La mare aux mots
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Sans papiers

Des albums très forts

Par 15 février 2016 Livres Jeunesse

Aujourd’hui, je vous propose trois albums sur des sujets forts, traités avec délicatesse.

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Solidarité à l’école

Par 11 mai 2015 Livres Jeunesse

Rouge Oh Arthur est tout rouge ! Forcément, c’est rigolo ! Une petite fille sourit puis il y a les chuchotements, les gloussements, les coups de coude. Alors Arthur est de plus en plus rouge. Il aimerait qu’on le laisse tranquille. Puis, il y a Paul qui rit de plus en plus fort, qui donne même un petit coup à Arthur pour se moquer. Qui osera réagir ? Paul c’est le dur de la classe, pas facile d’oser intervenir… Même quand la maîtresse arrive pour voir ce qu’il se passe, tout le monde se tait.
Pas facile de réagir, de défendre un copain, d’oser contredire les fortes têtes. Pas facile non plus de dénoncer, pourtant quand les témoins sont nombreux, on ne peut rien contre eux. L’album est magnifique, les illustrations superbes. On parle ici de la timidité, des petites moqueries qui dérapent, de l’intimidation, de ceux qui osent dénoncer, de ceux qui refusent de se taire.
Un superbe album sur les dérapages à l’école et de l’importance que les adultes réagissent.
À noter qu’une partie des bénéfices est reversée à l’association Lire et faire lire.
Le même vu par Sous le feuillage et Butiner de livres en livres.

anisiaAnisia a quitté son pays, l’Angola, une nuit. Elle se souvient de la fumée qui sortait de sa bouche quand elle parlait en arrivant en France. Elle venait de découvrir l’hiver. Au début, Anisia ne quittait pas la maison, pas facile quand on ne parle pas la langue. Puis, il a fallu aller à l’école. Anissa aimait ça, elle apprenait à lire et à écrire, elle pouvait aider sa mère. Mais un jour, une lettre parlant de « reconduite à la frontière » est arrivée, sa mère a pleuré, l’école s’est mobilisée.
C’est, là aussi, un très bel album. Des mots simples pour une situation qui ne l’est pas, des illustrations poétiques pour des choses bien réelles. On parle d’expulsion, de mobilisation, de solidarité.
Un magnifique album sur l’importance de l’école comme lien social.

Quelques pas de plus…
Nous avons déjà chroniqué d’autres livres de Pauline Comis (Le secret le plus fort du monde).

Rouge
de Jan De Kinder (traduit par Marie Hooghe)
Didier Jeunesse
13,10 €, 200×260 mm, 40 pages, imprimé en France chez un imprimeur éco-responsable, 2015.
Anisia
Texte de Marion Le Hir de Fallois, illustré par Pauline Comis
Kilowatt
10,20 €, 170×240 mm, 30 pages, imprimé à Singapour, 2010.

À part ça ?

quand je dessine, je peux dépasser... « 50 illustrateurs s’emparent de 50 mots ». En hommage aux victimes de la tuerie de Charlie Hebdo et pour rappeler l’importance de la liberté de dessiner, Anouck Boisrobert et Louis Rigaud, Benjamin Chaud, Emmanuelle Houdart, Magali Le Huche, Dorothée de Monfreid… illustrent les mots Composer, Refaire, Tatouer, S’appliquer, Démontrer… Cahier de coloriage, ou pas, c’est en tout cas un bien bel album, 50 dessins en noir et blancs rassemblés.
À noter que tous les bénéfices sont reversés à Charlie Hebdo.
Quand je dessine, je peux dépasser… collectif, 12,90 €.

Gabriel

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Je vis ici

Par 10 novembre 2014 Livres Jeunesse

Little manCassius a rêvé qu’il avait le droit de traverser le pont. Cassius se souvient. Il se souvient d’avant, quand il habitait loin. Quand la guerre l’a forcé à traverser l’océan. Cassius est là, dans la ville. C’est chez lui, maintenant.
Il y a des albums dont il est impossible de parler. Qui sont impossible à résumer. Où le chroniqueur que je suis se rend compte de l’inutilité de son exercice. À quoi bon tenter de vous donner envie de vous procurer Little Man, le voir suffit ! Ouvrir ce chef d’œuvre convaincrait n’importe qui ! Little Man est une pure merveille, un bijou. Vous ne me croyez pas ? Regardez la vidéo, et l’on en reparle (imaginez en plus les découpes au laser) ? Au fond, je n’avais même pas besoin d’écrire, juste vous montrer la vidéo et vous auriez déjà couru en librairie.

