La mare aux mots
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SDF

Des histoires (extra)ordinaires

Par 25 octobre 2016 Livres Jeunesse

Aujourd’hui on accompagne deux personnages rocambolesques au gré de leurs aventures : l’enfant aux cheveux d’or de Monsieur Tilali et la petite Mara, une drôle de commerçante dans La petite boutique des objets perdus

Monsieur Tilali
Texte de Sabine du Faÿ, illustré par Eglantine Ceulemans
L’Élan vert
12,70 €, 235×296 mm, 15 pages, imprimé en France, 2016.
La petite boutique des objets perdus
Texte d’Agnès de Lestrade, illustré par Sébastien Chebret
Alice Editions
12 €, 280×200 mm, 32 pages, imprimé en France, 2016.

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Baleines poétiques

Par 23 avril 2015 Livres Jeunesse

la baleine du bus 29Ce matin, à l’arrêt de bus, une dame au physique imposant semble attendre.  Elle semble passer beaucoup de temps dans la rue (en réalité, on comprend rapidement qu’elle y vit…), a des comportements étranges et tous les passants détournent le regard. Tous sauf cette petite fille, qui ose aller à sa rencontre, entrer dans son univers si particulier et partager avec elle des moments singuliers…
Ode à la tolérance et à l’ouverture d’esprit, La baleine du bus 29 est un album qui ne laisse pas indifférent. À la première lecture, j’étais émue par le texte sensible et juste de Christine Beigel et les illustrations oniriques d’Alessia Bravo (La baleine du bus 29 est son premier album et je pense que je vais suivre de près les suivants). Puis, en revenant sur cette histoire, j’ai découvert les nombreux sujets de fond qu’il aborde, discrètement et poétiquement : l’exclusion sociale, l’indifférence, mais aussi la tolérance, la solidarité et le partage… On passe devant cette dame sans y prêter attention, on lui jette un regard méfiant, on n’ose pas échanger avec elle parce qu’elle diffère un peu de la norme (elle sourit dans le bus, c’est fou n’est-ce pas ?)… Et pourtant, si tout le monde savait quels trésors elle renferme !
Un album à découvrir, original, poétique et sensible pour s’ouvrir aux autres et à la différence.
Vous pouvez découvrir des visuels de cet album sur le site de l’illustratrice Alessia Bravo.
Le même vu par Enfantipages.

si tu veux voir une baleinePour réussir à voir une baleine, il faut respecter quelques règles et surtout s’armer de patience. Il faut évidemment être à proximité d’un océan, mais ce n’est pas tout. Il faut surtout être très attentif et se concentrer : ne pas perdre son regard dans les nuages aux formes multiples, les herbes folles du jardin fourmillant de petits insectes, ou les roses à la couleur si particulière…
Garder le cap, ne pas abandonner, et se concentrer : voilà comment on pourrait résumer le message délivré par Si tu veux voir une baleine, cet album poétique à la chute bien pensée et illustrée. Julie Fogliano met à l’honneur la patience et la persévérance, avec tendresse et humour. Les illustrations d’Erin E. Stead sont comme toujours douces et pleines de délicatesse, en harmonie avec l’atmosphère de cet album qui invite à prendre le temps et à ne jamais abandonner !
Un album au message fort à la fois simple et philosophique !
Vous pouvez découvrir des illustrations de cet album et même une vidéo, sur le site d’Erin E. Stead.
Le même vu par Le tiroir à histoires et Maman Baobab.

Quelques pas de plus…
Nous avons déjà chroniqué d’autres albums de Christine Beigel (Pirate des couleurs, Monsieur le loup, Le canari qui faisait pipi au nid, Ami ou ennemi ? et Mini Rikiki Mini), Julie Fogliano (Et puis, c’est le printemps) et Erin E. Stead (Et puis, c’est le printemps et Ours a une histoire à raconter).

La baleine du bus 29
Texte de Christine Beigel, illustré par Alessia Bravo
Motus
13 €, 250 x 250 mm, 40 pages, imprimé en Italie, 2015.
Si tu veux voir une baleine
Texte de Julie Fogliano, illustré par Erin E. Stead
Kaléidoscope
12 €, 185 x 235 mm, 30 pages, imprimé en République Tchèque, 2014.

