La mare aux mots
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Sexisme

Animaux, garçons et filles

Par 28 juillet 2014 Livres Jeunesse

Aujourd’hui, je vous propose deux courts romans.

Ça déménage au 6BGrégoire n’est pas du genre élève brillant, au grand désespoir de ses parents qui se demandent ce qu’ils vont en faire. Sa sœur, elle, les satisfait. Grégoire a pourtant une passion : les NAC, autrement dit les Nouveaux Animaux de Compagnie. En cachette de ses parents, il élève dans la cave des serpents, araignées et scorpions. Mais un jour, l’électricité est coupée dans les caves et Grégoire doit trouver une solution d’urgence ou ses amis mourront…
On retrouve la Muriel Zürcher de Papa Yaga, roman pour lequel j’avais eu un énorme coup de cœur. Amitié transgénérationnelle (Grégoire va sympathiser avec un vieux monsieur qui vit dans l’immeuble), difficulté de dialogue avec les parents… et le tout raconté avec humour et tendresse. On y parle aussi d’amitié, d’amour, de différence, d’entraide, de la vieillesse, de tout ce que nous apportent les animaux de compagnie, de trouver sa voie.
Même si personnellement j’ai beaucoup de mal avec ces histoires de NAC (les animaux sont quand même mieux dans leur milieu naturel), encore un beau roman signé Muriel Zürcher, un roman fort, riche.

Quandje porte la culotte Corentin se réveille, il ne reconnaît plus sa chambre et surtout il s’aperçoit qu’il n’a plus de zizi ! Pour sa mère, ça semble normal, comme s’il avait toujours été une fille et à l’école c’est le même délire…
Quand Corinne se réveille, il lui arrive la même chose, mais en sens inverse, elle est devenue un garçon et ça semble ne choquer personne…
On avait beaucoup entendu parler de ce double roman Je porte la culotte (de Thomas Gornet) et Le jour du slip (d’Anne Percin) quand des illuminés avaient décidé de bombarder le blog La soupe de l’espace qui en parlait. En plein débat sur le genre, des jeunes qui changent de sexe, pensez donc !
C’est donc après en avoir énormément entendu parler que j’ai lu ce court roman… et je suis un peu embêté…
Je suis embêté, car j’aime beaucoup Thomas Gornet. Je lis en ce moment même L’amour me fuit, que je trouve vraiment très beau et j’avais beaucoup aimé Qui suis-je ? (chroniqué ici) qui d’après moi bousculait les clichés (sur l’homosexualité)… chose que je ne peux pas dire ici ! J’ai trouvé que Je porte la culotte et Le jour du slip étaient un catalogue de clichés sexistes. Les filles et les garçons ne se mélangent pas, les filles poussent des cris stridents en demandant à leurs copines de refaire leurs coiffures, les garçons ont des portes manteaux digimon et n’embrassent absolument pas leurs mères, les garçons jouent aux jeux vidéos et pas les filles, à la cantine les garçons sont resservis sans arrêt quand les filles, elles, doivent réclamer, les mecs ça pète ce qui fait rire les copains… AU SECOURS ! Je me serais cru dans une version pour ado de Les hommes viennent de Mars les femmes de Vénus
Le jour du slipDu coup, me rappelant à quel point un grand nombre de blogueurs avaient défendu ce livre je suis allé lire des billets, voir si c’est moi qui avais un souci (ou si je ne décelais pas l’ironie, la caricature sexiste pour faire réagir) et je vois que certains soulignent que ça montre bien les différences qu’il y a entre les filles et les garçons… et c’est là mon souci… je ne pense pas qu’un garçon et une fille soient différents ou du moins pas plus différents que deux garçons entre eux ou deux filles entre elles, je ne pense pas que ce qu’on a entre les cuisses fait qu’on est ceci ou cela, qu’on aime ceci ou cela, qu’on se comporte comme ceci ou cela. Personnellement, l’ado que j’étais était plus proche de la caricature des filles du roman que des garçons (quelqu’un qui pète ne m’a jamais fait rire, entre autres). Je trouve ça dommage de continuer à conforter ces idées sexistes dans la littérature jeunesse, de continuer de dire qu’un garçon doit être de telle façon et une fille d’une autre… sinon c’est qu’il y a un souci, un échange de sexe ! Si vous êtes différents, si vous n’êtes pas comme des caricatures genres c’est que vous avez un souci…
Écrire tout ça m’embête un peu, une nouvelle fois, car j’aurais aimé défendre ce roman descendu par des bas du front et, encore une fois, j’aime beaucoup Thomas Gornet, mais je ne peux pas dire du bien d’un tel roman…
Retrouvez les avis, plus positifs, de Maman Baobab, Les lectures de Liyah, Alias Noukette, Les livres de Dorot’, A lire au pays des merveillesBric a book, Qu’importe le flacon

