La mare aux mots
Parcourir le tag

Remariage

Mes parents ne s’aiment plus… (thématique sur le divorce 2/3)

Par 7 juin 2012 Livres Jeunesse

Suite de cette thématique en trois parties sur le divorce. La semaine dernière je vous ai parlé de quatre albums jeunesse, cette semaine en voici 5 autres. La semaine prochaine je m’intéresserai à des livres pour les enfants qui lisent tout seul.

Maya n’est pas souvent avec son papa, alors quand elle passe un moment avec lui elle a le droit à trois caprices. Il suffit de dire « caprice ! » quand papa refuse quelque chose et hop c’est accordé ! Mais attention 3 fois ça passe vite. Le premier sera une glace à six boules, le deuxième un ballon pour le libérer quant au troisième il faut le garder précieusement jusqu’à la fin du week-end car il concerne maman…

Quelle beauté que cet album ! Déjà l’objet : c’est un grand livre (26 sur 29 cm) avec de très belles illustrations, un papier épais. Ensuite le texte, c’est une petite merveille. À la fois drôle et tendre, joyeux et triste. Maya parle de la différence entre chez maman et chez papa et au milieu elle lâche un « Avant, papa habitait chez moi avec Maman. C’était la « femme de sa vie ». Puis elle décrit l’appartement du père où il y a un portrait d’enfant qui pleure et conclu par «  Quand Papa est parti, Maman aussi  pleurait ». C’est dit avec les mots de l’enfance, avec sa simplicité. On sourit avec les yeux légèrement mouillés. La chute, le dernier caprice de Maya est de la même façon un beau moment très émouvant. Un petit bijou.

Puisqu’on est dans les bijoux, j’ai découvert la collection Les petits bobos de la vie du Dr Englebert, illustrés par Claude K. Dubois. Je ne connaissais pas du tout cette collection et je suis tombé sous le charme.

Édouard est très heureux, il va aller au zoo avec son papa ! Celui-ci lui rappelle qu’il y est déjà venu à l’époque où il ne marchait pas encore, à l’époque où ses parents étaient encore ensemble… Une fois rentré chez maman, c’est l’occasion de revoir des photos de lui petit, de ses parents quand ils s’aimaient.

Manu apprend que ses parents sont se séparer. C’est bizarre la vie sans papa, l’appartement parait vide sans ses affaires. Quand vient l’heure de passer à table sans lui… ça fait drôle ! Et puis il y a maman qui pleure, maman qui critique papa au téléphone, des choses qu’on ne veut pas entendre… Puis vient le temps de la nouvelle maison de papa « c’est drôle de dire « chez papa ». Avant, chez papa, c’était chez nous », la nouvelle copine de papa… La vie suit son cours, maintenant Manu a deux maisons et une valise rouge qui le suis.

Ces deux livres sont de pures merveilles de tendresse et de poésie. Les séries comme ça sur des thèmes précis sont souvent un petit peu bancales… On veut aborder chaque fois un thème on le fait tant bien que mal, c’est souvent écrit par des spécialistes (pédiatres, psychologues,…) qui ne sont pas forcément de grandes plumes et assez mal illustrés… Ici c’est tout le contraire ! La plume du docteur Éric Englebert touche là où il faut, elle nous fait monter les larmes au coin des yeux, pourtant ce n’est pas triste, c’est juste beau. Les mots sont bien choisis, ils font mouche. Les illustrations de Claude K. Dubois sont parfaites, elles ajoutent encore plus de poésie et de tendresse au texte qui n’en manquait pourtant pas. Je ne connaissais pas cette illustratrice (juste de nom, Agnès Domergue m’en avait parlé) et je suis tombé sous le charme. Des livres de poches absolument superbes.

Cette petite fille a deux maisons. Il y a chez papa et chez maman. La seule chose qui ne change pas c’est Fred ! Fred c’est son chien qui la suis partout. Seulement voilà… chez maman Fred aboie sur le caniche du voisin et chez papa… il mange les chaussettes ! Plus personne n’en veut. Mais où il va habiter alors ?

