La mare aux mots
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Marie Sellier

Trois merveilles et une revue

Par 14 mars 2017 Livres Jeunesse, Médias

Aujourd’hui, trois magnifiques albums et une superbe revue consacrée au cinéma.

Les Liszt
Texte de Kyo Maclear (traduit par Sophie Chisogne), illustré par Júlia Sardà
La Pastèque
18 €, 184×305 mm, 40 pages, imprimé en Asie, 2017.
Cache-cache
de Song Hyunjoo (traducteur.trice non crédité.e)
Amaterra
14,90 €, 218×218 mm, 48 pages, imprimé en CE, 2017.
Le jardin de madame Li
Texte de Marie Sellier, illustré par Catherine Louis, calligraphies de Wang Fei
Picquier Jeunesse
14,50 €, 206×207 mm, 48 pages, imprimé en Italie, 2016.

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Les invité.e.s du mercredi : Isabelle Arsenault et Marie Sellier

Par 19 octobre 2016 Les invités du mercredi

Pour ce nouveau rendez-vous des invité.e.s du mercredi c’est avec Isabelle Arsenault et Marie Sellier que nous avons rendez-vous. La première a accepté de répondre à nos questions, la seconde nous livre ses coups de cœur et coup de gueule… enfin presque ! Bon mercredi à vous !


L’interview du mercredi : Isabelle Arsenault

isabelle arsenaultComment est né le projet Une berceuse en chiffons et comment avez-vous travaillé sur cet album ?
La maison d’édition américaine Abrams (NYC) a contacté mon agent pour me proposer d’illustrer ce texte. J’étais de passage à New York justement à ce moment-là alors j’en ai profité pour aller rencontrer l’éditrice avec mon agent afin qu’elle nous parle un peu du projet. Je l’ai trouvée d’emblée très sympathique. Elle parlait avec passion de ce texte qui l’avait beaucoup touché et de Louise Bourgeois, cette artiste exceptionnelle. Dès que j’ai lu le manuscrit, j’ai été à mon tour conquise. J’ai aimé le ton direct et évocateur. J’étais déjà sensible au travail de Louise Bourgeois mais c’est au travers de mes recherches, que j’ai découvert l’ampleur de son œuvre : une matière première très inspirante autour de laquelle j’ai développé mon approche graphique. J’ai voulu lui rendre hommage en citant à travers mes illustrations quelques détails faisant référence à certaines de ses œuvres.

Comment choisissez-vous vos projets ?  Une berceuse de chiffons
Je dois d’abord être touchée pour être inspirée par un texte — soit par le sujet ou par l’écriture, idéalement par les deux. J’aime les projets qui me permettent d’explorer de nouvelles approches graphiques, qui m’offrent beaucoup de liberté. J’ai besoin de sentir que je fais évoluer mon travail, de livre en livre.

Vous utilisez des techniques différentes (La boîte à souvenir est très différente de Fourchon, par exemple), on reconnait tout de même toujours votre style. Quelles techniques utilisez-vous et comment choisissez-vous quelle technique vous allez utiliser pour un album ?
J’aime élaborer un univers graphique propre à chaque projet selon mon intuition, ce que m’inspire le texte et le groupe d’âge à qui il s’adresse. Je travaille avec plusieurs médiums : crayon, aquarelle, encre, gouache, ensemble ou indépendamment. Berceuse de chiffonsJ’aime explorer et pour moi, chacun de mes livres doit être une occasion de me surpasser, de surprendre le lecteur, de me renouveler.

Une chose qu’on retrouve dans la plupart de vos albums, c’est le fait que la typo fait partie du graphisme de l’ouvrage, c’est important pour vous ? Pouvez-vous nous parler de ce choix ?
Certains projets s’y prêtent mieux que d’autres, mais j’essaie de proposer un lettrage (fait à la main ou pas) lorsque je soumets mon travail à mes éditeurs. Le lettrage est en soi un élément graphique qui complète l’image et j’aime pouvoir y apporter ma vision.

J’aimerais que vous nous disiez quelques mots sur le superbe Jane, le renard & moi qui a d’ailleurs été très remarqué.
L’auteur Fanny Britt et moi avons eu carte blanche de la part de notre éditeur La Pastèque. Il a d’abord proposé à Fanny de Jane, le renard & moicréer un texte sans direction précise. Elle a écrit cette histoire très personnelle, inspirée d’événements vécus dans sa jeunesse. Après l’avoir lu, il m’a proposé de l’illustrer croyant que nos univers pouvaient bien se compléter. Il m’a laissée libre de l’interpréter à ma façon et ce fut un véritable plaisir du début à la fin. Le résultat en est un album très intimiste. Nous ne savions pas trop si le livre allait trouver son public, mais nous avons été agréablement surprises par son accueil. Le livre a été traduit dans plus d’une douzaine de langues et a remporté plusieurs prix prestigieux.

Quelles étaient vos lectures d’enfant, d’adolescente ?
Étant petite, j’aimais les livres de la série Martine pour les magnifiques illustrations de Marcel Marlier dans lesquelles je me perdais pendant des heures. J’aimais aussi les contes d’Andersen, ces histoires à la fois romantiques, sombres et effrayantes. À l’adolescence, j’ai lu beaucoup de romans d’Agatha Christie et d’Alexandre Dumas.

