La mare aux mots
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Mayalen Goust

Les invité-e-s du mercredi : Mayalen Goust et Pierre Mornet

Par 22 avril 2015 Les invités du mercredi

Ce mercredi encore, nous vous proposons deux invités talentueux. Tout d’abord, c’est avec Mayalen Goust que nous avons rendez-vous pour l’interview. Ensuite, c’est Pierre Mornet qui a accepté de jouer le jeu du En vacances avec. Bon mercredi à vous !


L’interview du mercredi : Mayalen Goust

Mayalen GoustParlez-nous de votre parcours
Je suis diplômée d’une école d’arts appliqués.
J’ai tout d’abord travaillé dans une agence de publicité, en tant que graphiste.
L’illustration jeunesse ayant toujours été pour moi un désir, j’ai quitté cette agence pour me lancer en free lance. J’ai vécu plusieurs années à Paris, ce qui m’a donné l’opportunité de rencontrer les éditeurs, lors des salons, avec mon book sous le bras. Ça n’a pas été facile, j’ai beaucoup travaillé pour trouver mon identité.
Un jour les éditions Magnard m’ont proposé de faire des illustrations pour un manuel de français, et ça a démarré comme ça.

Arlequin ou les oreilles de VeniseQuelles techniques d’illustration utilisez-vous ?
Je réalise mes dessins au crayons de papier. Je les scanne et fais la mise en couleur sur ordinateur. Je fais des fonds aquarelles, des mélanges de matières que j’incorpore à mes illustrations.

Quelles étaient vos lectures d’enfant, d’adolescente ?
Je passais beaucoup de temps à regarder les dessins de Franquin, Lizbeth Werger, Philippe Corentin, Jean Claverie… des livres d’art, Klimt, Monet

Y a-t-il des illustrateurs actuels que vous aimez particulièrement ?
Frederik Peeters
, Cyril Pedrosa, Ilya Green, Rebecca Dautremer, Florent Chavouet, François Roca, David Sala

Parlez-nous de votre travail sur Le roi maladroit.Le Roi maladroit
Les éditions Marmaille et Cie m’ont proposé ce texte d’Anne-Gaëlle Balpe, et j’ai tout de suite adoré. C’était très visuel, comique et très parlant pour moi car je porte des lunettes !
Je suis comme ce roi totalement myope.
Je me suis beaucoup amusée à faire mes recherches de personnages. Leur donner une identité.
Un roi enfant, capricieux mais attendrissant.
Un drôle de petit bonhomme, vêtu complètement différemment comme s’il venait d’une autre époque, à la Tati.
J’ai eu beaucoup de liberté pour ce travail et j’aimerai retravailler avec Anne-Gaëlle un jour !

Quels sont vos projets ?
Je suis actuellement sur quelque chose de complètement différent. J’illustre une bande dessinée adulte pour les éditions Rue de Sèvres. Le premier tome sort en mai et je suis en train de réaliser le tome 02. C’est un travail beaucoup plus long que pour un album jeunesse et ça me plaît. C’est une étape pour moi, de m’adresser à un autre public nécessite de remettre en question mon travail et c’est très enrichissant.

Bibliographie sélective :

  • Kamarades, Tome 1, illustration d’un scénario de Jean-Baptiste Dusseaux, Rue de Sèvres (à paraître le 13 mai).
  • Le roi maladroit, illustration d’un texte d’Anne-Gaëlle Balpe, Marmaille & Compagnie (2014), que nous avons chroniqué ici.
  • Arlequin ou Les oreilles de Venise, illustration d’un texte d’Hubert Ben Kemoun, Père Castor (2012), que nous avons chroniqué ici.
  • Le prince amoureux, illustration d’un texte de Nadine Brun-Cosme, Lito (2011), que nous avons chroniqué ici.
  • série Les colombes du roi soleil, illustration de textes de Roger Seiter et d’Anne-Marie Desplat-Duc, Flammarion (2011-2014).
  • Blanche Neige, illustration d’un texte des frères Grimm, Père Castor (2009).
  • Lucie et les lucioles, illustration d’un texte d’Arnaud Moine, Chocolat (2009).
  • Bonne nuit, les comptines, illustration de comptines, Lito (2008).
  • Jacques et le haricot magique, illustration d’un texte de Pierre Sémidor, Magnard (2008).
  • Célestin le ramasseur du petit matin, illustration d’un texte de Sylvie Poillevé, Père Castor (2007).