Je vous parlais déjà la semaine dernière du divorce vu par un chien (Oh ! Pétard ! chroniqué ici), dans J’ai deux maisons ce n’est pas le chien qui raconte l’histoire mais il en est au centre. J’aime cette façon détournée de parler aux enfants de choses qui peuvent les tracasser. Ici le quotidien en garde alternée est tout à fait « normal », il n’y a que le chien qui pose problème. J’ai trouvé ce « concept » intéressant et intelligent.  La vie de cette petite fille est montrée comme une vie banale. Le texte est très beau et les illustrations de Tricia Tusa sont magnifiques, bien mises en valeur par un beau papier épais (Circonflexe fait vraiment de beaux livres).

Victor a une famille un peu compliquée, il y a son père, sa mère et ses frères mais aussi la nouvelle femme de son père, le nouveau mari de sa mère, les enfants que le nouveau mari de sa mère a eu avec elle, qui sont ses demi-frères et sœurs mais aussi Marie-Lucie qu’il a eu avant et qui n’a donc aucun lien de parenté avec lui. Pourtant la mamie de Victor la connaît bien Marie-Lucie et quand il vient en vacances, même si elle n’est pas sa petite fille par le sang, elle veut qu’elle vienne aussi. Tout n’est déjà pas simple mais le jour où les enfants reviennent de vacances par le train, accompagnés par les JVS (Je voyage seul) tout se complique. Car à la gare ce n’est pas la personne prévue qui arrive les chercher mais Prosper, le grand frère de Victor ! Et l’accompagnatrice elle ne l’a pas sur sa fiche, de plus ce n’est pas le frère de Marie-Lucie ! Alors on appelle le père de Marie Lucie… mais lui n’est pas le père de Victor ! Comment tout ce méli-mélo cela va se terminer ?

Ils nous ont encore oubliés ! (titre que je ne comprends pas, par rapport à l’histoire) est extrait d’une série : Victor et Cie qui raconte « la vie trépidante et drôle d’une famille recomposée ! ». Ici l’histoire est assez originale puisqu’on parle des enfants qui vivent dans une famille recomposée mais par le biais d’une histoire de « qui viens nous chercher », « qui est responsable de nous ». Victor et Marie-Lucie sont comme des frères et sœurs pourtant ils n’ont pas de parents en commun. Aux yeux des administrations les parents de l’un ne sont pas ceux de l’autre, même si aux yeux des enfants tout ça n’a aucune importance. Un petit album frais et moderne.

Quelques pas de plus…
Retrouvez d’autres albums qui parlent de divorce et de familles recomposées : Prune, la nouvelle fiancée de Papa, Le papa-maman et dans l’article de la semaine dernière.
J’ai deux maisons et d’autres livres sur le divorce sur Parfums de livres.

Les trois caprices de Maya
de Geoffrey Dussart, illustré par Anne-Catherine De Boel
Pastel – L’école des loisirs
13,50
Papa, maman… avant
de Dr Éric Englebert, illustré par Claude K. Dubois
Grasset Jeunesse/Lampe de poche dans la collection Les petits bobos de la vie
5,90€
La valise rouge
de Dr Éric Englebert, illustré par Claude K. Dubois
Grasset Jeunesse dans la collection Les petits bobos de la vie
5,90€
J’ai deux maisons
de Nancy Coffelt, illustré par Tricia Tusa
Circonflexe
12,50€
Ils nous ont encore oubliés !
de Yann Mens, illustré par Marie-Élise Masson
Gautier-Languereau dans la série Victor et Cie et dans la collection Les petites histoires du soir.
6,90€

———————————————————————————————————————

À part ça ?

Bulle et Bob vous les connaissez ? On vous a parlé déjà d’eux (Bulle et Bob dans la cuisine et Bulle et Bob à la plage), on les adore. Ma fille est très fan. Ils ont maintenant un blog sur lequel vous pouvez retrouver des extraits du prochain : Bulle et Bob préparent Noël ! C’est ici : http://tualnatalie.blogspot.fr/

Gabriel

You Might Also Like

Au pays de l’absurde

Par 26 février 2012 Livres Jeunesse

Aujourd’hui je voulais vous parler de trois livres que je qualifierais de loufoques.