Quel.le.s sont les illustrateurs.trices dont le travail vous touche plus particulièrement aujourd’hui ?
J’adore depuis longtemps le travail de Carson Ellis, Jon Klassen, Frédérique Bertrand, Louis et les spectresDominique Goblet, Manuele Fior… Ce sont des artistes que j’admire et qui me surprennent encore aujourd’hui.

Quelques mots sur Louis parmi les spectres, votre prochain album, et sur vos autres projets ?
Louis parmi les spectres est une nouvelle collaboration avec l’auteur Fanny Britt. Louis, onze ans, a une mère qui a peur de tout, un père qui pleure quand il boit et un petit frère obsédé par la soul américaine. Louis rêve de déclarer son amour à Billie, une camarade de classe indépendante et solitaire. Mais dans la réalité, rien à faire : dès qu’il s’approche d’elle, Louis se tétanise comme un clou rouillé. C’est un livre sensible autour du thème du courage.
J’ai également écrit et illustré une nouvelle série de livres dont le premier tome intitulé Colette’s lost Pet paraîtra dès le printemps prochain aux USA et ainsi qu’en français, à La Pastèque en 2017.

Bibliographie francophone :

  • Louis parmi les spectres, illustration d’un texte de Fanny Britt, La Pastèque (sortira fin octobre).
  • Une berceuse en chiffons, illustration d’un texte d’Amy Novesky, La Pastèque (2016).
  • Alpha, texte et illustrations, La Pastèque (2015), que nous avons chroniqué ici.
  • Par une belle nuit d’hiver, illustration d’un texte de Jean Pendziwol, Magnard (2014).
  • Virginia Wolf, illustration d’un texte de Kyo Maclear, La Pastèque (2012).
  • Jane, le renard et moi, illustration d’un texte de Fanny Britt, La Pastèque (2012).
  • Fourchon, illustration d’un texte de Kyo Maclear, La Pastèque (2011).
  • La boîte à souvenirs, illustration d’un texte d’Anna Castagnoli, OQO (2010), que nous avons chroniqué ici.
  • Bonjour les hirondelles, illustration d’un texte d’Hélène Suzzoni, Casterman (2010).


Le coup de cœur et le coup de gueule de… Marie Sellier

Régulièrement, une personnalité de l’édition jeunesse (auteur.e, illustrateur.trice, éditeur.trice…) nous parle de deux choses qui lui tiennent à cœur. Une chose qui l’a touché.e, ému.e ou qui lui a tout simplement plu et sur laquelle il.elle veut mettre un coup de projecteur, et au contraire quelque chose qui l’a énervé.e. Cette semaine, c’est Marie Sellier qui nous livre son coup de cœur et son coup de gueule.

Le blues du pendule

Plutôt que de coups de cœurs et de coups de gueule, je parlerais de coups de blues et de coups de blush, se succédant à cadence rapide, l’un chassant l’autre par effet de balancier, à l’image de la réalité contrastée de ce drôle de métier-montagnes-russes qui nous propulse sur des sommets radieux pour mieux nous précipiter, l’instant d’après, dans des gouffres obscurs.
Coup de blush : nous faisons un métier PASSIONNANT. Ce sont les auteurs eux-mêmes qui le disent, du moins ceux qui ont répondu à la grande étude menée conjointement par le ministère de la Culture, le Centre National du Livre et un certain nombre de régions. Le mot arrive en première position. Quelle chance nous avons !
Coup de blues : Devinez les trois qualificatifs qui viennent immédiatement après… PRÉCAIRE, DIFFICILE, MAL PAYE. C’est vrai, quoi, nous ne pouvons pas tout avoir. La passion a un prix. Artiste et vache enragée ont toujours fait bon ménage sous nos latitudes. Qui finalement y trouve à redire sinon les intéressés eux-mêmes ?
Coup de blush :  après des années de marasme, l’Édition et la Librairie vont mieux. La première a renoué avec la croissance (+ 0,6 % en valeur, +3,5 % en volume), la seconde affiche une augmentation de 2,7 % pour 2015 et, bonne nouvelle, pour le moment ça continue sur la même lancée en 2016.
Coup de blues : la situation des auteurs, elle, ne s’améliore pas. L’étude déjà citée nous apprend que 41 % des auteurs professionnels (affiliés à l’AGESSA ou pouvant prétendre l’être), gagnent moins que le SMIC, que la tendance générale est à la baisse des revenus et que les jeunes auteurs trinquent plus que leurs aînés. Quant aux auteurs jeunesse, leur situation n’est pas brillante. Avec 5 % de droits en moyenne (50 centimes pour un livre à 10 euros), ils continuent à être les plus mal lotis de la profession.
Coup de blush : nous avons la chance de vivre dans un pays où l’offre éditoriale est conséquente et variée. Des livres, il y en a pour tous les goûts.
Coup de blues : euh, finalement il y en a peut-être un peu trop. Le nombre de livres publiés par an a augmenté de 76 % entre 1996 et 2014. Il y a 70 000 nouveautés pas an, soit près de 200 nouveaux livres qui paraissent chaque jour (week-end y compris), ce qui fait en tout 700 000 livres à la vente aujourd’hui. La machine s’est emballée. Les tirages sont de plus en plus courts et la plupart des livres font un passage éclair sur les tables des libraires avant d’atterrir dans les bacs des soldeurs. Comment les gens peuvent-ils s’y retrouver face à cette offre pléthorique ? On peut se demander si, loin de servir la diversité, cette surproduction ne fait pas en réalité le jeu de la bestsellerisation.
Coup de blush : la retraite des auteurs est désormais un vrai sujet national. Dès le 1er janvier 2019, tout le monde, affilié ou pas, aura le droit de cotiser pour ses vieux jours, ce qui n’est pas le cas aujourd’hui puisque le précompte acquitté par l’auteur non-affilié à l’AGESSA est exempt de cotisation retraite.
Coup de blues : ça va coûter cher. + 6,9 % pour la retraite de base, + 2 à 8 % pour la retraite complémentaire (en fonction des revenus et de la prise en charge de SOFIA), soit globalement une augmentation des charges comprise entre 9 % et 15 %. Les revenus baissent, les cotisations augmentent :  effet ciseaux garanti pour hacher menu la fourmi-auteur. On pourrait trouver d’autres sources de financement de la retraite des auteurs. Encore faudrait-il qu’il y ait une vraie volonté politique.
Coup de blush : les négociations ont repris entre associations d’auteurs et d’éditeurs pour tenter d’améliorer les choses, notamment dans le domaine du contrat d’édition. Un accord a déjà été obtenu sur trois points importants : reprise des droits en cas de non-paiement des sommes dues, encadrement des provisions sur retour, interdiction de la compensation intertitres dans les contrats. Et nous nous penchons actuellement sur la question des relevés de compte assez généralement opaques et toujours invérifiables.
Coup de blues : tout cela demande du temps et des trésors d’énergie pour des avancées somme toute très mesurées. Porter la cause des auteurs est aussi exaltant qu’usant. Et, pour des tas de bonnes raisons, dont la première est qu’il faut travailler davantage pour survivre dans ce contexte déprimé, nous sommes malheureusement encore trop peu nombreux à nous engager pour essayer de faire bouger les lignes.
Coup de blush : mais je continue !
Et j’arrête là mon balancier, parce que le pendule, à la longue, c’est lassant et que je sens bien que vous commencez à avoir le tournis.
Ah le joli métier que voilà !

