La mare aux mots
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Stéphane Millerou

Où se trouve le bonheur ?

Par 8 septembre 2016 Livres Jeunesse

Aujourd’hui, je vous propose de réfléchir à ce qui gouverne le monde et à l’envie d’être célèbre.

Un Autre chemin
Texte de Stéphane Millerou, illustré par Sébastien Chebret
Les p’tits bérets dans la collection Les mains vertes
12,00 €, 255×105 mm, 32 pages, lieu d’impression non indiqué, 2015.
La fosse aux lions
Texte d’Adèle Tariel, illustré par Jérôme Peyrat
Les éditions du Ricochet
14,70 €, 245×345 mm, 36 pages, imprimé en Croatie, 2016.

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La liberté et un couvre-chef

Par 21 août 2014 Livres Jeunesse

L'oiseau, l'enfant et le chatUne petite fille pleure, un oiseau mort dans les mains. Le chat approche, la petite fille le chasse, pour elle il est la cause de la mort de l’oiseau. Mais l’oiseau n’est pas mort, lui explique le chat, il est juste endormi. Elle décide d’en prendre grand soin, de l’enfermer ainsi il ne lui arrivera rien. L’oiseau sera-t-il vraiment heureux de cette façon ?
Voilà un très joli album mais quelques petites choses m’ont dérangé. Évacuons-les de suite afin de ne rester que sur le positif. La ressemblance des illustrations avec celles de Manon Gautier, Agnès Domergue et un peu Cécile Hudrisier tout d’abord (le récit, lui, me fait penser au poème de Prévert, Le chat et l’oiseau, mais ce n’est pas la même histoire) et surtout la phrase « Elle lui mouille le bec et lui réchauffe les plumes, mais pas comme le ferait un docteur ni une maman, comme un animal sur deux pattes qui en apprivoise un autre ». Bien entendu si l’on parle de s’occuper d’un malade c’est forcément une maman, un papa n’y arrivera pas (et qu’on ne me dise pas que c’est parce que c’est une petite fille, docteur est lui au masculin…) ! Mais disons-nous que ces ressemblances sont des hommages et que cette phrase est une maladresse, car l’album est vraiment beau et intéressant (sinon je n’en parlerai pas). C’est vraiment un bel album pour parler de la liberté. La petite fille a décidé de surprotéger l’oiseau quitte à l’enfermer, à ne pas le laisser vivre sa vie. L’ennemi, le chat, sera celui qui fera comprendre à l’enfant la nécessité de le laisser repartir. Et tant pis s’il lui arrive quelque chose, il aura vécu une plus belle vie qu’en cage, non ?
C’est un album extrêmement riche qui peut amener à des tas de réflexions. On peut y voir un parallèle avec ces parents qui surprotègent leurs enfants ou avec les animaux qu’on garde en prison dans les zoos, soi-disant pour leur bien. On peut y voir tellement d’autres choses encore.
Malgré quelques bémols personnels, voilà un bien bel album sur la liberté.

QuelCelui qui voulait voir le monde est cet objet que ces personnages portent sur la tête ? À quoi sert-il et à qui appartient-il ? Il est à la fois l’ami des bergers et des révolutionnaires, des stars de cinéma l’ont porté, parfois même on doit le lancer le plus loin possible. L’avez-vous reconnu ?
Celui qui voulait voir le monde est un très joli petit album, un ouvrage assez particulier. Sous forme d’une sorte de devinette (dont la réponse n’est donnée qu’en dernière page, en retournant le livre), on parle donc (je vous préviens je donne la réponse) du béret. Ce couvre-chef qui donne son nom à la maison d’édition qui sort cet ouvrage, Les p’tits bérets. L’idée peut paraître saugrenue, et c’est pourtant une vraie réussite (surtout grâce aux très belles illustrations d’Izou).

Quelques pas de plus…
Nous avons déjà chroniqué des ouvrages de Baptistine Mésange (La fabrique extraordinaire) et Stéphane Millerou (Tache d’encre et Fais tes contes).

