La mare aux mots
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sénilité

Vive les grands-mères

Par 23 mars 2018 Livres Jeunesse

Aujourd’hui, je vous propose quatre livres avec des grands-mères. Au programme, de l’humour, de la tendresse et des choses plus graves.

L’encyclopédie des mamies
d’Éric Veillé
Actes Sud Junior
13,90 €, 190×270 mm, 32 pages, imprimé en Italie, 2018.
À l’époque
de Kiko
Milan
11,90 €, 280×210 mm, 32 pages, imprimé en Europe, 2018.
Enfin avec ma mamie !
de Taro Gomi (traduit par Fédoua Lamodière)
Nobi Nobi !
12,50 €, 225×188 mm, 40 pages, imprimé en Roumanie, 2018.
Ma mamie en poévie
Texte de François David, illustré par Elis Wilk
CotCotCot Éditions
14,50 €, 220×290 mm, 26 pages, imprimé en Europe chez un imprimeur éco-responsable, 2017.

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Collidram 2015

Par 24 avril 2015 Livres Jeunesse

Le prix Collidram est un prix de littérature dramatique remis par des collégiens. Chaque année, des élèves de collège (de la 6ème à la 3ème) de toute la France élisent ainsi leur pièce préférée. J’ai découvert ce prix dans l’émission de Véronique Soulé, Écoute, il y a un éléphant dans le jardin (où des classes participant au prix viennent partager leurs impressions) et j’ai eu envie de lire les quatre pièces finalistes. J’ai été assez surpris que les quatre pièces abordent des thèmes aussi forts (guerre et travestissement, viol, mort d’une mère, Alzheimer)

Un petit avertissement tout d’abord. Travaillant à l’école des loisirs depuis bientôt un an, je refuse, bien évidemment, de chroniquer les ouvrages d’une maison qui me paye. Or là, en chroniquant les quatre pièces nominées pour le prix Collidram il était impossible de faire l’impasse sur l’une des quatre. J’espère que vous comprendrez cette incartade et que mon avis vous semblera quand même objectif.

Sous l'armureAlors que Monseigneur s’apprête à partir à la guerre, Christine découvre les plans de son père en ce qui la concerne. Il décidé qu’elle rentrerait au couvent. Son frère adoptif, lui, partira à la guerre ce qui ne le ravit pas vraiment. Ils vont décider de changer le destin.
Sous l’armure de Catherine Anne est une pièce particulièrement intéressante en cette période où une poignée d’imbéciles ont décidé qu’on ne pouvait pas, en littérature jeunesse, représenter des filles ou des garçons qui ne ressemblent pas à une caricature de leur sexe. Ici, Christine va s’habiller en homme pour aller combattre auprès de son père plutôt que d’entrer au couvent. Il sera aussi question d’une quête et d’un dragon. La langue est parfois déroutante mais l’histoire est captivante.
Une très belle pièce entre histoire chevaleresque et récit fantastique.

Au boisAu bois il y a le loup. Il y a aussi la grand-mère et la petite fille doit aller la voir. Et il y a également un chasseur…
L’histoire est connue mais la façon dont elle est traitée ici est particulièrement originale… je dirai même déconcertante. J’avoue que c’est cette pièce qui m’a donné envie de faire cette chronique. C’est en entendant les collégiens en parler dans Écoute il y a un éléphant dans le jardin que j’ai eu envie de parler de théâtre et du prix Collidram. Le sujet semblait passionnant (une jeune fille abusée sexuellement par quelqu’un de plus dangereux que le loup). Mais je suis totalement passé à côté… Ici pas de ponctuation, pas d’indication sur qui parle (au metteur en scène ou à la metteuse en scène de choisir)… et moi j’ai pas réussi à rentrer dedans. Par contre, ça m’a donné particulièrement envie d’en voir une représentation, pour voir ce qu’une troupe pouvait en faire. Le langage est souvent cru, la scène de viol assez dure… j’aurai aimé aimer ce texte.