Alors qu’ils étaient déjà très vieux, un homme et une femme se rendirent compte qu’ils voulaient un enfant. Mais comment faire… Après avoir tenté la petite fille de bois (trop dure), le petit garçon de chiffon (trop mou), celui en farine (dévoré par les souris), écrit au roi et aux cigognes, jeté des pièces dans une fontaine, essayé d’enfanter… ils réussirent enfin à avoir un bébé… à moustache !

J’ai beaucoup aimé cette histoire, elle est très drôle. Les illustrations d’Alessandra Cimatoribus ajoutent encore plus d’humour à ce texte qui n’en manque pas. Au delà de l’humour, cette histoire tirée d’un conte mongol parle de la vieillesse et de l’amour. C’est tout à fait le genre d’album qui éclate les enfants et que les parents, qui le lisent avec un autre niveau de lecture, adorent. C’est sorti chez OQO, maison d’édition que j’ai découvert il y a peu, et dont je vous avais parlé il y a peu de temps qui fait, décidément, de bien beaux albums.

C’est l’histoire d’un roi et d’une reine sans cœur qui arrosaient leurs jardins avec les larmes des pauvres. Un jour La Misère s’invita au château pour leur faire une farce, une farce qui leur pourrit tellement la vie que leur médecin leur conseilla de mourir, c’était la seule solution ! Mais on ne peut pas mourir sans avoir fait d’enfant ils devaient donc en faire un… Ils en firent un tout moche !

L’histoire de ce petit roman est impossible à raconter, c’est du grand n’importe quoi, mais du grand n’importe quoi génial ! J’ai beaucoup ri en le lisant, les situations sont complètement farfelues, le texte fourmille de petites blagues du genre Et l’hiver est passé et le printemps est passé et l’été est passé et l’automne et les 4 saisons sont passées et Vivaldi avec ou un loup qui voit mal à qui on conseille d’aller chez Ahfleloup. Ça m’a rappelé un film qui me faisait mourir de rire quand j’étais pré-ado Elle voit des nains partout ou un peu l’humour des Robins des bois. Ça part dans tous les sens, c’est réjouissant, bienvenu au pays où on mange les enfants pour s’en débarrasser, où les fées ont l’accent pied-noir et où les princesses ressemblent à des Picasso. L’auteur, Moussa Lebkiri est conteur et humoriste et ce texte est d’ailleurs tiré d’un de ses spectacle. J’espère le voir sur scène depuis que j’ai lu cette histoire.

Mireille a un papa qui est un papa-maman (il est tout à fait comme un papa (avec de la barbe, un zizi et tout) mais il sert aussi de maman). Il fait tout comme une maman et tout comme un papa du coup il n’a jamais de temps. Un jour il rencontre une dame appelée Beautiful, elle va devenir la belle-mère de Mireille et avec elle son père va lui faire un demi-enfant Anne-Fr (qui n’a qu’un bras, une jambe, un œil, une oreille… logique pour une demi-sœur). Tout se passe bien jusqu’au jour où le père de Mireille trouve du travail à Paris chez le Maître-des-sous, ça va être le début d’un tas d’aventures où on rencontrera un ogre, une sorcière, un marchand de temps et d’autres personnages étranges et hauts en couleur dans un Paris fantasmagorique.

Par le biais d’un conte moderne, on parle des papas solo, du remariage, des demi-frères et demi-sœurs, du chômage et du fait de devoir partir pour le travail, du manque de temps des parents… et de tellement d’autres choses ! L’histoire est riche en thèmes, souvent traités de façon métaphoriques. Graphiquement le livre est très beau, j’aime beaucoup les illustrations de Zeina Abirached. Le CD est un délice à écouter, non seulement Angelina Galvani passionne par sa façon de raconter mais l’habillage musical est vivant, dynamique. C’est drôle et très original. Marianne vous a déjà parlé du travail des éditions Benjamins Média et de leurs livres CD. Ici aussi le livre existe en braille et en gros caractères.
Extrait sonore.

