La mare aux mots
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Mexique

Deux albums drôles et caustiques sur des sujets sérieux…

Par 12 novembre 2018 Livres Jeunesse

Aujourd’hui je vous propose deux formidables albums : une plongée dans l’univers mexicain avec Catrina de Mickaël Soutif et puis une réflexion hilarante sur la société de consommation grâce au drôlissime Top Car de Davide Cali et Sébastien Mourrain !

Catrin
de Michael Soutif
L’atelier du Poisson Soluble
15 €, 206×206 mm, 36 pages, imprimé en France, 2018.
Top Car
Texte de Davide Cali, illustré par Sébastien Mourrain
Les éditions des éléphants
14 €, 185×268 mm, 32 pages, imprimé en France, 2018.

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Deux belles revues pour cet été

Par 9 août 2018 Médias

Aujourd’hui on quitte les albums et les romans pour s’intéresser à deux revues superbes, idéales pour cet été : le numéro spécial Frida Kahlo de la revue d’art Dada et le n° 11 de Baïka qui nous plonge dans le Brésil contemporain et nous conte la vie de neuf aventurières d’exception ! Bonne lecture !

Dada – Numéro Frida Kahlo
7,90 €, 210×240 mm, 52 pages, imprimé en France, 2018.
Baïka – N° 11
9,60 €, 199×260 mm, 52 pages, imprimé en France chez un imprimeur éco-responsable, 2018.

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Récits historiques

Par 23 mai 2015 Livres Jeunesse

ce qu'ils n'ont pas pu nous prendreLina a 15 ans. Elle vit avec ses parents et son frère dans une maison accueillante, remplie des rires et des débats des amis de l’université de son père. Elle connaît aussi ses premiers émois amoureux, se projette dans sa future vie d’étudiante puisqu’elle s’apprête à intégrer une école d’art… Elle mène la vie classique d’une adolescente, en somme. Mais un soir de 1941, la vie telle qu’elle la connaissait est interrompue par une volée de coups sur la porte d’entrée de la maison familiale. Ce soir-là, elle est déportée avec sa famille pour servir de main-d’œuvre dans les camps de travail soviétiques pendant les dix années à venir.
Ce roman de 400 pages est de ceux dont on ne sent pas les pages tourner. On se retrouve aimanté à la destinée de cette famille brisée par le régime de Staline. La grande force du récit réside dans le point de vue adopté. Ruta Sepetys parvient à se mettre dans la peau d’une jeune adolescente lituanienne sans caricature ni concession. L’histoire qui nous est racontée est bien celle d’une enfant, mais une enfant qui va vivre les pires atrocités. Elle va connaître la promiscuité du wagon à bestiaux pendant six semaines, les travaux forcés dans le froid sibérien, la violence des officiers qui n’hésitent pas à abattre les réfractaires d’une balle dans la tête… Mais elle conserve malgré tout une part d’enfance. Elle s’émeut pour les grands yeux d’Andrius, un jeune Lituanien de son âge. Elle brave les interdits et persiste à dessiner ce qu’elle voit pour témoigner des crimes soviétiques. Elle se raccroche au doux regard de sa mère pour surmonter les épreuves. Le ton est direct, sans mélo, mais touche en pleine poitrine.
À plusieurs reprises ce récit poignant m’a arraché des larmes. On ne peut pourtant pas lui reprocher d’être larmoyant ni de faire du sensationnel. Ce livre est bien construit, alternant le récit au jour le jour des épreuves subies par Lina et les souvenirs de sa vie d’avant. Il nous pousse à nous poser des questions, non seulement sur les crimes des systèmes totalitaires, mais aussi sur notre vision de l’Histoire. J’ai personnellement assisté à un bon nombre de leçons concernant la dictature soviétique, j’ai peiné à orthographier correctement le mot “kolkhoze” dans mes devoirs, mais je n’ai jamais compris aussi clairement ce qu’était la vie dans les camps de Staline qu’en lisant ce roman. Cette lecture forte, parfois violente, est un plaidoyer pour le devoir de mémoire sans pathos, une description des horreurs que les hommes peuvent commettre, mais aussi de leur incroyable instinct de survie.
Ce livre a obtenu le Prix Lire en 2011 et le Prix des Incorruptibles en 2014.
Le même vu par L’ivresse des mots et Délivrer des livres.

