La mare aux mots
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Rosemary Wells

Douce nuit, sainte nuit…

Par 10 décembre 2012 Livres Jeunesse

L’autre jour on a commencé à parler de Noël avec des albums pour les tout-petits et de la musique, aujourd’hui voici des albums pour les plus grands. Comme je le disais l’autre jour, je ne suis pas des plus grands fans de cette fête et je ne suis pas forcément objectif sur le sujet ! Aussi j’ai décidé de faire plus une présentation de ces albums qu’une critique personnelle, à quelques exceptions près… et on commence par une exception car c’est mon préféré de la sélection.

Arthur est un jeune orphelin de sept ans. Depuis la mort de ses parents il vit dans une immense maison entouré de domestiques mais il s’ennuie profondément… Tout ce qu’on fait pour lui ne sert à rien… Pour son premier Noël sans famille, Arthur n’a qu’une seule demande : faire venir des morts à sa table, mais est-ce possible ?

Voilà un album sur Noël qui change vraiment de toute la mièvrerie servie habituellement (on est même au total opposé !). Le livre est très très esthétique avec des illustrations un peu à l’ancienne mais avec un côté décalé. Le texte, quant à lui, est très poétique et plein d’humour (humour parfois macabre). Alors bien-sûr on parle de la mort mais on parle aussi de l’imagination, de l’amour. On pense à la Famille Addams notamment. Si vous aimez les beaux albums avec un vrai sens de l’esthétique et de la poésie allez donc faire un tour à cet étrange réveillon.

On reste avec les albums très esthétiques… et les histoires pas forcément joyeuses…

Jonathan est un jeune orphelin qui grandit dans les rues de Londres à la fin du XIXème siècle. Il marche seul et triste dans les rues froides de la ville. Autour de lui tout le monde achète des cadeaux, lui sait qu’il n’aura rien… jusqu’au moment où il rencontre un étrange bonhomme qui va lui offrir… une étoile qui brille dans le ciel !

Ce conte, devenu un classique, existait sous forme de roman et sort ici dans un très bel album illustré par Martin Matje. Les illustrations sont magnifiques et la couverture est à la fois sobre (avec ses silhouettes en ombres chinoises) et en même temps le « doré qui brille » donne un côté très clinquant. L’histoire est extrêmement poétique (pensez donc, offrir une étoile) et les illustrations « à l’ancienne » sont superbes. Un très beau conte de Noël.

On reste dans le même esprit et dans les beaux contes avec une histoire inspirée du classique La petite fille aux allumettes.

Céleste est une allumette qui rêve de partir, de s’en aller de sa boîte, elle n’en peut plus d’être enfermée ainsi, elle imagine de quelle façon elle sera utilisée, qui elle illuminera le temps d’un instant. Et si c’était pour éclairer une célèbre petite fille ?

C’est une histoire originale que nous propose Gaëlle Callac, celle de l’allumette de la petite fille aux allumettes. C’est très doux, très poétique et les dessins de Marie Desbons viennent accentuer cette douceur et cette poésie. Le livre se glisse dans un fourreau cartonné pour rappeler la boite d’allumettes (et on trouve même un semblant de grattoir sur les tranches) et c’est une belle idée.

Rita et Machin vous les connaissez certainement ! Gallimard Jeunesse sort un grand album spécial Noël.

Chouette ! Rita et Machin vont passer Noël chez les grands-parents… sauf que la joie est de courte durée : les terribles cousins Aymeric et Ghislain sont là… Au programme lancé de boules de Noël et ski ! Des vacances pas de tout repos surtout lorsque Machin disparaît…

J’adore Rita et Machin, ils me font penser à Calvin et Hobbes (que j’adore aussi), c’est doux, pas mièvre, très poétique et très esthétique. Ici avec ce grand album c’est encore plus beau et cerise sur le gâteau, le livre vous propose des petites déco de Noël à accrocher dans son sapin (en carton avec des éléments argentés). Alors franchement accrocher du Olivier Tallec dans son sapin… si ça c’est pas chic ?!

