La mare aux mots
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Deux livres tout-carton rigolos pour les petit·e·s et une relecture pour les ados du Joueur de flûte de Hamelin

Par 6 mai 2019 Livres Jeunesse

Aujourd’hui, on découvre une nouvelle série de petits livres adorables qui revisitent le principe du jeu « Coucou/Caché » et qui nous viennent de Corée. Puis on révise ses classiques à la sauce Flore Vesco.

Coucou qui est là ?
Texte de Jeongsun Choi (traduit du coréen), illustré par Haery Lee
Didier Jeunesse
9 €, 150×175 mm, 32 pages, imprimé en Malaisie, 2019.
Coucou je te vois !
Texte de Jeongsun Choi (traduit du coréen), illustré par Haery Lee
Didier Jeunesse
9 €, 150×175 mm, 32 pages, imprimé en Malaisie, 2019.
L’Estrange Malaventure de Mirella
Texte de Flore Vesco, illustré par Thomas Gilbert
L’École des loisirs dans la collection Médium +
15,50 €, 220×150 mm, 240 pages, imprimé en France, 2019.

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Des romans qui nous emmènent de l’autre côté de l’Atlantique

Par 19 mai 2014 Livres Jeunesse

Deux romans, un qui se passe aux États-Unis dans les années 60, l’autre de nos jours au Québec.

La bobine d'AlfredHarry Bonnet, né à la fin des années 40, a été élevé par son père, sa mère étant décédée en le mettant au monde. Grand cinéphile, ce père file au cinéma dès qu’il a fini son travail de cuistot. C’est le cinéma qui va changer leur vie. Alors que la grande actrice Lina Lamont vient dîner dans le restaurant où il travaille, Monsieur Bonnet refuse de lui servir une demi-portion comme le lui demande habituellement son patron. Il est renvoyé sur-le-champ. Mais la grande star, qui a vu ce qui s’est passé en cuisine, lui propose de venir travailler pour elle… à Hollywood ! Le jeune homme de 16 ans suit donc son père dans cette nouvelle vie et va même l’accompagner sur un tournage de film du grand Alfred Hitchcock réalisé dans le plus grand secret. Là, Harry va être pris dans un engrenage digne du grand Hitch.

Malika Ferdjoukh est une grande cinéphile, elle nous entraîne dans une histoire où se côtoient vrais acteurs (Steve MacQueen, Jane Russell…) et personnages de films (Lina Lamont, le personnage de Chantons sous la pluie). Un bel hommage au cinéma où l’on pourra s’amuser à chercher les références cinématographiques dans les noms de personnes ou de lieux, les phrases empruntées à des titres de films… Et elles sont nombreuses ! Bien entendu, ce n’est pas qu’un hommage au cinéma et à Hitchcock (et sans saisir les références, on peut évidemment tout suivre), c’est un roman plein de suspense comme Malika Ferdjoukh sait le faire (Sombre Citrouilles, L’assassin de Papa…). Un roman captivant pour les amoureux du septième art… et les autres !

Un été à MontréalCharlie et Max attendent l’été avec impatience. Chaque année, c’est une nouvelle aventure qui les attend. Être poursuivis par des taureaux enragés dans le sud de la France… ils l’ont fait ! Essuyer un ouragan au bord de l’océan : aussi ! Ils se sont même déjà retrouvés face à des alligators dans des marécages ! Parfois, Charlie aimerait juste des vacances normales… Cette année, il ne va pas être déçu ! Suite à un manque de contrats cette année, les parents des deux garçons leur annoncent qu’ils vont devoir travailler tout l’été. Les enfants passeront donc les vacances à la maison, ou comme dit leur père, à Balconville ! Un été à Montréal… Charlie va tenter de gagner de l’argent en recherchant des chats perdus pour toucher les récompenses (quitte à ramener les mauvais chats), camper dans le jardin en se prenant pour Robinson Crusoé (sauf que lui n’avait peut-être pas rencontré de mouffette !), garder le poisson d’une amie (mais tout se ne passera pas comme prévu), s’occuper de Max (qui a l’idée saugrenue de voler des brioches), promener les chiens d’une vieille dame (qui perd un peu la tête), subir un orage d’une rare violence, rencontrer un motard au grand cœur et se perdre dans le quartier asiatique à la recherche de Bruce Lee. Parfois, c’est à côté de chez soi qu’on vit les plus folles aventures !

