La mare aux mots
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Nathalie Ragondet

À l’assaut du vaste monde

Par 19 mai 2017 Livres Jeunesse

Aujourd’hui, on part explorer la planète avec deux très beaux documentaires qui nous embarquent sur tous les continents. Attachez vos ceintures… c’est parti !

Merveilleux paysages pour petits explorateurs
Texte d’Élisabeth Dumont-Le Cornec, illustré par Agathe Demois
Belin Jeunesse
22,90 €, 280×350 mm, 96 pages, imprimé en France chez un imprimeur écoresponsable, 2017.
Le grand livre du monde
Texte d’Estelle Vidart, illustré par Nathalie Ragondet
Père Castor Flammarion
14 €, 235×300 mm, 32 pages, imprimé en Chine, 2017.

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Contes et légendes

Par 10 mars 2015 Livres Jeunesse

L'ours et les trolls de la montagneUn berger, bien embêté par son ours apprivoisé devenu trop imposant, décide de l’offrir au roi et de l’emmener jusqu’à son palais le jour de Noël. Pris dans une tempête de neige, il demande abri à une famille qui vit dans une petite cabane isolée. À l’intérieur, le repas de Noël est bien alléchant, mais la famille prévient le berger : ils vont tous devoir quitter la maison avant les 12 coups de minuit, car bientôt, les affreux trolls de la montagne vont débarquer et tout manger, comme chaque année. Cachés dans la maison, le petit berger et son ours attendent ses affreuses créatures, bien décidés à leur donner une bonne leçon.
Ce petit album souple est vraiment adorable ! Les personnages sont très attachants et les illustrations aux couleurs vives sont très agréables à regarder : on en voudrait plus ! Pour une amoureuse de la Suède comme moi, c’était un plaisir de retrouver ce petit conte amusant et des motifs très scandinaves dans les dessins. On a envie de le lire encore et encore, blotti au coin du feu, découvrant à chaque lecture de nouveaux détails dans les illustrations.
Le même vu par Enfantipages.

Le sourire de la nuitAlors que la fête bat son plein dans un petit village enneigé, un couple d’étrangers avance pieds nus et demande l’aide des habitants dans une langue que ceux-ci ne comprennent pas… et ne cherchent pas à comprendre. Ici, on n’aime pas trop les étrangers, surtout ceux qui gâchent la fête avec leur air désespéré et leur bébé prêt à naître. Tandis qu’ils s’apprêtent à repartir, une vieille dame les arrête et leur offre l’hospitalité. Il était temps car bientôt, le bébé se manifeste : la naissance est proche. Tout le village se précipite alors dans la bergerie. Et c’est là que les miracles commencent à arriver : les généreux sont récompensés, les malveillants sont pardonnés, et une communion pleine d’amour et de magie englobe le village et ses habitants.
C’est un très joli conte que nous offre Roxane Marie Galliez, un texte qui en dit plus qu’il n’en a l’air, une réflexion sur la générosité et sur la peur infondée de l’autre et de l’étranger. Un petit rappel, bien utile, que l’on gagne toujours à être bon et ouvert.
Pour ne rien gâcher, les illustrations d’Éric Puybaret sont magnifiques, bien mises en valeur par l’album grand format et le papier mat : il se dégage une telle douceur des couleurs et des dessins qu’on a envie de s’y blottir. Oui, tout à fait, j’ai eu envie de me blottir dans le livre ! Inutile de vous dire donc c’est un livre parfait à lire avant de s’endormir, une bouillotte sur les pieds et la couette tirée jusqu’au menton !
Le même vu par Sous le feuillage et Les Lectures de Liyah.

