ans qui, dès les premières pages du livre, a un accident de voiture. Elle en ressort amputée d’un bras. Le roman est l’histoire de sa renaissance, il commence au moment où elle rentre chez elle, après sa rééducation.

Comment est née cette histoire ?
L’origine, c’est l’accident de ma mère, qui a vécu la même chose qu’Abi.
Ensuite, j’ai inventé et façonné Abi, sa famille, sa maison, ses amis, ses espoirs, ses frustrations, et la constellation folle qui tourne autour d’elle. Son monde.

On reconnaît quelques petites choses de votre vraie vie dans le roman, quelle est la part de vous dans cette histoire ?
Abi n’existe pas, et aucun des personnages n’est réel ou inspiré de gens qui existent. C’est une pure œuvre de fiction, née, je crois, d’un besoin très fort que j’avais de mieux comprendre ma mère, de mieux la faire comprendre aux autres, aussi. Me glisser dans la peau d’Abi m’a permis d’appréhender au plus près ce qu’elle pouvait ressentir. Et puis, bien sûr, il y a les oiseaux, mais si je commence sur le sujet, on est encore là demain. Disons que j’avais très envie de parler d’eux, parce qu’ils ont changé ma vie.

Est-ce que vous avez fait des recherches sur le handicap pour écrire cette histoire et coller au plus proche de la réalité ?
Oui, j’ai lu de nombreux témoignages et tranches de vie sur Internet, j’ai lu Blaise Cendras, aussi, et j’ai discuté avec un ami qui m’a beaucoup appris sur son vécu, son état d’esprit. Et avec ma mère, bien sûr.

Tous les personnages semblent vraiment exister, comment les construisez-vous ?
Je ne les construis jamais ex nihilo. Je commence chacun de mes romans sans savoir comment il va se terminer ni qui sont vraiment les personnages. J’écris, c’est tout, je les mets en situation, je les fais vivre, et la façon dont ils réagissent aux obstacles, aux événements les modèle peu à peu. Ensuite, une fois que je les ai bien cernés, que je les ai rencontrés pour de vrai, je reprends le manuscrit et je lisse.

Que ce soit pour ce roman ou pour les précédents, comment naissent vos histoires ?
Elles partent toutes d’une idée de personnage. Dans Je suis ton soleil, Déborah était cette fille un peu fofolle et à côté de ses pompes qui allait sauver sa mère. Dans La Fille-sortilège, Érine vivait en déterrant des cadavres. Ensuite, le monde se construit autour d’elles, je leur donne un décor, des interlocuteurs, et elles se mettent en mouvement.

Savez-vous à l’avance comment va se terminer votre histoire ?
Non, jamais et parfois jusqu’à très tard dans l’écriture. Je pense que ça m’aide à rester immergée dans l’histoire, à ne pas perdre la connexion avec elle.

Qui sont vos premiers lecteur·trice·s ?
Mes proches. Et mon agent, Roxane Edouard.

Quelles étaient vos lectures d’enfant, d’adolescente ?
Ouh là ! Il y en avait beaucoup ! J’adorais Roald Dahl, qui a été ma première gifle littéraire : avec lui, j’ai découvert la métaphore. J’aimais des univers très divers : Stefan Wul, Marcel Aymé. J’ai aussi lu Le Seigneur des anneaux à 10 ans et ça a été un vrai choc. Ado, j’ai adoré Germinal, ou La Princesse de Clèves, par exemple 🙂

Que lisez-vous en ce moment ?
Je viens de commencer Le temps où nous chantions de Richard Powers. J’ai eu la chance de le rencontrer au festival America à Vincennes et j’ai adoré sa façon d’envisager le monde.

