La mare aux mots
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Précarité

De très bons romans pour les jeunes lecteurs

Par 26 février 2015 Livres Jeunesse

GéantÀ la mort de son père, Louis doit quitter la campagne pour la ville. Fini de garder les brebis monté sur des échasses, finies les balades dans le marais, fini d’être un géant. Maintenant, il faut se faire à la ville, avoir les pieds sur terre et se faire de nouveaux amis. Il faut aussi gagner de l’argent, alors Louis doit travailler en essayant d’aller parfois à l’école. Et puis il y a Sofia…
Géant est un magnifique roman. Jo Hoestlandt a une très belle plume, chaque mot, chaque phrase semblent choisis. Et pourtant le style très littéraire du texte n’est jamais pesant, jamais lourd, jamais pénible à lire. On y parle donc du deuil, de l’adaptation à une nouvelle vie, des rencontres, de l’amitié, mais on y parle aussi d’amour, de relation parent-enfant, de la transmission, des moqueries.
Un roman marquant, très beau, très poétique, pour les enfants à partir de 8 ans (d’après l’éditeur).

La robe à froufrouChacha (qui s’appelle Marie-Charlotte, mais n’essayez même pas de l’appeler comme ça) est plutôt le genre de fille qui a un caractère affirmé. Alors que sa tante va se marier, elle reçoit de sa part une robe qu’elle devra porter au mariage. Alors déjà une robe, pour Chacha c’est pas possible, mais une robe à froufrou là c’est même impensable !
Chacha n’a jamais connu son père, elle vit seule avec sa mère qui lui a toujours expliqué qu’elle était un souvenir de 14 juillet. Mais quand un matin elle voit sa mère débarquer avec les yeux totalement explosés à force d’avoir pleuré en regardant Jean Dupommier gagner un Oscar, Chacha n’a plus de doutes… l’acteur est son père et elle doit tout faire pour le contacter ! Mais comment rencontrer un homme aussi célèbre ?
On change radicalement de style, mais quel régal que ces aventures de Chacha ! Chacha se cherche un papaC’est plein d’humour, bien écrit, le personnage principal est aussi attachant que drôle, les histoires pleines de rebondissements… Chacha est un personnage plein de ressources. Que ça soit pour se débarrasser d’une robe à froufrou ou pour rencontrer un célèbre acteur, on peut compter sur elle pour déployer les grands moyens (parfois les plus farfelus). Seul (mini) bémol, comme je l’ai déjà dit ici j’ai horreur des marques dans les livres jeunesse, ici les fraises tagada deviennent tagaga, mais on comprend bien de quoi il s’agit… et elles sont TRÈS souvent citées (jusqu’à être l’illustration de la 4e de couv’). Mais ce (mini) bémol mis à part (et on le met très facilement de côté), on prend beaucoup de plaisir à lire les (sacrées) aventures de Chacha qui confirment, une fois de plus, qu’on aime le style et l’humour de Sandrine Beau.
Les deux premières aventures d’un personnage particulièrement bien croqué, on espère la suite avec impatience !
La robe à froufous vu par Enfantipages, Maman Baobab et Clarabel. Chacha se cherche un papa vu par Enfantipages.

Charly Tempête T04 C1Charly Tempête est heureux, sa classe va partir aux sports d’hiver, imaginez donc ! Toute la classe se réjouit… à part Igor… Son père est au chômage depuis peu et jamais ses parents ne pourront payer le voyage. Charly et ses camarades décident de tout faire pour gagner de l’argent pour qu’Igor puisse les accompagner… et ils ne sont pas à court d’idées !
Tout comme Chacha, Charly est un personnage plein de ressources. Après avoir géré un déménagement, une nouvelle école et un gardiennage de chien qui tourne mal, voici donc la quatrième aventure de notre inventeur en herbe. Annelise Heurtier parle toujours aussi bien de la réalité du quotidien des enfants (y compris de ceux moins favorisés) tout en étant drôle. Charly et ses amis nous font penser aux bandes de copains de la littérature jeunesse qui ont marqué notre enfance, qu’on a appris à connaître livre après livre.
Le nouveau tome d’une super série.
Le même vu par Enfantipages.

