La mare aux mots
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Muriel Montagut

Les invités du mercredi : Amélie Graux, Muriel Montagut et Loren Bes (+ concours)

Par 26 novembre 2014 Les invités du mercredi

En ce mercredi d’ouverture du salon de Montreuil, nous recevons tout d’abord Amélie Graux, une illustratrice aux multiples facettes. Puis j’ai demandé à l’auteur-éditrice et à l’illustrateur de Léopold et le chat perché de nous parler de cet ouvrage que j’ai particulièrement aimé. Entre les deux vous pourrez gagner J’aime mes cauchemars illustré par Amélie Graux, grâce à Gallimard Jeunesse. Bon mercredi à vous


L’interview du mercredi : Amélie Graux

Amélie GrauxParlez-nous de votre parcours.
Dès que j’ai été en âge de tenir un crayon, j’ai rempli des kilo-tonnes de feuilles de dessins en tout genre. Je dessinais aussi à quatre mains avec mon grand-frère et mon voisin. Le dessin a toujours été au centre de ma vie, et une prodigieuse source de plaisir.
Alors j’ai, tout naturellement, fait des études d’Arts aux Arts Décoratifs de Paris où je me spécialisai en Animation. Après notre diplôme, un film en pâte à modeler, réalisé en collaboration avec Anne-Laure Bizot, qui obtint un prix à Annecy et fut acheté par Canal +, Qui veut du pâté de foie ?, je décidai de faire des livres.

Quels livres ont marqué votre enfance et votre adolescence ?
max et les maximonstresBien des livres ont marqué mon enfance.
Ils sont nombreux car ma mère, passionnée de littérature, nous inondait d’ouvrages passionnants.
Je citerais tous les livres de Roald Dahl, dont l’Énorme crocodile et Sacrées sorcières.
Max et les maximonstres, évidemment !
Sendak est vraiment parmi mes illustrateurs favoris !
Les trois brigands et Héloïse m’ont également fortement marquée, ainsi que des tas d’autres mais là on n’en finirait plus.

Vous n’utilisez pas toujours les mêmes techniques, si on pense, par exemple, aux Oops et Ohlala vont à l'écoleOops et Ohlala ou à Pouce. Quelles sont ces techniques et comment choisissez-vous la technique que vous allez utiliser pour un projet ?
Ma technique et mon style évoluent tout le temps parce que sinon, quel ennui !
Ce que je recherche avant tout, c’est l’expression des personnages, il est donc impératif que mon dessin reste vivant, voilà pourquoi je remplis des tas de carnets de croquis, beaucoup réalisés dans le métro, inépuisable source de modèle vivant. Je participe au collectif De lignes en ligne, de croqueurs dans le métro : http://www.delignesenligne.com/croqueurs.php?IdAuteur=164#.

J'aime mes cauchemarsParlez-nous aussi de votre dernier album, J’aime mes cauchemars.
L’album J’aime mes cauchemars a été un véritable coup de cœur. J’ai lu le scénario de Séverine Vidal et je me suis aussitôt projetée dans l’histoire. J’ai eu la vision de ce que je voulais faire. Tout est allé très vite, j’ai tout de suite trouvé les personnages. Je me réveillais la nuit en pensant aux compositions des images, ce fut très exaltant !

Quelques mots sur vos projets ?
Je viens de finir le quatorzième de mes imagiers à toucher et je travaille sur la suite de mon album C’est pas moi c’est mon loup, chez Milan, sur la suite de Pouce chez Flammarion et sur un album écrit par Susie Morgenstern chez Nathan.
Et puis Séverine Vidal m’a proposé une petite série de livres, intitulée June et Jo qui me plaît drôlement. Nous allons la présenter chez Gallimard et ça risque d’être plutôt savoureux…

Bibliographie sélective :

  • Mes animaux préférés, texte et illustrations, Milan (2014).
  • Révolution dans la savane, illustration d’un texte de la classe de CP-CE1 de l’école Jean de La Fontaine à Neuilly-sur-Marne, Talents Hauts (2014).
  • Série Oops et Ohlala, illustration de textes de Mellow, Talents Hauts (2013-2014), que nous avons chroniqués ici, ici, ici, ici, ici, ici et .
  • J’aime mes cauchemars, illustration d’un texte de Séverine Vidal, Gallimard Jeunesse Giboulées (2014), que nous avons chroniqué ici.
  • Je fais le marché, texte et illustrations, Milan (2014).
  • Dis papa, dis maman, tu fais quoi quand j’suis pas là ?, illustration d’un texte de Camille Seydoux, Sarbacane (2014).
  • Pouce !, illustration d’un texte d’Alice Brière-Haquet, Père Castor (2014), que nous avons chroniqué ici.
  • Comptines des papas, illustration d’un texte de Gilles Diederichs, Nathan (2013), que nous avons chroniqué ici.
  • Mon pirate à moi, illustration d’un texte de Myriam Ouyessad, Élan Vert (2013).
  • Mon papa, c’est le roi !, illustration d’un texte de Sandrine Lamour, Lito (2012).
  • 9 mois pour attendre un petit frère ou une petite sœur, illustration d’un texte de Catherine Dolto et Colline Faure-Poirée, Gallimard Jeunesse Giboulées (2012), que nous avons chroniqué ici.