Quelques mots sur vos prochains ouvrages ?
J’ai écrit un roman « premières lectures » qui paraîtra en octobre chez Little Urban, illustré par mon amie Marie Voyelle. Je travaille actuellement sur le deuxième tome. Je viens d’achever une série pour les plus petits, et un roman ado, mais qui n’a rien à voir avec ce que je fais d’habitude : plus court, plus sombre, je crois. Je commence à peine un autre roman pour les 10-13 en gros, complètement zinzin cette fois, histoire de changer un peu d’atmosphère. Et enfin, j’ai un projet d’album qui me tient particulièrement à cœur et dont j’espère qu’il verra bientôt le jour.

Bibliographie :

  • Un si petit oiseau, Flammarion jeunesse (2019), que nous avons chroniqué ici.
  • Zombies zarbis, avec Carole Trébor, Flammarion jeunesse (3 tomes 2018-2019)
  • La Mort est une femme comme les autres, J’ai Lu (2018) – Pygmalion (2015)
  • Je suis ton soleil, Flammarion jeunesse (2017), que nous avons chroniqué ici.
  • La Fille-Sortilège, Folio SF (2017).

 


Ce livre-là… Gwendal Oulès (librairie Récréalivres)

Ce livre-là… Un livre qui touche particulièrement, qui marque, qu’on conseille souvent ou tout simplement le premier qui nous vient à l’esprit quand on pense « un livre jeunesse ». Voilà la question qu’on avait envie de poser à des personnes qui ne sont pas auteur·trice, éditeur·trice… des libraires, des bibliothécaires, des enseignant·e·s ou tout simplement des gens que l’on aime mais qui sont sans lien avec la littérature jeunesse. Le second invité de cette nouvelle rubrique, c’est le libraire Gwendal Oulès de la librairie Récréalivres au Mans.

Même si j’ai trop rarement l’occasion de le conseiller, j’ai toujours plaisir à faire lire Me voici de Karl Friedrich Waechter publié aux éditions MeMo. Cet album est fondateur dans mon parcours de lecteur adulte de littérature jeunesse. Il a changé mon regard, l’a exercé, « professionnalisé » en quelque sorte. J’y reviens très régulièrement avec à chaque fois un plaisir renouvelé. Je le considère aujourd’hui comme un authentique chef-d’œuvre de la littérature jeunesse à mettre au même rang que le Maus de Spiegelman notamment dans ce qu’il dit de l’Allemagne d’après-guerre. Il correspond parfaitement à l’idée d’Ungerer selon laquelle les livres pour les enfants ne devraient pas être seulement destinés à dormir le soir. Si j’aime d’abord le pouvoir de séduction immédiat de Me voici, la bouille craquante de ce chat sonnant à la porte. J’aime surtout ses strates de sens multiples qui encouragent les lectures interprétatives. Dans l’une des plus audacieuses l’auteur propose à son lecteur (attentif) un « pacte » inédit : être le propriétaire du chat, celui qui ouvre la porte et le retrouve, autrement dit être l’assassin du mignon petit chat. Nous ne sommes évidemment pas obligés de souscrire à cette lecture et avons toute liberté de l’ignorer, de se contenter déjà d’un remarquable premier degré. Mais c’est là. Possiblement. L’exemple est extrême sans doute mais au bout du compte il n’en demeure pas moins que la littérature jeunesse, c’est juste de la littérature. Point. Car il faut toujours aller plus loin que l’émotion que peut susciter le minois adorable d’un petit chat. Cette émotion évoluera à mesure que le lecteur grandira. Je trouve cette expérience désarmante et brutale. Une expérience de lecture idéale.

Gwendal Oulès est libraire à la librairie Récréalivres, 7 rue de la Barillerie au Mans. Retrouvez cette super librairie sur Facebook : https://www.facebook.com/librairie.recrealivres.

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Des histoires fortes

Par 31 janvier 2019 Livres Jeunesse

Aujourd’hui, je vous présente un roman et un recueil de nouvelles. Le point commun entre ces deux livres ? Vous allez avoir du mal à laisser partir les héroïnes de ces histoires, elles vont rester avec vous pour un moment.

