La mare aux mots
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Odile Josselin

Les invité.e.s du mercredi : Odile Josselin et Sébastien Mourrain

Par 23 novembre 2016 Les invités du mercredi

Aujourd’hui, c’est Odile Josselin, éditrice de chez Pastel, qui a accepté de répondre à nos questions. Il y a tellement de beaux livres qui sortent chez Pastel qu’on avait envie d’en savoir plus sur ses choix et sur son parcours. Ensuite, on part une nouvelle fois en vacances, cette fois avec Sébastien Mourrain ! Bon mercredi à vous.


L’interview du mercredi : Odile Josselin

Odile JosselinPastel, qu’est-ce que c’est ?
Pastel est une antenne éditoriale de l’école des loisirs basée à Bruxelles depuis 1988. L’école des loisirs souhaitait ouvrir son catalogue à de nouveaux univers artistiques et à des créateurs belges. Le catalogue est constitué uniquement d’albums illustrés.
Pastel est aussi une petite équipe de trois personnes dans une grande maison, en lien avec tous les autres collègues bruxellois, parisiens, français…

Vos choix éditoriaux sont dépendants de l’école des loisirs ou vous avez une totale liberté ?
L’école des loisirs me donne sa confiance pour les choix éditoriaux de Pastel. Et la discussion est ouverte lorsque cela est nécessaire. Ces choix s’inscrivent dans leur ligne qui défend la liberté de création, le respect et l’épanouissement des enfants. C’est une exigence que je m’efforce de ne jamais oublier. J’ai à cœur de participer à l’épanouissement du catalogue Pastel qui m’a été confié en pleine maturité.La volière dorée

Comment définiriez-vous la ligne éditoriale de Pastel ? Comment choisissez-vous les projets que vous éditez ? Il faut être belge pour être publié chez Pastel ?
Les histoires publiées chez Pastel touchent à l’intime. Elles permettent d’aborder les questions des enfants, le quotidien des tout-petits, ainsi que des sujets plus difficiles, avec pudeur et sans tabou. Ces narrations suivent des chemins graphiques parfois bien différents mais le lien entre les livres tient à l’empreinte affective. J’y recherche une forme de douceur, d’enveloppement dans un univers d’auteur. Il n’y a pas d’esbroufe, les formats des livres ne sont généralement pas très grands si cela ne sert pas l’histoire pour rester tout près des petits lecteurs (et ne pas être trop chers).
J’ai à cœur de ne pas perdre de vue à qui l’on s’adresse, aux sujets parfois plus difficiles qui nous entourent, que certains auteurs abordent avec finesse et émotion en si peu de pages. Et puis le rire que les auteurs déclenchent, du premier rendez-vous aux lectures à répétition aux enfants, ne cesse de montrer son pouvoir libérateur pour tous.
Pastel est avant tout une collection belge, perçue comme telle. 70 % des nouveautés sont de créateurs belges. Je donne une attention particulière aux jeunes créateurs belges. Il n’empêche qu’il y a toujours eu des auteurs français La grande forêtchez Pastel et que ce sont les projets qui comptent.
Les projets et les rencontres humaines qui donnent lieu à des collaborations et remises en question que les auteurs expérimentés n’hésitent pas à faire eux-mêmes. Par ailleurs, le rayonnement à l’étranger des auteurs de Pastel a consolidé les liens internationaux qui ont fait son succès au travers des traductions.

Parlez-nous de votre parcours personnel
J’ai débuté dans le secteur scolaire. Un petit passage chez Bordas puis 12 ans aux éditions Didier. J’y ai appris à travailler avec des pédagogues, des illustrateurs, des graphistes, faire des compromis, apprendre la rigueur… Mais j’ai toujours gardé une proximité avec le monde de l’enfance. Et ce fut une chance de participer à l’éclosion de Didier Jeunesse avec Michèle Moreau qui avait le désir de construire une ligne éditoriale jeunesse. Nous glissions un album entre deux manuels scolaires dans la production de l’époque. Et puis je suis arrivée chez Pastel en 2002 où j’ai été très heureuse de rencontrer Christiane Germain. Je n’imaginais Un ours à l'écolepas que je prendrais la suite un jour. Voilà maintenant 8 ans que je m’occupe de ce superbe catalogue et que j’accompagne les auteurs de grand talent qui ont bien dû s’habituer à moi !