L’oiseau, l’enfant et le chat
de Baptistine Mésange
Éditions pour Penser dans la collection Contes et histoires pour penser à l’endroit
7 €, 200×200 mm, 24 pages, imprimé en France chez un imprimeur éco-responsable, 2014.
Celui qui voulait voir le monde
Texte de Stéphane Millerou, illustré par Izou
Les p’tits bérets
10,90 €, 156×171 mm, 20 pages, imprimé en Italie, 2014.

À part ça ?

Qu’elle donne envie la bande annonce de Jonas, le requin mécanique, le prochain Bertrand Santini !

Gabriel

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Pages d’Histoire

Par 4 avril 2014 Livres Jeunesse

Aujourd’hui, je vous propose un petit voyage dans le passé. Quand les albums parlent de notre Histoire.

Alex et léon dans les camps françaisJuin 1942, Alex et Léon sont deux enfants juifs. Ils doivent désormais porter sur leurs vestes une étoile jaune et, par le fait, supporter les moqueries de leurs camarades. Dorénavant, ils n’auront plus le droit d’aller dans les parcs qui sont interdits aux juifs et ne pourront plus prendre que le wagon de métro qui leur est réservé. Leur mère les protège, leur père cherche un moyen de fuir. Malheureusement, c’est dans des camps que seront amenés Alex et Léon et leur famille. Tout d’abord, Nexon puis Rivesaltes et enfin Gurs, en attendant la libération.

Parler des camps de concentration aux enfants n’est pas chose aisée, Rolande Causse et Gilles Rapaport y sont arrivés. Avec beaucoup de délicatesse, sans détails sordides, ils nous racontent le parcours de deux enfants (qui font partie des chanceux qui s’en sortent). Graphiquement, c’est un album extrêmement intéressant. C’est à partir de photos d’époque que Gilles Rapaport a travaillé (les photos sont d’ailleurs en fin d’ouvrage). Les vrais visages sont mêlés à la peinture pour un résultat des plus réunis. Un bel album pour parler d’un sujet grave, une des plus noires pages de notre Histoire.
Des extraits en ligne.

Les cloches de la Libération1943. Pauline et son grand-frère ont une mission. La cloche que leur grand-père avait installée en haut de l’église a été décrochée par les Allemands. Ils veulent la fondre pour en faire des obus. Les enfants ne veulent pas laisser faire ça. Ils vont mener l’enquête pour la retrouver et tenter de la sauver.

C’est une histoire peu connue de la Seconde Guerre Mondiale que nous raconte Fabian Grégoire. Car ici tout est basé sur des faits réels, ils nous sont d’ailleurs racontés en fin d’ouvrage dans une partie documentaire richement illustrée de photos et documents d’époque. Rien de dur dans Les cloches de la libération, juste une sorte de récit d’aventures où deux enfants veulent sauver une chose chère à leurs yeux, avec la guerre en arrière-plan. Un bel album/documentaire sur une jolie histoire dans l’Histoire.


Tache d'encreParmi les élèves du jeune instituteur qui rabâche sa haine des boches, il y a Émile. Un peu cancre, un peu boute-en-train, Émile est sans nouvelle de son père, parti à la guerre. Il a peur de le voir rentrer avec des membres en moins. Nous sommes en 1914, la guerre est loin d’être finie.

Le duo de Fais tes contes signe ici un album complètement à l’opposé du précédent. Tache d’encre nous raconte des écoliers sans nouvelles de leurs pères, partis à la guerre. Ici, c’est un album très dur, avec une fin tragique, mais c’est ça aussi la réalité de la guerre. Dans les illustrations (auxquelles j’avoue ne pas avoir accroché personnellement, je trouve qu’elles font très croquis) sont cachées des images en trompe l’œil, les enfants pourront partir à leur recherche. Un album sur la Première Guerre Mondiale qui nous raconte l’attente et l’espoir, parfois déçu, de voir rentrer les pères partis combattre.
Des extraits en ligne.

Un bond de géant

Nuit entre le 20 et le 21 juillet 1969. Pour June, c’est une grande nuit, c’est son papa qui le lui a dit. Pendant que des millions de gens se demandent ce qu’il y a derrière la lune, sur le côté qu’on ne voit pas d’ici, June, elle se demande quel visage se cache de l’autre côté du ventre de sa maman. Dans la salle d’attente, elle attend. Des Américains posent un pied sur la lune, June devient une grande sœur.