Un si petit oiseau
de Marie Pavlenko
Flammarion
17,50 €, 152×240 mm, 393 pages, imprimé en Espagne, 2018.
Sur le dos de la main gauche
d’Anahita Ettehadi
Le Muscadier dans la collection Rester Vivant
9,50 €, 140×190 mm, 86 pages, imprimé en Union Européenne, 2017.

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Les invité·e·s du mercredi : Thibault Prugne et Marie Pavlenko

Par 19 décembre 2018 Les invités du mercredi

Dernier·ère·s invité·e·s de 2018 (comme chaque année, on prend nos vacances annuelles pendant les fêtes de fin d’année)… et quel·le·s invité·e·s ! Le premier vient de sortir un sublime album aux éditions Margot, la seconde sort bientôt son nouveau roman chez Flammarion Jeunesse… On commence par une interview de Thibault Prugne qui nous en dit plus sur son travail et son parcours, puis on part en vacances avec Marie Pavlenko ! Bon mercredi à vous !


L’interview du mercredi : Thibault Prugne

Pouvez-vous nous présenter le magnifique Maestro, votre dernier album ?
Maestro est un livre CD, que j’ai écrit et illustré, raconté par François Morel sur des musiques aux sonorités gitanes de Jean-Pierre Jolicard. Cet album raconte l’histoire de Téo, un jeune orphelin adopté par Lucien, un charpentier de marine. Il vit dans un village au bord de l’océan, où tous les habitants sont pêcheurs. Mais voilà, Téo n’est pas du tout à sa place ici. Pour lui, tout ce qui compte, c’est la musique. Il en crée avec tout ce qu’il touche, et en entend partout, dans le cliquetis des mâts et le clapotis des vagues, dans le chant des mouettes et le souffle du vent… Lorsqu’il a un moment, il emprunte une barque et file au large pour jouer du charango, un petit instrument bolivien à 10 cordes. C’est tout ce qui lui reste de ses parents. Un jour, il va rencontrer Wayra, une petite gitane, accompagnée par son père Djypee et sa famille. Leurs roulottes sont bloquées par la grande marée. Avec eux, Téo va découvrir son immense talent pour la musique. Il s’agit d’une histoire positive, qui a pour thème fort la poursuite de ses rêves.

Comment est née cette histoire ?
Cela faisait quelques années que nous voulions travailler ensemble avec Jean-Pierre Jolicard. Faire un livre-CD où mon texte serait porté par ses musiques. J’ai donc fait en sorte de trouver une histoire qui s’adapte à ses deux styles de prédilection : la musique gitane et la musique bolivienne. Ainsi, nous avons ces gitans qui apportent la touche gitane, et ce charango, dont joue Téo, qui est typique de Bolivie. Cela nous a permis de mélanger ces deux sonorités. Pour ma part, j’ai toujours aimé dessiner des instruments de musiques et peindre l’océan, les grands ciels, etc. J’avais donc un décor tout trouvé pour cette histoire. L’idée avec Maestro, c’était surtout que chacun se fasse plaisir et donne le meilleur.

Pouvez-vous nous raconter votre parcours ?
J’ai d’abord fait des études en architecture d’intérieur. Puis un jour, j’ai voulu changer de voie. J’ai toujours dessiné et voulais depuis tout petit devenir illustrateur ou auteur de BD. Mais c’est un rêve que j’avais plus ou moins mis de coté. Avec un ami, nous nous sommes lancés en 2011 dans un carnet de voyage, qui fut ma première expérience dans l’édition. Et j’ai trouvé cela super. Après ce livre, j’ai sorti mes gouaches et j’ai cherché des techniques pour faire de l’illustration jeunesse. Pour mon premier livre jeunesse, Le Bout du Fil aux éditions des Braques j’avais écrit l’histoire, l’avais illustré et composé les musiques, car il s’agissait aussi d’un livre CD. J’ai ensuite fait quelques albums dans différentes maisons pour enfin trouver un éditeur plus régulier, Gautier Languereau, avec qui j’ai fait 3 livres, écrits par Bernard Villiot. Pour Maestro, je voulais le faire aux éditions Margot, ma propre maison car la volonté première que nous avions avec Jean-Pierre Jolicard, c’était de réaliser notre livre sans aucune contrainte.