Bébé Moustaches
de Patacrúa, illustré par Alessandra Cimatoribus
OQO
12€
La belle histoire du beau Prince tout Moche
de Moussa Lebkiri, illustré par Sess
Jeunesse L’harmattan
10€
Le papa-maman
d’Angelina Galvani, illustré par Zeina Abirached
Benjamins Média
22€

———————————————————————————————————————-

A part ça ?

Sandrine Beau, qu’on aime beaucoup sur La mare aux mots, était sur Besançon TV mercredi dernier. Pour revoir l’émission c’est ici : http://www.besancon.tv/video.php?id_prod=939.

Gabriel

You Might Also Like

Quand la littérature jeunesse s’intéresse aux grands-pères…

Par 7 février 2012 Livres Jeunesse

Le grand-père on peut dire qu’il a été heureux. Il a pris le bon côté des choses. Les dernières années, il les a passées à sculpter de la vigne sur les buffets et les chaises, à se balader avec les gosses, faire des bons petits plats, aller voir le lever de la lune au-dessus des genêts.
Le grand père,
Brigitte Fontaine

Quand j’avais chroniqué deux livres parlant de grands-mères on m’avait demandé des livres sur les grands-pères. J’ai donc décidé de vous faire une petite chronique thématique sur ce sujet. Par contre j’ai remarqué que très souvent, quand on évoque le grand-père, c’est pour parler de la mort. Mais il y a quelques exceptions.

Dis, pépé, est-ce que toi aussi tu as eu un pépé ? c’est ce que demande un petit garçon à son grand-père, et à peine a-t-il eu sa réponse qu’il veut savoir qui était le pépé de ce pépé là… et ainsi de suite. Ainsi on va remonter l’histoire du pépé du temps des voitures tirées par les chevaux à celui qui vivait à l’époque des dinosaures.

Ce grand-père là déborde d’imagination et il met toute son énergie à raconter la vie de ses aïeux : il lève les bras au ciel, s’agite, met sa veste sur sa tête bref il vit les histoires qu’il raconte. Et c’est grâce aux illustrations à la Sempé de Ronan Badel que cet album est aussi vivant et aussi drôle. Cet album a eu le prix chronos de la littérature 2011 CE1-CE2. Un grand père très tendre, qui aime raconter des histoires à son petit fils… comme dans l’histoire suivante.

Il en est arrivé des aventures à ce grand-père ! Une abeille qui l’a suivi toute une semaine, un ballon lancé si fort qu’il a crevé un nuage et fait tomber la pluie, une paire d’ailes trouvée dans un bois qui lui a permis de voler… bref des périples extraordinaires racontés par un grand-père aux joues rouges et quand mon grand père dit quelque chose, c’est que c’est vrai.

Les joues rouges est un très bel album, sorti chez Notari (Marianne vous a parlé régulièrement d’eux et de leurs magnifiques ouvrages). Le grand-père, ici aussi, déborde d’imagination (mais il y a vraiment une différence de ton entre les deux albums, dans Le pépé de mon pépé on est vraiment dans le registre comique et ici c’est très très poétique), les histoires qu’il raconte semblent sortir d’un conte. Mais ce grand-père raconte-t-il vraiment tout ça ou est-ce ce petit garçon qui imagine son grand-père ? Les grands illustrations d’Aljoscha Blau sont très belles et ajoutent encore de la poésie au texte de Heinz Janish qui n’en manquait pourtant pas, de plus il y a une vraie recherche graphique, le texte est écrit sur des lignes comme si c’était un enfant qui avait rédigé cette histoire dans son cahier d’écolier.

Le petit garçon de Se balader  a un grand père qui marche, qui se promène tout le temps, alors il le suit. Et quand on suit son grand-père, rien ne peut vous arriver… et il s’en passe des choses ! Un bâton trouvé sur le bord de la route se transforme en rame et voilà notre héros qui conduit son bateau pour rejoindre son grand-père, parfois il faut traverser un pont qui va s’écrouler et sous lequel attendent des tigres affamés mais si une voiture noire apparaît au bout de la rue on est sauvé… Se balader avec son grand-père c’est une vraie aventure !