Quelques pas de plus…
Nous avons déjà chroniqué d’autres livres de Jo Hoestlandt (La maîtresse est amoureuse), de Thomas Baas (Du monde dans ta cuisine, Paris et ses contes, ses visites, ses recettes…, Mes premiers contes et Petites histoires pour rêver dans sa poche), de Sandrine Beau (Mon chat fait ouaf !, Le petit chaperon qui n’était pas rouge, Manolo, un boudeur de petit fantôme, Manolo, un cochon de petit fantôme, Fées d’hiver, Je suis une lionne, L’Ogre qui n’avait peur de rien, La girafe en maillot de bain, Rouge Bitume, Ma maman est comme ça, Mon papa est comme ci, On n’a rien vu venir, Roulette Russe Tome 1 Noël en Juillet, Des crêpes à l’eau, L’hippopotin, L’été où mon grand-père est devenu jaunophile, L’étrangleur du 15 Août, et Quand on sera grands), d’Annelise Heurtier (Là où naissent les nuages, Combien de terre faut-il à un homme ?, L’affaire du chien, Babakunde, On déménage !, Drôle de rentrée !, Sweet Sixteen, Le carnet rouge et La fille aux cheveux d’encre) et de Clotka (L’affaire du chien, On déménage !, Drôle de rentrée ! et Les aventures de Tit’Oignon). Retrouvez aussi notre interview de Sandrine Beau. et d’Annelise Heurtier.

Géant
Texte de Jo Hoestlandt, illustré par Thomas Baas
Magnard Jeunesse
8,90 €, 140×215 mm, 112 pages, lieu d’impression non indiqué, 2014.
La robe à froufrous
Texte de Sandrine Beau, illustré par Ariane Pinel
Alice Jeunesse dans la collection Primo
11,50 €, 142×210 mm, 92 pages, imprimé à Malte, 2014.
Chacha se cherche un papa
Texte de Sandrine Beau, illustré par Ariane Pinel
Alice Jeunesse dans la collection Primo
11,50 €, 142×210 mm, 101 pages, imprimé en Pologne, 2014.
Charly Tempête, Tous pour un !
Texte d’Annelise Heurtier, illustré par Clotka
Casterman dans la série Charly Tempête
6,95 €, 195×135 mm, 80 pages, imprimé lieu d’impression non indiqué, 2014.

À part ça ?

« Quand je rencontre des petits, je m’adresse à eux comme à des adultes », une interview de Quentin Blake dans Télérama.

Gabriel

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Charlie et Cucu la praline

Par 29 novembre 2014 Livres Jeunesse

Charlie et la chocolaterieCharlie vit dans une extrême pauvreté avec ses parents et ses quatre grands-parents. Dans la ville où il habite, une usine bien mystérieuse rejette des odeurs de chocolat que Charlie aime humer, c’est la chocolaterie de Willy Wonka. Personne ne sait ce qu’il se passe à l’intérieur, personne n’y entre plus depuis des années. Comment Willy Wonka fait-il pour produire autant de sucreries ? Qui est cet homme ? Bientôt, cinq enfants le sauront puisque l’étrange inventeur a décidé de faire entrer cinq chanceux dans son usine, le temps d’une journée. Charlie fera-t-il partie de ces enfants ? Suspense…
Il y a peu de chance que vous ne connaissiez pas l’histoire de Charlie et la chocolaterie, ceux qui n’ont pas lu le livre ont certainement vu le film de Tim Burton. Je l’ai lu par petits morceaux à ma fille de 6 ans, elle s’est régalée ! L’écriture est simple, même pour les plus jeunes, et le récit est tout simplement passionnant pour eux ! On se lèche les babines en imaginant les sucreries fabriquées dans la chocolaterie, on rit de l’excentricité de Willy Wonka, on se demande ce que deviennent les enfants qui disparaissent…
L’ouvrage de Roald Dahl a fêté cette année ses 50 ans… et n’a pas pris une ride ! Il se moque des enfants trop gâtés, de ceux gavés par la télévision (la chanson des Oompa Lumpas sur la télévision est un passage absolument génial)… J’avais rarement vu ma fille aussi hilare, aussi passionnée, par un récit. À lire à vos enfants de toute urgence, donc !

