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Nicolas de Crécy

Les invité·e·s du mercredi : Marie Dorléans et Nicolas de Crécy

Par 3 avril 2019 Les invités du mercredi

Hier soir était remis le Prix Landerneau album jeunesse et à ma grande joie c’est Nous avons rendez-vous de Marie Dorléans qui a gagné. J’avais eu un coup de cœur pour cet album, c’était donc l’occasion d’interviewer son autrice. Ensuite, on reste dans la thématique du prix Landerneau, puisqu’on part en vacances avec le président du jury, l’auteur-illustrateur Nicolas de Crécy. Bon mercredi à vous.


L’interview du mercredi : Marie Dorléans

Pouvez-vous nous dire quelques mots sur votre parcours ?
Le métier que j’exerce aujourd’hui n’a pas toujours été une évidence !
Enfant j’aimais dessiner et ce plaisir m’a accompagné toute mon adolescence mais jamais il ne m’était apparu comme une possibilité d’en faire ma profession.
J’ai donc entamé des études de lettres et d’histoire de l’art, pour ne pas avoir à choisir entre deux formes d’expressions qui me fascinaient : l’art visuel et l’écriture.
C’est en 3e année de Licence que j’ai été rattrapée par le désir de créer, d’inventer : l’envie de raconter des histoires s’est imposée avec force.
C’est donc par le versant narratif que j’ai abordé la question de l’illustration, m’amenant à pousser les portes de l’école des arts décoratifs de Strasbourg.
Après 5 années d’étude j’ai publié mon premier album dès mon diplôme en poche, aux éditions du Baron Perché.

Parlez-nous de votre très beau Nous avons rendez-vous sorti en septembre dernier au Seuil Jeunesse. Dites-nous comment est née cette histoire ?
J’ai vécu cette petite expédition enfant avec des amis. Comme dans l’histoire nous nous sommes levés au beau milieu de la nuit pour aller admirer le lever du soleil.
Depuis j’ai réitéré cette aventure plusieurs fois et l’éblouissement a été à chaque fois renouvelé, laissant dans ma mémoire une empreinte très forte.
Les images sont donc venues très naturellement car il me suffisait de replonger dans mes souvenirs d’enfance !

Comment avez-vous travaillé sur ces illustrations ?
J’ai choisi de réaliser les dessins aux crayon à papier car cela me permettait une douceur dans le trait et la possibilité de détailler les images.
À cela j’ai associé un travail à l’encre bleue, à part, en réalisant des fonds dans lesquels nous pourrions reconnaître les subtilités d’un ciel de nuit avec de la profondeur et de la lumière, puis j’ai assemblé les deux.

Vous avez reçu hier le prix Landerneau pour cet album, félicitations ! Que signifient les prix pour vous ?
C’est toujours agréable d’être remarquée pour un travail qui souvent (chez moi en tout cas) est traversé par des doutes, des remises en question… Cela donne de l’essence dans le moteur pour en faire d’autres !

Comment naissent vos histoires ? Est-ce que le texte vient d’abord ou ce sont les illustrations ?
Le texte est toujours premier chez moi.
Je pense d’abord à une histoire et à partir de là les images s’agrègent, se dessinent dans ma tête. Sans histoire je ne dessine JAMAIS !!!

Vous avez aussi illustré les mots d’autres (Davide Cali notamment), c’est un exercice totalement différent ?
Oui c’est un exercice différent car comme je ne me sens pas vraiment « illustartrice » il me faut donc trouver comment servir au mieux l’histoire tout en faisant « parler » les images pour qu’elles prennent part à la narration, qu’elles ajoutent du sens.

Quelles techniques d’illustration utilisez-vous ?
Dans mes précédents albums, j’ai réalisé mes images au stylo très fin.
Ce stylo me permet une ligne claire tout en me permettant des subtilités dans le noir et blanc pour donner de la matière au décor, aux vêtements des personnages. Cette accumulation de traits me donne la sensation de pouvoir faire vibrer l’image !
La couleur est faite le plus souvent sur ordinateur.

Quelles étaient vos lectures d’enfant, d’adolescente ?
Petite on m’a lu des histoires avant de me coucher. Je me souviens de Max et les maximonstres, par exemple, du Boréal express ou d’Une prison pour monsieur l’ogre de Grégoire Solotareff qui me fascinait et me terrifiait en même temps.
À l’adolescence j’ai été assez vite attirée par les romans pour adulte.
Mon premier grand souvenir de lecture c’était un livre d’Herman Hesse Narcisse et Goldmund vers l’âge de 13 ans.
Depuis, je n’ai cessé de remplir les étagères de ma bibliothèque !