On termine par un sujet plus léger (surtout qu’il est aussi question de naissance) et surtout par un gros coup de cœur. Je ne vais pas vous redire à quel point je suis fan du travail de Barroux… oh et en même temps pourquoi s’en priver ? Graphiquement, Un bond de géant, 1969 on a marché sur la lune est une merveille. Cet illustrateur de génie a encore fait un travail extraordinaire pour accompagner le très beau texte de Thomas Scotto. On parle donc ici des premiers pas sur la lune et d’une naissance, d’une petite fille qui s’étonne que tout le monde ne parle que du premier évènement et pas du second (tous les enfants on vécut ça, ne pas comprendre pourquoi la télé n’annonce pas la naissance du petit frère ou la mort de la mamie). Un album extraordinaire sur les premiers pas sur la lune (avec une partie documentaire en fin d’ouvrage) ou tout simplement sur une naissance.
Le même vu par Les lectures de Kik.

Quelques pas de plus…
Nous avons déjà chroniqué des livres de Stéphane Millerou et Quitterie Laborde (Fais tes contes) et Barroux (Méga-Loup, Mon voyage en gâteauKako le terrible et La rentrée de Noé). Retrouvez aussi notre interview de Barroux.

Alex et Léon dans les camps français 1942/1943
Texte de Rolande Causse, illustré par Gilles Rapaport
Circonflexe
15 €, 235×298 mm, 30 pages, imprimé aux Émirats Arabes Unis, 2013.
les cloches de la libération
de Fabian Grégoire
L’école des loisirs dans la collection Archimède
12,70 €, 220×280 mm, 45 pages, imprimé en France, 2013
Tache d’encre
Texte de Stéphane Millerou, illustré par Quitterie Laborde
Les p’tits bérets dans la collection À grands pas
13,50 €, 186×267 mm, 24 pages, imprimé en France, 2014.
Un bond de géant – 1969, on a marché sur la lune
Texte de Thomas Scotto, illustrations de Barroux
Kilowatt dans la collection Un jour ailleurs
15,80 €, 196×268 mm, 44 pages, imprimé en France chez un imprimeur éco-responsable, 2013.

À part ça ?

Georges CHAISELe numéro Chaise de Georges est sorti. Comment ? Quoi ? Vous ne connaissez pas Georges ? C’est un Drôle de magazine pour enfants, une revue classe pour les enfants (comprenez beau papier et contenu de qualité) qui est bien connu des gens qui aiment les illustrations graphiques. Alors comme personnellement, justement, les illustrations graphiques, c’est pas forcément mon truc j’avoue ne pas avoir pris de nouvelles depuis longtemps de ce bon vieux Georges, mais le Salon du Livre de Paris m’a fait le recroiser. Et ça m’a fait comme quand on recroise un vieux copain et qu’on se souvient à quel point on l’aimait bien en fait. Alors que trouve-t-on dans ce numéro Chaise (car oui, chaque numéro de Georges est par rapport à un sujet, il n’y a pas de numéro ici) ? Une histoire de la géniale Delphine Perret (et pas le genre petite histoire, non non non une histoire de 10 pages avec de belles illustrations) dans laquelle il est question d’un enfant qui a reçu une chaise en cadeau, une interview d’un des protagonistes de l’histoire, le cheval (ok, ce n’est qu’un figurant, mais c’est toujours intéressant), une BD, l’histoire (vraie) de deux designers de chaises, la suite d’une histoire à suivre (extrêmement graphique, pour le coup), des jeux (sept différences, jeux de lettres, jeux d’observations…) et même des loisirs créatifs (on va fabriquer une chaise et une maison en carton) et même de la cuisine (des recettes de canapés). Une soixantaine de pages pour une revue vraiment très classe (je l’ai déjà dit, mais ça lui va bien). Pour le bonheur des enfants et de leurs parents !
Georges, numéro Chaise, 8,90 € (34 € par abonnements, 4 numéros). Renseignements : http://www.magazinegeorges.com.

Gabriel

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Des contes

Par 25 juillet 2013 Livres Jeunesse

Je vous propose une sélection de contes, connus ou moins connus, et même des contes à faire soi-même.

