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Philippe Nessmann

Les invité·e·s du mercredi : Philippe Nessmann et Rémi Courgeon

Par 13 février 2019 Les invités du mercredi

Je lis, avec toujours le même plaisir, les livres de Philippe Nessmann depuis plusieurs années. La sortie de son dernier documentaire, Dans tous les sens, un magnifique ouvrage était l’occasion de lui poser quelques questions. Ensuite, je vous propose de visiter l’atelier d’un auteur/illustrateur qu’on adore, Rémi Courgeon. Bon mercredi à vous !


L’interview du mercredi : Philippe Nessmann

Pouvez-vous nous parler de votre parcours ?
Quand j’étais enfant, il y a une question que je détestais par-dessus tout : « Qu’est-ce que tu veux faire quand tu seras grand ? » Je n’en avais aucune idée ! Au lycée, comme je n’en savais toujours rien, mes parents ont décidé pour moi : puisque j’étais bon en maths et en physique, je serais ingénieur. Quelques années plus tard, mon diplôme d’ingénieur en poche, je me suis rendu compte que je ne me voyais pas faire ce métier toute ma vie – même si c’est un beau métier. Secrètement, j’avais envie d’écrire, mais je faisais alors le complexe du scientifique doué pour les chiffres, pas pour les lettres. J’ai donc repris des études : j’ai fait une maîtrise d’histoire de l’art, puis j’ai suivi des cours de journalisme. J’ai ensuite vraiment appris à écrire à Science et Vie Junior : ma double formation me permettait d’écrire aussi bien des articles sur les dernières découvertes scientifiques que sur les aventures passées des grands explorateurs. Depuis maintenant vingt ans, je vis uniquement des livres : j’ai écrit une quarantaine de documentaires sur les sciences, sur l’histoire ou sur l’art, onze romans historiques et un album.

J’aimerais que vous nous présentiez Dans tous les sens, le magnifique album documentaire qui vient de sortir au Seuil. Comment est né cet album ?
À l’origine, il y a la volonté d’Angèle Cambournac, éditrice au Seuil Jeunesse, de faire un documentaire sur les cinq sens. Lorsqu’elle m’a proposé de l’écrire, je me suis dit : « Oh non, encore un livre sur les cinq sens ! » Il faut dire qu’il y en a déjà beaucoup. J’en ai moi-même déjà écrit un il y a quinze ans dans la collection Kezako, que je dirigeais alors pour les éditions Mango. Mais lorsqu’Angèle m’a expliqué un peu mieux son projet, je me suis rendu compte que ce serait un livre différent des autres. Tout d’abord, sur le fond : elle voulait que, pour chaque sens, une double page soit consacrée à la science, une autre à l’art, une à un métier lié à ce sens, une à un personnage historique… Cela promettait d’être un livre d’une grande richesse. Ensuite, sur la forme : elle comptait confier l’illustration de l’ouvrage à Régis Lejonc, connu pour la qualité et la diversité de son travail.

À ce propos, les illustrations et la maquette sont absolument superbes, êtes-vous intervenu à ce niveau ?
Régis Lejonc et le graphiste Célestin, qui a réalisé la maquette, ont en effet fait un travail merveilleux. En ouvrant le livre, on ressent une impression de foisonnement, avec des dessins tour à tour drôles, poétiques, tendres… Je ne suis pas du tout intervenu à ce niveau-là. Lorsque je recevais par mail les dernières doubles pages mises en forme, je ne pouvais m’empêcher de me dire : « Wouah ! J’ai bien fait d’accepter de faire ce livre… Ce ne sera pas juste un autre livre sur les cinq sens. »

Même s’il est sorti il y a quelque temps déjà, j’aimerais que vous nous parliez de l’album Le Village aux mille roses qui m’avait beaucoup touché et qui est sélectionné pour le prix des Incos
Le Village aux mille roses est un livre un peu particulier dans ma production : c’est, à ce jour, mon seul album. Je l’ai écrit au lendemain des attentats du 13 novembre 2015, lorsque j’ai ressenti le besoin d’expliquer à ma fille, qui était alors en CE2, ce qui s’était passé. Je voulais lui fait comprendre comment des hommes en étaient venus à tuer des innocents au nom d’un Dieu ou d’une religion. La difficulté était de lui faire réaliser que le problème n’était pas Dieu ni la religion, mais la manière dont certains hommes les aimaient. J’ai alors imaginé cette histoire d’un village où poussent des roses de toutes les couleurs. Un jour, un vieux jardinier invente une rose d’une couleur toute nouvelle : noire comme la nuit, elle est magnifique. Le chef du village aime tellement la rose noire qu’il ne cultive plus que celle-là dans son jardin. Ne comprenant pas qu’on puisse aimer d’autres couleurs, il finit par interdire toutes les roses qui ne sont pas noires et par les faire couper. Petit à petit, le village sombre dans la tyrannie… Je suis content que le livre soit sélectionné pour le prix des Incorruptibles, car cela me permet d’aller à la rencontre d’écoliers et de leur parler de sujets qui me tiennent à cœur : la tolérance, la diversité, la liberté…

Vous avez écrit de nombreux albums documentaires, je suis particulièrement fan de Toutes les réponses aux questions que vous ne vous êtes jamais posées, j’aimerais savoir comment vous travaillez sur ces livres.
Comme souvent pour les livres documentaires, il y a au départ l’envie d’un éditeur. En 2004, Didier Baraud venait de créer les éditions Palette… Il souhaitait publier un livre documentaire amusant qui explique le dessous des choses : pourquoi le marathon se court-il sur 42 195 km ? Pourquoi le dollar a-t-il pour symbole un S et non un D ? D’où vient l’expression « payer en monnaie de singe » ? À chaque fois, il y a une raison historique que l’on a un peu oubliée. Le projet m’a tout de suite plu, car il mêlait histoire, sciences, sports, arts, culture, coutumes… J’ai pris beaucoup de plaisir à partir à la recherche de ces « questions que l’on ne se pose pas », et plus encore à en rédiger les réponses. Comme pour tous mes livres, je m’adresse à un public d’enfants, mais sans les prendre pour des enfants. Du coup, les adultes y trouvent aussi leur compte.

