La mare aux mots
Parcourir le tag

Régine Joséphine

Ma bro

Par 21 février 2014 Livres Jeunesse

O Breizh, ma Bro, me ‘gar ma Bro.
Tra ma vo mor ‘vel mur ‘n he zro.
Ra vezo digabestr ma Bro !
(Ô Bretagne, mon pays, que j’aime mon pays
Tant que la mer sera comme un mur autour d’elle.
Sois libre, mon pays!)
Le Bro gozh ma zadoù, l’hymne de la nation bretonne

Demat (bonjour), aujourd’hui c’est le millième billet que nous publions sur le blog. Je voulais que ça soit un peu spécial. Alors j’ai eu envie de partager cette chronique (La mare aux mots s’est créée sur le partage, puisqu’au départ c’était un forum) et donc j’ai proposé à Maman Baobab de me suivre sur le thème que je lui ai soumis et ça tombait bien… Maman Baobab est, tout comme moi, Bretonne… car oui, nous allons parler de la Bretagne !

1978 avec les arriere grands parents

Moi avec mes arrières-grands-parents, 1978

Un jour, quelqu’un m’a dit « tiens, toi qui es parisien… » je l’ai regardé avec de grands yeux « je ne suis pas parisien ! Je suis Breton ! » et j’ai eu le droit à un « ah vous les Bretons… même si vous partez de votre région pendant 50 ans vous continuez à dire que vous êtes Bretons ! ». C’est peut-être vrai… Je pense que la région où l’on a passé son enfance influence plus ce que l’on est que là où l’on pose ses valises une fois adulte. La Bretagne fait partie de moi, je pense que même à 70 ans je continuerai de mettre du beurre (je ne précise pas « salé », « beurre salé » est un pléonasme, « beurre pas salé » c’est pour moi de la margarine) plutôt que de l’huile d’olive dans mes plats. Je continuerai, je pense, d’avoir ce caractère qui définit si bien les Bretons. Je continuerai d’être ému en entendant l’accent de chez moi, de refuser de manger des crêpes hors de la Bretagne (elles sont dans 95 % des cas absolument immondes). Même si je n’ai plus d’accent, même si je n’utilise plus les mots si spécifiques à la Bretagne (pikouz, arrivé pour devenu, clayer la porte…), même si je pense ne plus jamais y vivre… je suis et reste Breton, attaché à cette si belle région dont les paysages sont multiples (la côte de granit rose, la côte sauvage du Finistère et les grandes plages du Morbihan sont tellement différentes).

Arrière arriere grand mère

Une de mes arrières-arrières-grands-mères

Aujourd’hui, pour le millième billet nous allons donc parler de la Bretagne, pas celle des clichés… Combien de fois ai-je entendu « en Bretagne il pleut tout le temps », « Ah t’es Breton ? Ton père est marin ? » (chez mes parents je vivais à presque une heure de la mer, oui la Bretagne des terres, l’Argoat, ça existe aussi), « ah vous ne portez pas tous un ciré jaune ? », « Ton arrière-grand-mère elle n’avait une grande coiffe ? » (et non la coiffe bigoudène c’est uniquement en pays Bigouden)… Mais la vraie Bretagne et celle des légendes… attention les korrigans et l’Ankou ne sont pas loin.

Une chronique avec un CD, des recueils de contes, des albums, des documentaires et même des livres pour vous dans le À part ça ?. Une chronique que je dédie (on peut dédier des chroniques ?) à mon grand-père qui rêvait en breton et à tous mes ancêtres nés là-bas (mes filles sont les premières d’une longue lignée à être nées hors Bretagne).

La danse des poisDes pois qui dansent dans l’épicerie de Madame Madec, la peste qui veut traverser la rivière, deux hommes amoureux de la même femme, des épingles qui tombent mystérieusement, une femme qui dit vivre avec son mari qui est pourtant mort, un miroir qu’on n’aurait pas dû repêcher, un marin qui tombe amoureux d’une femme capturée par les pirates et deux hommes qui se retrouvent sur le chemin du Paradis… bienvenu dans les contes bretons.

On commence cette sélection par un CD de contes et surtout par un gros coup de cœur. Avec en arrière-plan flûte à bec, violon, low whistle ou encore cornemuse du Centre, Élisabeth Calandry nous raconte des histoires qui fleurent bon la Bretagne. La mort y est très présente (forcément), on y rencontre des pendus qu’on laisse accrochés à l’arbre et qui reviennent nous hanter, des marins qui meurent en mer ou des revenants qui sauvent quelqu’un qui les a aidés de leur vivant, mais ce n’est jamais effrayant (enfin, je déconseillerai quand même de faire écouter cet album aux plus jeunes !). On est happé par l’histoire, c’est captivant, on écoute, religieusement, la voix de la conteuse nous livre ces contes adaptés d’après La légende de la mort chez les Bretons armoricains d’Anatole Le Braz. Une vraie merveille, une petite pépite à se procurer de toute urgence.
Écoutez des extraits (et l’essayer c’est l’adopter ! ).

Contes traditionnel de BretagneVous avez certainement entendu parler de la ville d’Ys qui a disparu dans la mer, mais vous a-t-on déjà raconté l’histoire du pauvre paludier qui crut devenir riche en volant des korrigans ? Et celle de Jean-René qui libéra son ami mort grâce à sa rozell ? Et encore celle du Grand roi qui volait les poires d’Or du petit roi ? Il y en a beaucoup des légendes bretonnes, en voici douze… Bienvenu au pays où une barque amène les marins morts en mer, où des hommes vivent sans tête ou le bassin dans un chaudron, un pays où il vaut mieux ne pas croiser des Korrigans… La Bretagne !

C’est avec une langue très parlée que Tristan Pichard nous conte ces histoires issues du patrimoine breton, on a l’impression de l’entendre nous les raconter. En les lisant, j’entendais l’accent breton, je devinais les intonations, les chuchotements, le ton si particulier que prennent les conteurs. J’ai dévoré ce livre, adoré lire ces histoires typiquement bretonnes où la mort est si présente. Des douze histoires, je n’en connaissais que deux, je me suis régalé. Un coup de cœur, là aussi.
Extraits en ligne.

