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Stéphane Sénégas

Les invité·e·s du mercredi : Stéphane Sénégas et Michaël Escoffier

Par 13 mars 2019 Les invités du mercredi

C’est Stéphane Sénégas que nous recevons aujourd’hui, afin de parler de La Ligne qu’il vient de sortir mais aussi de sa série Anuki. Ensuite, c’est un auteur (et pas des moindres) qui nous parle de quand il crée, Michaël Escoffier. Bon mercredi à vous !


L’interview du mercredi : Stéphane Sénégas

Pouvez-vous nous parler de La ligne votre dernier album, qui est sorti il y a quelques semaines chez Frimousse ?
La ligne c’est un livre qui parle des frontières mais pas seulement de celles qui sont physiques, mais aussi de celles que nous avons aussi dans nos têtes. Dans ce livre Frédéric montre la naissance d’un conflit et surtout son évolution. Du moment où la parole se tait, que progressivement le dialogue disparaît, alors la colère nous envahit. Ce texte pourrait très bien s’adapter pour un couple qui se sépare ou encore des pays qui se font la guerre, mais en le traitant avec des enfants nous le rendons universel et de plus nous mettons les enfants en exemple du fait que eux, ils savent s’arrêter, les adultes beaucoup moins.
C’est un livre étonnant à traiter en classe, même avec les CP, je fais une lecture à haute voix mais sans montrer les images, puis nous en discutons, puis je refais une lecture en montrant de quelle manière et pourquoi je l’ai illustré ainsi, passionnant.

Avec Frédéric Maupomé vous signez aussi, notamment, la magnifique série Anuki. Parlez-nous de votre collaboration et de la façon dont vous travaillez.
Sur la série Anuki, c’est très différent, c’est beaucoup plus collectif.
D’abord nous partons d’une idée, d’une ambiance, d’une envie, puis Fred écrit une histoire. Une fois que nous sommes OK sur l’histoire il me propose un découpage page par page, et c’est là que les problèmes commencent…
À partir de ce moment je vais donc lui proposer un storyboard, et très rapidement nous allons travailler ensemble, partager nos idées de mise en scène ce qui donne souvent naissance à de nouvelles idées, rien n’est figé. C’est une BD qui n’est pas simple à créer, nous sommes sur un très jeune public, sans texte, c’est vraiment du théâtre ou du cinéma sans paroles, c’est très très précis dans la narration. C’est certainement le moment que je préfère dans la création, puis nous nous connaissons bien, il paraît que nous sommes un vieux couple.

Pouvez-vous nous raconter votre parcours ?
Mon parcours… je viens d’un bac littéraire art plastique, à l’époque il se nommait A3, puis l’école Émile Cohl à Lyon, et mon premier album 2 ans plus tard aux éditions Kaleidoscope « Pourquoi les libellules ont le corps si long ? » qui était un de mes projets de diplôme.

Quelles techniques d’illustrations utilisez-vous ?
Mes techniques d’illustrations varient selon les livres ou mes envies du moment, cela peut aller du crayon à papier (HB puis 2B et enfin 8B) avec une mise en couleur sous Photoshop ou encore un mix avec des crayons de couleur ou parfois tout numérique avec la Cintiq.

Quelles étaient vos lectures d’enfant, d’adolescent ?
En ce qui concerne mes lectures d’enfant ou d’adolescent, j’ai toujours été et je le suis encore un gros lecteur de bande dessinée. Pendant mon enfance le choix des BD n’avait rien à voir avec aujourd’hui, cependant j’ai commencé avec les comics, Strange, Titan, spydey… pour basculer vers des auteurs majeurs comme Morris, Franquin, Goscinny, Uderzo…

Sur quelle nouvelle histoire travaillez-vous actuellement ?
Actuellement je travaille sur beaucoup de livres.
Tout d’abord nous sortons ce mois-ci, avec Frédéric un nouvel album chez Frimousse, On l’a à peine remarqué.
Puis je travaille sur le tome 9 d’Anuki qui sortira à la rentrée. Puis j’ai 3 livres en préparation, en solo. Et enfin Frédéric travaille aussi sur un nouveau projet BD mais pour un public ado-adulte.