AtlantidesUne femme, un homme, leur fille. La mère s’est noyée lors de vacances (on pense évidemment au tsunami), la fille est devenue climatologue, le père tente de continuer à vivre. La mère se pose beaucoup de question… Retrouvera-t-on un jour son corps ? Où est sa fille à présent ?
On continue donc dans les sujets joyeux avec cette pièce très forte, Atlantides de Jean-René Lemoine. Un texte court (quinze pages) mais marquant. On parle donc ici du deuil, de la reconstruction. La mère est extrêmement présente dans le texte, et il est difficile de rester insensible au personnage.
La pièce est suivie, dans l’ouvrage, d’une autre, Le Voyage vers Grand-Rivière. Cette seconde pièce s’adresse aux plus jeunes. Il y est question d’une fille élevée par son père qui veut retrouver sa mère partie dans un monde étrange. J’ai trouvé ce texte particulièrement intéressant.

La princesse, l'ailleurs et les siouxIl est très vieux, elle est très vieille. Elle perd la tête, il veille sur elle. Elle se croit princesse, petite fille. Il décide qu’ils vont apprendre le sioux pour stimuler leur mémoire.
Cette dernière pièce, la dernière que j’ai lue est celle qui m’a le plus touché. La Princesse, l’Ailleurs et les Sioux parle de la vieillesse, de la sénilité (on pourrait même dire Alzeihmer). Elle ne sait plus qui elle est, elle se découvre parfois vieille, apprend qu’elle a des enfants. Son mari tente d’empêcher l’esprit de sa femme de s’en aller. C’est extrêmement fort, la fin est bouleversante, c’est sans nul doute le texte qui m’a le plus touché.

Lorsque j’ai commencé à écrire cette chronique je ne savais pas que le résultat du prix avait été donné. J’ai donc lu les pièces sans savoir quelle était la pièce gagnante. Je trouve amusant de constater que c’est celle qui m’a le moins plu, Au bois de Claudine Galea.

Plus d’informations sur le prix Collidram sur le site de l’association Postures.
Écoutez l’émission Écoute, il y a un éléphant dans le jardin spéciale Collidram ici.

Quelques pas de plus…
Nous avons déjà chroniqué des pièces de théâtre (Mon frère, ma princesse, Huit farces pour collégiens et Sept farces pour écoliers) et également un ouvrage de Claudine Galea (À mes amourEs).

Sous l’armure
Texte de Catherine Anne
l’école des loisirs dans la collection théâtre
7 €, 125×190 mm, 79 pages, imprimé en France, 2013.
Au bois
Texte de Claudine Galea
Éditions Espace 34 dans la collection Espace Théâtre
12,50 €, 130×210 mm, 72 pages, imprimé en France chez un imprimeur éco-responsable, 2014.
Atlantides, suivi de Le Voyage vers Grand-Rivière
Texte de Jean-René Lemoine
Les solitaires intempestifs dans la collection Jeunesse
9 €, 110×175 mm, 61 pages, imprimé en France chez un imprimeur éco-responsable, 2014.
La princesse, l’ailleurs et les Sioux
Texte de Stanislas Cotton
Éditions Théâtrales dans la collection Répertoire contemporain
11 €, 150×210 mm, 41 pages, imprimé en France, 2013.

Gabriel

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Romans forts

Par 15 août 2014 Livres Jeunesse

Deux romans avec des sujets forts

Mon cher petit coeurBrune écrit dans son journal, elle écrit à son cœur, ce cœur qu’elle va bientôt abandonner parce qu’il ne fonctionne plus assez bien. Brune se demande ce qu’on va faire de lui, le mettre à la poubelle ? Et qui sera celui qui le remplacera, on lui a parlé du cœur d’un mort…
Avec beaucoup de délicatesse, Agnès de Lestrade aborde dans ce court roman la transplantation cardiaque, la maladie, l’attente d’un donneur. Elle y évoque les enfants malades, le regard que les autres portent sur eux, leurs inquiétudes. La petite fille parle aussi des adultes : ses parents qui font semblant que tout va bien et le personnel soignant qui est au petit soin pour elle.
Un petit roman très fort illustré avec beaucoup de délicatesse par Peggy Nille.

LéoLéo et Célestin adore Célestin, son grand-père. Avec lui, il aime passer du temps, l’écouter parler de son passé. Mais depuis quelque temps, les souvenirs semblent s’envoler alors Célestin note dans un carnet ce dont il se souvient. Des souvenirs numérotés qu’il aime à relire. Mais un jour, le souvenir 23 a disparu du carnet, vite il faut partir à sa recherche !
Vous l’aurez compris, on parle ici d’Alzheimer. Là encore, c’est avec beaucoup de délicatesse que l’auteur, Isabelle Wlodarczyk, parle de la maladie, de l’incompréhension du petit fils face aux souvenirs qui s’en vont. Ensemble, ils vont mener une enquête pour trouver les pages qui manquent, mais très vite le grand-père souhaite chercher seul… et oublie de revenir. Rassurez-vous la fin ne sera pas (trop) triste. Isabelle Wlodarczyk a vraiment réussi à parler de cette terrible maladie avec des mots justes, des images bien trouvées.
Un petit roman à lire aux enfants dès 6 ans par chapitres ou qu’ils peuvent lire eux même en entier à partir de 8 ans très joliment illustré par Thanh Portal.