La veille de Noël un loup affamé cherche en vain quelque chose à se mettre sous la dent jusqu’au moment où il croise 12 petits cochons. Il imagine déjà le festin qu’il va faire… mais voilà que dans la précipitation il se prend les pieds dans le sapin et BADABOUM il s’écroule ! Heureusement que les petits cochons sont là pour le soigner…

Énormément d’humour dans cet album japonais signé Tatsuya Miyanishi. J’adore le ton et le graphisme du livre, on quitte ici aussi la mièvrerie qui entoure Noël tout en parlant du partage, de l’esprit de Noël (le loup touché par la gentillesse des cochons les laissera en paix) et les illustrations sont très loin de ce qu’on a l’habitude de voir. L’histoire est géniale à lire aux enfants car vraiment rythmée (des petites chansons viennent compléter le récit), bref une vraie réussite !

On reste dans l’humour…

Les lutins vous les connaissez… ils passent leur temps à travailler pour le Père Noël, ils travaillent sans relâche et se tuent à la tâche pour combler les enfants… sauf que comme partout, chez les lutins il y a des exceptions ! Voici donc l’histoire d’un lutin rêveur, paresseux, décourageant… qui ne s’intéresse à rien à part la télé et qui est plus gênant qu’utile pour ses confrères… et si pourtant ce lutin était utile aux autres ?

Une sympathique histoire sur le thème de « on a tous quelque chose à apporter aux autres ». On parle aussi de la différence et du fait de refuser d’être dans la norme, de ne pas vouloir faire les choses sans réfléchir parce que c’est comme ça et pas autrement. Un album sur les rêveurs et quelque part sur les artistes…

Génibus est un génial inventeur qui veut toujours simplifier la vie des gens et ici celle du Père Noël. En effet il veut moderniser la façon de faire du vieux bonhomme notamment en remplaçant ses rennes par un super traineau à turboréacteur à propulsion électromagnétique, bulle thermo chauffante et écrans plasma indiquant les informations sur les enfants. Seulement voilà, le Père Noël y tient à ses rennes ! Mais Génibus tentera coûte que coûte de lui vendre son traîneau… quitte à tenter les pires choses…

On parle ici de la modernité et de la surconsommation, des vendeurs de produits toujours plus performants (alors qu’on n’en a pas besoin). Un thème important à Noël, période propice au consumérisme. L’album parle aussi des traditions, de l’amitié (pour rien au monde le Père Noël ne voudrait qu’on remplace ses rennes) et surtout de l’entraide (Génibus fait enlever les rennes et c’est grâce aux enfants du monde entier que le Père Noël va les retrouver).

Un roi acheta un gros rouleau de tissu pour faire un manteau à la princesse. Les couturières posèrent les chutes devant la porte et la cuisinière du roi les récupéra pour faire une veste à sa maman puis déposa les chutes devant chez elle… jusqu’à ce qu’un blaireau passant par là les prit pour en faire un chapeau pour son papa… les restes serviront ensuite à un écureuil puis à une souris.

Voilà un très beau conte de randonnée (qui me rappelle un peu le très beau Schmat doudou). Les illustrations sont pleines de douceur et le texte très beau, agréable à lire car rythmé et avec des petites touches d’humour. J’aime aussi le côté « recyclage » de l’histoire, que chacun fabrique son cadeau avec ce qu’il a trouvé, qu’un rouleau de tissu aura fait, au final, 5 heureux. Une façon de dire qu’il n’y a pas besoin de dépenser énormément pour faire plaisir à Noël.

La (célèbre) petite taupe a décidé de faire une surprise à ses amis ! Elle leur a fait un sapin de Noël et elle a préparé des cadeaux… seulement le méchant corbeau voit tout ça et il a décidé que tout ne se passerait pas aussi bien…

Je connaissais La petite taupe en dessin animé, pas en livre. Si vous aimez les albums rétro (le personnage a été créé dans les années 50) c’est un album que vous allez adorer ! On parle ici de l’amitié, du partage… et bien-sûr de Noël !

