La mare aux mots
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Népal

Dans un manoir breton ou dans les ruelles de Katmandou

Par 18 juin 2015 Livres Jeunesse

Les demoiselles des Hauts-VentsLa mère de Charlotte, Émilie et Anne a disparu en laissant un simple message. Leur père n’a pas le choix, il faut confier les sœurs de 11, 13 et 15 ans à quelqu’un et la seule possibilité semble être les grands-parents maternels, que les filles n’ont jamais rencontrés. Dans le manoir breton, elles vont faire connaissance avec leur grand-mère glaciale et leur grand-père mutique. Heureusement, il y a aussi Betty, la sympathique cuisinière et Bastien, son petit-fils.
Ambiance bretonne dans un manoir étrange, jeunes filles sans parents, amour/amitié avec un jeune garçon du coin, paranormal, suspense… tout est fait pour séduire dans Les demoiselles des Hauts-Vents… et ça fonctionne à merveille ! J’ai eu un énorme coup de cœur pour ce roman. C’est typiquement le genre de livres que j’aurai adoré lire adolescent (mais que j’ai adoré lire adulte). On tourne les pages sans s’arrêter, on a toujours envie de savoir ce qu’il va se passer, les personnages sont attachants, intrigants. Peut-être un poil déçu par la fin qui arrive trop vite, j’aurai aimé passer plus de temps avec Branwell, mieux le connaître (non, je ne vous dirai pas qui c’est), mais j’ai passé un tel bon moment à lire ce roman que ce très léger bémol est bien vite oublié.
Un roman captivant jusqu’à la dernière page, des personnages attachants, une vraie ambiance, un véritable suspense… un roman totalement réussi !

Les sandales de RamaUpendra et Arjun vivent tous les deux à Katmandou. Même s’ils ne viennent pas de la même caste, ils vendent tous les deux des barbes à papa. Upendra rêve de devenir, comme son père, guide touristique. Mais un jour, il rencontre Satiya, une ancienne kumari. Sa vie ne sera pas celle prévue.
Fakirs, singes, kumari, rickshaws… Tristan Koëgel nous fait voyager et nous emmène là où l’on ne pensait pas aller. Tout ne sera pas simple dans la vie d’Upendra, son parcours ne sera pas une ligne droite. Le récit est parfois âpre, dérangeant, certains passages marquent, mais si vous aimez être dépaysés vous allez être servis !
Une histoire d’amour et d’amitié avec pour théâtre des sites dont on a hélas entendu parler récemment…

Quelques pas de plus…
Nous avons déjà chroniqué d’autres livres de Yaël Hassan (L’heure des mamans et Défi d’enfer).

Les demoiselles des Hauts-Vents
de Yaël Hassan
Magnard Jeunesse
13,80 €, 140×214 mm, 382 pages, imprimé en Italie chez un imprimeur eco-responsable, 2014.
Les sandales de Rama
de Tristan Koëgel
Didier Jeunesse
14,20 €, 146×215 mm, 224 pages, imprimé en France chez un imprimeur eco-responsable, 2014.

Gabriel

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Une jeune fille à la recherche de ses origines et un jeune garçon amoureux

Par 26 mars 2012 Livres Jeunesse

Aujourd’hui je vous propose de découvrir, si vous ne la connaissez pas encore, une jeune auteure très talentueuse : Annelise Heurtier.

Marie, une jeune lycéenne de 16 ans, sait peu de chose du passé de sa famille. Elle sait juste qu’elle a du sang népalais. Elle ne connait pas son père et sa mère refuse d’évoquer ses origines, elle se raccroche donc à ce qu’elle peut, se passionne pour le Népal en imaginant sa famille. Mais un jour un vieil homme va lui remettre un mystérieux carnet rouge qui lui apprendra bien des choses…

Autant le dire tout de suite j’ai eu un coup de foudre pour l’écriture d’Annelise Heurtier comme ça ne m’était pas arrivé depuis Séverine Vidal (d’ailleurs ça ne m’était pas arrivé depuis, et rarement avant, de dire à voix haute « j’adore son style ! »). Son roman, ce qu’il raconte, est bien sûr passionnant (à tel point que j’ai lu la dernière moitié d’un coup et me suis couché à pas d’heure tellement je voulais savoir la fin) mais son écriture est belle et sensible, drôle et touchante. Le genre qui provoque un réel enthousiasme. Un enthousiasme qu’on aime ressentir mais qu’on ressent rarement, de ceux qui font aimer la lecture, de ceux qui nous donnent envie de tout lire ce que cette auteure a écrit (ce que je pense faire). On parle donc ici du Népal, des Kumari (comme dans Quand j’étais déesse dont je vous parlais l’autre jour) mais surtout des racines dont on a besoin pour grandir. Comment se construire si on ne sait pas d’où on vient ? Annelise Heurtier pose aussi la fameuse question de vaut-il mieux connaître la vérité quitte à souffrir.