Légendes de BretagneEnori n’aurait pas dû accepter l’aide d’une lavandière qu’elle ne connaissait pas (mais elle ne savait pas que c’était une manouès-noz). À Plomodiern, vivait une jeune fille qui n’avait que sa vache… jusqu’à ce qu’un riche seigneur tue l’animal lors d’une partie de chasse. Il ne s’en tirerait pas à bon compte. Louarn voulait tellement un homme juste comme parrain de son enfant qu’il ne trouva que l’Ankou pour jouer ce rôle. Saviez-vous qu‘un Breton est devenu roi d’Arabie (grâce à un poisson) et qu’avant la mort de Maïwenn et Yeun les fraises de Trégastel étaient blanches ?

Treize contes bretons sont regroupés dans Légendes de Bretagne de la collection Contes et Légendes de chez Nathan. Dans ces histoires écrites par Yves Pinguilly (d’après des contes traditionnels), on va retrouver la ville d’Ys et la reine des Korrigans présents dans le livre précédent, mais aussi d’autres contes tout aussi passionnants. Ici, on est dans un texte plus littéraire, mais on retrouve ces histoires où la mort et le diable sont très présents. Le livre est illustré par Joëlle Jolivet (sauf la couverture qui est signée François Roca), ce qui n’est pas pour nous déplaire ! Un très bon recueil de contes qui complète à merveille le précédent.

La Mort du bon voleurEn Bretagne, voleur était un métier. La nuit, ils rentraient dans les maisons des riches pour prélever de la nourriture qu’ils déposaient ensuite chez les pauvres. Joz Scuiller ne riait jamais, on avait beau chatouiller cet enfant, rien n’y faisait. Et s’il lui manquait juste un grain de folie ? Saviez-vous que même les plus pauvres Bretons ont un animal, un cheval d’orgueil ?

Dans Les contemporains, classiques de demain, Larousse a édité un choix de textes de Pierre-Jaker Hélias, auteur breton très connu, sous le titre La Mort du bon voleur et autres contes bretons. Il s’agit là aussi, donc, d’un recueil de contes, mais on est ici dans de textes très littéraires, avec de nombreuses annotations (les histoires sont aussi suivies de notes pédagogiques). Personnellement, j’avoue avoir eu beaucoup de mal avec ces textes, n’étant pas habitué à lire des textes classiques et je n’ai pas vraiment réussi à rentrer dedans. Un recueil de dix-sept contes à réserver donc aux amoureux de la langue française.

On continue avec une sélection d’albums.

On en a parlé dans les recueils de contes… Bienvenue au pays d’Ys…

Au pays d'YsIsaure vivait dans une maison qui était isolée des autres, seule tout au bord de la mer, elle se dressait fièrement devant la mer déchaînée. Isaure n’avait pas peur de la mer, elle allait faire des châteaux de sable le plus proche possible des vagues, mais toujours celles-ci avaient raison de ses constructions et les emportaient. Un jour, c’est l’enfant elle-même que la mer emporta. Isaure se retrouva dans la ville d’Ys où la princesse Dahut offrait chaque soir un homme différent à la mer.

Régine Joséphine et Virginie Grosos nous offrent dans ce grand album une version bien à elles de la légende d’Ys. Elles y introduisent même une petite fille d’aujourd’hui qui va être témoin de l’engloutissement de la ville bretonne célèbre dans les légendes. L’histoire de la ville d’Ys qu’elles racontent est quelque peu différente de celles que je connaissais, mais c’est un très beau conte qu’elles nous proposent. Les illustrations colorées et fourmillant de détails de Virginie Grosos accompagnent à merveille le texte. En fin d’ouvrage on retrouve quelques clefs sur le mythe. Un très bel album.
Des extraits sur le site de l’illustratrice.

Autre album qui commence de nos jours pour nous entraîner à une autre époque… un album où l’on retrouve d’ailleurs Gradlon, roi d’Ys.

Sous le regard de GradlonTanguy et son grand-père admirent la cathédrale de Quimper. Le vieil homme explique à l’enfant le temps qu’il a fallu pour la construire (plus de 600 ans), et combien ce fut difficile. Une inscription sur une pierre amène une histoire et nous voilà plongé en 1452 en compagnie d’un tailleur de pierre et de son fils…

Pour être franc, je trouve cette couverture assez peu engageante et j’ai donc été très agréablement surpris : l’intérieur ne ressemble absolument pas à la couv’ et l’on peut même dire que la scène qu’elle nous montre n’est même pas représentative de l’histoire qu’on nous raconte ici. Un voyage, donc, dans la Bretagne du XVe siècle en compagnie des tailleurs de pierres qui participèrent à la construction de la cathédrale de Quimper. Il est question ici de vol de pierres, d’une enquête. C’est vraiment un album multicouche (un grand-père et son petit-fils en 2012, le roi Gradlon au IVe siècle puis les tailleurs en 1452) qui est à la fois un album sur la transmission, un album sur l’Histoire et un récit avec une intrigue. C’est beaucoup… peut-être même trop… En fin d’ouvrage, on trouve même un Dossier Histoire pour compléter l’album avec des petites infos. Un album aux illustrations bien plus belles que ne le laisse présager la couverture.

Chasseurs de legendes à la roche JaguIl y a longtemps, très longtemps, fées, lutins, korrigans et elfes vivaient parmi les hommes. Ils étaient respectés. Seulement un jour, les Cœurs Sombres ont commencé à envier leur pouvoir, il fallait donc partir. Les sirènes trouvèrent pour elles et leurs amis un endroit où s’abriter au cœur du Trégor. Ils demeurèrent donc là, dans un château de la Roche-Jagu, à l’abri des Cœurs Sombres.

Je ne connaissais absolument pas cette légende sur la Roche-Jagu et son château et je l’ai trouvé passionnante. J’ai encore plus été captivé par la partie documentaire qu’on trouve à la fin de l’album sur le château et le mystère qui l’entoure. On retrouve ici Virginie Grosos pour les illustrations de ce petit album qui ravira les amoureux de belles légendes.
Des extraits sur le site de l’illustratrice.

