La mare aux mots
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Moqueries

Super cool !

Par 6 mars 2018 Livres Jeunesse

Aujourd’hui on fait la connaissance de personnages super cool (ou pas) grâce à deux livres géniaux : la BD Super cool (forcément) de Tanja Esch et l’album Mon père avant, il était trop cool de Keith Negley.

Super cool
de Tanja Esch
Biscoto
12 €, 182×229 mm, 43 pages, imprimé en France, 2018.
Mon père, avant, il était trop cool
de Keith Negley (traduit par Cécile Hermelin)
Gallimard Jeunesse dans la collection Giboulées
14,50 €, 235×277 mm, 32 pages, imprimé en France, 2018.

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Saletés

Par 19 octobre 2017 Livres Jeunesse

Aujourd’hui, une chronique qui pue. On commence avec une merveilleuse princesse qui pète sans arrêt et on continue avec un minuscule bousier qui essuie pas mal de moqueries.

Prout prout prout !
Texte de Laetitia Le Saux, illustré par Eléonore Zuber
Oskar dans la collection Trimestre
6,95 €
, 220 x 170 mm, 32 pages, imprimé en Chine, 2016.
Le Roi des cacas
Texte de Géraldine Collet, illustré par Hervé Le Goff
L´élan vert
12,70 €
, 230 x 290 mm, 32 pages, imprimé en France, 2017.

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L’une a de grandes oreilles, l’autre fait du bruit en mangeant

Par 23 mai 2014 Livres Jeunesse

oreilles papillonsQuand Mara passe, les enfants crient « Mara a de grandes oreilles ! ». La petite fille est triste, elle interroge sa mère, ses oreilles sont-elles si grandes ? La réponse la console, elle a des oreilles papillons. Désormais,  devant les moqueries, elle saura quoi répondre. Si ses cheveux sont en bataille, si elle a un trou dans sa chaussette, si ses livres sont tout abimés… c’est qu’il y a une raison, et Mara la connaît !

C’est un magnifique ouvrage que sort une toute nouvelle maison d’édition, Père Fouettard. Les illustrations d’André Neves sont magnifiques, colorées, pleines de vie (allez absolument les découvrir avec cet extrait) et le texte de Luisa Aguilar réussit à dédramatiser tous les soucis de la vie, nos petites différences. Il faut parfois de la force de caractère, de l’humour, de l’ironie, pour combattre la moquerie, répliquer comme le fait Mara est plus déstabilisant que les coups ! Et puis après tout, est-ce si grave d’avoir de grandes oreilles ? Un très bel album qui parle, avec énormément de poésie, des moqueries dont les enfants sont souvent victimes.
Le même vu par La littérature de Judith et Sophie.

SLURP SLURP ! Mais quel est ce bruit horrible se demandent, tour à tour, le toucan, le singe et le crocodile. Tout désolé, un tamanoir explique que c’est lui qui fait ce bruit quand il mange. Comment ? Mais on ne doit pas faire ce bruit-là, ce n’est pas correct, il faut que cela cesse ! Alors tout triste notre tamanoir appelle Dame Nature et voudrait changer, il veut manger discrètement… et pour ça il va falloir modifier quelques peu son apparence. Mais est-ce une bonne idée ?

Dans un tout autre univers, on est plus proche de la BD ici, voici donc un tamanoir rejeté à cause de sa différence. Chacun des animaux qui le croise pense savoir mieux que lui quel bruit il faut faire quand on mange. Forcément, il a envie de changer, d’être tout autre. Thème récurrent dans la littérature jeunesse, vouloir gommer sa différence, qui est traité ici avec beaucoup d’humour. La fin, assez surprenante, est désopilante. Un album plein d’humour avec de très belles illustrations pour s’accepter tel que l’on est.
Des extraits.

Quelques pas de plus…
Nous avons déjà chroniqué des ouvrages de Nob (La cuisine de Mamette et Le lutin bon à rien).

Oreilles papillons
Texte de Luisa Aguilar, illustré par André Neves
Père Fouettard
12 €, 230×230 mm, 32 pages, imprimé en Belgique chez un imprimeur éco-responsable, 2014.
Slurp
Texte de Nicolas Digard, illustré par Nob
p’titGlénat dans la collection Vitamine
11 €,255×284 mm, 32 pages, imprimé en Espagne chez un imprimeur éco-responsable, 2014.

À part ça ?

Les cartes de pays suivant ce qu’ils mangent, original et esthétique !

Gabriel

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Et si l’on parlait d’homoparentalité et d’homosexualité aux enfants ?