Quelques mots sur vos prochains ouvrages ?
Le prochain livre est un livre-disque sur Mozart écrit par Carl Norac ! Ça promet donc !

Bibliographie sélective :

  • Nous avons rendez-vous, album, texte et illustrations, Seuil Jeunesse (2018), que nous avons chroniqué ici.
  • Odile ?, album, texte et illustrations, Seuil Jeunesse (2017), que nous avons chroniqué ici.
  • Course épique, album, texte et illustrations, Sarbacane (2016), que nous avons chroniqué ici.
  • C’est chic !, album, texte et illustrations, Seuil Jeunesse (2015), que nous avons chroniqué ici.
  • Vide-grenier, album, illustration d’un texte de Davide Cali, Sarbacane (2014).
  • Mon voisin, livre-CD, texte et illustrations, Les éditions des Braques (2012).
  • L’invité, album, texte et illustrations, Le Baron Perché (2011).


En vacances avec… Nicolas de Crécy

Régulièrement, nous partons en vacances avec un·e artiste. Je ne sais pas si vous êtes comme moi, mais moi j’adore partir comme ça avec quelqu’un, on apprend à la·le connaître notamment par rapport à ses goûts… cet·te artiste va donc profiter de ce voyage pour nous faire découvrir des choses. On emporte ce qu’elle·il veut me faire découvrir. On ne se charge pas trop… Des livres, de la musique, des films… sur la route on parlera aussi de 5 artistes qu’il·elle veut me présenter et c’est elle·lui qui choisit où l’on va… 5 destinations de son choix. Cette fois-ci, c’est avec Nicolas de Crécy que nous partons ! Allez, en route !

Livres jeunesse :

  • Le livre des mots, de Richard Scarry
  • Petit arbre, de Katsumi Komagata
  • Ernest et Celestine, de Gabrielle Vincent
  • Un jour, un chien, de Gabrielle Vincent
  • Les derniers géants, de François Place

Romans :

  • Maître et Marguerite, de Bulgakov
  • À Rebours, de Joris-Karl Huysmans
  • Maîtres anciens, de Thomas Bernhard
  • Une femme, d’Annie Ernaux
  • Molloy, de Samuel Beckett
  • Courir, de Jean Echenoz

Artistes :

  • Agnès Martin
  • Rembrandt
  • David Hockney
  • William Turner
  • James Ensor

Films :

  • Les nains aussi ont commencé petits, de Werner Herzog
  • La Strada, de Federico Fellini
  • Le pigeon, de Mario Monicelli
  • L’Humanité, de Bruno Dumont
  • Au feu les pompiers, de Milos Forman

CD :

  • Variations Goldberg de Bach par Glenn Gould
  • Bob Marley and the Wailers
  • Tony Allen, Afro disco Beat
  • L’Homme à tête de chou, Serge Gainsbourg
  • King Kunta, Kendrick Lamar

Lieux :

  • Le petit cimetière de La Grave, dans les Hautes-Alpes, avec sa vue sur le glacier de la Meije.
  • Le chemin des philosophes en hiver, à Kyoto.
  • La région de l’Alta Rocca en Corse
  • Un Izakaya au hasard à Tokyo.
  • Traversée de l’Aubrac à vélo, fin août.

Nicolas de Crécy est auteur et illustrateur.

Bibliographie (jeunesse) sélective :

  • Les amours d’un fantôme en temps de guerre, texte et illustrations, Albin Michel Jeunesse (2018).
  • La République du catch, texte et illustrations, Casterman (2015), que nous avons chroniqué ici.
  • Le roi de la piste, texte et illustrations, Cambourakis (2015), que nous avons chroniqué ici.
  • Gosse de riche !, illustration d’un texte de Joseph Périgot, Casterman (1998).
  • La nuit du grand méchant loup, illustration d’un texte de Rascal, Pastel (1998).

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Des pavés dans la mare !

Par 26 mai 2015 Livres Jeunesse

Aujourd’hui, je vous présente trois bandes dessinées, mais des bandes dessinées « pavés », riches de 200, 300, voire 500 pages !