Cucu la praline met son grain de selAngèle Chambar est une petite fille qui n’a pas sa langue dans sa poche. Elle vit avec ses parents, Patrick et Sandrine, et ses deux frères, Victor et Jean-Maxime (dit JM ou Mad Max), qui la surnomment Cucu la praline (alors qu’ils n’en ont pas le droit !). Elle est amoureuse de Kévin (surnommé Kévinounet par les frères). Il y a aussi Mémé Chambar et Chloé sa meilleure amie.
Dans Cucu la praline met son grain de sel, trois nouvelles aventures de notre héroïne. Cucu la praline va tenter de trouver qui a osé mettre un nez de clown à la statue de Joël Chambon, le fondateur de l’école. Puis elle va s’occuper, avec Kévin, d’un petit garçon, trouvé dans un magasin et qui semblait abandonné. Enfin, elle va prouver l’importance du portable à ses parents lors d’une promenade en barque qui tourne mal.
Cucu la praline mène la danseDans Cucu la praline mène la danse elle va avoir un rendez-vous mouvementé chez le dentiste (à cause de gloumfiks au citron offerts par Kévin), elle va faire une chorégraphie pour le spectacle de fin d’année grâce à mémé Chambar et avoir très peur pour sa boîte à secrets lors d’un départ en vacances.
Cucu la praline c’est le genre d’héroïne qu’on adore. Une petite fille qui cumule les bêtises et qui ne se laisse jamais faire. Là aussi, les livres s’adressent à de jeunes lecteurs (à partir de 8 ans d’après l’éditeur) mais je les ai lus à ma fille de 6 ans qui est très fan des aventures de cette petite fille et de ses terribles frères.
Rigolade assurée à la lecture des aventures de Cucu la praline !

Quelques pas de plus…
Nous avons déjà chroniqué des ouvrages de  Roal Dahl (James et la grosse pêche et Matilda), Quentin Blake (Matilda), Fanny Joly (Embrouille en Bretagne et Cucu la praline se déchaîne) et Ronan Badel (Le cahier de Leïla, de l’Algérie à Billancourt, Lyuba ou la tête dans les étoiles, Les Roms, de la Roumanie à l’Île-de-France, Le carnet secret de Timothey Fusée, La bonne humeur de Loup GrisDragons père et fils, Billie du bayou, le banjo de Will, Billie du bayou, SOS Garp en détresseHenri ne veut pas aller au centre de loisirs, Cucu la praline se déchaîne, Émile se déguise, Bob le loup, Émile veut une chauve-souris, Émile est invisible, Émile fait la fête, Émile veut un plâtre, La mémé de ma mémé, Tout ce qu’une maman ne dira jamais et Le pépé de mon pépé).

Charlie et la chocolaterie
Texte de Roald Dahl (traduit par Élisabeth Gaspar), illustré par Quentin Blake
Gallimard Jeunesse dans la collection Bibliothèque Gallimard Jeunesse
12,90 €, 145×200 mm, 210 pages, imprimé en Italie, 2013.
Cucu la praline met son grain de sel
Texte de Fanny Joly, illustré par Ronan Badel
Gallimard Jeunesse dans la collection Folio Cadet
6 €, 122×180 mm, 108 pages, imprimé en Espagne, 2013.
Cucu la praline mène la danse
Texte de Fanny Joly, illustré par Ronan Badel
Gallimard Jeunesse dans la collection Folio Cadet
6 €, 122×180 mm, 108 pages, imprimé en Espagne, 2014.

Gabriel

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Deux romans plein de suspense signés Malika Ferdjoukh

Par 5 août 2013 Livres Jeunesse

Connaissez-vous Malika Ferhjoukh ? Un auteur a découvrir absolument ! Voici deux de ses romans.