Par 24 septembre 2012 Livres Jeunesse

 

Extrait de Titiritesse, éditions OQO

L’homoparentalité on en parle de plus en plus, ça fait partie du quotidien des enfants (c’est de plus en plus courant que nos enfants aient, dans leur classe, un camarade qui a deux papas ou deux mamans) pourtant c’est un sujet rarement abordé dans la littérature jeunesse… Et quand on en parle c’est souvent de façon assez « pédagogique » (c’est souvent le thème principal du livre). Moi je rêve de voir un personnage récurent comme T’choupi ou Petit ours brun avec un copain qui a deux papas (et que ça soit juste une donnée, pas une thématique), cela ferait tellement avancer les mentalités… Avoir des parents de même sexe ça devrait être juste « banal », ça ne devrait même pas mériter une chronique spéciale ici ! Mais comme ça reste rare j’ai eu envie de le faire. J’ai décidé de parler aussi de livres qui parlent de l’homosexualité, ils ne concernent pas forcément les homosexuels eux mêmes, mais permettent d’ouvrir l’esprit des enfants, et peut-être répondre à quelques questions (tout comme ma fille qui a des parents de sexes différents n’est pas dérangée par une histoire où un enfant a des parents de même sexe). Personnellement quand je lis une histoire d’amour elle m’émeut si elle est belle et je ne regarde pas si ce sont deux personnes de même sexe ou de sexes opposés. On devrait proposer aux enfants des livres avec des couples de même sexe, des couples mixtes (je parle d’origine ethnique) ou des couples avec des différences d’ages… comme ils en croisent tous les jours. Les livres pour enfants ne devraient plus, en 2012, ne proposer que des histoires dont les parents sont jeunes, blancs, hétérosexuels avec deux enfants (un garçon et une fille évidemment) et un chien. Les livres pour enfants sont là pour faire évoluer les mentalités aussi, merci donc à tous ceux qui écrivent des livres qui sortent de ce schéma.

Donc je parlerai dans la première partie des livres sur l’homoparentalité puis dans la deuxième de ceux sur l’homosexualité (dans chaque partie j’ai classé par âge). Vous retrouverez, comme d’habitude, les références des livres en fin de chronique. Je vous proposerai quelques autres livres et des liens dans le Quelques pas de plus… et un livre sur l’homoparentalité dans le A part ça ? Retrouvez aussi tous les livres que nous avons chroniqués sur le sujet (et même les nouveaux viendront s’ajouter) ici (edit : et un webzine spécial LGBTQI+ ici)

Vous remarquerez que cette chronique (qui est la 500ème chronique de La mare aux mots !) est plus longue que d’habitude mais je pense que c’est justifié !

Dans la collection Les petites familles de L’école des loisirs on trouve Jean a deux mamans. J’avais déjà parlé de cette collection lors de ma thématique sur le divorce avec Camille a deux familles. C’est une collection relativement bien faite pour les plus petits : textes courts, pages cartonnées épaisses. Ophélie Texier sait, en quelques mots, faire passer le message. Ici donc Jean et ses deux mamans, Maman Jeanne qui l’a porté (et qui attend d’ailleurs un autre enfant) et Maman Marie. Peut-être un bémol toutefois, vous me direz ce que vous en pensez. Maman Jeanne qui donc porte les bébés fait la cuisine et joue avec les enfants pendant que Maman Marie va à la pêche et fait les travaux dans la maison… On remarque aussi que c’est Maman Marie qui offre un bouquet à Maman Jeanne. Une vision très hétérosexuelle d’un couple homosexuel d’après moi.

Quand Théo dessine son arbre généalogique à l’école, Pauline se moque de lui « hi, hi, hi… mais c’est pas possible ta famille ! » en effet Théo a deux mamans ! « mais dans une famille y’a un papa et une maman » d’après elle. Et pourtant… pourtant Théo n’est pas le seul à ne pas répondre à ce schéma : un de ses petits camarades vit seul avec sa maman, un autre a été adopté, un autre vit avec deux papas,… Voilà un livre bien fait et très sympa (bon les illustrations ne sont pas…). Ce n’est pas caricatural, c’est doux, l’histoire est simple mais percutante. Un livre qui plaira à tous les enfants qui n’ont pas une famille qui correspond aux canons habituels… et ça plaira aussi aux autres enfants !

Tango a deux papas et pourquoi pas ? En effet Silo et Roy sont deux manchots inséparables. Et au moment où tous les couples manchots font leurs nids, eux c’est ensemble qu’ils font le leur, entre mâles. Le souci c’est que les autres couples ont tous un œuf à couver mais pas Silo et Roy, un gardien du zoo va leur en confier un. Ils vont ainsi devenir papas. L’homoparentalité vu par les animaux c’est une très bonne idée. Les enfants adorent ce genre de façon de montrer les choses, ça passe tout seul. De plus les dessins sont magnifiques, l’histoire est vraiment réussie. Bref c’est un très bon album pour aborder l’homoparentalité mais aussi la différence et la tolérance.