J’ai pris énormément de plaisir à lire les aventures de Charlie et Max. C’est extrêmement drôle, et l’on ne s’ennuie jamais ! Un été à Montréal, c’est un roman plein d’humour qui nous rappelle l’importance des rencontres multigénérationnelles et que l’aventure est au coin de la rue, un roman qui nous dit aussi l’importance d’apprendre par soi-même (c’est mieux que dans les livres), de se méfier des apparences. Chaque chapitre est une aventure différente où l’on recroise parfois des personnages des autres aventures (dont la délicieuse Flor, jeune fille d’origine espagnole qui ne laisse pas Charlie indifférent). Un roman d’aventures moderne, plein de vie, captivant.
Attention ce roman sort le 28 mai.

Quelques pas de plus…
Nous avons déjà chroniqué des ouvrages de Malika Ferdjoukh (Quatre sœurs, 1. Enid (BD), Quatre sœurs, 2. Hortense (BD), L’assassin de papa, Sombres citrouilles, Les quatre sœurs, 4 saisons (BD), Aggie change de vie et Quatre Sœurs (BD)).

La bobine d’Alfred
Texte de Malika Ferdjoukh
École des loisirs dans la collection Médium
14 €, 148×218 mm, 173 pages, imprimé en France, 2013.
Un été à Montréal
Texte de David Hommel (traduit par Lori Saint-Martin et Paul Gagné), illustré par Marie-Louise Gay
École des loisirs dans la collection Neuf
10 €, 125×190 mm, 190 pages, imprimé en France, 2014.

À part ça ?

Gros succès de librairie, Le passeur de Lois Lowry a été adapté en film.

Gabriel

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Deux romans plein de suspense signés Malika Ferdjoukh

Par 5 août 2013 Livres Jeunesse

Connaissez-vous Malika Ferhjoukh ? Un auteur a découvrir absolument ! Voici deux de ses romans.

L'assassin de papaValentin vit seul avec son père, une partie de l’année sur une péniche abandonnée et l’autre (quand il fait trop froid) dans la loge d’une amie gardienne d’immeuble. Leur vie se résume à faire la manche dans le métro, récupérer de la nourriture après les marchés et aller aux bains douches municipaux deux fois par mois. Pas d’école pour Valentin, son père le répète « ce n’est pas obligatoire », c’est l’instruction qui l’est, et instruire son fils, ça, il sait le faire. Mais un jour un événement vient troubler ce quotidien fait de débrouille, un assassin rôde dans le quartier et Valentin et son père vont l’identifier. Pourtant pas question de témoigner, le père de Valentin sait qu’il sera amené à Nanterre, lieu étrange d’où les SDF reviennent rasés et plus vraiment eux-mêmes.

Je n’avais lu qu’un seul roman de Malika Ferdjoukh, Angie change de peau, et décidément j’aime la plume et l’humour de cet auteur. On retrouve d’ailleurs quelques similitudes entre ces deux romans : la vie faite de débrouille et la confrontation des gens vivant dans la rue avec ceux vivant dans la richesse. Même si on affaire ici à un roman policier ça va bien au-delà. On parle ici de ceux qui vivent dans la rue, de l’illettrisme, des différences sociales. Mais sans lourdeur, avec humour (lorsque Valentin s’imagine qu’un homme qui parle de ses SICAV a six caves ou qu’il entend quelqu’un dire « je ne veux pas me jeter des fleurs » et qu’il s’imagine cette femme en train de s’envoyer des fleurs en pleine figure par exemple). C’est aussi un magnifique roman sur Paris. Un petit polar très riche.

Sombres citrouillesUn mort… il y a un mort dans le potager. Les cousins Hermès (14 ans), Colin-six ans, et les jumelles Annette et Violette (9 ans) ne savent pas comment réagir face à ce mort… qui prévenir ? Et puis ça tombe assez mal c’est l’anniversaire de Papigrand, le moment de l’année où Mamigrand convoque tout le monde, ça va gâcher la fête… il vaut le mieux le cacher. Mais il y a quand même une autre question importante… qui a tué cet homme ? Papigrand, qui avait une conversation musclée avec lui peu de temps avant ? La très sèche Mamigrand ? L’oncle Gil qui est confus sur son emploi du temps ? Le professeur de piano qui semble mentir sur ses allers et venues ? L’étrange tante Edith ? Et surtout qui était cet homme ?