Bibliographie sélective :

  • On l’a à peine remarqué, illustration d’un texte de Frédéric Maupomé, Frimoüsse (à paraître, mars 2019).
  • Série Anuki, coécrit avec Frédéric Maupomé, Les éditions de la gouttière (2011-2019), que nous avons chroniqué ici.
  • La ligne, illustration d’un texte de Frédéric Maupomé, Frimoüsse (2018), que nous avons chroniqué ici.
  • Le chevalier blanc, illustration d’un texte de Michaël Escoffier, Frimoüsse (2017).
  • La Déclaration, , Kaléidoscope (2017), que nous avons chroniqué ici.
  • Mon père, chasseur de monstre, texte et illustrations, De la Martinière Jeunesse (2015).
  • Le chevalier noir, illustration d’un texte de Michaël Escoffier, Frimoüsse (2014), que nous avons chroniqué ici.
  • L’Enfant qui n’aimait pas les livres, illustration d’un texte de Martin Winckler (2014).
  • Y’a un monstre à côté, illustration d’un texte d’Ingrid Chabbert, Frimousse (2013), que nous avons chroniqué ici.
  • Le pêcheur et le cormoran, texte et illustrations, Kaléidoscope (2013).
  • L’éphémère, texte et illustrations, Kaléidoscope (2007).


Quand je crée… Michaël Escoffier

Le processus de création est quelque chose d’étrange pour les gens qui ne sont pas créateur·trice·s eux-mêmes. Comment viennent les idées ? Et est-ce que les auteur·trice·s peuvent écrire dans le métro ? Les illustrateur·trice·s, dessiner dans leur salon devant la télé ? Peut-on créer avec des enfants qui courent à côté ? Faut-il de la musique ou du silence complet ? Régulièrement, nous demandons à des auteur·trice·s et/ou illustrateur·trice·s que nous aimons de nous parler de comment et où ils·elles créent. Cette semaine, c’est Michaël Escoffier qui nous parle de quand il crée.

Où commence la création ? Elle naît parfois d’un détail, d’un mot volé, d’une situation, autour de laquelle l’imagination va cristalliser. L’inspiration se nourrit de l’expérience, de la confrontation au monde physique, de l’exceptionnel toujours renouvelé du quotidien. En ce sens, la rue est mon terrain de jeu, la nature mon bureau, le monde ma chambre de création. Tout au long de la journée, je note mes idées dans des carnets.
Et puis, une fois ces petites graines récoltées, il faut s’asseoir et les examiner au microscope. Certaines se révèlent n’être que des grains de poussières stériles. D’autres au contraire sont pleines de promesses. Vient le temps de l’isolement, du silence, de l’immersion au cœur du magma intérieur. Pour cela, j’ai besoin d’un scaphandre, d’une bulle.
Lorsque je me suis assuré que j’ai plusieurs heures devant moi, que personne ne me dérangera, que les affaires courantes sont réglées, j’entreprends avec excitation, à la manière d’un archéologue, de découvrir quel trésor mes petites graines peuvent bien déceler.
Je travaille sur ordinateur, pour la souplesse que cela me procure. Car lorsque je commence une nouvelle histoire, je ne sais jamais où je vais. Sinon, ce serait sans intérêt. J’essaie tous les chemins possibles, je me trompe, je reviens en arrière, j’emprunte une autre voie. C’est une lutte permanente pour tenter de libérer l’imagination des stéréotypes, de la facilité, de l’évidence. Avec cette impression étrange que l’histoire que je suis en train d’écrire existe déjà, que je n’ai qu’à la déterrer.
Souvent j’échoue. Je ne parviens pas à extraire le meilleur de mes petites graines. Je me rends compte que certaines idées n’étaient pas si bonnes que ça. Ou que je me suis égaré en route. Pour un livre comme La tarte aux fées, par exemple, j’avais écrit une première histoire complètement différente de celle publiée. Kris Di Giacomo l’avait illustrée, et nous allions l’éditer. Et puis en prenant du recul, nous nous sommes aperçus que l’histoire n’était pas à la hauteur de la promesse du titre. Nous sommes donc repartis à zéro. J’ai réécrit une nouvelle histoire, et Kris a refait l’ensemble des illustrations.
Mais mon travail ne s’arrête pas à l’écriture du texte. J’aime accompagner les illustrateurs et les illustratrices avec lesquels je collabore. Nous échangeons beaucoup sur les projets. Nous cherchons ensemble des idées graphiques, et nous faisons aussi évoluer le texte au fur et à mesure que les images naissent. Je recherche toujours l’économie de mots. Si je me rends compte qu’une phrase n’est pas indispensable, autant s’en passer. Images et texte doivent être complémentaires. Je suis capable d’enlever et de remettre une virgule à la même place vingt fois de suite, ou de changer une scène quelques jours avant que le livre parte chez l’imprimeur. Après, c’est trop tard. Je n’ai plus aucun pouvoir sur le livre, il part vivre sa vie, et moi je glisse une nouvelle petite graine sous l’objectif de mon microscope.