Sur la route de Saint-MaloSur les remparts de Saint-Malo, une femme scrute l’horizon, son amoureux, un matelot, est parti pêcher le cachalot. Elle pleure, en attendant son retour. Le marin est parti loin des côtes, mais point de cachalot… une tempête arrive, notre marin tombe à l’eau y-aura-t-il quelqu’un pour le sauver ?

Construit comme une comptine, voilà un très bel album tout en rimes. Les illustrations de Christophe Esnault sont très belles et accompagnent à merveille le texte d’Orianne Lallemant. En fin d’ouvrage, on va trouver le texte de la comptine Il était un petit navire, une partie documentaire sur les chants de marins (à hauteur d’enfants) et même la technique de pliage pour fabriquer un bateau en papier. Un très très bel album avec pour décor l’une des plus belles villes de Bretagne.

OH LES BELLES COULEURSEn Bretagne, tout est gris ? Pardon ? Vous n’avez jamais vu les volets bleus de Lucien le marin ? Le rouge des fraises de Trégastel ? Le Mauve de la bruyère et même le glas, cette couleur spécifique à la Bretagne. Non, on vous le dit : la Bretagne est une région haute en couleur !

Un livre sur les couleurs pour les plus petits avec en fond la culture bretonne… quelle bonne idée ! On va donc grâce à la bigoudène Gwen et son chat Job apprendre le nom des couleurs tout en en sachant plus sur cette belle région. Les illustrations pleines d’humour de Delphine Garcia rendent cet album vivant. Un très bon album, vraiment original, sur les couleurs.
Des extraits en ligne.

COUV CAHIER JEU GWEN JPEGOn reste avec Gwen et Job le temps de quelques jeux. Sorti également chez Locus Solus, Delphine Garcia nous propose ici de colorier la bigoudène et son chat, chercher les différences entre les deux dessins où Gwen fait des crêpes, coller des autocollants sur des galettes pour les garnir, relier des points, apprendre à dessiner Gwen et Job… bref de nombreux jeux, très variés dans ce petit cahier d’activité très sympathique destiné au 3-6 ans d’après l’éditeur.
Des extraits en ligne.

Deux autres albums… en breton !

tom a galon piketTom a cinq ans. Quand Nina lui prend la main, il se sent le plus fort du monde. Tom est amoureux de Nina.

Des petites phrases courtes et des illustrations très graphiques pour nous raconter cette histoire toute simple sur l’amour entre deux enfants de cinq ans. Je ne suis pas toujours fan des albums à l’illustration épurée où un trait symbolise un personnage et un rond un autre, etc., mais là avec deux ronds de couleurs et quelques autres figures géométriques, Valérie Vittenet-Tallec fait passer énormément de choses, j’ai trouvé cet album absolument superbe et j’ai regretté qu’il n’existe pas en version française (oui, je l’avoue, j’ai retenu peu de choses de mes cours de breton…). Un magnifique album, plein de poésie.

Debd da soubenn ta IdrisIdris refuse de manger sa soupe, rien à faire ! S’il veut être fort comme un lion, il le faut pourtant… Idriss se demande si le lion a vraiment dû manger sa soupe pour devenir aussi fort… il part à sa rencontre.

Beaucoup d’humour ici encore avec l’histoire de ce petit garçon qui va vouloir comprendre, quitte à rencontrer le terrible lion, pourquoi il doit à ce point manger sa soupe. Il va lui arriver de drôles d’aventures (il va même séjourner dans le ventre du lion) et heureusement pour lui que Fatoumata, sa sœur, veille sur son petit frère. Là encore, un très très bon album. Keit Vimp Bev prouve qu’on peut faire des livres régionaux et adressés à un public restreint, tout en faisant des livres de qualité tant au niveau de l’histoire que des illustrations. Il ne nous reste donc plus qu’à apprendre le breton (pour ceux qui ne le parlent pas déjà).

On continue avec trois documentaires à portée d’enfants.

Graine de voyageurs BretagneLe premier n’est pas vraiment un documentaire, mais un guide de voyage ! Dans la très bonne collection Graines de voyageurs sorti chez Graine², ce petit guide va donner aux enfants des tas d’informations sur la Bretagne (les différentes régions, les animaux, l’histoire, la végétation) tout en lui indiquant des lieux à visiter en rapport avec ce qu’il présente. Ensuite, on va trouver des jeux : un quiz, des énigmes, des labyrinthes, des points à relier… Puis des tas d’idées d’activités et enfin un carnet à remplir par l’enfant pour raconter son séjour en Bretagne. Ce petit carnet est richement illustré (avec des photos et des dessins vraiment sympas) et c’est LE petit guide pour les enfants. Il le gardera après son séjour comme souvenir en regardant dans la partie documentaire des infos sur ce qu’il a vu et surtout il se remémorera son voyage grâce à ce qu’il aura écrit lui-même. Bref, j’adore le principe.
Des extraits sur le Pinterest de Graine² et des liens très sympa sur leur site.

La Bretagne Mes années pourquoiLa Bretagne sorti dans la collection Mes années pourquoi chez Milan est signé Erell Guéguen (c’est déjà bon signe). Ici, on va apprendre ce qu’est la Bretagne, ce que représentent les symboles bretons, ce qui est caractéristique de cette région, les personnages qui habitent ses contes… On va aussi visiter un intérieur breton d’autrefois, en savoir plus sur les costumes bretons, la gastronomie et des tas de choses encore ! Bien sûr, on va visiter l’Argoat (pays des bois) et l’Armor (pays de la mer). Chaque double page, en plus de sa partie documentaire, répond à une question Est-ce qu’on s’habille toujours comme ça ? (dans la page sur le costume breton), A quoi servent les feux à l’entrée du port ?, C’est quoi une réserve naturelle ? Comment ça s’use une montagne ? (par rapport aux monts d’Arrée)… On trouve aussi à chaque fin de « chapitre » un petit quizz pour récapituler ce qu’on vient d’apprendre et à la fin du livre on apprendra même quelques mots en breton ! Un livre de près de 100 pages, ultra complet, parfaitement adapté aux jeunes enfants (à partir de 4 ans d’après l’éditeur) avec ses illustrations colorées. Une mine d’information sur la Bretagne pour les plus jeunes.

