La mare aux mots
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Soledad Bravi

Quelques jeux

Par 11 juillet 2015 Jeux

Pendant les vacances, on ne peut pas toujours être dehors. Il y a les moments où il pleut, et les moments où il fait trop chaud. Il y a les moments où l’on doit rester à l’intérieur attendre, pour sortir, que les plus petits finissent la sieste. Il y a aussi les soirées où l’on se dit qu’on peut coucher les enfants un peu plus tard que d’habitude. Et dans ces moments-là, bien mieux que la télé, il y a les jeux de société ! Gabriel et moi nous vous proposons quelques idées de jeux que nous avons testés. Une chronique partagée comme nous aimons le faire. Je commence puis je laisserai la parole à Gabriel.

Picmi_packLes « Monsieur Madame » de Roger Hargreaves se sont donné rendez-vous pour initier les petits à leur premier jeu d’observation. On découvre une carte sur laquelle figure quelques-uns d’entre eux, et il faut attraper le plus rapidement la figurine qui y est le plus de fois représentée.
Le jeu est très simple et se met en place en quelques secondes à peine. Les parties sont très rapides, on peut compter les points, ou non, et augmenter le niveau de difficulté en utilisant les cartes rouges plutôt que les bleues quand l’enfant grandit. Livré avec une petite poche en tissu, il peut être emporté n’importe où au grand plaisir des enfants qui adorent les figurines à l’effigie de leurs héros.
Un vrai coup de cœur qui fait découvrir le plaisir des jeux de société aux plus petits.

Mémo RigoloTout le monde connaît le jeu du Memory dont le but est de retrouver des paires parmi un certain nombre de cartes face cachées en les retournant par deux, chacun son tour. l’école des loisirs et Stephanie Blake ont adapté ce jeu incontournable en y associant, Simon, le lapin coquin qui n’a pas la langue dans sa poche. L’enfant doit identifier des petites scènes inspirées des aventures de ce héros bien connu des classes de maternelle. Quand ils grandissent, le jeu se complexifie avec des cartes un peu plus difficiles à identifier : seul un détail change, ou il faut reconnaître quelques mots familiers. Quelle fierté pour le jeune joueur de crier « Caca boudin ! » quand il reconnaît deux fois le titre !
Un premier jeu de société indémodable, remis au goût du jour avec les couleurs vives et l’humour de Stephanie Blake.

Domino des bruitsDans la même collection, Soledad Bravi s’est approprié le traditionnel jeu de dominos en adaptant son excellent Livre des bruits. Le principe est simple, tout le monde sait jouer aux dominos, mais la variante ne manquera pas de provoquer des fous rires en famille. En effet, pour poser une pièce, le joueur doit imiter le bruit de l’objet ou de l’animal qui y est représenté. Énorme succès auprès des plus jeunes, mais aussi de leurs aînés qui sont parfois pris au dépourvu : qu’est-ce que ça fait comme bruit, une boîte d’épinards ? Et un biberon ? Cette fois encore, les cartes ont deux niveaux de difficulté, mais le jeu reste toujours très facile à prendre en main. Avantage notable : le livret d’accompagnement reprend toutes les planches du livre original en miniatures, pour ceux qui se trouveraient en manque d’inspiration.
Un jeu simple, mais très drôle qui donne envie de (re)découvrir le livre qui l’a inspiré.

Pouss'PoussinsDernière adaptation issue de l’univers de l’école des loisirs, Pouss’Poussins a été intégralement conçu et dessiné par Claude Ponti qui nous propose de nous amuser en compagnie de ses éternels gallinacés adorés des enfants. Le jeu est basé sur l’observation et la rapidité. Le but est de se débarrasser de ses cartes. On peut poser une carte de son jeu si le poussin a un point commun avec la carte retournée sur la table : coiffes extravagantes, positions burlesques… Blaise et ses copains les poussins font tout pour brouiller les pistes et vous tendre des pièges !
Cet Uno revisité à la sauce « Ponti » s’adresse à des enfants bien plus grands que les deux autres titres de la collection. L’univers complètement foutraque du dessinateur est très bien mis en valeur dans ce jeu. Les cartes et le coffret sont de bonne qualité, bien solides… Ce qui n’est pas du luxe parce que les compétiteurs se battent comme des beaux diables pour piéger leurs adversaires et les charger de cartes supplémentaires. Les enfants adorent reconnaître les héros des livres de Ponti et se prennent au jeu rapidement, d’autant que les parties sont assez courtes et ne nécessitent que peu de temps d’ » installation » (quoiqu’il est parfois nécessaire de revenir sur la signification des cartes spéciales comme le « Poussin-Marteau » ou le « Pouce-Poussin » avec les plus jeunes).
Un joli coffret de cartes qui fera craquer les jeunes amoureux de Claude Ponti.

Quelenteur ce rRenardEncore un jeu où le gagnant est celui qui saura se défaire de toutes ses cartes… même s’il doit mentir pour y parvenir. Quel menteur, ce Renart ! est adapté de la célèbre histoire issue du Moyen-âge régulièrement rééditée par Père Castor, et d’ailleurs reprise dans le livret accompagnant le jeu. Comme le célèbre goupil, les joueurs doivent avoir recours à la ruse pour tirer leur épingle du jeu. Un premier joueur pose une carte devant lui de la couleur d’une des cinq familles. Les autres vont tour à tour déposer une carte correspondant à la même famille, mais cette fois face cachée, il est donc possible de mentir ! Mais attention, si le menteur est pris : il récupère toutes les cartes qui ont été posées !
Le jeu est très facile à comprendre pour des joueurs encore jeunes, pour peu qu’ils sachent dissimuler leurs pensées. Les parties sont assez courtes, mais il est possible de rendre le jeu un peu plus complexe pour les plus grands avec des cartes « pièges » qui apportent des variantes de stratégie. Le livret d’accompagnement, qui promet « une histoire et des jeux » est en fait une règle améliorée, avec en son centre le récit d’un des méfaits de Renart, suivi de quelques explications d’ordre historique. Le joli coffret cartonné produit son petit effet même s’il n’accueille au final qu’un jeu de cartes à jouer et un livret de quelques pages.
Ce petit jeu malin apprendra néanmoins aux enfants à contenir leurs émotions et à bluffer, et donc à ne pas prendre ce qu’on leur dit pour argent comptant.

Le Mistigri Des LutinsDans la même collection A toi de jouer !, Père Castor a créé une version du jeu du Mistigri aux couleurs du conte Les lutins cordonniers des Frères Grimm. Les joueurs doivent se débarrasser de leurs cartes en formant des paires : deux souliers, deux bottes, deux lutins joliment habillés… Quand ils n’ont plus de paire dans leurs jeux, ils doivent piocher au hasard dans le jeu de leur voisin. Attention à ne pas attraper le Mistigri ! Avec cette unique carte qui n’a pas de semblable, c’est la défaite assurée !
Pour ce titre également, le coffret a plus d’intérêt de par son jeu que par le livret l’accompagnant. Le Mistigri est un jeu qui amuse de génération en génération précisément parce qu’il est très facile à comprendre, et qu’il implique une petite dose de faux-semblant à la portée des enfants même petits. Les illustrations d’Amélie Dufour sont charmantes, mais on reste encore une fois sur notre faim concernant le traitement du conte, qui ne prend que quatre petites pages.
Une façon adaptée de faire découvrir un jeu et un conte célèbres aux plus jeunes.

Le loto de la petite poule rougePour découvrir les animaux de la ferme, rien de tel que jouer au loto avec la Petite Poule Rouge. Pour remporter la partie, il faut remplir une des six planches avec les cartes représentant les principaux personnages du conte.
Le petit jeu est couplé avec une version résumée du conte et quelques anecdotes sur l’histoire de cette petite poule si laborieuse, entourée d’amis fort ingrats. Le jeu est facile à comprendre pour les plus jeunes, mais on peut regretter que les cartes ne soient pas un peu plus solides et adaptées aux petites mains. Même si l’ensemble n’est pas d’une originalité à couper le souffle, les illustrations de Madeleine Brunelet sont pleines de fraîcheur et le jeu réactualise ce grand classique de Père Castor.