Les Contes de A à ZDifficile de résumer l’histoire de cet album, car en fait, il y a des tas d’histoires… en suspend ! Les Contes de A à Z est un abécédaire, avec, sur chaque page, une lettrine, une grande illustration et un petit texte. Le principe paraît simple et on imagine que chaque lettre fait référence au titre d’un conte ou à un personnage. Alors on lit la première page : la lettre A est un extrait du conte Peau d’Âne. Tiens, l’auteur triche un peu, non ? Soit, on continue. Seconde page : on passe à un autre conte, une autre histoire, qu’on semble prendre au milieu, alors même qu’on a eu droit qu’à un tout petit bout du conte de Peau d’Âne… Et là, apparaît à nos yeux toute l’ingéniosité de cet abécédaire !
Ici, les textes importent peu finalement, ce sont des extraits de quelques lignes tirés des contes de Perrault, Grimm, Jacobs. Ce qui compte surtout, ce sont les illustrations, grandes, foisonnantes et… pleines de détails ! La page du C par exemple : le récit parle de Cendrillon (les mots Cendrillon, Carrosse, Citrouille, Cheval se distinguent dans le texte) et au centre du dessin, Cendrillon part dans son Carrosse. Puis notre regard s’attarde sur tout ce qui entoure Cendrillon… Oh, les 3 petits Cochons se construisent une maison ! Et là, le petit Chaperon rouge s’enfonce dans la forêt avec son panier, tandis que le Chat botté discute avec une souris…
En fait, cet album est une invitation à jouer avec l’enfant, propice à de nombreuses mécaniques : repérer tous les mots qui commencent par la lettre en question, retrouver les contes cités, imaginer une histoire dans laquelle se rencontrent les personnes de plusieurs récits… D’autres idées ?

Maritchka et MarieÀ l’orée d’une forêt enchantée vivent Maritchka et son père. Quand celui-ci se remarie, sa nouvelle femme et sa fille Marie viennent vivre avec eux dans la petite maison en bois, et tous sont heureux. Mais bientôt, la marâtre devient méchante avec Maritchka, qui doit s’occuper de toutes les corvées de la maison. Un jour, elle exige de son mari qu’il abandonne sa fille dans la forêt. S’enfonçant dans les bois, Maritchka est recueillie par une vieille dame. Devinant une grande gentillesse chez la petite fille, la magicienne l’emmène près d’une rivière enchantée et lui dit d’attraper dans les flots ce qui vient à elle : Maritchka attrape un coffret plein de bijoux. Les cheveux couverts d’or, la petite fille retourne chez elle et offre son trésor à ses parents. Jalouse, la belle-mère demande à son mari d’abandonner Marie au même endroit, dans l’espoir que celle-ci revienne à son tour couverte d’or. Mais Marie, trop choyée et privilégiée par sa maman, est loin d’avoir en elle la gentillesse de Maritchka…
Inspiré d’un conte traditionnel bulgare, spécialité de la jeune maison d’édition Élitchka, Maritchka et Marie suit un schéma très classique, avec un message moral sur le bien et le mal. Ça n’est pas un album révolutionnaire, mais il est très agréable à lire et à regarder, notamment grâce aux illustrations d’Elisabeth K. Hamon, et pour qui aime les contes et leur univers magique, c’est parfait ! Le début est certes un peu rude (la perte de la mère, l’arrivée de la méchante marâtre, l’abandon par le père dans la forêt), mais rassurez-vous, tout se termine bien, même pour Marie !

Quelques pas de plus…
Nous avons déjà chroniqué d’autres livres de Nathalie Ragondet (La Bretagne et ses contes, ses visites, ses recettes…), de Roxane Marie Galliez (Le petit théâtre de Casse-Noisette, J’ai laissé mon âme au vent), d’Éric Puybaret (J’ai laissé mon âme au vent), de Françoise Rogier (C’est pour mieux te manger).

L’ours et les trolls de la montagne
Texte d’Albena Ivanovich-Lair, illustré par Nathalie Ragondet
Père Castor, dans la collection Les Classiques du Père Castor
4,75€, 180 x 210 mm, 24 pages, imprimé en France, 2014.
Le sourire de la nuit
Texte de Roxane Marie Galliez, illustré par Éric Puybaret
De La Marinière Jeunesse
14,50€, 245 x 345 mm, 32 pages, imprimé en France, 2014.
Les Contes de A à Z
De Françoise Rogier
À pas de loups
16€, 235 x 335 mm, 36 pages, imprimé en Belgique, 2014.
Maritchka et Marie
Texte d’Eli, illustré par Elisabeth K. Hamon
Élitchka
16,50€, 245 x 280 mm, 44 pages, imprimé en Bulgarie, 2014.

À part ça ?

Les après-midis des enfants, aux Forum des Images, vous connaissez ?

