La mare aux mots
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Ophélie Texier

Jumeaux

Par 23 février 2013 Livres Jeunesse

Aujourd’hui, je vous présente une sélection de livres qui ont pour sujet la gémellité !

Max et Jo sont jumeauxOn commence avec un livre pour les tout-petits. Max et Jo sont jumeaux est un album cartonné qui nous présente les aventures de deux petits lionceaux, qui sont donc nés le même jour. Physiquement on ne peut les différencier, et d’ailleurs, ils en jouent parfois en se faisant passer l’un pour l’autre. Mais avoir un frère jumeau c’est aussi avoir un compagnon de jeu, un complice pour les bêtises et un confident rassurant pour affronter les peurs de la nuit.

L’histoire d’Ophélie Texier est très simple pour aborder avec les plus jeunes la question de la gémellité. On peut regretter que les lionceaux soient vraiment peu différenciés (ils ne s’ennuient jamais par exemple, parce qu’ils aiment les même jeux), mais ainsi l’histoire est vraiment compréhensible par les tout-petits qui apprécieront également les illustrations très colorées et contrastées.

On continue avec plusieurs albums pour les enfants un peu plus grands.

Bonne_nuit_les_jumellesAvec Bonne nuit, les jumelles !, on fait la connaissance de deux fillettes qui se ressemblent donc comme deux gouttes d’eau et partagent absolument tout : les jouets, les vêtements, la chambre. Elles ont même partagé le ventre de leur maman avant de naître. Et surtout, elles partagent depuis cinq ans la même couverture pour dormir. En grandissant, la couverture devient trop petite et les fillettes s’en disputent la propriété. L’une avance qu’elle est née trois minutes avant l’autre. L’autre rétorque que trois minutes, ça ne compte pas et qu’elle en a autant besoin que sa sœur. Bref, le problème semble insoluble jusqu’à ce que leur maman ait l’idée de créer deux nouvelles couvertures, avec de nouveaux tissus et un morceau de l’ancienne pour chacune. Alors qu’elles prennent soin de choisir la couleur en fonction de leurs goûts personnels, c’est la première fois qu’elles sont ainsi différenciées. Toutes fières, elles s’apprêtent à dormir chacune dans leur lit pour la première fois… Grande première qui ne s’avérera pas si simple que prévu !

Hyewon Yum signe et illustre un très bel album pour aborder non seulement la question de la séparation et de la différenciation qui sont parfois des moments difficiles pour les jumeaux, mais aussi le lien très fort et si particulier qui les unit, différemment des fratries ordinaires (même si certaines choses ne changent pas finalement, comme les disputes). Les illustrations jouent beaucoup avec la double-page, qui permet de réserver un espace à chacune des deux héroïnes, un peu comme un miroir. C’est doux et sensible, et ça devrait évoquer des situations connues dans bien des familles.


Coucou les jumeauxCharlotte et Simon sont jumeaux. Mais pour autant, ils sont très différents. Ils partagent le quotidien, comme toute fratrie, mais alors que l’un est gros mangeur, l’autre est une rêveuse, ou bien encore l’un aime dessiner des visages, l’autre recopier des chiffres, l’un regarde les images du livre, l’autre les barbouille de crayon… Ils sont heureux ainsi, jumeaux mais très différents.

Peut-être que j’extrapole complètement, mais il est bien possible que la petite Charlotte de Coucou les jumeaux, ce bel album pour enfants, soit Charlotte Voake, l’auteur et illustratrice. En effet, cette petite fille qui dessine sur les livres a sans doute continué sur cette lancée, jusqu’à illustrer entre autres, ce bel album pour enfants. Cette fois, les jumeaux sont vraiment différenciés. Impossible de les confondre, non seulement parce qu’ils sont fille et garçon mais aussi parce que ce sont vraiment deux êtres uniques avec leurs habitudes et leurs caractères. Le texte très simple et les illustrations pleines de vie et de douceur abordent de nombreuses situations quotidiennes dans lesquelles s’expriment ces différences. Un beau livre pour faire passer l’idée que gémellité ne signifie pas forcément « copié-collé » !

559e13cd04e0921781676fe3d9c71f0aEncore une belle histoire pleine de tendresse et de justesse avec L’une danse, l’autre pas, de Geneviève Casterman. Rose et Line sont deux oiseaux nées du même œuf. Elles grandissent toutes les deux, ensemble et différentes. Elles vont être amenées à se séparer… Et elles ne vivront pas cela de la même manière ! Mais surtout, les retrouvailles promettent d’être savoureuses.

J’ai beaucoup aimé la sensibilité de ce petit album pour enfants vraiment très beau. Avec des mots simples, et de très jolies illustrations délicatement colorées, on découvre non seulement l’enfance des jumelles, mais aussi, brièvement, la vie des parents. En effet, on découvre leurs premiers pas avec deux enfants à nourrir, câliner, bercer en même temps, et puis le moment où ils lisent dans « un livre savant » qu’il faut qu’ils séparent et différencient leurs petites filles. Beaucoup de parents de jumeaux s’y retrouveront certainement ! Et les enfants seront séduits par cette jolie histoire qui raconte le lien particulier qui unit les jumeaux.