Je laisse la parole à Gabriel

DLe loto des jouets Djeco 1965Après le loto de Père Castor, le loto de Djeco ! Mais attention, pas n’importe quel loto ! Il s’agit ici du tout premier jeu Djeco, sorti en 1965, il y a tout juste 50 ans ! Djeco qui fête donc son anniversaire a eu la superbe idée de ressortir ce jeu dessiné par Alain Grée (excusez du peu). Ce jeu de loto, en plus d’être très beau, n’est pas un jeu de loto banal. On y retrouve bien entendu des planches et des cartes, mais l’un comme l’autre a deux faces pour jouer : une face avec des dessins et une face avec des points façon dé ou domino pour les planches, une face avec des nombres et une face avec des points pour les cartes. On pourra donc jouer de plusieurs manières, suivant l’âge des enfants. Par exemple dans le cas où l’on a face à nous les planches avec les dessins, si la carte tirée représente un 8 c’est le premier qui déclarera avoir une case avec 8 objets dessinés qui remportera la carte. L’enfant peut aussi jouer seul en replaçant les cartes sur les cases (côté « domino » sur les planches côté dessin, par exemple). Bref, c’est un jeu complet, beau (avec un graphisme rétro totalement charmant) et pas bête. Le genre de jeu qu’on a envie de conserver pour y jouer encore dans 50 ans ! Par contre, dépêchez-vous, c’est une édition limitée !

Les ZexpertsOn termine avec des questions ! Les Z’experts ce sont des petits paquets de cartes avec des thématiques. On a testé Animaux, Geek et Nature. Dans Animaux, quatre catégories : records, animaux domestiques, crado et dinosaures. La catégorie crado amuse beaucoup les enfants, imaginez donc, des questions sur le caca et le pipi ! Dans le jeu Geek, quatre catégories également : jeux vidéo, Techno/internet, Ciné/TV et Livres/BD. Enfin dans le jeu Nature, les catégories sont Terre, Plantes, Écologie et Incroyable.
Ces trois petits paquets de cartes sont ultra pratiques puisqu’on peut les emporter partout. On peut jouer seul ou à plusieurs, entre enfants ou avec des adultes (attention quand même, le jeu Geek ne s’adresse pas aux trop jeunes enfants ou alors c’est qu’ils passent leur journée derrière des écrans !), à la maison ou en voiture. Bref, c’est un moyen très ludique d’apprendre plein de choses ! Ici, on adore.

Quelques pas de plus…
Retrouvez toutes nos chroniques jeux regroupées sur un album Pinterest.

Picmi Monsieur Madame
d’après Roger Hargreaves
Abysmile
Prix : Autour de 19,99 €
Âge d’après l’éditeur : à partir de 4 ans
Nombre de joueurs : 2 à 4
Temps de jeu d’après l’éditeur : 20 minutes
Fabriqué en Chine.
Memo rigolo
de Stephanie Blake
l’école des loisirs avec playBac
Prix : autour de 11,90 €
Âge d’après l’éditeur : de 3 à 5 ans
Nombre de joueurs : 2 à 4
Temps de jeu d’après l’éditeur : 15 minutes
Fabriqué en Chine.
Domino des bruits
de Soledad Bravi
l’école des loisirs avec playBac
Prix : autour de 11,90 €
Âge d’après l’éditeur : de 3 à 5 ans
Nombre de joueurs : 2 à 4
Temps de jeu d’après l’éditeur : 15 minutes
Fabriqué en Chine.
Pouss’Poussins
de Claude Ponti
l’école des loisirs avec playBac
Prix : autour de 11,90 €
Âge d’après l’éditeur : de 5 à 7 ans
Nombre de joueurs : 2 à 4
Temps de jeu d’après l’éditeur : 10 minutes
Fabriqué en Chine
Quel menteur, ce Renart !
de Caroline Bouche, illustré par Henri Meunier
Père Castor Flammarion
Prix : 10,50 €
Âge d’après l’éditeur : à partir de 5 ans
Nombre de joueurs : de 2 à 4
Temps de jeu d’après l’éditeur : 15 minutes
Fabriqué en Chine.
Le mistigri des lutins
de Caroline Bouche d’après Wilhem et Jacob Grimm, illustré par Amélie Dufour
Père Castor Flammarion
Prix : 10,50 €
Âge d’après l’éditeur : à partir de 5 ans
Nombre de joueurs : de 3 à 4
Temps de jeu d’après l’éditeur : 15 minutes
Fabriqué en Chine.
Le loto de la petite poule rousse
de Caroline Bouche, d’après l’histoire d’Anne Fronsacq, illustré par Madeleine Brunelet
Père Castor Flammarion
Prix : 10,50 €
Âge d’après l’éditeur : à partir de 5 ans
Nombre de joueurs : de 2 à 4
Temps de jeu d’après l’éditeur : 15 minutes
Fabriqué en Chine.
Le loto des jouets
Illustré par Alain Grée
Djeco

Prix : Autour de 15 €
Âge d’après l’éditeur : 3-6 ans
Nombre de joueurs : 1-4
Temps de jeu d’après l’éditeur : 10 min.
Fabriqué en Chine.
Les Z’experts – Animaux
d’Élisabeth Roman, illustré par Axel Mahé
Gründ
Prix : 5 €
Âge d’après l’éditeur : N.C.
Nombre de joueurs : N.C.
Temps de jeu d’après l’éditeur : N.C.
Fabriqué en Chine.
Les Z’experts – Geek
d’Agathe Franck, illustré par Axel Mahé
Gründ

Prix : 5 €
Âge d’après l’éditeur : N.C.
Nombre de joueurs : N.C.
Temps de jeu d’après l’éditeur : N.C.
Fabriqué en Chine.
Les Z’experts – Nature
de Pierre Tessier, illustré par Axel Mahé
Gründ

Prix : 5 €
Âge d’après l’éditeur : N.C.
Nombre de joueurs : N.C.
Temps de jeu d’après l’éditeur : N.C.
Fabriqué en Chine.

Laura et Gabriel

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La chronique numérique : Histoires à jouer

Par 15 février 2015 Livres numériques, Numérique

Les Histoires de lapinIl était une fois un lapin qui s’appelait Lapin le lapin. Ce lapin-là n’aimait pas l’école et préférait rêvasser dans les champs de coquelicots, faire la sieste à l’ombre d’un grand arbre, et jouer avec les papillons. Quoi de plus normal jusque là ? Mais Lapin va faire des rencontres qui vont lui faire changer d’avis, et tout ce joli monde se retrouvera sur les bancs de l’école. Les Histoires de lapin de Soledad Bravi est une petite appli d’histoires personnalisables et interactives, et ça, c’est une très bonne idée.
Ça marche comment ? Premier choix, l’enfant va devoir colorier Lapin afin qu’il devienneLes Histoires de lapin son lapin, en jaune, en bleu, en rouge ou en violet. Et c’est lui qui va ensuite décider de l’histoire qui va lui être lue, ou qu’il va lire puisque les deux options existent. Au total, trois histoires : une histoire avec un loup, une avec une princesse et une dernière avec un dragon. L’histoire se déroule ensuite, il suffit de cliquer sur les flèches pour avancer ou reculer dans les pages (mais il n’y a pas de sommaire). Lorsque l’on choisit le mode « écoute », sur certaines pages apparaît une petite main sur laquelle on peut cliquer. Elle ouvre une fenêtre qui indique un jeu de rôle ou un petit défi : « Fais semblant de pleurer en disant “ouin” », « Refais le dialogue en te bouchant le nez », et autre. Mis à part cela, pas d’interactions dans les pages, mais celles-ci Les Histoires de lapinsont légèrement animées.
Et j’en pense quoi ? Les Histoires de lapin est une appli simplissime, avec une touche d’interactivité. Ce qui fait sa force, ce sont les illustrations gaies et colorées de Soledad Bravi, l’humour du texte, bien écrit par ailleurs, et bien sûr l’impression pour l’enfant d’être acteur et de choisir le personnage et l’histoire. La narration, par Thibaut Lacour, est vraiment excellente et rend les personnages vivants. Il faut entendre le bébé dragon demander à tout bout de champ au lapin qui tente vainement de lui inculquer quelques règles de sécurité sur le feu, « Ben pourquoi », ou « Encore » pour réclamer une autre chanson. Craquant. Les personnages et les histoires sont drôles et dLes Histoires de Lapinécalés. Le loup n’est pas un méchant loup, mais un loup obsédé par les puzzles qui cherche un ami pour l’aider à terminer les plus compliqués. La princesse quant à elle cherche un doudou et ne manque pas de caractère. Et le bébé dragon s’ennuie tout seul à carboniser les forêts alors que ce qu’il veut, c’est qu’on lui chante des chansons ! Une appli pleine de charme, drôle et intelligente. À signaler aussi qu’il existe un complément jeu avec les mêmes personnages, Les Jeux de lapins, qui réunit memory, puzzle et jeu des différences à partir des images des Histoires de lapin.
Bande-annonce :