C’est Noël, Damien est très pressé de voir son cadeau. Son frère a eu un équipement de hockey et ses sœurs une trousse de maquillage pour l’une et un petit chimiste pour l’autre… lui a un ours en peluche. Seulement voilà Damien aimerait bien essayer les jouets des grands mais tous refusent avec le même argument… il est trop petit ! Mais Damien se rend compte qu’un cadeau n’a pas été ouvert et qu’il contient un sac qui rend invisible…

On est ici aussi dans les albums un peu anciens (celui-ci date de 1975) avec le charme qu’ont les livres qu’on lisait nous-même enfant. On parle dans cet album du partage et de l’imaginaire des enfants. Un album tout doux.

Mais que se passe-t-il cette nuit au le centre de tri ? Il y a de la lumière et quand la secrétaire arrive il y a plein de bazar ! Et si tout simplement c’était le Père Noël qui cherchait une des lettres qu’on lui a envoyées ?

Ici on est plus proche des premiers romans illustrés que de l’album et c’est surtout un bel hommage au service de La Poste qui chaque année reçoit les lettres du Père Noël et y répond (on retrouve d’ailleurs en fin d’ouvrage un historique de ce service qui fête cette année ces 50 ans)

On termine cette (grosse) sélection spécial Noël avec deux recueils sortis chez Lito, 24 histoires de Noël et 100 petites histoires de Noël. On y retrouve tout ce qui fait qu’on aime (ou pas) ces livres : des histoires très variées et courtes. Dans le premier les histoires sont classées sous quatre catégories : Avant Noël, La nuit de Noël, La tournée du Père Noël et L’ouverture des cadeaux. Il indique aussi J- suivi d’un chiffre ce qui permet de lire une histoire par soir du 1er décembre au 24… sauf que pour cette année j’arrive un peu tard ! On y retrouve les « habitués » des recueils Lito : Zemanel, Kochka, Virginie Aladjidi, Agnès de Lestrade,… Dans le second, 100 petites histoires de Noël on retrouve également un classement : Les lutins (histoires écrites par Agnès de Lestrade et illustrées par Marie-Hélène Grégoire), Noël autour du monde (par Virginie Monbrisson et illustrées par Sejung Kim), L’ambiance de Noël (par Zemanel et illustrées par Luana Rinaldo) et Dans la cheminée d’Elias (par Claire Renaud, illustrées par Mélanie Grandgirard). Le gros souci de ce dernier c’est que les histoires sont TRES courtes… (et du coup j’ai du mal à appeler ça des histoires). Ces deux recueils vous proposent en tout cas des histoires pour tous les goûts !

Quelques pas de plus…
Noël inspire beaucoup de monde ! Nous même nous avions parlé de plusieurs livres pour les tout-petits jeudi dernier mais aussi de Le Noël Vert de Siméon, Le fil rouge (qui vient d’être primé à Rouen), Petites histoires du Père Castor pour Noël et Les folies du Père Noël. Et les copains d’A l’ombre du grand arbre aussi en parlent, Le cabas de Za et Maman Baobab ont toutes les deux parlé de L’étrange réveillon, Un petit bout de ma bib a parlé de Céleste, une étoile dans la nuit, Les livres de Dorot et La littérature jeunesse de Judith et Sophie de Joyeux Noël Monsieur Loup. Parmi les livres dont je n’ai pas parlés, La littérature jeunesse de Judith et Sophie a parlé de Le plus beau de tous les Noëls et de Joyeux Noël, Splat !