Cet album, également édité par Notari, est une magnifique ode à l’imagination comme dans les livres précédents. On parle aussi de l’amour des balades (et de ceux qui n’ont pas la chance de connaitre ça et passe leur temps devant la télé) et de l’amour pour son grand-père (qui permet plus de choses que les parents !). Les illustrations de Madalena Matoso sont lumineuses, c’est un album très joyeux. On est dans l’univers délirant des enfants et des jeux qu’ils font en marchant (vous n’avez jamais, vous, joué à « si je fais plus de 37 pas avant d’arriver au poteau je suis mort » ou « si mes pieds touchent un des traits je vais être mangé par des crocodiles » ?). Un bien bel album.

Et les grands-pères amoureux ?

Chaque année Adrien passe ses vacances chez son grand-père, c’est pour lui le meilleur moment de l’année, il l’attend avec impatience. Faut dire que son grand-père c’est quelqu’un ! Incollable sur la nature (et surtout sur les chauves souris), drôle, inventif,… Et donc cette année encore Adrien est heureux de le retrouver… sauf que son grand-père a rencontré quelqu’un, et ça, ça ne plaît pas du tout à Adrien qui aurait préféré avoir son grand-père pour lui seul.

Elle est belle cette histoire d’amour entre un petit-fils et son grand père, belle et originale. Déjà la complicité entre un petit-fils et son grand-père c’est un sujet peu traité mais les histoires d’amour du troisième-âge… n’en parlons pas ! Et ici c’est fait avec délicatesse et avec humour. J’aime décidément la plume de Sandrine Beau, pleine d’énergie. Comme dans L’hippopotin c’est multicouche, ça traite d’un sujet mais pas que… il y a plein de petites choses abordées, sous-jacente. Bref une très belle histoire d’amour, d’admiration d’un petit-fils pour son grand-père.

Et parfois le grand-père nous quitte…

Barzolo et Barzolino se souviennent de leur grand-père. Quand ils faisaient du ski avec lui ou partaient à la pêche… ou quand il leur faisait des farces ! Les deux oursons ont grandit aujourd’hui mais leur grand-père est toujours dans leur mémoire.

Avec Tu te souviens ? on est vraiment dans la littérature jeunesse classique, des albums comme on a lu chez nos grands-parents justement. C’est doux et tendre. Dans celui-ci on parle donc de la mort, mais ce n’est pas triste. Les ours, à l’âge adulte, sont pressés de parler de leur grand-père à leurs enfants, on parle des générations, de la transmission.

Boubou adore son grand-père, quand il doit passer la journée avec lui c’est la fête ! Faut dire qu’il est drôle le grand-père, il est farceur et joueur. Mais un matin le grand-père de Boubou ne se réveille plus…

Boubou est un héros récurent des éditions Casterman, à qui il arrive beaucoup d’aventures. C’est un enfant Pygmée. Ici donc il va rencontrer Jèngi, un esprit qui va emmener son grand-père. L’album n’est pas triste (il s’adresse aux plus petits et la mort est pour eux une notion inconnue) et Boubou va très vite reprendre sa vie normale et continuer à faire ce qu’il faisait avec son grand-père, mais seul… et tout en pensant à lui. C’est très tendre. En fin d’ouvrage l’auteur nous explique comment se passe la mort chez les Pygmées. Ce livre a reçu également le prix chronos 2011 pour les maternelles et CP.

Le pépé de mon pépé de Noé Carlain, illustré par Ronan Badel
L’élan vert, 12€
Public : A leur lire / lecteurs débutants

Les joues rouges de Heinz Janisch, illustré par Aljoscha Blau
Notari, 17€
Public : A leur lire / lecteurs débutants
Extraits

Se balader d’Isabel Minhós Martins, illustré par Madalena Matoso
Notari, 14€
Public : A leur lire / lecteurs débutants
Extraits

L’été où mon grand-père est devenu jaunophile de Sandrine Beau, illustré par Élice
Éditions Les Lucioles
Public : lecteurs débutants / Lecteurs confirmés

Tu te souviens ? de Martine Beck, illustré par Annie Bonhomme
Kaléidoscope, 12,04€
Public : A leur lire / lecteurs débutants

Boubou et grand-père de Cyril Hahn
Casterman, 8,50€
Public : Tout petits / A leur lire / lecteurs débutants

———————————————————————————————————————

A part ça ?