L'assassin de papaValentin vit seul avec son père, une partie de l’année sur une péniche abandonnée et l’autre (quand il fait trop froid) dans la loge d’une amie gardienne d’immeuble. Leur vie se résume à faire la manche dans le métro, récupérer de la nourriture après les marchés et aller aux bains douches municipaux deux fois par mois. Pas d’école pour Valentin, son père le répète « ce n’est pas obligatoire », c’est l’instruction qui l’est, et instruire son fils, ça, il sait le faire. Mais un jour un événement vient troubler ce quotidien fait de débrouille, un assassin rôde dans le quartier et Valentin et son père vont l’identifier. Pourtant pas question de témoigner, le père de Valentin sait qu’il sera amené à Nanterre, lieu étrange d’où les SDF reviennent rasés et plus vraiment eux-mêmes.

Je n’avais lu qu’un seul roman de Malika Ferdjoukh, Angie change de peau, et décidément j’aime la plume et l’humour de cet auteur. On retrouve d’ailleurs quelques similitudes entre ces deux romans : la vie faite de débrouille et la confrontation des gens vivant dans la rue avec ceux vivant dans la richesse. Même si on affaire ici à un roman policier ça va bien au-delà. On parle ici de ceux qui vivent dans la rue, de l’illettrisme, des différences sociales. Mais sans lourdeur, avec humour (lorsque Valentin s’imagine qu’un homme qui parle de ses SICAV a six caves ou qu’il entend quelqu’un dire « je ne veux pas me jeter des fleurs » et qu’il s’imagine cette femme en train de s’envoyer des fleurs en pleine figure par exemple). C’est aussi un magnifique roman sur Paris. Un petit polar très riche.

Sombres citrouillesUn mort… il y a un mort dans le potager. Les cousins Hermès (14 ans), Colin-six ans, et les jumelles Annette et Violette (9 ans) ne savent pas comment réagir face à ce mort… qui prévenir ? Et puis ça tombe assez mal c’est l’anniversaire de Papigrand, le moment de l’année où Mamigrand convoque tout le monde, ça va gâcher la fête… il vaut le mieux le cacher. Mais il y a quand même une autre question importante… qui a tué cet homme ? Papigrand, qui avait une conversation musclée avec lui peu de temps avant ? La très sèche Mamigrand ? L’oncle Gil qui est confus sur son emploi du temps ? Le professeur de piano qui semble mentir sur ses allers et venues ? L’étrange tante Edith ? Et surtout qui était cet homme ?

Le roman commence donc par la découverte d’un corps et nous raconte ensuite ce qu’il s’est passé avant … et c’est tout simplement passionnant ! Entre Agatha Christie et le film Godford Park. Les personnages nous sont présentés un par un et la plupart sont un peu troubles. Malika Ferdjoukh plante directement le décor, on entre dans cette famille étrange où tous les adultes sont assez antipathiques, où les secrets semblent être nombreux. Histoires d’amour cachées, morts suspectes, secrets pleins les placards,… le portrait d’une famille où chaque personnage est divinement croqué, de la grand-mère qui règne sur son monde au fils de la domestique frêle et maladif en passant par les jumelles espiègles, le garçon de 14 ans fou amoureux de sa cousine de 16 ou le grand-père qui semble ne plus se préoccuper de ce qui se passe autour de lui. Un roman qui tient en haleine jusqu’au bout, qu’on a du mal à refermer avant la fin, un petit bijou. Le roman a d’ailleurs reçu le Prix Sorcières en 2000.

Quelques pas de plus…
Nous avons déjà chroniqué des livres de Malika Ferdjoukh (Les quatre sœurs, 4 saisons, bandes dessinées illustrées par Lucie Durbianon, Aggie change de vie et Quatre Soeurs, illustré par Cati Baur).