Ulysse vit avec ses deux mamans et son chat, Capsule. Un jour son oncle Dédé à la drôle d’idée de lui offrir une souris. Les mamans d’Ulysse ont du mal avec cette idée, et Capsule… comment réagira-t-il ? Ce qui m’a plu dans ce livre c’est qu’Ulysse a deux mamans, c’est un fait mais ce n’est pas le but de l’histoire. C’est un détail dans le récit. Après… je trouve que ce livre n’est pas mémorable (histoire pas folichonne et illustrations assez moyennes) mais c’est sympa que ce genre de livres existent aussi. Un livre très « grand public » (le genre de livre qu’on trouverait en supermarché) qui, en arrière-plan, fait passer un message. Ça serait intéressant d’ailleurs qu’on trouve plus de livres avec une famille homoparentale dont ce ne soit pas le sujet principal.

Marius est un petit garçon de cinq ans qui a deux maisons, sa maman a un amoureux et son papa aussi. Il aime ses deux maisons et leurs différences (chez maman y a une maison de pirate, chez papa on n’est pas obligé de ranger sa chambre), par contre il n’aime pas quand sa mamie dit que deux hommes ensemble c’est pas bien…
J’ai adoré ce petit album aux illustrations qui peuvent surprendre, que l’on peut trouver un peu dures et que moi je trouve très esthétique. L’histoire racontée par l’enfant est à la fois touchante et absolument pas mièvre (souvent quand c’est un enfant qui parle on le fait parler de façon niaise). On parle donc d’un papa qui vit avec un homme, du regard de la grand-mère, de l’institutrice (scène que j’ai trouvé très drôle où Marius est puni parce qu’il dit que son père est homosexuel), de comment on fait les bébés,… Un très bel album sur un apprenti pirate qui mène sa vie comme n’importe quel enfant.

Rosalie vit avec celles qu’elle appelle ses amourEs : ses deux mamans, Natacha et Mélanie. Avec sa meilleure amie Lucie, elle se pose des questions, elles se posent des questions sur l’amitié et l’amour en général et sur l’amour entre deux femmes en particulier (comment elles s’aiment nues la nuit ?).
Ce petit roman illustré de façon très particulière par Thisou Dartois, est complètement décalé. Dans sa forme et dans le fond. Rosalie joue avec les mots, leur orthographe (on parle de « goût thé », d’ « en nuit »,…). Le roman ramène parfois à une page puis à une autre, par moment c’est écrit avec une  écriture manuscrite, les dessins semblent rajoutés à la main par-dessus le texte, bref on joue avec la mise en page. Le livre aborde des choses qu’on aborde rarement dans la littérature jeunesse (comme l’amour physique entre personnes du même sexe ou l’insémination artificielle par exemple) ou des choses plus courantes mais d’une façon décalée. Un joli petit roman pour jeunes lecteurs sur l’amour sous toutes ses formes.

Oh, boy ! Siméon (14 ans), Morgane (8 ans) et Venise (5 ans) viennent de perdre leur mère et leur père s’est volatilisé il y a quelques années… que vont devenir les enfants ? Ont-ils une famille ? Après recherche ils ont un demi-frère et une demi-sœur (qui ne l’est pas vraiment…). Qui aura la garde, l’antipathique Josiane ou le « pédésexuel » Bart ?
Oh, Boy ! est sans aucun doute l’un des meilleurs romans jeunesse que j’ai lu. Extrêmement drôle (même dans les scènes tragiques), écrit avec une grande finesse, on ne s’ennuie pas une minute, on a envie de connaître la suite, de savoir ce que vont devenirs ces enfants. Les personnages sont très bien croqués, du surdoué Siméon à l’adorable petite Venise qui fait faire l’amour à ses barbies en racontant des histoires où le passé simple est très utilisé et très approximatif, en passant par la juge des tutelles accro au chocolat ou la voisine battue par son mari et qui refuse de porter plainte. Car oui le roman aborde des tas de thèmes : l’homosexualité, l’adoption, la fratrie, la maladie, les femmes battues,… Alors peut-être seul bémol, j’ai trouvé le personnage de Bart assez caricatural… Enfin disons que des homos avec plein de manières, qui s’évanouissent à la vue du sang, parlent au féminin, cumulent les conquêtes,… bien-sûr que ça existe, mais est-ce qu’il faut forcément montrer cette image ? C’est un grand débat que j’ai commencé avec une fan du livre et nous n’étions pas du tout d’accord. Passé ce bémol, qui n’en sera pas un pour la plupart des gens, c’est vraiment un roman exceptionnel, un vrai bijou de la littérature jeunesse que je vous conseille grandement !