En commence par deux très beaux albums tirés de contes de Grimm.

Les musiciens de brêmeUn âne, un chien, un chat et un coq dont leurs maîtres ne voulaient plus partent ensemble sur les routes pour devenir musiciens à Brême et en chemin ils vont découvrir qu’ensemble on est plus fort.

Vous connaissez certainement ce conte de Grimm dont nous vous avons déjà parlé (Les histoires de musiciens de Brême racontées dans le monde, la très belle version sortie chez Syros), ici c’est le génial Antoine Guilloppé qui met magnifiquement en image cette histoire d’union des faibles, de camaraderie. Les illustrations pleines pages sont superbes avec leurs forts contrastes (comme sait si bien les faire Antoine Guilloppé) et la tranche du livre est toilée. Vraiment un magnifique ouvrage.

L'homme à la peau d'oursParce qu’il est sans le sou, un homme accepte un marché avec le Diable : s’il ne se lave pas, ne se peigne pas et ne se coupe pas les ongles pendant les sept années à venir, il le couvrira d’or. Autre condition : il devra porter sur le dos la peau de l’ours qu’il vient de tuer. S’il échoue son âme appartiendra au Diable. Ce sont sept années difficiles qui attendent cet homme, sept années où il sera repoussé à cause de l’odeur qu’il dégage, sept années à lire du dégoût dans le regard des gens. Le jeu en vaut-il la chandelle ?

Je ne connaissais pas ce magnifique conte de Grimm, adapté ici par Anne Jonas. On y parle donc de l’apparence, des a L'homme à la peau d'ourspriori mais c’est également une histoire d’amour. On pense à La belle et la bête. Dans un tout autre style que les illustrations d’Antoine Guilloppé, celles de Sébastien Mourrain sont tout aussi superbes. Elles sont ici aussi bien mises en avant (pleine page voire double page). Le bel album, avec sa couverture à bords francs, fait partie de ces livres qu’on aime offrir (ou s’offrir !), qu’on garde précieusement. Un très beau conte de Grimm un peu moins connu, dans une belle édition.

La petite sirèneParce qu’elle est tombée amoureuse d’un homme, une sirène renonce à sa vie aquatique et à sa voix. Mais sa nouvelle vie a une condition, l’homme en question doit tomber amoureux d’elle sinon elle mourra.

Est-il encore nécessaire de résumer l’histoire de la petite sirène ? Cette histoire à l’issue tragique qui plaît toujours autant aux enfants. C’est pour la collection Les petits cailloux (dont on vous parle régulièrement : Les amoureux du ciel, Le nom du diable, Le monstre du Loch]) qu’Alexandra Huard a illustré le conte d’Andersen. Cette collection de petits albums (à petit prix) est bien adaptée aux plus jeunes (dès 5 ans d’après l’éditeur) avec des textes raccourcis et des illustrations colorées. Ce nouvel album complète bien cette jolie collection.

Tom PouceUn petit couple de paysan se désespérait de ne pas avoir d’enfants, il souhaitait en avoir un à tout prix, fut ce-t-il minuscule, sept mois plus tard naquit un enfant de la taille d’un pouce qu’on appelât Tom Pouce. L’enfant ne grandit pas et sa taille l’amenât à vivre de folles aventures.

Classique là aussi sorti dans une collection bien connue : Les classiques du Père Castor. Illustré ici par Amélie Dufour, c’est un plaisir de retrouver ce personnage qui passe par la panse d’une vache ou le ventre d’un renard. Un conte intemporel très joliment mis en image dans un album à petit prix.