Le roman commence donc par la découverte d’un corps et nous raconte ensuite ce qu’il s’est passé avant … et c’est tout simplement passionnant ! Entre Agatha Christie et le film Godford Park. Les personnages nous sont présentés un par un et la plupart sont un peu troubles. Malika Ferdjoukh plante directement le décor, on entre dans cette famille étrange où tous les adultes sont assez antipathiques, où les secrets semblent être nombreux. Histoires d’amour cachées, morts suspectes, secrets pleins les placards,… le portrait d’une famille où chaque personnage est divinement croqué, de la grand-mère qui règne sur son monde au fils de la domestique frêle et maladif en passant par les jumelles espiègles, le garçon de 14 ans fou amoureux de sa cousine de 16 ou le grand-père qui semble ne plus se préoccuper de ce qui se passe autour de lui. Un roman qui tient en haleine jusqu’au bout, qu’on a du mal à refermer avant la fin, un petit bijou. Le roman a d’ailleurs reçu le Prix Sorcières en 2000.

Quelques pas de plus…
Nous avons déjà chroniqué des livres de Malika Ferdjoukh (Les quatre sœurs, 4 saisons, bandes dessinées illustrées par Lucie Durbianon, Aggie change de vie et Quatre Soeurs, illustré par Cati Baur).

L’assassin de papa
de Malika Ferdjoukh
Syros dans la collection Souris noire
6€, 121×181 mm, 90 pages, imprimé en France chez un imprimeur éco-responsable, 2013.
Sombres citrouilles
Texte de Malika Ferdjoukh
L’école des loisirs dans la collection Médium
9,20€, 125×190 mm, 222 pages, imprimé en France, 1999.

Gabriel

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Pour l’instant je suis un garçon…*

Par 24 mai 2013 Livres Jeunesse

*traduction de For today I’m a boy, Anthony and the Johnson

Alors que le festival Désir Désir continue de s’interroger sur le genre, Sandra, du très bon blog Maman Baobab, et moi avons décidé de faire une sorte de chronique croisée. Tous les deux nous vous parlons aujourd’hui de livres qui parlent du genre. Un livre en commun (Le garçon oublié de Jean Noël Sciarini) et un livre en plus (Le choix de moi d’Hervé Mestron pour Sandra et Mon frère ma princesse de Catherine Zambon en ce qui me concerne). Nous avons décidé de publier nos chroniques le même jour mais sans faire lire à l’autre ce que nous avions écrit. En espérant que cette chronique croisée vous amusera.

Mon frère, ma princesseAlyan est un garçon, il a cinq ans. Plus tard il sera une fille, en attendant il s’habille en fée. Sa grande sœur, Nina, doit vivre avec les moqueries à l’école. Quand on a un frère comme Alyan il faut assumer ! Et puis il y a leur mère qui ne comprend plus rien et leur père qui n’est pas vraiment là même quand il est avec eux.

Mon frère, ma princesse est une pièce de théâtre poignante, touchante avec une superbe écriture. Je l’ai lu les yeux humides, pris vraiment par ces personnages, ce qu’ils vivent. Le désarroi des deux filles de l’histoire, la naïveté de l’enfant, ce père qui ne vit que pour son travail et ne regarde plus personne chez lui même si Nina et sa mère font tout pour attirer son regard, pour qu’il pose enfin les yeux sur elles. C’est un très beau texte sur la recherche d’identité, sur la différence, le regard des autres, le harcèlement à l’école. Un questionnement sur le genre, qu’est-ce qu’une fille et qu’est-ce qu’un garçon. Sur la virilité et la féminité. Alyan ne comprend pas pourquoi les filles peuvent jouer au foot et aimer la poésie, mettre du rouge à lèvre et du vernis alors que les garçons n’ont le droit qu’au foot. Et c’est un magnifique texte sur la magie, la magie qui transforme les mamies en fraise tagada et les garçons en fées.

Le garçon bientôt oubliéToni a 16 ans… et il ne sait pas qui il est. Quand tout le monde parle de soi, Toni s’échappe quand vient son tour. Pourtant le jeune garçon en est persuadé, quelque chose va changer sa vie et il pense que ça sera une chanson. Un jour Toni trouve cette chanson et en effet tout est bouleversé.