Après les livres sur l’homoparentalité, ceux sur l’homosexualité.C’est l’histoire d’une petite grenouille qui s’appelle Cristelle. Elle est la fille du roi et de la reine, et comme toutes les princesses elle doit rencontrer le crapaud charmant pour l’épouser. C’est aussi l’histoire de Crioline, grenouille parmi tant d’autres, dont les parents sont de modestes travailleurs. Crioline préfère jouer aux jeux rigolos des crapauds que de passer son temps à se mirer dans la mare comme les autres grenouilles de son âge. Et si c’était Crioline qui devait épouser Cristelle ?
Très belle histoire que celle de ces deux grenouilles, le texte est beau et touchant, ici aucune mièvrerie. On reprend un peu les codes du conte pour mieux les casser : la princesse va épouser non seulement une fille mais une fille du peuple. L’amie de Crioline se demande quelles seront les réactions des autres, ses copains crapauds, ses parents. Crioline a même peur de finir en prison à cause de cet amour interdit. Mais en fait tout ça n’arrivera pas, il semble naturel à tout le monde qu’une grenouille épouse une autre grenouille. On parle de l’amour, des picotements dans le ventre que ça procure, de l’adoption même. Un très très bel album, pas militant, qui parlera à tous les enfants.

Au royaume d’Avant-hier vivait la princesse Titiritesse. Elle rêvait de voir le monde, sa mère rêvait surtout de la voir mariée ! Pour échapper à tout ce que lui destine sa mère Titiritesse décide de s’enfuir. En chemin elle rencontre un roi dont la fille Wendoline a été enlevée, ni une ni deux elle part sauver la princesse, détenue par l’ignoble (pas si ignoble finalement) Avalesix Duncoup. Dès leur première rencontre, Wendoline tombe sous le charme de Titiritesse et adore son parfum sucré, les deux princesses sentent une brise qui leur fait des chatouillis dans la tête quand elles sont ensemble et la nuit elles rêvent qu’elles s’embrassent…
Titiritesse est un album OQO, et si vous suivez ce blog vous savez à quel point j’aime cette maison d’édition. Comme d’habitude c’est totalement original, cet album ne ressemble à aucun autre. On est ici dans un conte complètement farfelu avec un ogre qui rêve d’un nouveau pull, un âne sans nom, un mot qui fait rire tout le monde et des princesses qui se marient. Comme toujours chez OQO les illustrations sont particulières, certains vont adorer et les regarder longuement, scrutant les détails, d’autres vont y être hermétique (je fais partie des premiers, ma compagne des seconds). L’objet est beau avec son papier épais. Un très bel album plein de fantaisie, d’humour et d’amour.

Zoé se sent anormale et sale. Elle a ses premières règles et elle est amoureuse de Nina, sa cousine. Elle vit tout ça comme quelque chose qui la dégoûte. Son éducation catholique ne l’aide pas à trouver les choses « normales ». De plus dans sa vie ce n’est pas la joie : ses parents sont en pleine crise de couple.
Autant le dire tout de suite, je n’ai pas été fan de F comme garçon. L’histoire ne m’a pas emballé, le personnage pas séduit et je n’ai pas accroché au style. Le titre lui-même qui voudrait dire que qui dit lesbienne dit garçon ne me plaît pas. Pourtant ce roman pourra peut-être plaire à des jeunes qui connaissent ces situations : confusion entre homosexualité et expériences, premières amours, premiers émois, situation familiale tendue,… C’est un des rares romans pour ado, d’après moi, qui aborde ce sujet de la différence entre l’homosexualité et les expériences qu’on veut tenter ado, coucher avec quelqu’un du même sexe sans se sentir homosexuel. Après le fait que ça ne m’ait pas parlé c’est très subjectif ! Je ne trouve pas que ça soit un mauvais roman (sinon je ne l’aurai pas chroniqué) mais moi il ne m’a pas séduit.

Jérôme l’esprit de camaraderie, les conversations « viriles », les filles avec leur agenda « star » et leurs stylos roses, la musique à la mode, les baignades entre potes… ce n’est vraiment pas son truc. La rentrée de seconde le stress, il ne veut pas passer pour le mec associable, il faut se fondre au groupe, faire des concessions, paraître cool… et pour lui c’est une vraie épreuve… et dans la classe il y a Clément, un garçon qui le trouble de plus en plus sans qu’il n’en comprenne la raison.
J’ai adoré ce roman, j’ai trouvé ça bien écrit, drôle, fin, intelligent. Je me suis régalé ! Jérôme Lambert a une vraie plume et a su croquer ce garçon un poil misanthrope qui découvre son attirance pour les garçons. L’histoire d’amour est très belle, la relation avec les parents intéressante. C’est un des meilleurs livres sur le sujet, un personnage dans lequel beaucoup de garçons qui vivent tout ça vont se reconnaître. On n’est pas dans les clichés ici, tout sonne juste. On parle aussi du regard des autres (les copains, les parents,…). Le seul bémol c’est que j’ai été frustré par la fin, j’aurai aimé qu’il soit plus long, savoir la suite. En tout cas je vais regarder ce que Jérôme Lambert a écrit d’autre.