À part ça ?

Maciek Janiki nous présente une ville de papier.

Marianne

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Chiens sensibles

Par 8 novembre 2014 Livres Jeunesse

Aujourd’hui, je vous présente deux albums qui ont du chien !

Ma vie de chienGisèle vit dans la rue. Elle adopte un petit chien, qui nous raconte leur quotidien : les poubelles, le terrain vague, le regard des passants, les rêves d’ailleurs et de meilleur,… Pour permettre à Gisèle d’intégrer un foyer dans lequel les animaux ne sont pas admis, le chien s’en va… Mais une telle amitié résiste aux aléas de la vie…
Avec délicatesse, pudeur et émotion, France Quatromme nous livre une magnifique histoire sur les difficultés quotidiennes de la vie, et particulièrement de ceux qui doivent vivre dehors, sans toit et sans ressources. Ce n’est jamais larmoyant, mais très émouvant, et les très belles illustrations de Daphné Collignon, qui mêlent collages et dessin, contribuent à l’atmosphère pleine de douceur et de tendresse qui émane de ce petit album carré. Espoir et entraide sont au cœur de l’histoire, sans toutefois cacher la misère et les difficultés !
Ma vie de chien est un magnifique album pour aborder des sujets forts comme la précarité, la solitude, et les difficultés sociales, mais aussi l’importance de l’amitié et de la solidarité !

doberman super-hérosDoberman trouve sa vie bien morne, et a l’impression de n’être utile à personne. Il voudrait tellement être un super-héros ! Malheureusement, à part le nom qui termine en « man » il n’a a priori pas grand-chose à voir avec les Spiderman, Superman, ou Batman qu’il admire… Aidé de son ami et conseiller le plus fidèle, un chat blanc, il va tout faire pour se transformer en super-chien ! Mais le costume, ça ne va pas, le flair, ce n’est pas trop ça, et le vol plané n’en parlons pas,… Et pourtant : Doberman a bien un rôle important à jouer et une mission à accomplir !
Que d’humour dans cet album ! Elsa Devernois joue avec les mots, et glisse des phrases à double sens dans toutes les pages ! C’est donc drôlement plaisant à lire, même pour des adultes ! Doberman est touchant, manque de confiance en lui et fait tout pour prouver qu’il a l’étoffe d’un héros. Son ami le chat le soutient et le conseille, mais ne manque pas non plus de lui rappeler qu’il possède déjà en lui des qualités que d’autres non pas, sans devoir avoir recours à des artifices ! En ajoutant à cela une chute bien pensée, et les illustrations d’Éric Gasté  expressives et colorées, on peut dire que Doberman super-héros est un album réussi, pour apprendre à se faire confiance et à être soi-même !

Quelques pas de plus…
Nous avons déjà chroniqué d’autres livres de France Quatromme (L’ours masqué, Habille-toi Zaza !, Les monstres de la nuit et Le géant de la grande forêt) et Éric Gasté (Monsieur le loup, Jupiter est amoureux et Le petit Poucet en version audio). Retrouvez également notre interview de France Quatromme.

Ma vie de chien
Texte de France Quatromme, illustré par Daphné Collignon
Fleur de Ville
12,90 €, 196 x 198 mm, 30 pages, imprimé en Catalogne chez un imprimeur éco-certifié, 2014.
Doberman super-héros ?
Texte d’Elsa Devernois, illustré par Éric Gasté
L’élan vert
12,70 €, 236 x 296 mm, 18 pages, imprimé en Chine, 2014.

À part ça ?

Si vous êtes aujourd’hui dans les environs de Villeneuve-Lez-Avignon, passez par La Chartreuse, le Centre National des écritures du spectacle. Dans le cadre d’Architecture en fêtes, conférences, ateliers, visites ludiques vous attendent ! Une belle journée en perspective !

Marianne

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Emotions au programme !