Quelles étaient vos lectures d’enfant, d’adolescent ?
Enfant et adolescent, j’adorais les livres de Jack London (Croc blanc, les Contes des mers du Sud…), de Saint-Exupéry (Terre des hommes, Vol de nuit…) de Stevenson (L’Île au trésor)… Bref, les livres d’aventure avec de l’exotisme, du danger et des grands paysages. Ce n’est pas un hasard si c’est le genre de livre que j’ai eu envie d’écrire, devenu adulte. En 2005, j’ai créé pour Flammarion Jeunesse la collection de romans historiques Les Découvreurs du Monde. J’y raconte l’histoire vraie de la conquête du pôle Nord, de la découverte de la tombe de Toutankhamon, du tour du monde de Magellan, du voyage de Marco Polo ou encore de la conquête de la Lune.

Quels sont vos prochains ouvrages que l’on découvrira ?
Mon prochain livre est une fable écologique qui devrait paraître en septembre prochain. Dans ce projet, le plus intéressant n’est pas tant mon texte que l’éditeur qui le publiera. La Cabane Bleue est une maison d’édition en cours de construction. L’objectif de Sarah Hamon, une ancienne éditrice de chez Fleurus, et Angela Léry, ancienne chargée de communication chez Gulf Stream Éditeur, est, d’une part, de faire paraître des livres pour la jeunesse traitant d’écologie et, d’autre part, de les fabriquer de la manière la plus écologique possible. En effet, éditer un livre pour expliquer que notre planète va mal en utilisant une encre polluante, en l’imprimant en Chine puis en pilonnant les invendus, ce n’est pas très cohérent ! Le projet porté par la Cabane Bleue me semble donc particulièrement intéressant, et il vaut la peine qu’on le soutienne. https://www.facebook.com/editionslacabanebleue.

Bibliographie :

  • Dans tous les sens, documentaire illustré par Régis Lejonc et Célestin, Seuil Jeunesse (2019).
  • Éternité – Demain, tous immortels ?, documentaire, De la Martinière Jeunesse (2018).
  • Mission Mars, roman/documentaire illustré par Dofresh, Fleurus (2017).
  • Dans la nuit de Pompéi, roman, Flammarion jeunesse (2017).
  • Le village aux mille roses, album, texte et illustrations, Flammarion jeunesse (2016), que nous avons chroniqué ici.
  • La fée de Verdun, roman, Flammarion (2016).
  • 50 inventions qui ont fait le monde, documentaire, Flammarion jeunesse (2016).
  • Quand j’étais petit (c’était avant), documentaire, Palette… (2014), que nous avons chroniqué ici.
  • art & sciences, documentaire, Palette… (2012), que nous avons chroniqué ici.
  • Le livre de tous les jumeaux (petits et grands), documentaire illustré par Bruno Gibert, Le Baron Perché (2010), que nous avons chroniqué ici.
  • Toutes les réponses aux questions que vous ne vous êtes jamais posées, album illustré par Nathalie Choux, Palette… (2005), que nous avons chroniqué ici.


Quand je crée… Rémi Courgeon

Le processus de création est quelque chose d’étrange pour les gens qui ne sont pas créateur·trice·s eux-mêmes. Comment viennent les idées ? Et est-ce que les auteur·trice·s peuvent écrire dans le métro ? Les illustrateur·trice·s, dessiner dans leur salon devant la télé ? Peut-on créer avec des enfants qui courent à côté ? Faut-il de la musique ou du silence complet ? Régulièrement, nous demandons à des auteur·trice·s et/ou illustrateur·trice·s que nous aimons de nous parler de comment et où ils·elles créent. Cette semaine, c’est Rémi Courgeon qui nous parle de quand il crée.

Le mot créer m’a toujours un peu gêné. Le costume de Créateur est trop grand pour moi, surtout la longue toge blanche et la grande barbe. Trôner au-dessus du monde dans un fauteuil de nuages, ce n’est pas mon truc. Je me vois plutôt comme un créatif : un type qui creuse en se grattant les tifs.
C’est donc la main dans la tignasse que je vais tenter de raconter comment ça marche, la mécanique des idées.
Bien que ça soit souvent une énigme.
Pour commencer dans le concret : il est trois heures du matin, et comme suis réveillé depuis une demi-heure et n’arrive pas à me rendormir, je suis monté dans mon atelier pour compléter ma to-do-list. Là, j’ai pris mon carnet et fiévreusement, au stylo Bic, me voilà parti à rédiger cette réponse. Ces carnets s’appellent TOUT ET RIEN. Je les achète chez MUJI depuis une quinzaine d’années, par paquet de 3, ils sont tous datés et numérotés. Mes disques durs externes. J’en ai toujours un avec moi. Au fil des années, ils sont de plus en plus remplis. Avant je travaillais sur des feuilles volantes, que je n’arrivais pas à classer et que je perdais. À présent, tout mon travail y est concentré, textes et croquis, recherches de mise en page, cartes de visite ou tickets de musée collés. Ils s’appellent comme ça parce que je me donne droit à tout : de l’idée visuelle la plus nulle au Haïku le plus foireux. C’est là que démarrent les albums. Parfois, je relis un texte vieux de cinq ans et je me rends compte que presque rien n’a changé du premier jet au livre imprimé. Ces carnets d’idées, format A5, sont suivis de carnets à dessin A3, pour le travail de mise en scène des images. Ceux-là quittent peu l’atelier. Je les scanne pour faire des mises en pages en maquette sur l’ordi.
Où ça se passe ? Quand ça se passe ? Partout. Tout le temps. Pour ce qui est des idées, il n’y a aucune règle, mais le fait d’avoir mon carnet toujours dans le sac me permet de ne rien perdre. C’est rassurant.
Je travaille souvent sur 5 ou 6 projets à la fois, à des stades de maturation différents : du tout premier brouillon à la finalisation en couleurs des illustrations, prêtes à partir en gravure.
Ce que j’aime, c’est les longs trajets en train : quatre heures de grande concentration sur un sujet qui me brûle depuis plusieurs jours, c’est totalement jouissif. Mon rêve serait d’avoir un train à moi, avec un compartiment atelier, passant tout mon temps à écrire et illustrer en regardant les vaches défiler.
Mais revenons à la réalité : à l’atelier, je trie et je range : les mots dans une belle typo, les dessins bien dans leurs pages, les gammes de couleurs au bon tempo. Ça fait du bien !
Ah, oui, un truc important : j’aime dessiner les gens, je fais plein de portraits sur le vif. Fébrilement dans le métro, ou calmement en faisant poser un ami. Souvent des gamins dans les classes où je suis invité. Dessiner la réalité m’aide à inventer des fictions.
Mon atelier est le grenier aménagé de la maison où nous vivons. Une pièce lumineuse qui n’existait pas avant que nous venions nous y installer, ma petite famille et moi. C’est sous ce chapeau que ça fume.
J’ai pour voisines des pies dont le vol noir et blanc m’émerveille et des abeilles qui ont fait leur ruche dans une ancienne cheminée : mes collègues de travail.
Les illustrations de mes albums sont dessinées à la main, au stylo bille et pinceau, en noir, sur table lumineuse. Les dessins sont ensuite scannés et mis en couleurs sur ordi. Une cuisine un peu difficile à expliquer. En été, au bord de la mer, je fais des collages, sans but narratif. Parfois aussi un peu dans l’année, le matin, avant de travailler.
Ah oui, j’oubliais : la musique ? Jamais pour écrire, mais pour dessiner, c’est bien, ça rythme les gestes et invite à la couleur.
Tout le reste doit rester secret.