L’assassin de papa
de Malika Ferdjoukh
Syros dans la collection Souris noire
6€, 121×181 mm, 90 pages, imprimé en France chez un imprimeur éco-responsable, 2013.
Sombres citrouilles
Texte de Malika Ferdjoukh
L’école des loisirs dans la collection Médium
9,20€, 125×190 mm, 222 pages, imprimé en France, 1999.

Gabriel

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Quelques romans pour les jeunes lecteurs

Par 30 mai 2013 Livres Jeunesse

Aujourd’hui une petite sélection de romans pour les enfants qui commencent à lire.

Chien pourri Chien Pourri est moche et pue, il se ballade avec son escorte de mouches et de puces, il ressemble à une vieille serpillère (en plus odorant) et il vit dans une poubelle… ah j’oubliais… en plus il n’est pas très futé ! Un jour, alors qu’il discute avec Chaplapla (son ami félin passé sous les roues d’un camion à trois mois), il décide que ce qu’il lui manque c’est un maître ! Le voilà parti pour de sacrées aventures dans lesquelles son aspect lui sera utile.

Je ne sais pas vous, mais moi rien que le titre Chien pourri m’éclate ! Et je n’ai pas été déçu du reste. Colas Gutman qui m’avait fait ricaner avec l’excellent Les inséparables nous narre l’histoire d’un chien aussi « naïf que moche, et tu es très moche ! » (Comme le dit si bien Chaplapla). C’est vraiment très drôle, complètement décalé. Chien pourri n’a rien pour plaire mais ses aventures si ! On attend avec impatience la suite !

Le chat beautéQuand Jérôme, son maître, s’embrouille avec la voisine c’est sur le chat Pitre que tout retombe ! Faut dire que la voisine a un chat qui est une vraie bête à concours et Jérôme a décidé qu’au prochain concours de beauté son chat à lui allait gagner le premier prix, écraser celui de la voisine… alors Pitre doit tout subir, du toilettage au régime ! Mais gagnera-t-il vraiment ?

Beaucoup d’humour dans ce petit roman de Florence Hinckel. Alors bien entendu les « propriétaires » de chats reconnaîtront bien le si bon caractère de leur animal à travers le comportement et les pensées de Pitre. En dehors des jeux de mots avec le mot chat, pas forcément utiles et pas super originaux, Le chat beauté est un petit roman original, drôle et bien écrit.

Feriel prisonnier du NoirBientôt l’anniversaire de Fériel et de son frère jumeau et la petite fille lui a promis qu’ils le passeraient ensemble ! Pas facile quand le frère en question vit au pays des morts. Mais qui ne tente rien n’a rien ! Il va falloir faire preuve de malice pour ne pas se faire avoir par les gardiens du Noir.

J’avoue avoir été décontenancé par cette histoire de petite fille qui rend visite à son frère (un peu décomposé quand même…) au royaume des morts signée Eric Sanvoisin. Un peu sceptique… mais si vos enfants aiment les histoires de morts, c’est un petit roman plutôt drôle, avec une bonne intrigue et de très jolies illustrations. C’est un roman qui fait partie d’une série mais qui se lit indépendamment sans souci.

Les aventures de Victor Bigboum Jupiter est amoureuxVictor se rend sur la planète-parc avec son groglou (une sorte de monstre gentil entre Casimir et Sulli, de monstres de compagnie). Pour ce dernier c’est la première fois qu’il parcourt ce lieu où se croisent Fusées tamponneuses et Toboggans atomiques… imaginez son excitation ! Mais ce qui intéresse le plus le groglou c’est l’Étoile de l’Enfer, seulement Victor est terrifié par ce manège très haut et très rapide. La rencontre avec une jolie petite fille et sa charmante grogloute va certainement changer le comportement de nos deux héros…

Beaucoup d’humour également dans ce petit roman signé Bertrand Fichou et illustré par Éric Gasté. Il est question de courage, d’entraide et d’épater les filles ! Une histoire très originale qui devrait beaucoup plaire aux enfants amoureux… et aux autres !

mes dents, mes copains et moiPour Mattéo, six ans, c’est la honte… il a toutes ses dents ! Tous ses copains ont des sourires de vampires et lui doit arborer ces honteuses dents de lait comme s’il était un bébé… Mattéo n’en peut plus, il faut trouver une solution ! Aidé de son amie Lilas, il va tenter des expériences assez… extrêmes !