Par 26 avril 2014 Livres Jeunesse

Aujourd’hui, je vous présente deux romans pour adolescents, qui m’ont beaucoup émue. C’est simple : deux romans, deux coups de cœur !

charlieLuce était en classe de quatrième. Elle avait treize ans. Et elle a rencontré Charlie, qui vivait alors dans la rue. Une rencontre forte pour les deux personnages, qui va bouleverser leurs vies respectives…

Je ne livre pas beaucoup plus de détails de ce court roman intense, mais je peux vous dire que j’ai vraiment été séduite. Je connaissais François David comme auteur d’albums, souvent un peu en décalage avec la réalité, oniriques et fantastiques, et là, il nous présente une histoire au contraire bien ancrée dans le quotidien, avec ses joies, ses peines et ses difficultés. En réalité, il s’est inspiré d’une histoire vraie, et à la fin de l’ouvrage, on découvre une interview très intéressante de Luce, Laure dans la « vraie vie », par l’auteur. Un vrai plus ! Mais traiter d’un sujet quotidien et vécu n’empêche pas la poésie, les jolis mots et la tendresse. Une vraie réussite !

ApresLaVagueMaxime a seize ans. Il est en vacances dans un bel hôtel en bord de plage, en famille. Les vacances s’écoulent paisiblement, mais comme dans toutes les familles, il y a parfois quelques accrocs. Les parents vont se balader de leur côté, les jumeaux restent à l’hôtel. Rien de plus normal, c’est la vie. Sauf que la vie va prendre une toute autre tournure : nous sommes en 2004, et une énorme vague déferle sur la région. Le tsunami. Et Maxime doit lâcher la main de sa sœur…

Préparez les mouchoirs. J’ai plusieurs fois eu la gorge serrée à la lecture de ce roman. Premièrement, à cause de l’événement en soi : c’est rare que l’on traite du tsunami dans les romans pour adolescents, et c’est déjà émouvant. Mais surtout pour tout le reste. En effet, bien au-delà de la catastrophe, Orianne Charpentier nous parle surtout de tout le reste : le deuil, la culpabilité, le traumatisme qui s’installe durablement, et tout ce que cela implique pour un adolescent de seize ans… Le titre, Après la vague, est particulièrement bien choisi. Pourtant, ce n’est  pas larmoyant. Je dirais plutôt percutant ! Et plein d’espoir également !

Quelques pas de plus…
Nous avons déjà chroniqué d’autres livres de François David (L’homme, Un rêve sans fin, Georges Brassens, à la lèvre un doux chant, Vole vole vole et Les bêtes curieuses). Retrouvez aussi notre interview de François David.

Charlie
de François David
Le Muscadier dans la collection Place du marché
6,90 €, 125 x 190 mm, 67 pages, imprimé en Slovaquie, 2014
Après la vague
de Orianne Charpentier
Gallimard Jeunesse dans la collection Scripto
8,90 €, 130 x 200 mm, 161 pages, imprimé en Italie, 2013

A part ça ?

Prenez place au cœur d’un feu d’artifice !

Marianne

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L’un a peur d’être mis en foyer et l’autre se demande de quelle couleur il est

Par 8 février 2013 Livres Jeunesse

Deux très beaux romans dont un très très gros coup de cœur.

Papa YagaCaillou a un drôle de prénom (à cause d’une tradition familiale), une mère qui travaille deux fois (et donc qu’il ne voit pas trop), un père qui n’est plus là et des sociales qui viennent les voir sans arrêt sa mère et lui à cause de ce qui s’est passé l’été dernier… Caillou a peur qu’elles le placent en foyer alors il apprend des réponses par cœur, celles que répondraient un petit garçon normal, il dit qu’il aime le foot (alors qu’il préfère jouer au ping pong avec des assiettes sur la table du salon) et que plus tard il veut être pilote de course (alors qu’en vrai c’est écrivain de mode d’emploi). Dans la vie de Caillou y’a un seul ami, mais un vrai, Karim. Et puis y’a Yaga la vieille indienne qui a planté un beau jour son tipi sur le parking de la cité.