Scènes de vies : Vincent se fait ridiculiser à la gym, Vincent dans sa famille où l’on ne communique pas, Vincent et sa meilleure amie, Vincent rencontre le nouveau…
Construit sous forme de petits chapitres, comme si Vincent nous racontait des passages de sa vie (un peu comme un journal, un peu comme des séances de psy ou des confessions… un moment Vincent dit, à propos de son père « j’en parlerai dans un autre bouquin »), Qui-suis-je ? est un joli roman dans lequel un ado de 14 ans et demi découvre son homosexualité. Le roman ne véhicule pas de clichés, Vincent, bien qu’un peu en marge et nul en sport, est un adolescent type. Les scènes où il se rend compte de qui il est sont belles tout en faisant très réelles, ici pas de grandiloquence et pas d’effet de style, tout sonne juste. On parle aussi ici des mots « pédé » et « enculé » utilisés à longueur de temps comme insulte dans les cours de récré sans en chercher le sens et les conséquences. Un joli petit roman, facile à lire avec une écriture très fluide.

Quelques pas de plus…

Sophie de La littérature de Judith et Sophie a déjà parlé de Oh, Boy ! ici.
Un autre livre sur l’homoparentalité et dont nous avons parlé sur La mare aux mots : La fête des deux mamans d’Ingrid Chabbert et Chadia Loueslati.
D’autres livres qui parlent d’homosexualité et dont nous avons parlés sur La mare aux mots : On m’a oublié de Guillaume Le Touze (un jeune garçon passe quelques jours chez son oncle homo), Plan B pour l’été d’Hélène Vignal (le meilleur ami de l’héroïne est homo), Les petites marées de Séverine Vidal (l’héroïne est amoureuse d’un garçon qui se révèle être homo), Sur les quais d’Anne Loyer et Ingrid Chabbert (une histoire d’amour entre deux filles), Le mariage de Coquet le Coq de Juan Alfonso Belmontes et Natalie Pudalov (un album jeunesse dans lequel la laitière et la renarde se marient).
Sur d’autres blogs, Le faire ou mourir de Claire-Lise Marguier par La littérature de Judith et Sophie, par Les livres de Dorot et en lecture commune sur A l’ombre du grand arbre, Will & Will de John Green et David Levithan sur Les carnets de Nathan et Arc-en-cielles de Nina Emisson sur de Qu’importe le flacon pourvu qu’on ait  LIVREsse.
Et beaucoup d’autres livres sur le site Altersexualité (albums, bd, romans,…).
Et pour finir, vendredi le sujet des Maternelles, sur France 5 sera « Prévenir l’homophobie (parler d’homosexualité avec ses enfants) ».

Jean a deux mamans
d’Ophélie Texier
L’école des loisirs dans la collection Loulou & cie.
7,70€, 170×170 mm, 20 pages, imprimé en Malaisie.
Dis, mamans
de Muriel Douru
Éditions gaies et lesbiennes
8,01€, 28 pages, lieu d’impression non indiqué.
Tango a deux papas et pourquoi pas ?
de Béatrice Boutignon
Le baron perché
16,30€, 280×220 mm, 40 pages, imprimé en France
Ulysse et Alice
d’Ariane Bertouille, illustré par Marie–Claude Favreau
Les éditions du remue-ménage et Bouton d’or Acadie
18,35€, 245×340 mm, 40 pages, imprimé au Canada
Marius
de Latifa Alaoui M., illustré par Stéphane Poulin
L’atelier du poisson soluble
13,50€, 170×210 mm, 28 pages, imprimé en France
À mes amourEs
de Claudine Galéa, illustré par Thisou
Le Rouergue
6,50€, 120×170 mm, 112 pages, imprimé en France
Oh, boy !
de Marie-Aude Murail
L’école des loisirs, dans la collection Médium
8,50€ , 125×190 mm, 207 pages, imprimé en France
Cristelle et Crioline
de Muriel Douru
KTM éditions
14€, 170×210 mm, 32 pages, imprimé en France
Titiritesse
de Xerardo Quintiá, illustré par Maurizio A. C. Quarello
OQO dans la collection O
12€, 250×230 mm, 48 pages, imprimé au Portugal
F comme garçon
de Isabelle Rossignol
L’école des loisirs, dans la collection Médium
9,40€ , 125×190 mm, 152 pages, imprimé en France
Tous les garçons et les filles
de Jérôme Lambert
L’école des loisirs, dans la collection Médium
9,20€ , 125×190 mm, 111 pages, imprimé en France
Qui suis-je ?
de Thomas Gornet
L’école des loisirs, dans la collection Médium
8,70€ , 125×190 mm, 101 pages, imprimé en France

A part ça ?