Il était des foisIl était des fois un chevalier, une princesse et un dragon. Ou plutôt un méchant, un héros et une victime. Mais qui est quoi ? C’est à nous de le décider. Il était des fois permet de créer des histoires et de choisir le point de vue sous lequel elles vont nous être racontées.
Ça marche comment ? Il était des fois, c’est donc six histoires en une seule appli. Les personnages n’ont pas de rôle prédéfini, c’est le lecteur qui va devoir distribuer les rôles : qui va être le héros de son histoire, qui le méchant et qui la victime. Une fois ce choix fait, c’est aussi lui qui va déterminer l’angle de l’histoire : est-ce qu’il va plutôt lire l’histoire vue par le chevalier, par le dragon ou bien par la princesse ? Ainsi si l’on décide que le dragon sera le héros, la princesse une méchante et le chevalier la victime, trois possibilités de lecture s’ouvrent à nous : « Carton rouge pourIl était des fois la princesse », « Le Dragon gardien de but », « Le Chevalier et la Finale des champions ». La même histoire, mais racontée par les différents personnages. Pour lire l’histoire, il suffit de faire dérouler les images en cliquant dessus. Pour chaque image, le texte peut être lu ou écouté. L’histoire centrale est toujours celle du héros. Mais quand on tourne la tablette de 90°, on change de point de vue dans le même récit. Un coup à gauche, et c’est l’histoire vue par le méchant qui s’affiche, un coup à droite, l’histoire Il était des foisracontée sous l’angle de la victime. On tourne la tablette à 180° et les trois points de vue s’affichent simultanément. Chaque personnage a une couleur qui lui est attribuée (le texte de son histoire apparaît ainsi dans cette couleur, qui est aussi la couleur dominante des images de son point de vue) : au dragon le vert, à la princesse le rose, au chevalier le bleu. Dans ce mode, toutes les images sont superposées, mais en pinçant l’écran, elles se désolidarisent. Il est enfin possible, à partir du moment où les rôles ont été attribués, de ne faire défiler que les images, sans texte (en cliquant sur la petiteIl était des fois croix en bas de l’écran). Et le lecteur peut alors imaginer son propre scénario à partir des images.
Et j’en pense quoi ? Il était des fois est le résultat d’un projet de fin d’études de l’École supérieure des Arts décoratifs de Strasbourg qui a été finalisé au sein de l’incubateur de projets de l’école de l’image des Gobelins. Cette appli permet de décortiquer les mécanismes du récit et les modes de narration possibles. Ne serait-ce que pour cela, elle mérite amplement de s’y attarder. Car une histoire, c’est comme un objet, il faut tourner autour pour se l’approprier. La sobriété du graphisme, peu de couleur et peu de détails, permet aussi cela, le lecteur n’étant pas ralenti dans sa lecture. Les illustrations, justement, ouvrent aussi une autre perspective, celle d’une critique des images. Dans « La Princesse comblée », la deuxième image est la même pour l’histoire du dragon et de la Il était des foisprincesse : au milieu de la forêt, un dragon se tient debout devant la princesse, crachant du feu. Mais alors que le dragon pense dévoiler ses sentiments à la princesse, dont il est amoureux, en lui faisant une déclaration… enflammée, la princesse ne voit qu’un dragon lui baragouinant un message incompréhensible et lui bloquant le passage. Pendant ce temps, le chevalier renifle une drôle d’odeur de brûlé… C’est aussi grâce à cette stylisation que le mode sans texte fonctionne parfaitement puisqu’il permet d’écrire une nouvelle histoire à partir des illustrations d’une histoire déjà existante. Certaines histoires font des sauts de narration, parfois un peu gênants. À savoir que sans lire les autres points de vue, on ne comprend pas toujours le fil narratif. Les trois points de vue sont non seulement complémentaires, mais aussi indispensables. Si cela permet au lecteur d’appréhender qu’un même événement recèle plusieurs facettes, que sans apparaître sur l’image un personnage peut avoir un rôle central dans une histoire, il en ressort un manque de cohérence dans les visions individuelles des différents personnages, qui restent, malgré tout, un peu stéréotypés. Il était des fois entraîne les enfants dans les arcanes de la narration avec une grande finesse. C’est très bien vu, et, finalement, c’est l’enfant qui se retrouve le héros de l’histoire…
Bande-annonce :

Il était des fois – Récits numériques interactifs jeunesses – Présentation from Il était des fois on Vimeo.

Histoires de lapin
Texte et illustrations de Soledad Bravi
Europa-Apps
Prix constaté : 1,99 € (Apple).
Il était des fois
Texte de Guillaume Deloizon et Valentin Gall, illustrations de Valentin Gall
Doublemoon production
Prix constaté : 3,99 € (Apple).

Erica

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La chronique numérique : Méli-mélo sonore

Par 21 décembre 2014 Livres numériques, Numérique

Et si, pour la dernière chronique de l’année, histoire de changer, on ne parlait pas de Noël ? Ne vous inquiétez pas, je ne fais pas l’impasse totalement : dans le À part ça, je vous présenterai une box « spéciale fêtes », pour préparer les fêtes de fin d’année avec les enfants… Mais pour le moment, après la musique la semaine dernière, voici les bruits.