À propos des éditions Margot, dites-nous quelques mots sur cette belle maison ?
Nous avons créé cette maison en 2012 avec Anne-Fleur Drillon. Nous publions assez peu de livres et attachons une grande importance aux objets. Notre collection la plus marquante, dans laquelle s’inscrit Maestro, c’est celle des grands albums. Les formats permettent de mettre en avant les illustrations, de se plonger dedans, de s’immerger avec les personnages.

Quelles techniques d’illustrations utilisez-vous ?
Pour faire une illustration, je réalise d’abord plusieurs croquis, pour trouver les bonnes attitudes, le bon cadrage, etc. À cette étape, j’imagine d’où viendra la lumière, où seront positionnées les zones d’ombres, afin de définir un sens de lecture pour l’image. Je scanne ensuite mon croquis et l’imprime en plus grand pour le décalquer proprement à la table lumineuse sur un format 40×60 cm.
Pour la couleur, je travaille avec de la gouache très diluée. Cette technique s’approche de celle de l’aquarelle, où l’on monte les couleurs du plus clair au plus foncé. Mais la gouache me permet de travailler parfois plus en pâte, de rehausser mes lumières avec de la gouache blanche ou jaune pâle. J’utilise également du drawing gum, un liquide proche du latex, qui permet de cacher certaines zones. Cela me permet de réaliser des effets de textures, de reflets, etc. Pour finir, au crayon de couleur, je rehausse certains contours pour que chaque élément se détache bien les uns des autres.

Quelles étaient vos lectures d’enfant, d’adolescent ?
Mon livre préféré quand j’étais petit, c’était Pélagie la sorcière. Je ne sais pas s’il est encore édité. Et plus grand, je lisais plus de BD humoristique, ou de grandes histoires. Peter Pan de Loisel est surement celles qui m’ont le plus marqué.

Sur quoi travaillez-vous actuellement ?
C’est ma grande question en ce moment. Après Maestro, j’ai du mal à me lancer sur autre chose, j’ai l’impression d’avoir mis tout ce que j’aimais dans cet album. Mais je vais finir par trouver une nouvelle idée. J’ai également un projet de BD, que j’ai également écrit, mais là, c’est le temps qui me manque.

Bibliographie sélective :

  • Maestro, texte et illustrations, Margot (2018), que nous avons chroniqué ici.
  • Monsieur Django et Lady Swing, illustration d’un texte de Bernard Villiot, Gautier-Languereau (2017), que nous avons chroniqué ici.
  • Le dompteur de vent, illustration d’un texte de Bernard Villiot, Gautier-Languereau (2016).
  • Le souffleur de rêves, illustration d’un texte de Bernard Villiot, Gautier-Languereau (2015), que nous avons chroniqué ici.
  • Les hirondelles, illustration d’un texte d’Anne-Fleur Drillon, Bilboquet (2014).
  • Brel, des nouvelles d’en bas, collectif, Margot (2013).
  • Brassens, un p’tit coin de paradis, collectif, Margot (2012).
  • Le bout du fil, texte et illustrations, Les éditions des braques (2012).
  • Le mystère des cinq soleils d’Égypte, illustration d’un texte de Jean-Michel Jakobowicz, Hachette (2012).
  • À la rencontre des plus beaux villages de France, illustration d’un texte d’Alexandre Marion, éditions Eyrolles (2011).
  • Y’a de la joie, illustration d’un texte de Charles Trénet, Casterman (2011).


En vacances avec… Marie Pavlenko

Régulièrement, nous partons en vacances avec un·e artiste. Je ne sais pas si vous êtes comme moi, mais moi j’adore partir comme ça avec quelqu’un, on apprend à la·le connaître notamment par rapport à ses goûts… cet·te artiste va donc profiter de ce voyage pour nous faire découvrir des choses. On emporte ce qu’elle·il veut me faire découvrir. On ne se charge pas trop… Des livres, de la musique, des films… sur la route on parlera aussi de 5 artistes qu’il·elle veut me présenter et c’est elle·lui qui choisit où l’on va… 5 destinations de son choix. Cette fois-ci, c’est avec Marie Pavlenko que nous partons ! Allez, en route !

