La mare aux mots
Parcourir le tag

Slut shaming

Des histoires d’adolescentes

Par 9 janvier 2014 Livres Jeunesse

Trois beaux romans (pour adolescent-e-s) sur des adolescentes…

les ailes de la sylphideDans un hôpital, Lucie est interrogée par la police. La jeune fille doit expliquer comment elle s’est retrouvée nue, quelques os cassés, en bas d’un immeuble. Quelqu’un l’a-t-il poussée ? Lucie décide de tout raconter depuis le début. Sa naissance, sa passion pour la danse, ses amours… et surtout la découverte de ses origines, quand elle s’est aperçue qu’elle n’était pas du tout comme ses camarades…

Mon résumé ne dit pas grand-chose de l’histoire. Les ailes de la Sylphide est un livre qui ne se résume pas (sinon je gâcherais votre plaisir d’être entraînés là où vous ne vous y attendez pas), il est impossible de vous dire de quoi ça parle (sinon je vous donnerais la clef du livre d’emblée). Les ailes de la sylphide est surtout une claque, le genre de roman fort qu’on ne referme pas comme ça puis on passe à autre chose, il nous reste longtemps en tête. Un roman superbement écrit, qui aborde un sujet délicat avec douceur, en y mêlant du fantastique (ou pas d’ailleurs). Un roman magnifique que j’espère vous aurez la curiosité de découvrir sans savoir de quoi il parle exactement.
Le même vu par Fantasia, Enfantipages, Délivrer et des livres et Clarabel.

Un jour j'irai chercher mon prince en skateDepuis ses douze ans, elle ne croit plus aux contes de fées, Frédérique, 14 ans, a décidé de ne plus espérer le prince charmant. Et c’est une marraine qui va peut-être changer sa vie. Pas du même genre de celle de Cendrillon, non, une marraine super punk qui n’avait pas sa langue dans sa poche.

Ici encore, mon « résumé » ne résume absolument pas ce livre extrêmement riche. Jo Witek nous présente d’abord une jeune fille en dehors des canons de beauté qui décide de renoncer à l’amour, mais très vite on passe à autre chose (un grand-père mourant lui fait rencontrer sa marraine qu’elle ne connaissait pas). Le roman est aussi drôle que tendre, on sourit (beaucoup), on est (souvent) ému. On est touché par les désillusions de Frédérique qui aimerait tant être comme on lui dit d’être pour séduire (mystérieuse, discrète…). Finalement, c’est en étant elle-même que les choses s’arrangeront. Un magnifique roman sur l’adolescence, ses doutes, ses espoirs, qui nous fait passer un moment délicieux.
Le même vu par Clarabel.


La Fille Seule dans le vestiaires des garçonsMarion aussi croyait au prince charmant, ou du moins elle voulait y croire. Enzo le garçon très lourd qui la taquinait à l’école et qui était soudain devenu si gentil allait-il être cet amoureux attendu ? Pourtant entre eux, tout n’avait pas si bien commencé, ça avait même dégénéré au point que Marion avait donné un coup de pied bien placé au bogosse du collège et que celui-ci avait promis de se venger. Mais sans ses copains, Enzo s’était révélé tout autre…

Le souci avec un roman qui s’appelle La fille seule dans le vestiaire des garçons c’est qu’on se doute que l’héroïne va vivre quelque chose de pas vraiment joyeux. On lit donc les premiers chapitres tout en se doutant que Marion va tomber dans un piège, que le garçon dont elle est tombée amoureuse n’est pas celui qu’elle croit. Mais malgré ce titre (trompeur en fait, mais je ne vous dis pas en quoi), on est vraiment pris dans ce roman, on a vraiment envie de connaître le dénouement dès les premières pages. On ne tombe jamais dans un roman malsain, l’ambiance n’est jamais vraiment lourde. On parle ici du harcèlement à l’école et sur les réseaux sociaux, des gens qui ne sont pas ce qu’on croit, de la lâcheté de certains hommes (et du courage d’autres), des pères absents, des mères solos (et de leurs amours)… un roman très riche écrit par une des meilleures plumes de la littérature jeunesse, Hubert Ben Kemoun.
Le même vu par Parfums de livres, Butiner de livres en livres et À l’ombre du saule.

Quelques pas de plus…
Nous avons déjà chroniqué des livres de Jo Witek (Le ventre de maman) et d’Hubert Ben Kemoun (Le nouveau doudou, La pire meilleure journée de ma vie, Seuls en enfer et L’épouvantail qui voulait voyager ).

Les ailes de la sylphide
de Pascale Maret
Thierry Magnier
9,80€, 122×211 mm, 192 pages, imprimé en France, 2013.
Un jour j’irai chercher mon prince en skate
de Jo Witek
Actes Sud Junior
11€, 135×215 mm, 126 pages, imprimé en France, 2013.
La fille seule dans le vestiaire des garçons
de Hubert Ben Kemoun
Flammarion dans la collection Émotions
13€, 136×211 mm, 217 pages, imprimé en Italie, 2013.

A part ça ?