Les Bruits de ma maisonLes Bruits de ma maison est un livre interactif dans lequel on suit un petit garçon dans la quête de tous les bruits familiers qui résonnent dans nos maisons. Le soleil se lève, le petit garçon se réveille dans sa chambre. La maison est encore silencieuse, mais très vite la journée commence : la petite sœur pleure, les marches craquent sous les pas des enfants, la maman prépare le déjeuner de midi en écoutant la radio, le chat Igor fait des bêtises, la machine à laver tourne, etc. L’agitation règne dans tous les coins de la maison. Une journée ordinaire, dans une famille ordinaire…
Les Bruits de ma maisonÇa marche comment ? Il s’agit d’explorer toutes les pièces d’une maison, de la cuisine au grenier, à la recherche de tout ce qui peut faire du bruit. Et cela prend un peu de temps puisque les trente et une pages qui composent ce livre sont animées et bruissent de tout un tas de sons. Certains bruits sont explicitement cités dans le texte, d’autres non. Les objets peuvent être déplacés, et certains interagissent les uns avec les autres. Dans la chambre du petit garçon, en bazar (je vous ai dit que c’était une vraie famille !), sur laquelle s’ouvre le livre, l’histoire raconte que le héros se réveille en baillant et soupirant tandis que sa petite sœur pleure, mais ce qui n’est pas dit, c’est que la trottinette grince, les pales de l’hélicoptère « tchop-tchopent », le mobile tourne en faisant Les Bruits de ma maisonde la musique… Les illustrations des pages sont assez détaillées, et ce qui laisse plein de recoins à fouiller. Pour capter l’attention du lecteur, un petit jeu de cache-cache a été ajouté : dans chaque scène se cachent un nombre déterminé de mouches et de fourmis que le lecteur doit retrouver. L’application propose deux modes de lecture, écouter l’histoire ou la lire. Mais à n’importe quel moment, il est possible de changer ces options. Une télécommande permet de visualiser le sommaire, d’écouter la page lue, d’afficher ou non le texte, et de couper ou non la musique (mais pour écouter les bruits, mieux vaut l’éteindre). Lorsque le texte est affiché, les mots qui décrivent ou retranscrivent un son (crisser, bouillonner, biiiiip) apparaissent en couleur soulignés, il suffit de cliquer dessus pour entendre le bruit en question ; et à l’inverse lorsqu’on clique sur l’endroit qui fait le bruit, le mot grossit et vibre.
p17Et j’en pense quoi ? L’histoire en elle-même n’est pas captivante, mais ce n’est pas de cela qu’il s’agit. Plutôt de montrer que notre quotidien est peuplé de bruits que nous finissons par ne plus entendre et de nous les faire redécouvrir. L’ergonomie de l’application est très bien faite et pensée. Les mots cliquables permettent d’apprendre à mettre un nom sur les sons de notre vie courante, et c’est une excellente idée. De même que le jeu de cligne-musette (c’est joli comme autre nom du cache-cache : on cligne de l’œil et on met dans sa musette, ici mouches et araignées !), qui ajoute un petit défi et nous incite à explorer l’histoire, et l’écran, jusqu’au bout. Lorsque la lecture du livre est finie, s’affiche un compteur de petites bêtes qui indique combien de mouches et de fourmis ont été trouvées. À ce jour, il me manque toujours deux fourmis !! Un joyeux brouhaha familial très chaleureux.

Les Jeux du livre des bruitsLes Jeux du livre des bruits, c’est l’imagier sonore numérique issu du célèbre Livre des bruits de Soledad Bravi dans la collection Loulou et compagnie de L’École des loisirs. À l’origine, il s’agissait donc d’un imagier de bruits avec à droite une illustration et à gauche une petite phrase du type « La poule, elle fait côt côt ». Le même principe est repris dans l’application, mais adapté au numérique et avec beaucoup de talent.
Les Jeux du livre des bruitsÇa marche comment ? L’appli comporte quatre sections. « À la découverte » constitue l’imagier proprement dit : sept planches de huit illustrations à découvrir de deux façons, « Drôles de bruits » ou « Raconte-moi », c’est-à-dire avec ou sans les voix des comédiens qui lisent le texte. La présentation est identique au livre original mais les images sont animées. « À la suite » est un jeu dans lequel l’enfant doit reproduire une séquence de bruits de plus en plus longue. Avant de se lancer, mieux vaut avoir bien parcouru l’imagier, parce que le « tntntnstn », faut quand même savoir que c’est le bruit du Les Jeux du livre des bruitslapin… Ici, il est possible de choisir niveau « entraînement » ou « compétition ». « Memory », avec trois niveaux possibles, est un simple jeu de memory ; une fois la paire trouvée, on entend le bruit lié à cette illustration. Enfin « Rap des bruits » permet de mixer les bruits sur un rythme donné (trois choix sont possibles : rythme des champs, rythme des villes et rythme de la nature). Pour chacun des rythmes, on peut s’inspirer du rap qui est proposé en exemple.
Les Jeux du livre des bruitsEt j’en pense quoi ? Le ton de l’appli est donné par les illustrations. Les dessins, larges aplats de couleurs vives, trait net et minimaliste, sont gais, expressifs et drôles. Ce sont des comédiens professionnels qui ont prêté leur voix et qui font parler objets et animaux, et leur plaisir à lire ces onomatopées est manifeste. Du coup, ils sont vraiment très bons, et le « ouin ouin » du bébé, ou le « beurk » des épinards, c’est un régal pour les oreilles. Les bruits sont aussi bien tirés de notre quotidien que des bruits d’animaux plus Les Jeux du livre des bruitsprévisibles. Pourtant, l’inventivité se trouve à chaque page, et c’est plein de surprises. Essayez d’imaginer quel bruit fait un escargot ou encore une prise électrique… Les jeux sont agréables et bien faits, particulièrement le « Rap des bruits », qui est le plus original. Dommage que l’on ne puisse pas enregistrer le rap composé ! L’appli offre aussi la possibilité d’écouter le livre dans sa version anglaise (la diction du comédien est très claire). Et voilà une façon ludique et rigolote de se familiariser avec la langue anglaise.

Bande-annonce :

Les Bruits de ma maison
écrit par Kora Sonne, illustré par David Arumi, raconté par Ségolène Bouët, musique de Lee Yo
Zabouille éditions
Prix constaté : version Lite gratuite (Apple, Android), pour la version complète 3,99 € (Apple) et 3,98 € (Android).
Les Jeux du livre des bruits
écrit et illustré par Soledad Bravi
Europa-Apps/L’École des loisirs
Prix constaté : 2,69 € (Apple).

À part ça ?
À part ça, et bien, vous avez dû le remarquer, c’est Noël et son cortège de fêtes de fin d’années. Vous avez plusieurs enfants à la maison, plutôt des grenouilles, et vous vous demandez comment les occuper intelligemment ? Bloom vient de sortir une BBBox C’est la fête pour vous donner un coup de main. C’est une box numérique, et totalement dématérialisée. On y trouve : des pistes audio, des décorations à télécharger, des fiches d’ateliers, quelques recettes, et de la papeterie (invitations et autres) à télécharger toujours. BBBox C'est la fêteBloom, c’est une maison d’édition spécialisée dans la production de programmes audio pour les enfants (leurs applis radio sont formidables, on en a chroniqué une ici). L’originalité de cette box tient donc bien sûr aux pistes audio. Ici, c’est Marianne James qui raconte une histoire, celle d’une sorcière, Crasbouillasse, qui, un beau jour, dans un square, enlève un enfant ! Ses copains vont partir à sa recherche et découvrir l’histoire de la sorcière. Qui n’en est pas une, puisqu’en fait c’est une fée, la fée Fête, et qu’elle va leur apprendre à organiser une super fête. L’histoire est découpée en plusieurs pistes audio (assez courtes, donc bien adaptées à l’attention des enfants), qui correspondent à différents ateliers à faire tous ensemble ou chacun de son côté. Les enfants vont faire des quizz, jouer aux statues, apprendre la chanson de la fée, fabriquer des canapés en forme de pingouins et de coccinelles et des cocktails aux couleurs étranges, une boule à facettes, des canons à confettis, des masques et des perruques, et inventer des chorégraphies. La bande-son est très travaillée, mêlant voix, bruitages et musique, et Marianne James incarne parfaitement cette fée un peu exubérante, elle y met le ton et toute sa persuasion. Les ateliers s’enchaînent sans fausse coupe, et sont diversifiés, mélangeant jeux collectifs et ateliers plus calmes. Les enfants ne s’ennuient pas une seconde. Après, on les couche, et ils nous ont préparé notre fête à nous ! À nous les canapés rigolos, et les déhanchements sous la boule à facettes ! Testée (l’histoire) et approuvée par deux enfants, je vais m’empresser de sortir la boîte magique pour le Premier de l’an (et ça marche aussi pour les anniversaires)… Prix : 39,90 € (sur le site de Bloom).