Marie SellierMarie Sellier est auteure d’une centaine de titres, pour la plupart publiés en jeunesse, et présidente de la Société des Gens de Lettres.

Bibliographie sélective :

  • Le jardin de madame Li, album illustré par Catherine Louis, Picquier Jeunesse (sortira le 21 octobre).
  • Brume et les Toucouleur, album illustré par Matthieu Limo, Éditions courtes et longues (2015).
  • Mon monstre, album illustré par Jean Luc Buquet, Éditions courtes et longues (2014).
  • Chien rouge, roman, Nathan (2014).
  • La lune nue, album illustré par Hélène Rajcak, Talents Hauts (2014), que nous avons chroniqué ici.
  • 10 tableaux et des animaux, Nathan (2014), que nous avons chroniqué ici.
  • Le secret de grand-mère, album illustré par Armande Oswald, Seuil Jeunesse (2014), que nous avons chroniqué ici.
  • 10 tableaux et un ballon rouge, Nathan (2013), que nous avons chroniqué ici.
  • Mô et le maître du temps, album illustré par Catherine Louis, Picquier Jeunesse (2013).
  • Cœur de pierre, roman, Nathan (2013).
  • Fanfan, album illustré par Iris Fossier, Éditions courtes et longues (2012).
  • Dragons & Dragon, album illustré par Catherine Louis, Picquier Jeunesse (2012), que nous avons chroniqué ici.
  • Le fils de Picasso, roman, Nathan (2012), que nous avons chroniqué ici.
  • Les douze manteaux de maman, album illustré par Nathalie Novi, Le baron perché (2012).
  • Le journal d’Adeline, roman, Nathan (2011).
  • Le sourire de ma mère, roman, Nathan (2011).
  • Mes dix premiers tableaux, Nathan (2011)
  • Afrique, petit Chaka, album illustré par Marion Lesage, Réunion des musées nationaux (2010).

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De bien beaux contes

Par 20 octobre 2014 Livres Jeunesse

La lune nueLa lune ne se plaisait pas à vivre nue, elle alla voir sa mère, la grande et vaporeuse Nébuleuse Voie Lactée, elle pourrait lui donner un habit. La lune voulait une robe qui brille de mille couleurs dans la nuit, elle l’eut. Sauf que trois jours plus tard elle commença à se sentir bien serrée dans ce nouveau vêtement. Il fallait l’agrandir. Sa mère lui obéit… mais trois jours plus tard…
C’est un très beau conte qu’a écrit Marie Sellier. Une histoire aux allures de conte classique. Le texte est poétique et les illustrations d’Hélène Rajcak l’accompagnent à merveille.
On parle bien entendu ici des cycles de la lune, mais on peut y voir aussi un message sur le corps, sur le fait de s’accepter qu’on soit trop maigre ou trop rond, sur le corps qui change. On pense à Peau d’âne et ses robes couleurs du soleil ou couleur de nuit…
Un très joli conte, plein de poésie tant dans le texte que dans les illustrations (que je vous invite à découvrir ici).