Il y a deux façons d’appréhender ce très beau roman de Jean-Noël Sciarini ou en tout cas J’AI deux versions à cette chronique. Un peu comme dans Télérama avec un pour et un contre… sauf que les deux seraient écrits par la même personne. On va commencer par le contre (pour finir par le positif). Le livre m’a été « vendu » comme étant un livre sur la transexualité. Si c’est vraiment le cas, il y a un souci… l’histoire n’est absolument pas cohérente (personne, d’après ce que j’en sais, ne se réveille à 16 ans en se rendant compte de sa transexualité). Donc je pourrai partir du principe que la personne qui m’a dit que ça parlait de ça n’a pas compris l’ouvrage… Si par contre on voit dans ce roman l’histoire d’un garçon perdu, comme beaucoup d’adolescent, et qui veut se raccrocher à quelque chose (ce sera le chanteur Anthony Hegarty du groupe Anthony and the Johnson) alors on a un magnifique roman. Un roman sur le fanatisme extrême, cette façon dont les ados ont besoin parfois de devenir le clone de leurs idoles, de ne plus être eux-mêmes pour devenir « lui », cet être fantasmé. C’est un sujet que j’ai toujours trouvé captivant, comment certaines personnes peuvent abandonner leur vie par fanatisme pour une star, accepter toutes sortes d’humiliations et d’oubli de soi pour toucher celui qui a écrit une chanson qui leur semblait écrite pour eux (voir le sublime film F est est salaud). Ici Toni ne vit plus que pour la chanson For Today I Am A Boy, chanson dans laquelle il est répété Un jour je grandirai, je serai une femme magnifique (…) mais pour l’instant je suis un enfant, mais pour l’instant je suis un garçon (One day I’ll grow up, I’ll be a beautiful woman (…) But for today I am a child, for today I am a boy), et, lui qui avait l’impression de n’être personne, il va y trouver qui il est et il va devenir cette chanson. Jean-Noël Sciarini a une des plus belles plumes de la littérature jeunesse actuelle, ses romans sont toujours de très beaux textes, ils ne laissent pas indifférent, ils nous bouleversent, nous marquent. Chacun de ses romans reste en nous. Le garçon bientôt oublié est au choix un très mauvais livre sur la transexualité ou un livre absolument magnifique sur l’adolescence.
Retrouvez l’avis de Maman Baobab.

Quelques pas de plus…
Nous avons déjà chroniqué deux romans de Jean-Noël Sciarini (Tarja et Les disparitions d’Annaëlle Faïer)

Mon frère, ma princesse
de Catherine Zambon
École des loisirs dans la collection Théâtre
6,60€, 125×190 mm, 61 pages, imprimé en France, 2012.
Le garçon bientôt oublié
de Jean-Noël Sciarini
École des loisirs dans la collection Médium
10,20€, 125×190 mm, 200 pages, imprimé en France, 2010.

A part ça ?

Demain Jean-Noël Sciarini sera avec d’autres à la mairie du XVIIème (Paris) pour y dédicacer ses ouvrages dans le cadre de La jeunesse fête le livre. Audren, Romuald, Dorothée de Monfreid, Janik Coat,… il y aura du beau monde ! Plus d’informations ici.

Gabriel

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Et si l’on parlait d’homoparentalité et d’homosexualité aux enfants ?

Par 24 septembre 2012 Livres Jeunesse

 

Extrait de Titiritesse, éditions OQO

L’homoparentalité on en parle de plus en plus, ça fait partie du quotidien des enfants (c’est de plus en plus courant que nos enfants aient, dans leur classe, un camarade qui a deux papas ou deux mamans) pourtant c’est un sujet rarement abordé dans la littérature jeunesse… Et quand on en parle c’est souvent de façon assez « pédagogique » (c’est souvent le thème principal du livre). Moi je rêve de voir un personnage récurent comme T’choupi ou Petit ours brun avec un copain qui a deux papas (et que ça soit juste une donnée, pas une thématique), cela ferait tellement avancer les mentalités… Avoir des parents de même sexe ça devrait être juste « banal », ça ne devrait même pas mériter une chronique spéciale ici ! Mais comme ça reste rare j’ai eu envie de le faire. J’ai décidé de parler aussi de livres qui parlent de l’homosexualité, ils ne concernent pas forcément les homosexuels eux mêmes, mais permettent d’ouvrir l’esprit des enfants, et peut-être répondre à quelques questions (tout comme ma fille qui a des parents de sexes différents n’est pas dérangée par une histoire où un enfant a des parents de même sexe). Personnellement quand je lis une histoire d’amour elle m’émeut si elle est belle et je ne regarde pas si ce sont deux personnes de même sexe ou de sexes opposés. On devrait proposer aux enfants des livres avec des couples de même sexe, des couples mixtes (je parle d’origine ethnique) ou des couples avec des différences d’ages… comme ils en croisent tous les jours. Les livres pour enfants ne devraient plus, en 2012, ne proposer que des histoires dont les parents sont jeunes, blancs, hétérosexuels avec deux enfants (un garçon et une fille évidemment) et un chien. Les livres pour enfants sont là pour faire évoluer les mentalités aussi, merci donc à tous ceux qui écrivent des livres qui sortent de ce schéma.

