La mare aux mots
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Nathalie Minne

Les invité.e.s du mercredi : Nathalie Minne et Manon Jaillet

Par 15 juin 2016 Les invités du mercredi

Nathalie Minne fait partie de ces auteur.e.s/illustrateur.trice.s dont on attend toujours avec impatience le nouvel album. En attendant Mon amie la sirène qui sortira en octobre 2016, j’ai eu envie de lui poser quelques questions. Ensuite, c’est Manon Jaillet (de la magnifique maison d’édition d’images, La maison est en carton) l’invitée de notre rubrique Le coup de cœur/coup de gueule. Bon mercredi à vous !


L’interview du mercredi : Nathalie Minne

Nathalie MinneParlez-nous de votre parcours
Pour trouver ma route, je me suis promenée dans différentes directions pour finalement m’arrêter à l’École Supérieure d’Arts Graphiques (ESAG) à Paris. Mes choix m’ont finalement ramenée à un amour des images que j’ai depuis toute petite. Ces 5 années de graphisme m’ont donné le goût des signes et de leur message. Puis, j’ai partagé cette passion dans différents ateliers de graphistes pendant… plusieurs belles années. L’arrivée de mes enfants m’a donné l’envie de chercher comment leur raconter et leur dessiner des histoires, comment nourrir leurs regards, leurs oreilles, de façon à les rendre ouverts, heureux, critiques, curieux avec du rêve.

Quelles étaient vos lectures d’enfant, d’adolescente ?
Je n’étais pas une grande lectrice. Je préférais courir dans les champs et les bois autour de la maison et passer du temps à la ferme d’à côté. Le petit voleur de tempsMes « lectures » étaient surtout visuelles. J’aimais tracer un chemin à travers les hautes herbes d’un pré fleuri d’herbes folles, observer les animaux pendant de longues heures depuis une cachette dans la forêt, approcher tout doucement un oiseau jusqu’à le toucher, organiser des courses d’escargots de toutes les couleurs. J’aimais les livres d’images. Je collectionnais des images d’animaux que je choisissais et découpais soigneusement dans des magazines pour les coller dans un grand cahier à spirales. Je fabriquais aussi des cahiers de voyages et des cahiers de mots que j’aimais. Mais, de mes lectures de livres sans images, je n’ai pas beaucoup de souvenirs.

Quelles techniques d’illustration utilisez-vous ?
Je travaille en collages. Je prépare mes papiers avec du pastel ou du crayon ou de la peinture. Je choisis ensuite les morceaux que je vais découper suivant leur couleur, leur lumière, leur vibration, leur silence aussi. J’aime organiser ces formes abstraites qui « jetées » sur une feuille de papier vont raconter un village, une forêt, la mer, le ciel.

Le petit voleur de motsComment est né le personnage qu’on retrouve dans vos trois albums ?
C’est l’histoire d’un petit homme qui ne trouvait pas sa place dans le monde qui parle…
Je voulais raconter une histoire destinée aux enfants pour lesquels les mots sont un mystère, les enfants perdus du langage pour leur donner le courage d’affronter leur peur. Le petit voleur de mots est arrivé doucement, avec patience et détermination.

Tous vos albums sont sortis chez Casterman, c’est une maison dans laquelle vous vous sentez particulièrement bien ?
Casterman est la maison d’édition qui m’a accueillie et guidée dans la réalisation de mon premier album puis des autres. Je dois beaucoup à mon éditrice Brigitte V. qui a toujours été à l’écoute de mes doutes, de mes peurs, de mes rêves et de mes envies et cela tout en respectant mon rythme de travail.

Quelques mots sur Le petit voleur de Le petit garçon de la forêttemps, votre dernier album ?
À la fin de l’histoire, dans mon premier album le petit voleur de mots tombe amoureux d’une petite fille. J’ai voulu donner une suite à ce début d’histoire. Une histoire d’amour m’a semblé être la meilleure façon de parler du Temps. Comment attraper le Temps et le raconter à des cœurs d’enfants ? Sur quel temps les cœurs d’enfants battent-ils ? Le petit voleur de temps les invite à une promenade au fil des mots du Temps qui passe le temps d’une semaine ponctuée par l’avant et l’après d’un petit rendez-vous amoureux.