Un petit court-métrage sur le temps qui passe, très poétique et avec pas mal de métaphores. Je vous préviens c’est pas super gai…

Gabriel

You Might Also Like

« J’ai un coeur qui bat sous mon T-shirt Hannah Montana » + Coup de projecteur : Gaëlle Huan

Par 14 décembre 2011 Livres Jeunesse

Cette semaine… pas d’invité du mercredi ! Tout est de ma faute (j’assume). Avec le salon du livre jeunesse de Montreuil j’ai eu beaucoup de boulot… et j’ai oublié d’envoyer des interviews (et de relancer ceux qui ne m’avaient pas encore répondu…) Donc exceptionnellement une chronique ! Mais on retrouvera quand même, en fin de billet, notre nouvelle rubrique : Coup de projecteur !

——————————————————————————————————————–

Le souci avec la drogue, il paraît, c’est que lorsqu’on commence à y toucher on devient dépendant… C’est ce qui m’est arrivé avec les livres de Séverine Vidal… L’autre souci avec le drogue c’est que c’est pas bon pour la santé or là, c’est plutôt le contraire ! Après avoir été dingue de son livre Léontine, princesse en salopette j’ai commencé à essayer de lire tout ce qu’elle a écrit. J’ai chroniqué il y a peu du superbe Mamythologie, je vous parlerai très prochainement de petits romans qu’elle a écrit pour les plus grands (dont celui que j’ai fini hier la larme à l’œil), mais en attendant aujourd’hui je vous propose de découvrir un album pour les petits, le très drôle Je n’irai pas et deux mini-romans avec son nouveau personnage : Prune !

J- 2 j’ai tout préparé : ma trousse, mon cartable. C’est ainsi que commence Je n’irai pas. Le temps va défiler jusqu’au jour J avec la tenue à choisir, l’adieu à l’été,… mais on se réjouit car on va retrouver les copains ! C’est dur de vous parler de l’album sans vous dévoiler la chute (très drôle). C’est un livre génial sur la rentrée, le stress que ça engendre mais aussi les joies que ça procure… et il dédramatise tout ça en montrant qu’on n’est pas tout seul ! Les dessins de Cécile Vangout sont frais, épurés et très beaux, ils collent bien aux mots de Séverine Vidal et contribuent à en faire un album réjouissant, qui fait du bien, qui donne le sourire. C’est un bel objet avec un papier épais, un format à l’italienne et c’est vraiment un livre que j’adore ! (ça c’est dit !)

Prune a un prénom de fruit et des parents divorcés, elle aime les adverbes qui finissent en -ment et elle n’aime pas les gens qui l’appellent Fraise-des-bois. Elle a pour compagnon Bernouille-la-nouille, son poisson rouge qu’elle cache pour l’apporter à l’école, chez son père et le Chat Trastrof chez sa mère. Elle a pour ami Barnabé, qu’elle connaît depuis toujours mais elle n’est pas amoureuse de lui (même si elle pense à lui tout le temps…) et son petit frère s’appelle Cosmo. Bref Prune c’est un personnage et elle a surtout un sacré caractère ! On retrouve ici l’écriture pêchue de Séverine Vidal, son humour mordant, son style qui fait mouche. Le premier tome parle des rumeurs (Marie est absente et très vite la machine à ragot va s’emballer, on dit même qu’elle a déménagé aux États-Unis pour devenir une star), le second tome parle du fils de la nouvelle fiancée du père de Prune. Ce sont les deux premiers tome d’une (j’espère) longue série ! Avec des thématiques intéressantes pour les enfants. Mais la grosse différence avec les autres livres qui ont des thématiques fortes comme ça, c’est que je ne trouve pas ça moralisateur et manichéen. Quand on regarde la plupart des héros qui, dans chacune de leurs aventures, vivent un évènement plus ou moins fort, c’est vraiment dans l’excès, caricatural. Il y a un grand bouleversement, les personnages ne sont plus les mêmes à la fin de l’histoire, tout ça les a grandit et changé… Ici c’est très ancré dans le réel, Prune est une petite fille d’aujourd’hui que l’on pourrait connaître. Le genre de gamine avec son caractère bien trempé mais qu’on adore… mais un peu chieuse quand même ! En fait c’est aussi ça qui lie la plupart des personnages de Séverine Vidal : ils ne sont pas tièdes, pas gnan-gnan… ils sont plein de vitalité et d’une bonne humeur communicative. On lit ces livres avec un petit sourire en coin. Niveau illustrations, les dessins de Kris Di Giacomo participent à rendre cette Prune craquante et drôle avec un côté pestouille. Ce sont de très beaux albums de poche.