Bibliographie sélective :

  • Princesse Kevin, album illustré par Roland Garrigue, P’tit Glénat (2018), que nous avons chroniqué ici.
  • J’ai perdu ma langue, album illustré par Sébastien Mourrain Seuil Jeunesse (2018), que nous avons chroniqué ici.
  • Le monstre est de retour, album illustré par Kris Di Giacomo, Gallimard Jeunesse (2018), que nous avons chroniqué ici.
  • La Déclaration, album illustré par Stéphane Sénégas, Kaléidoscope (2017), que nous avons chroniqué ici.
  • Un enfant parfait, album illustré par Matthieu Maudet, l’école des loisirs (2016), que nous avons chroniqué ici.
  • Le gardien des océans, album illustré par Antoine Guilloppé, Gautier Languereau (2016) que nous avons chroniqué ici.
  • Au voleur, album illustré par PisHier, Les 400 coups (2016) que nous avons chroniqué ici.
  • Grododo, album illustré par Kris Di Giacomo, Frimoüsse (2016) que nous avons chroniqué ici.
  • Ce n’est pas l’histoire, album illustré par Amandine Piu, Frimoüsse (2016) que nous avons chroniqué ici.
  • On verra demain, album illustré par Kris Di Giacomo, Frimoüsse (2014) que nous avons chroniqué ici.
  • Ouvre-moi ta porte, album illustré par Matthieu Maudet, L’école des loisirs (2014) que nous avons chroniqué ici.
  • Le chevalier noir, album illustré par Stéphane Sénégas, Frimoüsse (2014) que nous avons chroniqué ici.
  • La maîtresse vient de Mars, album illustré par Clément Lefèvre, Frimoüsse (2014) que nous avons chroniqué ici.
  • L’anniversaire, album illustré par Kris di Giacomo, Kaléidoscope (2013) que nous avons chroniqué ici.
  • La croccinelle, album illustré par Matthieu Maudet, Frimousse (2013) que nous avons chroniqué ici.
  • Le ça, album illustré par Matthieu Maudet, L’école des loisirs (2013) que nous avons chroniqué ici.
  • Trois petits riens, album illustré par Kris di Giacomo, Balivernes (2013) que nous avons chroniqué ici.
  • Le jour où j’ai perdu mes super pouvoirs, album illustré par Kris di Giacomo, Kaléidoscope (2013) que nous avons chroniqué ici.
  • Zizi, Zézette, mode d’emploi, album illustré par Séverine Duchesne, Frimousse (2012) que nous avons chroniqué ici.
  • 20 bonnes raisons d’aller à l’école, album illustré par Romain Guyard, Frimoüsse (2012) que nous avons chroniqué ici.
  • Bonjour facteur, album illustré par Matthieu Maudet, L’école des loisirs (2012) que nous avons chroniqué ici.
  • Sans le A, album illustré par Kris di Giacomo, Kaléidoscope (2012) que nous avons chroniqué ici.
  • Vacances à la ferme, album illustré par Nicolas Gouny, Balivernes (2011) que nous avons chroniqué ici.
  • Le moustoc, album illustré par Matthieu Maudet, Frimousse (2011) que nous avons chroniqué ici.
  • 20 bonnes raisons de croire au Père Noël, album illustré par Romain Guyard, Frimoüsse (2010) que nous avons chroniqué ici.
  • Moi d’abord !, album illustré par Kris Di Giacomo, Frimoüsse (2010) que nous avons chroniqué ici.
  • Le grand lapin blanc, album illustré par Eléonore Thuillier, Kaléidoscope (2010) que nous avons chroniqué ici.
  • Bonjour docteur, album illustré par Matthieu Maudet, L’école des loisirs (2010) que nous avons chroniqué ici.
  • La plume, album illustré par Nicolas Gouny, Frimousse (2009) que nous avons chroniqué ici.
  • Tous les monstres ont peur du noir, album illustré par Kris di Giacomo, Frimousse (2008) que nous avons chroniqué ici.

Retrouvez Michaël Escoffier sur son blog : http://www.michaelescoffier.com.

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Une ligne et un cerf-volant

Par 25 février 2019 Livres Jeunesse

Aujourd’hui, il sera question de vivre ensemble et de l’imagination, des séparations et des évasions.

La ligne
Texte de Frédéric Maupomé, illustré par Stéphane Sénégas
Frimoüsse
15 €, 298×237 mm, 58 pages, imprimé en Italie, 2018.
Suzanne et le cerf-volant
de Martine Delerm
Seuil Jeunesse
14,50 €, 260×200 mm, 32 pages, imprimé au Portugal, 2018.