Quels sont vos projets ?
Mon album Mon amie la sirène sortira en octobre prochain. C’est un album avec un nouveau personnage.
Le petit voleur reviendra sans doute dans une autre histoire un peu plus tard encore…

Bibliographie :

  • Le petit voleur de temps, texte et illustrations, Casterman (2014), que nous avons chroniqué ici.
  • Le petit garçon de la forêt, texte et illustrations, Casterman (2012), que nous avons chroniqué ici.
  • Le petit voleur de mots, texte et illustrations, Casterman (2009), que nous avons chroniqué ici.

Prochainement :

  • Mon amie la sirène, texte et illustrations, Casterman (octobre 2016).


Le coup de cœur et le coup de gueule de… Manon Jaillet

Régulièrement, une personnalité de l’édition jeunesse (auteur.e, illustrateur.trice, éditeur.trice…) nous parle de deux choses qui lui tiennent à cœur. Une chose qui l’a touché, ému ou qui lui a tout simplement plu et sur laquelle il.elle veut mettre un coup de projecteur, et au contraire quelque chose qui l’a énervé.e. Cette semaine, c’est Manon Jaillet qui nous livre son coup de cœur et son coup de gueule.

Je ne sais pas si on peut appeler cela coup de gueule, je dirais plutôt « coup d’inquiétude »…

La place du livre dans les établissements scolaires m’interroge. En observant les pratiques dans différents établissements, j’ai constaté que beaucoup de classes ne travaillent plus sur des manuels scolaires, mais sur des photocopies. Leurs cartables sont remplis de photocopies d’albums, de romans, de leçons de manuels scolaires… Parfois même certains enseignants photocopient des pages de livres où il est pourtant écrit dans la marge : « interdit à la reproduction ». Comment apprécier un album aux illustrations chatoyantes lu sur des photocopies format réduit en noir et blanc ? Comment avoir envie de lire un roman dont les pages sont photocopiées par quatre sur un A4 et qu’on ne sait pas dans quel ordre les lire ? Comment plonger au cœur d’un polar lu collectivement en classe, projeté sur un écran ?

Certaines collectivités mettent à disposition des enfants des ordinateurs portables… Je n’oppose pas le numérique au livre, mais est-ce judicieux de mettre de tels budgets dans des ordinateurs pour toutes les familles alors que la plupart sont équipées ? Ne serait-il pas plus opportun de proposer une aide ciblée à ceux qui ne sont pas équipés en matériel informatique et de réserver ces « budgets d’équipements numériques » aux livres ? L’accès aux livres, à la culture est aujourd’hui un point d’inégalité bien plus important que l’accès à l’informatique. Quels moyens, quels budgets sont prévus pour l’achat de livres dans notre système éducatif ? Tous les enseignants sont-ils informés des règles concernant les photocopies ? Savent-ils qu’ils ne peuvent reproduire que 10 % d’un ouvrage et ont droit à un maximum de 80 copies par an et par élève ? (voir centre français du droit d’exploitation de la copie). Quand j’évoque ce sujet, je ne pense même pas aux droits des auteurs et des éditeurs floués par ces pratiques mais bien aux adultes de demain à qui l’éducation ne donne pas toujours accès aux outils essentiels de construction individuelle. Donner les clés de l’accès à la connaissance pour des têtes bien faites plutôt que des têtes bien pleines à l’heure où chacun a l’impression d’avoir le bonheur et les connaissances accessibles au bout de l’écran… N’est-ce pas là l’essentiel ?

 Je crois que le livre est un objet affectif, que plonger dans l’imaginaire, la fiction, l’image dans cet objet papier est essentiel pour la construction individuelle et le mieux vivre ensemble. Je crois que la recherche documentaire uniquement sur internet ne permet pas à nos enfants de faire le tri entre l’information « vraie »  et les points de vue de chacun. Je crois qu’équiper les bibliothèques en liseuses est un gouffre financier sachant que tous les trois ans il faut renouveler les équipements devenus obsolètes.

Je crois que nous devons remettre au cœur de nos préoccupations la place du livre, la pratique de la lecture, l’accès à la culture, le rôle des bibliothèques, les pratiques de l’école… Rien n’est acquis ! Quelles seront les conséquences sur les prochaines générations…?

Coup de cœur pour l’imagination, le rêve, la fiction et la pratique artistique pour tous.