Rémi Courgeon. Février 2019.

Bibliographie sélective :

  • Série Timoto, texte et illustrations, Nathan (2017-2019), que nous avons chroniqué ici et et ici.
  • Tiens-toi droite, texte et illustrations, Rémi Courgeon (2018), que nous avons chroniqué ici.
  • L’oizochat – Le fils caché, texte et illustrations, Mango Jeunesse (2017), que nous avons chroniqué ici.
  • Tohu Bohu, texte et illustrations, Nathan (2016), que nous avons chroniqué ici.
  • Passion et Patience, texte et illustrations, Mango (2016), que nous avons chroniqué ici.
  • C’est l’histoire d’un poisson bavard, texte et illustrations, Seuil Jeunesse (2015), que nous avons chroniqué ici.
  • J’aime pas les clowns, illustration d’un texte de Vincent Cuvellier, Gallimard Jeunesse (2015), que nous avons chroniqué ici.
  • L’oizochat, texte et illustrations, Mango (2014), que nous avons chroniqué ici.
  • Gros chagrin, texte et illustrations, Talents Hauts (2014), que nous avons chroniqué ici.
  • Le grand arbre et autres histoires, recueil d’albums, textes et illustrations, Mango (2013), que nous avons chroniqué ici.
  • Contes d’Afrique, illustration de textes de Jean-Jacques Fdida, Didier Jeunesse (2012), que nous avons chroniqué ici.
  • Pieds nus, texte et illustrations, Seuil Jeunesse (2013), que nous avons chroniqué ici.
  • oujours debout, texte illustré par Isabelle Simon, L’initiale (2013), que nous avons chroniqué ici.
  • Elvis Presley, illustration d’un texte de Stéphane Ollivier, Gallimard Jeunesse (2012), que nous avons chroniqué ici.
  • Brindille, texte et illustrations, Mango jeunesse (2012), que nous avons chroniqué ici.
  • Pas de ciel sans oiseaux, texte et illustrations, Mango Jeunesse (2012), que nous avons chroniqué ici.

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Parler des attentats et du suicide [article en accès libre]

Par 23 juin 2017 Livres Jeunesse

Les livres du jour parlent de sujets pas faciles à aborder avec les enfants : les attentats et le suicide de l’un des parents.

Il était une fois un village qu’on appelait Le village aux mille roses parce qu’il y poussaient des roses de toutes les couleurs. Un jardinier réussi à réaliser un jour des roses noires et pour le chef ce fut le coup de foudre pour cette nouvelle fleur. Désormais, il ne voulait plus voir d’autres roses, les noires seules étaient admises… et gare à quiconque oserait cultiver d’autres fleurs.
C’est en pensant à Arianne Theiller, ancienne stagiaire chez Flammarion décédée au Bataclan, que Philippe Nessmann a écrit ce conte magnifique. Il y est question de diversité et de dictature, il évoque avec des mots poétiques le totalitarisme. La fable est pourtant pleine d’espoir. C’est un formidable outil pour discuter avec les enfants (en famille ou à l’école).
Un ouvrage pour évoquer les attentats et rendre hommage à ceux et celles qui nous ont été arrachés par les barbares.

Un enfant s’interroge… c’est quoi un attentat ? Difficile d’expliquer, même avec des métaphores… Comment expliquer l’inexplicable, comment faire comprendre aux enfants le sens de ce mot qu’ils ont beaucoup entendu ces derniers temps, sans les terroriser.
On avait déjà parlé de C’est quoi un attentat, lors d’un Parlez-moi de (lire ici), mais nous ne l’avions pas chroniqué. Contrairement au livre précédent, ici on n’est pas dans une fable, mais dans quelque chose de plus concret (le livre vise un public plus jeune) et si le début peut décontenancer (c’est mon cas), la fin répond avec justesse à la question. Difficile de lire sans avoir la chair de poule, mais le livre est pourtant plein d’espoir en parlant de l’après.
Un album dur, mais nécessaire pour parler avec les plus jeunes de ces tragédies qui font maintenant partie de leur quotidien.

Maman est forte, elle ne pleure jamais… pourtant ce soir, elle pleure. C’est depuis le coup de tonnerre… mais normalement l’orage ne la fait pas pleurer et là elle ne peut plus s’arrêter. Papa aussi pleure, ainsi que le grand frère. Après l’orage, tout est devenu calme… trop calme… plus de bisous, plus de câlins, pourtant l’enfant n’a rien fait… Pourquoi tout le monde est devenu bizarre ?
On évoque ici les policiers qui sont apparus devant l’école, « l’épidémie de tristesse », la vérification des sacs dès qu’on va dans les magasins et des bougies et des dessins qui sont apparus à un endroit. C’est délicat, poétique, et les enfants vont reconnaître des moments qu’ils ont traversés il y a peu. Hélène Romano évoque avec beaucoup de justesse ce sentiment d’impuissance des enfants face au désarroi des parents et leur peine quand on leur explique qu’ils sont trop petits pour comprendre (l’album est un vrai plaidoyer pour parler aux enfants, nommer les choses). Graphiquement, c’est tout aussi réussi.
Un bel album pour évoquer les attentats et rappeler la nécessité d’expliquer aux enfants.