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Militer

Par 12 octobre 2017 Livres Jeunesse

Aujourd’hui, on découvre deux livres très engagés. D’abord, un album dans lequel les animaux en ont plus qu’assez d’être maltraités par les humains, puis un roman poignant qui mêle art, premières amours, sida et débuts d’Act-Up.

La Déclaration
Texte de Michaël Escoffier, illustré par Stéphane Sénégas
Kaléidoscope
13 €, 190 x 280 mm, 32 pages, imprimé en Italie, 2017.
D’un trait de fusain
de Cathy Ytak
Talents Hauts
16 €, 148 x 210 mm, 256 pages, imprimé en Bulgarie, 2017.

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Chronique BD

Par 1 juin 2015 Livres Jeunesse

Une nouvelle chronique BD avec des albums pour tous les goûts… et tous les âges ! (Dans le À part ça ? je vous parlerai même de BD pour vous, parce qu’il n’y a pas de raison).

On commence par trois séries qu’on adore !

CHI UNE VIE DE CHAT T11Plus le temps passe, plus Chi semble se souvenir de sa vie d’avant. Elle croise de plus en plus ces chatons de son âge qui lui ressemblent étrangement. Et quand Chi croise la maman des chatons, une chose étrange se passe… Il sera aussi question d’une absence de Yohei et de sa mère qui va inquiéter Chi et d’un éventuel déménagement…
Chi se rapproche, d’épisode en épisode, de la vérité, elle est une chatte, elle a donc une mère, une mère qui la cherche… Au-delà de l’humour et des anecdotes de la vie avec un chat, qui nous séduisent depuis le début, il y a un petit suspense qui est de plus en plus présent. Ce tome 11 se termine d’ailleurs par un véritable climax. On enrage de ne pas lire la suite.
Malgré le « ze » insupportable, Chi est une super série dont on ne se lasse absolument pas. Qui séduit autant les enfants (dès 5-6 ans) que les adultes (même à 38 ans).

À noter que les Chi ressortent dans un nouveau format. Plus grand, plus adapté à nos habitudes de lectures européennes. Le premier tome est d’ores et déjà disponible, le tome 2 sortira dans quelques jours.

À la résidence Kanda, la vie continue d’être douce…

Pan'Pan' Panda 3Praline n’est pas très rassurée quand il s’agit d’aller faire le ménage dans l’appartement de Monsieur Kanda, le propriétaire de la résidence. Il faut dire que les statues africaines lui font un peu peur et les rumeurs sur cet appartement vont bon train. Pan’Pan Panda a un secret pour lutter contre la peur. Il sera aussi question de la chaleur (mal supportée par notre ami panda), de pépins de pastèques avalés (qui cause encore des frayeurs) ou encore d’Halloween.

Pan Pan Panda 4C’est bientôt Noël ! On fait des plats qu’on ne mange qu’en hiver, on prépare les cadeaux et l’on fait des bonhommes de neige ! Il sera aussi question d’un amoureux dont on veut se débarrasser, de recherches d’activités extrascolaires, d’une queue devenue bizarre, d’un animal étrange qui s’incruste, de l’arrivée d’un chien à la résidence Kanda (pour le plus grand malheur de Pan’Pan Panda) et même d’une course effectuée par Praline… toute seule !

Pan Pan Panda 5Le chien prend de la place dans la vie de Praline, mais Pan’Pan ne s’y habitue décidément pas ! Il est terrorisé, même s’il aimerait ne pas avoir si peur. Praline et Pan’Pan savent aussi que ce chien a un maître, et qu’il doit le chercher. Il sera aussi question de l’odeur de la pluie et du soleil, de mirages bien troublants, de fabriquer des arcs-en-ciel, de jolis tissus créés par Pan’Pan et de pique-nique dans la nature qui donnera à nos héros de chouettes idées.

Pan’Pan Panda c’est un manga très doux, très tendre, idéal pour les plus petits. Le quotidien d’une résidence où vivent un panda et quelques familles. On parle beaucoup des traditions japonaises et de la nourriture du pays. Les personnages sont vraiment attachants et on les retrouve chaque fois avec plaisir. Plus j’avance dans cette série, et meilleure je la trouve.
Une très bonne série de BD pour les plus jeunes.
Des extraits sur le site de l’éditeur.

intégrale 2 YAYAQuand on avait laissé Yaya, elle avait été jetée dans une barque avec son ami Tuduo et dérivait. La jeune Chinoise, issue d’une famille riche, a été séparée de ses parents alors que la guerre contre le Japon sévit. Elle tente de les retrouver. Dans cette nouvelle aventure, Yaya débarque sur une île avec Tuduo. Elle va se retrouver prisonnière d’affreux exploiteurs. De son côté, l’horrible Zhu est toujours à leur poursuite. Il espère, en récupérant l’enfant, gagner beaucoup d’argent. Les enfants croiseront aussi des adultes qui ne sont peut-être pas aussi gentils qu’ils en ont l’air.