Erica

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Encore des bandes dessinées

Par 13 mai 2014 Livres Jeunesse

Hier, je vous ai proposé onze BD, on continue aujourd’hui avec onze autres. Et vous en trouverez même trois pour vous dans le À part ça ?. Comme hier, cette chronique est croisée avec celle de Maman Baobab qui parle aussi de bandes dessinées aujourd’hui. Hier, on a parlé de BD pour enfants, aujourd’hui, ce sont plutôt des BD qui s’adressent aux adolescents (certaines sont même des BD pour adultes, mais lisibles par les ados, d’après moi).

La dernière BD d’hier parlait de la guerre, la première BD du jour aussi.

Éclats1946, la guerre est finie. Victor se remémore les moments passés avec Chris alors qu’il est devant sa tombe. Esther arrive dans le cimetière, il la croyait disparue avec sa famille. Il va lui raconter la guerre, ce qu’il a vécu et ce qui est arrivé à Chris. C’était en 1940…

La guerre aux Pays-Bas, un pays qui se pensait neutre et qui va être entraîné dans cette guerre pour laquelle il n’est pas préparé. En se basant sur la vraie Histoire (qui nous est rappelée en fin d’ouvrage avec de nombreuses photos et documents), Erik de Graaf nous raconte la guerre vécue par deux soldats. Leur quotidien, leurs espoirs. Une BD très graphique, très forte pour nous parler de gens normaux qui traversent une période noire de notre Histoire.
Un extrait sur le site de La pastèque.

le temps des mitainesIl se passe quelque chose à l’école des Mitaines où Arthur est nouveau : des enfants disparaissent. D’abord un seul, mais très vite un autre… puis un autre… tout le monde est inquiet, qui sera le prochain ? Faut-il fermer l’école ? Arthur va mener l’enquête accompagné de ses nouveaux amis : Pélagie la souris qui confond les mots, Kitsu la renarde mystérieuse, Gonzague, l’escargot qui parle comme un dictionnaire et Willo le ver luisant qui traduit quand Gonzague parle. Et forcément, c’est à l’école que l’enquête commence…

Le terme « roman graphique » est parfaitement adapté pour Le temps des mitaines, un magnifique ouvrage signé Loïc Clément et Anne Montel. Une vraie intrigue, une histoire pleine de suspense, des héros irrésistibles, de très nombreuses références… on se régale ! Je n’ai pas une grande culture BD, mais Le temps des mitaines ne ressemble à rien de ce que j’ai connu. Les auteurs ont vraiment créé un univers à part, un monde étrange où les habitations sont faites d’objets recyclés. On en vient à se demander si nos héros qui évoluent dans des maisons en pot de confiture ou en brique de lait ne sont pas des jouets, qu’on n’est pas ici dans la tête d’un enfant qui joue. Graphiquement c’est juste magnifique (Anne Montel…). On parle ici d’amitié, d’entraide, d’amour, du passage de l’enfance à l’adolescence… Une BD riche, passionnante, captivante… dont on espère fortement une suite !
Des extraits sur le site de Didier Jeunesse et le même vu par Les riches heures de Fantasia.

Et puisque je parle de suite…

Quatre soeurs EnidEnid, neuf ans, est la plus jeune d’une fratrie de cinq sœurs. Elle adore les animaux comme sa chauve-souris Swift et son écureuil Blitz qui vivent dans le sycomore mort devant leur maison. Seulement le jour où une tempête arrache l’arbre, Enid aimerait bien savoir où sont passés ses amis, surtout, qu’elle entend des bruits terrifiants la nuit ! Autour d’Enid il y a ses sœurs, donc, Bettina, Hortense, Geneviève et Charlie, il y a les fantômes de ses parents, Basile, l’amoureux de Charlie et l’horripilante Tante Lucrèce, leur cotutrice légale qui, heureusement, ne vit pas avec elles.

Marianne vous avait déjà parlé (ici) du premier tome des Quatre sœurs, adaptation en BD des romans de Malika Ferjhoukh. Il était sorti chez Delcourt, il vient de ressortir chez Rue de Sèvres et la bonne nouvelle, c’est qu’il n’est plus tout seul !
Le même vu par L’ivresse des mots (avec des extraits) et par Les riches heures de Fantasia.

Quatre soeur HortenseHortense écrit, elle remplit des pages entières de journal. Elle décide aussi de s’inscrire à un cours de théâtre surtout après que sa nouvelle amie Muguette, une jeune fille malade qui vit non loin de là, le lui a conseillé. Pendant ce temps, Bettina rencontre un jeune homme qui n’a pas le physique d’un prince charmant et se demande si elle est prête à s’afficher avec lui, affrontant ainsi les moqueries de ses amies.

Deuxième tome de l’adaptation BD des Quatre sœurs. On retrouve donc ici tous les personnages du livre précédent, on apprend à les connaître et l’on s’attache de plus en plus à eux. Car, malgré leurs caractères différents, elles sont attachantes les sœurs Verdelaine, c’est typiquement le genre de personnages qu’on aime retrouver, d’histoire en histoire, tome après tome. Je n’ai pas lu les romans originaux, mais ces BD donnent follement envie, pour prolonger le temps passé en leur compagnie et attendre, avec moins d’impatience, le tome 3 de la BD. Enid et Hortense sont deux BD absolument superbes, avec des personnages auxquels on devient vite accros.
Le même vu par Des livres, etc. et Chez Clarabel et des extraits sur BDzoom.

RETOUR AU CENTRE DE LA TERRE T01À bord de son bateau, un capitaine se lamente. Il se souvient de quand il officiait à bord de navires prestigieux, donnant des ordres à des marins dévoués. Aujourd’hui, ses voyages ne sont qu’ennuis… Ils ne vont pas l’être bien longtemps, car voici qu’un enfant arrive en courant, une femme armée à ses trousses. Il n’a pas le temps d’analyser la situation, un bruit énorme se fait entendre puis le bateau se retourne. Notre capitaine et son second, la femme et l’enfant sont les seuls survivants du naufrage. À bord d’une petite barque, ils se dirigent vers une île mystérieuse qui est apparue dans la mer… ils ne sont pas au bout de leurs peines…

Le chant des abysses est le premier tome de Retour au centre de la Terre, un remix d’un classique de Jules Verne (comme le dit le dossier de presse). Librement inspirée du célèbre roman (que je n’ai pas lu donc je serai bien en peine de comparer), c’est une aventure fantastique que nous propose Ludo Lullabi. Quitte à vous révéler un peu plus que le début (mais après tout, rien qu’avec le titre vous vous en doutez), nos voyageurs ne vont pas rester bien longtemps sur l’île, leur route va les mener sous la croûte terrestre, au centre de la Terre. Là, ils rencontreront des êtres très différents de nous. Une BD avec de très belles illustrations, qui devrait beaucoup plaire aux amateurs d’aventures et de SF.
Des extraits sur le site de l’éditeur.

CET ÉTÉ LÀ HDCet été-là, comme tous les étés, Rose va en vacances dans la maison d’Awago Beach. Sur place, elle retrouve comme chaque année son amie Windy. L’âge de faire des châteaux de sable est passé, maintenant elles regardent des films d’horreur. Cet été-là, elles suivent ce qui se déroule dans la bande de jeunes du coin. Dud aurait mis enceinte Jenny. Un feuilleton d’été qui ne passe pas à la télé.

Gros coup de cœur pour Cet été-là. Graphiquement tout d’abord, les illustrations (généralement sous forme de cases, parfois pleines pages) sont superbes et Rue de Sèvres a fait un très beau travail sur l’objet (beau papier, couverture à rabat…). Ensuite, cette tranche de vie de deux adolescentes, qui ne se voient que l’été, qui ont une vie normale donc forcément touchante. Des parents qui ont vécu un évènement qui les a éloignés, une ado qui dit des choses blessantes à sa mère, une jeune fille qui se désespère d’avoir de la poitrine, une visite de musée annuelle qui finit par franchement lasser, des pères qui portent dans le lit parce qu’on s’est endormi dans le canapé, des chamallows grillés… Et puis, donc, ces inconnus qu’on croise le temps d’un été et dont on voit un moment de leur vie et dont on imagine le reste. Une histoire qu’on suit pour mettre du piment dans nos vacances, et dont on ne connaîtra jamais la fin. Une sublime BD drôle et émouvante sur l’adolescence, les vacances, la vie tout simplement.