Quelques pas de plus…
Nous avons déjà chroniqué des ouvrages de Muriel Zürcher (Série Livranimo, Cro-magnonLe tourneur de page, T.3 Au-delà des temps, Le gang des gigoteurs, Le voleur de lunettes, Papa Yaga, Krok Mais, Le tourneur de page, tome 2 : Vers l’inconnu, Le tourneur de page – T1 : Passage en outre-monde et La perle volée) et Thomas Gornet (Qui suis-je ?). Retrouvez aussi notre interview de Muriel Zürcher.

Ça déménage au 6B
de Muriel Zürcher
Éditions Thierry Magnier
7,20 €, 120×210 mm, 76 pages, imprimé en France, 2014.
Je porte la culotte / Le jour du slip
de Thomas Gornet et Anne Percin
Rouergue dans la collection boomerang
6,50 €, 120×168 mm, 64 pages, imprimé en France, 2013.

À part ça ?

Comment est né le Prince de Motordu ? La réponse de Pef.

Gabriel

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Des filles et des garçons

Par 14 avril 2014 Livres Jeunesse

Une nouvelle chronique sur les livres qui promeuvent l’antisexisme, parce que ça fait du bien. Et en plus, c’est une chronique croisée avec Maman Baobab, c’est chouette, non ?

Et si l’on commençait par rappeler les droits de chacun ?

La déclaration des droits des fillesL’article 1 des droits des garçons le rappelle, oui ils ont le droit de pleurer et de se faire dorloter ! Ils ont aussi le droit d’être coquets, de jouer à la poupée, d’être bons en lecture et nuls en bricolage ou encore de faire de la danse ou de la couture. Les filles, elles, ont le droit d’être débraillées, d’être fortes en maths, de grimper aux arbres, de faire du foot ou du judo, de regarder des films d’horreur ou encore d’avoir les cheveux courts. Filles et garçons ont le droit d’aimer qui leur plaît, filles ou garçons !

Douze articles chacun et tous pleins de bons La déclaration des droits des garçonssens, voire même évidents… mais pas pour tout le monde (hélas). Génial (disons les choses) support pour parler des stéréotypes, Elisabeth Brami et Estelle Billon-Spagnol nous livrent deux petits livres qu’il faudrait absolument placer dans toutes les écoles (d’ailleurs, je propose à Talents Hauts de décliner chaque page en affiche) ! Estelle Billon-Spagnol, à partir des petits textes d’Elisabeth Brami, a fait des dessins hilarants dont elle a le secret. Les raconter serait contre-productif (racontés comme ça, c’est forcément pas drôle), mais vous pouvez voir quelques extraits en ligne (ici par exemple). Deux petits ouvrages absolument IN-DIS-PEN-SA-BLES !

BrindillePavlina n’était pas une petite fille ordinaire. Elle grandissait dans une famille où il n’y avait que des garçons pas vraiment méchants, juste un peu lourdauds. À côté d’eux, Pavlina semblait toute petite, on la surnomma Brindille. Seule fille, c’était à elle qu’incombait les tâches domestiques et quand elle essayait d’y couper il fallait se battre… et c’est parfois avec un œil au beurre noir qu’elle s’en sortait. Un jour, Brindille en eut assez et sous l’hilarité générale elle annonça qu’elle voulait se mettre à la boxe !