Quelles étaient vos lectures d’enfant, d’adolescente ?
Nous n’avions pas beaucoup d’albums illustrés à la maison et sans doute ont-ils disparu dans les déménagements. Mais j’ai les souvenirs des lectures du soir. Il y avait les histoires avec les animaux que j’adorais (La marmotte de Gerda Muller…), et les contes (Les contes du chat perché, Le petit poucet, Le vilain petit canard, Barbe bleue…) C’était aussi l’époque des livres-disques. Ce n’était pas facile pour tous ces héros de trouver leur chemin… J’ai le souvenir des sensations que cela procure et de quelle manière se prolongeaient dans mes jeux ces univers imaginaires. Et puis, les Petit Nicolas lus à voix haute avec une amie. Je peux les relire toujours avec le même plaisir pour une gorgée d’enfance. C’était ensuite l’époque des bibliothèques rose et verte avec Fantômette, Le club des cinq… qui étaient bien distrayantes même si j’étais moins proche de ces personnages que par exemple Sophie et Les petites filles modèles de la Comtesse de Ségur (dont je n’avais pas le souvenir de la langue utilisée avant de les avoir relues plus tard à une petite fille), Poil de carotte, Les hauts de hurlevent, Les misérables.
Mère MéduseAu collège, lorsque j’ai lu L’herbe bleue et Moi, Christiane F, j’ai fait une vraie plongée dans une adolescence qui n’était pas la mienne. À côté de ça il y avait les récits « d’anticipation » de Barjavel, l’amusant Passe-muraille puis Huxley qui m’ont ouvert d’autres horizons. Et toujours les récits d’enfance terribles comme ceux d’Hervé Bazin, Joseph Joffo. Puis au lycée, j’ai aimé lire les auteurs classiques (Zola, Balzac, même si la passion de ma prof de français pour Madame Bovary était un peu trop débordante à mon goût). Et des auteurs plus récents comme Boris Vian, Jean-Paul Sartre, Albert Camus…

Votre catalogue d’automne 2016 était extraordinaire (des petits bijoux signés Anne Brouillard, Ingrid Godon, Frédéric Stehr, Michel Van Zeveren, Émile Jadoul, Jeanne Ashbé, Christian Voltz…), qu’est-ce qu’on va découvrir chez Pastel en début d’année prochaine ?
On va débuter l’année avec les Bonnes résolutions de Catherine Grive et Jean-Luc Englebert, prendre le temps avec Le petit escargot de Rascal, se faire des Copains-câlins à la crèche avec Frédéric Stehr et réfléchir au monde qui Zim Bam Boumnous entoure dans un livre profond et touchant de Sarah V. et Claude K. Dubois, Bonhomme. Michel Van Zeveren est parti pour nous faire dessiner, rire et réfléchir avec Dessine-moi un petit prince et Carll Cneut s’est mis au défi de remettre en scène La fée sorcière dans un livre somptueux. Anne-Isabelle le Touzé donne vie à Monsieur Émile et Petit Tom qui mêlent leurs imaginaires, Martine Bourre refait un tour au Moyen-Age tant aimé des enfants dans Gilou Troubadour, Anne-Catherine De Boel nous fait voyager sur un conte animalier africain d’Alain-Serge Dzotap Le roi et le premier venu, la jeune talentueuse Lina Mumgaudyte propose Le dernier poisson, Emile Jadoul mesure ses personnages dans On fait la taille ? Un nouvel univers un peu cruel venu d’Angleterre Tu m’attraperas pas !, le génial Canard fermier d’Helen Oxenbury en version tout-carton pour les petits et avant l’été un inédit de Max Velthuijs !
Des livres et des auteurs si différents et tellement uniques que vous trouverez encore, j’espère, extraordinaires !

Quelques livres Pastel que l’on a chroniqué :

  • La fourmi et le loup, de Jeanne Ashbé (2016), que nous avons chroniqué ici.
  • La grande forêt : le pays des Chintiens, d’Anne Brouillard (2016), que nous avons chroniqué ici.
  • Le bain de Berk, de Julien Béziat (2016), que nous avons chroniqué ici.
  • 8 minutes et 19 secondes, texte de Rascal, photographies d’Hubert Grooteclaes (2014), que nous avons chroniqué ici.
  • Mère Méduse, de Kitty Crowther (2014), que nous avons chroniqué ici.
  • C’est Papy qui choisit, texte de Jean Leroy, illustré par Jean-Luc Englebert (2014), que nous avons chroniqué ici.
  • Le grand bateau de Grand Ours, texte d’Eve Bunting, illustré par Nancy Carpenter (2014), que nous avons chroniqué ici.
  • Papa-île, d’Émile Jadoul (2014), que nous avons chroniqué ici.
  • Est-ce que la maîtresse dort à l’école ?, texte de Carole Fives, illustré par Anne Isabelle Le Touzé (2014), que nous avons chroniqué ici.
  • Bonnes vacances, Lou !, de Jeanne Ashbé (2014), que nous avons chroniqué ici.
  • L’ours qui danse, de Rascal (2013), que nous avons chroniqué ici.
  • Comme un secret, texte d’Émile Jadoul, illustré par Émile Jadoul et Catherine Pineur (2013), que nous avons chroniqué ici.
  • Anoki, texte de Jean Leroy, illustré par Emmanuelle Eeckhout (2013), que nous avons chroniqué ici.
  • Le Mange-doudous, de Julien Béziat (2013), que nous avons chroniqué ici.
  • Ouste !, texte de Sally Grindley (traduit par Maurice Lomré), illustré par Peter Utton (2013), que nous avons chroniqué ici.
  • Les poupées c’est pour les filles, texte de Ludovic Flamant, illustré par Jean-Luc Englebert (2013), que nous avons chroniqué ici.

Retrouvez tout le catalogue Pastel sur son site http://www.ecoledesloisirs.fr/collection/pastel.