La Bretagne le grand livre des régionsLa Bretagne et ses contes, ses visites, ses recettes… sorti dans la collection Le grand livre des régions chez Père Castor est du même acabit, mais pour les enfants un peu plus grands (dès 6 ans d’après l’éditeur, personnellement je dirai un peu plus). En route pour la Bretagne ! Ses spécificités, son Histoire, sa géographie, ses personnages historiques, sa langue… mais aussi ses légendes (avec ici des histoires entières), ses chansons (avec paroles) et sa gastronomie (on retrouve les recettes du far breton et de la galette complète) ! Ce grand album d’une cinquantaine de pages est donc un bon condensé de la région, on va non seulement apprendre des choses, mais en plus se régaler avec les histoires… et la cuisine ! Un très bon album pour mieux connaître cette belle région.

Quelques pas de plus…
Retrouvez donc la chronique du jour de Maman Baobab avec d’autres livres sur la Bretagne et elle en avait déjà parlé ici.
Sur La mare aux mots aussi nous avons déjà parlé de la Bretagne avec plusieurs ouvrages : Comptines et berceuses de Bretagne, Ainsi disait Grand-mère, La fille de Guillaume le-mal-peigné, Arthur, l’enfance d’un roi, Merlin, l’enfance d’un enchanteur et Morgane, l’enfance d’une magicienne.

La danse des pois
Écrit et interprété par Élisabeth Calandry, musique de Nathalie Berbaum
Oui’dire dans la collection Contes d’auteurs
17 €, 39 minutes.
Contes traditionnels de Bretagne
Texte de Tristan Pichard
Locus Solus
5,90 €, 125×175 mm, 155 pages, imprimé en France, 2013.
Légendes de Bretagne
Texte d’Yves Pinguilly, illustré par Joëlle Jolivet
Nathan dans la collection Contes et Légendes
7,90€, 147×192 mm, 176 pages, imprimé en Espagne, 2011.
La Mort du bon voleur et autres contes bretons
Texte de Pierre-Jakez Hélias
Larousse dans la collection Les contemporains, classiques de demain
4,10 €, 125×180 mm, 126 pages, imprimé en Italie, 2011.
Au pays d’Ys, La légende de la ville engloutie
Texte de Régine Joséphine, illustré par Virginie Grosos
Éditions Millefeuille dans la collection Patrimoine de légendes
14 €, 230×280 mm, 40 pages, imprimé en France, 2011.
Sous le regard de Gradlon
Texte de Laurence Lavrand et Philippe Bonnet, illustré par Christophe Babonneau
Keit Vimp Bev
12 €, 220×300 mm, 40 pages, imprimé en Bretagne, 2012.
Chasseurs de légendes à la Roche jagu
Texte de Delphine Ratel, illustré par Virginie Grosos
Éditions Millefeuille dans la collection Légendes
6 €, 206×156 mm, 36 pages, imprimé en France, 2009.
Sur les remparts de Saint-Malo
Texte d’Orianne Lallemand, illustré par Christophe Esnault
Éditions Millefeuille dans la collection Patrimoine maritime
12,50 €, 210×210 mm, 48 pages, imprimé en Bretagne chez un imprimeur éco-responsable, 2012.
Oh, les belles couleurs !
de Delphine Garcia
Locus Solus dans la collection Minus
7,90 €, 198×170 mm, 28 pages, imprimé en Bretagne chez un imprimeur éco-responsable, 2013.
80 stickers jeux & coloriages
de Delphine Garcia
Locus Solus dans la collection Minus
6,90€, 227×193 mm, 28 pages, imprimé en Bretagne chez un imprimeur éco-responsable, 2013.
Tom e galon piket
de Valérie Vittenet-Tallec
Keit Vimp Bev
8 €, 200×200 mm, 24 pages, imprimé en Bretagne, 2013.
Debr da soubenn ta, Idris !
de Jean Bossard
Keit Vimp Bev
8 €, 200×200 mm, 24 pages, imprimé en Bretagne, 2013.
Bretagne
Texte de Gwenaëlle Solignac et Christine Roques, illustré par un collectif
Graine² dans la collection Graines de voyageurs
10,90€, 151×210 mm, 96 pages, imprimé en Union Européenne, 2012.
La Bretagne
Texte de Erell Guéguen, illustré par un collectif
Milan dans la collection Mes années pourquoi
11,90 €, 200×248 mm, 94 pages, imprimé en Espagne, 2013.
La Bretagne, et ses contes, ses visites, ses recettes…
Texte de Violaine Troffigué, illustré par Nathalie Ragondet
Père Castor dans la collection Le grand livre des régions
13 €, 240×300 mm, 48 pages, imprimé en France, 2013.

À part ça ?

Je ne peux résister à continuer de vous parler de la Bretagne avec deux livres pour les adultes, un documentaire et un livre de cuisine.

Petit dictionnaire insolite du breton et des BretonsOn commence par un petit livre d’une collection que j’adore : Petit dictionnaire insolite (je vous avais déjà parlé du Petit dictionnaire Insolite des cultures et des langues créoles  et Petit dictionnaire Insolite du basque et des basques). Dans ce Petit dictionnaire insolite du breton et des Bretons, on va donc en savoir beaucoup plus sur la Bretagne. L’Histoire, les personnages qui ont marqué la région, les spécificités… mais on va aussi apprendre de nombreuses expressions et proverbes bretons. On va même s’initier à la langue avec quelques règles de grammaire, la prononciation, l’alphabet… Enfin la partie Le saviez-vous donne pèle mêle des tas de petites infos. Malgré quelques petites erreurs, c’est un très bon petit livre, dans lequel on vient piocher des tas de choses, le genre d’ouvrage qui ravira les amoureux de la Bretagne.
Petit dictionnaire insolite du breton et des Bretons, de Gersendre de Villeneuve, Larousse, 5€.