À  l’heure où le nombre d’ouvrages dits de fiction donnent une place prépondérante aux récits de faits réels, aux livres qui soignent, aux livres qui expliquent… je crie haut et fort vive l’imaginaire ; la lutte contre la crise passera par l’imagination ! (comme le dit si justement Valérie Cussaguet des éditions les fourmis rouges).
Notre maison d’édition aura 10 ans en 2017, nous avons mis au cœur de notre projet les artistes, l’approche de l’écrit et de l’image par d’autres biais que les ouvrages classiques, notre idée étant d’offrir des portes d’entrées diverses pouvant permettre au plus grand nombre de bénéficier des bienfaits de l’art et de la culture.

Jusqu’à aujourd’hui notre ligne était concentrée vers l’enfance et la jeunesse mais récemment nous avons été associés à un projet « Nous vieillirons ensemble » tourné vers nos anciens qui a donné lieu à la publication d’un ouvrage. Une initiative partie du postulat que la pratique d’une activité artistique et la confrontation à des œuvres d’art stimulent la personne âgée et participent au bon vieillissement de celle-ci et, c’est une réussite !
Ainsi les personnels de soins à domicile ont été accompagnés d’artistes. Après une année de rencontres, au travers des témoignages de ceux qui y ont participé, on entrevoit déjà les transformations profondes sur le « prendre soin » et sur « le regard vers l’autre » qu’elles ont pu entraîner.

Nous sommes convaincus que donner à lire ce projet au plus grand nombre est nécessaire afin d’apporter une réflexion profonde sur la place que nous donnons à nos anciens et aussi à nos enfants, aux adultes de demain dans notre société.

Cette initiative riche et émouvante nous conforte dans notre idée que la création artistique est essentielle pour tous, que l’Art est particulièrement adapté aux échanges intergénérationnels, un outil incroyable de développement, de mieux-être et de bien-vivre ensemble.

Lien vers Nous vieillirons ensemble : http://www.lamaisonestencarton.com/?ig=833&id=156

La maison est en cartonManon Jaillet est éditrice chez La maison est en carton. Si vous ne connaissez pas foncez sur leur site, c’est LE site si vous voulez de belles images (à tout petit prix), mais on y trouve aussi des livres (comme Auprès de mon arbre qu’on a chroniqué ici), de belles toises, des grandimages (dont À la piscine et Chez mémé qu’on a chroniqué ici), des coloriages (comme Un jour dans la forêt Toc Bou Toc Zoï / Une nuit dans la forêt Toc Bou Toc Zoï qu’on a chroniqué ici) et bien d’autres choses encore ! Le site (indispensable) : http://www.lamaisonestencarton.com.

 

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Pas comme les autres

Par 22 juin 2015 Livres Jeunesse

L'enfant derrière la fenêtreIl habite dans la jungle et la jungle, ça fait peur. Trop de bruits, trop d’inconnus. Alors il s’est construit une cabane où il s’est enfermé. Maintenant plus rien ne peut l’atteindre, il n’a plus peur. Il regarde le monde par la fenêtre, il se sent bien. Quand le monde extérieur lui semble trop présent, il se blottit au fond de sa cabane. Quand vraiment il se sent mal, il compte et recompte ses objets. Mais un jour, un enfant apparaît à la fenêtre.
L’enfant derrière la fenêtre est un album qui m’a vraiment ému, touché. Je l’ai terminé avec les yeux humides. On y parle donc, de façon poétique, d’autisme. Le héros de l’histoire s’est construit une cabane pour se protéger du monde extérieur, seul un enfant de son âge arrivera à communiquer avec lui, en gagnant sa confiance, devant le regard ému des parents. Les très belles illustrations de Dani Torrent accompagnent à merveille la poésie du texte d’Anne-Gaëlle Féjoz.
Un très bel album qui parle d’autisme avec délicatesse.
Des extraits sur le site de l’éditeur.

FadoliOn l’appelle Fadoli. Certains disent que c’est le fada du village. Ça lui est bien égal, lui, il rit en regardant le ciel.
Fadoli de Marie-France Chevron Zerolo et Mathilde Magnan est plus proche du livre d’artiste que de l’album jeunesse. Les planches de Mathilde Magnan, si l’on est sensible à cet univers, sont absolument superbes. Le texte, très court, de Marie-France Chevron Zerolo est extrêmement poétique. Il n’est pas évident que les enfants seront touchés, les adultes très certainement.
Un album pour les amateurs de belles illustrations et de beaux textes.
Le même vu par Le cabas de Za (avec une interview de l’auteure), Bricabook et Délivrer des livres.