Quelques pas de plus…
Nous avons déjà chroniqué des ouvrages d’Agnès de Lestrade (Le voyage de Mamily, Pourquoi les chiens n’aiment-ils pas les chats ?, Les cocottes à histoires, Bon anniversaire, Gaston !, Les pendules de Dana et Les baisers de Cornélius), Peggy Nille (La Princesse Optipois, Le petit oiseau au grain de blé, Le voleur de lune, Le Petit Chaperon Rouge, Les amoureux du ciel, Le nom du diable et Contes d’un autre genre), Isabelle Wlodarczyk (Sur mon arbre perché et La petite disparue) et Thanh Portal (Sur mon arbre perché). Retrouvez aussi nos interviews de Peggy Nille et d’Isabelle Wlodazczyk.

Mon cher petit cœur
Texte d’Agnès de Lestrade, illustré par Peggy Nille
Bulles de Savon dans la collection Roman premiers lecteurs
6 €, 125×190 mm, 48 pages, imprimé en Union Européenne.
Léo et Célestin
Texte d’Isabelle Wlodarczyk, illustré par Thanh Portal
L’escamoteur éditions dans la collection Le Roman Jeunesse
12 €, 145×210 mm, 64 pages, imprimé en Union Européenne, 2013.

À part ça ?

On vous avait parlé de Liliroulotte… ça y est l’aventure est lancée ! Premier rendez-vous ce soir à Poullan sur mer !

Gabriel

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Comme dans les contes, un peu…

Par 29 avril 2013 Livres Jeunesse

La vie merveilleuse de la princesse OlgaOlga est une princesse qui vit dans un très beau château. Ses serviteurs, Mael et Mona lui sont dévoués et sont là pour l’aider et pour assouvir ses désirs. Car Olga a souvent besoin d’aide, même pour des choses simples comme descendre un escalier. Et puis il y a aussi l’horrible Volgon qui rode et le "La vie merveilleuse de la princesse Olga"chevalier Marcelin qui ne doit pas être loin.

La vie merveilleuse de la princesse Olga est un livre (entre le roman jeune lecteur, l’album et la BD) bouleversant, déroutant, qui m’a fait pleurer dans le métro… Un bijou, un album superbe. Comment vous dire de quoi il parle sans vous dévoiler la clé de l’histoire ? Difficile… Car ici les choses ne sont pas forcément ce qu’elles paraissent et des petits détails (dans l’histoire, dans les dessins) nous donnent petit à petit des indices sur la cruelle réalité de la vie d’Olga. Olivier Ka a décidément une superbe plume et il sait nous émouvoir autant que nous faire marrer, un grand auteur, un livre indispensable, inoubliable, unique.

Boucle D'oursCe soir c’est carnaval ! Papa Ours, Maman Ours et Petit Ours préparent leurs déguisements. Papa Ours sera en grand méchant loup, Maman Ours en Belle au bois dormant et Petit Ours en Boucle d’Ours… En Boucle d’Ours ??? Mais un garçon ne peut pas se déguiser en fille, voyons !

Le machisme (Papa Ours refuse que son fils porte une jupe rose et des couettes blondes) croqué par le génial Stéphane Servant, un pur bonheur ! Au nom de quoi un boucle d'oursgarçon n’aurait pas le droit de se déguiser en fille ? Souvent les pères semblent craindre pour cette pseudo-virilité dont on entend souvent parler. Stéphane Servant évoque tout ça avec son humour habituel. Son histoire absolument pas militante fait passer plein de choses. Maman Ours ne se laissera pas faire et d’autres personnages de contes interviendront, une histoire pleine d’humour (mais pas seulement) très joliment illustrée par Laetitia Le Saux.

Pestouille et JolicoeurPestouille est une princesse qui déteste le rose et qui a pour meilleur ami un dragon, drôlement sympa, Jolicœur. Dans Le monstre de la forêt interdite ils vont devoir s’attaquer à un dragon pas aussi cool que Jolicœur et dans La malédiction de la sorcière Pestouille va être transformée en crapaud.