Un autre livre pour parler des attentats, Graines de Charlie, que l’on avait chroniqué ici.

Un enfant se souvient de la vie « avant », quand il partait à la plage avec ses parents, le bonheur qui régnait dans la maison. C’était il y a seulement deux ans, depuis son père n’est plus là à cause d’un arbre. C’est sur cet arbre que l’enfant a vu son père se balancer à une branche, sans bouger.
On retrouve Hélène Romano et Adolie Day dans cet album également sorti chez Courtes et Longues. Avec beaucoup de délicatesse, tant dans le texte que dans les illustrations, elles évoquent le suicide de l’un des parents. Disons les choses franchement, le livre est vraiment destiné aux enfants vivant ce drame-là (on trouve d’ailleurs, en fin d’ouvrage, une fiche détachable à destination des adultes pour aider ces enfants), mais (contrairement à pas mal de livres « médicament ») l’album est particulièrement réussi, c’est un livre de qualité comme on a l’habitude de voir aux éditions Courtes et Longues.
Un bel ouvrage pour aider les enfants dont l’un des parents s’est suicidé.

Le village aux mille roses
de Philippe Nessmann
Flammarion jeunesse
5 €, 140×200 mm, 48 pages, imprimé en Espagne, 2016.
Dis, c’est quoi un attentat ?
Texte d’Oulya Setti, illustré par Perrine Rempault
Bilboquet dans la collection Les trésors bilboquet
13,50 €, 256×188 mm, 34 pages, imprimé en Union Européenne, 2017.
Après l’orage
Texte d’Hélène Romano, illustré par Adolie Day
Éditions Courtes et Longues
15 €, 175×250 mm, 40 pages, imprimé en France, 2017
L’arbre et l’ombre de la lune
Texte de Hélène Romano, illustré par Adolie Day
Éditions Courtes et Longues
19,90 €, 172×247 mm, 32 pages, imprimé en France, 2017

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De bien beaux contes

Par 20 octobre 2014 Livres Jeunesse

La lune nueLa lune ne se plaisait pas à vivre nue, elle alla voir sa mère, la grande et vaporeuse Nébuleuse Voie Lactée, elle pourrait lui donner un habit. La lune voulait une robe qui brille de mille couleurs dans la nuit, elle l’eut. Sauf que trois jours plus tard elle commença à se sentir bien serrée dans ce nouveau vêtement. Il fallait l’agrandir. Sa mère lui obéit… mais trois jours plus tard…
C’est un très beau conte qu’a écrit Marie Sellier. Une histoire aux allures de conte classique. Le texte est poétique et les illustrations d’Hélène Rajcak l’accompagnent à merveille.
On parle bien entendu ici des cycles de la lune, mais on peut y voir aussi un message sur le corps, sur le fait de s’accepter qu’on soit trop maigre ou trop rond, sur le corps qui change. On pense à Peau d’âne et ses robes couleurs du soleil ou couleur de nuit…
Un très joli conte, plein de poésie tant dans le texte que dans les illustrations (que je vous invite à découvrir ici).

ÀPERCE NEIGE et les trois ogresses noter que Talents Hauts vient de ressortir dans la même collection Perce-Neige et les trois ogresses, qui était une des histoires de Contes d’un autre genre de Gaël Aymon (le plus beau des trois), dans un très bel album. Peggy Nille a retravaillé ses illustrations et même ajouté quelques inédits. On parle ici d’un jeune garçon sensible (trop aux yeux de son père) qui va être chassé du royaume et recueilli par des ogresses. Une sorte de version « inversée » de Blanche-Neige (ici, le garçon va faire le ménage chez les ogresses et être réveillé par une jeune fille). Une magnifique histoire superbement illustrée.

UnCygnes Sauvages roi, qui avait onze fils et une fille, se remaria à la mort de son épouse avec une femme méchante qui ensorcela les princes afin de les transformer en cygnes et confia leur sœur à un paysan. Un jour, cette dernière partit à la recherche de ses frères…
Vous connaissez certainement ce très beau conte d’Andersen, il est ici réécrit par Kochka et magnifiquement illustré par la talentueuse Charlotte Gastaut. Plusieurs livres sont déjà sortis dans cette collection, on vous en a déjà parlé, et comme pour les précédents on retrouve les illustrations avec des parties dorées. Les planches sont superbes, comme chaque fois et nos yeux se régalent. Le texte est assez difficile pour les plus jeunes, c’est typiquement le genre d’album qu’on offre aux grands enfants… ou qu’on s’achète pour soi même !
Encore un classique illustré magnifiquement par Charlotte Gastaut.

UnLa Belle et la Bête David Sala riche paysan qui avait tout perdu s’égara un jour dans une forêt. Il trouva refuge dans un château où il ne croisa personne. En partant il cueillit une rose pour sa plus jeune fille, il n’aurait pas dû, il déclencha la colère de l’habitant du château, la Bête.
Vous connaissez très certainement l’histoire de La Belle et la Bête, ne serait-ce que par le chef d’œuvre de Cocteau avec Jean Marais. Ici, c’est l’histoire originale et intégrale de Jeanne-Marie Leprince de Beaumont qui ressort illustrée par un des plus grands illustrateurs, David Sala. Les planches sont absolument somptueuses et comme dans le précédent on y trouve des parties dorées… sauf qu’ici ce n’est pas forcément une réussite… Elles paraissent vraiment rajoutées et gâchent un peu le magnifique travail de David Sala, comme si l’on avait ajouté des autocollants à des toiles de maître… c’est un peu dommage. Malgré tout, ça reste un magnifique ouvrage, avec, là aussi, un texte pas toujours évident pour les plus jeunes (il date du XVIIIe siècle).
Un album jeunesse proche du livre d’art.