Passons maintenant à quelques livres un peu plus documentaires, pour les petits et les plus grands.

Dans ce domaine, la collection Tom et Lou est une référence.

en attendant les jumeauxAvec En attendant les jumeaux, on fait la connaissance d’Eliot, un petit garçon de deux ans qui s’apprête à devenir grand frère de jumeaux. Et cette situation chamboule déjà son quotidien : sa maman est fatiguée, souvent allongée, et son gros ventre est un peu gênant pour s’installer à côté d’elle et la câliner. Et puis, à la maison, c’est le défilé des petits vêtements, des paquets de couches, des berceaux, des sièges autos, des chaises hautes. Tout est multiplié et c’est assez impressionnant pour le petit garçon. Et puis finalement, tout le monde a beau y aller de son petit commentaire, c’est encore plein de mystère tout ça !

les jumeaux à la maternitéÇa y est, c’est le grand jour : la naissance des jumeaux ! Quelle effervescence à la maison, mais aussi à l’hôpital ! Cette fois, avec Les jumeaux à la maternité, on suit les parents d’Eliot pour les premiers jours de Tom et Lou. Le départ, l’accouchement, le séjour, les premiers soins, le défilé des visites de la famille curieuse, le jeu des ressemblances, la rencontre avec ces tous petits bébés, la distribution des doudous, les premières photos, rien n’est oublié ! Eliot vit de grands moments, et même si ce n’est pas toujours facile, il est quand même fasciné par les deux bébés et bien entouré de ses parents, qui l’aiment toujours autant !

les jumeaux sont des gloutonsEnfin, Les jumeaux sont des gloutons aborde le retour à la maison et surtout toute l’organisation que cela réclame ! Et c’est peu de le dire : l’allaitement, les biberons, les pleurs ensemble ou en décalé, le petit carnet pour ne rien oublier, les nuits hachées, l’élève puéricultrice qui vient parfois prendre le relais, , les visites de la famille,… Deux bébés ça occupe ! Heureusement, les parents trouvent du temps pour jouer avec Eliot. Puis, petit à petit, les jumeaux grandissent et commencent à rire aux bêtises de leur grand frère, qui du coup apprécie d’autant plus de partager leur chambre ! Avoir un frère ET une sœur, c’est chouette finalement !

Ces trois petits albums sont vraiment bien faits. Sophie Faudais est elle-même maman de jumeaux, et ça se sent ! Aucun détail n’est oublié, c’est vraiment extrêmement fouillé et chaque famille pourra au moins en partie s’y retrouver. En même temps, avec les grandes illustrations de J. De Man, ça reste vraiment accessible aux enfants, et notamment à ceux qui s’apprêtent à devenir aîné de jumeaux ! Une référence sur le sujet, c’est certain !

baronperche-def1Pour les enfants beaucoup plus grands qui s’intéressent à la question de la gémellité, je vous conseille Le livre de tous les jumeaux. Philippe Nessmann y a compilé des dizaines d’informations à la fois scientifiques, sociologiques, pratiques et humoristiques pour balayer les idées reçues à propos des jumeaux. Il passe en revue les jumeaux célèbres de l’histoire, essaye de percer les mystères de la génétique, et aborde également la vie quotidienne des jumeaux et de leur famille. C’est instructif, bien organisé et donc facilement accessible, et les illustrations de Bruno Gibert contribuent à rendre le tout vivant. A la fin du livre, on trouve même un quiz ! Les jumeaux, leur famille, mais aussi tous les curieux apprendront plein de choses, ça ne fait aucun doute !

Et enfin, je vous présente un tout petit roman, pour les enfants dès 9 ans.

emma-ou-lea-qui-est-quiEmma et Léa sont deux copines d’Agathe, l’héroïne de la collection l’école d’Agathe. Vraies jumelles, si elles portent les mêmes vêtements, il est impossible de savoir qui est qui. Les petites filles et leurs amis vont s’en amuser, auprès des adultes notamment. Une situation sans doute classique pour les jumeaux !

Comme d’habitude, Pakita nous plonge dans une histoire très vivante. Le texte est accessible pour les jeunes lecteurs, et rythmé par les touches de couleurs et les illustrations de J-P Chabot. Emma ou Léa qui est qui ? est un petit roman drôle et dynamique !

Quelques pas de plus…
Retrouvez d’autres livres sur la gémellité que nous avons chroniqué : La lampe des jumeaux et La série Conte moi le monde. Retrouvez aussi d’autres titres sur le forum (et venez y ajouter votre petit grain de sel)
Nous avons déjà chroniqué :
– deux autres livres d’Ophélie Texier, parus également dans la collection Les Petites Familles de l’Ecole des Loisirs : Jean a deux mamans et Camille a deux familles.
– deux autres livres de Bruno Gibert : Au lit, poussin ! et Peluches à Paris.
– d’autres livres de Pakita et J-C Chabot : Ambre a peur du noir et Julie nous fait la cuisine