Ici encore on sourit des aventures de ce petit garçon qui voudrait être comme les autres, ne pas paraître plus petit. On rit de ses expériences (manger des biscottes violemment, accrocher sa dent à une porte et attendre que quelqu’un ouvre…) qui sont toujours vaines (forcément quand la porte s’ouvre vers l’intérieur…). Un texte plein de malice avec de très jolies illustrations (signées Aurélien Débat).

Mon copain bizarreBrice est un enfant… étrange ! Des cheveux qui brillent, une arrivée dans le village particulière (il a été trouvé sur une colline)  et des talents assez surprenants ! Brice, vous vous en doutez, est un peu la cible des quolibets mais il peut compter sur son ami Mathieu avec qui il vit une belle histoire d’amitié.

Un très joli petit roman sur l’amitié, sur les différences. Une histoire pleine d’humour et de poésie avec un brin de fantastique. Le très beau texte de Jean Guilloré est mis en image avec beaucoup de talent et de poésie par Serge Bloch. Un de mes romans préférés de cette sélection, tant pour son histoire que pour la qualité de ses illustrations.

La bouche de l'ogreComme tous les samedis Nathan sort chercher le pain, faut dire que son père n’aime pas prendre de repas sans sa baguette craquante et Nathan fait tout pour éviter de contrarier ce père qui hurle tout le temps depuis qu’il n’a plus de travail. Le petit garçon a l’habitude du chemin de la boulangerie pourtant aujourd’hui il se perd et s’il n’était pas recueilli par une dame, il dormirait dehors… Cette grosse femme semble tellement gentille… mais si ça cachait quelque chose ?

C’est un très beau texte (superbement illustré par Donatien Mary) que signe Benoît Broyart. Une sorte de conte contemporain (on pense notamment au Petit poucet : petit garçon égaré, ogre, précarité des parents,…) où l’on parlerai du chômage. Une histoire du quotidien qui bascule dans le fantastique. Un texte très fort, assez troublant qui, à l’image de la couverture du livre, fait un peu peur. On peut voir des métaphores dans certaines des situations, certains personnages, c’est typiquement le genre de livre qu’on ne referme pas comme ça… Le livre lui-même, en tant qu’objet, est très beau. Un texte assez noir écrit par une très bonne plume de la littérature jeunesse.

Les caprices de MélisseLa princesse Mélisse s’ennuie, et vous savez comment sont les princesses dans ces cas-là, elles veulent être diverties ! Et là ce dont Mélisse a envie c’est d’avoir peur, qu’on lui fiche la trouille, la frousse. Le roi convoque ses sujets, il faut trouver comment provoquer une peur bleue à la petite fille.

On reste avec Benoît Broyart et on parle encore de la peur ! Mais ici c’est un roman beaucoup plus léger, avec de l’humour. Et même si ce sont vraiment deux univers différents, les illustrations d’Elsa Fouquier sont également très belles. On parle donc de la peur mais aussi des caprices (vous l’aurez compris). Les enfants adorent avoir peur mais il y a une chose qu’ils aiment encore plus… vous ne savez pas quoi ? Lisez le très joli Les caprices de Mélisse !

Le zoo des légumesSara a décidé : elle sera végétarienne ! Il faut sauver ces animaux qui finissent dans nos assiettes. Pourtant quand elle en parle avec sa grand-mère celle-ci lui explique que les légumes étaient aussi des animaux avant. Sara va donc faire un zoo pour protéger ses légumes et, quitte à supporter les moqueries, elle va même aller jusqu’à amener son aubergine à l’école.

