La mare aux mots
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Noé Carlain

Des livres qui parlent de livres

Par 8 novembre 2018 Livres Jeunesse

Aujourd’hui, je vous propose trois livres dans lesquels on trouve des livres et parfois même des livres dans lesquels on trouve des livres dans lesquels on trouve des livres ! Vous suivez toujours ?

Le livre du livre du livre
Texte de Julien Baer, illustré par Simon Bailly
Hélium dans la collection Album
16,90 €, 211×288 mm, 52 pages, imprimé en Chine, 2018.
En fait, je n’aime plus les livres
de Daisy Hirst (traduit par Françoise de Guibert)
Albin Michel Jeunesse
15 €, 255×265 mm, 40 pages, imprimé en Chine, 2018.
Le livre abominable
Texte de Noé Carlain, illustré par Ronan Badel
Gallimard Jeunesse dans la collection L’heure des histoires
5,50 €, 135×190 mm, 48 pages, imprimé en France chez un imprimeur éco-responsable, 2017.

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Les grands-mères à l’honneur

Par 27 novembre 2012 Livres Jeunesse

Quelle belle histoire ! Une grand-mère meurt et ses filles (la mère et les tantes du narrateur) se disputent une couverture. La couverture. Une histoire en petits carreaux de tissu. est un très bel album pour enfants qui nous raconte l’histoire de cet assemblage de morceaux de tissus. En effet, chaque petit carré a une histoire que la vieille dame se faisait un plaisir de raconter à ses petits-enfants au moment de les border. Bouts de nappe, de tablier, de jupe, petit à petit c’est l’histoire familiale qui se raconte.

Isabel Minhos Martins signe vraiment une très belle histoire, touchante, émouvante. Nous aussi on aimerait entendre cette grand-mère nous raconter tous ces morceaux de passé. En plus, les belles illustrations de Yara Kono ont un petit air ancien tout en s’inspirant de formes et de motifs dans l’air du temps. J’étais toute attendrie de refermer ce livre, en pensant à ma propre complicité avec ma grand-mère… De quoi se lover près de la cheminée et se laisser bercer, sous une couverture…

Autre histoire d’héritage, d’histoire familiale et de grand-mère, La mémé de ma mémé est un album pour enfants qui joue plutôt sur le versant humoristique. Une petite fille est avec ses deux grands-mères, Mémé et Mamie. Toutes les deux sont très très différentes, mais ont en commun le fait, comme tout le monde, d’avoir eu elles-mêmes des « mémés ». La petite fille aimerait en savoir plus, et commence alors une jouxte entre les deux vieilles dames pour vanter les qualités de leur famille respective. La mémé de Mémé était championne mondiale de gâteau au chocolat, celle de Mamie a créé la mini-jupe, et ceci n’est qu’un très bref aperçu ! La petite fille parviendra-t-elle à leur faire comprendre qu’elle n’a pas besoin de tout ça pour les aimer exactement de la même manière, avec toutes leurs différences ?

Noé Carlain et Ronan Badel signent une fois de plus une histoire vraiment drôle. Les illustrations pétillent, notamment les visages des personnages, qui traduisent bien les émotions, en quelques traits. Les exploits des ancêtres sont également dessinés avec humour ! On a un peu l’impression de retrouver l’ambiance de Moi, ma grand-mère, de Pef (un livre que je vous conseille ABSOLUMENT et dont Gabriel avait parlé ici), et en même temps, c’est bien différent, plus axé sur les possibles rivalités familiales autour des petits-enfants (qui offrira le plus beau cadeau ?, Qui sera la préférée ?,…). La petite fait le lien, le pont, entre ces deux grands-mères qui sont finalement, grâce à elle, un peu de la même famille ! Un livre tendre à découvrir !

Quelques pas de plus…
Nous avons également chroniqué d’autres livres d’Isabel Minhos Martins : Les deux routes, Se balader et Les mille blancs des esquimaux.
Gabriel avait déjà chroniqué Le pépé de mon pépé, pendant masculin de La mémé de ma mémé. Retrouvez sa chronique.
Noé Carlain et Ronan Badel sont également à l’origine de Tout ce qu’une maman ne dira jamais, chroniqué ici.
Enfin d’autres albums qui mettent à l’honneur les grand-mères : Moi, ma grand mère…, Chez Mémé, Quand Grand-mère revenait, Mamythologie, Ainsi disait Grand-mère et La mémoire aux oiseaux
.

La couverture. Une histoire en petits carreaux (de tissu)
de Isabel Minhos Martins illustré par Yara Kono et traduit du portugais par Notari et Marcel Cottier
Notari
13 €, 204×226 mm, 28 pages, lieu d’impression non renseigné
La mémé de ma mémé
de Noé Carlain et Ronan Badel
L’élan vert dans la collection Poivre et compagnie
12,20 €, 233 x 233 mm, 32 pages, imprimé en Chine

A part ça ?