On adore les héroïnes comme Brindille. Une petite fille au fort caractère, capable de boxer autant que de faire du piano. Et surtout, qu’elles sont belles les illustrations de Rémi Courgeon ! OK, ce n’est pas nouveau (j’en parlais encore vendredi), mais quel bonheur ! Surtout qu’ici le livre est très grand et donc elles sont magnifiquement mises en valeur (avec un beau papier qui plus est). On parle donc ici de se battre pour avoir les mêmes choses que les garçons, qu’il n’y a pas de fatalité. Un magnifique album signé par un de nos plus talentueux illustrateurs.
Le même vu par Le cabas de Za (avec de nombreuses illustrations intérieures).

Zazie Ras le Bol d'être une PrincesseAu parc retentissent des BLANG ! CLONG ! BLANG ! CLONG ! C’est Max qui a un nouveau tambour ! Et il annonce un spectacle ! Un spectacle ? Tout le monde y croit, c’est malin maintenant faut le préparer. Allez c’est parti, Exaucée a une histoire et distribue les rôles : Tarek fera les décors, Cindy s’occupera des accessoires, Max jouera le prince et Zazie la princesse. PARDON ??? La princesse ? Genre la robe rose bonbon et tout ça ? HORS DE QUESTION ! Zazie veut bien jouer un dragon à la limite, mais la princesse non non non !

Pedro est catastrophé ! Il vient de voir son meilleur ami Max avec une poupée dans les mains. Comme il n’a pas suivi le début, il ne sait pas, lui, qu’en fait ce n’est pas une princesse nunuche, mais une guerrière de l’espace ! Lui ne voit qu’une poupée, forcément ! Zazie Les Poupées MuscléesAlors d’un coup il a peur, si Max commence comme ça bientôt il aura des couettes et se transformera en fille ! Vite, il faut agir, faire tout ce qui est possible pour le faire lâcher sa poupée, quitte même à utiliser Jim Barroud, un mannequin en plastique qui n’a rien d’une poupée, lui.

Deux albums d’un personnage que les enfants connaissent bien, Zazie. On avait déjà parlé de l’adaptation en livres de l’adaptation en dessin animé des livres de Thierry Lenain et Delphine Durand (oui, c’est pas simple), et je vous avais dit tout le mal que je pensais des illustrations, surtout comparées aux super dessins des originaux. Mais là encore, ce sont des histoires très sympas qui luttent aussi contre les clichés sexistes. Même s’il vaut mieux se procurer les premiers livres, les enfants seront heureux de retrouver ici un personnage qu’ils aiment voir à la télévision.
Ras-le bol d’être une princesse vu par Chez Clarabel.

Les mots indispensables pour parler du sexismeQuand j’ai vu qu’était sorti un livre sur le sexisme, Les mots indispensables pour parler du sexisme, j’étais vraiment très intéressé. On parle beaucoup (trop ?) du féminisme, et pas assez du sexisme. Comme je le dis souvent, c’est ensemble qu’on avancera dans l’égalité des sexes et pas les uns envers les autres. C’est en déconstruisant tous les clichés sexistes qu’on fera reculer les inégalités. Bref, je commençai donc, réjoui, la lecture de ce petit livre sorti chez Syros… J’avoue avoir été un peu déçu parfois. Même si c’est un très bon livre (mais je le dirai ensuite, évacuons tout de suite ce qui fâche pour vite l’oublier et se concentrer sur les points positifs), ici c’est quand même surtout un livre féministe. On parle de la difficulté des filles qui font du foot… mais pas un mot sur les garçons qui font de la danse (par exemple). On parle du viol et tout le chapitre concerne les femmes (sauf quand il est rappelé qu’un-e violé-e sur dix est un garçon… mais juste ça…). On parle des soucis des femmes à accéder à certains métiers, mais pas l’inverse (alors que, croyez-moi d’expérience, ça existe). Dans le chapitre sur la rumeur, on nous explique à quel point ça détruit surtout les filles (alors que de nombreux garçons se suicident aussi à cause de vidéos lancées sur internet, notamment par rapport à l’homosexualité). On nous explique que s’il y a moins d’enfants confiés aux pères lors des divorces c’est à cause de « la plus forte proportion d’hommes violents à qui on ne peut pas confier d’enfants » (si ça, ce n’est pas un propos sexiste…). Dans la partie sur les kilos on nous parle du diktat de la minceur chez les femmes, notamment à cause de la pub, sans nous dire que chez les hommes on y arrive de plus en plus avec des mannequins toujours imberbes et bodybuildés. J’ai eu aussi quelques doutes sur l’utilité de certaines entrées (alors que, d’après moi, il y a quelques manques, comme parler de l’image des pères au foyer dans la société ou de la difficulté des pères de prendre leurs congés parentaux), mais bon… Bref, j’avoue qu’à plusieurs moments j’ai eu quelques remontées acides ! Mais passons ce sujet de discorde (qui ne choquera peut-être que moi), donc, pour nous concentrer sur le reste. Construit comme un abécédaire, Les mots indispensables pour parler du sexisme est un livre très bien fait. Le genre de livre très bien construit dans lequel on peut piocher plein de choses (ou lire d’une traite, car il est vraiment intéressant). Les auteurs ont vraiment réussi à aborder beaucoup de thèmes, généralement avec justesse, complétant leurs propos avec des chiffres. On trouve ici, donc, des chapitres sur le rose et le bleu, le genre, les métiers, les seins, la jupe mais aussi quelques entrées sur des personnalités (Olympe de Gouges, Simone de Beauvoir, Angela Davis…). Parce qu’il est temps que ça change, qu’on en finisse avec le sexisme, voilà un petit livre indispensable (à partir de 14 ans d’après l’éditeur) !