Le personnage de Marie est résolument moderne, attachant, très bien écrit. On suit à la fois la quête de son passé et ses histoires d’amours de lycéenne, ses problèmes avec ses prof et la belle relation qu’elle a avec sa mère.

Un des plus beaux romans que j’ai lu ces derniers temps, captivant de bout en bout, absolument attachant. Un vrai gros coup de cœur.

Du coup j’ai enchainé sur La fille aux cheveux d’encre, toujours de la même auteure.

Timothée a 13 ans et comme régulièrement il arrive dans un nouveau collège, ce n’est pas drôle d’avoir des parents qui déménagent tout le temps. En entrant dans sa nouvelle classe il va avoir un coup de foudre immédiat pour la belle et étrange Chine.

C’est ici un roman pour ado qui parle principalement d’une histoire d’amour, mais au delà de ça, on parle des bêtises qu’on fait pour se démarquer, se faire aimer. Timothée est un jeune garçon qui se trouve insignifiant et qui va vouloir se montrer digne d’intérêt auprès de celle qu’il aime en faisant des choses pas très malines. Annelise Heurtier décrit aussi très bien les premiers émois, ces amours qu’on pense éternelles quand on a 13 ans, elle évoque aussi la différence de milieux et complexes qui ne sont pas les même d’un individu à l’autre (Chine semble forte aux yeux de Timothée mais souffre du désintérêt de ses parents à son égard, quand lui est complexé par son milieu populaire). C’est un très joli petit roman où les ados se reconnaîtront, retrouveront leurs questionnements, leur sentiment d’infériorité et où les adultes se rappelleront cette période qui avec le recul semble rose alors que sur le moment c’était loin de l’être.

Je suis vraiment très heureux d’avoir découvert cette auteure et je pense vous en reparler très prochainement.

Le carnet rouge d’Annelise Heurtier
Casterman. 12€
Public : Lecteurs confirmés

La fille aux cheveux d’encre d’Annelise Heurtier, illustré par Princesse CamCam
Folio Junior. 6,85€
Public : Lecteurs confirmés (dès 10 ans d’après l’éditeur)

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A part ça ?

Hier, nous avons assisté au concert d’Oldelaf à la Défense dans le cadre de Chorus et c’était absolument génial. Ce jeune chanteur que je connais depuis quelques années en chanteur « pour adultes » avait sorti un album pour enfants il y a 3 ans (voir ma chronique ici). Depuis il cartonne avec son nouvel album pour adultes mais continue de faire des concerts pour les plus jeunes, c’était le cas du concert d’hier. Sur scène il est extrêmement drôle, les enfants adorent, les parents aussi, tout le monde danse, tout le monde rit, un vrai bon moment. S’il passe près de chez vous FONCEZ !

Gabriel

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Les ados… et les parents !

Par 8 mars 2012 Livres Jeunesse

Aujourd’hui on va s’intéresser aux ados, trois romans qui leur sont destinés et parlent d’enfants de leur âge, deux en France et un autre au Népal et un guide pour qu’ils comprennent les parents.

Bestiole (oui c’est son vrai prénom !) fait, comme à chaque 31 décembre, le bilan de l’année écoulée dans un carnet. Cette quatorzième année a été riche en évènements… Il y a eu une belle histoire d’amour mais surtout il y a eu les macarons fait pour Rose, qu’il faut sauver de l’anorexie.

Si je dis que ce petit roman est écrit par Séverine Vidal vous savez déjà ce que je vais vous dire… C’est beau, sensible, drôle, bien écrit,… et bien pas du tout ! Euh si je plaisante… Séverine Vidal continue à nous émouvoir tout en nous faisant sourire, à nous parler avec délicatesse de sujets sensibles. Ici encore son personnage est attachant, une jeune fille qui ne se laisse pas faire, qui se bat pour son amie, qui va faire preuve d’ingéniosité. Je trouve qu’il y a souvent ces traits de personnalité chez les héros de Séverine Vidal, une force de caractère tout en étant fragile, des super héros du quotidien.

Chez Oskar éditeur également et dans la même collection, Séverine Vidal a également signé un très beau petit roman sur l’inceste. Plus jamais petite est une sorte de lettre d’une fille à son père qui a abusé d’elle. Absolument poignant.

Rashmila a eu une enfance assez particulière… elle était déesse. À 4 ans elle a été élue Kumari Royale, la déesse vivante du Népal, elle a donc vécu dans un palais, entourée de serviteurs et adorateurs. Pas le droit de sourire, pas le droit de pleurer, toujours regarder droit. Jusqu’au jour où quelqu’un aperçoit du sang séché sur le poignet de Rashmila, or une déesse ne peut saigner ! Elle est renvoyée chez elle. Elle a alors 12 ans.

Le roman commence par Rashmila qui trie des lentilles, chez elle, peu après son retour, on connaîtra son passé de déesse par petits flashbacks, mêlés aux scènes de son quotidien, bien loin de ce qu’elle a vécu. C’est un très beau petit roman qui nous apprend beaucoup de choses sur le Népal, ses croyances, la vie de ses habitants et à la fois l’histoire de cette petite fille est vraiment captivante, on veut savoir d’où viennent les goutes de sang qui ont changé sa destinée, quel est son secret. L’écriture d’Irène Cohen-Janca est belle et fluide, c’est vraiment un roman que j’ai pris beaucoup de plaisir à lire.