En vacances avec… Sébastien Mourrain

Régulièrement, je pars en vacances avec un. e artiste (je sais vous m’enviez). Je ne sais pas si vous êtes comme moi, mais moi j’adore partir comme ça avec quelqu’un, on apprend à la.le connaître notamment par rapport à ses goûts… cet.te artiste va donc profiter de ce voyage pour me faire découvrir des choses. On emporte ce qu’elle.il veut me faire découvrir. On ne se charge pas trop… 5 de chaque ! 5 albums jeunesse, 5 romans, 5 DVD, 5 CD, sur la route on parlera aussi de 5 artistes qu’il.elle veut me présenter et c’est elle.lui qui choisit où l’on va… 5 destinations de son choix. Cette fois-ci, c’est avec Sébastien Mourrain que je pars ! Allez en route !

5 albums jeunesse :L'Arbre généreux

  • La première fois que je suis née, Cuvellier/Dutertre
  • L’arbre généreux, Shel Silverstein
  • Catherine Certitude, Modiano/Sempé
  • Moi, j’attends…, Cali Bloch
  • Le chapeau volant, Ungerer

Nouvelles histoires extraordinaires, Poe5 romans :

  • Contes fantastiques, Maupassant
  • Ravage, Barjavel
  • Nouvelles histoires extraordinaires, Poe
  • Le passe muraille, Aymé
  • Dr Jekyll et Mr Hyde, Stevenson

Soleil vert5 DVD :

  • Vol au-dessus d’un nid de coucou, Foreman
  • Orange mécanique, Kubrick
  • Les aventures de Jack Burton, Carpenter
  • Soleil Vert, Fleischer
  • Edward aux mains d’argent, Burton

the_cure_-_the_head_on_the_door5 CD :

  • Daft Punk, Homework
  • The Cure, The head on the door
  • Bob Dylan, The very best of
  • Lou Reed, Transformer
  • Easy Rider, Bande Originale

5 Artistes :

  • Jérôme Bosch
  • César
  • Max Ernst
  • Germaine Richier
  • Francis Bacon

5 lieux :

  • Parangtritis, Java
  • Skyros, Grèce
  • La plage de Tanchet, Château-d’Olonne
  • L’île Tudy, Bretagne
  • Le Bocal 83 rue de Marseille 69007 Lyon

Sébastien MourrainSébastien Mourrain est illustrateur.

Bibliographie sélective :

  • Chez moi, illustration d’un texte de Davide Cali, Actes Sud Junior (2016).
  • Santa Fruta, illustration d’un texte de Delphine Perret, Les foumis rouges (2016).
  • Mister Gershwin, les gratte-ciels de la musique, illustration d’un texte de Susie Morgensten, Didier Jeunesse (2016).
  • Chiens & Chats sous la loupe des scientifiques, illustration d’un texte d’Antonio Fischetti, Actes Sud Junior (2015), que nous avons chroniqué ici.
  • Bigoudi, illustration d’un texte de Delphine Perret, Les fourmis rouges (2014), que nous avons chroniqué ici.
  • Moustachat, illustration d’un texte de Géraldine Elschner, L’élan Vert (2014).
  • L’homme à la peau d’ours, illustration d’un texte d’Anne Jonas d’après les frères Grimm, Seuil Jeunesse (2013), que nous avons chroniqué ici.
  • Émile, le petit fifre, illustration d’un texte d’Anne de la Boulaye, Seuil Jeunesse (2013), que nous avons chroniqué ici.
  • La fine mouche, illustration d’un texte de Jean Perrot, Seuil Jeunesse (2011).
  • Serial rapteur, illustration d’un texte de Claude Carré, Actes Sud Junior (2009).

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Dis, tu peux lui demander… ? (Saison 2, 3/9)

Par 15 juillet 2015 Les invités du mercredi

Cet été, comme l’été dernier, vous pourrez lire, tous les mercredis, une question d’enfant et la réponse d’auteur-e-s, illustrateur-trice-s, éditeur-trice-s… Aujourd’hui, c’est une question de Madeleine, 7 ans : « Qui décide si un livre sera grand, moyen ou petit ? Pourquoi parfois le livre existe en grand et en petit format (comme par exemple Caca Boudin de Stephanie Blake) ? Qui décide s’il sera rectangulaire ou carré ou même rond ? ». Les éditeur-trice-s Laurence Nobécourt, Rafaèle Wintergerst, François David, Mélanie Decourt, Christelle Renault et Odile Josselin ont accepté de lui répondre, vous découvrirez, en même temps qu’elle, leurs réponses. CV_ZIZI_CARRES_RVBChacune des questions retenues fait en plus gagner un ouvrage à l’enfant qui l’a posée. Cette question permet donc à Madeleine d’avoir la chance de recevoir, grâce aux éditions Talents Hauts, Le zizi des mots de Élisabeth Brami et Fred L., un album qui dénonce le sexisme de la langue française (nous l’avions chroniqué ici).