Qu’est-ce que l’homoparentalité ? C’est ce à quoi tente de répondre Martine Gross dans un petit livre très complet. Ici tout est abordé, de la sémantique à l’aspect juridique. On y parle bien sûr de l’intérêt de l’enfant, de l’adoption, de l’insémination artificielle,… On y lit des vécus de parents et d’enfants, des témoignages d’experts (scientifiques, psychanalystes,…). On va aussi parler de ce qui fâche (les idées reçues du genre qu’un enfant élevé par un couple gay a plus de chance d’être abusé, des arguments des « anti-homoparentalité »), de ce qu’il reste à faire (gageons que ça change les prochaines années)… bref un petit livre très complet, une mine d’information pour tous les gens qui vivent cette situation.
Qu’est-ce que l’homoparentalité ? de Martine Gross. Éditions Payot-Rivages, 7,50€.

Gabriel

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« Moi j’aime bien l’école… » (des livres sur la rentrée scolaire)

Par 24 août 2012 Livres Jeunesse

Et oui, la rentrée approche à grand pas ! Pour certains c’est même la première rentrée… Des enfants qui stressent un peu (et des parents encore plus) ont besoin d’histoires avec des petits héros qui, comme eux, vont connaître les joies de l’école ! Je vous propose une sélection sur le sujet en deux parties. Aujourd’hui plutôt des livres avec des histoires, lundi des livres pour les un peu plus grands et vendredi prochain des livres jeux, loisirs créatifs, imagiers,… toujours sur le thème de l’école. Petit bonus, j’ai demandé à une amie institutrice, Cathy, de me donner son avis sur certains de ces livres. Et deuxième bonus, un livre, pour les grands que vous êtes, chroniqué dans le À part ça.

Non, non et non ! Octave ne veut pas aller à l’école ! C’est son premier jour et il refuse tout ! « Alors, c’est toi Octave ? » lui demande la maîtresse ? « non ! »,  quand elle veut lui montrer la classe, c’est encore « Non ! » et quand les autres veulent jouer avec lui c’est toujours « non ! ». Pourtant il y a une chose pour laquelle Octave ne va pas dire non ce sont les bonbons ! Et quand sa maman viendra le chercher il n’aura plus envie de rentrer.

Un album très doux et drôle dont le texte très simple va parler aux enfants. La peur de l’école, des autres,… à travers le regard d’un ours vraiment mignon. Bon après, doit-on faire aimer l’école aux enfants en leur donnant des bonbons, c’est tout un débat ! Mais l’album est plein de charme.
L’avis de Cathy : «  Je le trouve un peu cucul mais bon ça peut cadrer avec un gamin qui est à fond dans le « NON » pour aller à l’école… Car le personnage ne veut pas aller à l’école, pas voir la maîtresse, pas participer … Et puis il va piger que finalement un petit « Oui de bonne volonté » peut permettre de faire des activités sympa à l’école. »

Simon (le fameux lapin créé par Stéphanie Blake) va aussi à l’école pour la première fois demain. Vous le connaissez il n’a pas sa langue sans sa poche et sa seule réponse c’est « Ça va pas non ! ». Le soir dans son lit Simon n’est pas rassuré, l’école ça fait peur, même aux superlapins ! Et quand vient l’heure d’y aller, le lendemain matin, ce n’est pas plus facile ! « Ça va pas non ! » Pourtant à la fin de la journée, Simon, finalement, aimerait bien rester à l’école !

Ah ce lapin… je ne sais pas vous mais moi je l’adore ! Cet album est aussi drôle que les précédents, piquant, loin de toute mièvrerie. On est sur le même sujet que le précédent avec ce refus d’aller à l’école, cette répétition, cette envie de ne plus partir de l’école une fois la journée finie… mais pas sur le même ton ! Certains préfèreront le côté doux du premier, d’autres l’humour piquant du second.
L’avis Cathy :  « C’est sympa car c’est du Stéphanie Blake et qu’on peut retrouver « super lapin » dans d’autres aventures que celle d’aller à l’école. C’est flashy, les enfants accrochent bien et pour les parents c’est rapide à lire, avec un langage simple. Des fois pour les plus petits c’est pas mal de ne pas trop les embrouiller surtout si le terrain de l’école est « sensible ». Là, c’est le parti pris de l’humour et c’est un bon plan pour dédramatiser. »

Timothée est tout content, sa mère lui a fait une salopette neuve pour la rentrée ! « Formidable ! », il n’est pas peu fier… sauf que Claude, un nouveau camarade, lui dit avec dédain qu’on ne met pas de salopette le premier jour d’école. Timothée est triste et reviendra le lendemain en veste… pour s’entendre dire qu’on ne met pas de veste le second jour d’école… Bref pas facile de se faire un copain !