Retrouvez Amélie Graux sur son site : http://grasduchou.ultra-book.com.

Concours
Grâce à Gallimard Jeunesse Giboulées, je vais faire un heureux parmi vous. Parlez-moi en commentaire de vos enfants et de leurs cauchemars (anecdote, etc.). Si vous n’en avez pas envie ou si vous n’avez pas d’enfant, vous pouvez dire que vous souhaitez juste participer. Je tirerai au sort parmi vos réponses et l’heureux-se gagnant-e recevra, J’aime mes cauchemars. Vous avez jusqu’à mardi 20 h. Bonne chance à tous !


Parlez-moi de… Léopold et le chat perché

Régulièrement, on revient sur un livre qu’on a aimé avec son auteur, éventuellement son illustrateur et son éditeur. L’occasion d’en savoir un peu plus sur un livre qui nous a plu. Cette fois-ci, c’est sur un de nos coups de cœur, Léopold et le chat perché (chroniqué ici), de Muriel Montagut et Loren Bes que j’ai eu envie de revenir.

Oups éditionsMuriel Montagut (l’éditrice, Oups édition) :
Oups
est une association de bénévoles convaincus que l’acceptation de l’autre passe parfois par la banalisation de sa différence. L’homoparentalité telle que nous la traitons dans nos livres est un élément subsidiaire de nos histoires. Néanmoins elle est là, clairement posée et ouvertement banalisée, pour que les enfants, concernés par ce type de situation familiale, puissent y puiser des modèles identificatoires qui leur font défaut.
En effet, nul besoin pour eux d’explication sur leur fonctionnement familial qu’ils connaissent parfaitement. Par contre, ils ne peuvent qu’apprécier des héros qui leur ressemblent, vivant des aventures ordinaires et extraordinaires, avec en toile de fond, deux mères ou deux pères qui veillent attentivement sur eux.
Nos histoires s’adressent bien sûr à tous les enfants qui pourront peut-être puiser dans ces livres l’idée que cette différence familiale en somme est des plus insignifiantes…
Le site d’Oupshttp://www.oupseditions.fr.

Loren BesLoren Bes (l’illustrateur) :
J’ai énormément apprécié illustrer ce livre-ci. Ce Léopold, et ce chat perché, cette famille et l’univers de pirates un peu saugrenu. Ce contraste entre cet univers un peu fou, sautillant, poissons frais, cuistot et hamac débraillé, péroquetant et pétaradant, et l’univers de l’école, la vision d’un certain sérieux, apprentissage, rangé, une certaine formalité, la transmission, je l’espère, de valeurs et propos pensés. Et cet enfant, ce chat, cette rencontre qui apparaît juste au milieu, comme une petite étincelle qui lie ces deux univers.
J’ai tout à fait par hasard découvert l’association éditoriale Oups. Leur ligne éditoriale m’a attiré, prendre part à cette petite brique de tolérance, au sein de ce grand édifice qui est en train de se construire m’a beaucoup plu. J’aime, et je prends position. Il me semble, pour ma part, que l’illustration et mes choix de livres sont la meilleure opportunité que j’ai de m’exprimer. Les mots ce n’est pas trop mon truc, mon expression est bien souvent emberlificotée… les traits par contre, les couleurs, j’arrive bien mieux à les placer.
Les premiers échanges avec Muriel ont fini de me convaincre, on était sur la même longueur d’onde quant aux propos à « défendre », quant au livre qu’on envisageait, quant à la forme que l’on voulait lui donner. Et ceci est assez rare pour être noté et souligné ! J’ai aussi beaucoup aimé la légèreté, la finesse, la justesse, et la sagesse de sa vision des choses.
Muriel avait vu un dessin de pirates sur mon site, et tout en insistant sur le fait qu’elle me laissait toute liberté, m’a suggéré « c’est un peu comme ça que je verrai les choses ». Ce genre de mot met en confiance, et permet de se plonger dans les images sans trop se poser de questions… se laisser aller au gré de l’inspiration. L’univers pirate, je ne sais pas vraiment « pourquoi », m’amène vers des couleurs à dominante sépia, quelque peu « tâché », par les aléas, l’intensité, l’aventure de la vie. Le chat est vert. C’est comme ça !! Probablement resté perché trop longtemps.
J’essaye que chaque livre soit différent des autres, qu’il ait une sorte d’identité, unique. Donc c’est ce que j’ai essayé ici, dans cet univers que j’ai trouvé joyeux, serein, teinté d’une certaine poésie, et enrobé de sens.
Le site de Loren Bes : http://lorenbes.com.