ÀPERCE NEIGE et les trois ogresses noter que Talents Hauts vient de ressortir dans la même collection Perce-Neige et les trois ogresses, qui était une des histoires de Contes d’un autre genre de Gaël Aymon (le plus beau des trois), dans un très bel album. Peggy Nille a retravaillé ses illustrations et même ajouté quelques inédits. On parle ici d’un jeune garçon sensible (trop aux yeux de son père) qui va être chassé du royaume et recueilli par des ogresses. Une sorte de version « inversée » de Blanche-Neige (ici, le garçon va faire le ménage chez les ogresses et être réveillé par une jeune fille). Une magnifique histoire superbement illustrée.

UnCygnes Sauvages roi, qui avait onze fils et une fille, se remaria à la mort de son épouse avec une femme méchante qui ensorcela les princes afin de les transformer en cygnes et confia leur sœur à un paysan. Un jour, cette dernière partit à la recherche de ses frères…
Vous connaissez certainement ce très beau conte d’Andersen, il est ici réécrit par Kochka et magnifiquement illustré par la talentueuse Charlotte Gastaut. Plusieurs livres sont déjà sortis dans cette collection, on vous en a déjà parlé, et comme pour les précédents on retrouve les illustrations avec des parties dorées. Les planches sont superbes, comme chaque fois et nos yeux se régalent. Le texte est assez difficile pour les plus jeunes, c’est typiquement le genre d’album qu’on offre aux grands enfants… ou qu’on s’achète pour soi même !
Encore un classique illustré magnifiquement par Charlotte Gastaut.

UnLa Belle et la Bête David Sala riche paysan qui avait tout perdu s’égara un jour dans une forêt. Il trouva refuge dans un château où il ne croisa personne. En partant il cueillit une rose pour sa plus jeune fille, il n’aurait pas dû, il déclencha la colère de l’habitant du château, la Bête.
Vous connaissez très certainement l’histoire de La Belle et la Bête, ne serait-ce que par le chef d’œuvre de Cocteau avec Jean Marais. Ici, c’est l’histoire originale et intégrale de Jeanne-Marie Leprince de Beaumont qui ressort illustrée par un des plus grands illustrateurs, David Sala. Les planches sont absolument somptueuses et comme dans le précédent on y trouve des parties dorées… sauf qu’ici ce n’est pas forcément une réussite… Elles paraissent vraiment rajoutées et gâchent un peu le magnifique travail de David Sala, comme si l’on avait ajouté des autocollants à des toiles de maître… c’est un peu dommage. Malgré tout, ça reste un magnifique ouvrage, avec, là aussi, un texte pas toujours évident pour les plus jeunes (il date du XVIIIe siècle).
Un album jeunesse proche du livre d’art.

EtPeau d'âne Demy puisqu’on parlait de Jean Marais et un plus haut de Peau d’âne, De La Martinière Jeunesse vient de sortir une très belle version du conte écrite par Jacques Demy, lui-même ! Le texte est ici illustré par des photos du film (on retrouve donc Catherine Deneuve, Jean Marais, Delphine Seyrig…) dans une maquette qui fait édition classique, l’édition est magnifique avec sa tranche dorée. Un cadeau idéal pour les amoureux du chef d’œuvre de Jacques Demy… et les autres !

Quelques pas de plus…
Nous avons déjà chroniqués plusieurs livres de Marie Sellier (10 tableaux et des animaux, Le secret de grand-mère, 10 tableaux et un ballon rouge, Le fils de Picasso et Dragons & Dragon), Gaël Aymon (Le secret le plus fort du monde, Ma réputation, Le fils des géants, L’anniversaire à l’envers, Les souliers écarlates, La princesse Rose-Praline, Une place dans la cour, Contes d’un autre genre et Giga Boy), Peggy Nille (Lily cherche son chat, Mon cher petit coeur, La Princesse Optipois, Le petit oiseau au grain de blé, Le voleur de lune, Le Petit Chaperon Rouge, Les amoureux du ciel, Le nom du diable et Contes d’un autre genre), Kochka (À l’heure du loup, Le rossignol et l’empereur de Chine, Peau d’Âne et Dans ma ville il y a…), Charlotte Gastaut (Boucle d’Or & les 3 ours, Peau d’âne, PoucetteMon amie est princesse et Mais que fait la police ? ), Andersen (La petite sirène version Anna Karina, La petite sirène lu par Marie Tirmont, La petite sirène illustré par Alexandra Huard, Contes inédits : Le compagnon de voyage, Le petit Ole Ferme l’oeil, Le goulot de Bouteille, Le Rossignol et l’empereur de Chine, un CD regroupant plusieurs de ses contes, La petite fille aux allumettes illustré par Fabrice Backès, Les habits neufs de l’empereur illustré par Parastou Haghi et un recueil sorti chez Lito, Contes d’Andersen), David Sala (Féroce) et Charles Perrault (Le chat botté, Cendrillon, Le chat beauté, Le petit chaperon rougeLe chat botté et Le petit Poucet dans la collection Les contes en chanson chez Larousse, Peau d’âne illustré par Charlotte Gastaut, Le petit chaperon rouge dans une version « herbier » et une version sans texte et Cendrillon en petit théâtre d’ombre). Retrouvez également l’interview de Gaël Aymon et de Peggy Nille.