Nous recensons sur Pinterest les cartes de vœux des auteurs, illustrateurs, éditeurs, blogueurs… jeunesse. Jetez un œil régulièrement, on en ajoutera au fur et à mesure !

Gabriel

You Might Also Like

Tarja et Lola, deux adolescentes

Par 24 janvier 2013 Livres Jeunesse

TarjaTarja est une salope, c’est écrit sur les murs, ceux des toilettes de l’école et ceux de facebook (un groupe facebook (site qu’elle qualifie de « chiottes virtuelles ») a même été créé pour que tout le monde le sache « Si toi aussi tu penses que Tarja est une salope »). Alors Tarja essaye de se faire discrète, elle rase les murs. Elle se souvient du jour où elle est passée de « bonne élève à élève bonne à baiser ». Elle a tellement entendu ces insultes à son sujet que pour elle c’est la vérité, c’est ce qu’elle est : une salope. Pourtant elle aimerait recommencer sa vie à zéro, « effacer toutes ces informations erronées, ces erreurs système du disque dur de (sa) vie ». Heureusement il y a Léon, son meilleur ami, celui qu’il lui reste. Léon avec qui elle partage le souvenir de Jessica, celle avec qui ils formaient une belle équipe jusqu’à ce qu’elle les quitte pour son « paradis personnel », celle dont elle était inséparable depuis la maternelle. Sans elle Tarja essaye de se raccrocher aux branches qu’elle peut… et parfois on tombe sur une mauvaise branche, celle qui semble solide et vous fait tomber encore plus bas…

Tarja est un roman qui coupe le souffle, qui laisse sans voix, qui assoit. L’héroïne principale, une sorte d’oiseau blessé qu’on voudrait recueillir chez soi pour l’aider à se reconstruire loin de tout son quotidien pour qu’elle puisse ensuite voler aussi bien qu’avant. Jean-Noël Sciarini a écrit un roman qui pourrait être dérangeant, déplaisant mais grâce à son style très lyrique, très littéraire, on n’est jamais choqué par les mots trop crus, les mots du quotidien de Tarja. Je vous le disais il n’y a pas longtemps, c’est un auteur qui a une vraie plume, une belle écriture. Ici on parle donc des adolescences brisées par une réputation, phénomène qui existe depuis toujours mais qui s’est amplifié ces dernières années avec les réseaux sociaux. On parle aussi d’amour, de rêves, d’amitié et de choses bien plus graves… un magnifique roman, de ceux qui marquent, qui restent.

Où est passée Lola Frizmuth ? Lola Frizmuth c’est le genre de fille qui a un portable rose paillette (Agatha Ruiz de la Prada, excusez du peu), qui pense que Rimbaud, s’il vivait aujourd’hui, aurait deux fans sur skyblog, qui parle de sa « best », de gens qui habitent à « whatmiles bornes » de chez elle et de gens « boooooring ». Bref une fille plutôt superficielle. Son amoureux (depuis la veille) est parti vivre au Japon, elle décide donc de le suivre, c’est le début d’une aventure à laquelle elle ne s’attendait pas…

Et soudain on se dit qu’on est trop vieux pour lire des romans d’ado… Sincèrement c’est une question qu’on peut se poser « A 35 ans, suis-je la bonne personne pour donner mon avis sur des livres qui s’adressent à des gens de 20 ans de moins que moi ? », il m’arrive de me la poser surtout quand je lis un roman comme Où est passée Lola Frizmuth… Langage SMS, mots anglais au milieu de français, personnage que je trouve absolument insupportable… J’avoue que je n’ai pas vraiment « kiffé »… Il y a une bonne intrigue (Lola va être mêlée à une histoire de yakuza) mais le personnage m’est tellement antipathique, je trouve que c’est une telle tête à claque que pour moi ce n’était pas possible. Je l’ai quand même lu (péniblement) jusqu’au bout, ce n’est pas mal écrit (même si je me demande si les ado qui utilisent déjà ce genre de langage à tout bout de champ ont besoin d’en retrouver en plus dans leurs livres… vaste débat), l’intrigue est bonne (donc) mais ce n’est vraiment pas pour moi. Le dossier de presse dit « une héroïne adolescente pleine de personnalité, qui irrite pour mieux séduire » j’avoue avoir juste été irrité…

Quelques pas de plus…
Nous avons déjà parlé d’un des livres de Jean-Noël Sciarini : Les disparitions d’Annaëlle Faier. Kik a aussi chroniqué Tarja ici.

Tarja
de Jean-Noël Sciarini
La joie de lire dans la collection Encrage
16,25€, 140×210 mm, 256 pages, imprimé en Allemagne, 2011.
Où est passée Lola Frizmuth
d’Aurélie Gerlach
Gallimard dans la collection Scripto
12,20€, 132×200 mm, 330 pages, imprimé en Italie, 2012.

A part ça ?

Vous avez de vieux annuaires qui trainent… Alex Quezal lui sait quoi en faire ! http://www.projectsgallery.com/Queral.htm

Gabriel

You Might Also Like

Secured By miniOrange