Max et Jo sont jumeaux
d‘Ophélie Texier
L’école des loisirs dans la collection Les petites familles.
7,70 €, 170 x 170 mm, 20 pages, imprimé en Malaisie, 2005
Bonne nuit les jumelles !
d’Hyewon Yum
Albin Michel Jeunesse
12 €, 280 x 230 mm, 40 pages, imprimé en France, 2012
Coucou les jumeaux
de Charlotte Voake traduit par Anne Krief
Gallimard Jeunesse
12,70 €, 250 x 280 mm, 28 pages, imprimé en Chine, 2006
L’une danse, l’autre pas
de Geneviève Casterman
L’école des loisirs dans la collection Pastel
11,70 €, 145 x 245 mm, 44 pages, imprimé en Italie, 2011
En attendant les jumeaux
de Sophie Faudais, illustré par J. De Man
Prisma dans la collection Tom et Lou
8,90 €, 206 x 211 mm, 20 pages, imprimé en France, 2012
Les jumeaux à la maternité
de Sophie Faudais illustré par J. De Man
Prisma dans la collection Tom et Lou
8,90 €, 210 x 205 mm, 20 pages, imprimé en France, 2012
Les jumeaux sont des gloutons
de Sophie Faudais illustré par J. De Man
Prisma dans la collection Tom et Lou
8,90 €, 210 x 205 mm, 20 pages, imprimé en France, 2012
Le livre de tous les jumeaux (petits et grands)
de Philippe Nessmann illustré par Bruno Gibert
Le Baron Perché
17,80 €, 155 x 197 mm, 155 pages, imprimé en Italie, 2010
Emma ou Léa qui est qui ?
de Pakita illustré par J-P Chabot
Rageot dans la collection L’école d’Agathe
5,20 €, 120 x 190 mm, 29 pages, imprimé en France, 2003

A part ça ?

Actuellement, le Musée d’Orange propose une exposition sur les Romains, spécialement adaptée au jeune public. Le site de l’exposition, Romains à petit pas, propose des quiz et des recettes.

Marianne

 

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Et si l’on parlait d’homoparentalité et d’homosexualité aux enfants ?

Par 24 septembre 2012 Livres Jeunesse

 

Extrait de Titiritesse, éditions OQO

L’homoparentalité on en parle de plus en plus, ça fait partie du quotidien des enfants (c’est de plus en plus courant que nos enfants aient, dans leur classe, un camarade qui a deux papas ou deux mamans) pourtant c’est un sujet rarement abordé dans la littérature jeunesse… Et quand on en parle c’est souvent de façon assez « pédagogique » (c’est souvent le thème principal du livre). Moi je rêve de voir un personnage récurent comme T’choupi ou Petit ours brun avec un copain qui a deux papas (et que ça soit juste une donnée, pas une thématique), cela ferait tellement avancer les mentalités… Avoir des parents de même sexe ça devrait être juste « banal », ça ne devrait même pas mériter une chronique spéciale ici ! Mais comme ça reste rare j’ai eu envie de le faire. J’ai décidé de parler aussi de livres qui parlent de l’homosexualité, ils ne concernent pas forcément les homosexuels eux mêmes, mais permettent d’ouvrir l’esprit des enfants, et peut-être répondre à quelques questions (tout comme ma fille qui a des parents de sexes différents n’est pas dérangée par une histoire où un enfant a des parents de même sexe). Personnellement quand je lis une histoire d’amour elle m’émeut si elle est belle et je ne regarde pas si ce sont deux personnes de même sexe ou de sexes opposés. On devrait proposer aux enfants des livres avec des couples de même sexe, des couples mixtes (je parle d’origine ethnique) ou des couples avec des différences d’ages… comme ils en croisent tous les jours. Les livres pour enfants ne devraient plus, en 2012, ne proposer que des histoires dont les parents sont jeunes, blancs, hétérosexuels avec deux enfants (un garçon et une fille évidemment) et un chien. Les livres pour enfants sont là pour faire évoluer les mentalités aussi, merci donc à tous ceux qui écrivent des livres qui sortent de ce schéma.

Donc je parlerai dans la première partie des livres sur l’homoparentalité puis dans la deuxième de ceux sur l’homosexualité (dans chaque partie j’ai classé par âge). Vous retrouverez, comme d’habitude, les références des livres en fin de chronique. Je vous proposerai quelques autres livres et des liens dans le Quelques pas de plus… et un livre sur l’homoparentalité dans le A part ça ? Retrouvez aussi tous les livres que nous avons chroniqués sur le sujet (et même les nouveaux viendront s’ajouter) ici.

Vous remarquerez que cette chronique (qui est la 500ème chronique de La mare aux mots !) est plus longue que d’habitude mais je pense que c’est justifié !

Dans la collection Les petites familles de L’école des loisirs on trouve Jean a deux mamans. J’avais déjà parlé de cette collection lors de ma thématique sur le divorce avec Camille a deux familles. C’est une collection relativement bien faite pour les plus petits : textes courts, pages cartonnées épaisses. Ophélie Texier sait, en quelques mots, faire passer le message. Ici donc Jean et ses deux mamans, Maman Jeanne qui l’a porté (et qui attend d’ailleurs un autre enfant) et Maman Marie. Peut-être un bémol toutefois, vous me direz ce que vous en pensez. Maman Jeanne qui donc porte les bébés fait la cuisine et joue avec les enfants pendant que Maman Marie va à la pêche et fait les travaux dans la maison… On remarque aussi que c’est Maman Marie qui offre un bouquet à Maman Jeanne. Une vision très hétérosexuelle d’un couple homosexuel d’après moi.