Le site de Mayalen Goust : http://www.studesign.com.


En vacances avec… Pierre Mornet

Régulièrement, je pars en vacances avec un artiste (je sais vous m’enviez). Je ne sais pas si vous êtes comme moi, mais moi j’adore partir comme ça avec quelqu’un, on apprend à le connaître notamment par rapport à ses goûts… cet artiste va donc profiter de ce voyage pour me faire découvrir des choses. On emporte ce qu’il veut me faire découvrir. On ne se charge pas trop… 5 de chaque ! 5 albums jeunesse, 5 romans, 5 DVD, 5 CD, sur la route on parlera aussi de 5 artistes qu’il veut me présenter et c’est lui qui choisit où l’on va… 5 destinations de son choix. Cette fois-ci, c’est Pierre Mornet qui s’y colle, merci à lui !
Allez en route !

5 albums jeunesse

  • Spirou et les héritiers d’André FranquinSpirou et les héritiers
  • Le Lotus bleu d’Hergé
  • La Marque jaune d’Edgar P. Jacobs
  • Little Nemo in Slumberland de Winsor McCay
  • Contes de Perrault illustrés par Gustave Doré

5 romans

  • Blonde de Joyce Carol OatesAmerica Psycho
  • Journal d’Anaïs Nin
  • L’Amant de la Chine du Nord de Marguerite Duras
  • Lolita de Vladimir Nabokov
  • Les Raisins de la colère de John Steinbeck
  • American Psycho de Bret Easton Ellis

5 DVD

  • Uncle BoonmeeLa trilogie Gus van Sant : Gerry / Elephant / Last Days
  • 2001 / Eyes wide shut de Stanley Kubrick
  • Les Moissons du ciel / Le nouveau monde de Terrence Malick
  • Le Mépris de Jean-Luc Godard
  • Uncle Boonmee… de Apichatpong Weerasethakul
  • Les Damnés / Mort à Venise de Luchino Visconti
  • Carrie de Brian de Palma

5 CD

  • The Velvet Underground & Niconegatif biolay
  • The White Stripes : Elephant
  • Cat Power : What would the community think
  • Joy Division : Unknow Pleasures
  • Benjamin Biolay : Négatif

5 artistes

  • Robert Wilson
  • David Lynch
  • Henry Miller
  • Roman Cieslewicz
  • John Cassavetes et Gena Rowlands

5 destinations

  • L’Ile d’Yeu
  • La plage Notre Dame, sept heures du soir en été, sur l’île de Porquerolles
  • La terrasse de l’hôtel La Luna, de nuit, à Capri
  • Venise
  • Le jardin du Luxembourg

Pierre MornetPierre Mornet est auteur et illustrateur.

Bibliographie sélective :

  • L’Anniversaire, texte et illustrations, Autrement (2013), que nous avons chroniqué ici.
  • Choses qui font peur, illustration d’un texte de Bruno Gibert, Autrement (2006).
  • Le Kimono blanc, illustration d’un texte de Dominique Kopp, Gautier-Languereau (2004).
  • Les Paradis de Prunelle, illustration d’un texte de Marie NDiaye, Albin Michel Jeunesse (2003).
  • Puce, illustration d’un texte de Brigitte Ventrillon, Autrement (2001).

Retrouvez Pierre Mornet sur son site : www.pierremornet.com.

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De très beaux albums

Par 23 février 2015 Livres Jeunesse

Il y a un point commun entre les albums de la chronique du jour, ce sont de magnifiques ouvrages qui m’ont particulièrement touché (et pour certains, le mot est faible).