Donc je parlerai dans la première partie des livres sur l’homoparentalité puis dans la deuxième de ceux sur l’homosexualité (dans chaque partie j’ai classé par âge). Vous retrouverez, comme d’habitude, les références des livres en fin de chronique. Je vous proposerai quelques autres livres et des liens dans le Quelques pas de plus… et un livre sur l’homoparentalité dans le A part ça ? Retrouvez aussi tous les livres que nous avons chroniqués sur le sujet (et même les nouveaux viendront s’ajouter) ici.

Vous remarquerez que cette chronique (qui est la 500ème chronique de La mare aux mots !) est plus longue que d’habitude mais je pense que c’est justifié !

Dans la collection Les petites familles de L’école des loisirs on trouve Jean a deux mamans. J’avais déjà parlé de cette collection lors de ma thématique sur le divorce avec Camille a deux familles. C’est une collection relativement bien faite pour les plus petits : textes courts, pages cartonnées épaisses. Ophélie Texier sait, en quelques mots, faire passer le message. Ici donc Jean et ses deux mamans, Maman Jeanne qui l’a porté (et qui attend d’ailleurs un autre enfant) et Maman Marie. Peut-être un bémol toutefois, vous me direz ce que vous en pensez. Maman Jeanne qui donc porte les bébés fait la cuisine et joue avec les enfants pendant que Maman Marie va à la pêche et fait les travaux dans la maison… On remarque aussi que c’est Maman Marie qui offre un bouquet à Maman Jeanne. Une vision très hétérosexuelle d’un couple homosexuel d’après moi.

Quand Théo dessine son arbre généalogique à l’école, Pauline se moque de lui « hi, hi, hi… mais c’est pas possible ta famille ! » en effet Théo a deux mamans ! « mais dans une famille y’a un papa et une maman » d’après elle. Et pourtant… pourtant Théo n’est pas le seul à ne pas répondre à ce schéma : un de ses petits camarades vit seul avec sa maman, un autre a été adopté, un autre vit avec deux papas,… Voilà un livre bien fait et très sympa (bon les illustrations ne sont pas…). Ce n’est pas caricatural, c’est doux, l’histoire est simple mais percutante. Un livre qui plaira à tous les enfants qui n’ont pas une famille qui correspond aux canons habituels… et ça plaira aussi aux autres enfants !

Tango a deux papas et pourquoi pas ? En effet Silo et Roy sont deux manchots inséparables. Et au moment où tous les couples manchots font leurs nids, eux c’est ensemble qu’ils font le leur, entre mâles. Le souci c’est que les autres couples ont tous un œuf à couver mais pas Silo et Roy, un gardien du zoo va leur en confier un. Ils vont ainsi devenir papas. L’homoparentalité vu par les animaux c’est une très bonne idée. Les enfants adorent ce genre de façon de montrer les choses, ça passe tout seul. De plus les dessins sont magnifiques, l’histoire est vraiment réussie. Bref c’est un très bon album pour aborder l’homoparentalité mais aussi la différence et la tolérance.

Ulysse vit avec ses deux mamans et son chat, Capsule. Un jour son oncle Dédé à la drôle d’idée de lui offrir une souris. Les mamans d’Ulysse ont du mal avec cette idée, et Capsule… comment réagira-t-il ? Ce qui m’a plu dans ce livre c’est qu’Ulysse a deux mamans, c’est un fait mais ce n’est pas le but de l’histoire. C’est un détail dans le récit. Après… je trouve que ce livre n’est pas mémorable (histoire pas folichonne et illustrations assez moyennes) mais c’est sympa que ce genre de livres existent aussi. Un livre très « grand public » (le genre de livre qu’on trouverait en supermarché) qui, en arrière-plan, fait passer un message. Ça serait intéressant d’ailleurs qu’on trouve plus de livres avec une famille homoparentale dont ce ne soit pas le sujet principal.

Marius est un petit garçon de cinq ans qui a deux maisons, sa maman a un amoureux et son papa aussi. Il aime ses deux maisons et leurs différences (chez maman y a une maison de pirate, chez papa on n’est pas obligé de ranger sa chambre), par contre il n’aime pas quand sa mamie dit que deux hommes ensemble c’est pas bien…
J’ai adoré ce petit album aux illustrations qui peuvent surprendre, que l’on peut trouver un peu dures et que moi je trouve très esthétique. L’histoire racontée par l’enfant est à la fois touchante et absolument pas mièvre (souvent quand c’est un enfant qui parle on le fait parler de façon niaise). On parle donc d’un papa qui vit avec un homme, du regard de la grand-mère, de l’institutrice (scène que j’ai trouvé très drôle où Marius est puni parce qu’il dit que son père est homosexuel), de comment on fait les bébés,… Un très bel album sur un apprenti pirate qui mène sa vie comme n’importe quel enfant.