Le départ est assez crispant pour un végétarien, ce qui est mon cas. Quel végétarien n’a pas entendu cette phrase idiote « non mais les légumes aussi ça souffre ! ». Mais très vite on pardonne à Martin Page ce petit hic, car son texte est extrêmement poétique et tellement bien écrit (ce n’est pas non plus une nouveauté que Martin Page écrit bien…). C’est un roman fin, délicat sur l’imaginaire des enfants et sur la temporalité des choses et des gens, la « non éternité ». On parle des choses qui se fanent, des gens qui partent. Un texte magnifique.

Quelques pas de plus…
Nous avons déjà chroniqué des livres de Colas Gutman (Les inséparables), Joëlle Passeron (Un perroquet nommé Rocco), Marc Boutavant (Bogueugueu est amoureux), Éric Gasté (Le petit Poucet), Serge Bloch (Les contes de la Folie Méricourt), Benoît Broyart (Vers un monde alternatif ? et Magie noire), Elsa Fouquier (Gym et comptines pour les petits) et Sandrine Bonini (Petits contes des 1001 nuits).
Une autre chronique avec des livres pour les premiers lecteurs ici et généralement sous le tag grenouille.

Chien Pourri
de Colas Gutman, illustré par Marc Boutavant
L’école des loisirs dans la collection Mouche
8€, 125×190 mm, 56 pages, imprimé en France, 2013
Le chat Beauté
de Florence Hinckel, illustré par Joëlle Passeron
Nathan
5€, 120×180 mm, 80 pages, imprimé en France, 2013.
Fériel : Prisonnier du noir
de Éric Sanvoisin, illustré par Gaëlle Duhazé
Nathan dans la collection Premiers romans
5,60€, 140×185 mm, 48 pages, imprimé en France, 2013.
Les aventures de Victor BigBoum : Jupiter est amoureux
de Bertrand Fichou, illustré par Éric Gasté
Bayard Poche dans la collection Mes premiers j’aime lire
5,50€, 145×190 mm, 30 pages, imprimé en France, 2013.
Mes dents, mes copains et moi
de Karine Dupont-Belrhali, illustré par Aurélien Débat
Bayard Poche dans la collection Mes premiers j’aime lire
5,50€, 145×190 mm, 32 pages, imprimé en France, 2013.
Mon copain bizarre
de Jean Guilloré, illustré par Serge Bloch
Bayard Poche dans la collection J’aime lire
5,20€, 125×180 mm, 48 pages, imprimé en France, 2013.
La bouche de l’ogre
de Benoît Broyart, illustré par Donatien Mary
Oskar éditeur dans la collection Trimestre
14,95€, 165×230 mm, 45 pages, imprimé en Europe, 2013.
Les caprices de Mélisse
de Benoît Broyart, illustré par Elsa Fouquier
Milan dans la collection Milan Poche Benjamin
4,99€, 133×180 mm, 24 pages, imprimé en France, 2013.
Le zoo des légumes
de Martin Page, illustré par Sandrine Bonini
L’école des loisirs dans la collection Neuf
8€, 125×190 mm, 56 pages, imprimé en France, 2013.

A part ça ?

L’inconvénient d’être féministe en librairie jeunesse, un super bon article.

Gabriel

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Méfie-toi, ils ne sont pas comme nous !

Par 11 mars 2013 Livres Jeunesse

Aujourd’hui deux très beaux albums qui, chacun à leur manière, parlent de la peur et la méfiance vis à vis de l’étranger et des gens différents.

L'école est en feuFanfan adore Louis, ok il n’est pas comme lui et ses camarades (Fanfan est un cochon et Louis un loup) et il est toujours pressé de le voir. Un jour, alors qu’il espère le retrouver au parc, il le voit passer pour aller à la gare… étrange ! Que va faire Louis ? Et quand il arrive en retard à l’école, Fanfan se dit qu’il se passe vraiment des choses dans la vie du jeune loup… Le jour où l’école brûle, tout le monde a déjà le coupable c’est Louis, forcément ! (de toute façon tous se méfient de lui). Fanfan va apprendre quelle est la vie de son ami…