La lune nue
Texte de Marie Sellier, illustré par Hélène Rajcak
Talents Hauts
14,90 €, 217×302 mm, 48 pages, imprimé en Union Européenne, 2014.
Perce-Neige et les trois ogresses
Texte de Gaël Aymon, illustré par Peggy Nille
Talents Hauts
16,50 €, 256×338 mm, 28 pages, imprimé en Italie, 2014.
Les cygnes sauvages
Texte de Kochka (d’après Andersen), illustré par Charlotte Gastaut
Père Castor
13,50 €, 240×300 mm, 32 pages, imprimé en France, 2014
La Belle et la Bête
Texte de Jeanne-Marie Leprince de Beaumont, illustré par David Sala
Casterman dans la collection Les albums Casterman
16,95 €, 270×250 mm, 64 pages, imprimé en Chine, 2014
Peau d’âne
Texte de Jacques Demy (d’après Charles Perrault)
De La Martinière Jeunesse
17 €, 220×285 mm, 144 pages, imprimé en Italie, 2014.

À part ça ?

Quand j'étais petit (c'était avant)Et puisqu’on parle de beaux livres pour enfants dans cette chronique, j’avais envie de vous parler d’un beau livre plutôt pour les grands. Quand j’étais petit (c’était avant) nous délivre une série de « quand j’étais petit… » de Philippe Nessman. Rappelez-vous, cette époque où pour entrer dans une voiture fermée à clé, les passagers devaient attendre que le conducteur y pénètre puis se contorsionne pour déverrouiller, une à une, toutes les portières, cette époque où l’on découvrait toujours qu’une bonne partie des photos était inutilisable quand on faisait développer une pellicule, cette époque de Groquick, du Lucky Luke avec une cigarette et du scotch sur les cassettes pour pouvoir à nouveau enregistrer dessus quand on avait cassé la languette en plastique. On n’est pas du tout ici dans le « c’était mieux avant », il s’agit plutôt de nous faire sourire en nous rappelant des choses qu’on avait parfois oubliées. En plus, le livre est magnifique (il est édité chez Palette… qui fait toujours un beau travail d’édition), c’est typiquement le livre qu’on offre en cadeau (en tout cas moi je sens que je vais en offrir).
140 phrases madeleine réunies dans un très bel ouvrage.
Plein de choses à découvrir sur la page Facebook du livre.
Quand j’étais petit (c’était avant) de Philippe Nessmann, 19 €, Palette….

Gabriel

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Se familiariser avec l’art

Par 27 juin 2014 Livres Jeunesse

On continue donc notre petite sélection de livres qui parlent d’art. Aujourd’hui, des albums qui utilisent des œuvres.

Du bruit dans l'artOuiiiinn un enfant pleure, c’est Le nouveau-né de Georges de La Tour, Drrrrring ! ça sonne ! Décrochez Le téléphone-homard de Salvador Dali. Snif, la Crying girl de Roy Lichtenstein essuie une larme. Plouf ! Quelqu’un a plongé dans A Bigger Splash de David Hockney. Beurk, la Tête de caractère de Franz Xaver Messerschidt n’a pas l’air d’apprécier.
Vous l’aurez compris, ici il est question de bruits ! Dans un très beau petit livre sorti chez Palette… (qui est une bonne adresse quand on parle de livres d’art), Andy Guérif et Édouard Manceau imaginent le bruit du Cri de Munch ou du Baiser de Francesco Hayez. Ça amuse les enfants (on peut aussi leur faire deviner le bruit) et c’est un très bel objet.
Un livre génial pour se familiariser avec des grandes œuvres.
Des extraits sur le site d’Édouard Manceau.

10 Tableaux Et Des AnimauxRegarde dans le trou, un détail apparaît. Un museau et des pattes, une dame au turban blanc et un énorme poisson, un gros chien et des oiseaux. Mais qu’est-ce qui se cache derrière ? Tourne la page et tu verras que sous la première c’est une peinture préhistorique de la grotte de Lascaux, sous la seconde un détail du Triptyque de la tentation de Saint Antoine de Jérôme Bosch et sous la dernière le chien est au pied de Madame Georges Charpentier et ses enfants de Paul-Auguste Renoir.
Là aussi, le côté ludique est une très bonne façon de se familiariser avec l’art. Tout d’abord parce qu’on essaye de deviner à quoi appartient le détail que l’on voit dans le trou, ensuite parce que le texte qui accompagne chaque tableau est plein d’humour. Marie Sellier a imaginé un dialogue avec des personnages des tableaux. Le fait de mettre l’accent sur un point du tableau nous fait remarquer des choses que nous n’avions parfois pas vues, et ça nous donne envie de mieux regarder tout le tableau.
Là aussi, un très bon livre pour donner envie aux enfants de mieux connaître la peinture.