MacanudoDes lutins, une fille et son chat, des pingouins, Liniers lui-même, des moutons ou encore le mystérieux homme en noir (qui est si mystérieux) sont les héros récurrents de Macanudo numéro 3.

Sorti aux éditions de La Pastèque, Macanudo numéro 3 par Liniers est une sorte d’ovni. Des strips surréalistes qu’on lit d’abord un peu sceptique, en se demandant où l’on essaye de nous entraîner… Puis très vite on devient accro, on sourit, on rit. Il faut donc un temps d’acclimatation à cet univers loufoque où les chats s’ennuient terriblement, où les nounours défendent les petites filles, où l’on apprend que c’est parfois en se cognant le pied qu’on cesse de croire en Dieu, où les éléphants tiennent en équilibre sur un œuf posé sur une allumette… mais tous ces exemples ne sont pas parlant, encore une fois c’est tout un univers, le genre de BD dans laquelle j’ai adoré me plonger… et dont j’ai du mal à vous parler, le genre d’expérience surréaliste que j’adore. Alors un seul conseil, plongez-y à votre tour !

san mao FeiSan Mao est un petit orphelin de Shanghaï qui a trois cheveux sur la tête (d’où son nom, San Mao veut dire 3 mèches). Au départ de ses aventures, on suit son errance dans les rues à la recherche de vêtements chauds, de nourriture, d’un toit. Puis il va sauver un enfant de la noyade et être adopté par la famille de cet enfant… mais très vite la maison de ses nouveaux « parents » est ravagée par un incendie et San Mao doit retourner à la rue. Sa vie sera faite de périodes plus gaies où il aura du travail et de périodes plus dures (il ira notamment en prison et volera pour le compte d’un adulte).

San Mao est un grand classique en Chine, un héros de BD que tout le monde connaît là-bas. Les éditions Fei sortent un condensé, sorte de best of de ses aventures dans un magnifique ouvrage. Peu de dialogues dans les aventures de cet orphelin qui vit dans une extrême pauvreté et côtoie des gens très riches. On voit d’ailleurs l’ironie de l’époque avec des gens qui nourrissent et habillent des chiens (et habillent même des arbres) pendant que San Mao est quasi nu dans le froid (et complètement affamé). C’est parfois assez violent, San Mao se prend des coups sans arrêt, se fait très mal, se fait même renverser par une voiture, mais l’enfant a, lui, le cœur sur la main et préfère partager avec les autres le peu qu’il a. Une très belle édition pour un classique de la BD chinoise.
Des extraits sur le site de l’éditeur.

Découpé en tranchesPetit, Philippe avait l’impression d’être un extraterrestre quand il regardait ses congénères. Pourtant il se sentait parfois le roi du monde, enfin le roi de SON monde, car une fois au jardin d’enfants il s’est rendu compte que les autres ne savaient pas qu’il était le roi… Puis il s’est trouvé une passion, le dessin et grâce à ça il a commencé à être respecté. En grandissant, il est même devenu dessinateur BD.

Bon, je dois vous avouer quelque chose… je n’avais jamais lu de Zep ! Non non même pas un Titeuf, même pas Le guide du zizi sexuel (que je veux lire depuis bien longtemps). Et quelle tranche (pour reprendre le titre) de rigolade ! Zep raconte donc sa vie, ses pensées, sa façon de voir le monde, sa famille. On voit par exemple le célébrissime illustrateur de Titeuf se faire complimenter par tout le monde quand à la maison personne n’a même pensé le regarder à la télé (y’avait Vidéo Gag, aussi…). Il nous explique aussi quels super pouvoirs il aimerait avoir… sauf qu’il se rend compte qu’en fait ça ne serait pas si génial… Ce n’est absolument pas pour les jeunes enfants, plutôt pour les ados (et surtout les adultes), on y parle même de sexe, de croire en Dieu, des films qui font peur, de ce qui fait pleurer… C’est très drôle, mais c’est également extrêmement touchant. Des tranches de Zep pour voir ce qu’il y a à l’intérieur de cet illustrateur que tout le monde connaît.
Des extraits sur un blog.

ROMAIN & AUGUSTINÇa y est, la loi est passée. Enfin, tout le monde est égal devant le mariage. Dans la rue des illuminés continuent de défiler, mais au moins ça y est, le mariage n’est plus réservé aux hétéros. Augustin a donc décidé, il va demander Romain en mariage. Acceptera-t-il ? Comment la mère d’Augustin, qui considère que l’homosexualité de son fils est une punition de Dieu suite à l’échec de son mariage, le prendra-t-elle ? De toute façon se marie-t-on pour les autres ?

Romain & Augustin, un mariage pour tous est une BD où fourmillent les personnages. Il y a donc le couple central, Romain et Augustin, les parents de Romain (qui sont plus peinés par le fait que leur fils soit de droite que par le fait qu’il soit homo), ceux d’Augustin (qui ne supportent pas que leur fils soit gay), la grand-mère de Romain qui est heureuse que la loi soit enfin passée, mais pense que le combat n’est pas fini, le cousin Dimitri qui filme la famille et recueille les confidences, l’ex de Romain qui va être papa… des personnages particulièrement bien croqués. Ce qui est passionnant dans cette histoire, c’est la réflexion sur le militantisme et le mariage, le mariage est-il un acte militant d’ailleurs ? Un couple homo doit-il se marier pour se venger de toute la haine qui a été déversée ces derniers temps ou seulement par amour ? On y voit aussi une bande les insulter et les frapper parce qu’ils sont homos, on voit, par le biais du cousin qui filme, ce que pense la famille de tout ça. François Hollande et Christiane Taubira sont largement évoqués, parfois critiqués. Même si là j’ai beaucoup moins accroché graphiquement, j’ai trouvé très intéressante cette BD à la fois militante et politique, mais surtout qui nous montre des gens qu’on pourrait croiser tous les jours avec leurs questionnements, leurs doutes, leur rapport à l’homosexualité. Cet ouvrage n’est pas sorti en jeunesse, mais peut aisément être lu par des ados.
Des extraits (et plus encore) sur le site de Nouvel Obs et le même vu par Batifolire.

Quelques pas de plus…
Retrouvez les autres BD que nous avons chroniquées sur un album Pinterest.
Nous avons déjà chroniqué des ouvrages d’Anne Montel (Le crafougna), Malika Ferdjoukh (L’assassin de papa, Sombres citrouilles, Les quatre sœurs, 4 saisons, bandes dessinées illustrées par Lucie Durbianon, Aggie change de vie et Quatre Soeurs, illustré par Cati Baur), et Soledad Bravi (Maman  Houtuva ?,Trop facile, la science !, Fruits légumes, Papa, Houêtu ? et Louise titi).