le sang du serpent à plumesÀ l’arrivée de la flotte espagnole sur le territoire mexicain en 1519, Marina, jeune esclave propriété d’un marchand maya, est offerte en cadeau aux visiteurs de l’Ancien Monde. Sous la protection du capitaine Hernán Cortés, elle va s’arracher à sa destinée d’esclave autrefois promise au sacrifice humain en l’honneur des divinités mayas. Marina est en effet dotée d’une très grande aisance avec les langues étrangères, elle devient donc l’interprète officielle de l’expédition espagnole. Mais ce qui commençait comme une découverte devient rapidement une conquête. Charles Quint, qui entend soumettre le Nouveau Monde à la domination catholique et Cortès est son bras armé en Amérique latine. En sa qualité d’interprète, Marina est aux premières loges de la rencontre entre les peuples et les conquistadores espagnols. Elle va peu à peu apprendre à connaître ces chrétiens qui vénèrent un Dieu unique, comme elle va découvrir la richesse de la culture mexica qui sacrifie tant à des divinités auxquelles elle prête des pouvoirs colossaux. A travers son journal, Marina offre son point de vue spécial sur l’histoire de la conquête du Mexique, à la fois reconnaissante envers les Espagnols et admirative de la beauté de l’empire mexica dont elle est originaire.
La forme du journal permet de suivre ce récit historique avec beaucoup de subtilité. Si le propos est bien un récit de conquête, on échappe aux longues descriptions de batailles qui peuvent être assez assommantes. Marina, surnommée “la Malinche”, a été témoin de la rencontre, puis de l’affrontement entre deux peuples. Les récits au jour le jour permettent de comprendre la difficulté de la diplomatie, de la rencontre entre les cultures chrétienne et mexica, et aussi de la violence des affrontements et des pertes humaines, d’un côté comme de l’autre.
Le journal instaure un rythme tout à fait soutenu, on dévore le récit de Marina à toute vitesse, découvrant en même temps qu’elle le Monde Unique, empire mexica aux centaines de couleurs et de divinités. L’univers décrit est terrifiant, mais fascinant. Je n’avais aucune idée de l’existence de la Malinche, cette ancienne esclave qui a accompagné les troupes espagnoles sur les terres mexicas. Si, bien sûr, ce journal a été réécrit de toutes pièces et certains éléments ont été romancés, ce récit est riche d’enseignements. L’enjeu est moins de retenir les dates clefs de la conquête du Mexique que de comprendre la complexité de l’Histoire qui ne connaît ni bons, ni méchants. Le témoignage de Marina comporte bien des interrogations. L’avidité de l’homme, qui le conduit à constamment rechercher les richesses, n’est-elle pas le moteur de toute aventure ? Les sacrifices humains qui répugnent tant les Espagnols sont-ils si différents des guerres que ceux-ci perpètrent pour conquérir le monde ? Comment des croyances diamétralement opposées peuvent-elles se tolérer ?
Ce livre dense séduira les bons lecteurs et les passionnés d’Histoire.

La Marque Des SoyeuxVivien est un jeune écolier qui peine à se faire des amis : ses parents ne cessent de déménager, mais en plus il est défiguré par une tache de vin qui lui vaut les insultes et le harcèlement de la part des autres enfants. Nouvellement arrivé à Lyon, Vivien ne se fait guère d’illusion sur l’accueil que vont lui réserver les autres enfants et se réfugie une fois de plus dans les livres, ses compagnons fidèles. Mais, alors qu’il se plonge dans la lecture d’un documentaire sur sa nouvelle ville, il est littéralement happé par l’histoire de la révolte des canuts en 1831. Grâce à ce voyage dans le temps, il va découvrir les conditions difficiles dans lesquelles vivaient ces ouvriers tisserands lyonnais qui se sont battus pour leurs droits en faisant preuve de solidarité.
J’ai été agréablement surprise par le sujet de ce petit livre destiné aux lecteurs débutants. La révolte des Canuts est une des premières révoltes ouvrières de l’Histoire, et elle a marqué la ville de Lyon, comme la France du XIXe siècle. Nous traversons le Lyon des tisserands, qui est un dédale de traboules, vivons au rythme des enfants employés par les négociants en soie, tremblons au bruit des bottes de la Garde Nationale venue mater la rébellion. Dommage que le personnage de Vivien manque de caractérisation, on passe un peu rapidement sur son histoire personnelle qui n’est au final qu’un prétexte. Le livre est suivi d’un dossier documentaire succinct mais évocateur, bien utile pour replacer cette révolte dans son époque troublée.
Bien que l’intrigue de départ reste un peu artificielle, ce petit roman est très intéressant et éveille la curiosité sur des aspects peu connus de l’Histoire de France.
Un extrait sur le site de l’éditeur.