L'envol des couleursDans la ville bleue, où l’on ne fabrique que du bleu, Élisabeth pense à Melchior qui vit dans la ville rouge, où l’on de fabrique que du rouge. Mais les habitants des deux villes se détestent et jamais le père d’Élisabeth ne donnera son accord pour que cet amour soit possible. Grâce à sa servante, elle échange des lettres avec son aimé, mais celui-ci lui annonce qu’il part à l’autre bout du monde chercher l’Écarlate.
Quelle drôle d’idée qu’imaginer toute une histoire à partir de tableaux de Vermeer ! Les célèbres tableaux se voient affublés de bulles et de légendes. J’avoue qu’en feuilletant ce livre j’ai été surpris et plutôt repoussé… Et en fait, en lisant l’histoire j’ai trouvé le résultat, bien que casse-gueule, plutôt réussi.
En partant du fait qu’à l’époque de Vermeer il y avait les teinturiers du bleu et ceux du rouge et qu’ils n’avaient pas le droit les uns et les autres d’utiliser la couleur de l’autre, Hélène Kerillis a imaginé cette histoire d’amour interdite. Une jolie histoire qui se voit donc illustrée par des tableaux du célèbre peintre hollandais.
Une histoire d’amour illustrée par Vermeer, une idée très originale et plutôt bien exploitée.

Quelques pas de plus…
Tous les livres qui parlent d’art que nous avons chroniqués sont regroupés sur un tableau Pinterest. Nous avons déjà chroniqués plusieurs livres d’Édouard Manceau (Histoires sans fin, Coucou, le grand cache-cache des animaux, Histoires sans queue ni tête, Tac-tac le hibou, Chponk le moustique) et Marie Sellier (Le secret de grand-mère, 10 tableaux et un ballon rouge, Le fils de Picasso et Dragons & Dragon).

Du bruit dans l’art
d’Andy Guérif et Édouard Manceau
Palette…
14,50 €, 187×187 mm, 48 pages, imprimé en Italie, 2014.
10 tableaux et des animaux
de Marie Sellier
Nathan
14,90 €, 258×260 mm, 48 pages, imprimé en Espagne, 2014.
L’Envol des Couleurs
Texte d’Hélène Kerillis, illustrations de Johannes Vermeer
Léon art & stories dans la collection Art-Fiction
16 €, 270×240 mm, 32 pages, imprimé en France chez un imprimeur éco-responsable, 2014.

À part ça ?

Mes années d'écoleL’année scolaire se termine et l’on classe déjà tout ce qui appartient à l’année passée pour bientôt commencer l’année nouvelle. Les photos de classe en font partie. On l’a regardée toute l’année pour se rappeler qui sont les fameux Jean-Michel, Yvette et Josiane dont parle tout le temps notre enfant. Mais qu’en faire maintenant ? Ça ne rentre pas dans les albums classiques. Mila Éditions a sorti un bel ouvrage où l’on va pouvoir coller chaque année la photo (de la petite section au CM2). L’album est vraiment très beau avec de petites illustrations jamais envahissantes, des pages de calques entre les pages de textes et les pages de photos. Car oui il n’y a pas que la page pour la photo, on va aussi rédiger chaque année une petite chose en plus. Bien entendu l’année scolaire, le nom de l’école, le nom du maître ou de la maîtresse, mais aussi ce qu’on a pensé de l’année, un souvenir, les copains/copines, ce qu’on a aimé… On va aussi coller un dessin et écrire son nom chaque année, pour voir ainsi l’évolution. Un très bel album à conserver longtemps… longtemps…
Des extraits en ligne.
Mes années d’école, d’Anne Weiss, Mila éditions, 14,95 €.

Gabriel

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Les invités du mercredi : Geneviève Godbout, Marie Sellier et Armande Oswald (+ concours)

Par 25 septembre 2013 Les invités du mercredi

Connaissez-vous Geneviève Godbout ? J’ai craqué sur ses illustrations pour Joseph Fipps il y a quelques mois et je suis à nouveau tombé sous le charme de son travail sur le conte libanais Une petite fille… à croquer !. J’ai eu envie de poser des questions à cette illustratrice québécoise. À la suite de cette interview, grâce aux éditions La pastèque, vous pourrez tenter de gagner le magnifique Joseph Fipps, bande de chanceux ! Ensuite, pour la rubrique Parlez moi de, j’ai voulu revenir sur un superbe album, extrêmement troublant, Le secret de grand-mère. Son auteur, Marie Sellier, et son illustratrice, Armande Oswald, on accepté de m’en parler. Bon mercredi à vous !


L’interview du mercredi : Geneviève Godbout

Geneviève GodboutQuel a été votre parcours ?
J’ai toujours aimé dessiner. C’était mon passe-temps favori et une sorte de recueillement. J’ai voulu faire mes études dans le domaine et c’est le monde de l’animation qui m’a charmé. J’ai d’abord suivi un cursus de 3 ans en animation traditionnelle au Cégep du Vieux-Montréal au Canada (je viens de là), pour ensuite entrer directement en troisième année à Gobelins à Paris.
À la fin de mes études, je suis déménagée à Londres où j’ai travaillé pour divers studios en tant que freelance. J’ai ensuite appliqué à Disney Consumer Products en tant que character artist. J’y suis restée 6 ans. C’était une belle expérience en dessin, mais aussi en compréhension de la commercialisation des objets dérivés. Entre temps, j’illustrais quelques albums jeunesse. J’ai eu la piqûre ! C’est d’ailleurs pourquoi j’ai décidé de me lancer en tant qu’illustratrice à temps plein cet automne.

Quelles étaient vos lectures d’enfant, d’adolescente ?
Enfant, j’adorais les albums de Richard Scarry. Tous les petits détails et les personnages mignons me fascinaient.Joseph Fipps
Adolescente, je ne lisais plus vraiment. À présent, je collectionne les albums illustrés (j’adore me perdre en librairie) et je lis les classiques de la littérature française, anglaise et russe.