Disons le clairement : le parent est un animal bizarre. Il s’énerve régulièrement, il a tendance à dire non plus que oui, il torture ses enfants en l’amenant chez l’orthodontiste,… mais finalement c’est un animal plutôt attachant. Ce livre va enfin apprendre aux enfants à comprendre leurs parents.

Françoize Boucher signe ce livre (assez proche d’une BD) qui va faire autant rire les parents que les enfants. Sur une centaine de pages elle dissèque le comportement des parents et c’est forcément très drôle. Les enfants apprendront par exemple que sans nous ils n’auraient aucune éducation (et ressembleraient à des cochons), que comme, contrairement au four, ils ne sont pas autonettoyant donc heureusement que les parents sont là pour leur rappeler de se laver, mais aussi qu’un parent tout doux se transforme en monstre quand on critique son enfant et que, même quand il en a marre, il refusera de le vendre pour une grosse somme. C’est décalé et original, très bien écrit, ça se lit en famille et c’est vraiment un pur moment de plaisir ! Une vraie réussite

Comme une plume et Plus jamais petite de Séverine Vidal
Oskar éditeur, 8€95 chaque
Public : Lecteurs confirmés

Quand j’étais déesse d’Irène Cohen-Janca
Rouergue dans la collection Dacodac, 7€
Public : Lecteurs confirmés (l’éditeur précise à partir de 9ans)

Le livre qui t’explique enfin tout sur les parents (pourquoi ils te font manger des légumes et tout le reste) de Françoize Boucher
Nathan, 9,90 €
Public : Lecteurs débutants / lecteurs confirmés (l’éditeur précise Dès 8 ans)

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A part ça ?

Si vous êtes dans le coin de Villeurbanne du 31 mars au 1er avril vous allez pouvoir assister à une bien belle fête du livre Jeunesse ! Des spectacles, des dédicaces avec des invités de grand talent comme Antoine Guilloppé, Rémi Courgeon, Lionel LarchevèqueHervé Tullet, Joëlle Jolivet,… Si vous voulez en savoir plus : leur site internet et leur page facebook.

Gabriel

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Un voyage dans les légendes des contrées lointaines

Par 15 janvier 2012 Livres Jeunesse

Que j’aime les livres qui nous font voyager, découvrir d’autres cultures. Quand en plus il y a un côté « légende », tout est réuni pour que je passe un bon moment. Et c’est ce qui s’est passé à la lecture des trois petits romans Conte-moi le monde sortis aux éditions Limonade.

Nacer est une petite laotienne, plus précisément une lahu. Elle se rappelle de l’histoire de son grand-père, du jour où il a rencontré le tigre, depuis il a les yeux blancs comme la brume au petit matin. Il ne s’est plus rendu dans la forêt après ce jour là et aujourd’hui, le jour de ses 80 ans, il veut y retourner.

Maralaa et sa famille vivent dans la Taïga, ils font partie du peuple tsaatan. Selon une légende si un jeune renne vient à mourir c’est une année de grands malheurs qui les attend, et justement il y en a un disparu. Il leur faut le retrouver. Mais la forêt est grande, dense et glacée, ce voyage ne sera pas facile… surtout que les loups ne sont pas loin !

Lhakpa et Gagan sont des jumeaux, ils sont nés sur un lac gelé de l’Himalaya par un hiver très froid. Depuis ils vivent avec leur grand-mère, jamais ils ne se séparent comme ils l’ont promis à leur mère. Mais un jour leurs envies divergent, Gagan veut devenir moine et Lhakpa veut aller en ville. Qu’arriverait-il s’ils se séparaient ?

Ces trois contes, magnifiquement illustrés par Emna, permettent de vrais dépaysements, pour les enfants c’est une belle ouverture sur le monde que de découvrir ce genre d’histoires qui se passent dans des pays lointains, dans des peuplades qu’on a peu l’habitude de voir dans les livres. L’éditeur a eu la bonne idée d’accompagner les textes de quelques infos (en début d’ouvrage Que fait-on au... nous fait découvrir le pays, dans l’histoire beaucoup d’annotations pour expliquer des mots du pays). Le genre de petits romans idéal pour les enfants qui aiment s’évader.

L’œil du tigre
Les esprits de Taïga
Au coeur de l’Himalaya

tous trois de Nathalie Wyss, illustrés par Emna
Éditions Limonade, dans la collection Conte moi le monde
6,80€ chacun
Public : Lecteurs confirmés

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A part ça ?

Envie de faire de petites activités manuelles avec les enfants ? Léon, pas sur les murs ! (j’adore le nom) vous donne plein de conseils sympas et originaux : http://leonpasurlesmurs.canalblog.com

Gabriel

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