EtPeau d'âne Demy puisqu’on parlait de Jean Marais et un plus haut de Peau d’âne, De La Martinière Jeunesse vient de sortir une très belle version du conte écrite par Jacques Demy, lui-même ! Le texte est ici illustré par des photos du film (on retrouve donc Catherine Deneuve, Jean Marais, Delphine Seyrig…) dans une maquette qui fait édition classique, l’édition est magnifique avec sa tranche dorée. Un cadeau idéal pour les amoureux du chef d’œuvre de Jacques Demy… et les autres !

Quelques pas de plus…
Nous avons déjà chroniqués plusieurs livres de Marie Sellier (10 tableaux et des animaux, Le secret de grand-mère, 10 tableaux et un ballon rouge, Le fils de Picasso et Dragons & Dragon), Gaël Aymon (Le secret le plus fort du monde, Ma réputation, Le fils des géants, L’anniversaire à l’envers, Les souliers écarlates, La princesse Rose-Praline, Une place dans la cour, Contes d’un autre genre et Giga Boy), Peggy Nille (Lily cherche son chat, Mon cher petit coeur, La Princesse Optipois, Le petit oiseau au grain de blé, Le voleur de lune, Le Petit Chaperon Rouge, Les amoureux du ciel, Le nom du diable et Contes d’un autre genre), Kochka (À l’heure du loup, Le rossignol et l’empereur de Chine, Peau d’Âne et Dans ma ville il y a…), Charlotte Gastaut (Boucle d’Or & les 3 ours, Peau d’âne, PoucetteMon amie est princesse et Mais que fait la police ? ), Andersen (La petite sirène version Anna Karina, La petite sirène lu par Marie Tirmont, La petite sirène illustré par Alexandra Huard, Contes inédits : Le compagnon de voyage, Le petit Ole Ferme l’oeil, Le goulot de Bouteille, Le Rossignol et l’empereur de Chine, un CD regroupant plusieurs de ses contes, La petite fille aux allumettes illustré par Fabrice Backès, Les habits neufs de l’empereur illustré par Parastou Haghi et un recueil sorti chez Lito, Contes d’Andersen), David Sala (Féroce) et Charles Perrault (Le chat botté, Cendrillon, Le chat beauté, Le petit chaperon rougeLe chat botté et Le petit Poucet dans la collection Les contes en chanson chez Larousse, Peau d’âne illustré par Charlotte Gastaut, Le petit chaperon rouge dans une version « herbier » et une version sans texte et Cendrillon en petit théâtre d’ombre). Retrouvez également l’interview de Gaël Aymon et de Peggy Nille.

La lune nue
Texte de Marie Sellier, illustré par Hélène Rajcak
Talents Hauts
14,90 €, 217×302 mm, 48 pages, imprimé en Union Européenne, 2014.
Perce-Neige et les trois ogresses
Texte de Gaël Aymon, illustré par Peggy Nille
Talents Hauts
16,50 €, 256×338 mm, 28 pages, imprimé en Italie, 2014.
Les cygnes sauvages
Texte de Kochka (d’après Andersen), illustré par Charlotte Gastaut
Père Castor
13,50 €, 240×300 mm, 32 pages, imprimé en France, 2014
La Belle et la Bête
Texte de Jeanne-Marie Leprince de Beaumont, illustré par David Sala
Casterman dans la collection Les albums Casterman
16,95 €, 270×250 mm, 64 pages, imprimé en Chine, 2014
Peau d’âne
Texte de Jacques Demy (d’après Charles Perrault)
De La Martinière Jeunesse
17 €, 220×285 mm, 144 pages, imprimé en Italie, 2014.

À part ça ?

Quand j'étais petit (c'était avant)Et puisqu’on parle de beaux livres pour enfants dans cette chronique, j’avais envie de vous parler d’un beau livre plutôt pour les grands. Quand j’étais petit (c’était avant) nous délivre une série de « quand j’étais petit… » de Philippe Nessman. Rappelez-vous, cette époque où pour entrer dans une voiture fermée à clé, les passagers devaient attendre que le conducteur y pénètre puis se contorsionne pour déverrouiller, une à une, toutes les portières, cette époque où l’on découvrait toujours qu’une bonne partie des photos était inutilisable quand on faisait développer une pellicule, cette époque de Groquick, du Lucky Luke avec une cigarette et du scotch sur les cassettes pour pouvoir à nouveau enregistrer dessus quand on avait cassé la languette en plastique. On n’est pas du tout ici dans le « c’était mieux avant », il s’agit plutôt de nous faire sourire en nous rappelant des choses qu’on avait parfois oubliées. En plus, le livre est magnifique (il est édité chez Palette… qui fait toujours un beau travail d’édition), c’est typiquement le livre qu’on offre en cadeau (en tout cas moi je sens que je vais en offrir).
140 phrases madeleine réunies dans un très bel ouvrage.
Plein de choses à découvrir sur la page Facebook du livre.
Quand j’étais petit (c’était avant) de Philippe Nessmann, 19 €, Palette….

Gabriel

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De l’art

Par 22 mars 2013 Livres Jeunesse, Loisirs Créatifs et Cahiers d'activités

Aujourd’hui on va s’intéresser à l’art.

On commence par une petite merveille, art & sciences de Philippe Nessmann.

Art & sciencesContrairement à ce qu’on pourrait croire, la science et l’art sont très liés et ce depuis très longtemps. Alors bien-sûr les avancées dans des domaines comme l’anatomie, la géologie, la zoologie ou encore la météorologie ont permis aux peintres et aux sculpteurs d’être plus près de la vérité, mais c’est aussi grâce aux mathématiciens que les peintres ont appris les perspectives, grâce à la chimie que de nouvelles couleurs de peinture sont arrivées. La photographie et le cinéma existent directement grâce à des scientifiques qui ont inventé ces techniques. En architecture également, les avancées de la science et des techniques vont faire évoluer la forme et les matériaux des bâtiments, même chose en sculpture.