5 albums jeunesse

  • Crotte de nez d’Alan Mets (L’école des loisirs)
  • Marlaguette de Marie Colmont et Gerda Muller (Père Castor)
  • Pou Poupidou d’Édouard Manceau (Albin Michel Jeunesse)
  • Les oiseaux globe-trotters de Fleur Daugey et Sandrine Thommen (Actes Sud junior)
  • Le Torchecul de François Rabelais et Pef (Mouck).

5 romans

  • Quatre-vingt-treize de Victor Hugo
  • Les Tombeaux d’Atuan d’Ursula Le Guin (deuxième volume du Cycle de Terremer)
  • La Vie devant soi de Romain Gary
  • Des souris et des hommes de John Steinbeck
  • La Guerre des mercredis de Gary d. Schmidt

5 DVD

  • Vertige d’une rencontre de Jean-Michel Bertrand
  • Sword of the stranger de Masahiro Andō
  • Quand la ville dort de John Huston
  • Il était une forêt de Luc Jacquet
  • Love Actually de Richard Curtis

5 CD

  • Odesea de Secret of elements
  • La jeune fille et la mort de Schubert
  • Fratres de Arvo Pärt
  • Re:member d’Ólafur Arnalds
  • Creatures de Rone

5 artistes

  • Hayao Miyazaki
  • Bill Watterson
  • Ramón Gaya
  • Caspar David Friedrich
  • Dalí

5 lieux

  • Le Parc de Marquenterre
  • L’île de Groix
  • Le Caillou de Soques, dans la vallée d’Ossau
  • Les rochers des Fiz, dans les Alpes
  • Toutes les forêts primaires de Thaïlande

Marie Pavlenko est romancière.

Bibliographie :

  • Un si petit oiseau, Flammarion jeunesse (2 janvier 2019)
  • Zombies zarbis, avec Carole Trébor, Flammarion jeunesse (3 tomes 2018-2019)
  • La Mort est une femme comme les autres, J’ai Lu (2018) – Pygmalion (2015)
  • Je suis ton soleil, Flammarion jeunesse (2017), que nous avons chroniqué ici.
  • La Fille-Sortilège, Folio SF (2017)

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Du soleil et des mots

Par 11 janvier 2018 Livres Jeunesse

Aujourd’hui, je vous présente deux livres très différents mais passionnants. Le premier est un roman plein d’émotion et de surprises, et le second invite à se lancer dans la grande aventure de l’écriture. C’est parti !

Je suis ton soleil
de Marie Pavlenko
Flammarion Jeunesse
17,50 €, 153×240 mm, 466 pages, imprimé en Espagne, 2017.
Carnet de l’apprenti écrivain
Texte de Susie Morgenstern, illustré par Theresa Bronn
De La Martinière Jeunesse
14,90 €, 172×230 mm, 300 pages, imprimé en Espagne, 2016.

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Ça pique un peu…

Par 27 mai 2013 Livres Jeunesse

Aujourd’hui on s’intéresse à des livres que j’adore, ceux à l’humour un peu piquant, loin de toute mièvrerie. Ce genre d’album qui fait autant marrer les parents que les enfants.

On commence avec un tout nouveau héros, Kiki de Vincent Malone.

kiki king banquiseTout commence sur la banquise, quand un pingouin fit un clin d’œil coquin à une madame pingouin… et c’est le coup de foudre ! De cette union naît Kiki, un petit pingouin énergique et casse-cou. Mais un jour, suite à un craquement de banquise, Kiki est séparé de ses parents… le voilà parti pour de grandes aventures !