Yaya Intégrale 7-9Suite et fin de la série La balade de Yaya, la troisième partie de l’intégrale vient de sortir (regroupant les tomes 7, 8 et 9). Difficile de vous en parler sans spoiler les deux premiers tomes…
Les enfants arriveront-ils à destination ? Yaya retrouvera-t-elle ses parents ? Tuduo récupérera-t-il son frère ? Les enfants vont-ils vraiment vivre ensemble ? Comment vont-ils se débarrasser de Zhu ? Une chose est sûre : on sera bien triste de quitter les personnages…

Je suis définitivement fan de La Balade de Yaya. C’est une série totalement addictive, passionnante. Les illustrations sont magnifiques. En neuf épisodes (ou trois tomes d’intégrales), il arrive des tas de péripéties aux héros, on ne s’ennuie pas une seconde, il n’y a pas la moindre longueur. Ça se lit comme un roman d’aventures. Et là encore, parents comme enfants se régalent. C’est typiquement le genre de série que je pourrais offrir aussi bien à un enfant qu’à un ami.
Une magnifique série à ne pas rater.
Des extraits sur le site de l’éditeur.

On continue avec deux coups de cœur.

BICHON T1Bichon est un petit garçon qui danse devant sa glace, qui adore la Princesse Ploum et qui est amoureux du beau Jean-Marc. Sa mère s’énerve quand quelqu’un lui fait remarquer qu’il est dans le rayon des filles du magasin de jouet (et que ce n’est pas la place d’un garçon). Les garçons de sa classe aimeraient connaître son secret pour que les filles traînent autant avec lui.
Gros coup de cœur pour Bichon. Parce que c’est drôle, parce que ce n’est pas que drôle et parce que des personnages homos dans la littérature jeunesse, c’est pas si courant ! Alors, oui, on est un peu dans la caricature quand Bichon se déguise en princesse, mais on s’en fout en fait. Le personnage est totalement attachant, David Gilson ose aller assez loin sans que ça ne choque (testé sur ma fille de 7 ans). Alors oui Bichon rêve du beau Jean-Marc et craque sur le remplaçant de la maîtresse, oui Bichon aime beaucoup son écureuil en peluche, oui Bichon pense que sa baguette magique jette des sortilèges d’amour, mais nous on l’aime comme ça Bichon !
Un personnage attachant, une BD vraiment réussie (dont visiblement le tome 2 sort prochainement).
Des extraits sur le site de l’éditeur.

NoraNora fait la tête, elle va passer les vacances chez son oncle pendant que ses parents organisent le déménagement et ça ne l’enchante pas trop. Qu’est-ce qu’elle va bien pouvoir faire à la ferme ? En tout cas, elle ne parlera pas, elle l’a décidé. Mais un jour, elle découvre la voisine, la solitaire madame Jeanne…
Nora c’est une très belle BD où l’on parle d’amour qui n’est pas venu, de vacances à la ferme, de la solitude. On y parle aussi de la mort. Les illustrations sont très belles et vont parfaitement à cette histoire très poétique avec un petit côté fantastique.
Des vacances inoubliables pour une très belle BD.
Des extraits sur le site de l’éditeur.

La BD, ça peut aussi être sans texte. C’est une bonne manière pour les enfants qui ne savent pas encore lire de se familiariser avec la BD et avec un fil narratif.

Monsieur Lapin T3Monsieur Lapin s’énerve facilement quand il s’agit de gonfler des ballons. Faut dire que ce n’est jamais un moment de plaisir… surtout si les copains s’amusent à faire des blagues !
Monsieur Lapin c’est un héros créé par Loïc Dauvillier et Baptiste Amsallem. Pas de texte, donc, mais le personnage est tellement expressif qu’on comprend bien ce qu’il pense, et ses aventures sont tout simplement hilarantes.
Une super aventure d’un personnage très drôle.
Des extraits sur le site de l’éditeur.

Quand Myrmidon trouve un déguisement, son histoire bascule.

Myrmidon dans l'espaceAlors qu’il fait du vélo, Myrmidon fait une chute qui le fait atterrir sur un costume de cosmonaute. À peine l’a-t-il enfilé que notre héros voit se poser une fusée et en sortir un être étrange venu d’ailleurs. Myrmidon décide d’embarquer avec lui, c’est certainement le début d’une grande aventure… Il est loin de se douter de ce qui va arriver.