« Qui décide si un livre sera grand, moyen ou petit ? Pourquoi parfois le livre existe en grand et en petit format (comme par exemple Caca Boudin de Stephanie Blake) ? Qui décide s’il sera rectangulaire ou carré ou même rond ? » (Madeleine 7 ans)

Laurence Nobécourt :
C’est l’éditeur qui choisit le format du livre mais on en discute  avec l’auteur/ l’illustrateur, on essaye de trouver ensemble le format le mieux adapté au projet de livre.
Pour les 12 premiers livres d’À pas de loups, nous avons 10 formats différents, c’est un choix : des petits livres carrés, de grands albums rectangulaires, des livres très étroits comme Une girafe sur le toit du monde qui suit la forme du cou de la girafe ou Un tour de cochons tout en hauteur comme l’arbre qui abrite la maison des cochons.
Circus est un leporello, c’est  un album accordéon qui mesure plus de 3 mètres lorsqu’on le déplie entièrement, l’illustratrice Albertine avait dessiné cette parade dans un carnet leporello et il a été imprimé quasiment à l’identique.
Il arrive parfois que des contraintes techniques ne permettent pas la réalisation de certains projets.
Nous venons de fêter le premier anniversaire d’À pas de loups et n’avons pas de livre réédité en petit format.

Laurence Nobécourt est l’éditrice d’À pas de loups.
Leur site : http://apasdeloups.com.

Rafaèle Wintergerst :
C’est toute une équipe qui décide si un livre sera grand, moyen ou petit. Il y a d’abord l’illustrateur et l’auteur qui ont souvent une idée de la taille qu’ils voudraient pour leur livre. La taille que l’on donne à un livre, c’est très important, car ça change complètement le rapport du lecteur avec le livre.
Si tu tombes sur un livre énorme, tu n’auras pas le même sentiment, la même attitude en l’approchant. Peut-être auras-tu envie de le montrer à tout le monde, de le lire à haute voix, de le regarder debout. Si un livre est au contraire, tout petit, mini mini, microscopique, tu auras certainement l’impression que c’est un sujet plus intime, que c’est un livre à découvrir tranquillement, caché dans sa cabane.
Une fois que l’auteur et l’illustrateur ont donné leurs avis, l’éditeur, s’il est d’accord avec eux, demande si l’imprimeur est capable de faire ce format pour un prix raisonnable.
Si c’est possible, c’est parfait.
Si c’est pas possible, trop cher, trop compliqué, il faut faire, malheureusement, des compromis.
Chez Winioux, nous avons publié Rien qu’une fois dans un tout petit format, parce que nous voulions donner envie au lecteur de le prendre partout avec soi. Dans sa poche, sous son oreiller, dans son sac, pour garder ses rêves à portée de main.
Pour répondre à ta seconde question, parfois, l’éditeur veut permettre au lecteur de voir le livre dans un grand format, mais ne veut pas non plus se couper d’un public qui n’aurait pas les moyens d’acheter cette belle version. Alors il fait aussi un petit format qu’il peut vendre moins cher.
Il peut y avoir aussi des éditeurs qui se trompent, qui impriment leur livre dans un format, puis qui se rendent compte que le livre ne rentre pas dans leurs étagères, alors, ils le réimpriment en plus petit…
Enfin, pour ta question de savoir qui décide s’il sera rectangulaire ou carré ou même rond, c’est une question qu’on se pose au tout début du processus. Parce que l’illustratrice ne peut pas commencer son travail avant de savoir le format du livre. Si elle fait des illustrations carrées, on aura du mal à les placer sur des pages rectangulaires. Il faut que tout le monde soit bien d’accord dès le début du travail.
Fabriquer un livre rond, ou dans une forme un peu plus originale (en forme de poupée, un livre troué…) coûte très très cher. La plupart de ces livres-là sont fabriqués en Asie.
Les éditeurs qui se creusent la tête pour parvenir à les fabriquer en France ou en Europe sont assez rares. Tu peux regarder au dos du livre, ou dans les mentions légales (ce qui est écrit en tout petit) où est imprimé le livre.
Chez Winioux, nous avons décidé de rester solidaires des imprimeurs français et belges. Si nous voulons une forme originale, il faut que l’on se débrouille pour arriver à le faire faire sur place. Il nous arrive donc parfois de faire du façonnage à la main. C’est rigolo, mais c’est un peu long.
Merci pour ces questions très intéressantes Madeleine !

Rafaèle Wintergerst est l’éditrice de Winioux
Leur site : http://editionswinioux.com.

François David :
Ta question est vraiment intéressante. Le choix de la forme d’un livre est en effet très important et cela me fait plaisir que tu y sois ainsi sensible. C’est l’éditeur toujours qui prend la décision finale, mais cela peut se faire sur les propositions de l’auteur ou de l’illustrateur. Chez Møtus, nous avons, comme tu l’indiques, un livre rond comme un visage (Mots d’enfants), et aussi un livre très très très haut et étroit (L’Homme), un livre tout noir (Noir/Voir), un livre tout blanc (L’enfant de la neige), un livre percé d’un large trou (La planète Avril), et également des livres-objets de formes très diverses et inattendues.  Par exemple le livre-objet Les bonbons-mots se présente comme un sachet de bonbons. Mais les bonbons, à l’intérieur, ce sont en fait des poèmes qui se dégustent avec délice. Là, pour répondre à ta question, c’est l’auteure, Aline Pirès, qui avait eu l’idée de cette présentation. Elle avait fait un modèle très proche de l’ouvrage tel qu’on peut le trouver. Møtus lui a seulement demandé d’écrire de vrais poèmes, au lieu de simples devinettes qu’elle avait d’abord proposées. Et comme le projet était un beau projet, précis, réalisable et quand même pas trop cher à fabriquer, Møtus a été très heureux de le publier. Et si tu le veux, tu peux maintenant savourer ces bonbons-mots.