Le petit garçon de la forêtLe petit garçon de la forêt hésite à sortir, il attend son nouvel ami, celui qui vit au village et qu’il a rencontré il n’y a pas longtemps. Le petit garçon de la forêt se demande s’il pourra, un jour, quitter cet endroit et vivre avec son ami. Sa forêt le rassure, mais ce qu’il aime c’est être avec son ami, ensemble ils sont bien. Quand il n’est pas là, il se sent triste dans sa forêt, son ami lui manque.
Une des choses qui me plaît particulièrement dans le travail de Nathalie Minne (en dehors de la beauté de ses illustrations), c’est que les portes sont ouvertes, ici on ne vous dit pas forcément de quoi l’on parle, chacun trouvera son interprétation de cette histoire. Est-ce un enfant enfermé dans son monde ? Est-ce qu’on parle de la tristesse ? Est-ce qu’on parle de choses pires encore ? Quelle est cette forêt que l’enfant ne peut quitter, alors qu’il le souhaiterait ?
Un album somptueux, d’une infinie poésie, qui fait la part belle à l’imagination.
Le même vu par Papier de soie et Délivrer des livres.

L'oiseau qui avait avalé une étoileParce qu’il avait avalé une étoile par mégarde, un oiseau était devenu brillant. La nuit, on ne voyait que lui. On le trouvait beau, bien sûr, mais on ne voulait pas le fréquenter. Pensez donc, un oiseau comme ça, ça attire les aigles, les chasseurs ou les crocodiles ! Alors, seul, l’oiseau pleura, il pleura des larmes scintillantes et de ses larmes naquit une fleur, une magnifique fleur.
L’oiseau qui avait avalé une étoile, de Laurie Cohen et Toni Demuro, est un magnifique album sur ceux qu’on rejette parce qu’ils sont différents, alors qu’ils peuvent tant nous apporter. On pourra y voir une métaphore sur les artistes, parfois rejetés alors qu’ils nous apportent la beauté, la lumière. Le texte est poétique et sensible, deux qualificatifs qui décrivent aussi, parfaitement, les superbes illustrations de Toni Demuro.
Un bel album pour se rappeler que les gens différents ne méritent que notre admiration.
Le même vu par Livres et merveilles.

Bienvenue chez les tous-pareilsDeux planètes étaient proches l’une de l’autre. La planète des Tous-pareils et la planète des Tous-différents. Sur la première vivaient des êtres bleus. Ils faisaient tous la même taille, le même poids, ils étaient tous très beaux. Pour se distraire, ils lisaient tous le même livre, regardaient le même film. Pour se nourrir, ils mangeaient et buvaient tous la même chose. Sur l’autre planète, vous vous en doutez, ce n’était pas vraiment la même chose…
Même si je dois avouer ne pas avoir accroché sur les illustrations de Bienvenue chez les Tous-pareils, cette ode à la différence (car, vous vous en doutez, on va trouver que c’est quand même bien mieux sur la planète des Tous-différents) m’a plutôt réjoui. On peut voir ici aussi une métaphore sur les artistes (en arrivant chez les Tous-pareils, trois habitants de la planète des Tous-différents vont colorer le monde et les gens seront divisés face à ce nouveau phénomène). On parle aussi du rejet des gens différents (sur la planète des Tous-pareils ceux qui naissent différents sont mis à part).
Un album pour se rappeler l’importance de ne pas être tous pareils.
Le même vu par Parfums de livres.

Quelques pas de plus…
Nous avons déjà chroniqué des livres de Marie-France Chevron Zerolo (Mee, petite fille du matin calme), de Nathalie Minne (Le petit voleur de temps), de Laurie Cohen (La coccinelle et le caméléon, Dans la nuit noire, Une touche de…, Mon ami imaginaire, À la campagne, Ma maison du bout du monde, Si petit, Si grand, Et toute la ville s’éveille, Est-ce que vous m’aimerez encore…?, Dans le ventre de maman et Ma voisine est une sorcière), de Toni Demuro (Célestin rêve et La cheneuille) et d’Edwige Planchin (Le Noël Vert de Siméon).