Il y a des gens qui vous étonneront toujours… Muriel Zürcher m’a transporté avec sa série dystopique, Le tourneur de page, ses albums m’avaient enchanté et là son roman Papa Yaga m’a subjugué… et le mot est faible ! Je n’ai pas pu le lâcher de la première à la dernière ligne, je l’ai lu d’une traite (heureusement qu’il n’est pas gros). On parle ici de tellement de choses…. Des mères qui élèvent seule leur enfant, de la précarité, de la vie en cité, des SDF, des dealers, de l’amitié,… et tout ça avec tellement d’humour ! J’ai beaucoup souri, j’ai même ri parfois, j’ai eu les yeux humides, j’ai trouvé ce roman émouvant, touchant, drôle… Quelle plume, mes amis, quelle plume ! Caillou raconte son quotidien à sa façon, avec énormément de dérision. Ses chaussures 3 tailles au-dessus pour qu’elles durent plus longtemps, ses répliques qu’il tient de séries télé, son amour pour le chanteur de slam de la cité, sa collection de chaussettes de laine qu’il affiche au mur,… et puis surtout sa rencontre avec Yaga, indienne ou SDF on s’en fiche des mots, elle est une sorte de sage, quelqu’un qui compte dans la vie de Caillou tout comme ce livre va compter pour les enfants qui vont le lire. En tout cas c’est un livre que je vais retenir, conseiller… et que j’ai même envie de relire !

Ma CouleurFathi a un papa noir, une maman blanche et lui il est… ah oui tiens il est de quelle couleur ? Il aimerait bien le savoir, alors tous les gens que Fathi croisent doivent répondre à cette question qui le turlupine. Son père dit qu’il est noir comme lui, sa mère qu’il est presque blanc, à l’école on lui dit qu’il est couleur de crotte, sauf Volia qui pense qu’il est couleur chocolat, sa grand-mère lui dit qu’il est couleur café au lait, son oncle la couleur du coca, sa cousine du thé mal infusé,… personne n’est d’accord pour Fathi tout se brouille… Qui est-il vraiment ? Pourquoi ne voit-il aucun enfant comme lui dans les livres ? Et maintenant que ses parents sont séparés, que les blancs sont d’un côté et les noirs de l’autre, où trouver sa place ?

Ma Couleur

© Sophie Charpin

Catherine Leblanc a une vraie plume, une vraie belle plume. Elle décrit ici les questionnements de ce petit garçon métis, fils de divorcé, entre deux familles, entre deux cultures, entre deux couleurs. Un enfant qui se cherche, qui questionne les autres pour savoir qui il est, à quoi il ressemble. Catherine Leblanc joue avec les mots avec beaucoup de poésie, comme par exemple quand Fathi dit « Les couleurs sont fâchées, c’est toujours moins beau. Le blanc se dispute avec le noir. Tout est raté. C’est gris bouillé ». C’est un petit roman très émouvant, écrit avec énormément de justesse et de sensibilité. Les illustrations très douces de Sophie Charpin rendent ce livre encore plus beau, plus poétique. On évoque donc la quête identitaire, le divorce mais aussi les origines et la nationalité (Fathi dit à sa cousine noire qu’elle n’est même pas française), la différence, l’acceptation de l’autre. Un très beau roman.

Quelques pas de plus…
D’autres livres de Muriel Zürcher que nous avons chroniqués : Krok Mais, Le tourneur de page, Tome 2 : Vers l’inconnu, Le tourneur de page, Tome 1 : Passage en Outre-Monde et La perle volée (retrouvez aussi notre interview de Muriel Zürcher).
D’autres livres de Catherine Leblanc que nous avons chroniqués : Au lit, Ludo !, Le goût d’être un loup, Les petites personnes, Au revoir, bonjour, Lulu et Moussu, Ah ! Si j’étais président ! et Comment ratatiner les monstres ? (Retrouvez également notre interview de Catherine Leblanc).

Papa Yaga
de Muriel Zürcher
Oskar éditeur
8,95€, 130×210 mm, 90 pages, imprimé en Europe, 2011.
Ma couleur
de Catherine Leblanc, illustré par Sophie Charpin
Balivernes dans la collection Coquecigrues
7,50€, 130,180 mm, 155 pages, imprimé en Italie, 2007

A part ça ?

Si vous êtes à Paris le 23 février, une petite info qui peut vous intéresser. A l’espace Beaujon dans le VIIIème arrondissement aura lieu la 6ème édition des quartiers de lecture. Au programme contes, spectacles, goûters,… Plus d’informations ici.

Gabriel

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