François David est l’éditeur de Møtus
Leur site : http://motus.zanzibart.com.

Mélanie Decourt :
C’est l’éditeur ou l’éditrice, la personne qui est responsable du projet du livre dans la maison d’édition, qui décide du format et de la fabrication du livre, en accord avec l’auteur-e, et avec l’illustrateur ou l’illustratrice s’il y en a. L’éditeur prend les conseils de plusieurs personnes qui travaillent dans la maison d’édition :

  • le ou la graphiste, la personne qui fait la mise en page,
  • le directeur ou la directrice artistique, la personne qui s’occupe de l’aspect visuel des livres (couverture, illustrations, etc.),
  • le fabricant ou la fabricante, la personne qui est en relation avec les imprimeurs,
  • le ou la responsable du marketing, qui connaît bien le marché du livre, ce qu’attendent les libraires, les parents, les lecteurs et les lectrices.

On décide en fonction de plusieurs éléments. D’abord le public du livre.
Par exemple, un livre pour les tout-petits doit être très solide : tout en carton ou avec des pages qui ont l’air plastifiées (en fait pelliculées). Il doit être petit pour s’adapter aux petites mains : en général, ils ne dépassent pas 15 cm. On peut décider de faire des bords arrondis pour ne pas que les enfants se blessent.
Pour les lecteurs de ton âge, on privilégie les formats poche, faciles à tenir en main, avec beaucoup d’illustrations car vous commencez à lire.
On s’adapte aussi au projet, au sujet, au type d’illustrations. Un livre sur les girafes devra être plutôt en hauteur et grand. 😉 Un album sur un sujet intime, personnel, pourra être plus petit.
C’est vraiment le cœur du travail de l’éditeur-éditrice de trouver l’objet-livre qui correspond le mieux au projet et au public.
Quand un livre marche bien, on peut décider d’en faire une version poche, c’est-à-dire plus petite. Cette version touchera un vaste public parce qu’elle est moins chère. Elle est aussi moins lourde et plus pratique à transporter (dans ta poche, d’où son nom, ou dans ta valise de vacances par exemple !).
C’est le cas des romans que lisent tes parents, qui existent parfois en grand format et en poche C’est aussi le cas des albums que tu cites.

Mélanie Decourt est directrice éditoriale (albums et fictions) chez Nathan après avoir été éditrice chez Talents Hauts, maison qu’elle a co-fondée.

Odile Josselin :
Pour décider du format d’un livre il y a 2 grandes raisons :
Choisir un format qui renforce l’ambiance de l’histoire : petit pour une histoire intime avec des dessins minutieux, grand pour des dessins plus spectaculaires. Petit pour des petites mains, pas trop grand lorsqu’on d’adresse à des enfants qui commencent à lire et aiment bien avoir un livre de « lecture ». Grand pour rentrer encore plus dans un décor.
Horizontal si par exemple il y a des paysages de mer. Vertical si on est dans une maison, une forêt car ça donne plus l’impression d’être à l’intérieur. C’est selon les auteurs qui sont parfois plus à l’aise avec une taille et un sens pour leurs dessins. Dans les albums il y a parfois uniquement des double-pages remplies et parfois on alterne texte, image. Le format est aussi un moyen de reconnaître les livres d’un même auteur, d’un même personnage (ex : Lola de Claude K Dubois, Lou et Mouf de Jeanne Ashbé pour les petits, les livres de Mario Ramos). C’est un point dont on discute toujours avec les auteurs chez Pastel. Il y a une certain nombre de formats qui reviennent régulièrement pour des raisons pratiques.
La deuxième raison est une raison de production : Les machines des imprimeurs ont certains formats que l’on respecte afin de remplir au maximum les feuilles imprimées. Le carton des couvertures ne peut dépasser une certaine taille. Cela est important pour fixer un prix de vente qui ne soit pas trop cher.
À l’école des loisirs il existe des formats poche, la collection Lutin. Cette collection reprend certains livres du catalogue en plus petit format avec une couverture souple. Cela permet de proposer une même histoire moins chère, de l’emporter en voyage !
Il arrive qu’un même livre soit dans plusieurs formats. Chez Pastel nous avons plusieurs formats de Devine combien je t’aime car c’est une histoire qui parle à tout le monde. Il y en a donc un « normal », un tout en carton pour les petits, un avec une jaquette plus chic pour un cadeau et bientôt un avec un petit lapin comme un doudou.

Odile Josselin est éditrice chez Pastel.
Le site de Pastel

Christelle Renault :
C’est très souvent l’auteur qui décide du format original de son livre. On peut bien sûr le conseiller s’il hésite entre plusieurs tailles.
Quand le livre est publié pour la première fois, c’est en grand format, avec une couverture cartonnée.
Nous publions par la suite une version « poche » du livre, dans un plus petit format, avec une couverture souple, à un prix moins élevé.