Seul loup parmi les cochons, Louis vit avec sa grand-mère (illettrée) parce que ses parents sont partis en ville pour gagner de l’argent. On parle ici de la précarité, de la pauvreté de certaines populations immigrées et du racisme dont elles sont victimes. Elles sont aussi, souvent, les parfaits coupables des problèmes qui arrivent. Cet album évoque tout ça avec intelligence et finesse (l’album est signé Mario Ramos…). Sans jamais aller dans la facilité et en laissant une part belle à la réflexion personnelle du lecteur, Mario Ramos livre cette belle histoire d’amitié et de tolérance. Il y rend aussi hommage aux enseignants qui se battent pour qu’un élève qui ne part pas avec les mêmes armes ne soit pas, au final, lésé (l’album se termine par un enseignant qui ne comprends pas pourquoi, parce qu’il ne sait pas lire, Louis devrait être au dernier rang et le fait se placer devant « Car mon métier c’est justement d’apprendre à lire aux enfants. »). Un bien bel album.

La fée sorcièreMarine est une fée, comme sa mère et comme les autres personnes qui l’entourent. Une fée ça doit faire attention, ne pas se salir, ne pas se blesser. Ça doit rester impeccable ! Sauf que le souci c’est que Marine, elle, aimerait bien faire du patin à roulette ou avoir un bateau… mais tout ça c’est réservé aux sorcières, ces êtres horribles qui vivent dans la forêt. La mère de Marine est en colère quand elle apprend que sa fille veut aller jouer avec elles, Marine serait la honte de la famille ! Oh et puis si on la laissait y aller… elle va vite se rendre compte que ces gens-là ne sont pas comme eux et qu’on est bien plus heureux entre fées !

Magnifique album sur la différence et la peur de l’autre ici aussi, mais surtout sur la recherche d’identité et pourquoi pas… sur le sexisme ? Les fées ne sont-elles pas une sorte de caricature de l’image que la société sexiste renvoie des filles (elles n’ont pas le droit de se salir, de jouer à des jeux trop « dangereux ») et les sorcières des garçons. Marine est une fée, elle n’a pas envie de ne plus l’être mais elle veut pouvoir faire des jeux de sorcière sans nier son identité. L’album parle aussi, évidemment, de l’opposition aux choix des parents et de ce que l’on souhaite pour nos enfants (qui n’est pas forcément leur choix, mais le nôtre, ne l’oublions pas). Un album superbement illustré qui va faire réfléchir, là encore, et qui va donner lieu à des conversations passionnantes (et passionnées ?) entre les parents et les enfants.

Quelques pas de plus…
D’autres livres sur la différence sur notre fiche thématique.
Nous avons déjà chroniqué deux livres de Mario RamosLe petit Guili et Mon ballon, un livre de Brigitte Minne, Dors bien Rosalie, et un livre illustré par Carll Cneut : Tout bêtement.

L’école est en feu
de Mario Ramos
Pastel, dans la collection Un monde de cochons
11,50€, 176×247 mm, 48 pages, imprimé en Belgique, 2012.
La fée sorcière
de Brigitte Minne, illustré par Carll Cneut
L’école des loisirs
12,20€ (existe aussi en petit format à 5,60€), 300×214 mm, 30 pages, imprimé en Belgique, 2000.

A part ça ?

Hier soir je me suis demandé ce que j’avais élu coup de cœur de février… et je me suis rendu compte qu’on ne les avait pas fait ! C’est la première fois que ça nous arrive ! Alors, pour février, Marianne a choisi Quelque chose de grand de Sylvie Neeman et Ingrid Godon édité par La joie de lire et moi… je n’ai pas réussi à me mettre d’accord avec moi même ! Donc ex-æquo L’album de famille de Frédéric Kessler et Princesse Camcam édité par Autrement et Il était une fois… contes en haïku d’Agnès Domergue et Cécile Hudrisier édité par Thierry Magnier. Retrouvez nos coups de cœur des mois précédents sur le blog, sur Facebook (ici pour les albums et pour les romans) et sur Pinterest (ici pour les albums et pour les romans).

Gabriel

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