Le 1er épisode de la série culte encore inconnue ! nous prévient le bandeau, Kiki King de la banquise est un album très drôle, complètement crétin (dans le bon sens du terme, si si y’en a un). On rit vraiment des jeux de mots, des situations,… Il y a des tas de petit plus comme un avant-propos très drôle « ce qu’il faut savoir par cœur pour comprendre », une frise historique sur laquelle est placée la vie de Kiki. Vincent Malone joue avec les sons et son texte est bourré d’allitérations (Là, Kiki fait le casse-cou avec une catapulte et des cailloux), Jean-Louis Cornalba truffe ses images de petits détails drôles, bref on se marre bien en lisant Kiki King de la banquise (et y’a même des petits messages écolos) !

Kiki fait cacaOh Kiki est bizarre… il est rouge et crispé… mais que se passe-t-il ? Il reste bloqué, accroupi et pendant ce temps des requins passent et repassent sous sa mini-banquise… Ah… Kiki fait caca…

Je vous raconte un peu la chute de Kiki fait caca dans mon résumé mais elle est dans le titre ! On retrouve le même humour, le même grain de folie dans la suite des aventures de Kiki (ici le bandeau prévient Si vous avez aimé Huis clos de Jean-Paul Sartre, vous allez adorer Kiki fait caca !), et je dirai même que ce tome 2 est plus drôle que le tome 1 (mais je suis très humour sur le caca…). Et puis qui ne s’est pas demandé pourquoi son enfant avait arrêté toute activité et paraissait tout à coup hyper concentré… jusqu’à s’apercevoir qu’il allait bientôt falloir changer sa couche… ?

Kiki king de la naquiseUn nouveau héros, une nouvelle série dans laquelle Vincent Malone ose tout (faire des référence au tome 2 dans le tome 1, des bandeaux absurdes, des requins coprophages (oui on apprend aussi du vocabulaire),…) et ça fait drôlement du bien ! Le tome 3 arrive… vivement !

Dans Kiki fait caca, le narrateur s’adresse au personnage principal qui fait face au lecteur, principe que j’adore et qui est aussi utilisé dans les Emile.

Emile se déguiseC’est carnaval, faut se déguiser ! Emile n’a pas envie… si c’est pour être encore en prince charmant ou en tomate… on le comprend ! Allez Emile fait un effort… ok Emile veut bien mais c’est lui qui choisit son déguisement !

Avec Emile on ne s’ennuie jamais, on ne devine jamais ce que va nous faire ce petit garçon ! J’adore ce personnage (je vous avais déjà parlé de Émile veut une chauve-souris, Émile est invisible, Émile fait la fête, Émile veut un plâtre), c’est drôle, bien écrit, décalé,… c’est une des meilleures séries actuelles (ce n’est pas un hasard si le premier tome a reçu le prix sorcière). Un album plein d’humour, c’est comme ça et pas autrement !

LES SOEURS TSSSForcément quand on parle d’humour piquant on pense à Estelle Billon-Spagnol !

Ne croyez pas la première page de cet album, non les sœurs Tsss ne sont pas deux petites filles absolument charmantes (d’ailleurs quelqu’un a eu la bonne idée de rajouter « faux » sous le texte), les sœurs Tsss sont plutôt des pestes qui la ramènent en permanence, savent tout mieux que tout le monde et se moque du physique de leur camarades… alors vraiment il faudrait être tordu pour les trouver absolument charmantes !

soeurs TSSSAh que j’aime les albums avec des pestouilles comme Les sœurs Tsss (ou comme Emile), des personnages hilarants en albums mais qu’on ne souhaiterait pas avoir comme enfant (quoiqu’un peu de caractère c’est bien aussi). Et qui sait mieux qu’Estelle Billon-Spagnol les croquer ? Un album très drôle, légèrement politiquement incorrect comme on les aime. Entrez dans l’univers des sœurs Tsss, vous ne le regretterez pas. Quoique…

Avril le poisson rougeAvril est un poisson rouge qui a eu une adolescence difficile (ses parents étaient aqualitiques), il aimerait s’enfuir de son bocal.