Aujourd’hui nous vous proposons de découvrir (et de partager allégrement) le nouveau Pavé dans la Mare, le magazine de La mare aux mots, dans un hors-série spécial Noël ! Au programme des tas d’idées de cadeaux pour ces fêtes de fin d’année. Les miennes, celles de Gabriel mais aussi celles d’invités ! A télécharger ici.

Marianne

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Cassons les règles !

Par 4 octobre 2012 Livres Jeunesse

Tout ce qu’une maman ne dira jamais est un album pour enfants vraiment drôle ! Ou comment initier les petits au second degré et/ou à l’ironie… Bon, émettons tout de suite LE bémol : j’aurais préféré « tout ce que LES PARENTS ne diront jamais »… Mais ça ne fait rien, ça reste vraiment chouette !

Noé Carlain (qui est en fait deux personnes, Carl Norac et Alain Grousset qui écrivent à deux et ont pris un pseudonyme) s’amuse à imaginer l’inverse de ce que les parents ont l’habitude de dire à leurs enfants : ne pas ranger sa chambre, rester collé aux écrans, embêter le chat, écrire sur les murs, ne pas être poli… Tout cela est très joliment illustré par Ronan Badel, qui rend vraiment expressives ces scènes hors du commun…! Les enfants rient de bon cœur devant ces incongruités. Sous forme d’inventaire, et donc de courtes phrases sans histoire, ils voient défiler sous leurs yeux une sorte de catalogue de bêtises. Et ils se disent aussi certainement que si les parents (et les adultes en général) rabâchent certains messages, ce n’est pas » toujours » pour les embêter…

Quelques pas de plus…
Un autre album de Noé Carlain et Ronan Badel que nous avons chroniqué : Le pépé de mon pépé et un autre livre sur les bêtises chroniqué par Gabriel, Sais faire moi ! de Géraldine Collet, illustré par Lunat

Tout ce qu’une maman ne dira jamais
de Noé Carlain, illustré par Ronan Badel
L’Elan Vert dans la collection Poivre et Compagnie.
12,20 €, 232×232 mm, 24 pages, imprimé en Chine

A part ça ?

Un peu psychédélique et presque trop colorée, mais joliment animée, voici une vidéo d’animation pleine de balles !

Marianne

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Quand la littérature jeunesse s’intéresse aux grands-pères…

Par 7 février 2012 Livres Jeunesse

Le grand-père on peut dire qu’il a été heureux. Il a pris le bon côté des choses. Les dernières années, il les a passées à sculpter de la vigne sur les buffets et les chaises, à se balader avec les gosses, faire des bons petits plats, aller voir le lever de la lune au-dessus des genêts.
Le grand père,
Brigitte Fontaine

Quand j’avais chroniqué deux livres parlant de grands-mères on m’avait demandé des livres sur les grands-pères. J’ai donc décidé de vous faire une petite chronique thématique sur ce sujet. Par contre j’ai remarqué que très souvent, quand on évoque le grand-père, c’est pour parler de la mort. Mais il y a quelques exceptions.

Dis, pépé, est-ce que toi aussi tu as eu un pépé ? c’est ce que demande un petit garçon à son grand-père, et à peine a-t-il eu sa réponse qu’il veut savoir qui était le pépé de ce pépé là… et ainsi de suite. Ainsi on va remonter l’histoire du pépé du temps des voitures tirées par les chevaux à celui qui vivait à l’époque des dinosaures.

Ce grand-père là déborde d’imagination et il met toute son énergie à raconter la vie de ses aïeux : il lève les bras au ciel, s’agite, met sa veste sur sa tête bref il vit les histoires qu’il raconte. Et c’est grâce aux illustrations à la Sempé de Ronan Badel que cet album est aussi vivant et aussi drôle. Cet album a eu le prix chronos de la littérature 2011 CE1-CE2. Un grand père très tendre, qui aime raconter des histoires à son petit fils… comme dans l’histoire suivante.

Il en est arrivé des aventures à ce grand-père ! Une abeille qui l’a suivi toute une semaine, un ballon lancé si fort qu’il a crevé un nuage et fait tomber la pluie, une paire d’ailes trouvée dans un bois qui lui a permis de voler… bref des périples extraordinaires racontés par un grand-père aux joues rouges et quand mon grand père dit quelque chose, c’est que c’est vrai.

Les joues rouges est un très bel album, sorti chez Notari (Marianne vous a parlé régulièrement d’eux et de leurs magnifiques ouvrages). Le grand-père, ici aussi, déborde d’imagination (mais il y a vraiment une différence de ton entre les deux albums, dans Le pépé de mon pépé on est vraiment dans le registre comique et ici c’est très très poétique), les histoires qu’il raconte semblent sortir d’un conte. Mais ce grand-père raconte-t-il vraiment tout ça ou est-ce ce petit garçon qui imagine son grand-père ? Les grands illustrations d’Aljoscha Blau sont très belles et ajoutent encore de la poésie au texte de Heinz Janish qui n’en manquait pourtant pas, de plus il y a une vraie recherche graphique, le texte est écrit sur des lignes comme si c’était un enfant qui avait rédigé cette histoire dans son cahier d’écolier.