TG-Couv-Bretagne.inddEn Bretagne, on a des bons produits : du vrai beurre, des artichauts, des choux fleurs, des fraises… Alors, pourquoi ne pas en profiter pour se régaler ? Dans Made in Bretagne (on aurait préféré un titre en breton plutôt qu’en anglais, mais passons), Sarah Schmidt nous donne des recettes salées et des recettes sucrées dont les photos nous mettent l’eau à la bouche. Tartes, plats où interviennent la galette de blé noir et même le célèbre Kig ha Farz, gâteau breton, far aux pruneaux et même Kouign-Amann… je sens que déjà je vous donne envie. Alors on ne va pas lancer un débat (même si je pense que ça me vaudra des commentaires), mais on trouve aussi dans ce livre des recettes du pays nantais (oui, voilà envoyez vos commentaires avec « historiquement », etc. !), ce qui personnellement me dérange un peu (pour moi la fouace nantaise ne fait pas partie de la gastronomie bretonne). Malgré ce bémol… Un magnifique livre de recettes avec de superbes photos.
Made in Bretagne, de Sarah Schmidt, illustré par des photographies d’Aline Caron, Larousse dans la collection Tendances gourmandes, 7,90 €.

Gabriel

You Might Also Like

Petits frissons et grosses frayeurs

Par 6 septembre 2013 Livres Jeunesse

Des mondes parallèles, des villages étranges et des sociétés secrètes… ça vous dit ?

Lune Mauve La disparue T1Fraîchement débarquée à Paris, Séléné ne se sent pas à sa place dans son lycée parisien des beaux quartiers. Sur la décision de son père, elle a quitté sa Bretagne. Depuis la disparition de sa mère, ils vivaient dans une ambiance lourde. Personne ne sait ce qu’elle est devenue, elle lui a juste laissé un tableau avant de partir… Un grand mystère entoure cette disparition. Séléné va vivre une année entre railleries et fausses camaraderies. Elle y rencontrera aussi l’amour et de vrais amis. Une année ponctuée également par des évènements étranges qui changeront sa vie.

Ambiance fantastique dans un lycée huppé. La fille canon, le nerd, la commère, le musicien, la fille dont tout le monde se moque,… Bref il faut être franc je ne me suis pas senti « concerné » par Lune Mauve qui m’a rappelé des films (dans ce domaine j’ai plus une culture ciné) qui ne nous touchent plus quand on a passé 19 ans et demi ! Je l’ai déjà dit il y a quelques mois à propos de je ne sais plus quel livre mais c’est aussi le souci d’avoir 36 ans et de chroniquer des livres pour ado, on n’est pas vraiment la cible ! Donc j’avoue que j’ai un peu traîné la patte… puis j’ai été vraiment pris dans l’histoire ! Grâce à l’écriture de Marilou Aznar et à son histoire originale j’ai vraiment été entraîné dans son récit fantastique. Elle parle aussi des maux de l’adolescence d’aujourd’hui (et avec beaucoup de justesse) : rumeurs sur les uns lancées sur internet, vidéos humiliantes tournées aux portable qui sont ensuite diffusées sur les téléphones,… Au final j’ai pris beaucoup de plaisir à lire le premier tome de Lune mauve, je l’ai dévoré, pressé de connaître la clef des mystères qui entourent Séléné. Un livre qui plaira forcément beaucoup aux ados amateurs de fantastique.
Lune Mauve a été chroniqué par beaucoup de monde, voici notamment la chronique de Délivrer des livres, celle de A l’ombre du saule, celle de Parfums de livres et celle de Les lectures de Liyah.

La Maison Sans Pareil T2_ L'homme au masqueDes Sous-majordomes qui meurent dans des accidents et un homme avec un masque de panthère qui rôde… deux éléments qui sont forcément liés. Omnia Capelan a décidé de mener l’enquête. Mais est-elle en sécurité dans la maison Sans-pareil ? L’homme au masque semble d’ailleurs s’intéresser à elle… Elle va devoir savoir qui sont ses amis et se méfier de tous les autres pour connaître la vérité.

Voilà une suite que j’attendais avec impatience et je ne suis pas déçu ! Ce deuxième tome de La Maison Sans-pareil se dévore, on a du mal à le quitter avant de le terminer. C’est plein de suspense avec une réelle atmosphère (un peu lugubre comme, par exemple, Les désastreuses aventures des orphelins Baudelaire). Les rites de La Maison Sans-pareil sont vraiment étranges, voire effrayants. Entrez dans un univers bien à part, voudrez-vous, vous aussi, quitter ce lieu ?
Le même livre vu par A l’ombre du saule.

Les pierres de prophétiesVictor en est persuadé maintenant, Albane, sa sœur, a des pouvoirs magiques. Il faut dire qu’il l’a vu faire des choses extraordinaires… même si elle ne s’en souvient pas ! Le jeune garçon est bien décidé à le lui prouver lors d’expériences… De son côté l’horrible Collectionneur veille… son plan cette fois-ci ? Se servir de Karl, son fils adoptif, pour faire venir les enfants Trotter chez lui…

Quel bonheur de retrouver les enfants Trotter et l’ignoble Collectionneur (dont on en saura un peu plus dans cet épisode) dans une nouvelle aventure. Cette fois-ci ils vont même se rencontrer… autant vous dire que ça ne sera pas un bon moment pour nos deux héros ! Anne Ferrier et Régine Joséphine continuent de nous tenir en haleine et de nous faire frissonner dans ce troisième tome à la hauteur des deux précédents ! Une série parfaite pour les lecteurs de fantastique effrayés par les pavés de 600 pages (ici il n’en fait qu’une grosse centaine, ce que j’ai trouvé frustrant personnellement). A chaque fois qu’on ferme un des livres de cette série on n’a qu’une hâte… connaître la suite !
Le même vu par Enfantipages.

Quelques pas de plus…
Nous avons déjà interviewé Anne Ferrier et chroniqué plusieurs de ses livres (La meneuse de bêtes, Merlin, l’enfance d’un enchanteur, Arthur, l’enfance d’un roi, Morgane, L’enfance d’une magicienne et Petit pot de colle), nous avons aussi interviewé Régine Joséphine et chroniqué plusieurs de ses livres (Le dragon du vent et Je t’aime signé Lou(p)). Nous avons également chroniqué plusieurs livres co-écrits par elles (les deux premiers tomes des Chroniques étranges des enfants Trotter : La malédiction Shakespeare, Le chien des ténèbres et deux albums : Une vie de château et Patte rouge).