Un petit album très sympa sur les moqueries des autres, le paraître et l’amitié. Timothée se rendra compte que ce n’est pas ce bougon de Claude qu’il a envie d’avoir comme ami, mais la gentille Violette qui elle l’accepte comme il est. J’aime ce côté (assez rare finalement) où un garçon et une fille peuvent être amis sans que le sujet ne soit soulevé, le livre ne parle pas de ça, c’est un détail.
L’avis de Cathy : « J’aime bien. Petite école pour les animaux. Ça permet de parler de l’école sans que l’enfant se sente visé et ça permet inconsciemment ou consciemment de faire des liens avec la réalité. Ça me parait sympa pour aborder le thème sans pression et avec distance. »

La rentrée des classes c’est quelque chose quand on est 24 ! Et oui c’est le premier jour d’école pour les 24 petites souris ! Mamie Albertine a tricoté un manteau à chacun et maman a cuisiné un bon repas… mais ça ne suffit pas, l’école ça fait peur. Heureusement maman a pensé à coudre à chacun un petit cœur en feutrine rouge qu’ils pourront garder dans la poche et qui leur donnera du courage.

Là aussi on est dans « l’album mignon », surtout avec cette histoire de cœur en feutrine (dont l’explication pour le confectionner est donnée à la fin de l’ouvrage). On aime ou pas ce genre d’album. On parle encore ici de la peur de l’école, on évoque aussi les larmes des parents au moment de laisser leur enfant. Une jolie petite histoire d’une série que certains enfants connaissent déjà.

Pour Paul et Félicie aussi c’est l’heure de l’école. Paul est plus petit que Félicie mais il aimerait bien, comme sa sœur, s’habiller seul et quand il arrive devant l’école, c’est la classe de Félicie que Paul regarde… pourtant on s’habille bien plus vite quand on est aidé et dessiner et écouter des histoires, à l’âge de Paul, c’est bien mieux que d’apprendre l’alphabet.

Une petite histoire sympathique sur la préparation avant d’aller à l’école et sur le fait qu’on aimerait bien être comme les grands (tout en gardant les avantages des petits !). On retrouve ici les illustrations pleines de charme de Marion Billet.

On passe aux recueils avec un premier assez court, Mes cinq premières histoires à la petite école écrites par Agnès Bertron-Martin et illustrées par Charlotte Roederer. Dans la première, une maîtresse remplaçante qui ramène chaque jour des choses ramassées sur le bord de la route, une bonne occasion pour apprendre plein de choses ! Dans la seconde, Édouard est un sacré bagarreur, gare à celui qui se trouve sur son chemin… jusqu’au jour où… Dans la troisième, c’est la première rentrée pour Zibon, le petit sorcier, et même pour les sorciers l’école ça fait peur ! Dans la quatrième, une maman rêve de l’école des mamans. Et dans la dernière, enfin, Louison est une gourmande, à la cantine c’est elle qui mange ce que les autres ne mangent pas… a-t-elle un secret ?

Cinq petites histoires plutôt mignonnes pour dédramatiser l’école, montrer aux enfants qu’ils ne sont pas les seuls à être angoissés par la rentrée. Les illustrations sont assez classiques, modernes, plutôt réussies.

Vive l’école est beaucoup plus long, plus complet (et forcément plus inégal). Ici ce sont 13 histoires qui sont proposées sur le thème de l’école (dont 24 petites souris vont à l’école évoqué plus haut). On y parle d’arrivée dans une nouvelle école suite à un déménagement, passage au CP, changement de maîtresse en cours d’année,… mais on découvre aussi la vie des poux sur une tête et qui s’y sentent bien, un loup qui ne sait pas compter et qui est bien embêté pour jouer à cache-cache, une dame âgée qui devient amie des enfants d’une classe ou encore une mulotte qui laisse des lettres aux élèves d’une classe. De très nombreux thèmes sont abordés comme la solitude, l’amitié, l’entraide,… Certaines histoires sont vraiment drôles et bien illustrées (on retrouve ici Charlotte Moundlic, Sylvie Poillevé, Laurent Richard, Agnès Berton-Martin, Nathalie Choux, Martine Bourre, Nadine Brun-Cosme,…) d’autres sont bien plus anecdotiques, vite oubliées mais il est évident que tout le monde trouvera son bonheur dans un tel recueil. L’école à travers 13 histoires bien différentes.

Et on termine avec un livre CD : Pakita c’est la maîtresse des petits, ceux dont c’est la première rentrée. Au programme de la journée les au-revoir aux parents, l’accrochage des manteaux au porte manteau, le panier à doudou, la gym du matin, le tour aux toilettes, la recré,… bref tout ce qui rythme la journée des petits écoliers.