Rosalie vit avec celles qu’elle appelle ses amourEs : ses deux mamans, Natacha et Mélanie. Avec sa meilleure amie Lucie, elle se pose des questions, elles se posent des questions sur l’amitié et l’amour en général et sur l’amour entre deux femmes en particulier (comment elles s’aiment nues la nuit ?).
Ce petit roman illustré de façon très particulière par Thisou Dartois, est complètement décalé. Dans sa forme et dans le fond. Rosalie joue avec les mots, leur orthographe (on parle de « goût thé », d’ « en nuit »,…). Le roman ramène parfois à une page puis à une autre, par moment c’est écrit avec une  écriture manuscrite, les dessins semblent rajoutés à la main par-dessus le texte, bref on joue avec la mise en page. Le livre aborde des choses qu’on aborde rarement dans la littérature jeunesse (comme l’amour physique entre personnes du même sexe ou l’insémination artificielle par exemple) ou des choses plus courantes mais d’une façon décalée. Un joli petit roman pour jeunes lecteurs sur l’amour sous toutes ses formes.

Oh, boy ! Siméon (14 ans), Morgane (8 ans) et Venise (5 ans) viennent de perdre leur mère et leur père s’est volatilisé il y a quelques années… que vont devenir les enfants ? Ont-ils une famille ? Après recherche ils ont un demi-frère et une demi-sœur (qui ne l’est pas vraiment…). Qui aura la garde, l’antipathique Josiane ou le « pédésexuel » Bart ?
Oh, Boy ! est sans aucun doute l’un des meilleurs romans jeunesse que j’ai lu. Extrêmement drôle (même dans les scènes tragiques), écrit avec une grande finesse, on ne s’ennuie pas une minute, on a envie de connaître la suite, de savoir ce que vont devenirs ces enfants. Les personnages sont très bien croqués, du surdoué Siméon à l’adorable petite Venise qui fait faire l’amour à ses barbies en racontant des histoires où le passé simple est très utilisé et très approximatif, en passant par la juge des tutelles accro au chocolat ou la voisine battue par son mari et qui refuse de porter plainte. Car oui le roman aborde des tas de thèmes : l’homosexualité, l’adoption, la fratrie, la maladie, les femmes battues,… Alors peut-être seul bémol, j’ai trouvé le personnage de Bart assez caricatural… Enfin disons que des homos avec plein de manières, qui s’évanouissent à la vue du sang, parlent au féminin, cumulent les conquêtes,… bien-sûr que ça existe, mais est-ce qu’il faut forcément montrer cette image ? C’est un grand débat que j’ai commencé avec une fan du livre et nous n’étions pas du tout d’accord. Passé ce bémol, qui n’en sera pas un pour la plupart des gens, c’est vraiment un roman exceptionnel, un vrai bijou de la littérature jeunesse que je vous conseille grandement !

Après les livres sur l’homoparentalité, ceux sur l’homosexualité.C’est l’histoire d’une petite grenouille qui s’appelle Cristelle. Elle est la fille du roi et de la reine, et comme toutes les princesses elle doit rencontrer le crapaud charmant pour l’épouser. C’est aussi l’histoire de Crioline, grenouille parmi tant d’autres, dont les parents sont de modestes travailleurs. Crioline préfère jouer aux jeux rigolos des crapauds que de passer son temps à se mirer dans la mare comme les autres grenouilles de son âge. Et si c’était Crioline qui devait épouser Cristelle ?
Très belle histoire que celle de ces deux grenouilles, le texte est beau et touchant, ici aucune mièvrerie. On reprend un peu les codes du conte pour mieux les casser : la princesse va épouser non seulement une fille mais une fille du peuple. L’amie de Crioline se demande quelles seront les réactions des autres, ses copains crapauds, ses parents. Crioline a même peur de finir en prison à cause de cet amour interdit. Mais en fait tout ça n’arrivera pas, il semble naturel à tout le monde qu’une grenouille épouse une autre grenouille. On parle de l’amour, des picotements dans le ventre que ça procure, de l’adoption même. Un très très bel album, pas militant, qui parlera à tous les enfants.