Quand Théo dessine son arbre généalogique à l’école, Pauline se moque de lui « hi, hi, hi… mais c’est pas possible ta famille ! » en effet Théo a deux mamans ! « mais dans une famille y’a un papa et une maman » d’après elle. Et pourtant… pourtant Théo n’est pas le seul à ne pas répondre à ce schéma : un de ses petits camarades vit seul avec sa maman, un autre a été adopté, un autre vit avec deux papas,… Voilà un livre bien fait et très sympa (bon les illustrations ne sont pas…). Ce n’est pas caricatural, c’est doux, l’histoire est simple mais percutante. Un livre qui plaira à tous les enfants qui n’ont pas une famille qui correspond aux canons habituels… et ça plaira aussi aux autres enfants !

Tango a deux papas et pourquoi pas ? En effet Silo et Roy sont deux manchots inséparables. Et au moment où tous les couples manchots font leurs nids, eux c’est ensemble qu’ils font le leur, entre mâles. Le souci c’est que les autres couples ont tous un œuf à couver mais pas Silo et Roy, un gardien du zoo va leur en confier un. Ils vont ainsi devenir papas. L’homoparentalité vu par les animaux c’est une très bonne idée. Les enfants adorent ce genre de façon de montrer les choses, ça passe tout seul. De plus les dessins sont magnifiques, l’histoire est vraiment réussie. Bref c’est un très bon album pour aborder l’homoparentalité mais aussi la différence et la tolérance.

Ulysse vit avec ses deux mamans et son chat, Capsule. Un jour son oncle Dédé à la drôle d’idée de lui offrir une souris. Les mamans d’Ulysse ont du mal avec cette idée, et Capsule… comment réagira-t-il ? Ce qui m’a plu dans ce livre c’est qu’Ulysse a deux mamans, c’est un fait mais ce n’est pas le but de l’histoire. C’est un détail dans le récit. Après… je trouve que ce livre n’est pas mémorable (histoire pas folichonne et illustrations assez moyennes) mais c’est sympa que ce genre de livres existent aussi. Un livre très « grand public » (le genre de livre qu’on trouverait en supermarché) qui, en arrière-plan, fait passer un message. Ça serait intéressant d’ailleurs qu’on trouve plus de livres avec une famille homoparentale dont ce ne soit pas le sujet principal.

Marius est un petit garçon de cinq ans qui a deux maisons, sa maman a un amoureux et son papa aussi. Il aime ses deux maisons et leurs différences (chez maman y a une maison de pirate, chez papa on n’est pas obligé de ranger sa chambre), par contre il n’aime pas quand sa mamie dit que deux hommes ensemble c’est pas bien…
J’ai adoré ce petit album aux illustrations qui peuvent surprendre, que l’on peut trouver un peu dures et que moi je trouve très esthétique. L’histoire racontée par l’enfant est à la fois touchante et absolument pas mièvre (souvent quand c’est un enfant qui parle on le fait parler de façon niaise). On parle donc d’un papa qui vit avec un homme, du regard de la grand-mère, de l’institutrice (scène que j’ai trouvé très drôle où Marius est puni parce qu’il dit que son père est homosexuel), de comment on fait les bébés,… Un très bel album sur un apprenti pirate qui mène sa vie comme n’importe quel enfant.

Rosalie vit avec celles qu’elle appelle ses amourEs : ses deux mamans, Natacha et Mélanie. Avec sa meilleure amie Lucie, elle se pose des questions, elles se posent des questions sur l’amitié et l’amour en général et sur l’amour entre deux femmes en particulier (comment elles s’aiment nues la nuit ?).
Ce petit roman illustré de façon très particulière par Thisou Dartois, est complètement décalé. Dans sa forme et dans le fond. Rosalie joue avec les mots, leur orthographe (on parle de « goût thé », d’ « en nuit »,…). Le roman ramène parfois à une page puis à une autre, par moment c’est écrit avec une  écriture manuscrite, les dessins semblent rajoutés à la main par-dessus le texte, bref on joue avec la mise en page. Le livre aborde des choses qu’on aborde rarement dans la littérature jeunesse (comme l’amour physique entre personnes du même sexe ou l’insémination artificielle par exemple) ou des choses plus courantes mais d’une façon décalée. Un joli petit roman pour jeunes lecteurs sur l’amour sous toutes ses formes.