Quelques pas de plus…
Retrouvez donc la chronique du jour de Maman Baobab, sur le même sujet.
Nous parlons régulièrement des livres qui combattent les clichés sexistes. Tout ceux dont nous avons parlé sont regroupés ici (et retrouvez ma chronique radio sur le sujet ).
Nous avons déjà chroniqué des livres d’Estelle Billon-Spagnol (Grong, Bonne nuit Eddie, La catcheuse et le danseur, Bad Lino, Les chaussettes qui puent, Les sœurs Tsss, La planète des mius, Ti-Jack, Chiche !, La rentrée de Jacotte, Jacotte en vacances, 5h22, Petit Lagouin, Le jardin du secret, Jacotte, Le petit bois du dimanche soir, À table et Mister Mok), Elisabeth Brami (Moi j’adore, maman déteste et vice-versa) et Rémi Courgeon (Gros Chagrin, Le grand arbre et autres histoiresContes d’Afrique, Pieds nusToujours debout, Pas de ciel sans oiseaux et Elvis Presley). Nous avons également interviewé Estelle Billon-Spagnol et Rémi Courgeon.

La déclaration des droits des filles
Texte d’Élisabeth Brami, illustré par Estelle Billon-Spagnol
Talents Hauts
11,90 €, 157×217 mm, 32 pages, imprimé en Italie, 2014.
La déclaration des droits des garçons
Texte d’Élisabeth Brami, illustré par Estelle Billon-Spagnol
Talents Hauts
11,90 €, 157×217 mm, 32 pages, imprimé en Italie, 2014.
Brindille
de Rémi Courgeon
Milan
16,95 €, 264×368 mm, 32 pages, imprimé en Belgique, 2012.
Ras-le-bol d’être une princesse
Texte de L. Nord d’après un scénario de Maud Garnier et David Robert
Nathan dans la collection Mademoiselle Zazie
5,95 €, 174×222 mm, 30 pages, imprimé en France chez un imprimeur éco-responsable, 2014.
Les poupées musclées
Texte de L. Nord d’après un scénario de Joris Morio
Nathan dans la collection Mademoiselle Zazie
5,95 €, 174×222 mm, 30 pages, imprimé en France chez un imprimeur éco-responsable, 2014.
Les mots indispensables pour parler du Sexisme
de Jessie Magana et Alexandre Messager
Syros dans la collection Les documents Syros
12 €, 120×168 mm, 168 pages, imprimé en France, 2014.

À part ça ?