Myrmidon 3Mais c’est une épée dans une enclume ! La tentation est trop forte, Myrmidon décide d’essayer de l’enlever… Il n’y arrive pas, mais bascule en arrière et tombe sur un costume de chevalier ! Ainsi vêtu, forcément l’épée est vite sortie ! Sauf que ce n’est pas facile de manier une épée quand on vit dans une case !

Myrmidon au pays des cowboysCette fois-ci, c’est un habit de shérif que Myrmidon trouve dans un arbre ! C’est trop tentant, il se dépêche de l’enfiler ! Sauf qu’à peine l’a-t-il sur lui que le voilà assailli de flèches ! Les Indiens sont à sa poursuite, il lui faudra être bien malin pour leur échapper. Mais ne vous en faites pas pour notre ami Myrmidon, il a plus d’un tour dans son sac !

Même principe dans ces trois albums, le héros tombe sur un déguisement, il lui arrive une aventure extraordinaire et l’histoire se termine quand son chemin l’a fait dépasser le costume. On imagine aisément que finalement tout ceci n’était que son imagination (d’autant plus que les autres personnages sont dépourvus de couleurs, comme s’ils n’étaient pas coloriés).
Des BD sans texte qui célèbrent l’imagination.
Des extraits sur le site de l’éditeur.

Anuki T1Anuki est un petit indien qui n’a vraiment pas de bol, il est assez maladroit (une sorte de Pierre Richard) ! Et en plus, il a très mauvais caractère et quand il s’énerve… eh bien, ça lui retombe dessus (il n’a pas de bol, je vous l’ai dit) !
J’aime tout dans Anuki : les illustrations qui sont vraiment magnifiques, le scénario plein d’humour, les situations burlesques et la chute pleine de tendresse.
La guerre des poules, le premier tome des aventures d’Anuki m’a totalement séduit et a vraiment emballé ma fille de 7 ans.
Des extraits sur le site de l’éditeur.

On continue avec deux BD pour ados

La ligne droiteHadrien est un garçon sensible. Sa mère est un peu trop collante, limite castratrice. À l’école, il est la risée de ses camarades de classe. Hadrien est plutôt doué en cours, mais il déteste le sport. Il va se rapprocher de Jérémie, qui le trouble énormément. Le début d’une histoire pas de tout repos.
La ligne droite est une BD sur la découverte, par un adolescent, de son homosexualité. On y parle du rejet des autres, des moqueries. L’histoire d’Hadrien n’est pas rose (c’est même une BD assez sombre), mais finalement très réaliste.
Une très belle bande dessinée sur l’adolescence et la découverte de son homosexualité.
Des extraits sur le site de l’éditeur.

Bulles & BluesSoan et Chloé, ils sont fusionnels, ils ne se quittent pas ! Pourtant c’était pas joué d’avance, ils ne sont frère et sœur que depuis leurs 8 ans et surtout Soan est l’enfant modèle, l’exemple et Chloé celle qu’on recadre. Mais ils s’adorent ! Sauf qu’un jour…
On retrouve le tandem Charlotte Bousquet/Stéphanie Rubini pour ce nouvel opus de la série Les graphiques. Après Rouge Tagada et Mots rumeurs, Mots cutter, elles nous parlent donc de la famille recomposée, des séparations qui ne sont pas d’ordre amoureux (qui sont tout aussi violentes), de la création (et de la façon dont sont vus les artistes), des rumeurs… En fait, ce qui plaît dans cette série c’est que chaque tome parle de plein de choses, on retrouve toujours les mêmes personnages (les personnages principaux d’une histoire sont les personnages secondaires dans les autres histoires) et petit à petit on a l’impression qu’ils nous sont familiers, de les connaître. Vivement la suite !
Nouveau tome d’une bonne série sur l’adolescence.

Art&BDSaviez-vous que certaines planches d’Hergé étaient des hommages à l’art égyptien ou africain voire à un tableau de Giorgio de Chirico ? Que dans Astérix chez les Belges une planche rendait hommage à un tableau de Brueghel l’Ancien et que dans Astérix et le Devin on retrouvait un clin d’œil à un tableau de Rembrandt ? Avez-vous entendu parler des sculptures de Bertrand Lavier créées d’après une visite de Mickey dans un musée ? Savez-vous ce qu’est l’OuBaPo ? Eh bien, vous apprendrez tout ça dans le magnifique ouvrage sorti chez Palette…, Art et BD. Comme toujours chez Palette… l’ouvrage est soigné (tant l’objet que le contenu), et c’est tout simplement passionnant ! On parle bien sûr du lien entre la BD et le cinéma, mais on parle aussi des origines de la BD, des œuvres d’art qui étaient des prémices de la BD.
Un magnifique ouvrage pour les fans de BD, les amateurs d’art et les autres !