Quelques pas de plus…
Nous avons déjà chroniqué d’autres livres de la collection Un regard sur…

Ce qu’ils n’ont pas pu nous prendre
de Ruta Sepetys
Gallimard Jeunesse dans la collection Pôle fiction
7,75€, 108×178 mm, 432 pages, imprimé en France, 2015.
Le sang du serpent à plumes, journal de la conquête du Mexique
de Laurence Schaack
Nathan dans la collection Un regard sur…
5,50€, 121×181 mm, 192 pages, imprimé en France, 2015.
La marque des soyeux
de Laura Millaud
Balivernes dans la collection Carabistouilles
9,50€, 130×180 mm, 128 pages, imprimé en Europe, 2014.

À part ça ?

revue dadaLa revue Dada fête son 200e numéro. Depuis 1991, cette revue rend l’art accessible aux plus jeunes, sans lésiner sur le fond, toujours exigeant et varié. Pour ce nouveau numéro sorti fin avril, l’équipe Dada se penche sur les œuvres de jeunesse des grands maîtres. Comment dessinaient Picasso, Giacometti, Hergé ou Raphaël lorsqu’ils étaient enfants et adolescents? Éclectique et didactique, Dada offre des éclairages historiques et des idées d’ateliers pour sensibiliser les plus jeunes à l’art avec humour et pédagogie. À l’occasion de ce numéro anniversaire, une série d’ateliers en librairies et une exposition seront organisés dans les mois à venir, retrouvez le programme sur le site de la revue Dada.
Dada numéro 200 : L’enfance de l’art, 66 pages, 9,90€.
Des extraits sur le site de la revue.

Laura

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Quêtes

Par 31 janvier 2013 Livres Jeunesse

Le Royaume d'ElioushaEliousha a 5 ans, il vit avec ses parents, ses grandes sœurs et son petit frère en Ukraine. Sa vie bascule quand son père doit partir se battre avec l’armée rouge contre l’Allemagne d’Hitler.  Il va alors parcourir l’Europe avec sa mère, son frère et ses sœurs. Alors qu’il vivait dans une famille sans soucis d’argent il va devoir apprendre à se débrouiller pour ramener de la nourriture et accepter de vivre dans des conditions rudimentaires.

Inspiré d’une histoire vraie, Le Royaume d’Eliousha est un magnifique roman sur un enfant pendant la seconde guerre mondiale. On a peu l’habitude de voir ce genre de témoignages, on connaît plus ce qu’il se passait en France ou dans les pays proches, ici on est donc entre l’Ukraine, le Kazakhstan et Israël. Eliousha va vivre dans un village musulman et dans un kibboutz, il va chasser et pêcher, il va apprendre à vivre avec les autres, des gens dont il ne comprend pas toujours la langue ou la façon de vivre. C’est une très belle histoire (sans scènes dures, je préfère le préciser) sur la différence, le fait de devoir se débrouiller, la famille, la vie en communauté.

On quitte les années 40 pour rencontrer deux enfants d’aujourd’hui…

Agnès et Vincent sont deux enfants dont le rêve est de voir l’horizon, là où le soleil se couche. Pour ça il va falloir faire de beaux voyages qui seront l’occasion de rencontres inoubliables.

Mahmoud, petit prince du desertLe premier voyage les mène en Algérie, Agnès et Vincent vont voyager dans le désert avec un jeune nomade prénommé Mahmoud. Ils découvriront les nuits fraîches sous la tente, les fossiles que l’on trouve dans le désert, les lacs salés, les rites des nomades (notamment suite à une naissance), ils joueront au foot avec des amis de Mahmoud, ils assisteront à des débats entre les anciens sur la survie de leur peuple à une époque où les camions transportent plus de choses en un voyage qu’eux en une année et ils iront à la rencontre d’un conteur qui leur apprendra que l’horizon est ailleurs… au Mexique

Le secret de Teotihuacan Le deuxième voyage sera donc au Mexique, là où Agnès et Vincent vont rencontrer Pedro qui les mènera dans la légendaire cité de Teotihuacán. Tantôt dans des bus surchargés, tantôt à pied, les enfants vont faire un long voyage pendant lequel ils vont tout savoir de l’histoire des Aztèques, de la construction de leur cité à leur chute au moment où les colons sont arrivés. Les histoires de Pedro seront parfois très dures, mais toujours passionnantes. Ce voyage sera aussi l’occasion de rencontrer des enfants qui mendient aux carrefours, respirant l’air pollué à longueur de journée et dont l’espérance de vie est très basse et de voir à quel point les lieux historiques ne sont plus que des attractions à touristes.