Je n’irai pas de Séverine Vidal, illustré par Cécile Vangout
Éditions Frimousse, 12€50
Public : A leur lire / lecteurs débutants (et pour les instit, d’ailleurs j’ai prêté le mien à la maitresse de ma fille )

Prune, tome 1 : La grosse rumeur de Séverine Vidal, illustré par Kris Di Giacomo
Prune, tome 2 : La fils de la nouvelle fiancée de papa de Séverine Vidal, illustré par Kris Di Giacomo
Éditions Frimousse, 7,80€ chacun
Public : lecteurs débutants / lecteurs confirmés

——————————————————————————————————————————

Coup de projecteur

Aujourd’hui, dans le cadre des « Coups de projecteur » (chaque semaine nous vous présentons un illustrateur non édité, si vous voulez en savoir plus) nous avons décidé de vous présenter Gaëlle Huan. Je lui ai demandé de m’écrire une petite présentation, je vous la livre en l’accompagnant de certains de ses dessins. Je vous incite surtout à visiter son book et son blog.

On m’a toujours dit que j’étais douée en dessin.

Par rapport aux autres enfants de mon âge, bien sûr…

Des études chaotiques et un bac obtenu grâce à l’achat d’une pochette surprise ne m’avaient pas destinée à faire quoi que ce soit de ma vie.
La découverte d’une école d’arts appliqués dans ma ville natale fut pour moi une bouée lancée dans l’océan de mon désarroi.

Ce fut de courte durée.
Après une année collée à ma planche à dessin, le pinceau calcifié entre mon pouce et mon index, je résolus de m’arracher de ma chaise à roulette et, tournant le dos à ma classe préparatoire, je me lançais dans des études d’histoire de l’art. Bien décidée à remplir mon cerveau de tout ce que je pourrais trouver, je me promettais cependant de poursuivre le dessin parallèlement à mon nouveau cursus.

Un stage au Canada me fit découvrir les musées pour enfants. Une véritable passion ! Un monde nouveau s’ouvrait à moi, peuplé d’histoires vraies, de petits dessins explicatifs et de fabuleux décors à explorer.
Je décidais donc de rentrer en France pour en créer un moi-même.

Ma maîtrise (spécialisée dans les métiers de l’exposition) en poche, j’explorais la jungle culturelle française à la quête du Saint-Poste. Ma piste dégagée au coupe-coupe me conduisit dans les Côtes-d’Armor où la Mairie de Tréguier me donna ma chance et m’intronisa commissaire d’exposition pendant quatre années consécutives.

Les budgets venant à manquer, on me signifia mon congé.
J’errais ça et là, ne sachant où diriger mes pas. Quittant la jungle, je me retrouvais dans le désert… Cette période fut pour moi un temps de questionnement dont je profitais pour reprendre crayons et pinceaux, désireuse de m’exprimer à nouveau dans un langage qui m’était propre.

Quelques progrès et petites victoires plus tard, je me décidais à repartir vers la jungle d’un autre continent : l’illustration et la bande dessinée pour enfants. Forte d’un enthousiasme béat et d’un coupe-coupe mieux affûté, je créais ma propre entreprise en juin 2010.
Certes, la piste est sinueuse et les serpents nombreux mais nul doute qu’un jour prochain je découvrirai la maison-d’édition-perdue…

Ainsi se termine la présentation de Gaëlle Huan, nous espérons que tout ça vous aura donné envie d’en savoir plus sur elle et nous lui souhaitons bon courage dans ses recherches.

Gabriel

You Might Also Like

Secured By miniOrange