Oh, boy ! Siméon (14 ans), Morgane (8 ans) et Venise (5 ans) viennent de perdre leur mère et leur père s’est volatilisé il y a quelques années… que vont devenir les enfants ? Ont-ils une famille ? Après recherche ils ont un demi-frère et une demi-sœur (qui ne l’est pas vraiment…). Qui aura la garde, l’antipathique Josiane ou le « pédésexuel » Bart ?
Oh, Boy ! est sans aucun doute l’un des meilleurs romans jeunesse que j’ai lu. Extrêmement drôle (même dans les scènes tragiques), écrit avec une grande finesse, on ne s’ennuie pas une minute, on a envie de connaître la suite, de savoir ce que vont devenirs ces enfants. Les personnages sont très bien croqués, du surdoué Siméon à l’adorable petite Venise qui fait faire l’amour à ses barbies en racontant des histoires où le passé simple est très utilisé et très approximatif, en passant par la juge des tutelles accro au chocolat ou la voisine battue par son mari et qui refuse de porter plainte. Car oui le roman aborde des tas de thèmes : l’homosexualité, l’adoption, la fratrie, la maladie, les femmes battues,… Alors peut-être seul bémol, j’ai trouvé le personnage de Bart assez caricatural… Enfin disons que des homos avec plein de manières, qui s’évanouissent à la vue du sang, parlent au féminin, cumulent les conquêtes,… bien-sûr que ça existe, mais est-ce qu’il faut forcément montrer cette image ? C’est un grand débat que j’ai commencé avec une fan du livre et nous n’étions pas du tout d’accord. Passé ce bémol, qui n’en sera pas un pour la plupart des gens, c’est vraiment un roman exceptionnel, un vrai bijou de la littérature jeunesse que je vous conseille grandement !

Après les livres sur l’homoparentalité, ceux sur l’homosexualité.C’est l’histoire d’une petite grenouille qui s’appelle Cristelle. Elle est la fille du roi et de la reine, et comme toutes les princesses elle doit rencontrer le crapaud charmant pour l’épouser. C’est aussi l’histoire de Crioline, grenouille parmi tant d’autres, dont les parents sont de modestes travailleurs. Crioline préfère jouer aux jeux rigolos des crapauds que de passer son temps à se mirer dans la mare comme les autres grenouilles de son âge. Et si c’était Crioline qui devait épouser Cristelle ?
Très belle histoire que celle de ces deux grenouilles, le texte est beau et touchant, ici aucune mièvrerie. On reprend un peu les codes du conte pour mieux les casser : la princesse va épouser non seulement une fille mais une fille du peuple. L’amie de Crioline se demande quelles seront les réactions des autres, ses copains crapauds, ses parents. Crioline a même peur de finir en prison à cause de cet amour interdit. Mais en fait tout ça n’arrivera pas, il semble naturel à tout le monde qu’une grenouille épouse une autre grenouille. On parle de l’amour, des picotements dans le ventre que ça procure, de l’adoption même. Un très très bel album, pas militant, qui parlera à tous les enfants.

Au royaume d’Avant-hier vivait la princesse Titiritesse. Elle rêvait de voir le monde, sa mère rêvait surtout de la voir mariée ! Pour échapper à tout ce que lui destine sa mère Titiritesse décide de s’enfuir. En chemin elle rencontre un roi dont la fille Wendoline a été enlevée, ni une ni deux elle part sauver la princesse, détenue par l’ignoble (pas si ignoble finalement) Avalesix Duncoup. Dès leur première rencontre, Wendoline tombe sous le charme de Titiritesse et adore son parfum sucré, les deux princesses sentent une brise qui leur fait des chatouillis dans la tête quand elles sont ensemble et la nuit elles rêvent qu’elles s’embrassent…
Titiritesse est un album OQO, et si vous suivez ce blog vous savez à quel point j’aime cette maison d’édition. Comme d’habitude c’est totalement original, cet album ne ressemble à aucun autre. On est ici dans un conte complètement farfelu avec un ogre qui rêve d’un nouveau pull, un âne sans nom, un mot qui fait rire tout le monde et des princesses qui se marient. Comme toujours chez OQO les illustrations sont particulières, certains vont adorer et les regarder longuement, scrutant les détails, d’autres vont y être hermétique (je fais partie des premiers, ma compagne des seconds). L’objet est beau avec son papier épais. Un très bel album plein de fantaisie, d’humour et d’amour.

Zoé se sent anormale et sale. Elle a ses premières règles et elle est amoureuse de Nina, sa cousine. Elle vit tout ça comme quelque chose qui la dégoûte. Son éducation catholique ne l’aide pas à trouver les choses « normales ». De plus dans sa vie ce n’est pas la joie : ses parents sont en pleine crise de couple.
Autant le dire tout de suite, je n’ai pas été fan de F comme garçon. L’histoire ne m’a pas emballé, le personnage pas séduit et je n’ai pas accroché au style. Le titre lui-même qui voudrait dire que qui dit lesbienne dit garçon ne me plaît pas. Pourtant ce roman pourra peut-être plaire à des jeunes qui connaissent ces situations : confusion entre homosexualité et expériences, premières amours, premiers émois, situation familiale tendue,… C’est un des rares romans pour ado, d’après moi, qui aborde ce sujet de la différence entre l’homosexualité et les expériences qu’on veut tenter ado, coucher avec quelqu’un du même sexe sans se sentir homosexuel. Après le fait que ça ne m’ait pas parlé c’est très subjectif ! Je ne trouve pas que ça soit un mauvais roman (sinon je ne l’aurai pas chroniqué) mais moi il ne m’a pas séduit.