Le SculpteurDans un diner de New York, David Smith, non pas le célèbre sculpteur américain, mais un autre sculpteur, jeune et anonyme, se lamente sur ses échecs, sa solitude et son nom si commun. Son oncle Harry, passant par hasard dans le coin, tente de lui remonter le moral en lui montrant une bd que David avait dessinée petit et dans laquelle il imaginait un personnage s’appelant « Supersculpteur », un super héros pouvant tout sculpter rien qu’avec ses mains. Et cela semble fonctionner, jusqu’à ce que David se rappelle que son oncle est mort, depuis de nombreuses années… La mort, puisque c’est d’elle qu’il s’agit, lui propose alors un pacte : devenir ce « Supersculpteur » pendant 200 jours, en échange de son âme.
Réécriture moderne du mythe de Faust, Le Sculpteur est de ces grandes œuvres qui marquent l’histoire et l’évolution de la bande dessinée. En plus d’écrire une histoire fantastique parfaitement construite (rappelons que la définition du fantastique, en littérature, est l’intrusion du surnaturel dans un cadre réaliste – et c’est exactement ce qu’on a là), aboutie, fouillée, mettant en scène des personnages sensibles et incroyablement vrais, Scott McCloud nous montre également à quel point il maîtrise l’art de la bande dessinée. Avec les cases, d’abord, qu’il manipule avec brio : sur une page, 3 cases de tailles différentes, qui se superposent, car elles représentent le même moment et, ensemble, recréent une ambiance ; sur la page suivante, 30 petites cases, dont certaines sont coupées car ce qu’elles montrent est moins important que leur accumulation, qui s’enchaînent comme s’enchaînent les évènements de la soirée en question ; plus loin, pas de case du tout, si ce n’est les limites de la double page sur laquelle se tient un plan large. Avec l’illustration, ensuite : uniquement en noir, blanc et bleu, les dessins, magnifiques, alternent gros plan sur un regard plein d’angoisse, plan large de New York, zooms, représentations du mouvement, de la vitesse et de la lumière… Avec la narration, enfin : voilà 500 pages qui se dévorent, ménageant le suspense, enchaînant les rebondissements, les introspections, les scènes d’actions. Il y aurait mille choses à dire sur cette œuvre, mais la meilleure chose à dire reste ceci : lisez-la !
Des extraits sur le site de l’éditeur.

Irmina1934, Irmina, jeune Allemande qui a l’ambition d’étudier, de travailler et de vivre avec les mêmes droits et la même liberté que les hommes, arrive à Londres pour suivre une formation de secrétaire bilingue. À une soirée mondaine où on lui conseille de trouver un mari parmi les beaux partis présents, Irmina fait la rencontre d’Howard, un jeune homme noir boursier d’Oxford. Très vite, ils tombent amoureux. Face au racisme de l’époque, Irmina défend avec véhémence son compagnon, tandis que celui-ci le subit, résigné. Pourtant, quand Irmina est obligée de rentrer en Allemagne en 1935 et que tous deux se perdent de vue, elle finit par oublier ses idéaux de jeunesse et par se marier avec un architecte employé par le régime nazi, régime sur lequel elle préfère fermer les yeux pour éviter d’en voir les horreurs.
Inspirée d’une histoire vraie, la bande dessinée Irmina donne à voir le destin d’une Allemande, de son adolescence jusqu’à sa retraite. Très vite, on s’attache à cette jeune fille en soif de liberté et d’égalité, puis on reste perplexe et méfiant face à son engagement envers le régime nazi – le fait-elle par conviction, pour éviter la misère, pour protéger sa famille ou juste parce c’est comme ça, sans se poser de questions ? – et enfin, on retombe en amour avec cette vieille femme qui espère retrouver son amour de jeunesse. Les illustrations très sombres semblent mimer la noirceur du quotidien de l’époque, le racisme, le machisme, et surtout le nazisme, si terrifiant, si dévastateur. C’est sensible et subtil.
Irmina a reçu le prix Artémisia 2015
Le même vu par La Soupe de l’Espace et Livresse des Mots.