L’étrange réveillon
de Bertrand Santini, illustré par Lionel Richerand
Grasset Jeunesse
13,50€, 290×194 mm, 48 pages, imprimé en Espagne
L’étoile de Noël
de Michel Piquemal, illustré de Martin Matje
Casterman dans la collection Les albums Casterman
13,95€, 266×208 mm, 32 pages, imprimé en Italie
Céleste, une étoile dans la nuit
de Gaëlle Callac, illustré par Marie Desbons
Le buveur d’encre
15,22€, 230×300 mm, 30 pages, imprimé en Asie
Joyeux Noël Rita et Machin
de Jean-Philippe Arrou-Vignod, Illustré par Olivier Tallec
Gallimard Jeunesse
13,50€, 250×307 mm, 32 pages, imprimé en Chine (à partir de papier composé de fibres naturelles, renouvelables et recyclables.)
Joyeux Noël Monsieur Loup !
de Tatsuya Miyanishi
Nobi Nobi !
12,40€, 208×240 mm, 40 pages, imprimé en italie
Le lutin bon à rien
de Nob
P’tit Glénat dans la collection Vitamine
11,00€, 255×284 mm, 32 pages, imprimé en Italie sur papier provenant de forêts gérées de manière équitable.
La Mystérieuse Disparition des rennes du père Noël
de Joël Guerriou, illustré par Mathieu Redelsperger
Éditions D’Orbestier dans la collection Rêves bleus
15€, 240×320 mm, 34 pages, imprimé en France
Pile-Poil
de Birdie Black (traduit par Anne Krief), illustré par Rosalind Beardshaw
Gallimard Jeunesse
11,50€, 279×258 mm, 24 pages, imprimé à Singapour
La petite taupe fête Noël
de Hana Doskočilová (traduit par Vincent Haubtmann), illustré par Zdeněk Miler
Autrement / Arte Editions
12,50€, 200×262 mm, nombre de pages, 36 République Tchèque
Le sac à disparaître
de Rosemary Wells (traduit par Marie Saint-Dizier et Raymond Farré)
Gallimard Jeunesse dans la collection L’heure des histoires
5,50€, 137×197 mm, 40 pages, imprimé en France
La mystérieuse lettre au Père Noël
de Christine Deroin, illustré par Sébastien Chebret
Oslo Éditions
13,95€, 145×235 mm, 40 pages, imprimé en Europe
100 petites histoires de Noël
de Collectif
Lito
18€, 240×240 mm, 144 pages, imprimé en UE
24 histoires de Noël
de Collectif
Lito
10€, 218×278 mm, 101 pages, imprimé en UE

A part ça ?

11 des blogueurs (dont moi) d’à l’ombre du grand arbre ont donné leur liste de livres à mettre sous le sapin, retrouvez les sur le blog.

Gabriel

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« Moi j’aime bien l’école… » (des livres sur la rentrée scolaire)

Par 24 août 2012 Livres Jeunesse

Et oui, la rentrée approche à grand pas ! Pour certains c’est même la première rentrée… Des enfants qui stressent un peu (et des parents encore plus) ont besoin d’histoires avec des petits héros qui, comme eux, vont connaître les joies de l’école ! Je vous propose une sélection sur le sujet en deux parties. Aujourd’hui plutôt des livres avec des histoires, lundi des livres pour les un peu plus grands et vendredi prochain des livres jeux, loisirs créatifs, imagiers,… toujours sur le thème de l’école. Petit bonus, j’ai demandé à une amie institutrice, Cathy, de me donner son avis sur certains de ces livres. Et deuxième bonus, un livre, pour les grands que vous êtes, chroniqué dans le À part ça.

Non, non et non ! Octave ne veut pas aller à l’école ! C’est son premier jour et il refuse tout ! « Alors, c’est toi Octave ? » lui demande la maîtresse ? « non ! »,  quand elle veut lui montrer la classe, c’est encore « Non ! » et quand les autres veulent jouer avec lui c’est toujours « non ! ». Pourtant il y a une chose pour laquelle Octave ne va pas dire non ce sont les bonbons ! Et quand sa maman viendra le chercher il n’aura plus envie de rentrer.