Jérôme l’esprit de camaraderie, les conversations « viriles », les filles avec leur agenda « star » et leurs stylos roses, la musique à la mode, les baignades entre potes… ce n’est vraiment pas son truc. La rentrée de seconde le stress, il ne veut pas passer pour le mec associable, il faut se fondre au groupe, faire des concessions, paraître cool… et pour lui c’est une vraie épreuve… et dans la classe il y a Clément, un garçon qui le trouble de plus en plus sans qu’il n’en comprenne la raison.
J’ai adoré ce roman, j’ai trouvé ça bien écrit, drôle, fin, intelligent. Je me suis régalé ! Jérôme Lambert a une vraie plume et a su croquer ce garçon un poil misanthrope qui découvre son attirance pour les garçons. L’histoire d’amour est très belle, la relation avec les parents intéressante. C’est un des meilleurs livres sur le sujet, un personnage dans lequel beaucoup de garçons qui vivent tout ça vont se reconnaître. On n’est pas dans les clichés ici, tout sonne juste. On parle aussi du regard des autres (les copains, les parents,…). Le seul bémol c’est que j’ai été frustré par la fin, j’aurai aimé qu’il soit plus long, savoir la suite. En tout cas je vais regarder ce que Jérôme Lambert a écrit d’autre.

Scènes de vies : Vincent se fait ridiculiser à la gym, Vincent dans sa famille où l’on ne communique pas, Vincent et sa meilleure amie, Vincent rencontre le nouveau…
Construit sous forme de petits chapitres, comme si Vincent nous racontait des passages de sa vie (un peu comme un journal, un peu comme des séances de psy ou des confessions… un moment Vincent dit, à propos de son père « j’en parlerai dans un autre bouquin »), Qui-suis-je ? est un joli roman dans lequel un ado de 14 ans et demi découvre son homosexualité. Le roman ne véhicule pas de clichés, Vincent, bien qu’un peu en marge et nul en sport, est un adolescent type. Les scènes où il se rend compte de qui il est sont belles tout en faisant très réelles, ici pas de grandiloquence et pas d’effet de style, tout sonne juste. On parle aussi ici des mots « pédé » et « enculé » utilisés à longueur de temps comme insulte dans les cours de récré sans en chercher le sens et les conséquences. Un joli petit roman, facile à lire avec une écriture très fluide.

Quelques pas de plus…

Sophie de La littérature de Judith et Sophie a déjà parlé de Oh, Boy ! ici.
Un autre livre sur l’homoparentalité et dont nous avons parlé sur La mare aux mots : La fête des deux mamans d’Ingrid Chabbert et Chadia Loueslati.
D’autres livres qui parlent d’homosexualité et dont nous avons parlés sur La mare aux mots : On m’a oublié de Guillaume Le Touze (un jeune garçon passe quelques jours chez son oncle homo), Plan B pour l’été d’Hélène Vignal (le meilleur ami de l’héroïne est homo), Les petites marées de Séverine Vidal (l’héroïne est amoureuse d’un garçon qui se révèle être homo), Sur les quais d’Anne Loyer et Ingrid Chabbert (une histoire d’amour entre deux filles), Le mariage de Coquet le Coq de Juan Alfonso Belmontes et Natalie Pudalov (un album jeunesse dans lequel la laitière et la renarde se marient).
Sur d’autres blogs, Le faire ou mourir de Claire-Lise Marguier par La littérature de Judith et Sophie, par Les livres de Dorot et en lecture commune sur A l’ombre du grand arbre, Will & Will de John Green et David Levithan sur Les carnets de Nathan et Arc-en-cielles de Nina Emisson sur de Qu’importe le flacon pourvu qu’on ait  LIVREsse.
Et beaucoup d’autres livres sur le site Altersexualité (albums, bd, romans,…).
Et pour finir, vendredi le sujet des Maternelles, sur France 5 sera « Prévenir l’homophobie (parler d’homosexualité avec ses enfants) ».

Jean a deux mamans
d’Ophélie Texier
L’école des loisirs dans la collection Loulou & cie.
7,70€, 170×170 mm, 20 pages, imprimé en Malaisie.
Dis, mamans
de Muriel Douru
Éditions gaies et lesbiennes
8,01€, 28 pages, lieu d’impression non indiqué.
Tango a deux papas et pourquoi pas ?
de Béatrice Boutignon
Le baron perché
16,30€, 280×220 mm, 40 pages, imprimé en France
Ulysse et Alice
d’Ariane Bertouille, illustré par Marie–Claude Favreau
Les éditions du remue-ménage et Bouton d’or Acadie
18,35€, 245×340 mm, 40 pages, imprimé au Canada
Marius
de Latifa Alaoui M., illustré par Stéphane Poulin
L’atelier du poisson soluble
13,50€, 170×210 mm, 28 pages, imprimé en France
À mes amourEs
de Claudine Galéa, illustré par Thisou
Le Rouergue
6,50€, 120×170 mm, 112 pages, imprimé en France
Oh, boy !
de Marie-Aude Murail
L’école des loisirs, dans la collection Médium
8,50€ , 125×190 mm, 207 pages, imprimé en France
Cristelle et Crioline
de Muriel Douru
KTM éditions
14€, 170×210 mm, 32 pages, imprimé en France
Titiritesse
de Xerardo Quintiá, illustré par Maurizio A. C. Quarello
OQO dans la collection O
12€, 250×230 mm, 48 pages, imprimé au Portugal
F comme garçon
de Isabelle Rossignol
L’école des loisirs, dans la collection Médium
9,40€ , 125×190 mm, 152 pages, imprimé en France
Tous les garçons et les filles
de Jérôme Lambert
L’école des loisirs, dans la collection Médium
9,20€ , 125×190 mm, 111 pages, imprimé en France
Qui suis-je ?
de Thomas Gornet
L’école des loisirs, dans la collection Médium
8,70€ , 125×190 mm, 101 pages, imprimé en France

A part ça ?