Éclats
d’Erik de Graaf (traduit par Arlette Ounanian)
La Pastèque
24,60 €, 172×240 mm, 263 pages, imprimé à Singapour, 2014.
Le temps des mitaines
Scénario de Loïc Clément, illustré par Anne Montel
Didier Jeunesse
14,90 €, 192×260 mm, 128 pages, imprimé en France chez un imprimeur éco-responsable, 2014.
Quatre soeurs, 1. Enid
Scénario de Cati Baur et Malika Ferdjoukh, illustré par Cati Baur
Rue de Sèvres dans la série Quatre soeurs
15 €, 211×275 mm, 151 pages, imprimé en France, 2014.
Quatre soeurs, 2. Hortense
Scénario de Cati Baur et Malika Ferdjoukh, illustré par Cati Baur
Rue de Sèvres dans la série Quatre soeurs
15 €, 211×275 mm, 153 pages, imprimé en France, 2014.
Retour au centre de la terre, 1 – le chant des abysses
de Ludo Lullabi
Glénat dans la collection Grafica
14,95 €, 240×320 mm, 64 pages, imprimé en France chez un imprimeur éco-responsable, 2013.
Cet été là
de Mariko Tamako et Jillian Tamako (traduit par Fanny Soubiran)
Rue de Sèvres
20 €, 185×255 mm, 320 pages, imprimé en France, 2014.
Macanudo Numéro 3
de Liniers (traduit par Jean-Paul Partensky)
La pastèque dans la série Macanudo
19,70 €, 222×217 mm, 92 pages, imprimé à Singapour, 2011.
San Mao Le petit vagabond
de Zhang Leping (traduit par Nicolas Henry et Si Mo), préfacé par Nicolas Finet
Les Éditions Fei
33 €, 235×175 mm, 414 pages, imprimé au Québec, 2014.
Découpé en tranche
de Zep
Rue de Sèvres
16 €, 242×290 mm, 100 pages, imprimé en France, 2014 (précédente édition 2006).
Romain & Augustin, un mariage pour tous
Scénario de Thomas Cadène, illustré par Didier Garguilo et Joseph Falzon
Delcourt dans la collection Mirages
17,95 €, 122×264 mm, 141 pages, imprimé en Belgique, 2013.


Ma famille zombieDans la famille de Riri (la panique) il y a Daï, le père qui aime dire « je compte jusqu’à 3 ! » pour se faire obéir, Rourou, la mère qui porte toujours des jupes et des collants couleur chair, Chenille, la grande sœur, qui aime Madonna et tout ce qui est rose, Polochon, la benjamine, qui adore Sissi l’impératrice et à toujours des pulls à manches trop longues et Riri (la panique), donc, qui ne se déplace jamais sans son Kiki ! Il y a aussi Popo et Fladaga, les deux seuls animaux qui ont survécu.

Difficile de résumer Ma famille Zombie de la géniale Éléonore Zuber… mais je peux vous dire que je me suis bien marré en lisant ce premier tome ! Ici, d’une famille un brin déjantée… qui nous fait forcément penser à la nôtre (sauf si vous avez grandi dans la famille Ricoré) ! Extrêmement drôle, mais pas seulement. En nous racontant son enfance, Éléonore Zuber nous rappelle beaucoup de souvenirs. Les voyages en voiture avec les enfants qui se chamaillent, les « han han » pour imiter les grands qui font l’amour, les animaux qui morflent de la naïveté des enfants… Mais on n’est quand même pas dans une BD sur la nostalgie un peu cucul (pas le genre d’Éléonore Zuber), non non ici c’est parfois cruel, on est faussement choqué, mais on rit énormément. Une super BD avec les dessins extraordinaires d’Éléonore Zuber pour ceux qui aiment se marrer. Extraits.
Ma famille zombie, tome 1, d’Éléonore Zuber, Cambourakis, 14€.

Le guide du mauvais pèreUn papa qui oublie de faire la petite souris, qui raconte à sa fille que si elle avale un noyau d’abricot un arbre va lui pousser dans le ventre, qui fait semblant de s’être coupé le bras alors qu’il est en train de tronçonner ou qui mange ses céréales en cachette pour que ses enfants ne lui en piquent pas, ça vous rappelle quelqu’un ?

On reste dans le même esprit que la BD précédente avec là encore un humour un peu noir. Le guide du Mauvais Père de Guy Delisle m’a également beaucoup fait rire. Ce père un peu gaffeur, un peu cruel (pour rire) m’a forcément fait penser à moi et je pense que certains d’entre vous se reconnaîtront. Comme pour le précédent, c’est le genre de livre où l’on rit franchement et où les gens autour de nous se demandent ce qu’on est en train de faire. Une petite BD sous forme de livre de poche vraiment très très drôle pour les amateurs d’humour un peu cruel. Extraits.
Le guide du mauvais père -1-, de Guy Delisle, Shampooing, 9,95 €.

La BD de SoledadUn an dans la vie de Soledad Bravi. Soledad nous explique pourquoi elle ne couchera pas avec Ryan Gosling ou Michael Fassbender, se demande ce qu’est une fille « bonne », nous montre pourquoi Angelina Jolie n’a pas une vie facile, elle observe les ados, les gens dans le métro, parle de la rentrée scolaire ou des soldes…

On change un peu d’univers, mais là encore j’ai beaucoup ri. Même si l’on n’a pas la vie de Soledad Bravi (ce qui est mon cas), on reconnaît des éléments de notre quotidien, des choses qui nous agacent (les enfants des autres, les recettes qui ne ressemblent pas à la photo…) ou nous mettent en joie (nos enfants à nous… parfois…). De grandes planches qui sont sorties dans Elle de mai 2012 à mai 2013 où l’on parle enfants, beauté, shopping et où l’on critique un peu les autres… vous risquez, comme moi, de bien vous amuser !
La BD de Soledad, la compile de l’année, de Soledad Bravi, Rue de Sèvres, 12,50 €.

Gabriel

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Les invité-e-s du mercredi : Jo Witek et Soledad Bravi ( + concours)

Par 23 avril 2014 Les invités du mercredi

Que je suis heureux de recevoir aujourd’hui Jo Witek ! J’ai récemment lu et adoré deux de ses romans, j’avais envie de parler avec elle de son œuvre, de son parcours et de la littérature jeunesse en général. À la suite de cette interview, grâce à Actes Sud Junior vous pourrez tenter de gagner un de ses très bons romans, Un jour j’irais chercher mon prince en skate. Ensuite, encore une belle rencontre que je vous propose puisque je partirai en vacances avec Soledad Bravi ! C’est vraiment un beau mercredi, non ?


L’interview du mercredi : Jo Witek

Jo WitekParlez-nous de votre parcours ?
J’ai commencé par le théâtre. Des études d’art dramatique à Paris et à la fac de Nanterre. J’ai été élevée dans la religion catholique et quand j’ai cessé de croire (après une mauvaise rencontre avec une religieuse), le côté sacré de l’art vivant m’a fasciné. J’ai toujours eu besoin de regarder vers le haut ! Je dois avouer que je préférais les répétitions aux représentations. Ce que j’aimais dans le théâtre, c’était la puissance des mots plus que le jeu. Ionesco, Beckett, Tchekhov, Koltès ! Quels auteurs ! Ensuite, j’ai bifurqué vers le cinéma. J’ai écrit des courts, des moyens et des longs métrages (qui eux n’ont pas été réalisés). Je dis souvent que l’écriture « poubelle » du cinéma (car 80 % des projets sont jetés) m’a appris la construction narrative. Le faire, défaire, refaire. J’ai aussi été lectrice de scripts que je devais analyser ou de romans à décortiquer… Un homme formidable, Philippe Dumarçay, scénariste et homme de lettres à qui je rends hommage dans mon roman En un tour de main (sous les traits du Capitaine) m’a conseillé de fuir le cinéma et de foncer vers la littérature. C’est ce que j’ai fait. Je lui dois beaucoup. Entre mon premier ouvrage publié quand j’avais 26 ans et mes débuts en jeunesse, il y a treize ans. Le temps de devenir mère, journaliste, de quitter Paris pour le Sud, d’écrire des romans en littérature générale (non publiés), des nouvelles primées, un Bollywood à la française ou une dramatique pour Culture… Ensuite, un autre homme génial, Michel Piquemal, m’a soutenue et m’a orientée vers la jeunesse. À lui aussi, je dois beaucoup.

Quelles étaient vos lectures d’enfant, d’adolescente ?Mauvaise connexion
Des trucs hyper tristes ! Des tranches de vie comme Moi Christine F. ou des romans sociaux. Zola, Hugo, Mallot étaient mes chouchous. Le premier livre que j’ai lu seule était « Oui-Oui ». J’étais dingue de cet univers sucré. Mais à l’époque, nous n’avions pas trop de choix. J’aimais bien Agatha Christie aussi et un bouquin qui m’a marqué, Les carnets du Major Thomson de Daninos.