Marie

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Ma bro

Par 21 février 2014 Livres Jeunesse

O Breizh, ma Bro, me ‘gar ma Bro.
Tra ma vo mor ‘vel mur ‘n he zro.
Ra vezo digabestr ma Bro !
(Ô Bretagne, mon pays, que j’aime mon pays
Tant que la mer sera comme un mur autour d’elle.
Sois libre, mon pays!)
Le Bro gozh ma zadoù, l’hymne de la nation bretonne

Demat (bonjour), aujourd’hui c’est le millième billet que nous publions sur le blog. Je voulais que ça soit un peu spécial. Alors j’ai eu envie de partager cette chronique (La mare aux mots s’est créée sur le partage, puisqu’au départ c’était un forum) et donc j’ai proposé à Maman Baobab de me suivre sur le thème que je lui ai soumis et ça tombait bien… Maman Baobab est, tout comme moi, Bretonne… car oui, nous allons parler de la Bretagne !

1978 avec les arriere grands parents

Moi avec mes arrières-grands-parents, 1978

Un jour, quelqu’un m’a dit « tiens, toi qui es parisien… » je l’ai regardé avec de grands yeux « je ne suis pas parisien ! Je suis Breton ! » et j’ai eu le droit à un « ah vous les Bretons… même si vous partez de votre région pendant 50 ans vous continuez à dire que vous êtes Bretons ! ». C’est peut-être vrai… Je pense que la région où l’on a passé son enfance influence plus ce que l’on est que là où l’on pose ses valises une fois adulte. La Bretagne fait partie de moi, je pense que même à 70 ans je continuerai de mettre du beurre (je ne précise pas « salé », « beurre salé » est un pléonasme, « beurre pas salé » c’est pour moi de la margarine) plutôt que de l’huile d’olive dans mes plats. Je continuerai, je pense, d’avoir ce caractère qui définit si bien les Bretons. Je continuerai d’être ému en entendant l’accent de chez moi, de refuser de manger des crêpes hors de la Bretagne (elles sont dans 95 % des cas absolument immondes). Même si je n’ai plus d’accent, même si je n’utilise plus les mots si spécifiques à la Bretagne (pikouz, arrivé pour devenu, clayer la porte…), même si je pense ne plus jamais y vivre… je suis et reste Breton, attaché à cette si belle région dont les paysages sont multiples (la côte de granit rose, la côte sauvage du Finistère et les grandes plages du Morbihan sont tellement différentes).

Arrière arriere grand mère

Une de mes arrières-arrières-grands-mères

Aujourd’hui, pour le millième billet nous allons donc parler de la Bretagne, pas celle des clichés… Combien de fois ai-je entendu « en Bretagne il pleut tout le temps », « Ah t’es Breton ? Ton père est marin ? » (chez mes parents je vivais à presque une heure de la mer, oui la Bretagne des terres, l’Argoat, ça existe aussi), « ah vous ne portez pas tous un ciré jaune ? », « Ton arrière-grand-mère elle n’avait une grande coiffe ? » (et non la coiffe bigoudène c’est uniquement en pays Bigouden)… Mais la vraie Bretagne et celle des légendes… attention les korrigans et l’Ankou ne sont pas loin.

Une chronique avec un CD, des recueils de contes, des albums, des documentaires et même des livres pour vous dans le À part ça ?. Une chronique que je dédie (on peut dédier des chroniques ?) à mon grand-père qui rêvait en breton et à tous mes ancêtres nés là-bas (mes filles sont les premières d’une longue lignée à être nées hors Bretagne).

La danse des poisDes pois qui dansent dans l’épicerie de Madame Madec, la peste qui veut traverser la rivière, deux hommes amoureux de la même femme, des épingles qui tombent mystérieusement, une femme qui dit vivre avec son mari qui est pourtant mort, un miroir qu’on n’aurait pas dû repêcher, un marin qui tombe amoureux d’une femme capturée par les pirates et deux hommes qui se retrouvent sur le chemin du Paradis… bienvenu dans les contes bretons.