Avril, le poisson rouge est aussi un album très drôle, assez difficile à résumer (comme vous pouvez le voir plus haut…). Chaque planche est hilarante (et très graphique). Quelques exemples pour que ça soit plus parlant, quand on nous dit que ses parents sont passés à autre chose on voit deux sushis à côté du bocal d’Avril, un canard en plastique flotte dans le bocal quand on nous dit qu’il aimerait dompter des bêtes sauvages,… c’est subtil, drôle, piquant et très esthétique. Je suis fan d’Avril.

Quelques pas de plus…
Nous avons déjà chroniqué des livres de Vincent Malone (Papa, Houêtu ?, Maman  Houtuva ? et Quand Papa était petit y avait des dinosaures),  Vincent Cuvellier (La fille verte, La première fois que je suis née, Émile veut une chauve-souris, Émile est invisible, Émile fait la fête, Émile veut un plâtre), Ronan Badel (Bob le loup, Émile veut une chauve-souris, Émile est invisible, Émile fait la fête, Émile veut un plâtre, La mémé de ma mémé, Tout ce qu’une maman ne dira jamais et Le pépé de mon pépé) et Estelle Billon Spagnol (La planète des mius, Ti-Jack, Chiche !, La rentrée de Jacotte, Jacotte en vacances, 5h22, Petit Lagouin, Le jardin du secret, Jacotte, Le petit bois du dimanche soir, À table et Mister Mok. Nous avons aussi interviewé Estelle Billon-Spagnol.

Kiki King de la banquise
de Vincent Malone, illustré par Jean-Louis Cornalba
Seuil Jeunesse dans la collection L’ours qui pète
8,90€, 217×219 mm, 38 pages, imprimé en Italie, 2013.
Kiki fait caca
de Vincent Malone, illustré par Jean-Louis Cornalba
Seuil Jeunesse
dans la collection L’ours qui pète
5,90€, 166×168 mm, 24 pages, imprimé en France, 2013
Emile se déguise
de Vincent Cuvellier, illustré par Ronan Badel
Gallimard Jeunesse dans la série Emile
6€, 175×206 mm, 24 pages, imprimé en France, 2013.
Les soeurs Tsss
d’Estelle Billon-Spagnol
Auzou dans la collection Auzou-bidule
6,50€, 190×145 mm, 32 pages, imprimé en Chine, 2013
Avril le poisson rouge
de Marjolaine Leray
Actes Sud Junior
11,50€, 157×158 mm, 40 pages, imprimé en France, 2013

A part ça ?

We are familyEt puisqu’on parle d’humour pour les enfants… parlons d’humour pour les grands… à propos des enfants. We are Family est une BD qui vient de sortir, écrite par Marie Pavlenko, illustrée par Teresa Valero, elle nous parle du quotidien d’un couple et de leurs deux fils (communément appelés Têtard et Mini Troll) et c’est tout simplement hilarant. Hilarant mais pas seulement, car entre les sorties gênantes des enfants en public, leurs réparties qui nous laissent sans voix et les scènes tordantes du quotidien (sur le papier, car un peu plus crispantes quand on les vit) il y a les scènes de tendresse (ah quand un enfant vous dit qu’être près de vous lui donne des petits frissons ou qu’on est son gros cœur de la galaxie...). We are Family n’est vraiment pas que drôle, on y reconnaît parfaitement nos quotidiens avec nos enfants, parfois attendrissants parfois crispants. Marie Pavlenko nous livre ses petites anecdotes qui sentent le vécu, qui nous font sourire, nous mettent une larme au coin de l’oeil… et nous font nous sentir moins seuls. Une des plus jolies BD que j’ai lu sur le sujet, parce que ses auteurs n’ont pas essayé de faire de l’humour à tout prix, à toutes les pages, mais vraiment nous parler du quotidien, de nos vies.
Vous pouvez lire les premières planches sur le site Bedetheque.com.
We are family de Marie Pavlenko, illustrée par Teresa Valero, Delcourt, 13,95€, 2013.

Gabriel

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