Qu’est-ce que l’homoparentalité ? C’est ce à quoi tente de répondre Martine Gross dans un petit livre très complet. Ici tout est abordé, de la sémantique à l’aspect juridique. On y parle bien sûr de l’intérêt de l’enfant, de l’adoption, de l’insémination artificielle,… On y lit des vécus de parents et d’enfants, des témoignages d’experts (scientifiques, psychanalystes,…). On va aussi parler de ce qui fâche (les idées reçues du genre qu’un enfant élevé par un couple gay a plus de chance d’être abusé, des arguments des « anti-homoparentalité »), de ce qu’il reste à faire (gageons que ça change les prochaines années)… bref un petit livre très complet, une mine d’information pour tous les gens qui vivent cette situation.
Qu’est-ce que l’homoparentalité ? de Martine Gross. Éditions Payot-Rivages, 7,50€.

Gabriel

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Mes parents ne s’aiment plus… (thématique sur le divorce 1/3)

Par 31 mai 2012 Livres Jeunesse

Ce soir elle ne rentre pas
Je n’sais plus, je n’sais pas
Elle écrira demain peut-être
Nous aurons une lettre
Il pleut sur le jardin
Je vais faire du feu
Je n’ai pas de chagrin
On est là tous les deux
Seuls
Mon petit garçon
Serge Reggiani

Aujourd’hui un sujet pas forcément évident : le divorce. C’est souvent un évènement difficile pour les enfants. Les livres sont là pour leur montrer qu’ils ne sont pas seuls dans ce cas. Les livres sont aussi une bonne façon d’entamer des conversations, de leur faire parler de leurs propres questionnements, de voir comment ils voient les choses. Je vous propose une chronique en trois parties, aujourd’hui et la semaine prochaine les livres pour les plus jeunes et la semaine d’après pour ceux qui savent déjà bien lire.

Camille a bien de la chance d’avoir deux familles ! Deux maisons, deux gâteaux d’anniversaire, partir deux fois en vacances,…

Camille a deux familles d’Ophélie Texier est un livre tout cartonné idéal pour les toutpetits. Le texte est simple, les illustrations épurées, le genre d’album qui va leur parler. Ici on dédramatise donc la famille recomposée. Camille est heureuse et ne voit que des avantages à sa situation. Par contre un enfant dont les parents ne sont pas divorcés va envier Camille ! Il est sorti dans la collection Loulou & cie chez L’école des loisirs, un gage de qualité !

Les parents se séparent est un livre de la collection Mine de rien de Catherine Dolto (chez Gallimard Jeunesse), une collection que j’aime assez mais qui sur certains point à tendance à me hérisser le poil… Pourtant elle est plutôt bien faite, joliment illustrée et bien écrite. Mais voilà il y a souvent une phrase qui chez moi ne passe pas, ici c’est la première « Tous les enfants naissent de l’amour d’une femme et d’un homme » que je trouve assez hétérocentrée et même au-delà… Mais passons cette première phrase et intéressons-nous au reste. Ici donc Catherine Dolto explique avec beaucoup de psychologie et de finesse le processus de la séparation des parents. Du désamour à la reformation d’une nouvelle famille en passant par le divorce en lui-même avec les avocats,les juges et les disputes. Cette collection arrive toujours à parler aux enfants avec des mots simples, leur expliquer les choses qu’ils vivent, les dédramatiser.

Pétard préférait sa vie d’avant. Une femme qui lui donnait des croquettes, un homme qui le faisait sortir et des enfants avec lesquels il jouait ou faisait des câlins. Mais maintenant c’est vraiment plus pareil, il vit un coup chez l’un, un coup chez l’autre. Et ils ont l’air bien tristes tous séparés. Il faut tenter de remettre de la vie dans tout ça ! Oh Pétard !

Le divorce vu par le chien de la famille, c’est original ! Fallait y penser ! Le texte de Christine Naumann-Villemin (dont j’avais entendu le plus grand bien mais je n’avais rien lu d’elle) est très beau et en même temps très drôle, plein de tendresse et d’humour. Le côté « vu par le chien » permet vraiment de dédramatiser tout ça, d’en rire. À la fin, forcément, le chien se rend compte que cette nouvelle vie n’est pas si mal. Les illustrations de Christine Davenier sont pleines de mouvement, ce qui donne énormément de dynamisme à cet album. Un album très vivant, loin de toute morosité.