On commence cette sélection par un CD de contes et surtout par un gros coup de cœur. Avec en arrière-plan flûte à bec, violon, low whistle ou encore cornemuse du Centre, Élisabeth Calandry nous raconte des histoires qui fleurent bon la Bretagne. La mort y est très présente (forcément), on y rencontre des pendus qu’on laisse accrochés à l’arbre et qui reviennent nous hanter, des marins qui meurent en mer ou des revenants qui sauvent quelqu’un qui les a aidés de leur vivant, mais ce n’est jamais effrayant (enfin, je déconseillerai quand même de faire écouter cet album aux plus jeunes !). On est happé par l’histoire, c’est captivant, on écoute, religieusement, la voix de la conteuse nous livre ces contes adaptés d’après La légende de la mort chez les Bretons armoricains d’Anatole Le Braz. Une vraie merveille, une petite pépite à se procurer de toute urgence.
Écoutez des extraits (et l’essayer c’est l’adopter ! ).

Contes traditionnel de BretagneVous avez certainement entendu parler de la ville d’Ys qui a disparu dans la mer, mais vous a-t-on déjà raconté l’histoire du pauvre paludier qui crut devenir riche en volant des korrigans ? Et celle de Jean-René qui libéra son ami mort grâce à sa rozell ? Et encore celle du Grand roi qui volait les poires d’Or du petit roi ? Il y en a beaucoup des légendes bretonnes, en voici douze… Bienvenu au pays où une barque amène les marins morts en mer, où des hommes vivent sans tête ou le bassin dans un chaudron, un pays où il vaut mieux ne pas croiser des Korrigans… La Bretagne !

C’est avec une langue très parlée que Tristan Pichard nous conte ces histoires issues du patrimoine breton, on a l’impression de l’entendre nous les raconter. En les lisant, j’entendais l’accent breton, je devinais les intonations, les chuchotements, le ton si particulier que prennent les conteurs. J’ai dévoré ce livre, adoré lire ces histoires typiquement bretonnes où la mort est si présente. Des douze histoires, je n’en connaissais que deux, je me suis régalé. Un coup de cœur, là aussi.
Extraits en ligne.

Légendes de BretagneEnori n’aurait pas dû accepter l’aide d’une lavandière qu’elle ne connaissait pas (mais elle ne savait pas que c’était une manouès-noz). À Plomodiern, vivait une jeune fille qui n’avait que sa vache… jusqu’à ce qu’un riche seigneur tue l’animal lors d’une partie de chasse. Il ne s’en tirerait pas à bon compte. Louarn voulait tellement un homme juste comme parrain de son enfant qu’il ne trouva que l’Ankou pour jouer ce rôle. Saviez-vous qu‘un Breton est devenu roi d’Arabie (grâce à un poisson) et qu’avant la mort de Maïwenn et Yeun les fraises de Trégastel étaient blanches ?

Treize contes bretons sont regroupés dans Légendes de Bretagne de la collection Contes et Légendes de chez Nathan. Dans ces histoires écrites par Yves Pinguilly (d’après des contes traditionnels), on va retrouver la ville d’Ys et la reine des Korrigans présents dans le livre précédent, mais aussi d’autres contes tout aussi passionnants. Ici, on est dans un texte plus littéraire, mais on retrouve ces histoires où la mort et le diable sont très présents. Le livre est illustré par Joëlle Jolivet (sauf la couverture qui est signée François Roca), ce qui n’est pas pour nous déplaire ! Un très bon recueil de contes qui complète à merveille le précédent.

La Mort du bon voleurEn Bretagne, voleur était un métier. La nuit, ils rentraient dans les maisons des riches pour prélever de la nourriture qu’ils déposaient ensuite chez les pauvres. Joz Scuiller ne riait jamais, on avait beau chatouiller cet enfant, rien n’y faisait. Et s’il lui manquait juste un grain de folie ? Saviez-vous que même les plus pauvres Bretons ont un animal, un cheval d’orgueil ?

Dans Les contemporains, classiques de demain, Larousse a édité un choix de textes de Pierre-Jaker Hélias, auteur breton très connu, sous le titre La Mort du bon voleur et autres contes bretons. Il s’agit là aussi, donc, d’un recueil de contes, mais on est ici dans de textes très littéraires, avec de nombreuses annotations (les histoires sont aussi suivies de notes pédagogiques). Personnellement, j’avoue avoir eu beaucoup de mal avec ces textes, n’étant pas habitué à lire des textes classiques et je n’ai pas vraiment réussi à rentrer dedans. Un recueil de dix-sept contes à réserver donc aux amoureux de la langue française.