Je l’ai déjà dit ici, j’avoue que je suis totalement hermétique aux sciences. Mes professeurs de physique/chimie se désespéraient de ne jamais réussir à me faire dépasser les 5 de moyenne. Dès qu’on me parle de ce genre de choses, hop mon esprit s’envole ! Et pourtant ici j’ai été captivé ! Le livre est absolument magnifique esthétiquement parlant (beau papier, couverture à bords francs, très belle mise en page, très bons choix d’œuvres…), et passionnant à lire. Ce n’est jamais rébarbatif et pourtant on apprend des tas de choses. On parle de Dali et de physique quantique, de Léonard de Vinci et des turbulences, du nombre d’or, d’Alexander Calder, de la robotique,… et tout ça avec une approche simple. Un vrai bonheur. J’ai montré ce livre a une amie professeur d’art plastique en lycée qui a été scotchée. Un livre qui réconcilie les passionnés d’art et les scientifiques !

10 tableaux ballon rougeOn passe maintenant à un livre plus abordable par les petits (à partir de 5 ans). 10 tableaux et un ballon rouge… tout est dit ! Le principe est simple, grâce à un jeu très malin de découpage on voit un ballon apparaître sur les pages et en les tournant on voit ce qu’est ce ballon dans un tableau. L’enfant va donc suivre l’itinéraire de ce ballon rouge et découvrir Les joueurs de football du Douanier Rousseau, Icare de Matisse ou Femmes et oiseau, la nuit de Miro. L’idée est vraiment très bonne et c’est tellement bien de faire découvrir la peinture aux enfants. Une jolie initiation aussi ludique que culturelle.

On continue sur l’art avec des loisirs créatifs. Une bonne manière d’intéresser les enfants à la peinture est de le faire de façon ludique.

fruits & legumesDans la collection GRAND cahier DE création, Palette… a sorti Fruits & légumes qui regorge d’idées. Ici on va peindre avec des oranges, des poivrons, des poireaux, du brocoli,… Toujours en s’appuyant sur des œuvres existantes et sur des techniques utilisées par des peintres, l’enfant est invité à tenter des choses. Le cahier est grand (comme son nom l’indique) et les œuvres sont vraiment mises en valeur. Personnellement j’ai tenté deux choses avec ma fille et l’une de ses amies (voir ici et ) : utiliser des pamplemousses et des oranges pour faire des cercles colorés à la façon de Delaunay et des poireaux (et les doigts) pour faire un tableau inspiré d’Emmert. Le résultat n’était pas extraordinaire car les filles étaient un peu trop petites (elles ont mis trop de peinture) mais elles se sont éclatées ! Quel plaisir de tremper des choses inhabituelles dans la peinture. Bref un livre qui met en valeur les tableaux et avec lequel on s’amuse bien !

MasquesDans la même collection, Masques propose des masques prédécoupés sur un beau papier épais et des tableaux qui vont nous permettre de nous en inspirer. On va se faire un masque en imitant le visage de la Femme avec un livre de Fernand Léger ou en s’inspirant de Figure contre un soleil II de Miro. C’est une très bonne idée, originale et là aussi on va se familiariser avec l’art de façon ludique. Et généralement les enfants adorent mettre des masques !

L'histoire de l'artL’histoire de l’art en autocollants sorti chez Usborne en collaboration avec la National Gallery de Londres est un cahier très complet, regorgeant d’informations. Mais ici aussi c’est ludique donc pas rébarbatif. On va de la préhistoire à nos jours en passant par la peinture Hollandaise ou les représentations des dieux et des monstres, et sur chaque doubles pages, en plus de multiples petits textes informatifs, on va coller des autocollants. C’est vraiment très bien fait, un ouvrage comme je les aime !

Mon livre d'art à colorierDans Mon livre d’art à colorier, toujours chez Usborne, on va… colorier ! (bien y’en a qui suivent !). Colorier des tourbillons à la Van Gogh, des insectes à la Warhol, des rhinocéros d’Albrecht Dürer… C’est très complet et très varié, Jawlensky, Klee, Magritte, Chikanobu,… et ici aussi en plus du côté ludique, on va trouver des petites info sur les tableaux, les peintres et la technique qu’ils utilisaient. Décidément j’aime ces livres où l’on s’amuse en apprenant.

Quelques pas de plus…
Trois ouvrages sur l’art que nous avons chroniqué : L’art en autocollants, Le musée des jeux et Yves Klein. Retrouvez aussi d’autres ouvrages (et venez en ajouter) sur le forum.
Nous avons déjà chroniqué un livre illustré par Louise Heugel (Le secret de l’Achachila), un roman de Marie Sellier (Le fils de Picasso) et deux ouvrages de Philippe Nessmann (Toutes les réponses aux questions que vous ne vous êtes jamais posées et Le livre de tous les jumeaux).

art & sciences
de Philippe Nessmann
Palette…
24€, 240×269 mm, 84 pages, imprimé en Italie, 2012.
10 tableaux et un ballon rouge
de Marie Sellier
Nathan
14,90€, 258×257 mm, 45 pages, lieu d’impression non indiqué, 2013.
Fruits et légumes
de Louise Heugel
Palette… dans la collection GRAND cahier DE création
10€, 240×319 mm, 24 pages, imprimé en Italie, 2013.
Masques
de Michel Backes
Palette… dans la collection GRAND cahier DE création
11,50€, 240×319 mm, 24 pages, imprimé en Europe, 2013
L’histoire de l’art en autocollants
de Sarah Courtauld (traduit par Pascal Varejka), illustré par Nicola Butler
Usborne
7,50€, 240×306 mm, 48 pages, imprimé en Malaisie, 2013.
Mon livre d’art à colorier
de Rosie Dickins (traduit par Pascal Varejka), illustré par Carles Ballesteros
Usborne
6€, 217×252 mm, 36 pages, imprimé en Chine, 2013

A part ça ?

Alors que le salon de Paris ouvre ses portes aujourd’hui, un salon jeunesse important se prépare, celui de Villeurbanne (69). Chaque année nous suivons ce qu’il s’y passe en regrettant de ne pas pouvoir y aller (et chaque année les lyonnais nous narguent sur le forum en nous présentant un programme alléchant). Cette année encore ce salon du livre gratuit accueille de grands noms (Alice Brière-Hacquet, Barroux, Colas Gutman, Janick Coat, Charlotte Gastaud, Philippe Nessmann, Fred Paronuzzi, Samuel Ribeyron,…) et propose des tas de choses ! Tout le programme (et plus encore) sur leur site : http://www.fetedulivre.villeurbanne.fr et sur leur page facebook : https://www.facebook.com/fetedulivrejeunesse.