Quelques pas de plus…
Retrouvez les autres BD que nous avons chroniquées sur un album Pinterest.

Chi, une vie de chat – Tome 11
de Konami Kanata (traduit par Kayo Sato et Élodie Lepelletier)
Glénat Kids dans la collection Chi
10,75 €, 180×130 mm, 152 pages, imprimé en France chez un imprimeur éco-responsable, 2014.
Pan’Pan panda, une vie en douceur – Tome 3
de Sato Horokura (traduit par Arnaud Delage)
Nobi Nobi ! dans la collection Pan’Pan Panda
9,45 €, 130×180 mm, 110 pages, imprimé en France, 2014.
Pan’Pan panda, une vie en douceur – Tome 4
de Sato Horokura (traduit par Arnaud Delage)
Nobi Nobi ! dans la collection Pan’Pan Panda
9,45 €, 130×180 mm, 109 pages, imprimé en France, 2014.
Pan’Pan panda, une vie en douceur – Tome 5
de Sato Horokura (traduit par Arnaud Delage)
Nobi Nobi ! dans la collection Pan’Pan Panda
9,45 €, 130×180 mm, 110 pages, imprimé en France, 2015.
La balade de Yaya – Intégrale 4-6
Scénario de Jean-Marie Osmond (traduit par Fang Er-Ping), illustré par Golo Zhao
Fei dans la collection La balade de Yaya
19 €, 220×299 mm, 141 pages, imprimé en Italie, 2013.
La balade de Yaya – Intégrale 7-9
Scénario de Jean-Marie Osmond, Charlotte Girard et Patrick Marty, illustré par Golo Zhao
Fei dans la collection La balade de Yaya
19 €, 220×299 mm, 145 pages, imprimé en Italie, 2013.
Bichon, 1. Magie d’amour…
de David Gilson
Glénat dans la collection Tchô ! La collec…
9,99 €, 217×293 mm, 48 pages, imprimé en France chez un imprimeur éco-responsable, 2013.
Nora
de Léa Mazé
Les éditions de la gouttière
16 €, 180×250 mm, 72 pages, imprimé en France, 2015.
Monsieur Lapin, les ballons
de Loïc Dauvillier et Baptiste Amsallem
Des ronds dans l’O dans la série Monsieur Lapin
12,50 €, 217×219 mm, 38 pages, imprimé en Union Européenne, 2014.
Myrmidon dans l’espace
de Loïc Dauvillier et Thierry Martin
Les éditions de la gouttière dans la série Myrmidon
9,70 €, 262×205 mm, 32 pages, imprimé en France, 2014.
Myrmidon dans l’antre du dragon
de Loïc Dauvillier et Thierry Martin
Les éditions de la gouttière dans la série Myrmidon
9,70 €, 262×205 mm, 32 pages, imprimé en France, 2014.
Myrmidon au pays des Cow-boys
de Loïc Dauvillier et Thierry Martin
Les éditions de la gouttière dans la série Myrmidon
9,70 €, 262×205 mm, 32 pages, imprimé en France, 2013.
Anuki, 1.La Guerre des poules
de Stéphane Sénégas et Frédéric Maupomé
Les éditions de la gouttière dans la collection Anuki
9,70 €, 198×262 mm, 34 pages, imprimé en France, 2011.
La ligne droite
Scénario d’Hubert, illustré par Marie Caillou
Glénat dans la collection 1000Feuilles
22 €, 212×172 mm, 121 pages, imprimé en Espagne chez un imprimeur éco-responsable, 2013.
Bulles & Blues
Scnéario de Charlotte Bousquet, illustré par Stéphanie Rubini
Gulf Stream Éditeur dans la collection Les graphiques
15 €, 172×240 mm, 70 pages, imprimé en Europe, 2014.
Art et BD
de Christophe Quillien
Palette…
24,80 €, 240×270 mm, 96 pages, imprimé en République Tchèque, 2015.

À part ça ?

Comme promis, place aux BD pour nous !