On continue avec une sélection d’albums.

On en a parlé dans les recueils de contes… Bienvenue au pays d’Ys…

Au pays d'YsIsaure vivait dans une maison qui était isolée des autres, seule tout au bord de la mer, elle se dressait fièrement devant la mer déchaînée. Isaure n’avait pas peur de la mer, elle allait faire des châteaux de sable le plus proche possible des vagues, mais toujours celles-ci avaient raison de ses constructions et les emportaient. Un jour, c’est l’enfant elle-même que la mer emporta. Isaure se retrouva dans la ville d’Ys où la princesse Dahut offrait chaque soir un homme différent à la mer.

Régine Joséphine et Virginie Grosos nous offrent dans ce grand album une version bien à elles de la légende d’Ys. Elles y introduisent même une petite fille d’aujourd’hui qui va être témoin de l’engloutissement de la ville bretonne célèbre dans les légendes. L’histoire de la ville d’Ys qu’elles racontent est quelque peu différente de celles que je connaissais, mais c’est un très beau conte qu’elles nous proposent. Les illustrations colorées et fourmillant de détails de Virginie Grosos accompagnent à merveille le texte. En fin d’ouvrage on retrouve quelques clefs sur le mythe. Un très bel album.
Des extraits sur le site de l’illustratrice.

Autre album qui commence de nos jours pour nous entraîner à une autre époque… un album où l’on retrouve d’ailleurs Gradlon, roi d’Ys.

Sous le regard de GradlonTanguy et son grand-père admirent la cathédrale de Quimper. Le vieil homme explique à l’enfant le temps qu’il a fallu pour la construire (plus de 600 ans), et combien ce fut difficile. Une inscription sur une pierre amène une histoire et nous voilà plongé en 1452 en compagnie d’un tailleur de pierre et de son fils…

Pour être franc, je trouve cette couverture assez peu engageante et j’ai donc été très agréablement surpris : l’intérieur ne ressemble absolument pas à la couv’ et l’on peut même dire que la scène qu’elle nous montre n’est même pas représentative de l’histoire qu’on nous raconte ici. Un voyage, donc, dans la Bretagne du XVe siècle en compagnie des tailleurs de pierres qui participèrent à la construction de la cathédrale de Quimper. Il est question ici de vol de pierres, d’une enquête. C’est vraiment un album multicouche (un grand-père et son petit-fils en 2012, le roi Gradlon au IVe siècle puis les tailleurs en 1452) qui est à la fois un album sur la transmission, un album sur l’Histoire et un récit avec une intrigue. C’est beaucoup… peut-être même trop… En fin d’ouvrage, on trouve même un Dossier Histoire pour compléter l’album avec des petites infos. Un album aux illustrations bien plus belles que ne le laisse présager la couverture.

Chasseurs de legendes à la roche JaguIl y a longtemps, très longtemps, fées, lutins, korrigans et elfes vivaient parmi les hommes. Ils étaient respectés. Seulement un jour, les Cœurs Sombres ont commencé à envier leur pouvoir, il fallait donc partir. Les sirènes trouvèrent pour elles et leurs amis un endroit où s’abriter au cœur du Trégor. Ils demeurèrent donc là, dans un château de la Roche-Jagu, à l’abri des Cœurs Sombres.

Je ne connaissais absolument pas cette légende sur la Roche-Jagu et son château et je l’ai trouvé passionnante. J’ai encore plus été captivé par la partie documentaire qu’on trouve à la fin de l’album sur le château et le mystère qui l’entoure. On retrouve ici Virginie Grosos pour les illustrations de ce petit album qui ravira les amoureux de belles légendes.
Des extraits sur le site de l’illustratrice.

Sur la route de Saint-MaloSur les remparts de Saint-Malo, une femme scrute l’horizon, son amoureux, un matelot, est parti pêcher le cachalot. Elle pleure, en attendant son retour. Le marin est parti loin des côtes, mais point de cachalot… une tempête arrive, notre marin tombe à l’eau y-aura-t-il quelqu’un pour le sauver ?

Construit comme une comptine, voilà un très bel album tout en rimes. Les illustrations de Christophe Esnault sont très belles et accompagnent à merveille le texte d’Orianne Lallemant. En fin d’ouvrage, on va trouver le texte de la comptine Il était un petit navire, une partie documentaire sur les chants de marins (à hauteur d’enfants) et même la technique de pliage pour fabriquer un bateau en papier. Un très très bel album avec pour décor l’une des plus belles villes de Bretagne.

