La mare aux mots
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Pigeons

Et si l’amour c’était pas du pipeau ?*

Par 3 juin 2013 Livres Jeunesse

L’amour l’amour l’amour toujours ce vieux discours*… pourtant parfois les albums jeunesse savent nous en parler joliement.

Parfois l’amour ne tient qu’à un pigeon…

L'oeil du pigeonLéon a toujours été là dans les prémices de l’histoire d’amour de Youri et Rose. Quand ils se sont croisés la première fois (et que Rose était encore dans le ventre de sa mère), quand ils ont joué dans le même bac à sable sans se voir, quand ils se sont croisés sans s’échanger de regard à la fête foraine, quand ils ont eu leur premier baiser… chacun de leur côté mais pas loin l’un de l’autre. Sans Léon il est possible que l’histoire de Youri et Rose n’ai jamais commencé ! Comme quoi les pigeons, c’est bien plus utile qu’on pourrait le croire…

Une histoire d’amour vue par un pigeon (qui ne fait pas que voir d’ailleurs, il participe à la rencontre… d’une façon très particulière !), c’est original et bien trouvé. l'oeil du pigeon-p11-12C’est une très belle histoire que nous raconte Séverine Vidal, une histoire dont l’humour du texte et des illustration désamorce tout début de mièvrerie. Le pigeon est là à chaque étape  importante de la vie de ces deux amoureux (le retrouverez-vous dans chaque planche ?), c’est lui qui nous raconte leur histoire. C’est un magnifique album plein de tendresse et d’humour (humour souligné par les dessins) sur l’amour et sur les hasards de la vie.

Quand c’est la musique qui rapproche les gens…

Herman et rosie pour la vieHerman et Rosie n’habitaient pas très loin l’un de l’autre, à New York. Ils étaient seuls au milieu de la foule, faisant parfois un peu la même chose pas très loin l’un de l’autre, dans la solitude de leur appartement. Le soir, parfois, Rosie chantait dans un club de Jazz. Parfois, le soir, Herman jouait du hautbois sur son toit. Chacun entendit la mélodie de l’autre et la garda en tête, allaient-ils finir par la jouer ensemble ?

Herman et Rosie pour la vie est un très bel album avec une ambiance « Jazz à New-York ». Sa couverture évoque un vinyle et on a l’impression d’entendre de la musique en lisant cette histoire sur la solitude dans les grandes villes, l’amour et le hasard des rencontres. Magnifiques illustrations, un texte touchant, un bien bel album.

On quitte New-York pour Paris et on continue en musique… au son du piano du pauvre !

Jean et MargueriteJean sa passion c’est l’accordéon, dès qu’il le peut ce boulanger quitte son fourneau et en avant la musique ! Seulement voilà… Jean est seul… Comment séduire une belle avec un piano à bretelle ? Marguerite est une couturière, et tandis qu’elle coud elle ne pense qu’à une chose … le prochain bal ! Faut dire qu’elle adore danser, que ça soit la java ou la guinguette, Marguerite adore ça. Marguerite ne sait pas encore que bientôt c’est la musique de Jean qui rythmera ses pas…

Jean et Marguerite est un très bel album à laJean et marguerite musique bien de chez nous, avec son air de musette. Une histoire très touchante (d’autant plus quand on sait qu’elle est inspirée d’une histoire vraie), une très belle histoire sur une rencontre, sur l’amour. Les illustrations sont toutes douces mais pas mièvres, avec beaucoup de mouvement… comme un bal musette.

Il y a des histoires d’amour qui commencent mouillées !

Sous la pluieRien ne prédestinait Gaston et Rosalie à se rencontrer… surtout pas sous la pluie ! Lui, la pluie, il déteste ça, quand on est mouillé on peut tomber malade. Elle, la pluie, elle adore, ça lui donne envie de danser dessous. Quand il a peur d’abîmer ses chaussures, elle, elle danse dans les flaques. Pourtant alors que l’une sourit et l’autre râle ces deux-là vont tomber amoureux l’un de l’autre.

Belle histoire ici aussi, histoire d’amour entre deux opposés… Sous la pluiequi finalement trouveront un terrain d’entente. Et puis au final la pluie, même si on n’aime pas ça… en amoureux c’est différent ! C’est aussi un texte sur des regards différents sur une même chose, l’un positif et l’autre négatif. Un texte très poétique, des illustrations un peu « rétro », font de Sous la pluie… un album plein de charme.