Lune Mauve, T.1 La disparue
de Marilou Aznar
Casterman
15€, 145×219 mm, 415 pages, lieu d’impression non indiqué, 2013.
La maison Sans-pareil, T.2 L’homme au masque
Texte de Eliott Skell (traduit par Alice Marchand)
Flammarion
14€, 146×200 mm, 458 pages, imprimé en France, 2013.
Les pierres de prophétie
dAnne Ferrier et Régine Joséphine
Oskar éditeur dans la série Les chroniques étranges des enfants Trotter
11,95€, 130×210 mm, 128 pages, imprimé en Europe, 2013.

A part ça ?

Envie d’un original ou d’une reproduction d’œuvres d’illustrateurs ? Allez faire un tour sur Surtonmur.com. En plus les prix sont minis (et les dessins vraiment très beaux !). Et sur Facebook ils sont là !

Gabriel

You Might Also Like

Mystères en séries

Par 24 mars 2013 Livres Jeunesse

Deux séries passionnantes qui démarrent sur les chapeaux de roues !

La malédiction ShakespeareVictor est un garçon de 11 ans, sa passion ? Le fantastique ! Il est fan d’Harry Potter, il adore les histoires de vampires et il a même vu l’exorciste en cachette (bon ensuite il a eu du mal à dormir pendant plusieurs mois !). Sa grande sœur, Albane, est du genre gothique. Leurs parents, deux chercheurs océanographes qui filent régulièrement à l’autre bout du monde… et d’ailleurs là ils doivent partir alors que ce n’était pas prévu. Que faire des deux enfants ? Les confier aux grands-parents ? C’est un peu dur… Et s’ils allaient chez la tante Agatha ? La fameuse tante est une excentrique et les voilà emportés dans une histoire où Victor va en avoir pour son argent côté fantastique. Ils vont devoir affronter pilleurs de tombes et esprits malfaisants…

Le premier tome des chroniques étranges des enfants Trotter a plus que séduit le petit garçon que j’ai été ! C’est typiquement le genre de livre que j’aimais lire ado, des histoires d’enfants de notre âge qui se trouvent mêlés à des évènements extraordinaires et qui vont devoir se battre, élucider des mystères,… Entre le thriller, le fantastique et le roman d’aventure, un peu entre Le club des cinq et Les désastreuses aventures des orphelins Baudelaire. Anne Ferrier et Régine Joséphine, deux belles plumes, apportent beaucoup de style à cette histoire (car ce genre de roman est souvent mal écrit). Non seulement c’est bien écrit, mais c’est bourré de références culturelles (ici sur Shakespeare), mais sans lourdeur. D’ailleurs on ne s’ennuie pas une minute à la lecture de ces aventures et on en demande encore ! Et ça tombe bien parce que…

Le chien des ténèbresVictor et Albane sont invités en Laponie par leur tante (qui y est allée pour retrouver son amoureux). Les vacances pourraient se passer normalement… sauf que non ! Un naufrage les fait échouer sur une bien curieuse île déserte où se cacherait un trésor… Pendant ce temps un étrange collectionneur les recherche pour récupérer ce qu’ils ont pris dans la première partie de leurs aventures et un mystérieux groupe surveille tout ça de loin…

On baigne encore ici dans une atmosphère fantastique, un peu étrange… dans laquelle j’adore me promener ! Les deux ado sont bien naïfs (le seront-ils encore longtemps) et ne se doutent pas de ce qui se trame. Le collectionneur, le méchant de l’histoire, est un vrai méchant comme on les aime, cruel et à la limite de la folie. Le groupe étrange qui veille sur les forces que réveillent les enfants est bien mystérieux et nous captive. Il y a une vraie ambiance dans cette série, une ambiance comme je les aime. Attention toutefois aux allergiques aux scènes violentes, ici on parle parfois de bête qui déchiquette de la chair ou broie des cartilages, ce qui peut, peut-être, déranger des enfants trop sensibles. La suite ! La suite ! (En fait elle vient de sortir… j’en parlerai bientôt).

Le mystère de la tête d'orLe trésor de l’Isle existe-il vraiment ? Jeannot et Riri aimeraient le savoir. Mais approcher un château qu’on dit hanté… pas pour eux ! Pourtant ils vont tomber sur une mystérieuse lettre qui va leur donner envie de résoudre l’énigme. Sur leur route ils rencontreront la jolie Céleste, amie ou ennemie ?

Quel bonheur de retrouver la plume de Catherine Cuenca ! J’avais adoré Le passage des lumières et je suis heureux de retrouver son style fluide. Ici on a vraiment envie de savoir la suite, il y a une vraie bonne intrigue, passionnante. On est captivé ! Comme dans Le passage des lumières, Catherine Cuenca parsème son roman de données historiques (on est ici en 1806) mais sans lourdeur, elle nous apprend des tas de petits détails sur cette époque sans jamais que l’on trouve ça en trop. Je lis de plus en plus de littérature ado et finalement rares sont ceux qui arrivent à faire des romans faciles à lire mais bien écrits, captivants de bout en bout. Le genre de livre qui plaît autant aux férus de lecture, qu’à ceux qu’on aimerait voir lire un peu plus. Le trésor de l’Isle est le premier tome d’une trilogie, j’attends la suite avec GRANDE impatience.

Quelques pas de plus
Nous avons déjà interviewé Anne Ferrier et chroniqué plusieurs de ses livres (Merlin, l’enfance d’un enchanteur, Arthur, l’enfance d’un roi, Morgane, L’enfance d’une magicienne et Petit pot de colle), nous avons aussi interviewé Régine Joséphine et chroniqué plusieurs de ses livres (Le dragon du vent et Je t’aime signé Lou(p)). Nous avons également chroniqué deux livres co-écrits par elles (Une vie de château et Patte rouge). Enfin nous avons aussi interviewé Catherine Cuenca et nous avons chroniqué plusieurs de ses livres (Espoirs, Révoltes, Victoires, Révélations et Trahisons).

La malédiction Shakespeare
d’Anne Ferrier et Régine Joséphine
Oskar dans la série Les chroniques étranges des enfants Trotter.
9,95€, 130×210 mm, 108 pages, imprimé en Europe, 2011.
Le chien des ténèbres
d’Anne Ferrier et Régine Joséphine
Oskar
dans la série Les chroniques étranges des enfants Trotter.
10,95€, 130×210 mm, 123 de pages, imprimé en Europe, 2012.
Le trésor de l’Isle
de Catherine Cuenca
Gulf Stream éditeur dans la série Le mystère de la tête d’or
12,50€, 180×140 mm, 239 pages, imprimé en Espagne, 2013.