Quelle technique utilisez-vous ?
Je fais généralement mes croquis sur Photoshop à l’aide de ma Cintiq. Ensuite je les imprime et j’utilise la légère transparence du papier pour refaire mon dessin original. J’utilise les pastels Sennelier et les crayons de couleurs Faber Castell Polychromos pour la couleur.
Une fois l’illustration scannée, c’est dans la boîte!

Parlez-nous de Joseph Fipps, comment avez-vous travaillé sur ce projet ?
Nadine Robert, l’auteur, m’avait contacté quelques années auparavant pour me parler de ce projet. Au départ c’était une petite Une petite fille… à croquer !fille qui s’appelait Nanouche. J’avais fait quelques tests, mais les maisons d’éditions n’ont pas accroché. De fil en aiguille, Nanouche est devenue Joseph… et Nadine et moi avons soumis l’idée d’album à La Pastèque. Nous souhaitions être publiées par eux et heureusement ils ont dit oui!

Quels sont vos projets ?
J’en ai plusieurs! Je travaille présentement sur un autre projet d’album pour La Pastèque. Je travaille aussi sur un livre pour Chronicle Books aux États-Unis et un autre pour Tundra au Canada (mes premiers pour le marché anglophone). Bref, je me tiens bien occupée!

Bibliographie :

  • Une petite fille… à croquer !, illustration d’un texte de Christine FrassetoPère Castor (2013), que nous avons chroniqué ici.
  • Joseph Fipps, illustration d’un texte de Nadine Robert, La Pastèque (2013), que nous avons chroniqué ici.
  • La longue marche des doudous, illustration d’un texte de Claire Clément, Milan (2012).
  • Où s’est caché le sommeil ?, illustration d’un texte de Pierrette Dubé, 400 coups (2012).

Retrouvez Geneviève Godbout sur son blog : http://rose-a-petits-pois.blogspot.fr.

Comme je vous le disais avant cette interview, grâce aux éditions La Pastèque, je vais faire un chanceux parmi vous ! L’un de vous va gagner Joseph Fipps, un très bel album sur la colère des enfants et les fameuses phrases auxquelles ont a droit dans ces cas-là. Dites-moi, en commentaire, une des pires phrases que vous ont dit vos enfants ou que vous avez dit à vos parents quand vous étiez enfant (ce que vous avez dit à votre belle-mère au sujet de son cadeau de Noël ne compte pas) et l’un de vous, celui qui sera tiré au sort, gagnera ce très beau livre. Bien entendu si vous n’avez pas d’anecdote vous pouvez dire que vous voulez participer quand même, que vos enfants sont des anges et que vous-même vous avez été parfait avec vos parents. Vous avez jusqu’à lundi 20h… bonne chance à tous !


Parlez moi de… Le secret de grand-mère

Une fois par mois on revient sur un livre qu’on a aimé avec son auteur, éventuellement son illustrateur et son éditeur. L’occasion d’en savoir un peu plus sur un livre qui nous a plu. Cette semaine c’est Le secret de grand-mère (chroniqué ici), le livre de Marie Sellier et Armande Oswald sur lequel j’ai eu envie de revenir.

Marie SellierMarie Sellier (auteur) :
Le secret de grand-mère, c’est un souvenir d’enfance. Un souvenir en forme de bottines lacées, noires, déformées.
Ces bottines, c’étaient celles de ma très vieille arrière-grand-mère, que j’appelais mère-grand, comme la grand-mère du Petit Chaperon rouge. Ces bottines, je ne pouvais pas les voir, elles me terrorisaient. Oui vraiment, le mot n’est pas trop fort.
J’avais beaucoup d’affection pour mère-grand, mais, à cause de ces bottines, je redoutais ces visites du jeudi après-midi que m’imposait ma grand-mère. Je me demandais toujours si mère-grand allait nous ouvrir la porte, si j’allais la voir debout. Parce que lorsqu’elle était debout, appuyée sur ses cannes anglaises, je voyais ces affreuses bottines asymétriques qui enserraient ces pieds qui ne pouvaient plus la porter, et qui évoquaient un drame mystérieux qui avait un lien, je le sentais bien, avec la tristesse et la raideur de grand-mère lorsqu’elle rendait visite à sa mère. Oui, je sentais bien qu’elle n’était plus la même, qu’elle devenait inquiète et fragile. Je n’aimais pas ça. C’est déroutant pour une enfant de voir sa grand-mère se comporter en petite fille en faute. Ce n’était pas l’image que j’avais d’elle en temps normal. C’était une bonne grand-mère, attentive et très pédagogue. Plutôt sûre d’elle. Elle aimait transmettre. Elle m’a appris à coudre un bouton et à faire un ourlet ; elle m’a appris le point de tige, de chaînette et de bourdon, et aussi à tricoter, à réussir le gâteau roulé, les meringues ou la confiture de marrons. Une éducation très féminine en somme, à défaut d’être féministe ! Mais bon, ce qu’elle m’a transmis dans ce temps-là me sert toujours et le reste, finalement, j’ai pu l’acquérir par ailleurs.

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Le secret de grand-mère, texte de Marie Sellier, illustré par Armande Oswald, Seuil Jeunesse, 14€, 236×238 mm, 44 pages, imprimé en France, 2013 (chroniqué ici).