Deux aventures pleines d’humour et de pep’s qui luttent aussi contre les clichés. Pestouille est le genre d’héroïne que j’adore, le genre de personnage avec beaucoup de caractère (irrésistible dans les histoires, moins quand c’est votre fille). Avec son dragon, un brin moralisateur, ils forment un très bon duo. Je ne connaissais pas cette série et je suis tombé sous le charme. On est ici aussi entre l’album, la BD et le roman jeune lecteur, des histoires à lire aux enfants (moi je les ai lus à ma fille de 5 ans qui a adoré) ou à lire seuls dès le CP.

Chevaliers !Les chevaliers il y en a deux sortes, des blancs (les gentils) et des noirs (les méchants) mais ils ont un point commun : ils adorent les princesses ! Enfin pas pour les mêmes raisons, les premiers veulent les épouser alors que les seconds les enlèvent !

Henri Meunier part des clichés sur les chevaliers et les princesses et en joue. Les choses ne sont finalement pas aussi simples qu’on le croit. Beaucoup d’humour dans cet album-jeu (sur chaque double page une activité est proposée : chercher des drapeaux cachés, compter des pièges, retrouver Kevin,…) illustré par la talentueuse Nathalie Choux. Un humour bien résumé sur la quatrième de couverture « Et si on jouait aux chevaliers ? On aurait des armures, des lances, des boucliers, des amoureuses et des fidèles destriers. On ferait un peu la bagarre, et on se raconterait un tas d’histoires ! ».

Quelques pas de plus…
Vous cherchez d’autres contes détournés ? Essayez avec le tag. D’autres livres qui combattent les clichés sexistes sur notre fiche thématique.
Nous avons déjà chroniqué des livres d’Olivier Ka (Obstinément Chocolat, Une maman toute entière et Les contes imbéciles), d’Olivier Latyk (Contemimes : comptines à mimer et chanter), Stéphane Servant (Le machin, Le crafougna et Le masque.), Laurent Richard (Au lit, Ludo !, Au revoir ! Bonjour !, Le seul roi, c’est moi et Tao le petit samouraï), Henry Meunier (Grand et Petit et La rue qui ne se traverse pas) et Nathalie Choux (Toutes les réponses aux questions que vous ne vous êtes jamais posées, Mon imagier de la maison, Mon imagier des formes, Mon imagier de Noël, L’ogresse poilueDe vrais amis, Mon imagier des saisons et Mon imagier de la nuit).

La vie merveilleuse de la princesse Olga
d’Olivier Ka, illustré par Olivier Latyk
Éditions l’édune dans la collection Empreinte
12,70€, 160×200 mm, 70 pages, imprimé en Italie, 2009
Boucle d’ours
de Stéphane Servant, illustré par Lætitia Le Saux
Didier Jeunesse
12,50€, 234×250 mm, 30 pages, imprimé en France chez un imprimeur éco-responsable, 2013.
Le monstre de la forêt interdite
de Orianne Lallemand, illustré par Laurent Richard
Lito dans la série Pestouille & Jolicœur
6€, 175×220 mm, 24 pages, imprimé en UE, 2013.
La malédiction de la sorcière
de Orianne Lallemand, illustré par Laurent Richard
Lito dans la série Pestouille & Jolicœur
6€, 175×220 mm, 24 pages, imprimé en UE, 2013.
Chevaliers !
d’Henri Meunier, illustré par Nathalie Choux
Gautier Languereau dans la collection Les petites histoires du soir
6,90€, 197×197 mm, 20 pages, imprimé en Roumanie, 2013.

A part ça ?

Désir DésirsVous habitez Tours ou les environs (ou vous aimez voyager) ? Du 11 au 25 mai le festival Désir Désirs s’interroge sur le genre. Au programme films, conférences, concerts, expo et danse. Les enfants ne sont pas oubliés puisque le très bon film Tom Boy sera diffusé le dimanche 19 mai à 10h30 au cinéma Studio et sera suivi d’un débat avec les enfants et les adultes. Par ailleurs le mercredi 15 mai la librairie Libr’enfant proposera une sélection de livres jeunesse sur le genre de 15h30 à 19h. Pour toutes informations et pour la programmation complète rendez vous sur le site et sur la page facebook du festival.

Gabriel

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