Un album très doux et drôle dont le texte très simple va parler aux enfants. La peur de l’école, des autres,… à travers le regard d’un ours vraiment mignon. Bon après, doit-on faire aimer l’école aux enfants en leur donnant des bonbons, c’est tout un débat ! Mais l’album est plein de charme.
L’avis de Cathy : «  Je le trouve un peu cucul mais bon ça peut cadrer avec un gamin qui est à fond dans le « NON » pour aller à l’école… Car le personnage ne veut pas aller à l’école, pas voir la maîtresse, pas participer … Et puis il va piger que finalement un petit « Oui de bonne volonté » peut permettre de faire des activités sympa à l’école. »

Simon (le fameux lapin créé par Stéphanie Blake) va aussi à l’école pour la première fois demain. Vous le connaissez il n’a pas sa langue sans sa poche et sa seule réponse c’est « Ça va pas non ! ». Le soir dans son lit Simon n’est pas rassuré, l’école ça fait peur, même aux superlapins ! Et quand vient l’heure d’y aller, le lendemain matin, ce n’est pas plus facile ! « Ça va pas non ! » Pourtant à la fin de la journée, Simon, finalement, aimerait bien rester à l’école !

Ah ce lapin… je ne sais pas vous mais moi je l’adore ! Cet album est aussi drôle que les précédents, piquant, loin de toute mièvrerie. On est sur le même sujet que le précédent avec ce refus d’aller à l’école, cette répétition, cette envie de ne plus partir de l’école une fois la journée finie… mais pas sur le même ton ! Certains préfèreront le côté doux du premier, d’autres l’humour piquant du second.
L’avis Cathy :  « C’est sympa car c’est du Stéphanie Blake et qu’on peut retrouver « super lapin » dans d’autres aventures que celle d’aller à l’école. C’est flashy, les enfants accrochent bien et pour les parents c’est rapide à lire, avec un langage simple. Des fois pour les plus petits c’est pas mal de ne pas trop les embrouiller surtout si le terrain de l’école est « sensible ». Là, c’est le parti pris de l’humour et c’est un bon plan pour dédramatiser. »

Timothée est tout content, sa mère lui a fait une salopette neuve pour la rentrée ! « Formidable ! », il n’est pas peu fier… sauf que Claude, un nouveau camarade, lui dit avec dédain qu’on ne met pas de salopette le premier jour d’école. Timothée est triste et reviendra le lendemain en veste… pour s’entendre dire qu’on ne met pas de veste le second jour d’école… Bref pas facile de se faire un copain !

Un petit album très sympa sur les moqueries des autres, le paraître et l’amitié. Timothée se rendra compte que ce n’est pas ce bougon de Claude qu’il a envie d’avoir comme ami, mais la gentille Violette qui elle l’accepte comme il est. J’aime ce côté (assez rare finalement) où un garçon et une fille peuvent être amis sans que le sujet ne soit soulevé, le livre ne parle pas de ça, c’est un détail.
L’avis de Cathy : « J’aime bien. Petite école pour les animaux. Ça permet de parler de l’école sans que l’enfant se sente visé et ça permet inconsciemment ou consciemment de faire des liens avec la réalité. Ça me parait sympa pour aborder le thème sans pression et avec distance. »

La rentrée des classes c’est quelque chose quand on est 24 ! Et oui c’est le premier jour d’école pour les 24 petites souris ! Mamie Albertine a tricoté un manteau à chacun et maman a cuisiné un bon repas… mais ça ne suffit pas, l’école ça fait peur. Heureusement maman a pensé à coudre à chacun un petit cœur en feutrine rouge qu’ils pourront garder dans la poche et qui leur donnera du courage.

Là aussi on est dans « l’album mignon », surtout avec cette histoire de cœur en feutrine (dont l’explication pour le confectionner est donnée à la fin de l’ouvrage). On aime ou pas ce genre d’album. On parle encore ici de la peur de l’école, on évoque aussi les larmes des parents au moment de laisser leur enfant. Une jolie petite histoire d’une série que certains enfants connaissent déjà.

Pour Paul et Félicie aussi c’est l’heure de l’école. Paul est plus petit que Félicie mais il aimerait bien, comme sa sœur, s’habiller seul et quand il arrive devant l’école, c’est la classe de Félicie que Paul regarde… pourtant on s’habille bien plus vite quand on est aidé et dessiner et écouter des histoires, à l’âge de Paul, c’est bien mieux que d’apprendre l’alphabet.