Au pays du soleil levantAu Mexique les enfants ont rencontré un vieux japonais leur ayant appris que c’est dans son pays que de lève le soleil, voilà donc Agnès et Vincent partis pour le Japon. Chiens robotisés, gens aux looks très décalés, écoles où les enfants sont très disciplinés, appartements minuscules où tout est calculé pour gagner de la place, les enfants vont voir un énorme décalage avec le Mexique ! Trouveront-ils ici l’horizon ?

La quête de l’horizon est une très bonne trilogie signée Didier Debord. D’après moi l’auteur a dû voyager dans ces pays tant les anecdotes, les descriptions sont nombreuses et détaillées. Certaines scènes sentent vraiment le vécu et on imagine bien l’auteur avoir pensé ce que pensent les enfants, s’être émerveillé de certaines choses comme eux ou tout comme eux avoir été peiné par d’autres (après tout dans un pays étranger dont on ne connait rien, on est souvent tel un enfant qui découvre les choses). En tout cas il est certain qu’il a décidé ici de donner un grand coup de pied aux clichés, les autochtones que croisent Agnès et Vincent s’amusent d’ailleurs des idées que les français se font d’eux.

Les trois livres se lisent indépendamment comme le précise la quatrième de couverture (mais il est certain que c’est plus intéressant de lire les trois et dans l’ordre) et sont finalement assez différents. Le premier est très descriptif, on est assez proche de carnet de voyageur. On nous raconte tout de la vie des nomades et de leur lieu de vie. Le deuxième, mon préféré, est vraiment plus basé sur les légendes. Enfin le troisième est le plus drôle des trois (une scène de quiproquo m’a particulièrement fait rire d’ailleurs). Les trois sont particulièrement bien écrits et on sent chez Didier Debord un amour des mots autant que son amour des gens et des voyages. Ce sont vraiment des livres qui, encore une fois, sentent le vécu et qui parlent d’énormément de choses : du voyage et de la différence bien-sûr, mais de tellement d’autres choses… C’est une vraie quête dans laquelle les enfants se sont lancés, et il y a toute une réflexion sur les choses, sur la vie, sur l’horizon… une trilogie vraiment réussie.

Quelques pas de plus…
Un roman un peu dans le même esprit, que j’avais beaucoup aimé, Liberté pour Hannah. Et La quête de l’horizon m’a fait penser un petit peu à une série de romans/documentaires, Les carnets de Timéo.

Le royaume d’Eliousha
de Uri Olev (traduit de l’hébreu par Sylvie Cohen), illustré par Claire Perret
Flammarion dans la collection Castor Poche romans
8,10€, 135×179 mm, 320 pages, lieu d’impression non indiqué, 2012.
Mahmoud, petit prince du désert
de Didier Debord
Éditions du Jasmin dans la série La Quête de l’horizon
7,90€,130×190 mm, 64 pages, imprimé en Tchéquie, 2012.
Le secret de Teotihuacán
de Didier Debord
Éditions du Jasmin dans la série La Quête de l’horizon
7,90€,130×190 mm, 70 pages, imprimé en Tchéquie, 2012.
Au pays du soleil levant
de Didier Debord
Éditions du Jasmin dans la série La Quête de l’horizon
7,90€,130×190 mm, 66 pages, imprimé en Tchéquie, 2012.

A part ça ?

Et voilà que janvier se termine… Il est temps de vous donner nos coups de cœur album du mois ! Marianne a choisi C’est pour mieux te manger ! de Françoise Rogier édité par L’atelier du poisson soluble et moi Paul d’Alice Brière-Haquet et Csil édité par Frimousse. Retrouvez nos coups de cœur des mois précédents sur le blog, sur Facebook (ici pour les albums et pour les romans) et sur Pinterest (ici pour les albums et pour les romans).

Gabriel

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