Christelle Renault est éditrice album à l’école des loisirs.
Le site de l’école des loisirs

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Dis, tu peux lui demander… ? (Saison 2, 2/9)

Par 8 juillet 2015 Les invités du mercredi

Cet été, comme l’été dernier, vous pourrez lire, tous les mercredis, une question d’enfant et la réponse d’auteur-e-s, illustrateur-trice-s, éditeur-trice-s… Aujourd’hui, c’est une question de Raphaël, 12 ans : « À propos du titre d’un livre, est-ce que celui-ci est trouvé avant de commencer à écrire ou après ? Est-ce que ça pose parfois problème à l’auteur d’en choisir un ? Est-ce que l’éditeur peut demander à en trouver un autre ? ». Les auteur-e-s Jean-Luc Englebert, Charlotte Moundlic, Annelise Heurtier, Clémentine Beauvais, Gaël Aymon, Ghislaine Roman et Cécile Roumiguière et les éditrices Mélanie Decourt, Christelle Renault et Odile Josselin ont accepté de lui répondre, vous découvrirez, en même temps que lui leurs réponses. Chacune des questions retenues fait en plus gagner La pyramide des besoins humainsun ouvrage à l’enfant qui l’a posée. Cette question permet donc à Raphaël d’avoir la chance de recevoir, grâce à l’école des loisirs, La pyramide des besoins humains de Caroline Solé, un super roman qui raconte l’histoire d’un jeune SDF qui va devenir le héros d’une téléréalité.


« À propos du titre d’un livre, est-ce que celui-ci est trouvé avant de commencer à écrire ou après ? Est-ce que ça pose parfois problème à l’auteur d’en choisir un ? Est-ce que l’éditeur peut demander à en trouver un autre ? » (Raphaël, 12 ans)

Jean-Luc Englebert :
Le titre peut être trouvé au moment où j’invente l’histoire.
Mais le plus souvent je le trouve une fois que mon texte est écrit, voire même tout à la fin au moment de rendre mes illustrations à mon éditrice.
J’ai souvent du mal à trouver le bon titre, et j’en discute beaucoup avec Odile Josselin (éditrice chez Pastel).
Parfois je trouve un titre et mon éditrice me demande de le changer.
Ça arrive.
Parfois c’est juste un mot qui change : j’avais trouvé « Raconte-moi une histoire » et mon éditrice a préféré « Donne-moi une histoire ».

Donne-moi une histoireJean-Luc Englebert est auteur et illustrateur. Il vient de sortir Donne-moi une histoire (Pastel) dont il a fait le texte et les illustrations et Ulysse 15 de Christine Avel (l’école des loisirs) qu’il a illustré. À la rentrée, on découvrira Un ours à l’école (Pastel).
Son site : http://englebert.ultra-book.com/portfolio.

Charlotte Moundlic :
Cher Raphaël,
me concernant c’est pour chaque livre différent.
Il arrive que je n’aie pas d’idée de titre ou alors qu’elle soit mauvaise.
À ce moment-là s’engage une discussion avec l’éditeur où chacun donne ses propositions.
On dit tout ce qui nous passe par la tête, ça part dans tous les sens et puis d’un coup, il y en a un qui sort du lot et devient évident. On finit toujours par tomber d’accord.
Le pire c’est quand tout le monde trouve que le titre est bien, et qu’on réalise qu’il est déjà utilisé pour un autre ouvrage.
C’est alors très compliqué d’en trouver un autre, d’avoir une autre idée alors qu’on sait qu’elle est bonne.
Et même si on en trouve toujours un autre, on garde un petit regret pour celui qu’on n’a pas pu utiliser.

Je suis le fruit de leur amourCharlotte Moundlic est auteure. Elle alterne les albums et les romans. Son dernier roman, Je suis le fruit de leur amour, est sorti chez Thierry Magnier, son dernier album, Le papa de Simon (d’après une histoire de Maupassant, illustré par François Roca), chez Milan.
Retrouvez l’interview que nous avons réalisée d’elle ici.

Annelise Heurtier :
Bonjour Raphael !
Cela dépend des cas ! Pour chaque livre, le processus de choix du titre est une nouvelle aventure. Parfois, le titre s’impose de lui-même à l’auteur, avant même qu’il ne commence à rédiger, ou dès les premiers chapitres.
Parfois, c’est plus difficile. On hésite entre-deux, ou même, on ne trouve rien… Mon éditrice est d’avis que cela n’est pas bon signe : quand on n’a absolument aucune idée de titre, selon elle, c’est que l’histoire n’est pas claire ! Je crois qu’elle a raison.
En tous cas, le rôle de l’éditeur est déterminant : il valide ou non le titre (il doit d’ailleurs s’assurer qu’il ne s’agit pas d’un titre déjà utilisé pour un autre livre), aide l’auteur à en trouver un autre si besoin. Car le titre, comme l’image de couverture, est un élément très important. Il doit être accrocheur, facile à mémoriser, original, tout en représentant bien le roman et son style. Son choix est souvent propice à de nombreux débats  : doit-on choisir un titre un peu mystérieux, qui ne révèle rien de l’intrigue, ou à l’inverse, doit-on déjà faire en sorte que le lecteur comprenne de quoi il retourne… C’est aussi un peu subjectif, d’où les difficultés que l’on rencontre parfois pour se mettre d’accord sur un choix !