Ianos et le dragon d'étoilesEn ce temps-là, la vie était difficile, tout le monde mourrait de faim. Un dragon en était la cause, il avait dévoré les étoiles et la lune et s’attaquait maintenant au soleil. Ianos, un jeune Tsigane, savait qu’un jour il irait combattre le dragon pour délivrer les étoiles et ramener la lumière. Un jour, il prit la route.
Ianos et le dragon d’étoiles est un magnifique conte tsigane. Sorti dans la collection Contes du monde chez Didier Jeunesse (gage de qualité), il nous raconte l’histoire d’un jeune homme prêt à tout pour tuer un dragon qui fait régner la terreur sur la Terre. Jean-Jacques Fdida est un conteur et, comme toujours, son texte est particulièrement bien écrit, les mots semblent choisis, la langue est belle, le texte est un régal à lire à haute voix. Les illustrations de Régis Lejonc accompagnent parfaitement les mots de Jean-Jacques Fdida et le grand format du livre met en valeur les planches au pastel sec.
Un magnifique conte sorti dans une des plus belles collections de contes du monde.

Arlequin ou les oreilles de VeniseArlequin était victime de moqueries à cause de ses oreilles… Il faut dire qu’elles étaient particulièrement grandes ! Mais ce défaut a aussi un avantage : on entend TOUT ! Alors bien sûr on entend les quolibets, mais on est aussi très fort pour accorder les instruments de musique. Arlequin devint donc le meilleur accordeur de Venise. Un jour, un homme très riche le fit venir. Quel allait être l’instrument que pouvait posséder le propriétaire d’un tel palais ? Arlequin allait être bien surpris.
Quelle magnifique histoire d’amour ! Je retrouve la poésie, la beauté des mots qui m’avaient tant plu dans L’épouvantail qui voulait voyager du même Hubert Ben Kemoun, un de mes albums préférés (chroniqué ici). Il faut dire aussi que comme dans ce dernier, les illustrations d’Arlequin ou Les oreilles de Venise sont superbes et accompagnent merveilleusement le texte. Ici, elles sont signées Mayalen Goust.
Cet album sortit en 2012, qui ressort ici en petit format (donc à petit prix), est sélectionné au prix des Incorruptibles cette année (sélection CE2-CM1)… et mériterait de le gagner !

YllavuIl y avait un pays où les gens vivaient heureux, en harmonie. Mais un jour, des pierres brillantes apparurent sur le sol et tout le monde voulut en posséder. Les Hommes commencèrent à vivre en regardant par terre, dans l’espoir de trouver une de ces pierres. Ainsi, génération après génération, les corps se modifièrent et bientôt on naissait courbé vers le bas, incapable de regarder ailleurs que vers ses pieds. Mais un jour, un homme tomba dans un trou et vit quelque chose qu’il n’avait jamais vu, dont on parlait uniquement dans les histoires : le ciel.
Yllavu est un des plus beaux albums de ma bibliothèque, un album que je chéris, un bijou. Les éditions HongFei le rééditent dans un format mieux adapté au lectorat (j’avais chroniqué l’ancienne version ici). Le texte (et surtout ce qu’il raconte) est absolument magnifique. On y parle de la cupidité, de vivre pour accumuler des richesses sans rien voir d’autre. On y parle de ceux qui découvrent la beauté du monde et de la façon dont ils sont perçus. Écrit par un moine bouddhiste, ce texte est mis en image par un de nos illustrateurs les plus doués : Samuel Ribeyron. Les planches sont absolument superbes. Un bijou je vous dis !
La réédition dans un nouveau format de l’un des plus beaux livres de la littérature jeunesse.