Gabriel

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Pourquoi sur le clavier les lettres sont dans le désordre ? Euh… attends on va prendre un livre…

Par 17 mars 2013 Livres Jeunesse

Arrête avec tes questions, on n’en peut plus
Par pitié, je t’en prie, sois cool
Arrête avec tes questions, on n’en peut plus
S’il te plaît, mon chéri, tu nous saoules
Les questions
Aldebert

Qui n’a jamais été assailli de ce genre de questions ? Heureusement que dans ces cas-là il y a de bons ouvrages. On commence par deux coups de cœur personnels.

Toutes les réponses aux questions que vous ne vous êtes jamais poséesToutes les réponses aux questions que vous ne vous êtes jamais posées est un ouvrage qui me suit depuis des années. Je l’adore. D’abord il est beau (je devrais dire « ils sont beaux » car il y a 3 tomes mais je n’ai que le premier), couverture toilée, illustrations de Nathalie Choux. Ensuite il est complet, bien écrit et jamais rébarbatif. Ici on trouvera des réponses aux questions parfois saugrenues des enfants : Avant l’invention du papier toilette, on fait comment ? Pourquoi il y a 24 heures dans un jour et 60 minutes dans une heure ? Pourquoi quand on chausse du 39 nos pieds ne mesurent pas 39 cm ? Mais aussi des questions qu’ils ne se sont pas forcément posées et qui vont permettre d’apprendre des choses (et d’épater dans les dîners de famille ou à la récré) : Quel petit fruit orange a été créé par le frère Clément en 1902 ? Quelle est la première personne au monde à avoir été boycottée ?  Pourquoi les fermetures Velcro doivent une fière chandelle aux chardons ? Au total ce sont 220 questions qui seront abordées, les enfants vont adorer… et vous aussi ! On trouve au début du livre la liste de toutes les questions et à la fin de l’ouvrage un index par mots clefs (sachez qu’il existe donc un tome 2 et un tome 3).

DIS-MOI POURQUOI ?Mon deuxième coup de cœur est un livre que je découvre et que j’ai tout de suite adoré. Dis-moi pourquoi ? de la collection Dis-moi ! chez Larousse. Couverture avec carton épais, rabat et élastique pour refermer le livre, spirale pour l’ouvrir plus facilement, papier DP Dis moi pourquoiépais, intercalaires, illustrations très sympa, textes courts… déjà « physiquement » il a tout pour plaire ! Celui-ci s’adresse aux plus petits (le précédent s’adresse plutôt aux enfants qui savent déjà lire je dirais, ici ce sont des réponses brèves et accessibles dès la maternelle). Six grands thèmes : L’Histoire, La nature, Les animaux, Le quotidien et L’univers. On trouvera ici la réponse à Pourquoi les Egyptiens construisaient des pyramides, pourquoi l’herbe est verte, pourquoi on doit se laver les dents, pourquoi les vautours planent dans le ciel, pourquoi les docteurs portent une blouse ou pourquoi on a longtemps cru que la terre était plate. En fin d’ouvrage on trouve un index par mots clefs (utile) et des autocollants à mettre dans le livre (beaucoup moins utile d’après moi). Très coloré et très bien fait ça va vite devenir le livre de chevet des petits curieux, comme le précise la couverture !

Deux livres vraiment bien pensés, bien écrits et assez indispensables, pour deux âges différents !

dis moi-comment    dis moi-ça alors

Dans la même collection que Dis-moi pourquoi ?, et tout aussi bien fait, deux autres livres : Dis-moi comment ? et Ça alors ! Le premier, vous l’aurez compris je pense, va répondre au « comment ? » des enfants, comment les bébés arrivent dans le ventre, comment on s’endort, comment le boulanger fait le pain, comment une lampe fait la lumière, comment on connait la vie des dinosaures, comment les champignons poussent… Des tas de « comment » regroupés ici aussi par thèmes séparés par des Dis moi Ca Alorsintercalaires : Le corps, Le quotidien, La culture et Les animaux et la nature. Le second, Ça alors ! , va permettre à votre enfant de scotcher les autres enfants… voire les adultes ! Il contient des tas de petites info surprenantes et passionnantes comme l’âge du plus vieux chien du monde, ce que fait une fourmi kamikaze en cas de danger, pourquoi la peau fait des plis quand on reste dans l’eau, quelle taille représenterait l’ADN d’une personne déroulée sur un fil,… bref on va en apprendre des choses. Mais le livre a aussi une autre partie très intéressante, Trucs et astuces ! Ici on va apprendre des tours de magie pour (là aussi) impressionner les copains, on va jouer avec les illusions d’optiques, relever des défis, apprendre des petites astuces comme couper un oignon sans pleurer,… Bref là aussi très sympa et très complet. Comme dans le précédent livre, ces deux-là sont illustrés de façon vivante, moderne et colorée, en fin d’ouvrages on trouve un index des mots clefs et des autocollants (que là aussi je trouve superflu). Une super collection !

BOITE quiz_CommentAllez maintenant c’est l’heure de l’interro ! Un petit quiz ! La petite boîte Le quiz des comment des 4-7 ans propose 100 cartes avec des questions classées par thèmes (Le corps humain, Les animaux, A table !, Les métiers, Vivre ensemble, Sciences et techniques et La terre et la nature). Ici on va donc jouer ! On prend une carte au hasard et hop… on pose la question ! Certaines cartes sont de type QCM d’autres sans aucunes propositions. Les réponses se trouvent rassemblées dans un petit carnet où elles sont suivies d’explications. On nous propose aussi une règle du jeu et la boîte se transforme en jeu de société pour jouer autour d’une table ou dans la voiture ! Ici on devra se débarrasser de ses cartes. Ludique, intelligent, esthétique que demander de plus ?!

On termine cette sélection de « pourquoi » par une collection de contes ! Les contes des pourquoi chez Larousse des petits (décidément !). Attention ici ne vous attendez pas à trouver de « vraies » réponses savantes… quoique !