L’enfant derrière la fenêtre
Texte d’Anne-Gaëlle Féjoz, illustré par Dani Torrent
Alice Jeunesse
12,90 €, 237×297 mm,35 pages, imprimé en Belgique, 2015.
Fadoli
Texte de Marie-France Chevron Zerolo, illustré par Mathilde Magnan
Éditions courtes et longues
22 €, 236×333 mm, 44 pages, lieu d’impression non indiqué, 2015.
Le petit garçon de la forêt
de Nathalie Minne
Casterman dans la collection Les albums Casterman
13,95 €, 280×360 mm, 32 pages, imprimé en Chine, 2012.
L’oiseau qui avait avalé une étoile
Texte de Laurie Cohen, illustré par Toni Demuro
La palissade
14,50 €, 205×290 mm, 36 pages, imprimé en France chez un imprimeur éco-responsable, 2015.
Bienvenue chez les Tous-pareils
Texte d’Edwige Planchin, illustré par Cédric Forest
Fleur de ville
11,90 €, 195×195 mm, 32 pages, imprimé en Catalogne chez un imprimeur éco-responsable, 2013.

Gabriel

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Deux qui s’aiment

Par 29 septembre 2014 Livres Jeunesse

Aujourd’hui deux albums coups de cœur, deux albums qu’on lit avec les poils qui se dressent.

Ce n'est pas compliquéAvec Louise, sa voisine, ils ne parlent pas beaucoup. Ils se regardent à travers la fenêtre puis ils se retrouvent pour dessiner. Avec leurs craies, ils mettent de la couleur sur le sol de la rue et tant pis si les voitures passent sur leurs dessins. C’est une forêt qu’ils dessinent. Parce qu’un jour Louise lui demande ce qu’il a dans la tête, le petit garçon se dit que ce n’est pas compliqué de savoir… suffit d’ouvrir du bon côté…
Ce n’est pas très compliqué est un album extraordinaire, d’une infinie poésie. Tant dans les illustrations que dans le texte. Samuel Ribeyron est un grand auteur/illustrateur, il le prouve encore ici. On va visiter la tête du petit garçon, les forêts qu’elle contient. Puis Louise déménagera et l’on ira voir ce qu’il y a dans le cœur du héros de l’histoire, ce n’est pas très compliqué, il n’y a qu’à ouvrir du bon côté.
Les illustrations sont magnifiques, et HongFei a fait un beau travail d’édition avec ce livre : un beau papier, des pages épaisses, un grand format.
Ce n’est même pas un coup de cœur, c’est au-delà. Un des plus beaux (le plus beau ?) albums de cette année. Un ouvrage à découvrir absolument, à offrir à ceux qu’on aime.
De nombreuses illustrations intérieures sur le site de HongFei (et même une interview de Samuel Ribeyron à propos de ce livre).

AvantLe petit voleur de temps lundi, il ne la connaissait pas, il ne savait même pas qu’elle existait, les jours se ressemblaient… puis il l’a vu. Il l’a regardé pendant ce qui lui a semblé être un instant, mais d’après son ami c’était long. Il voulait tout savoir d’elle, il imaginait sa vie. Mardi, elle a donné une enveloppe à son ami, pour lui. Elle lui donnait rendez-vous jeudi… mais jeudi c’est loin… si loin…
On parle ici du temps et de relativité des durées (quand on regarde celle qu’on aime, le temps passe plus vite que quand on attend de la revoir), mais on parle surtout d’amour. Le texte et les illustrations de Nathalie Minne sont délicats et poétiques. Là aussi, il y a un beau travail d’impression, c’est un grand ouvrage avec une couverture légèrement en relief.
Une magnifique histoire d’amour avec des illustrations délicates, un ouvrage d’une extrême poésie.
Plusieurs illustrations sur le blog de Nathalie Minne.

Quelques pas de plus…
Nous avons déjà chroniqué des ouvrages de Samuel Ribeyron (Les plus belles chansons anglaises et américaines, 38 perroquets, Le grand papa et sa toute petite fille, Super Beige, Super Beige, le retour, Beau voyage, Yllavu, Pi, Po, Pierrot et Salade de fruit. Et aussi les films Et 10,11,12 Pougne le Hérisson, L’hiver de Léon, Le printemps de Mélie et L’été de Boniface). Retrouvez aussi notre interview de Samuel Ribeyron.

Ce n’est pas très compliqué
de Samuel Ribeyron
HongFei
16,50 €, 257×348 mm, 42 pages, imprimé en Slovénie, 2014.
Le petit voleur de temps
de Nathalie Minne
Casterman dans la collection les albums Casterman
14,95 €, 280×360 mm, 32 pages, imprimé en Espagne, 2014.

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