Ce souvenir, j’ai tourné autour pendant des années. Très tôt, je l’ai relaté dans un de mes petits carnets, et puis un jour j’ai écrit ce texte. Je l’ai écrit pour des jeunes en rupture d’école, des jeunes dont on pourrait dire qu’ils étaient à côté de leurs pompes, pas très bien dans leurs baskets, et que je faisais précisément travailler sur le thème de… la chaussure. A l’époque – c’était il y a sept ans, je crois –, je ne pensais pas du tout à en faire un album. En fait, ce n’est pas moi qui en ai eu l’idée, mais une amie, Catherine Louis qui est illustratrice et avec laquelle j’ai imaginé plusieurs livres dont La naissance du dragon, Le petit Chaperon chinois et Mô et le maître du temps qui va sortir le mois prochain. Elle m’a présenté Armande Oswald, qui est peintre et suisse comme elle, et dont j’ai tout de suite beaucoup aimé les gouaches très lumineuses où le décor prend toute la place, comme dans les tableaux de Vuillard. Catherine m’a suggéré de lui demander d’illustrer ce texte que je lui avais fait lire et qui l’avait touchée.
Voilà comment ça s’est fait, sans éditeur, juste une association entre deux personnes qui avaient envie de travailler ensemble. Nous y avons pris beaucoup de plaisir, Armande et moi. Elle qui est artiste depuis longtemps, et dont l’œuvre a fait l’objet d’un nombre impressionnant d’expositions, c’était la première fois qu’elle illustrait un livre. Je dois dire qu’elle m’a bluffée par son sens aigu, presque inné, des subtilités du rapport texte-image. Peut-être parce que son père, Marcel North, était, entre autres, illustrateur.
Mais tout le monde sait que pour qu’un livre existe, le plaisir ne suffit pas : il faut aussi avoir un éditeur ! Et ne pas êtrepressé. Il y a trois ans, mon amie Elisabeth Brami, qui était, depuis peu, éditrice free-lance chez JBZ – la nouvelle maison d’édition de Jacques Binsztok – a décidé de l’éditer. Elle était très enthousiaste mais, pour des raisons indépendantes de sa volonté, le livre n’a pas pu se faire. Et finalement, c’est le Seuil jeunesse qui a choisi de le mettre au monde, par l’intermédiaire de Béatrice Decroix… encore une amie. Ce sont donc trois fées marraines qui se sont penchées sur le berceau de ce Secret de grand-mère pour qu’il s’incarne enfin, et même quatre en comptant Laurence Carrion, mon éditrice au Seuil, qui lui a prodigué soins et attention jusqu’à la fin. Maintenant, il lui reste à mener sa vie de livre et à partir dans le vaste monde à la rencontre de ses lecteurs. Si ceux-ci se sentent concernés par l’histoire de la jeune Marie et de ses deux aïeules, s’ils se l’approprient, alors ils lui conféreront la dimension universelle à laquelle elle prétend.
Nous avons chroniqué plusieurs livres de Marie Sellier (10 tableaux et un ballon rouge, Le fils de Picasso et Dragons & Dragon), depuis Le secret de Grand-Mère elle a sorti Cœur de pierre (sur Camille Claudel et Rodin) chez Nathan. Vous pouvez la retrouver sur son site : http://minisites-charte.fr/sites/marie-sellier

Armande OswaldArmande Oswalde (illustratrice) :
« Illustrer un livre ? Pour enfants ?
mais je suis peintre, j’ai touché à plusieurs facettes de ce métier mais je n’ai jamais fais ça ! »
Voici qu’elle a été ma première réaction lorsque j’ai reçu le récit de Marie Sellier qui me proposait de l’illustrer. Catherine Louis, une amie illustratrice avec qui elle collabore, lui avait parlé de moi.
Cependant, Le secret de grand-mère m’avait touché. Il s’agissait d’un souvenir d’enfance de l’auteur. C’était intime, vrai, sincère et c’était la première fois que je lisais une histoire parlant du malaise ressenti par un enfant devant la vieillesse, la fragilité, le handicap. J’y ai reconnu un trouble que j’avais éprouvé moi aussi étant petite.
Après quelques conversations téléphoniques encourageantes avec Marie Sellier, je me suis immergée avec gourmandise dans l’aventure. J’ai pris plaisir à imaginer l’intérieur désuet et chargé de souvenirs dans lequel se déroule l’histoire, les objets insignifiants qui prennent de l’importance aux yeux de la fillette. J’ai cherché dans mes images à montrer ce que les mots ne peuvent exprimer.
Marie Sellier et moi ne nous connaissions pas du tout, elle à Paris et moi en Suisse. Nos échanges se faisaient par mails et par téléphone. J’envoyais mes projets, Marie les commentait presque immédiatement me faisant rebondir et stimulant mon imaginaire.
Je garde un très bon souvenir de cette période de complicité dont le point culminant fut de découvrir que le portrait que j’avais fait de la petite Marie du récit ressemblait furieusement à celui de Marie Sellier enfant. Même expression, mêmes cheveux auburns, mêmes couettes. Une coïncidence qui nous ravi.
Le secret de grand-mère est le premier album de la peintre Armande Oswald, vous pouvez retrouver son travail sur son site : http://www.armandeoswald.com.

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