Quelques pas de plus…
On a déjà chroniqué des livres de Jean-Jacques Fdida (Contes d’Afrique, Cendrillon ou La Belle au soulier d’or, La barbe bleue ou Conte de l’Oiseau d’Ourdi, Le Petit Chaperon rouge ou La Petite Fille aux habits de fer-blanc et La belle au bois dormant ou Songe de la vive ensommeillé), de Régis Lejonc (La boîte à joujoux, Loup ?, La mer et lui, Le petit chaperon rouge ou La petite fille aux habits de fer blanc et Obstinément Chocolat), d’Hubert Ben Kemoun (La fille seule dans le vestiaire des garçons, Le nouveau doudou, La pire meilleure journée de ma vie, Seuls en enfer et L’épouvantail qui voulait voyager ), de Mayalen Goust (Le roi maladroit et Le prince amoureux) et de Samuel Ribeyron (Ce n’est pas très compliqué, Les plus belles chansons anglaises et américaines, 38 perroquets, Le grand papa et sa toute petite fille, Super Beige, Super Beige, le retour, Beau voyage, Yllavu, Pi, Po, Pierrot et Salade de fruit. Et aussi les films Et 10,11,12 Pougne le Hérisson, L’hiver de Léon, Le printemps de Mélie et L’été de Boniface). Retrouvez aussi nos interviews d’Hubert Ben Kemoun et de Samuel Ribeyron.

Ianos et le dragon d’étoiles
Texte de Jean-Jacques Fdida, illustré par Régis Lejonc
Didier Jeunesse dans la collection Contes du monde
14,20 €, 200×260 mm, 40 pages, imprimé en France chez un imprimeur éco-reponsable, 2015.
Arlequin ou Les oreilles de Venise
Texte d’Hubert Ben Kemoun, illustré par Mayalen Goust
Père Castor dans la collection Les p’tits albums du Père Castor
5,50 €, 170×210 mm, 32 pages, imprimé en France, 2015 (première édition : 2012).
Yllavu
Texte de Gambhiro Bhikkhu, illustré par Samuel Ribeyron
HongFei
12,70 €, 40 mm, 187×246 pages, imprimé en République Tchèque, 2015.

À part ça ?

Cram Cram 30Le nouveau Cram Cram ! est sorti ! Le numéro 30 du magazine jeunesse qui voyage nous propose un voyage au Burkina Faso (grâce à la famille Derrien) ! On trouve, comme toujours, des blagues, un animal du mois (l’oryctérope), une grande histoire (un conte burkinabé), le jouet de Grand-Père Daniel (le poussoir africain), des idées et une recette (le milk shake burkinabé) ! Comme d’habitude c’est sans pub (tout en étant seulement à 5,90 € et avec un beau papier). On adore Cram Cram ! et on vous invite à soutenir leur action pour le faire rentrer dans les classes ici.
Cram Cram ! numéro 30, 5,90 € ou par abonnement.

Gabriel

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Maladresse et chagrin, avec Anne-Gaëlle Balpe

Par 16 juin 2014 Livres Jeunesse

Anne-Gaëlle Balpe fait partie de ces auteurs que l’on suit. Elle vient de sortir deux nouveaux albums, très réussis, Le roi maladroit et D’où il vient ce gros chagrin ?.

Le Roi maladroitUn roi était si maladroit qu’il mettait ses vêtements à l’envers. Pour se moquer de lui, on le surnommait Dagobert, comme dans la chanson. Forcément, être moqué ainsi ne lui plaisait pas, et il voulut changer. Il fit venir Berlin l’enchanteur, qui était toujours enrhumé, pour lui préparer une potion. Malheureusement, l’enchanteur ne réussit pas à conjurer le sort. Et si un petit monsieur habillé d’un costume et portant une valise y arrivait ?
Voilà un bien bel album. Dans son texte, Anne-Gaëlle Balpe, s’amuse avec des références qui vont beaucoup plaire aux enfants. L’humour subtil du texte est bien agréable. C’est un texte drôle et intelligent. Et il faut dire aussi que les grandes planches de Mayalen Goust sont superbes, elle arrive à allier humour et esthétisme. Ces illustrations accompagnent avec merveille les mots d’Anne-Gaëlle Balpe. Il est difficile de ne pas vous révéler la chute, car après tout ce livre ravira les enfants concernés… En fait si le roi est si maladroit c’est qu’il ne voit pas très bien. Nul besoin donc d’enchanteur, mais le petit monsieur, qui a des lunettes dans sa valise sera bien plus utile.
Un album aussi beau que drôle pour dédramatiser les lunettes.
Des extraits sur le site de l’éditeur.