Tempête sous un crâneÀ Saint Ouen (93), au collège Joséphine Baker, Alice, professeur de français, et Isabelle, professeur d’art plastique, tentent d’enseigner devant des classes qui ne sont pas toujours attentives. En plus du programme, il faut sans arrêt faire des rappels à l’ordre, enseigner la discipline, séparer les élèves qui se battent, supporter le brouhaha presque incessant, les élèves qui arrivent au milieu du cours, ceux qui ont leur portable à la main. Armées d’humour, elles affrontent le quotidien, tentent de faire s’élever, parfois contre leur volonté, des élèves qui ne sont pas tous nés avec les mêmes armes. Tempête sous un crâne était sorti au cinéma l’année dernière, il vient de sortir en DVD. Loin d’être plombant (comme le sont parfois des films et documentaires tournés dans les écoles, généralement du 93), on voit ici aussi les rires, les bons moments. Alors bien sûr il y a aussi les moments où l’on se demande comment Alice tient face à une classe aussi dissipée, les réunions du personnel encadrant se demandant quelles sont les solutions face à un élève qui semble dealer dans l’établissement, certains ados qui ne connaissent que la violence comme langage, mais il y a aussi les œuvres créées en cours d’art plastique qu’expose Isabelle et les lettres écrites en français sur le modèle du J’accuse de Zola. Ces moments qui en disent long, qui nous prennent aux tripes. Il y’a les rires en plus des cris, l’espoir est plus présent que l’envie de baisser les bras. Un très beau documentaire sur une classe parmi tant d’autres dans une école de la République Française.
Vous pouvez vous procurer ce DVD notamment sur le site du Point du jour.

Bande annonce :

Gabriel

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Force et originalité pour ces BD !

Par 21 janvier 2014 Livres Jeunesse

Aujourd’hui, je vous présente deux bandes dessinées très originales !

egaux sans egoLa tenue vestimentaire, le sport, les jeux vidéos et les réseaux sociaux, l’orientation et les filières d’étude, et enfin la découverte de la vie amoureuse, sont autant de domaines bien connus des adolescents où les rapports fille-garçon prennent toute leur importance.

L’égalité filles-garçons et la lutte contre les clichés sexistes sont souvent au cœur de nos chroniques (hier encore Gabriel vous en parlait). C’est une nouvelle fois le cas avec Égaux sans Ego, un recueil de cinq histoires en bande dessinée pour aborder des thèmes quotidiens et lutter contre les discriminations et les stéréotypes. Basées sur de véritables échanges et débats avec des lycéens, et mises en image par cinq illustrateurs talentueux (Anne Rouvin, Gabrielle Piquet, Tatiana Domas, Laureline Mattiussi et Josselin Paris), au style à chaque fois très différent, ces cinq récits forment un bel ensemble pour entamer la conversation sur le sujet avec les adolescents et combattre les idées reçues et les inégalités. On trouve également à chaque fois l’avis de l’illustrateur sur la question, et à la fin de l’ouvrage des chiffres et des dates pour revenir sur l’histoire de ce combat. A la fois instructif sans être rébarbatif, ludique, et dans l’air du temps, voici un très bel album pour amener les adolescents à se considérer autrement.

le mont des brumesDans un tout autre style, mais toujours sous une forme originale, Les voyages de Théodore, premier tome de la série Le Mont des Brumes nous emmène sur les traces d’un petit écureuil parti à l’aventure. Alternant roman illustré et bande dessinée, cet album nous propose de suivre Théodore, qui vit dans l’immense Forêt Sauvage. Un jour, alors que l’orage a fait grossir la rivière, il est emporté vers la Cité des Brumes… Là-bas, il vivra de folles aventures et fera de nombreuses rencontres qui changeront sans doute le cours de sa vie. Avec Olive, Brun, Oscar et Ferdinand, il n’est pas au bout de ses surprises…

Jon buller a choisi de n’utiliser que le bleu en dehors du noir et du blanc, et c’est réussi : une ambiance particulière qui donne de la cohérence à l’ensemble, malgré le mélange de passages narratifs, illustrations, et bande dessinée classique. J’ai beaucoup aimé cette alternance qui permet entre autres de soulager les jeunes lecteurs. Amitié, aventures, suspense, et rebondissements en tout genre, Susan Schade nous propose une histoire où l’ennui n’a pas sa place : on s’attache rapidement à tous ces personnages animaliers, qui ressemblent finalement beaucoup aux humains !