Et il y a aussi les histoires légendaires…

Les Amoureux du CielTisserande était une des sept filles de l’empereur du royaume des cieux. Un jour où elle était sur Terre avec ses sœurs elle s’éprit d’amour pour un jeune paysan. Forcément son père n’accepta pas cette relation et malgré leur amour, leur mariage et leurs deux enfants il fit en sorte qu’ils ne se voient plus qu’une fois par an.

J’avais déjà chroniqué un ouvrage racontant cette magnifique légende chinoise, Les étoiles amoureuses de Céline Lavignette-Ammoun et Kim Dong-seong. mais c’est ici un ouvrage très différent. Il s’adresse à un public plus jeune et les illustrations (magnifiques) de Peggy Nille sont d’un tout autre style que celles de Kim Dong-seong, plus colorées. C’est une vieille légende qui explique l’origine de deux étoiles (les deux amoureux du ciel) qui se rejoignent un jour par an. Un très beau conte ancien, plein de poésie.

Quelques pas de plus…
Nous avons déjà chroniqué plusieurs livres de Séverine Vidal (Au pays des vents si chauds, Petit Minus, Le laboureur de nuages & autres petits métiers imaginaires, La grande collection, Mon papa est zarzouilleur, Clovis & le pain d’épices, Rien qu’une fois, Philo mène la danse, Plus jamais petite, Comment j’ai connu papa, Arsène veut grandir, Lâcher sa main, Rouge Bitume, Comme une plume, J’attends Mamy, Roulette Russe tome 1 Noël en juillet, Je n’irai pas, Léontine, princesse en salopette, Mamythologie, On n’a rien vu venir, Du fil à retordre, Prune, tome 1 : La grosse rumeurPrune, tome 2 : Le fils de la nouvelle fiancée de papa, Prune, tome 3 : Prune et la colo d’enfer, 5h22, Les petites marées et La meilleure nuit de tous les temps), Nancy Guilbert (Aliénor et le trésor dérobé) dont un avec Lilly Seewald (A la rencontre des mamans) et Peggy Nille (Mes créations du monde entier, Le nom du diable, Contes d’un autre genre, et Mes créations du monde-Europe). Retrouvez aussi notre interview de Séverine Vidal et notre interview de Peggy Nille.

L’œil du pigeon
de Séverine Vidal, Illustré par Guillaume Plantevin
Sarbacane
15,50€, 218×390 mm, 26 pages, imprimé en France, 2013.
Herman et Rosie pour la vie
de Gus Gordon (traduit par Dominique Boutel)
Gallimard Jeunesse
13€, 260×290 mm, 30 pages, imprimé en France chez un imprimeur éco-responsable, 2013.
Jean et Marguerite
de Manuel Rulier, illustré par Delphine Garcia
Les p’tits bérets dans la collection La tête sur l’oreiller
12,90€, 210×205 mm, 32 pages, imprimé en France, 2013
Sous la pluie…
de Nancy Guilbert, illustré par Lilly Seewald
Les p’tits bérets dans la collection Sur la pointe des pieds
13,90€, 297×220 mm, 24 pages, imprimé en France, 2013
Les amoureux du ciel
Auteur non indiqué, illustré par Peggy Nille
Nathan dans la collection Les petits cailloux du monde
5,50€, 173×200 mm, 27 pages, imprimé en France chez un éditeur éco-responsable, 2013.

A part ça ?

Chaque mois A l’ombre du grand arbre donne aussi ses coups de cœur du mois, et on aime aller y jeter un œil !

Gabriel

*références à Pipeau de Brigitte Fontaine

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Des ombres facétieuses, un pigeon qui fait un caprice et des peluches qui visitent la capitale

Par 18 mars 2012 Livres Jeunesse

Je vous avais parlé de Suzy Lee il y a peu avec les superbes La vague et Miroir Miroir. Dans le même esprit, Ombres joue aussi avec la pliure. Ici l’album s’ouvre à la verticale et la pliure sépare donc la page du haut de celle du bas, la petite fille de son l’ombre.