Au royaume d’Avant-hier vivait la princesse Titiritesse. Elle rêvait de voir le monde, sa mère rêvait surtout de la voir mariée ! Pour échapper à tout ce que lui destine sa mère Titiritesse décide de s’enfuir. En chemin elle rencontre un roi dont la fille Wendoline a été enlevée, ni une ni deux elle part sauver la princesse, détenue par l’ignoble (pas si ignoble finalement) Avalesix Duncoup. Dès leur première rencontre, Wendoline tombe sous le charme de Titiritesse et adore son parfum sucré, les deux princesses sentent une brise qui leur fait des chatouillis dans la tête quand elles sont ensemble et la nuit elles rêvent qu’elles s’embrassent…
Titiritesse est un album OQO, et si vous suivez ce blog vous savez à quel point j’aime cette maison d’édition. Comme d’habitude c’est totalement original, cet album ne ressemble à aucun autre. On est ici dans un conte complètement farfelu avec un ogre qui rêve d’un nouveau pull, un âne sans nom, un mot qui fait rire tout le monde et des princesses qui se marient. Comme toujours chez OQO les illustrations sont particulières, certains vont adorer et les regarder longuement, scrutant les détails, d’autres vont y être hermétique (je fais partie des premiers, ma compagne des seconds). L’objet est beau avec son papier épais. Un très bel album plein de fantaisie, d’humour et d’amour.

Zoé se sent anormale et sale. Elle a ses premières règles et elle est amoureuse de Nina, sa cousine. Elle vit tout ça comme quelque chose qui la dégoûte. Son éducation catholique ne l’aide pas à trouver les choses « normales ». De plus dans sa vie ce n’est pas la joie : ses parents sont en pleine crise de couple.
Autant le dire tout de suite, je n’ai pas été fan de F comme garçon. L’histoire ne m’a pas emballé, le personnage pas séduit et je n’ai pas accroché au style. Le titre lui-même qui voudrait dire que qui dit lesbienne dit garçon ne me plaît pas. Pourtant ce roman pourra peut-être plaire à des jeunes qui connaissent ces situations : confusion entre homosexualité et expériences, premières amours, premiers émois, situation familiale tendue,… C’est un des rares romans pour ado, d’après moi, qui aborde ce sujet de la différence entre l’homosexualité et les expériences qu’on veut tenter ado, coucher avec quelqu’un du même sexe sans se sentir homosexuel. Après le fait que ça ne m’ait pas parlé c’est très subjectif ! Je ne trouve pas que ça soit un mauvais roman (sinon je ne l’aurai pas chroniqué) mais moi il ne m’a pas séduit.

Jérôme l’esprit de camaraderie, les conversations « viriles », les filles avec leur agenda « star » et leurs stylos roses, la musique à la mode, les baignades entre potes… ce n’est vraiment pas son truc. La rentrée de seconde le stress, il ne veut pas passer pour le mec associable, il faut se fondre au groupe, faire des concessions, paraître cool… et pour lui c’est une vraie épreuve… et dans la classe il y a Clément, un garçon qui le trouble de plus en plus sans qu’il n’en comprenne la raison.
J’ai adoré ce roman, j’ai trouvé ça bien écrit, drôle, fin, intelligent. Je me suis régalé ! Jérôme Lambert a une vraie plume et a su croquer ce garçon un poil misanthrope qui découvre son attirance pour les garçons. L’histoire d’amour est très belle, la relation avec les parents intéressante. C’est un des meilleurs livres sur le sujet, un personnage dans lequel beaucoup de garçons qui vivent tout ça vont se reconnaître. On n’est pas dans les clichés ici, tout sonne juste. On parle aussi du regard des autres (les copains, les parents,…). Le seul bémol c’est que j’ai été frustré par la fin, j’aurai aimé qu’il soit plus long, savoir la suite. En tout cas je vais regarder ce que Jérôme Lambert a écrit d’autre.

Scènes de vies : Vincent se fait ridiculiser à la gym, Vincent dans sa famille où l’on ne communique pas, Vincent et sa meilleure amie, Vincent rencontre le nouveau…
Construit sous forme de petits chapitres, comme si Vincent nous racontait des passages de sa vie (un peu comme un journal, un peu comme des séances de psy ou des confessions… un moment Vincent dit, à propos de son père « j’en parlerai dans un autre bouquin »), Qui-suis-je ? est un joli roman dans lequel un ado de 14 ans et demi découvre son homosexualité. Le roman ne véhicule pas de clichés, Vincent, bien qu’un peu en marge et nul en sport, est un adolescent type. Les scènes où il se rend compte de qui il est sont belles tout en faisant très réelles, ici pas de grandiloquence et pas d’effet de style, tout sonne juste. On parle aussi ici des mots « pédé » et « enculé » utilisés à longueur de temps comme insulte dans les cours de récré sans en chercher le sens et les conséquences. Un joli petit roman, facile à lire avec une écriture très fluide.