D'où il vient ce gros chagrinCe matin, en se réveillant, une petite fille découvre un gros chagrin assis sur elle. D’où vient-il ? Il faut trouver ! Est-ce à cause de la blessure sur le genou ? Non ça ne lui fait plus mal maintenant. Alors peut-être l’oreille décousue du nounours ? Non maman a promis de la réparer. Il n’est quand même pas là sans raison… Et non seulement il faut trouver ce qui l’a fait venir… mais aussi le faire partir.
Bien sûr, on ne peut pas s’empêcher de penser au Crafougna de Stéphane Servant et Anne Montel en lisant D’où il vient ce gros chagrin ? d’Anne-Gaëlle Balpe et Cécile Vangout, mais ici on est plus dans la douceur (sans mièvrerie), on s’adresse aux plus petits. Je suis toujours aussi fan du travail de Cécile Vangout qui, là encore, illustre avec beaucoup de poésie et de tendresse. Le texte est là aussi très fin, on parle donc du chagrin (qui est personnifié par un monstre qui va être de moins en moins gros au fur et à mesure que la petite fille se sent mieux). On ne dit jamais quelle est la cause du chagrin si bien que chaque enfant pourra s’y projeter.
Un très bel album, plein de douceur et de poésie pour surmonter sa peine les jours où l’on se sent un peu triste.

Quelques pas de plus…
Nous avons déjà chroniqué des ouvrages d’Anne-Gaëlle Balpe (Une pizza pour Monsieur WolfLa lanterne magique, Noël à l’endroit, Où va-t-on quand on disparaît ?, Chez moi, Mon cartable, De vrais amis, Le grand n’importe quoi, Rouge bitume, Noël en Juillet, On n’a rien vu venir, Bonhomme et le caillou bleu, Quand je serai grand, je serai grand méchant loup, Les potions de Papi-guérit-tout, et Fées d’hiver), Mayalen Goust (Le prince amoureux) et Cécile Vangout (Petit Minus, Et tu es né…, Est-ce que vous m’aimerez encore… ?, Lulu et Moussu, Je n’irai pas !, J’attends Mamy et Giga Boy). Retrouvez également nos interviews d’Anne-Gaëlle Balpe et de Cécile Vangout.

Le roi maladroit
Texte d’Anne-Gaëlle Balpe, illustré par Mayalen Goust
Marmaille & compagnie
13,50 €, 329×306 mm, 32 pages, imprimé en France, chez un imprimeur éco-responsable, 2014.
D’où il vient ce gros chagrin ?
Texte d’Anne-Gaëlle Balpe, illustré par Cécile Vangout
Gautier Languereau dans la collection Les petites histoires du soir
10,50 €, 200×230 mm, 32 pages, imprimé en Roumanie, chez un imprimeur éco-responsable, 2014.

À part ça ?

J’aime les livres et je veux que les auteurs en vivent, un groupe facebook à suivre.

Gabriel

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Du pays de la musique au royaume d’un prince amoureux

Par 18 décembre 2011 Livres Jeunesse

Un petit voyage au pays de la musique ça vous dit ?

A Fabémol tout le monde est musicien, chacun joue dans son coin de son instrument. Mais dans la famille Bécarre il y a un vilain petit canard : Rémi. Lui a la musique en horreur. Sa cousine Philomène vit dans le village voisin où personne ne fait de musique, elle, elle aimerait en jouer, elle adore ça. Poussé par son père, Rémi va faire le tour des vendeurs d’instruments pour trouver celui qui lui correspond. Il va le faire aidé de sa cousine… et là c’est une avalanche de catastrophes (Philomène est une éléphante, et forcément pour jouer du piano, du violon ou de la guitare ça n’aide pas de peser une tonne et d’avoir de grosses pattes).

Il est très chouette ce grand album (26 x 34cm) ! L’histoire de ce petit pingouin qui ne veutpas faire comme les autres et qui va finir par rassembler tout le monde (en fait il va devenir chef d’orchestre et plus personne ne jouera seul dans son coin) et de cette éléphante qui va se trouver une passion à sa mesure. Le texte de Laurent Simon est drôle et les illustrations de Marie Flusin ajoutent de la douceur et complètent la touche comique de l’album. Une jolie histoire sur la recherche de soi, phase que connaissent bien les enfants quand ils se cherchent une passion. La couverture est en carton épais et les pages sont épaisses également, un bel objet.