Le petit garçon de Se balader  a un grand père qui marche, qui se promène tout le temps, alors il le suit. Et quand on suit son grand-père, rien ne peut vous arriver… et il s’en passe des choses ! Un bâton trouvé sur le bord de la route se transforme en rame et voilà notre héros qui conduit son bateau pour rejoindre son grand-père, parfois il faut traverser un pont qui va s’écrouler et sous lequel attendent des tigres affamés mais si une voiture noire apparaît au bout de la rue on est sauvé… Se balader avec son grand-père c’est une vraie aventure !

Cet album, également édité par Notari, est une magnifique ode à l’imagination comme dans les livres précédents. On parle aussi de l’amour des balades (et de ceux qui n’ont pas la chance de connaitre ça et passe leur temps devant la télé) et de l’amour pour son grand-père (qui permet plus de choses que les parents !). Les illustrations de Madalena Matoso sont lumineuses, c’est un album très joyeux. On est dans l’univers délirant des enfants et des jeux qu’ils font en marchant (vous n’avez jamais, vous, joué à « si je fais plus de 37 pas avant d’arriver au poteau je suis mort » ou « si mes pieds touchent un des traits je vais être mangé par des crocodiles » ?). Un bien bel album.

Et les grands-pères amoureux ?

Chaque année Adrien passe ses vacances chez son grand-père, c’est pour lui le meilleur moment de l’année, il l’attend avec impatience. Faut dire que son grand-père c’est quelqu’un ! Incollable sur la nature (et surtout sur les chauves souris), drôle, inventif,… Et donc cette année encore Adrien est heureux de le retrouver… sauf que son grand-père a rencontré quelqu’un, et ça, ça ne plaît pas du tout à Adrien qui aurait préféré avoir son grand-père pour lui seul.

Elle est belle cette histoire d’amour entre un petit-fils et son grand père, belle et originale. Déjà la complicité entre un petit-fils et son grand-père c’est un sujet peu traité mais les histoires d’amour du troisième-âge… n’en parlons pas ! Et ici c’est fait avec délicatesse et avec humour. J’aime décidément la plume de Sandrine Beau, pleine d’énergie. Comme dans L’hippopotin c’est multicouche, ça traite d’un sujet mais pas que… il y a plein de petites choses abordées, sous-jacente. Bref une très belle histoire d’amour, d’admiration d’un petit-fils pour son grand-père.

Et parfois le grand-père nous quitte…

Barzolo et Barzolino se souviennent de leur grand-père. Quand ils faisaient du ski avec lui ou partaient à la pêche… ou quand il leur faisait des farces ! Les deux oursons ont grandit aujourd’hui mais leur grand-père est toujours dans leur mémoire.

Avec Tu te souviens ? on est vraiment dans la littérature jeunesse classique, des albums comme on a lu chez nos grands-parents justement. C’est doux et tendre. Dans celui-ci on parle donc de la mort, mais ce n’est pas triste. Les ours, à l’âge adulte, sont pressés de parler de leur grand-père à leurs enfants, on parle des générations, de la transmission.

Boubou adore son grand-père, quand il doit passer la journée avec lui c’est la fête ! Faut dire qu’il est drôle le grand-père, il est farceur et joueur. Mais un matin le grand-père de Boubou ne se réveille plus…

Boubou est un héros récurent des éditions Casterman, à qui il arrive beaucoup d’aventures. C’est un enfant Pygmée. Ici donc il va rencontrer Jèngi, un esprit qui va emmener son grand-père. L’album n’est pas triste (il s’adresse aux plus petits et la mort est pour eux une notion inconnue) et Boubou va très vite reprendre sa vie normale et continuer à faire ce qu’il faisait avec son grand-père, mais seul… et tout en pensant à lui. C’est très tendre. En fin d’ouvrage l’auteur nous explique comment se passe la mort chez les Pygmées. Ce livre a reçu également le prix chronos 2011 pour les maternelles et CP.

Le pépé de mon pépé de Noé Carlain, illustré par Ronan Badel
L’élan vert, 12€
Public : A leur lire / lecteurs débutants

Les joues rouges de Heinz Janisch, illustré par Aljoscha Blau
Notari, 17€
Public : A leur lire / lecteurs débutants
Extraits

Se balader d’Isabel Minhós Martins, illustré par Madalena Matoso
Notari, 14€
Public : A leur lire / lecteurs débutants
Extraits

L’été où mon grand-père est devenu jaunophile de Sandrine Beau, illustré par Élice
Éditions Les Lucioles
Public : lecteurs débutants / Lecteurs confirmés

Tu te souviens ? de Martine Beck, illustré par Annie Bonhomme
Kaléidoscope, 12,04€
Public : A leur lire / lecteurs débutants

Boubou et grand-père de Cyril Hahn
Casterman, 8,50€
Public : Tout petits / A leur lire / lecteurs débutants

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A part ça ?

Un petit court-métrage sur le temps qui passe, très poétique et avec pas mal de métaphores. Je vous préviens c’est pas super gai…

Gabriel

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