A part ça ?

Si vous allez au salon du livre de Paris aujourd’hui, pensez à chercher les lettres !

Gabriel

You Might Also Like

Les invités du mercredi : Régine Joséphine et Timothée de Fombelle

Par 26 décembre 2012 Les invités du mercredi

Encore un beau mercredi puisque nous recevons un auteur que j’aime beaucoup, gine Joséphine à qui j’ai posée quelques questions puis nous partirons en vacances avec Timothée de Fombelle, auteur, entre autre, du très beau Victoria Rêve dont je vous parlais hier. Je vous souhaite un bon mercredi.


L’interview du mercredi : Régine Joséphine

Parlez-nous de votre parcours.
Ma vie d’enfant a été marquée par les livres. J’étais et je suis toujours nulle en maths et tout ce qui y ressemble (physique, chimie, logique) me rebute ! Ce qui m’intéressait, c’était l’imagination, l’irréel, partir dans les nuages, inventer des mondes, bref, me raconter des histoires pour m’endormir. Ça me rassurait, surtout à l’adolescence, période difficile Le Dragon Du Ventoù le monde réel vous rattrape et vous terrifie. Seulement, écrire des histoires, ce n’est pas un métier, n’est-ce pas ? J’ai donc essayé la publicité, les lettres, un peu de secrétariat (15 jours !) pour finalement me tourner vers l’enseignement. Et au fond, ce n’est pas très loin de l’écriture jeunesse ! Donc, depuis l’âge de 14 ans, j’ai écrit et je n’ai jamais cessé. Après plusieurs tentatives, mon premier roman Les rebelles de l’Enki-Ea est paru en 1997 chez Milan. Et depuis, je publie des albums et des romans chez différents éditeurs tout en exerçant mon métier de professeur d’école.

Quels étaient vos lectures d’enfant, d’adolescent ?
Ah ! Comme tout le monde, la fameuse bibliothèque rose ! Il n’y avait pas beaucoup de choix à l’époque. C’était la verte, la rose, la rouge et or… Et quand on grandissait, on tombait directement dans les romans d’amour à la Delly ou à la Barbara Cartland. Bon, ça n’a pas duré longtemps. Après j’ai adoré Vercors, Maupassant, Pergaud, les comédies de Shakespeare, un peu de Queneau, Cesbron, Georges Sand, Giono, Supervielle, Brecht… J’ai même eu une période, à 17 ans, où je lisais tout ce que je trouvais sur la 2e guerre mondiale… Ça me fascinait et me terrifiait en même temps, j’ignore toujours pourquoi…

Je t'aime signé Lou(p)Parlez-nous de votre très beau roman Je t’aime signé Lou(p), comment est-il né ?
Je m’attendais bien à ce qu’on me pose un jour cette question et je me suis préparée à y répondre. J’avais profondément besoin d’écrire ce texte. Il fallait que cette histoire s’exprime hors de moi. Je l’ai écrite en 3 semaines (un record !) tellement j’en ressentais l’urgence. Ce n’est pas mon histoire, je le précise. J’ai été bouleversée par les confidences d’une personne. D’une voix douce, elle m’a dit cette chose si laide et violente… J’ai eu besoin d’en faire quelque chose. Pas une fiction romancée, non. Il me fallait juste laisser sortir cette histoire telle qu’elle était, douce par les mots, brutale par les faits. Juste pour m’en délivrer, égoïstement. Mais en espérant que ces mots serviront aussi à d’autres.

Vous avez écrit plusieurs ouvrages avec Anne Ferrier, comment est née cette collaboration ?
Anne est ma sœur d’écriture ! Nous sommes différentes par nos goûts et justement, j’ai l’impression que c’est ce qui nous rapproche. Comme deux êtres complémentaires, tu Une vie de chateauvois ? Nous nous sommes rencontrées par le biais de l’ancien forum « Ricochet », le fameux portail de littérature jeunesse. Nous avons sympathisé par mail, nous avons commencé à donner notre avis sur les projets de l’une et de l’autre. Nous ne nous sommes rencontrées réellement qu’au bout d’un an, au salon de Montreuil ! Un été, toujours par mail, nous avons décidé de passer le temps en écrivant ensemble une histoire de sorcière. Nous avons tellement déliré que nous ne nous sommes plus arrêtées. Nous avons donc plusieurs parutions communes à notre actif.

Comment travaillez-vous ensemble ?
Toujours de la même façon : sur l’idée de l’une ou de l’autre, nous établissons le schéma de l’histoire, puis nous composons les chapitres. Ensuite, au boulot ! L’une commence à écrire, l’autre corrige son premier jet et continue, renvoie le tout à la première, qui corrige et continue. Une fois arrivées à la fin, nous reprenons le tout et nous corrigeons ensemble. Tout cela dans la bonne humeur, les éclats de rire et le délire.

Le rêve de petit pierreQuels sont vos projets ?
En ce moment, j’ai envie de ralentir un peu mes activités pour me consacrer à l’écriture de projets qui me tiennent vraiment à cœur. Écrire moins pour écrire plus intensément, voilà ce dont je ressens le besoin actuellement. J’ai envie d’écrire sur les problèmes adolescents (je connais puisque ma fille atteint cet âge « formidable » !), peut-être aussi sur des choses qui font mal et dont on n’arrive pas toujours à se délivrer. J’ai entamé l’écriture d’un roman adolescent-jeune adulte, assez noir, qui touche à ces sujets-là. Pour contrebalancer, parce que je ne suis pas un auteur triste, nous continuons, Anne Ferrier et moi, la suite des aventures de nos « enfants Trotter ». Quelques albums à paraître en 2013, une participation active à un groupe de réflexion sur la littérature jeunesse, des ateliers d’écriture poétique tout au long de l’année, et bien sûr des idées de romans que je mets de côté pour l’instant, faute de temps… Mes journées sont encore bien chargées !