On passe du grand album au petit, mais on reste chez Lito.

Il était une fois… un prince tout puissant, aimant son peuple et aimé en retour. Quand la sécheresse arrive, le prince va sur la coline chercher la pluie, quand le poisson vient à manquer, il va par le monde fait revenir du poisson… les habitants de son royaume ne manquent de rien jusqu’au jour où le prince tombe amoureux… et là c’est la fin du bonheur du peuple car la princesse n’aime pas la pluie, l’odeur du poisson…

L’histoire est, je trouve, très originale. Dans un univers de conte « classique » (prince, princesse,…), Nadine Brun-Cosme y introduit une notion qu’on a tous connu (quand on est amoureux on délaisse un peu les autres). Les illustrations de Mayalen Goust sont très belles et contribuent aussi à rendre ce conte à la fois classique et moderne (la princesse notamment fait très contemporaine). C’est donc un joli petit livre (15×19) à la couverture souple, dans la collection La minute du papillon (La minute du papillon, c’est la petite histoire du soir, à partager en famille avant de dormir).

Cacophonie à Fabémol de Laurent Simon, illustré par Marie Flusin. 12€

Le prince amoureux de Nadine Brun-Cosme, illustré par Mayalen Goust. 3,90€

Tout deux chez Lito (qui sort des albums de plus en plus beaux je trouve)

Public : A leur lire / Lecteurs débutants

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A part ça ?

Je continue mes petits conseils télé pendant les fêtes avec Peter Pan qui passe demain après midi sur France 2 à 14h40. Film de P.J. Hogan (qui avait fait deux films que j’adore Muriel et Le mariage de mon meilleur ami et qui s’essaye donc ici au film pour enfants) sorti en 2003 avec Ludivine Sagnier dans le rôle de Clochette. Je ne l’ai pas vu depuis des années mais j’avais adoré.

Gabriel

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« Le vent tiède, les éclairs, le tonnerre et la douceur y furent invités »

Par 11 décembre 2011 Livres Jeunesse

Je vous avais promis, il y a peu de temps (ici), de vous parler de recueil de contes. Comme je vous disais j’aime beaucoup ces (généralement beaux) albums. On y pioche régulièrement une histoire, on les garde longtemps, on les rouvre avec plaisir.

Le premier est d’actualité puisqu’il parle de Noël !

Dans la collection Petites histoires du Père Castor, un spécial Noël vient de ressortir (je le connaissais sous une autre couverture il me semble). Dix histoires très disparates mais toujours sur le même thème… Un père Noël qui en a ras le bol de toujours s’habiller pareil et décide de changer tout ça… mais les lutins et les rênes ne vont pas le laisser faire ! (Chic, le Père Noël ! de Sylvie Poillevé, illustré par Pierre Caillou), l’histoire de Monsieur Gronchon qui déteste Noël, les cadeaux, le repas de réveillon jusqu’au jour où il va trouver une dinde dans son jardin… (La dinde de Noël d’Élodie Agin illustré par Clotilde Perrin), les aventures d’Ivan Ivanovitch et de sa grand-mère Maroussia qui vivent dans la pauvreté en Russie au temps des tsars et qui, grâce à l’ingénuosité du petit moujik, vont passer un joli Noël (Ivan et l’oie de Noël de Christine Frasseto d’après un conte russe, illustré par Nicolas Duffaut), la rencontre entre Petite Mère et Bonhomme Hiver qui va être à l’origine de la création de la bûche glacée (Bonhomme Hiver… de Sylvie Poillevé illustré par Éric Gasté), le Noël d’animaux dans la savane qui voient tomber du ciel un objet que chacun interprête à sa façon et pense qu’il est son propre cadeau (Dans le ciel de Noël d’Amélie Sarn illustré par Nadia Bouchama), les aventures d’animaux qui ont pris possession d’une maison pour l’hiver et font fuir les visiteurs en leur faisant croire qu’elle est hantée, jusqu’au jour où… (Cette nuit-là… sans doute celle que j’ai préféré, d’Agnès Bertron-Martin illustré par France Sengel), un classique de chez Père Castor, Michka, l’histoire d’un petit ours en peluche qui va fuir une petite fille trop gâtée pour vivre de belles aventures (de Marie Colmont, illustré par Feodor Rojankovsky), l’attente de 24 petites souris, désespérées de ne pas avoir de neige à Noël (24 petites souris et la neige de Noël de Magdalena, illustré par Nadia Bouchama), l’histoire d’un vieil homme très pauvre qui vit à Mooréa avec pour seule compagnie son chien, à qui il n’a rien à offrir même pour Noël… mais un chat va changer leur réveillon (le très beau Un Noël tombé du ciel d’Agnès Bertron-Martin d’après un conte polynésien illustré par Aurélie Abolivier) et enfin les mésaventures du Père Noel, qui vit incognito dans un petit village et qui ne peut accéder à la liste de Noël des enfants car son ordinateur a un virus (le très moderne Sauvons le Père Noël ! d’Émmanuel Trédez illustré par Louis Alloing).