RefugesAnnelise Heurtier est auteure de romans et d’albums. Son dernier roman Refuges est sorti chez Casterman. Son dernier album, Combien de terre faut-il à un homme, chez Thierry Magnier.
Retrouver ici une interview que nous avions réalisée d’elle.
Le site d’Annelise Heurtier : http://histoiresdelison.blogspot.fr.

Clémentine Beauvais:
Ça dépend des livres ! Parfois, on trouve le titre tout de suite, voire avant même de commencer à l’écrire – c’est le meilleur cas de figure, parce que ça veut généralement dire qu’il est très bien, et qu’on n’a pas à se tracasser plus longtemps. Par exemple, pour mon livre Comme des images, j’avais le titre en tête depuis le début. Parfois, on met des semaines, voire des mois à trouver un bon titre. Ça peut être très stressant. Et oui, l’éditeur peut exiger de changer le titre et mettre un titre qui lui convient –  Les petites reines par exemple s’appelait « Les trois boudins » et l’éditeur ne voulait pas de ce titre-là !

Les petites reinesClémentine Beauvais écrit des romans (le dernier : Les petites reines, sorti chez Sarbacane) et des albums (le dernier : Lettres de mon hélicoptêtre, chez Sarbacane également). À la rentrée, on découvrira Les bébés ça pue chez Hachette.
Retrouver ici l’interview que nous avions réalisée d’elle.
Le site de Clémentine Beauvais : http://www.clementinebeauvais.com.

Gaël Aymon :
Je trouve certains titres avant même d’écrire l’histoire, comme « Le fils des géants ». Pour le roman Ma réputation, par exemple, j’ai terminé l’écriture sans avoir de titre et j’ai cherché les mots dans le texte qui résumaient le mieux l’histoire. Et puis il y a les titres sur lesquels on n’est pas tout de suite d’accord, l’éditeur et moi. Parfois, c’est l’éditeur qui finit par trouver le bon. Ça m’arrive très rarement je dois dire mais c’est le cas du roman Une place dans la cour.

Les héros oubliésGaël Aymon alterne romans (Le conte des trois flocons, chez Bayard, et Aux portes de l’oubli, chez Actes Sud Junior, viennent de sortir) et albums (Perce-Neige et les trois ogresses, chez Talents Hauts est le dernier en date).
Retrouver ici l’interview que nous avions réalisée de lui.
Le site de Gaël Aymon : http://gaelaymon.com.

Ghislaine Roman:
Choisir le tire d’un album, ce n’est pas rien. C’est un peu comme choisir le prénom d’un enfant. Ces mots vont le désigner pendant un temps qu’on espère, bien sûr, le plus long possible.
Parfois, quand j’écris un texte, le titre me vient en tête, comme ça, sans crier gare, en douce. Il s’impose à moi. Il semble évident. C’est ce qui s’est passé par exemple pour La poupée de Ting-Ting. À aucun moment je n’ai envisagé que cet album puisse s’appeler autrement.
Ce n’est pas toujours le cas. D’autres titres connaissent de drôles d’aventures. La mémoire de mon ordinateur en garde fidèlement la trace. Jusqu’à cinq titres en cours d’écriture ! Et au final, un sixième sur la couverture !
Quel est l’enjeu, au fond ? Il faut que les mots choisis en disent un peu, mais pas trop. Qu’ils donnent envie d’en savoir plus et qu’ils guident un peu le lecteur dans son choix. Ils ne doivent pas le tromper, l’égarer… mais ils doivent aussi le surprendre. Ce n’est pas si simple. D’autant plus qu’il sort des milliers de livres chaque année et que parfois, le titre est déjà pris. Ainsi Un jour, deux ours s’appelait à l’origine « Une rencontre ». Mais en consultant les bases de données en ligne, nous nous sommes aperçus que beaucoup de livres s’appelaient ainsi. Nous avons donc décidé de le changer pour lui donner une meilleure visibilité.
Il m’arrive aussi de ne pas trouver d’idée de titre. Bien sûr, j’en écris un en en-tête de mon manuscrit mais je sais qu’il ne convient pas, qu’il va falloir en discuter. C’est un titre « martyre », un titre dont je sais qu’il est provisoire et qu’il va donner l’occasion de réfléchir avec l’éditeur. On en parle ensemble, et il est même arrivé que ce soit l’illustrateur qui en suggère un et qu’il soit choisi. Cela s’est produit deux fois et j’ai trouvé ça génial.
Le plus douloureux, c’est le titre qu’on aime, dont on est fier… et qui se voit refusé ou modifié par l’éditeur. C’est un moment de frustration qui ne dure pas mais qui est tout de même très agaçant.
C’est ce qui m’est arrivé pour un de mes prochains albums et cela m’a tenue éveillée une nuit entière. J’en ai parlé avec des amis auteurs, illustrateurs et tous m’ont dit qu’ils avaient connu la même déception au moins une fois. Cela m’a aidée à prendre du recul et maintenant tout cela me paraît un peu dérisoire. Je comprends la position d’un éditeur. Cela coûte cher de faire un livre alors bien sûr, il essaye de mettre toutes les chances de son côté, du côté du livre, et donc de mon côté aussi. Parfois, c’est moi qui gagne la partie et je n’en suis pas mécontente. Pour OUF ! par exemple, j’ai tenu bon et le titre n’a pas été changé !
Un dernier point : en littérature de jeunesse, le rapport que le titre entretient avec l’image de la couverture est essentiel. S’ils se complètent bien, si « ça colle », cela crée une sorte d’énigme qui donne envie de tourner les pages et de partir à la découverte de l’histoire. C’est une chimie un peu mystérieuse et le rôle du graphiste est très important.
Tu vois, Raphaël, qu’on parle du titre ou d’un quelconque aspect d’un album, on finit toujours par arriver à la même conclusion : tout seul, on ne peut rien. Faire un livre, c’est un sacré travail d’équipe !