Ici ce sont 20 chansons et une histoire. Alors Pakita, pour être franc, elle m’a personnellement tout de suite horripilé… mais disons les choses comme elles sont : ma fille, elle, a tout de suite accroché, adoré. Le disque a été écouté de nombreuses fois, elle connaît déjà les chansons par cœur et donc c’est certainement le principal ! J’admets que les chansons sont bien faites : simples, rythmées, vivantes, elles suivent bien le cours d’une journée d’école, on sent que Pakita sait de quoi elle parle ! C’est proche du réel et jamais caricatural. Pour prendre un exemple très bête, combien de livres qui parlent de l’école ne montrent que des mamans qui viennent chercher les enfants ? Ici les papas sont aussi présents.

Quelques pas de plus…
D’autres livres sur l’école chroniqués sur le blog : Mon cœur en miettes ou les plus beaux jours de ma vie de Charlotte Moundlic et Olivier Tallec (Michel vit une rentrée sans son meilleur ami mais avec une nouvelle qu’il trouve charmante), Je n’irai pas de Séverine Vidal, et Cécile Vangout (les vacances sont finies et la rentrée… ça fait peur !), L’entrée en maternelle de Sandrine Bosc et Sébastien Chebret (un très bon livre CD sur le thème de la première rentrée en maternelle), Tout seul ! et Tous ensemble ! de Géraldine Collet et Coralie Saudo (les poussins qui apprennent la vie en collectivité), L’histoire de Louis Trente-Deux, enfant-roi, de Catibou et Chadia Chaïbi-Loueslati (que se passe-t-il quand un enfant roi arrive à l’école ?), L’autre bout du monde de Chun-Liang Yeh et Sophie Roze (un enfant va recevoir de sa grand mère un cadeau qui va l’aider pour sa première rentrée) et d’autres sur le forum de La mare aux mots .
Dorot’ a aussi chroniqué des livres qui parlent de la rentrée, c’est ici (on en a quelques uns en commun).

Non, non et non !
de Mireille d’Allancé
L’école des loisirs
11€, 215×265 mm, 27 pages, imprimé en France
Je ne veux pas aller à l’école
de Stéphanie Blake
L’école des loisirs
12€, 225×280 mm, 28 pages, imprimé en France
Timothée va à l’école
de Rosemary Wells
L’école des loisirs
10€, 155×200 mm, 28 pages, imprimé en France
24 petites souris vont à l’école
de Magdalena, illustré par Nadia Bouchama
Père Castor, dans la collection Les plus belles histoires d’aujourd’hui
5,30€, 170×210 mm, 32 pages, imprimé en France
Paul et Félicie se préparent pour l’école
de Virginie Hanna, illustré par Marion Billet
Éditions Lito
6€, 175×225 mm, 24 pages, imprimé en Union Européenne
Mes cinq premières histoires à la petite école
d’Agnès Bertron-Martin, illustré par Charlotte Roederer
Éditions Lito
5€, 145×190 mm, 40 pages, imprimé en Union Européenne
Petites histoires du Père Castor : Vive l’école !
de Collectif
Père Castor
9,95€, 170×225 mm, 130 pages, imprimé en Asie
Pakita, la maîtresse magique !
de Pakita, illustré par Marion Piffaretti, musique d’Éric Jacquemin
Nathan
14,90€, 260×260 mm, 48 pages, imprimé en Espagne

A part ça ?

Au fond de la classe n’est pas un livre pour enfant, mais puisqu’on parle de l’école… (et puis vous êtes surtout des adultes à lire ce blog, non ?). Louise Deschamps Wallon n’a que des souvenirs traumatisants de ces années où elle se sentait enfermée par des gens qui ne la comprenaient pas. Pas dans le moule, différente, pas assez rapide,… elle va être mise à l’écart par les adultes, prise pour cible, devenir le bouc émissaire d’enseignants qui ont besoin de se défouler sur quelqu’un, être le vilain petit canard auprès de ses camarades. Tête sous l’eau, copies déchirées et piétinées et autres humiliations vont émailler sa vie d’écolière. Au fond de la classe est un superbe témoignage, très beau, très poignant. Louise Deschamps Wallon a une vraie plume, elle nous entraîne dans des scènes de son passé qui nous font monter les larmes aux yeux, on vit avec elle la dureté de ce système qui écrase ceux qui ne sont pas formatés pour suivre au même rythme que les autres. Esthétiquement le livre est une merveille, couverture toilée, papier épais, de très nombreuses photos de classes, matériel scolaire,… Non l’école n’est pas un endroit toujours rose et Louise Deschamps Wallon a su parfaitement nous le rappeler.

« Je déteste l’école parce que vous y êtes tous des cons. Vous n’aimez que vous. Dès que j’ai essayé de m’amuser avec vous, vous vous êtes moqués. Les grands et les petits. Vous ne me comprenez pas. Je me méfie de vous pour toujours. J’ai mes règles à dix ans et vous me dites que le diable s’est mis dans ma culotte

Au fond de la classe de Louise Deschamps-Wallon. Naïve, 29,50€

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