Une petite histoire sympathique sur la préparation avant d’aller à l’école et sur le fait qu’on aimerait bien être comme les grands (tout en gardant les avantages des petits !). On retrouve ici les illustrations pleines de charme de Marion Billet.

On passe aux recueils avec un premier assez court, Mes cinq premières histoires à la petite école écrites par Agnès Bertron-Martin et illustrées par Charlotte Roederer. Dans la première, une maîtresse remplaçante qui ramène chaque jour des choses ramassées sur le bord de la route, une bonne occasion pour apprendre plein de choses ! Dans la seconde, Édouard est un sacré bagarreur, gare à celui qui se trouve sur son chemin… jusqu’au jour où… Dans la troisième, c’est la première rentrée pour Zibon, le petit sorcier, et même pour les sorciers l’école ça fait peur ! Dans la quatrième, une maman rêve de l’école des mamans. Et dans la dernière, enfin, Louison est une gourmande, à la cantine c’est elle qui mange ce que les autres ne mangent pas… a-t-elle un secret ?

Cinq petites histoires plutôt mignonnes pour dédramatiser l’école, montrer aux enfants qu’ils ne sont pas les seuls à être angoissés par la rentrée. Les illustrations sont assez classiques, modernes, plutôt réussies.

Vive l’école est beaucoup plus long, plus complet (et forcément plus inégal). Ici ce sont 13 histoires qui sont proposées sur le thème de l’école (dont 24 petites souris vont à l’école évoqué plus haut). On y parle d’arrivée dans une nouvelle école suite à un déménagement, passage au CP, changement de maîtresse en cours d’année,… mais on découvre aussi la vie des poux sur une tête et qui s’y sentent bien, un loup qui ne sait pas compter et qui est bien embêté pour jouer à cache-cache, une dame âgée qui devient amie des enfants d’une classe ou encore une mulotte qui laisse des lettres aux élèves d’une classe. De très nombreux thèmes sont abordés comme la solitude, l’amitié, l’entraide,… Certaines histoires sont vraiment drôles et bien illustrées (on retrouve ici Charlotte Moundlic, Sylvie Poillevé, Laurent Richard, Agnès Berton-Martin, Nathalie Choux, Martine Bourre, Nadine Brun-Cosme,…) d’autres sont bien plus anecdotiques, vite oubliées mais il est évident que tout le monde trouvera son bonheur dans un tel recueil. L’école à travers 13 histoires bien différentes.

Et on termine avec un livre CD : Pakita c’est la maîtresse des petits, ceux dont c’est la première rentrée. Au programme de la journée les au-revoir aux parents, l’accrochage des manteaux au porte manteau, le panier à doudou, la gym du matin, le tour aux toilettes, la recré,… bref tout ce qui rythme la journée des petits écoliers.

Ici ce sont 20 chansons et une histoire. Alors Pakita, pour être franc, elle m’a personnellement tout de suite horripilé… mais disons les choses comme elles sont : ma fille, elle, a tout de suite accroché, adoré. Le disque a été écouté de nombreuses fois, elle connaît déjà les chansons par cœur et donc c’est certainement le principal ! J’admets que les chansons sont bien faites : simples, rythmées, vivantes, elles suivent bien le cours d’une journée d’école, on sent que Pakita sait de quoi elle parle ! C’est proche du réel et jamais caricatural. Pour prendre un exemple très bête, combien de livres qui parlent de l’école ne montrent que des mamans qui viennent chercher les enfants ? Ici les papas sont aussi présents.