Tout commence par un jeu dans le garage, une petite fille monte sur une pile de cartons pour allumer la lumière et la symétrie avec son ombre est parfaite, elle joue avec elle, créant des ombres chinoises avec ses mains. Mais l’oiseau qu’elle vient de créer s’anime bientôt, et l’ombre du balai qui est à ses côtés s’est transformée en ombre de fleur : au fur et à mesure des pages la différence entre la réalité et l’ombre est de plus en plus importante. La vraie pièce se vide tandis que celle de l’ombre est peuplée d’animaux étranges, fabuleux ou terrifiants. Mais l’oiseau-ombre, fuyant le loup rejoint la petite fille et tout est chamboulé. Le loup passe lui aussi du côté réel et la petite fille va fuir du côté ombre. Tout est mélangé, et la parfaite symétrie entre l’ombre et la réalité ne reviendra qu’avec la seule phrase du livre, un à table qui vient d’ailleurs.

C’est ici aussi une pure merveille graphique mais pas seulement. Comme dans La vague où la petite fille imaginait cette vague qui jouait avec elle, ou dans Miroir Miroir où elle imaginait une inversion des rôles, là encore c’est de l’imagination débordante des enfants dont on parle. Ce qu’elle imagine prend vie et la magie n’est brisée que par le retour à la réalité qu’est l’appel de sa mère. Mais pourtant, comme dans La vague la dernière page est un clin d’œil qui montre que finalement tout continue, que pour l’enfant, même sans lui, les personnages fantasmés sont toujours là, ils continuent leur jeu. Suzy Lee a décidément un très grand talent pour nous faire ressentir des choses très fortes, faire voyager notre imagination et ce sans aucune parole.

Également sorti chez Kaléidoscope

Ce pigeon veut vraiment quelque chose depuis toujours, depuis au moins mardi dernier : Un petit chien ! Oh si si il s’en occupera bien c’est promis ! Et il est prêt à tout pour l’avoir : trouver des arguments, scander « un petit chien », hurler… et si on lui cédait ?

Qui n’a pas connu ce genre d’aventure ? On supplie ses parents pour avoir un animal mais est-on vraiment capable de s’en occuper ? c’est ce thème bien connu des parents qu’aborde Le pigeon veut un petit chien ! de Mo Willems. J’avais déjà parlé de cet auteur à propos de L’heure du pipi ! et de Guili Lapin. Ici aussi le texte est très simple, très court et surtout très drôle. Le graphisme est sobre mais efficace !

Après les animaux qui veulent un animal… les peluches en voyage !

Un jour, mon grand-père m’a demandé :
– Est-ce que tu aimerais visiter Paris ?
Oui, j’ai dit, et on est parti.
C’est le début de folles aventures à la capitale, Poussin, Papi Toutou, Tonton Mouton, Madame Trompette et Miss Titi vont visiter tous les quartiers et les monuments de Paris. Ils vont croiser des personnages hauts en couleurs comme les caricaturistes de Montmartre, vivre de grands moments comme assister à un opéra à l’Opéra Garnier ou boire un verre au Café de Flore et faire des choses encore plus parisiennes comme marcher dans du caca de chien, supporter les gens qui marchent sur les pieds dans le métro ou esquiver les automobilistes parisiens.

C’est un album très doux et très drôle, avec des réflexions du genre Il faut avoir bien peur du noir pour éclairer une ville comme ça. À croire que les habitants sont restés des enfants. L’objet lui-même est très beau avec son papier épais. C’est surtout un livre génial pour les amoureux (lucides) de Paris car on passe vraiment partout (22 lieux différents !). Les personnages sont très attachants, facétieux. Un bien bel album, très doux mais jamais mièvre.

Ombres de Suzy Lee
Kaléidoscope, 15 €
Public : A leur lire / Lecteurs débutants

Le pigeon veut un petit chien ! de Mo Willems
Kaléidoscope. 12€50
Public : A leur lire / Lecteurs débutants

Peluches à Paris de Bruno Gibert
Autrement, 14€50
Public : A leur lire / Lecteurs débutants

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À part ça ?

Je vous ai déjà parlé à deux reprises de On n’a rien vu venir, le livre continue sa course folle dans les médias ! Après que France Inter en ait parlé, hier c’était Paris Première :

A noter que le livre est également recommandé par La ligue des droits de l’homme. Un joli parcours pour ce livre signé par des auteurs qu’on adore ici.

Gabriel

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