La vie d’enfant en garde alternée ce n’est pas toujours facile, une semaine chez l’un, une semaine chez l’autre… heureusement la petite fille de cette histoire a tendu un fil entre les deux maisons.

« Mes parents ils ne s’aime plus. Et ça, ça veut dire plus de bisous, même sur la joue. Ils se disent un coucou de loin. Rusée, je me mets entre eux deux et je leur prends la main. On forme un trio pour quelques secondes. Je suis le fil entre les deux. » Pour parler de sujet pas facile avec humour et tendresse qui de mieux, franchement, que Séverine Vidal ? Son Du fil à retordre est comme la plupart de ses écrits un livre qui nous fait sourire autant qu’il nous fait ressentir des émotions. Le personnage principal est attachant et touchant mais en même temps si drôle et si pétillant. On parle donc ici de la garde alternée, des vacances « partagée » entre les deux, d’essayer d’être le lien entre deux personnes qui se sont aimées. L’enfant tente de faire des choses drôles pour que les parents se le racontent, pour recréer le dialogue, pour allonger ce temps où ils sont à nouveaux trois. On parle aussi de ce qu’on emporte, du sac qui est la seule chose commune aux deux maisons et des odeurs, emporter avec soi, chez papa, l’odeur de maman. Et ce fil qui lie les deux vies, ce fil parfois tendu, parfois emmêlé mais qui est toujours là heureusement, pour continuer de marcher dessus en essayant de ne pas tomber. Qu’elle est belle cette histoire, qu’ils sont beaux les mots de Séverine Vidal. Qu’ils font du bien !

Cette famille c’est simple comme un jeu de carte ! Le père, la mère, le fils, le chien. Mais un jour il y a eu un souci. Au milieu le fils et le chien, d’un côté le père et de l’autre la mère. À partie de là le jeu est devenu de plus en plus compliqué. Il y avait toujours le père, la mère, le fils et le chien mais sont venus s’ajouter l’amoureux de la mère , l’amoureuse du père, la fille de l’amoureux de la mère, le fils de l’amoureux de la mère, la chat du fils de l’amoureux de la mère,… bref un jeu de carte bien différent… pas forcément moins bien… mais plus pareil !

Le parallèle entre le jeu de 7 familles (les personnages sont souvent représentés sur des cartes et on les voit souvent jouer aux cartes) et l’évolution de la famille est à la fois très intelligent et super original. Le texte est une petite merveille. C’est drôle, fin, bien écrit. L’objet en lui-même est très beau. C’est un album que j’adore. À la fin du livre on nous montre d’autres sortes de jeux, des familles différentes, ce qui souligne bien qu’aucune famille n’est semblable, celle de l’enfant unique, l’enfant sans parents, l’enfant adopté ou l’enfant à deux papas (rares sont les livres qui parlent d’homoparentalité et ça mérite d’être souligné !). Pour citer un peu la quatrième de couverture qui reprend les règles du jeu de cette famille « On peut y jouer avec le cœur à l’envers et le moral dans les chaussettes. On peut y jouer en inventant les règles au fur et à mesure (…) On peut y jouer autant qu’on veut parce que c’est jamais interdit de rigoler ». Cet album est une vraie réussite !

Quelques pas de plus…
Oh, Pétard ! et Du fil à retordre sur Enfantipages.
Le jeu de cette famille, Du fil à retordre et d’autres livres sur le divorce sur 3 étoiles
Et la suite de cette thématique jeudi prochain (d’autres albums) et le jeudi suivant (romans).

Camille a deux familles
de Ophélie Texier
L’école des loisirs dans la collection Loulou & cie
7,70€
Les parents se séparent
de Catherine Dolto et Colline Faure-Poirée, illustré par Frédérick Mansot
Giboulées Gallimard Jeunesse dans la collection Mine de rien
6,00€
Oh, Pétard !
de Christine Naumann-Villemin, illustré par Christine Davenier
Kaléidoscope
13€
Du fil à retordre
de Séverine Vidal, illustré par SeL
Éditions Les Lucioles
14,90€
Le jeu de cette famille
de Annie Agopian, illustré par Claire Franek
Rouergue
12€

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À part ça ?

Oh mais c’est déjà le dernier jour du mois, et donc le jour des coups de cœur ! Pour le mois de mai Marianne a choisi Les pendules de Dana et moi Patabulle cultive son jardin. Retrouvez nos coups de cœur des mois précédents sur le blog et sur Facebook.

Gabriel

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« Crocolou court dans les champs et les prés, c’est la liberté! »

Par 13 novembre 2009 Livres Jeunesse


J’aime bien ce livre, Crocolou aime la nature d’Ophélie Texier… avec quelques réserves! (mais ça dépends de votre vision de préserver la nature on va dire)
Crocolou donc adore la nature, s’y promener, monter aux autres etc
Mon souci c’est qu’il aime aussi pêcher et cueillir des fleurs (mais voilà c’est un débat…)
Les illustrations sont sympa et le thème de base est intéressant

Crocolou aime la nature d’Ophélie Texier
Acte sud
7€50
Public : A leur lire / Lecteurs débutant

Plus de livres sur le thème du respect de l’environnement et de la chasse au gaspillage sur le forum.

Gabriel

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