Quelques pas de plus…
Nous avons déjà chroniqué un autre roman-Bd de Susan Schade et Jon Buller : Star en Cavale, de la série Scarlett.

Égaux sans Ego
Textes adaptés par Tristan Pichard Collectif Égalité Par l’Education, illustré par Anne Rouvin, Gabrielle Piquet, Tatiana Domas, Laureline Mattiussi, Josselin Paris et Juliette Fournier.
Locus Solus
14€, 227 x 293 mm, 64 pages, imprimé en France, 2013
Les voyages de Théodore (Le Mont des Brumes, Tome 1)
Texte de Susan Schade (traduit par Sidonie Van den Dries), illustré par Jon Buller
Bayard Jeunesse dans la collection BD Kids
12,50 €, 158 x 200 mm, 186 pages, imprimé en Italie, 2013

A part ça ?

Magique : des bulles de savon qui sont en train de se glacer, immortalisées par Angela Kelly !

Marianne

 

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Garçons, filles et poupées

Par 4 novembre 2013 Livres Jeunesse

Vous le savez, nous aimons les livres qui luttent contre les clichés sexistes, chaque fois que nous pouvons vous parler de ce genre d’ouvrages nous le faisons avec plaisir !

Les poupees c'est pour les fillesQu’est-ce que c’est que cette tante bizarre qui offre une poupée à un garçon ! En plus, il a l’air d’aimer ça ! Papa se rassure, ça lui passera ! Sauf qu’on ne rigole plus du tout quand il décide de sortir hors de la maison avec la poupée, imaginez un peu la honte ! Non non non il faut prendre les choses en main et aller de toutes urgences acheter à cet enfant un VRAI jouet de garçon !

C’est un sujet qu’on croise de plus en plus, les garçons et les poupées (on a déjà chroniqué sur le sujet La poupée d’Auguste et Nils, Barbie et le problème du pistolet), c’est un peu un sujet à la mode… mais on ne va pas s’en plaindre ! Ici, on a affaire à un très bon livre. Le sujet est vraiment bien traité, avec intelligence et finesse (il n’y a pas de grosses ficelles). On parle du fait que le sexisme c’est souvent quand ça arrange les gens (le père qui offre une boîte à outils à son fils dit à sa femme qu’elle peut jouer avec lui, après tout les femmes aussi peuvent bricoler…) et souvent pas très réfléchis (pourquoi ce père qui s’est occupé de ses bébés refuse-t-il que son enfant fasse comme lui avec une poupée ?). Bref, le texte est très bon, drôle et plein de réflexions. Les illustrations de Jean-Luc Englebert rendent l’ouvrage beau en plus d’être bon. Un très bon ouvrage !
Le même vu par Enfantipages et par Butiner de livres en livres.

On n'est pas des poupéesUne fille… ah oui ! C’est quelqu’un qui aime s’habiller en danseuse et qui adore le rose… ça va pas non ??? Mais non une fille, ça peut aussi vouloir être une chevalière pour zigouiller des dragons ! Ce n’est pas parce qu’on est une fille qu’on adore faire le ménage et s’habiller en robe. On n’est pas obligée d’accepter les bisous des garçons, on peut aussi choisir QUI nous embrasse et QUAND ! Non mais !