CeAdama matin Adama n’est pas en classe. Les enfants s’interrogent, où peut bien être le garçon ? Les jours passent, Adama ne revient pas. L’institutrice semble inquiète, elle semble savoir quelque chose. Les enfants la tannent, elle finit par parler : la famille d’Adama est menacée d’expulsion. Adama se cache. Comment quelqu’un qui n’a rien fait peut-il être recherché par la police ?
Malgré quelques petits défauts, Adama est un très bel album qui dit avec la naïveté des enfants l’incompréhension face aux histoires de papiers. Comment un de leurs camarades qui a toujours vécu ici peut-il, d’un coup, être menacé d’être expulsé ? La classe va se battre, ne pas laisser faire cette injustice. Ici, le regard est juste, sans caricature (la police n’est pas constituée que de méchants). Le texte est particulièrement à hauteur d’enfant (sur le sujet, ce n’est pas toujours le cas).
Un livre fort sur un sujet fort, qui a reçu le soutien d’Amnesty International.

Quelques pas de plus…
Nous avons déjà chroniqué des livres d’Antoine Guilloppé (Le voyage d’Anoki, Les musiciens de Brême, La mouffle, Loup noir, Grand blanc, Première neige, Plein soleil, Qui dit noir dit blanc, Pleine lune et Akiko la rêveuse). Nous avons également interviewé Antoine Guilloppé.

Little Man
d’Antoine Guilloppé
Gautier-Languereau
19,90 €, 310×310 mm, 40 pages, imprimé en Chine, 2014.
Adama
de Remedium
Zoom éditions dans la collection Gros béguin
14 €, 180×280 mm, 48 pages, imprimé en République Tchèque, 2014.

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Parler de sujets graves

Par 26 octobre 2013 Livres Jeunesse

Deux époques, deux sujets graves, deux albums pour en parler avec les enfants, même grands. Deux coups de cœur !

Je suis un papillonUn papillon éphémère ne vit qu’une journée. Il estime avoir de la chance puisqu’il va la passer avec les Hoffmann qui sont tous réunis au jardin pour un repas familial. Il y a notamment Clara, avec ses deux nœuds dans les cheveux. Des enfants qui courent, des saucisses grillées, un air d’accordéon, une sieste dans la chaise longue,… Le temps s’écoule paisiblement, et chacun profite de cette belle journée. Et soudain, l’ambiance change radicalement… Des hommes en costume beige, brassard rouge et cheveux rasés, font irruption dans le jardin. La musique cesse, tout le monde baisse la tête et le papillon assiste à de violentes scènes : le mobilier vole, les coups aussi… Seule la petite Clara réussira à désarmer, avec sa candeur, ces hommes violents.

Alors que l’histoire démarre de la manière la plus paisible qu’il soit et que l’on s’attend à un délicieux récit de repas de famille, plein de détails savoureux qui nous plongent complètement dans l’ambiance, la rupture est brutale. Aussi brutale que la détermination de ces soldats nazis qui viennent semer la terreur, affoler tout le monde, et dessiner une étoile sur le portail bleu… Racontée du point de vue d’un papillon, pour apporter à la fois recul, légèreté et gravité (oui, c’est possible de mélanger les deux), cette histoire m’a beaucoup émue. Vincent Cuvellier choisit ses mots avec justesse, il n’en dit ni trop ni trop peu pour que chacun se figure à son niveau les événements. C’est fort ! Les illustrations de Sandrine Martin sont quant à elles parfaitement adaptées à l’ambiance, à la fois simples, vivantes et détaillées. C’est un album original, qui s’intéresse à un sujet difficile abordé sous un angle différent et qui fait monter les larmes aux yeux.

paris-paradisMoussa part pour Paris-Paradis, capitale de la France ainsi surnommée pour l’eldorado qu’elle représente pour le jeune homme et ses compagnons de galère. Il devra pour cela traverser des villages, parcourir des pistes et des déserts. Plusieurs véhicules pour rejoindre la côte, puis le paiement de l’accès à la pirogue avec toutes ses économies et enfin, la traversée, si dangereuse, avec les vagues, les enfants qui pleurent, et les passagers qui ne savent pas nager. A l’approche des côtes françaises, ils sont remorqués, puis Moussa rencontre Chloé…

Malheureusement très tristement d’actualité, Paris-Paradis deuxième partie (le premier tome racontait la prise de décision du jeune garçon de quitter l’Afrique, mais on lit sans problème les albums de manière indépendante), raconte l’épopée de ces centaines de personnes qui chaque jour tentent d’arriver en France, dans des conditions souvent très difficiles. Rien n’est épargné : l’épuisement, la trahison de certaines rencontres qu’il croit d’abord bienfaisantes, la fragilité de la pirogue, la peur des autorités, et les premiers pas sur le sol français… Didier Jean et Zad, comme à leur habitude, savent traiter des sujets les plus graves, avec émotion et justesse, mais sans pathos. Le texte est très poétique, très fort, et les illustrations de Bénédicte Nemo simplement magnifiques. On ressent la force de Moussa, mais aussi la force des éléments, et la dureté de l’épreuve. C’est beau, ça me donne envie de lire rapidement le premier tome en attendant de découvrir un jour le troisième, qui est prévu.