La République du CatchMario est un tout petit bonhomme qui tient une boutique de pianos. Il n’a qu’un ami, un manchot (l’animal) mélomane : quand il s’installe et se met à jouer, son piano avance, littéralement, devenant un moyen de transport assez incroyable !
Mario fait partie d’une famille de mafieux, menée d’une main de fer par son neveu Enzo, un bébé qui marche, qui parle, qui joue au billard et qui gère tout un clan de catcheurs et de catcheuses. Même s’il ne partage pas les valeurs de son neveu, pour Mario, la famille, c’est sacré. Mais quand Enzo lui demande de jouer les postiers et qu’il se retrouve pourchassé par une tête montée sur une arme à roulettes dans une usine labyrinthique peuplée de monstres étranges, Mario découvre que, pour son neveu, il n’est pas aussi précieux qu’il le pensait…
Je n’ai certes pas lu tout Nicolas de Crécy, mais de ce que je connais, celui-ci est indubitablement son meilleur ! Tout en nuances de gris (et non de Grey), cette bande dessinée est complètement barrée, et c’est pour ça que c’est génial ! On passe de scènes drôles à des scènes d’action, de scènes de contemplation à des scènes de suspense. Ça foisonne d’idées complètement loufoques à la limite de l’absurde, et pourtant, tout se tient : c’est d’une maîtrise graphique et narrative assez bluffante. Bref, c’est génial. Comment ça, je l’ai déjà dit ?

Quelques pas de plus…
Nous avons déjà chroniqué un ouvrage de Nicolas de Crécy (Le roi de la piste).

Le Sculpteur
De Scott McCloud (traduit par Fanny Soubiran)
Rue de Sèvres
25€, 185×255 mm, 485 pages, imprimé en France, 2015.
Irmina
De Barbara Yelin
Actes Sud dans la collection L’AN 2
26€, 192×240 mm, 290 pages, imprimé en France, 2014.
La République du catch
De Nicolas de Crécy
Casterman
20€, 170×225 mm, 220 pages, imprimé en Espagne, 2015.

À part ça ?

Le 29, 30 et 31 mai, c’est le festival BD de Puteaux. Si vous aimez la bande dessinée, c’est l’occasion de découvrir les dernières sorties, de faire dédicacer vos coups de cœur et de participer à des ateliers.

Marie

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Partir, partir…

Par 14 avril 2015 Livres Jeunesse

Le KojikiUn soir, après que son papa lui a souhaité bonne nuit alors que sa maman est absente, l’enfant entend dans le noir une voix qui lui demande comment tout a commencé et pourquoi il est lui-même. Effrayé par cette voix mais aussi par cette question à laquelle il ne parvient pas à répondre, l’enfant retourne auprès de son père, qui lui raconte alors l’histoire des origines. Une histoire qui met en scène le premier couple de la Terre, Izanagi et Izanami, et qui n’est pas sans rappeler plusieurs mythes plus connus en France, comme celui d’Adam et Éve ou celui d’Orphée et d’Eurydice. Embarqué dans le récit par une sorte de rêverie éveillée, l’enfant suit avec Izanagi et Izanami la création du monde, la naissance de l’enfant-feu, la mort d’Izanami, posant mille et une questions sur ce qu’il voit.
Kojiki est au départ un recueil de mythes racontant l’origine des îles qui forment le Japon. On dit qu’il serait le plus ancien texte japonais encore existant. S’en inspirant, Yan Allegret imagine une histoire dense (il y a quand même beaucoup de texte) et exigeante (même les adultes y trouveront des pistes de réflexion et de rêverie). Le questionnement existentiel sur la vie et la mort, mené par la naïveté sincère de l’enfant, est très beau et émouvant. Les illustrations mêlent des esquisses très sommaires au crayon (que j’ai un peu moins aimé) et des jeux de couleurs qui sont vraiment magnifiques : ça explose littéralement, c’est magique.
En résumé, c’est un album pointu et philosophique qui amènera sûrement beaucoup de questions de la part de vos enfants. Soyez préparés !
Le même vu par Sous le feuillage.

couv bateau de fortuneLa journée commençait mal pour l’ours Michao, la chevrette Marguerite et le petit renardeau. Arrivés à la plage, ils se rendent compte qu’ils ont tout oublié : les maillots, les serviettes, les seaux, les pelles et les râteaux. Personne ne sait quoi faire et la petite bande est bien déçue… Mais c’était sans compter sur le pouvoir de l’imagination : quelques algues, des bouts de bois et des coquillages, et l’ennui s’évanouit !
Voilà un bel album qui rappelle que la Nature a bien des cadeaux à nous offrir, il suffit d’imaginer. Avec ses textes courts et ses illustrations plein pot, il est idéal pour les soirs de vacances en bord de mer. De grandes illustrations un brin vintage, un soupçon de mystère (qui sont les personnages les uns pour les autres ?) et beaucoup de poésie : voilà la recette réussie de ce livre qui vous donnera des envies d’air pur et de simplicité !
Des extraits sur le site de l’éditeur.