Quelques pas de plus…

Sophie de La littérature de Judith et Sophie a déjà parlé de Oh, Boy ! ici.
Un autre livre sur l’homoparentalité et dont nous avons parlé sur La mare aux mots : La fête des deux mamans d’Ingrid Chabbert et Chadia Loueslati.
D’autres livres qui parlent d’homosexualité et dont nous avons parlés sur La mare aux mots : On m’a oublié de Guillaume Le Touze (un jeune garçon passe quelques jours chez son oncle homo), Plan B pour l’été d’Hélène Vignal (le meilleur ami de l’héroïne est homo), Les petites marées de Séverine Vidal (l’héroïne est amoureuse d’un garçon qui se révèle être homo), Sur les quais d’Anne Loyer et Ingrid Chabbert (une histoire d’amour entre deux filles), Le mariage de Coquet le Coq de Juan Alfonso Belmontes et Natalie Pudalov (un album jeunesse dans lequel la laitière et la renarde se marient).
Sur d’autres blogs, Le faire ou mourir de Claire-Lise Marguier par La littérature de Judith et Sophie, par Les livres de Dorot et en lecture commune sur A l’ombre du grand arbre, Will & Will de John Green et David Levithan sur Les carnets de Nathan et Arc-en-cielles de Nina Emisson sur de Qu’importe le flacon pourvu qu’on ait  LIVREsse.
Et beaucoup d’autres livres sur le site Altersexualité (albums, bd, romans,…).
Et pour finir, vendredi le sujet des Maternelles, sur France 5 sera « Prévenir l’homophobie (parler d’homosexualité avec ses enfants) ».

Jean a deux mamans
d’Ophélie Texier
L’école des loisirs dans la collection Loulou & cie.
7,70€, 170×170 mm, 20 pages, imprimé en Malaisie.
Dis, mamans
de Muriel Douru
Éditions gaies et lesbiennes
8,01€, 28 pages, lieu d’impression non indiqué.
Tango a deux papas et pourquoi pas ?
de Béatrice Boutignon
Le baron perché
16,30€, 280×220 mm, 40 pages, imprimé en France
Ulysse et Alice
d’Ariane Bertouille, illustré par Marie–Claude Favreau
Les éditions du remue-ménage et Bouton d’or Acadie
18,35€, 245×340 mm, 40 pages, imprimé au Canada
Marius
de Latifa Alaoui M., illustré par Stéphane Poulin
L’atelier du poisson soluble
13,50€, 170×210 mm, 28 pages, imprimé en France
À mes amourEs
de Claudine Galéa, illustré par Thisou
Le Rouergue
6,50€, 120×170 mm, 112 pages, imprimé en France
Oh, boy !
de Marie-Aude Murail
L’école des loisirs, dans la collection Médium
8,50€ , 125×190 mm, 207 pages, imprimé en France
Cristelle et Crioline
de Muriel Douru
KTM éditions
14€, 170×210 mm, 32 pages, imprimé en France
Titiritesse
de Xerardo Quintiá, illustré par Maurizio A. C. Quarello
OQO dans la collection O
12€, 250×230 mm, 48 pages, imprimé au Portugal
F comme garçon
de Isabelle Rossignol
L’école des loisirs, dans la collection Médium
9,40€ , 125×190 mm, 152 pages, imprimé en France
Tous les garçons et les filles
de Jérôme Lambert
L’école des loisirs, dans la collection Médium
9,20€ , 125×190 mm, 111 pages, imprimé en France
Qui suis-je ?
de Thomas Gornet
L’école des loisirs, dans la collection Médium
8,70€ , 125×190 mm, 101 pages, imprimé en France

A part ça ?

Qu’est-ce que l’homoparentalité ? C’est ce à quoi tente de répondre Martine Gross dans un petit livre très complet. Ici tout est abordé, de la sémantique à l’aspect juridique. On y parle bien sûr de l’intérêt de l’enfant, de l’adoption, de l’insémination artificielle,… On y lit des vécus de parents et d’enfants, des témoignages d’experts (scientifiques, psychanalystes,…). On va aussi parler de ce qui fâche (les idées reçues du genre qu’un enfant élevé par un couple gay a plus de chance d’être abusé, des arguments des « anti-homoparentalité »), de ce qu’il reste à faire (gageons que ça change les prochaines années)… bref un petit livre très complet, une mine d’information pour tous les gens qui vivent cette situation.
Qu’est-ce que l’homoparentalité ? de Martine Gross. Éditions Payot-Rivages, 7,50€.

Gabriel

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