Avec son petit format (18×23 cm) et sa couverture matelassée, c’est un joli petit album aux histoires, comme je le disais plus haut, très différentes. Parfois drôles, parfois tristes, parfois très modernes parfois plutôt classiques, même dans les illustrations on passe par des extrêmes (il y a un monde entre les jolies illustrations classiques, très douces, de Feodor Rojankovsky et celles, très modernes, de Louis Alloing). Chacun y trouvera son compte, y’en a vraiment pour tous les gouts (y compris sur la longueur des histoires) ! …et les parents apprécieront le petit prix !

Et si on se replongeait dans les bons vieux classiques d’Andersen ? C’est ce que nous propose Lito avec un très bel album intitulé tout simplement Contes d’Andersen. Ici ce sont les contes dans leur version originale et en intégralité que l’on peut découvrir ou redécouvrir. Certains je les connaissais très bien. Poucette, par exemple, combien de fois ai-je entendu ma mère raconter à ma sœur les aventures de cette petite fille grande comme un pouce qui va être tour à tour la promise d’un crapaud et d’une taupe avant de rencontrer un joli prince de sa taille ? Autres histoires connues, La petite fille aux allumettes ou Le vilain petit canard, font partie de celles que l’on nous a racontées à de multiples reprises. Ou encore Les habits neufs de l’empereur que j’avais redécouvert grâce à Parastou Haghi et aux éditions Philomèle, je vous avais parlé il y a peu de temps de cette histoire d’empereur vaniteux et coquet dont la crédulité va être mise à l’épreuve par deux escrocs. Par contre j’ai découvert Le rossignol (l’histoire d’un rossignol dont le chant envoûte les populations et fini par enchanter l’empereur de Chine… avant qu’il ne soit remplacé par un oiseau mécanique…), Le petit soldat de plomb ( l’histoire d’un petit soldat unijambiste qui va tomber amoureux d’une petite danseuse) ou encore La princesse au petit pois (qui est très connue, je sais, mais qu’on ne m’avait jamais lue !). Le livre est très beau, pages épaisses, couverture cartonnée épaisse, grand format (31×26 cm) et les illustrations sont absolument merveilleuses. Les sept contes sont mis en image par Evelyne Faivre, Mayalen Goust, Jean-Marc Denglos, Judith Gueyfier, Aline Bureau, Daneth Khong et Crescence Bouvarel (attention malgré que le dessin de couverture soit de Rebecca Dautremer, vous ne trouverez aucune illustration d’elle à l’intérieur). Un très bel album, donc, aux histoires parfois un peu dures (la fin de la petite fille aux allumettes ou celle du soldat de plomb et de sa danseuse ne sont pas des plus joyeuses…) mais toujours très belles. Sept contes qui traversent le temps.