Muriel Montagut (l’auteur) :
En premier lieu, j’avais envie en écrivant ce texte d’explorer l’univers de la piraterie en jouant avec les codes habituels, comme suggérer que des pirates puissent avoir un idéal de non-violence.
Pour les éditions Oups, je trouvais intéressant de parler du sentiment de différence que beaucoup d’enfants peuvent ressentir à l’école : pour les camarades de Léopold, enfant pirate, qui met les pieds dans une école pour la première fois de sa vie, quelque chose ne colle pas. Ce n’est pas le fait qu’il ait deux pères, ça, ce n’est pas si étonnant. C’est plutôt qu’il soit pirate qui est intrigant. Pourrait-il vraiment être un vrai pirate comme en rêvent les enfants ?
J’ai découvert l’univers tout en suggestion et en finesse de Loren Bes, qui incite au voyage et à la poésie. On apprécie l’équilibre de chaque illustration pour ce qu’elle dégage d’une manière générale, mais on adore aussi s’y perdre dans le détail… J’ai tout de suite eu envie de travailler avec lui. Au fil de notre collaboration, je découvrais qu’il se jouait des couleurs comme j’appréciais le double sens des mots, avec un fond d’humour et de décalage qui m’a vraiment séduite.
Je crois que ce plaisir partagé peut s’éprouver à la lecture du livre : on le termine avec l’idée que si l’essentiel est dans la belle rencontre d’un enfant pirate avec un chat perché, et il est peut-être tout autant dans une multiplicité d’ailleurs…

Léopold et le chat perchéLéopold et le chat perché
Texte de Muriel Montagut
Illustré par Loren Bes
Sorti chez Oups éditions
2014.
Chroniqué ici.

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Des amis perchés

Par 15 septembre 2014 Livres Jeunesse

Nos deux héros du jour vont trouver l’amitié perchée sur un arbre.

Léopold et le chat perchéLéopold vit avec ses deux pères sur un bateau de pirate, c’est d’ailleurs ce qu’il est, un pirate ! Le cuisinier du bateau interroge un jour l’enfant pour savoir si l’école ne lui manque pas. L’école ? Léopold ne s’était jamais posé la question ! Il voudrait voir ce que c’est, ses pères acceptent. Mais quand, en classe, Léopold doit dessiner sa famille, personne ne le croit, « les enfants pirates, ça n’existe pas ! ». Léopold devra prouver qu’il est bien, qui il dit être.
Oups éditions est une nouvelle maison d’édition dont le but est la banalisation de l’homoparentalité. Ici, Léopold a deux papas, mais c’est juste une donnée, ça ne change rien à l’histoire, disons-le clairement, on s’en fout qu’il ait deux papas ! Et ça, c’est quand même une super idée. Je l’avais déjà dit, on avancera beaucoup plus avec des livres où les « différences » sont des données parmi tant d’autres qu’avec des livres « militants » qui ne s’adressent qu’aux gens concernés (je rêve d’un copain de Tchoupi ou de Petit Ours brun vivant dans une famille homoparentale).
Ici, on parle de l’école, de l’amitié, du fait de se défendre autrement que par la violence. Et surtout, c’est le talentueux Loren Bes qui illustre cette histoire, et c’est franchement beau !
Pour tout savoir sur cette jolie maison d’édition : http://www.oupseditions.fr.

Le renard perchéUn enfant voit un renard perché sur une haute branche d’un arbre. Celui-ci lui explique qu’il attend un ami, c’est pour ça qu’il regarde au loin. L’enfant se joint à lui, ensemble ils vont attendre. Il va aussi nourrir l’animal qui n’ose pas descendre de peur de rater son ami. Il y aura aussi la pluie, le vent, mais rien n’y fait, tous deux continuent d’attendre. Mais l’enfant s’interroge, que se passera-t-il quand l’ami arrivera ? Il s’entend si bien avec le renard…
Le renard perché est un album extrêmement poétique, tant dans le texte que dans les illustrations. On parle ici, vous l’aurez compris, d’amitié. C’est très doux, très tendre, c’est le genre d’album qu’on lit et relit avec plaisir et qu’on peut même ouvrir pour admirer les illustrations délicates. Bien sûr, on repense à un livre bien connu (et avec lequel j’ai personnellement du mal), mais ici il n’est pas question d’apprivoiser, mais plutôt de rencontre, d’amitié partagée, l’animal est ici à égalité avec l’enfant.
Un album aussi esthétique que poétique sur l’amitié.

Quelques pas de plus…
Nous avons déjà chroniqué plusieurs ouvrages de Loren Bes (Le monde imaginaire de Martin, Les yeux du parapluie et Raconte-moi la Révolution…) et nous l’avons également interviewé.
D’autres livres sur l’homoparentalité et l’homosexualité dans notre album Pinterest.

Léopold et le chat perché
Texte de Muriel Montagut, illustré par Loren Bes
Oups éditions
14 €, 210×210 mm, 48 pages, imprimé en Espagne, 2014.
Le renard perché
Texte de Quitterie Simon, illustré par Magali Dulain
Casterman dans la collection les albums Casterman
13,95 €, 240×310 mm, 32 pages, imprimé en France, 2014.

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