OH LES BELLES COULEURSEn Bretagne, tout est gris ? Pardon ? Vous n’avez jamais vu les volets bleus de Lucien le marin ? Le rouge des fraises de Trégastel ? Le Mauve de la bruyère et même le glas, cette couleur spécifique à la Bretagne. Non, on vous le dit : la Bretagne est une région haute en couleur !

Un livre sur les couleurs pour les plus petits avec en fond la culture bretonne… quelle bonne idée ! On va donc grâce à la bigoudène Gwen et son chat Job apprendre le nom des couleurs tout en en sachant plus sur cette belle région. Les illustrations pleines d’humour de Delphine Garcia rendent cet album vivant. Un très bon album, vraiment original, sur les couleurs.
Des extraits en ligne.

COUV CAHIER JEU GWEN JPEGOn reste avec Gwen et Job le temps de quelques jeux. Sorti également chez Locus Solus, Delphine Garcia nous propose ici de colorier la bigoudène et son chat, chercher les différences entre les deux dessins où Gwen fait des crêpes, coller des autocollants sur des galettes pour les garnir, relier des points, apprendre à dessiner Gwen et Job… bref de nombreux jeux, très variés dans ce petit cahier d’activité très sympathique destiné au 3-6 ans d’après l’éditeur.
Des extraits en ligne.

Deux autres albums… en breton !

tom a galon piketTom a cinq ans. Quand Nina lui prend la main, il se sent le plus fort du monde. Tom est amoureux de Nina.

Des petites phrases courtes et des illustrations très graphiques pour nous raconter cette histoire toute simple sur l’amour entre deux enfants de cinq ans. Je ne suis pas toujours fan des albums à l’illustration épurée où un trait symbolise un personnage et un rond un autre, etc., mais là avec deux ronds de couleurs et quelques autres figures géométriques, Valérie Vittenet-Tallec fait passer énormément de choses, j’ai trouvé cet album absolument superbe et j’ai regretté qu’il n’existe pas en version française (oui, je l’avoue, j’ai retenu peu de choses de mes cours de breton…). Un magnifique album, plein de poésie.

Debd da soubenn ta IdrisIdris refuse de manger sa soupe, rien à faire ! S’il veut être fort comme un lion, il le faut pourtant… Idriss se demande si le lion a vraiment dû manger sa soupe pour devenir aussi fort… il part à sa rencontre.

Beaucoup d’humour ici encore avec l’histoire de ce petit garçon qui va vouloir comprendre, quitte à rencontrer le terrible lion, pourquoi il doit à ce point manger sa soupe. Il va lui arriver de drôles d’aventures (il va même séjourner dans le ventre du lion) et heureusement pour lui que Fatoumata, sa sœur, veille sur son petit frère. Là encore, un très très bon album. Keit Vimp Bev prouve qu’on peut faire des livres régionaux et adressés à un public restreint, tout en faisant des livres de qualité tant au niveau de l’histoire que des illustrations. Il ne nous reste donc plus qu’à apprendre le breton (pour ceux qui ne le parlent pas déjà).

On continue avec trois documentaires à portée d’enfants.

Graine de voyageurs BretagneLe premier n’est pas vraiment un documentaire, mais un guide de voyage ! Dans la très bonne collection Graines de voyageurs sorti chez Graine², ce petit guide va donner aux enfants des tas d’informations sur la Bretagne (les différentes régions, les animaux, l’histoire, la végétation) tout en lui indiquant des lieux à visiter en rapport avec ce qu’il présente. Ensuite, on va trouver des jeux : un quiz, des énigmes, des labyrinthes, des points à relier… Puis des tas d’idées d’activités et enfin un carnet à remplir par l’enfant pour raconter son séjour en Bretagne. Ce petit carnet est richement illustré (avec des photos et des dessins vraiment sympas) et c’est LE petit guide pour les enfants. Il le gardera après son séjour comme souvenir en regardant dans la partie documentaire des infos sur ce qu’il a vu et surtout il se remémorera son voyage grâce à ce qu’il aura écrit lui-même. Bref, j’adore le principe.
Des extraits sur le Pinterest de Graine² et des liens très sympa sur leur site.