On n’est pas des poupées, mon premier manifeste féministe est un livre que j’ai tout de suite adoré (à quelques détails près… je vais aussi en parler). Ici, on parle des clichés sur les filles : le fait qu’elles aiment le rose, qu’elles sont passives, qu’elles seront forcément mamans, qu’elles sont fragiles, qu’elles doivent être sages… C’est amené avec énormément d’humour et de pep’s. Des phrases courtes et percutantes et les illustrations de Claire Cantais (que personnellement j’aime beaucoup, mais je pense qu’on aime ou on déteste) rajoutent encore plus de vitalité à tout ça. En fin d’album, on revient sur des personnages historiques (Olympe de Gouges, Angela Davis, Louise Michel…) qu’on a croisés dans l’album grâce aux collages. Bref, voilà un album intelligent et bien fait ! Sauf que deux petits détails me chiffonnent… j’hésite même à parler de ces détails, car je ne veux pas dire un truc négatif sur cet album que je veux vraiment absolument vous donner envie de découvrir… J’ai coutume de dire que je ne suis pas féministe mais antisexiste et ça s’est encore confirmé ici… Je pense qu’on ne peut pas avancer d’un côté sans négliger l’autre côté. Je m’explique : alors que dans l’album on voit un garçon jouer à la poupée (ici aussi), on lit une phrase de l’éditeur au tout début du livre Le livre est fini, mais pas l’histoire, et le combat pour l’égalité des droits continue. Allez les filles ! L’égalité des droits n’est pas que l’affaire des filles… et je dirais même justement au contraire ! Si l’on n’apprend pas aussi aux garçons que l’égalité est importante est-ce que tout ça est utile ? Est-ce plus important de faire réfléchir sur le racisme ceux qui en sont victimes ou les racistes eux-mêmes ? Je prends cet exemple exprès, car je le trouve plus parlant. Je trouve ce « allez les filles ! » justement sexiste. Il sous-entend que ce livre est un livre pour les filles… et donc c’est pour moi sexiste. C’est un tout petit détail (surtout qu’il est du fait des éditeurs et non des auteurs je pense)… mais qui, je trouve, a quand même son importance ! Autre petit détail (et là encore, on sort de l’album), si vous achetez ce livre sur le site de l’éditeur on vous offre des « bons points »… et dans les « bons points » il y en a un « Le rose ? Beurk beurk beurk » et là aussi j’ai du mal… Autant je trouve ça super qu’une fille aime le noir plus que le rose, autant je trouve qu’une fille qui aime le rose il faut la laisser aimer le rose. Pour prendre ma fille comme exemple, elle n’a jamais été élevée dans le trip « rose », « princesses», etc. Et pourtant, elle adore le rose, je ne vais pas l’en empêcher et lui donner un bon point parce qu’enfin elle n’aimerait plus cette couleur (j’avoue qu’en plus personnellement j’aime beaucoup le rose, avant La mare aux mots j’avais un forum sur la culture qui était entièrement rose). C’est super qu’on laisse un garçon jouer à la poupée et aimer le rose, une fille jouer aux petites voitures et aimer le bleu mais attention, les forcer contre leurs goûts (ou les récompenser de bons points) c’est aussi peu tolérant que ceux qui font l’inverse. Mais je veux redire à quel point hormis ces deux détails (qui sont vraiment des détails mais qui me tenaient à cœur), ce livre est vraiment un super livre et que je vous le conseille fortement… pour les filles et les garçons !
Si vous êtes sur la région parisienne, vous pouvez participer à un goûter philo autour de ce livre le 16 novembre à 16h à la Librairie Violette and Co (102 rue de Charonne), plus d’infos ici.
Des extraits sur le site de l’éditeur.
Le même vu par Le tiroir à histoires (que j’ai lu après avoir rédigé ma chronique et qui soulève un autre point).

Quelques pas de plus…
Une autre chronique sur l’antisexisme : Princesse un jour et boniche pour toujours et plein d’autres livres sur le sujet sur notre fiche thématique.
Nous avions déjà chroniqué un livre de Claire Cantais (Avec de l’ail et du beurre).

Les poupées c’est pour les filles
Texte de Ludovic Flamant, illustré par Jean-Luc Englebert
Pastel dans la collection OFF – Pastel
10€, 140×190 mm, 40 pages, imprimé en Italie, 2013.
On n’est pas des poupées
Texte de Delphine Beauvois, illustré par Claire Cantais
La ville brûle dans la collection Jamais trop tôt
13€, 172×236 mm, 32 pages, imprimé en Union Européenne, 2013.


À part ça ?

Même si c’est un magnifique coup de marketing, ça mérite d’être salué (en attendant que ça soit banal) ! Tout comme l’année dernière, Super U ne fait pas dans le sexisme dans son catalogue de Noël… et le pire c’est que ça ne plait pas à tout le monde !  Un article du Point ici.