Le chat de la mère MichelElle avait pourtant juré qu’elle n’aurait plus d’animal de compagnie seulement voilà, quand la Comtesse de la Grenouillière vit ce pauvre chat maltraité elle ne put le laisser ainsi et le prit sous son aile. La comtesse confia l’animal à l’une de ses employées de maison : la Mère Michel. Celle-ci devait en prendre soin comme s’il s’était s’agissait de son maître, lui-même. Seulement voilà, un autre employé de la comtesse, le Père Lustucru, ne supportait pas ce chat et rêvait de le voir disparaître…

Forcément vous aurez reconnu cette histoire et vous avez déjà en La mère Micheltête, j’en suis sûr, l’air de La mère Michel. Saviez-vous qu’en 1846 Émile de La Bédollière avait écrit toute une histoire d’après la comptine créée quelques années plus tôt ? Les éditions Mouck ont eu la très bonne idée de ressortir ce conte, magnifiquement illustré par Maddalena Gerli. C’est plein d’humour, on lit l’album tout en sachant ce qu’il va se passer mais pourtant l’histoire est pleine de surprises ! On est ici plus proche du petit roman que de l’album jeunesse, le texte est plutôt long. Un bien joli livre.

Les exploits du baron de Münchhausen Avez-vous déjà entendu parler du Baron de Münchhausen, cet illustre personnage qui a voyagé sur la Lune, traversé la Terre d’un bout à l’autre (en passant par le centre) et tué en même temps un crocodile et un lion ?

Toujours dans la même collection, aux éditions Mouck, voici donc les aventures du célèbre Baron de Münchhausen à qui il est arrivé des choses absolument incroyables. On lit ses exploits avec le sourire, imaginant le personnage qui raconte des récits invraisemblables à son auditoire médusé (le fameux baron a vraiment existé). c’est vraiment des aventures que ma fille a adoré écouter et j’ai pris du plaisir à lui les lire. Même si je suis moins fan des illustrations très « bandes dessinées » de Roxane Brelin, encore un bien bel album, plein d’humour et de fantaisie.

L'archipel de NounaDans un archipel vivait une famille royale, elle occupait une île appelée l’Île Blanche car le palais de cette famille était d’un blanc éclatant. Il y avait aussi l’Île Bleue, l’Île Rose, l’Île Verte mais surtout l’Île Noire, seule île qui était interdite aux enfants du Roi, il faut dire qu’il vivait là un bien étrange personnage. C’est une rencontre avec cet homme qui va changer un jour la vie de Nouna, une des princesses, elle va en effet se retrouver changée en pierre.

L’Archipel de Nouna est un livre dédié à Anna, petite fille atteinte du syndrome de Rett, maladie génétique dont une des conséquences est la disparition des mouvements coordonnés de la main (une partie des droits du livre est d’ailleurs reversé à l’Association Française du Syndrome de Rett). Même si j’ai beaucoup de mal avec ce genre d’illustrations, l’histoire est plutôt jolie et j’avais envie de mettre en avant ce conte sur basé une maladie et au profit d’une association.
Le site de l’association Au nom d’Anna.

Fais tes contesEt si on faisait nous-mêmes nos contes pour finir ? C’est ce que proposent Stéphane Millerou et Quitterie Laborde dans un grand album à spirale très original ! Ici on choisit entre plusieurs alternatives pour créer son histoire. L’histoire commence-t-elle par un prince qui terrasse un dragon ou qui choisi la princesse la plus proche, par défaut ? Et à la fin le prince retourne-t-il chez ses parents ou commence-t-il une belle (enfin presque) histoire avec la princesse ? C’est grâce à trois volets au choix qui composeront les quatre parties de l’histoire que l’enfant (ou le parent !) crée la sienne, chaque fois elle est également illustrée. En fin d’ouvrage des mots tout droits venus du moyen-âge (et qui sont utilisés dans les histoires) sont expliqués. Le livre est très sympa, plein d’humour, vraiment original et n’a finalement qu’un seul défaut : 3 choix pour chaque partie c’est trop peu ! Un bon moyen de jouer avec les contes et de créer des histoires qui ne manquent pas de piquant !