couv - Le Roi de la pisteMonsieur Coin, un palmipède expert-comptable, s’évade le temps d’un week-end à Proupatel, un petit village de montagne. Il est tellement impatient qu’il dort avec ses skis aux palmes ! Le lendemain, il file sur les pistes, tel un bolide, profitant de cette liberté loin de ses dossiers, prêt à pulvériser le record de vitesse. Mais voilà qu’un ours en raquettes traverse la piste. Un dérapage contrôlé, et hop, Monsieur Coin évite l’ours brun de justesse. Celui-ci, étonné de voir ce skieur si pressé, le met au pari d’arriver le premier au café de la station. Sûr de gagner, notre palmipède tombe dans une crevasse dans laquelle il rencontre un ancien diplomate devenu ermite car dégoûté par l’hypocrisie des hommes. Enfin, c’est ce qu’il dit en tout cas…
Personnellement, je suis assez fan de Nicolas de Crécy, et cet album ne m’a déçu ! Le texte est assez dense (il vous faudra certainement plusieurs séances de lecture pour en venir à bout) mais j’ai retrouvé sa poésie, son audace (glisser les mots « palmipède », « hydrocarbures » ou encore « plantigrade » dans un livre recommandé pour les enfants dès 4 ans, on peut parler d’audace, non ?), son sens du récit et, bien sûr, ses illustrations très travaillées.

Papa hérisson rentrera-t-il à la maison ?Alors qu’il parcourt la nature à la recherche de victuailles pour sa famille, Papa Hérisson s’aventure dans un panier à pique-nique drôlement alléchant, dans lequel il se retrouve prisonnier. Enfermé dans un carton dans la cabane au fond du jardin (si ça se trouve, c’est Cabrel qui a fait le coup), il parvient à s’échapper. Commence alors un long périple, semé de dangers, comme la route sur laquelle filent les voitures ou la mort aux rats qu’il ingère par erreur, mais aussi d’amis…
Les noms de l’auteur et de l’illustrateur, Nicolas Hénin et Pierre Torres, vous disent peut-être quelque chose : journalistes reporters, ils ont tous deux été enlevés en juin 2013 et retenus en otage en Syrie jusqu’en avril 2014. Au cours de leur captivité, ils ont imaginé ce hérisson loin de sa maison, dont le seul but est de rentrer chez lui auprès de sa famille. Autant dire que cette histoire a une portée symbolique très forte. Au-delà de ça (vous n’êtes bien sûr pas tenu de raconter l’origine de l’ouvrage), c’est aussi un récit positif et plein d’espoir, qui invite à se mettre à la place de ces animaux qu’on cherche à apprivoiser et à mettre en cage, et de tout ce qui sont loin de chez eux (comme dirait Lââm).

Quelques pas de plus…
Nous avons déjà chroniqué d’autres livres d’Olivier de Solminihac (Le dragon dans les dunes), de Stéphane Poulin (Bartleby le scribe et Marius).

Le Kojiki, demande à ceux qui dorment
Texte de Yan Allegret, illustré par Carla Talopp
Gallimard Jeunesse Giboulées
16 €, 240×300 mm, 51 pages, imprimé en Europe, 2015.
Le Bateau de fortune
Texte d’Olivier de Solminihac, illustré par Stéphane Poulin
Sarbacane
15,50 €, 244×324 mm, 32 pages, imprimé en France, 2015.
Le roi de la piste
De Nicolas de Crécy
Cambourakis
15 €, 208×277 mm, 46 pages, imprimé en Lettonie, 2015.
Papa Hérisson rentrera-t-il à la maison ?
Texte de Nicolas Hénin, illustré par Pierre Torres
Flammarion
13,50 €, 247×308 mm, 30 pages, imprimé en France, 2015.

À part ça ?
Le Kojiki, demande à ceux qui dorment, c’est aussi un spectacle pour les enfants dès 8 ans, mis en scène par Yan Allegret. Il sera en représentation au théâtre Dunois, dans le 13e arrondissement de Paris, du 20 au 30 mai. Une merveilleuse façon de prolonger la lecture de l’album et la réflexion sur le monde.

Marie

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