Gabriel

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Filles et garçons

Par 28 septembre 2013 Livres Jeunesse

Un album original et un roman décapant pour lutter contre les stéréotypes et les idées sexiste, thème qui nous est si cher !
drôle de planèteLes habitants de la planète Glatifus observent et analysent les terriens que nous sommes. C’est même une science qu’ils étudient à l’école et quand le maître demande aux gratifusiens s’ils connaissent la différence entre les terriens et les terriennes, les hypothèses et les réponses fusent ! Et ce n’est pas si simple qu’il n’y paraît finalement…

Quand j’ai découvert cet album, je n’ai pas fait attention au nom de l’auteur. Je l’ai lu, j’ai souri, je l’ai aimé et je l’ai trouvé drôlement bien fait, puis j’ai réalisé qu’il avait été conçu par les élèves d’une classe de CE1 de l’école Jatteau à Moissy-Cramayel, en Seine-et-Marne ! Quelle surprise ! Ils ont été déclarés vainqueurs du concours Lire Égaux 2012, et c’est mérité ! Le texte est fin, percutant, et cette idée d’adopter un regard extérieur sur nos propres comportements est vraiment bien trouvée ! Filles, garçons, quelles différences finalement ? Enfin, les magnifiques illustrations au style un peu rétro de Gwen Keraval, donnent vie à ce texte d’enfants à la chute savoureuse que devrait lire bien des adultes !
Un livre soutenu par Amnesty International.

vanilles et chocolatsJulia entre en CM2 et retrouve la même classe que l’an dernier et la même maîtresse. Tout le monde est ravi parce que c’est un groupe qui fonctionne vraiment bien, avec ses seize filles et ses seize garçons. Mais ils doivent accueillir Bruno, un élève qui arrive d’ailleurs, et qui va semer la zizanie avec ses réflexions très désagréables envers les filles. Commence alors la redoutable guerre entre les Vanilles et les Chocolats, entre les filles et les garçons. C’est l’escalade des mesquineries et des méchancetés, et l’ambiance est vraiment de plus en plus lourde. Même la maîtresse en est affectée et a bien du mal à ramener le calme… Mais la classe de mer, qui obligera les enfants à vivre ensemble quelques jours permettra sûrement de mieux comprendre le comportement de Bruno, et d’apaiser les esprits…

Florence Hinckel signe un texte fort qui saura parler aux jeunes lecteurs (et aux autres…). L’histoire se joue à l’école, lieu si quotidien des enfants, et malheureusement, certaines scènes se retrouvent certainement souvent dans les cours de récré. J’ai beaucoup aimé le rythme de ce court roman, et les idées qu’ils véhiculent, pour essayer d’amener les lecteurs à réfléchir sur certains comportements sociaux et quotidiens, dès l’enfance… Cette classe, c’est un peu le monde finalement ! Et même si au départ, ce sont les filles qui sont la cible des attaques des garçons, on découvre aussi la situation inverse. Ce sont vraiment les idées sexistes qui sont combattues, dans les deux sens, et c’est appréciable. Et puis, pour ne rien gâcher, l’amour et l’aventure s’invitent dans le récit pour pimenter le tout ! Un régal !
Le même vu par Enfantipages.

Quelques pas de plus…
Nous avons déjà chroniqué un autre livre de Florence Hinckel (Le chat beauté) et deux albums illustrés par Gwen Keraval (Yoshka et La sorcière au nez de fer).

Drôle de planète !
Texte des élèves d’une classe de CE1 de l’école Jatteau de Moissy-Cramayel, illustré par Gwen Keraval
Talents Hauts
12,50 €, 210 x 200 mm, 24 pages, imprimé en Italie, 2013
Vanilles et Chocolats
de Florence Hinckel
Oskar
9,95 €, 115 x 170 mm, 150 pages, imprimé en Europe, 2013

A part ça ?

Si vous aimez la langue française et que vous avez l’occasion de passer par le Limousin avant le 5 Octobre, ce festival est fait pour vous :  Les Francophonies en Limousin proposent des spectacles, des rencontres et des animations, avec 250 artistes et 20 pays représentés.

Marianne

 

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