On retrouve plusieurs noms de l’album précédent dans le dernier ouvrage dont je vais vous parler, mon préféré des trois, Princesses de tous les pays. Anja Klauss, Daneth Khong, Xavière Devos, Anne Cresci, Mayalen Goust, Aline Bureau et la très talentueuse Sophie Lebot (dont Marianne vous a parlé encore cette semaine) illustrent ici de belles histoires de princesses des quatre coins du monde écrites par Christine Palluy.

Kimiko est une princesse du japon qui va rencontrer un prince changé en carpe, elle devra l’aider à lever cette terrible malédiction… au risque de se faire enlever par un dragon. Meriem est fille de sultan qui est menacée par une ogresse voleuse de princesse, menace qui ne cessera qu’à ses seize ans… mais vous vous doutez bien qu’elle va la rencontrer avant ! Vaïmiti est fille de pêcheur sur l’ïle de Tahiti. Elle est amoureuse du prince, malheureusement lui n’a pas le droit de regarder une fille du peuple. Grâce à l’esprit de la mer leur destinée va être changée. La reine d’un village africain ne pouvait avoir d’enfant. Elle promet à un baobab que s’il faisait en sorte qu’elle en ait un, elle lui donnerait ce qu’il veut en échange. Ainsi naît Adamma. Seulement quand elle devient une belle femme, le baobab, par l’intermédiaire d’un oiseau, la demande. Ce qui va lui arriver sera bien plus beau que ce qu’elle ne croit. Léontine (quelle joli prénom !) a eu la malchance d’avoir, au-dessus de son berceau, la dispute entre deux fées qui, du coup, lui ont offert des dons assez particuliers… Elle sera capricieuse, colérique mais surtout elle disparaitra le jour où un prince la rencontrera. Son père va bien sûr l’enfermer dans un château pour qu’aucun prince ne la croise. Mais c’est sans compter sur le caractère de Léontine… Nastasia, dont la mère est morte, vit avec son père, le tsar, sa belle-mère et ses deux horribles filles. À cause de cette marâtre elle va être la promise d’un ours (non pas un homme dur et renfermé, l’animal !) mais bien entendu l’ours n’est pas ce que l’on croit… Enfin Shakila, la fille du raja, est la promise du vieux maharaja. Son amour pour un jeune brodeur va la sauver de cette triste destinée.

Ces princesses ont du caractère (Léontine est même un peu peste), elles se rebellent parfois contre leur destinée (dans raja on parle de révolte des filles mariées de force), leurs histoires sont surtout très belles. J’ai lu ça seul, sans enfant et je me suis régalé ! Esthétiquement le livre est très réussi, il y a une vraie cohérence dans le choix des illustrateurs (et ils n’en ont choisi que des talentueux) et une vraie cohésion, il est assez grand (34×25), je trouve que tout ça en fait un bien beau cadeau. Comme dans le précédent ce sont donc sept histoires, toutes merveilleuses. Un très joli recueil pour ceux qui aiment les histoires de princesses, avec ici des histoires originales et inédites.

Petites histoires du Père Castor pour Noël, collectif
Père Castor/Flammarion, 9,95€

Contes d’Andersen, Hans Christian Andersen illustré par Evelyne Faivre, Mayalen Goust, Jean-Marc Denglos, Judith Gueyfier, Aline Bureau, Daneth Khong et Crescence Bouvarel.
Éditions Lito, 18€

Princesses de tous les pays, de Christine Palluy, illustré par Anja Klauss, Daneth Khong, Xavière Devos, Anne Cresci, Mayalen Goust, Aline Bureau et Sophie Lebot
Éditions Lito, 18€

Public : A leur lire / Lecteurs débutants (mais pas pour les trop petits pour la plupart, les textes sont assez long et, dans le cas des contes d’Andersen, assez ardus)

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A part ça ?

Zut ! sera à l’Olympia dimanche prochain et du coup nous aussi ! Il reste peu de places. Zut ! on les adore, sur scène c’est un grand moment pour les enfants et les parents, ne les manquez pas ! Si vous ne connaissez toujours pas : notre article sur leur dernier album ici, l’interview de Phil Marsal et leur site : http://www.coucouzut.com.

Gabriel

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