La Bretagne Mes années pourquoiLa Bretagne sorti dans la collection Mes années pourquoi chez Milan est signé Erell Guéguen (c’est déjà bon signe). Ici, on va apprendre ce qu’est la Bretagne, ce que représentent les symboles bretons, ce qui est caractéristique de cette région, les personnages qui habitent ses contes… On va aussi visiter un intérieur breton d’autrefois, en savoir plus sur les costumes bretons, la gastronomie et des tas de choses encore ! Bien sûr, on va visiter l’Argoat (pays des bois) et l’Armor (pays de la mer). Chaque double page, en plus de sa partie documentaire, répond à une question Est-ce qu’on s’habille toujours comme ça ? (dans la page sur le costume breton), A quoi servent les feux à l’entrée du port ?, C’est quoi une réserve naturelle ? Comment ça s’use une montagne ? (par rapport aux monts d’Arrée)… On trouve aussi à chaque fin de « chapitre » un petit quizz pour récapituler ce qu’on vient d’apprendre et à la fin du livre on apprendra même quelques mots en breton ! Un livre de près de 100 pages, ultra complet, parfaitement adapté aux jeunes enfants (à partir de 4 ans d’après l’éditeur) avec ses illustrations colorées. Une mine d’information sur la Bretagne pour les plus jeunes.

La Bretagne le grand livre des régionsLa Bretagne et ses contes, ses visites, ses recettes… sorti dans la collection Le grand livre des régions chez Père Castor est du même acabit, mais pour les enfants un peu plus grands (dès 6 ans d’après l’éditeur, personnellement je dirai un peu plus). En route pour la Bretagne ! Ses spécificités, son Histoire, sa géographie, ses personnages historiques, sa langue… mais aussi ses légendes (avec ici des histoires entières), ses chansons (avec paroles) et sa gastronomie (on retrouve les recettes du far breton et de la galette complète) ! Ce grand album d’une cinquantaine de pages est donc un bon condensé de la région, on va non seulement apprendre des choses, mais en plus se régaler avec les histoires… et la cuisine ! Un très bon album pour mieux connaître cette belle région.

Quelques pas de plus…
Retrouvez donc la chronique du jour de Maman Baobab avec d’autres livres sur la Bretagne et elle en avait déjà parlé ici.
Sur La mare aux mots aussi nous avons déjà parlé de la Bretagne avec plusieurs ouvrages : Comptines et berceuses de Bretagne, Ainsi disait Grand-mère, La fille de Guillaume le-mal-peigné, Arthur, l’enfance d’un roi, Merlin, l’enfance d’un enchanteur et Morgane, l’enfance d’une magicienne.