Ouf !Ghislaine Roman est auteure. Son album Un jour, deux ours (illustré par Antoine Guilloppé et édité par Gautier Languereau) vient de ressortir et son tout dernier album, Ouf ! (illustré par Tom Schamp et édité par Milan) est sorti le mois dernier.
Retrouvez Ghislaine Roman sur son site : http://www.ghislaineroman.fr.

Cécile Roumiguière :
Le titre arrive… quand il veut. Parfois, on commence à écrire une histoire à partir d’un titre, à partir de deux ou trois mots qui mis ensemble ouvrent tout un univers. D’autres fois, à la fin de l’écriture, on ne sait toujours pas comment s’appellera le livre, et l’éditeur peut donner son avis, bien sûr. Certains éditeurs même, adorent trouver des titres. Entre les deux, souvent, on hésite, on trouve un titre en cours d’écriture, puis il change. Et souvent, à la fin, ce sont les « commerciaux », c’est-à-dire ceux qui présentent nos livres aux libraires pour qu’ils aient envie de les proposer dans leur magasin, ce sont eux qui demandent à changer le titre pour qu’il soit « plus vendeur ». Et là, l’auteur résiste, discute, ou cède, ça dépend si le titre lui plaît beaucoup où s’il n’est pas très important pour lui. Il faut aussi vérifier que le titre n’existe pas déjà, il y a tellement de livres, de films, de chansons…

LilyCécile Roumiguière est auteure. Elle alterne romans et albums, elle vient d’ailleurs de sortir un roman chez La joie de Lire (Lily) et un album chez À pas de loups (Sur un toit un chat). À la rentrée, on découvrira Mon chagrin éléphant (Thierry Magnier).
Le site de Cécile Roumiguière : http://www.cecileroumiguiere.com.

Mélanie Decourt
Comme la couverture, le titre est du ressort de l’éditeur ou de l’éditrice. Et, pour les mêmes raisons que la couverture, car l’éditeur est la personne qui connaît le contenu du livre et sait à quel type de lecteurs-lectrices on le destine et donc comment il doit s’appeler pour attirer son public.
Parfois l’auteur a trouvé dès le départ un très bon titre et on le garde jusqu’au bout.
Parfois il n’y a pas de titre ou un titre pas terrible, alors l’éditeur fait des propositions qui seront débattues avec l’équipe de la maison d’édition et l’auteur.
Il est important de trouver le titre avant que le graphiste et l’illustrateur réalisent la couverture. En effet, le titre met en avant un des aspects du livre et l’image doit s’adapter à ce sujet. SI le titre change, c’est toute la couverture qui change.

Mélanie Decourt est directrice éditoriale (albums et fictions) chez Nathan après avoir été éditrice chez Talents Hauts, maison qu’elle a co-fondée.

Odile Josselin :
On en discute toujours avec les auteurs. Le titre est important, comme la couverture pour donner envie, intriguer. Certains auteurs y pensent très tôt et ça les stimule. Par exemple Michel Van Zeveren s’était amusé à trouver des expressions qui reviennent toujours chez les enfants : « Et, pourquoi », « C’est à moi, ça » « C’est pas grave ». Lorsqu’on est d’accord, je dois vérifier si le titre est encore disponible car sinon cela peut être embêtant pour les commandes des libraires.  C’est à moi ça s’appelait d’abord « C’est à moi ». On a rajouté un petit mot pour ne pas avoir de problème et il est très bien comme ça maintenant !
Il est vrai que parfois l’auteur n’a pas d’idée car il s’est concentré sur l’histoire, les dessins et toutes les autres questions. Alors on cherche ensemble. Certaines fois ça prend plus de temps.

Odile Josselin est éditrice chez Pastel. Elle est l’éditrice de Jean-Luc Englebert (cf plus haut).

Christelle Renault:
Cela dépend ! Certains auteurs trouvent leur titre avant d’écrire leur histoire, d’autres ne le trouvent qu’à la fin. Il se peut aussi que le titre change en cours de route. C’est très dur de trouver un titre accrocheur, original, attirant, qui résume bien l’histoire du livre, et qui ne soit pas déjà utilisé.
Donc oui, parfois, l’éditeur doit aider l’auteur à trouver un bon titre pour son livre.

Christelle Renault est éditrice album à l’école des loisirs.

 

 

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