Quelques pas de plus…
Nous avons déjà chroniqué d’autres ouvrages de Vincent Cuvellier (Les socquettes blanches, La fille verte, La première fois que je suis née, Émile veut une chauve-souris, Émile fait la fête, Émile est invisible, Émile veut un plâtre, Emile se déguise), et de Didier Jean et Zad (Parle-moi Papa, Comme deux confettis, Gaufrette et Nougat jouent au papa et à la maman et Les Artichauts).

Je suis un papillon
Texte de Vincent Cuvellier, illustré par Sandrine Martin
Gallimard Jeunesse Giboulées
12,50 €, 215 x 255 mm, 24 pages, lieu d’impression non précisé, 2013
Paris-Paradis, deuxième partie
Texte de Didier Jean et Zad, illustré par Bénédicte Nemo
2 Vives Voix dans la collection Bisous de famille
15,50 €, 220 x 320 mm, 40 pages, imprimé en France sur papier issu de forêts durablement gérées, à l’aide d’encres végétales, 2013

A part ça ?

Mercredi dernier Gabriel a présenté sa première chronique radio dans l’émission Écoute ! il y a un éléphant dans le jardin, sur Aligre FM. Retrouvez bientôt l’émission en intégralité en suivant ce lien, et écoutez dès à présent la chronique grâce à l’onglet dédié sur le blog.

Marianne

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Vivre en bande

Par 7 septembre 2013 Livres Jeunesse

les enfants de babelLa Tour, c’est ce grand immeuble de la banlieue de Séville où vivent Berta, Rachid, Stefano, Angel, Lucia, et tous les autres,… Il y a tous les âges, toutes les langues et toutes les nationalités (ou presque) qui se côtoient. L’un vit là suite au décès de sa femme, l’autre travaille dur tous les jours, un autre encore vient de quitter son pays en prenant des risques et a trouvé refuge ici… Chacun vit sa vie de son côté, mais les destins de tous ses personnages, de tous ses habitants, finiront par se croiser !

Eliacer Cansino joue à entremêler toutes ces aventures qui abordent tour à tour des thèmes tout aussi variés que les personnages : la délinquance, la solidarité, l’exil et l’émigration, la vie au lycée, l’amour,… On passe de scènes drôles à des moments beaucoup plus durs et tous les points de vue se répondent.  Grand succès en Espagne ce roman fort est traduit pour la première fois en France. J’ai d’abord eu une impression de fouillis, et petit à petit, au fur et à mesure que l’histoire se tricotait, j’ai pris beaucoup de plaisir à voir cette Tour s’animer, tant dans la joie que dans la difficulté. Un roman pour adolescents qui aborde des questions actuelles et finalement assez semblable d’un pays à l’autre !

sami goliath oscar ousmane et les autresEn France cette fois-ci, dans la cité Joliot-Curie, c’est un peu la panique : non seulement Sami a perdu son lapin nain Goliath (même si c’est un drame pour lui, les autres habitants devraient s’en remettre), mais surtout Oscar, son meilleur ami, opéré d’urgence pour une appendicite. Jusque là, rien de dramatique, si ce n’est qu’Oscar et sa famille sont sans-papiers et que cette hospitalisation pourrait avoir de graves conséquences administratives et les obliger à quitter le territoire… Tout le monde s’inquiète et soutient la famille autant que possible. Sami et sa sœur, Rose la maîtresse, et même Ousmane, le grand sage sénégalais. Et toute cette histoire n’est qu’une goutte d’eau au cœur de la fourmilière que représente cette cité et ses habitants… Chacun a son histoire,  ses origines, ses problèmes mais aussi ses joies.

Claire Clément choisit le lapin nain comme lien entre tous les personnages, qui s’activent pour le retrouver. Mais c’est en fait un prétexte pour découvrir toute la complexité de ces personnages, si humains. On s’attache, on a envie de combattre avec eux les injustices de la vie… Sami, Goliath, Oscar, Ousmane et les autres... est un roman pour adolescents plein de sensibilité, à la forme originale, qui aborde là encore des thèmes du quotidien, malheureusement souvent en lien avec l’actualité… C’est réaliste, mais jamais lourd, et l’espoir n’est jamais loin !

Quelques pas de plus…
Nous avons déjà chroniqué un autre roman de Claire Clément : Essie, et si j’étais parfaite ?.

Les Enfants de Babel
Texte d‘Eliacer Cansino (traduit par Sophie Hofnung)
L’école des loisirs dans la collection Médium
16 €, 148 x 218 mm, 252 pages, imprimé en France, 2013
Sami, Goliath, Oscar, Ousmane et les autres…
Texte de Claire Clément
Bayard Jeunesse dans la collection Estampille
11,50 €, 135 x 190 mm, 258 pages, imprimé en Espagne, 2013

A part ça ?

J’aime toujours autant les créations artistiques avec du papier et les oiseaux de Diana Beltran Herrera sont vraiment un bel exemple du genre !

Marianne

 

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