Pourquoi les chiens n’aiment–ils pas les chatsSavez-vous Pourquoi les chiens n’aiment–ils pas les chats ? A la base pourtant ces deux-là s’entendaient très bien, ils cohabitaient avec les lapins, les grenouilles et les écureuils et le jour où un petit chat se désespéra de ne pas réussir à attraper de souris un chien vient l’aider à trouver une solution… mais ce petit voyage allait malheureusement briser leur amitié..

Pourquoi les girafes sont-elles si grandes ?Et savez-vous Pourquoi les girafes sont-elles si grandes ? A l’origine elles étaient pourtant de petites tailles. De petites jambes et un petit cou, comme beaucoup d’animaux… mais l’une d’elle détestait son corps qu’elle trouvait peu harmonieux. Et si Mère Nature pouvait l’aider ?

Pourquoi les éléphants aiment-ils tant leur trompeEt Pourquoi les éléphants aiment-ils tant leur trompe, vous vous êtes posé la question ? Là aussi au départ ils avaient un nez des plus normaux… Seulement l’un d’eux était drôlement curieux. Il passait son temps à poser des questions à tout le monde… et les saoulait même un peu ! Une question de trop allait changer son apparence…

Pourquoi les animaux ont-ils une queueQuant à Pourquoi les animaux ont-ils une queue, ça vous turlupine ? Au départ aucun n’en avait pourtant. Brahma les avait créé sans… mais Brahma avait aussi créé autre chose qui fit que les animaux demandèrent une queue…

Pourquoi les zèbres ont-ils des rayuresEt les zèbres, au départ ils étaient tous blancs, entièrement blancs donc on peut se demander Pourquoi les zèbres ont-ils des rayures ! Et si tout ça c’était à cause d’une petite amoureuse nommée Victoire ?

Pourquoi les loups ont-ils de si grandes dentsPour finir, je suis certain que vous vous êtes déjà demandé Pourquoi les loups ont-ils de si grandes dents ? Car figurez-vous qu’au départ ce n’était pas le cas ! Et bien figurez-vous que les poules (et une petite fée) y sont pour quelque chose !

Beaucoup d’humour dans 6 petits albums souples aux illustrations colorées (les six sont illustrés par un illustrateur différent, mais toujours de qualité). On n’apprendra donc rien mais on s’amusera bien et puis bon… pourquoi les réponses aux pourquoi des enfants seraient-elles toujours cartésiennes ? Un petit peu de poésie ne fait jamais de mal !

Quelques pas de plus…
D’autres livres que nous avons chroniqués et qui répondent aux questions des enfants : La mer, c’est profond comment ?, Un dinosaure, c’était grand comment ?, Le kididoc des combien, Détrompez-vous, les idées reçues les plus surprenantes et La mer, questions/réponses.
Nous avons déjà chroniqué plusieurs livres d’Agnès de Lestrade (Les cocottes à histoires, Bon Anniversaire, Gaston !Les pendules de Dana et Les baisers de Cornélius), un livre de Marie Morey (Ronchon, le cochon qui dit toujours non), un livre de Mélanie Allag (L’écologie des petits), un livre de Philippe Nessmann (Le livre de tous les jumeaux) et plusieurs livres de Nathalie Choux (Mon imagier de la maison, Mon imagier des formes, Mon imagier de Noël, L’ogresse poilueDe vrais amis, Mon imagier des saisons et Mon imagier de la nuit).

Toutes les réponses aux questions que vous ne vous êtes jamais posées
de Philippe Nessmann, illustré par Nathalie Choux
Palette…
16€, 195×260 mm, 128 pages, imprimé en Italie, 2005.
Dis-moi pourquoi ?
de Isabelle Fougère, illustré par Mélanie Allag, Claire Brenier, Denis Cauquetoux et Pierre Laloge
Larousse dans la collection Dis-moi
13,50€, 185×212 mm, 106 pages, imprimé en Chine, 2012.
Dis-moi comment ?
de Isabelle Fougère, illustré par Julien Akita, Rebecca Galera, Marion Cocklico et Delphine Renon
Larousse dans la collection Dis-moi
13,50€, 185×212 mm, 106 pages, imprimé en Chine, 2012.
Ça alors !
de Valentin Verthé, illustré par Séverine Duchesne, Marie Morey, Virginie Martins-Baltar et Julien Akita.
Larousse dans la collection Dis-moi
13,50€, 185×212 mm, 106 pages, imprimé en Chine, 2012.
Le quiz des comment des 4-7 ans
de Elisabeth Marrou, illustré par Adrien Siroy
Larousse
10,50€, 148x90x90 mm, 100 fiches + carnet de 128 pages, imprimé en Chine, 2012
Pourquoi les chiens n’aiment–ils pas les chats ?
d’Agnès de Lestrade, illustré par Romain Guyard
Larousse des petits dans la collection Contes des pourquoi
4,90€, 170×210 mm, 31 pages, imprimé en Espagne, 2013
Pourquoi les girafes sont-elles si grandes ?
d’Éric Marson, illustré par Olivier Huette
Larousse des petits dans la collection Contes des pourquoi
4,90€, 170×210 mm, 31 pages, imprimé en Espagne, 2013
Pourquoi les éléphants aiment-ils tant leur trompe
d’Éric Marson (d’après Rudyard Kipling), illustré par Sébastien Pelon
Larousse des petits dans la collection Contes des pourquoi
4,90€, 170×210 mm, 31 pages, imprimé en Espagne, 2013
Pourquoi les animaux ont-ils une queue ?
d’Éric Marson, illustré par Lucie Rioland
Larousse des petits dans la collection Contes des pourquoi
4,90€, 170×210 mm, 31 pages, imprimé en Espagne, 2013
Pourquoi les zèbres ont-ils des rayures ?
d’Agnès de Lestrade, illustré par Crescence Bouvarel
Larousse des petits dans la collection Contes des pourquoi
4,90€, 170×210 mm, 31 pages, imprimé en Espagne, 2013
Pourquoi les loups ont-ils de si grandes dents ?
d’Agnès de Lestrade, illustré par Prisca Le Tandé
Larousse des petits dans la collection Contes des pourquoi
4,90€, 170×210 mm, 31 pages, imprimé en Espagne, 2013

A part ça ?

A partir d’aujourd’hui et jusqu’à mardi c’est le printemps du cinéma.

Gabriel

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