Quel est votre regard sur la littérature jeunesse actuelle ?
Multiple. J’aime sa diversité. Je regrette qu’elle soit si peu médiatisée. Il y a vraiment de grands auteurs et illustrateurs estampillés « jeunesse ». N’oublions pas que de nos jours certains ouvrages de Dickens, Daudet, Pagnol, London, Prévert, même Kessel seraient publiés en jeunesse. Les adultes qui ne connaissent pas cette littérature (et ils sont nombreux) ont toujours deux réactions face à « nos petites histoires ». Une sorte de condescendance nunuche « oh, les enfants ont tellement besoin d’histoires (pour eux) » ou au contraire une approche hyper pédagogique « c’est bien de faire passer des messages aux jeunes ». Quel ennui ! Quel dommage ! J’aimerais que la presse soit plus curieuse envers la qualité de certaines œuvres jeunesse et pas uniquement le temps d’un scandale ridicule autour d’un formidable album jeunesse. Claire Franek et Marc Daniau sont des auteurs et illustrateurs engagés. Tous à poil est un texte politique, on a voulu en faire une invitation à la débauche. Quelle honte ! Cet album invite les enfants à réfléchir sur « l’habit social ». Ne sommes-nous pas tous égaux face à la vie, à la mer… et peut-être à la mort ? Un album philosophique qui évidemment dérange les politiciens qui ne souhaitent pas que le PDG soit lui aussi nu (y aurait-il des hommes comme les autres derrière les costumes de grands patrons ? Une sensibilité ?). Je regrette que le débat n’ait tourné qu’autour de la sexualité, de la vulgarité et non de la nudité de l’être au sens noble.
Bref, il y a comme ailleurs du bon et du mauvais en jeunesse, mais du très bon aussi. De la poésie. De l’élégance. De l’audace ! De l’engagement ! Du grand frisson ! Et beaucoup de lecteurs. Je viens de recevoir le prix Al Terre ado de la Bibliothèque Départementale de Savoie et Haute-Savoie, 1500 ados volontaires, 370 ados dans la salle d’Aix-les-Bains, une passion folle et pas un journaliste pour relayer cela. On dirait que les adultes ont du mal à accepter la jeunesse qui va bien.
En tous cas, pour l’instant, c’est une vraie liberté que d’écrire pour la jeunesse.

Un jour j'irai chercher mon prince en skatePouvez-vous nous dire quelques mots sur un de vos derniers romans Un jour j’irais chercher mon prince en skate ?
1. C’est un roman féministe pour filles et garçons, ados et adultes !
2. Ce n’est pas chiant et j’insiste sur ce point, car les opposants au féminisme ont toujours voulu faire passer ces idées progressistes comme ennuyeuses et les femmes engagées comme des filles « peu sexy ». Donc j’ai voulu un roman drôle, léger et très engagé. Mon héroïne est une vraie fille d’aujourd’hui, qui rêve encore au prince, mais remet sérieusement en question son rôle de princesse-potiche. Elle veut de la romance dans l’action. Vivre libre, et aimer sans se couper les orteils (comme dans le Cendrillon des Grimm) pour rentrer dans les chaussures de bal. Autrement dit, elle refuse les diktats de la mode. Sa marraine très « rock destroy » va l’aider à avancer, comme dans les contes…

Le Ventre de MamanVous avez aussi sorti des albums (la magnifique série avec Christine Roussey), c’est une écriture totalement différente ?
Oui, l’album est un travail à la fois personnel et collectif. J’ai la chance de travailler avec Christine Roussey. Nos univers se marient bien. Pas besoin de nous parler. Ça marche. Elle reçoit les textes et elle sait… Elle me surprend à chaque fois. Notre éditrice Béatrice Decroix nous fait confiance, nous laisse travailler, nous pousse à aller plus loin, nous accompagne. C’est une chance, j’en suis consciente.

Quels sont vos projets ?
Partir en Inde et/ou à New York en famille, mais je n’en ai pas encore les moyens !
Sinon…
Pour les sorties en librairie, un quatrième album justement avec Christine Ma boîte à petits bonheurs en mai. Suivra un nouveau thriller chez Actes Sud Junior Un hiver en enfer qui paraît-il est « glaçant », il faut dire que je me suis fait peur en l’écrivant. C’est sur un lien mère-fils plutôt très tendu. Enfin à l’automne, un documentaire auquel je tiens beaucoup et que j’ai coécrit avec Philippe Godard 50 histoires de femmes des XXes et XXIe siècle.
Et puis pour ne pas rouiller, j’ai commencé un nouveau roman, un texte témoignage comme Mauvaise connexion, sur la grossesse non désirée d’une collégienne qui choisit d’avorter.

Bibliographie :

Concours
Comme je vous le disais juste avant cette interview, grâce à Actes Sud Junior, je vais pouvoir offrir à l’un de vous un exemplaire du roman Un jour j’irais chercher mon prince en skate qui a fait partie de nos coups de cœur et que l’on avait chroniqué ici ! Pour participer au tirage au sort dites-moi en commentaire quel est le roman qui a marqué votre adolescence. Vous avez jusqu’à mardi 10 h ! Bonne chance à tous !


En vacances avec… Soledad Bravi

Régulièrement, je pars en vacances avec un artiste (je sais vous m’enviez). Je ne sais pas si vous êtes comme moi, mais moi j’adore partir comme ça avec quelqu’un, on apprend à le connaître notamment par rapport à ses goûts… cet artiste va donc profiter de ce voyage pour me faire découvrir des choses. On emporte ce qu’il veut me faire découvrir. On ne se charge pas trop… 5 de chaque ! 5 albums jeunesse, 5 romans, 5 DVD, 5 CD, sur la route on parlera aussi de 5 artistes qu’il veut me présenter et c’est lui qui choisit où l’on va… 5 destinations de son choix. Cette fois-ci, c’est Soledad Bravi qui s’y colle, merci à elle !
Allez en route !

5 albums jeunesse

  • crictorFrédéric de Leo Lionni
  • La toute petite dame de Byron Barton
  • Conte n° 1 de Ionesco
  • Crictor de Tomi Ungerer
  • La chenille qui fait des trous d’Éric Carle

5 romans

  • Gone baby gone de Denis LehaneWater Music de T. C. Boyle
  • Seul à Berlin d’Hans Fallada
  • Le cavalier suédois de Leo Perutz
  • Au sud de la frontière de Murakami
  • Gone baby gone de Denis Lehane

5 DVD

  •  Les enchaînés d’Alfred HitchcockLe livre de la jungle de Walt Disney
  • Pandora d’Albert Lewin
  • Les enchaînés d’Alfred Hitchcock
  • The Chaster de Hong-jin Na
  • The Wire de David Simon

5 CD

  • Cure, Boys don't cryGorillaz, Demon days
  • les Dandy Warhols, Welcome to the monkey house
  • les Cure, Boys don’t cry
  • Bach, Clavier bien tempéré
  • Chromatics, Night drive

5 artistes

  • Van DyckJulian Opie
  • Van Dyck
  • Ingres
  • Velasquez
  • Botticelli

5 lieux

  • New York, pont de Brooklyn, sur les quais dessous, un jour de pluie
  • Ipanema, poste 9, 18 h, avec une noix de coco bien fraîche
  • Kyoto, chemin de philosophie, à faire en vélo
  • Florence, Musée des offices, la fenêtre d’où l’on voit le Rialto
  • Paris, pont des Arts, avec des tenailles pour couper les horribles cadenas

©E.Caupeil

Soledad Bravi est auteur et illustratrice.

Bibliographie sélective :

Retrouvez Soledad Bravi sur son site : http://www.blogdesoledadbravi.com.

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