PinocchioOn termine cette sélection par un petit bonus, le Pinocchio d’Enzo D’Alò vient de sortir en DVD. Là aussi c’est un personnage qu’on connaît bien (sans connaître vraiment l’histoire, parfois). J’avais été très intrigué par la bande annonce, je trouvais que les paysages avaient l’air superbes mais les personnages avaient l’air beaucoup moins réussis. En fait je suis tombé sous le charme, certaines scènes sont magnifiques visuellement (le rêve de Pinocchio par exemple) et les paysages sont vraiment à tomber par terre (on dirait de la peinture). Côté histoire, je n’ai pas lu l’œuvre de Carlo Collodi et mes seules comparaisons sont la version de Luigi Comencini avec Nino Manfredi dans le rôle de Geppeto et Gina Lollobrigida dans celui de la fée bleue (et avec la superbe musique de Fiorenzo Carpi), que j’ai revu avec ma fille il y a peu et celle de Roberto Benigni dont j’ai un souvenir lointain. C’est ici assez différent, la scène du pays des merveilles/pays des jouets est moins traumatisante que dans la version de 1972 (elle m’avait beaucoup marqué enfant), Lucignolo a quasiment disparu (un personnage fait juste penser à lui), Pinocchio n’habite jamais chez la fée, il ne devient un petit garçon qu’à la fin… bref c’est peut-être un peu édulcoré (quoique…) et c’est forcément résumé (le dessin animé ne dure qu’1h20 quand le film de Manfredi durait 6×55 minutes). Une version peut-être plus adaptée aux petits (quoique ma fille de 5 ans a adoré le Manfredi), plein de charme et aux décors somptueux.
La bande annonce.

Quelques pas de plus…
Nous avons déjà chroniqué des livres des frères Grimm (Le petit chaperon rouge, Blanche Neige, Hansel et Gretel et Hans la chance), d’Antoine Guilloppé (La mouffle, Loup noir, Grand blanc, Première neige, Plein soleil, Qui dit noir dit blanc, Pleine lune et Akiko la rêveuse), Sébastien Mourrin (Émile, le petit fifre), Andersen (Contes inédits : Le compagnon de voyage, Le petit Ole Ferme l’oeil, Le goulot de Bouteille, Le Rossignol et l’empereur de Chine, un CD regroupant plusieurs de ses contes, La petite fille aux allumettes illustré par Fabrice Backès, Les habits neufs de l’empereur illustré par Parastou Haghi et un recueil sorti chez Lito, Contes d’Andersen), Alexandra Huard (Rikimini), Amélie Dufour (Où est cachée la maîtresse ?), Maddalena Gerli (Le petit Mouck). Nous avons également interviewé Antoine Guilloppé.

Les musiciens de Brême
Texte des frères Grimm, illustré par Antoine Guilloppé
Gautier Languereau dans la collection Les albums merveilleux
14€, 237×292 mm, 29 pages, imprimé en Espagne, 2013.
L’homme à la peau d’ours
Texte d’Anne Jonas d’après les frères Grimm, illustré par Sébastien Mourrain
Seuil Jeunesse
15€, 230×330 mm, 32 pages, imprimé en Belgique, 2013.
La petite sirène
d’après un conte d’Andersen, illustré par Alexandra Huard
Nathan dans la collection Les petits cailloux
5,50€, 170×199 mm, 32 pages, imprimé en France chez un éditeur éco-responsable, 2013.
Tom Pouce
d’après un conte des frères Grimm, illustré par Amélie Dufour
Père Castor dans la collection Les classiques du Père Castor
4,40€, 210×180 mm, 24 pages, imprimé en France, 2013.
Le chat de la mère Michel
Texte de Emile de la Bédollière (adapté par Gérard Pourret), illustré par Maddalena Gerli
Éditions Mouck dans la collection Lecture Neuve
14€, 211×308 mm, 56 pages, imprimé en Europe, 2011.
Les exploits du baron de Münchhausen
Texte de Gottfried August Bürger (adapté par Gérard Pourret), illustré par Roxanne Brelin
Éditions Mouck dans la collection Lecture Neuve
14€, 211×308 mm, 56 pages, imprimé en Europe, 2011.
L’Archipel de Nouna
Texte d’Isabelle Provost, illustré par Sandra Solinet
Éditions des papillons de Charcot dans la collection Albums
15€, 200×265 mm, 32 pages, imprimé en France, 2013.
Fais tes contes
Texte de Stéphane Millerou, illustré par Quitterie Laborde
Les p’tits bérets dans la collection Sur la pointe des pieds
13,90€, 300×210 mm, 10 pages, imprimé en Chine, 2013.
Pinocchio
d’Enzo D’Alò
France Télévision Distribution
16,99€ (prix de vente conseillé), 84 minutes.

Gabriel

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