Bibliographie sélective :

Retrouvez Régine Joséphine sur son site : http://www.regine-josephine.com


En vacances avec… Timothée de Fombelle

Une fois par mois, je pars en vacances avec un artiste (je sais vous m’enviez). Je ne sais pas si vous êtes comme moi, mais moi j’adore partir comme ça avec quelqu’un, on apprend à le connaître notamment par rapport à ses goûts… cet artiste va donc profiter de ce voyage pour me faire découvrir des choses. On emporte ce qu’il veut me faire découvrir. On ne se charge pas trop… 5 de chaque ! 5 albums jeunesse, 5 romans, 5 DVD, 5 CD, sur la route on parlera aussi de 5 artistes qu’il veut me présenter et c’est lui qui choisit où l’on va… 5 destinations de son choix. Cette semaine c’est Timothée de Fombelle qui s’y colle, merci à lui !
Allez en route !

5 albums :

  • Lian Chen Jiang HongLe merveilleux chef d’œuvre de Séraphin, Philippe Fix
  • L’arbre rouge, Shaun Tan
  • Les trois brigands, Tomi Ungerer
  • Les derniers géants, François Place
  • Lian, Chen Jiang Hong

5 romans :

  • Michel Strogoff, Jules VerneL'élégance des veuves, Alice Ferney
  • L’élégance des veuves, Alice Ferney
  • L’éducation sentimentale, Flaubert
  • Seul ce qui brûle, Christiane Singer
  • Le Comte de Monte Cristo, Dumas

5 DVD :

  • Out of Africa, Sydney PollackElle et lui
  • Down Town Abbey (série)
  • Ordet, Dreyer
  • Elle et Lui, Léo McCarey
  • Le Parrain, Coppola

5 CD :

  • Piano Solo (1 et 2), Gonzalesgonzales Solo Piano
  • Les communiqués colombophiles, Julos Beaucarne
  • Renaud (Intégrale), Renaud
  • Jacques Brel (Integrale)
  • Xiao Mei Zhu (Dernières sonates, Beethoven et Schubert)

5 artistes :

  • Thomas FougeirolBillie Holiday
  • Pablo Picasso
  • René Char
  • Fabien Chalon
  • Billie Holiday

5 endroits :

  • HanoiLisbonne
  • Les îles Eoliennes
  • New York
  • Le Causse Méjean
  • Lisbonne
©C.Helie

©C.Helie

Timothée de Fombelle est auteur.

Bibliographie :

You Might Also Like

Châteaux et gargouilles

Par 28 septembre 2012 Livres Jeunesse

Régine Joséphine et Anne Ferrier sont deux auteurs que j’aime beaucoup, elles ont écrit deux petits albums ensemble, j’ai eu envie d’aller voir ça de plus près !

Corne de brume et jour de pluie,
Y êtes-vous ? Allons-y !

Aymeric de Blanic était un seigneur qui avait le plus beau troupeau de moutons de tout le pays, mais il avait peur que Maël O’Ternil ne le lui vole ainsi il décida de se construire une tour pour le surveiller. Seulement voilà, voyant la tour, Maël O’Ternil se dit que son voisin avait quelque chose à cacher… certainement voulait-il lui voler sa collection de bilboquets dorés, il décida donc de se faire construire une palissade autour de sa tour et de son poulailler. Petit à petit les familles s’enrichissent et chaque descendant d’Aymeric et de Maël fait construire une fortification toujours plus importante que celle de son voisin, de peur d’être volé et pour le rendre jaloux. Jusqu’au jour où…

Voilà un très beau conte sur la jalousie, le fait d’avoir peur de l’autre, la méfiance et l’avarice. Vivre dans la peur de son voisin ne rend pas heureux et ceux qui seront les plus heureux seront ceux qui sauront partager. Les illustrations de Virginie Grosos sont très belles (la couverture est d’ailleurs peut-être un peu trompeuse, souvent on met en couv’ un dessin plus beau que ce qu’on va trouver à l’intérieur, ici c’est peut-être l’inverse… enfin c’est une impression très personnelle). En fin d’ouvrage, comme souvent chez Millefeuille, on trouve une partie un peu documentaire. Ici on nous explique l’évolution des châteaux à travers les âges (comme on a vu les châteaux évoluer dans le conte, de la motte castrale au château romantique).

Lou et son doudou Patte Rouge jouent près de la cathédrale quand ils remarquent un petit garçon de pierre qui tire la langue… ils décident de le suivre à l’intérieur… Ce n’était pas une bonne idée car une ombre surgit de derrière une colonne et enlève Patte Rouge… Lou va devoir partir à sa recherche dans cet édifice étrange…

L’histoire est ici un prétexte pour faire découvrir aux enfants l’architecture d’une cathédrale et surtout les gargouilles, mais au-delà de la partie pédagogique l’histoire elle-même est jolie et plaît aux petits… Quel est ce petit monstre qui a osé voler le Patte Rouge… En fin d’ouvrage, ici aussi on apprend ! Un petit lexique nous donne des informations sur les cathédrales. Même si le petit livre ne paye pas de mine au premier abord, on y découvre une très jolie histoire enrichissante avec des illustrations très douces.

Quelques pas de plus…
L’interview d‘Anne Ferrier sur le blog et les livres d’elle que nous avons chroniqués : Merlin, l’enfance d’un enchanteur, Arthur, l’enfance d’un roi, Morgane, L’enfance d’une magicienne et Petit pot de colle.
D’autres livres de Régine Joséphine que vous avons chroniqués : Le dragon du vent et Je t’aime signé Lou(p).

Une vie de château
d’Anne Ferrier et Régine Joséphine, illustré par Virginie Grosos
Éditions Millefeuille dans la collection Petit Pat’
9,60€, 155×215 mm, 32 pages, imprimé en France
Patte Rouge
d’Anne Ferrier et Régine Joséphine, illustré par Virginie de Lambert
Éditions Millefeuille dans la collection Petit Pat’
6,10€, 160×210 mm, 24 pages, imprimé en France

A part ça ?

En ce moment les blogueurs d’A l’ombre du grand arbre débattent sur le thème « Peut-on dire du mal des livres lorsqu’on est blogueur ? ». C’est sur le blog tous les jours depuis mardi.

Gabriel

You Might Also Like

Secured By miniOrange