Quelques pas de plus…
D’autres livres sur l’école chroniqués sur le blog : Mon cœur en miettes ou les plus beaux jours de ma vie de Charlotte Moundlic et Olivier Tallec (Michel vit une rentrée sans son meilleur ami mais avec une nouvelle qu’il trouve charmante), Je n’irai pas de Séverine Vidal, et Cécile Vangout (les vacances sont finies et la rentrée… ça fait peur !), L’entrée en maternelle de Sandrine Bosc et Sébastien Chebret (un très bon livre CD sur le thème de la première rentrée en maternelle), Tout seul ! et Tous ensemble ! de Géraldine Collet et Coralie Saudo (les poussins qui apprennent la vie en collectivité), L’histoire de Louis Trente-Deux, enfant-roi, de Catibou et Chadia Chaïbi-Loueslati (que se passe-t-il quand un enfant roi arrive à l’école ?), L’autre bout du monde de Chun-Liang Yeh et Sophie Roze (un enfant va recevoir de sa grand mère un cadeau qui va l’aider pour sa première rentrée) et d’autres sur le forum de La mare aux mots .
Dorot’ a aussi chroniqué des livres qui parlent de la rentrée, c’est ici (on en a quelques uns en commun).

Non, non et non !
de Mireille d’Allancé
L’école des loisirs
11€, 215×265 mm, 27 pages, imprimé en France
Je ne veux pas aller à l’école
de Stéphanie Blake
L’école des loisirs
12€, 225×280 mm, 28 pages, imprimé en France
Timothée va à l’école
de Rosemary Wells
L’école des loisirs
10€, 155×200 mm, 28 pages, imprimé en France
24 petites souris vont à l’école
de Magdalena, illustré par Nadia Bouchama
Père Castor, dans la collection Les plus belles histoires d’aujourd’hui
5,30€, 170×210 mm, 32 pages, imprimé en France
Paul et Félicie se préparent pour l’école
de Virginie Hanna, illustré par Marion Billet
Éditions Lito
6€, 175×225 mm, 24 pages, imprimé en Union Européenne
Mes cinq premières histoires à la petite école
d’Agnès Bertron-Martin, illustré par Charlotte Roederer
Éditions Lito
5€, 145×190 mm, 40 pages, imprimé en Union Européenne
Petites histoires du Père Castor : Vive l’école !
de Collectif
Père Castor
9,95€, 170×225 mm, 130 pages, imprimé en Asie
Pakita, la maîtresse magique !
de Pakita, illustré par Marion Piffaretti, musique d’Éric Jacquemin
Nathan
14,90€, 260×260 mm, 48 pages, imprimé en Espagne

A part ça ?

Au fond de la classe n’est pas un livre pour enfant, mais puisqu’on parle de l’école… (et puis vous êtes surtout des adultes à lire ce blog, non ?). Louise Deschamps Wallon n’a que des souvenirs traumatisants de ces années où elle se sentait enfermée par des gens qui ne la comprenaient pas. Pas dans le moule, différente, pas assez rapide,… elle va être mise à l’écart par les adultes, prise pour cible, devenir le bouc émissaire d’enseignants qui ont besoin de se défouler sur quelqu’un, être le vilain petit canard auprès de ses camarades. Tête sous l’eau, copies déchirées et piétinées et autres humiliations vont émailler sa vie d’écolière. Au fond de la classe est un superbe témoignage, très beau, très poignant. Louise Deschamps Wallon a une vraie plume, elle nous entraîne dans des scènes de son passé qui nous font monter les larmes aux yeux, on vit avec elle la dureté de ce système qui écrase ceux qui ne sont pas formatés pour suivre au même rythme que les autres. Esthétiquement le livre est une merveille, couverture toilée, papier épais, de très nombreuses photos de classes, matériel scolaire,… Non l’école n’est pas un endroit toujours rose et Louise Deschamps Wallon a su parfaitement nous le rappeler.

« Je déteste l’école parce que vous y êtes tous des cons. Vous n’aimez que vous. Dès que j’ai essayé de m’amuser avec vous, vous vous êtes moqués. Les grands et les petits. Vous ne me comprenez pas. Je me méfie de vous pour toujours. J’ai mes règles à dix ans et vous me dites que le diable s’est mis dans ma culotte

Au fond de la classe de Louise Deschamps-Wallon. Naïve, 29,50€

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