La danse des pois
Écrit et interprété par Élisabeth Calandry, musique de Nathalie Berbaum
Oui’dire dans la collection Contes d’auteurs
17 €, 39 minutes.
Contes traditionnels de Bretagne
Texte de Tristan Pichard
Locus Solus
5,90 €, 125×175 mm, 155 pages, imprimé en France, 2013.
Légendes de Bretagne
Texte d’Yves Pinguilly, illustré par Joëlle Jolivet
Nathan dans la collection Contes et Légendes
7,90€, 147×192 mm, 176 pages, imprimé en Espagne, 2011.
La Mort du bon voleur et autres contes bretons
Texte de Pierre-Jakez Hélias
Larousse dans la collection Les contemporains, classiques de demain
4,10 €, 125×180 mm, 126 pages, imprimé en Italie, 2011.
Au pays d’Ys, La légende de la ville engloutie
Texte de Régine Joséphine, illustré par Virginie Grosos
Éditions Millefeuille dans la collection Patrimoine de légendes
14 €, 230×280 mm, 40 pages, imprimé en France, 2011.
Sous le regard de Gradlon
Texte de Laurence Lavrand et Philippe Bonnet, illustré par Christophe Babonneau
Keit Vimp Bev
12 €, 220×300 mm, 40 pages, imprimé en Bretagne, 2012.
Chasseurs de légendes à la Roche jagu
Texte de Delphine Ratel, illustré par Virginie Grosos
Éditions Millefeuille dans la collection Légendes
6 €, 206×156 mm, 36 pages, imprimé en France, 2009.
Sur les remparts de Saint-Malo
Texte d’Orianne Lallemand, illustré par Christophe Esnault
Éditions Millefeuille dans la collection Patrimoine maritime
12,50 €, 210×210 mm, 48 pages, imprimé en Bretagne chez un imprimeur éco-responsable, 2012.
Oh, les belles couleurs !
de Delphine Garcia
Locus Solus dans la collection Minus
7,90 €, 198×170 mm, 28 pages, imprimé en Bretagne chez un imprimeur éco-responsable, 2013.
80 stickers jeux & coloriages
de Delphine Garcia
Locus Solus dans la collection Minus
6,90€, 227×193 mm, 28 pages, imprimé en Bretagne chez un imprimeur éco-responsable, 2013.
Tom e galon piket
de Valérie Vittenet-Tallec
Keit Vimp Bev
8 €, 200×200 mm, 24 pages, imprimé en Bretagne, 2013.
Debr da soubenn ta, Idris !
de Jean Bossard
Keit Vimp Bev
8 €, 200×200 mm, 24 pages, imprimé en Bretagne, 2013.
Bretagne
Texte de Gwenaëlle Solignac et Christine Roques, illustré par un collectif
Graine² dans la collection Graines de voyageurs
10,90€, 151×210 mm, 96 pages, imprimé en Union Européenne, 2012.
La Bretagne
Texte de Erell Guéguen, illustré par un collectif
Milan dans la collection Mes années pourquoi
11,90 €, 200×248 mm, 94 pages, imprimé en Espagne, 2013.
La Bretagne, et ses contes, ses visites, ses recettes…
Texte de Violaine Troffigué, illustré par Nathalie Ragondet
Père Castor dans la collection Le grand livre des régions
13 €, 240×300 mm, 48 pages, imprimé en France, 2013.

À part ça ?

Je ne peux résister à continuer de vous parler de la Bretagne avec deux livres pour les adultes, un documentaire et un livre de cuisine.

Petit dictionnaire insolite du breton et des BretonsOn commence par un petit livre d’une collection que j’adore : Petit dictionnaire insolite (je vous avais déjà parlé du Petit dictionnaire Insolite des cultures et des langues créoles  et Petit dictionnaire Insolite du basque et des basques). Dans ce Petit dictionnaire insolite du breton et des Bretons, on va donc en savoir beaucoup plus sur la Bretagne. L’Histoire, les personnages qui ont marqué la région, les spécificités… mais on va aussi apprendre de nombreuses expressions et proverbes bretons. On va même s’initier à la langue avec quelques règles de grammaire, la prononciation, l’alphabet… Enfin la partie Le saviez-vous donne pèle mêle des tas de petites infos. Malgré quelques petites erreurs, c’est un très bon petit livre, dans lequel on vient piocher des tas de choses, le genre d’ouvrage qui ravira les amoureux de la Bretagne.
Petit dictionnaire insolite du breton et des Bretons, de Gersendre de Villeneuve, Larousse, 5€.

TG-Couv-Bretagne.inddEn Bretagne, on a des bons produits : du vrai beurre, des artichauts, des choux fleurs, des fraises… Alors, pourquoi ne pas en profiter pour se régaler ? Dans Made in Bretagne (on aurait préféré un titre en breton plutôt qu’en anglais, mais passons), Sarah Schmidt nous donne des recettes salées et des recettes sucrées dont les photos nous mettent l’eau à la bouche. Tartes, plats où interviennent la galette de blé noir et même le célèbre Kig ha Farz, gâteau breton, far aux pruneaux et même Kouign-Amann… je sens que déjà je vous donne envie. Alors on ne va pas lancer un débat (même si je pense que ça me vaudra des commentaires), mais on trouve aussi dans ce livre des recettes du pays nantais (oui, voilà envoyez vos commentaires avec « historiquement », etc. !), ce qui personnellement me dérange un peu (pour moi la fouace nantaise ne fait pas partie de la gastronomie bretonne). Malgré ce bémol… Un magnifique livre de recettes avec de superbes photos.
Made in Bretagne, de Sarah Schmidt, illustré par des photographies d’Aline Caron, Larousse dans la collection Tendances gourmandes, 7,90 €.

Gabriel

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