À la recherche du nouveau pèreAux réunions des Mères Anonymes il y a un bouleversement… un père ! Forcément, maintenant que les pères s’occupent des enfants (certains deviennent même pères au foyer, les fous), ils ont aussi envie d’en parler. Caroline, la mère célibataire, s’interroge sur ces nouveaux pères. Qui sont-ils ? Où les rencontrer ? Et surtout sont-ils ce qu’ils prétendent être ?
On retrouve avec un grand plaisir les personnages de Gwendoline Raisson et Magali Le Huche dans cette suite des Mères anonymes. C’est très drôle, car c’est bien vu, on se reconnaît dans certaines situations, certains personnages nous rappellent des amis. Mais c’est aussi bourré de tendresse, les auteures ne veulent pas faire de l’humour à tout prix, leurs personnages sont vraiment attachants.
Une BD tendre et drôle sur la parentalité.
À la recherche du nouveau père, Gwendoline Raisson et Magali Le Huche, Dargaud, 17,95€.

Le Guide du Mauvais Père 3Le mauvais père est de retour ! Il glisse des règles de conjugaison dans la lecture du soir, envoie ses enfants en éclaireurs quand la situation lui semble dangereuse, fait des mauvaises blagues, apprend à bien prononcer les grossièretés et adore terroriser ses enfants.
Le troisième tome de la série Le Guide du Mauvais Père de Guy Delisle est tout aussi hilarant que les deux premiers. En le lisant, je ricanais tout seul dans le métro (j’avais pas l’air bien malin). C’est méchant, donc très drôle, bien vu et totalement jouissif, bref j’en suis totalement fan !
Une super BD au format poche pour tous ceux qui, comme moi, adorent l’humour vache.
Des extraits sur le site de l’éditeur.
Le guide du Mauvais Père, Guy Delisle, Shampooing, 9,95 €

En parlant de Guy Delisle, je me permets une parenthèse. J’ai (enfin) découvert ses BD où il raconte ses séjours à l’étranger. J’ai lu Chroniques Birmanes (Shampooing), Pyongyang (L’association) et Shenzen (L’association) et c’est absolument génial. On se régale des anecdotes sur le pays, on rit (parfois jaune en lisant Pyongyang…). C’est drôle, mais pas uniquement, c’est vraiment profond. Ce sont de très très bonnes BD pour adulte que je vous conseille fortement !

Aya de YopougonAya est une jeune fille qui vit à Yopougon, en Côte d’Ivoire. Nous sommes en 1978. Il y a ses amies, Ajoua et Bintou qui adorent sortir au Ça va chauffer, Hervé qui craque un peu sur elle, Moussa, le fils du patron de l’usine, Mamadou le dragueur et bien d’autres !
Ma fille (de 7 ans) et moi sommes totalement fans d’Akissi (qui est en fait dans l’histoire la petite sœur d’Aya), mais je n’avais jamais lu Aya de Yopougon. Je me suis totalement régalé avec les deux premiers tomes. Les personnages sont hauts en couleur, les situations souvent très drôles. On suit le quotidien de tous ces personnages, leurs chemins qui se croisent, leurs bonheurs et leurs malheurs. C’est vraiment une super BD.
Les deux premiers tomes d’une série devenue culte, à découvrir absolument !
Aya de Yopougon, T.1, de Marguerite Abouet et Clément Oubrerie, Gallimard dans la collection Bayou, 17 €.
Aya de Yopougon, T.2, de Marguerite Abouet et Clément Oubrerie, Gallimard dans la collection Bayou, 17 €.

Gabriel

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Le grand retour

Par 1 septembre 2014 Livres Jeunesse

C’est le grand retour, que tu l’ veuilles ou non
De celui dont tu maudissais le nom
C’est le grand retour, un peu improbable,
D’un drôle de rôdeur, certes infréquentable,
Mais sympathique en diable

Le grand retour, Alain Chamfort

Et oui nous voilà de retour ! Et pour cette rentrée, j’avais envie de vous parler de quatre coups de cœur que j’ai eus cet été. Une chronique un peu plus longue, donc, mais avec que du bon !

RaphaëlJérôme par coeur aime Jérôme, il le dit d’ailleurs, c’est facile : Raphaël aime Jérôme. Il aime quand il lui tient la main et quand ils se cascadent de rigolade.
Les parents de Raphaël apprécient beaucoup ce jeune garçon bien élevé même si son papa trouve dommage qu’il n’aime pas le football. Pourtant un matin alors que Raphaël parle de son rêve de Jérôme son père s’agace. Mais Raphaël aime Jérôme, il le dit, c’est très facile.

Jerôme pas coeur par Za

Extrait volé au Cabas de Za

Les jours de sortie au musée des tableaux, c’est moi qu’il choisit pour être bien en rang.

C’est pour ça que je l’aime, Jérôme

Ça ne me dérange pas.
Raphaël aime Jérôme.
Je le dis. Très facile

Jérôme par cœur m’a été conseillé par Chloé Marot de Causette (lire son article ici). Et qu’elle a eu raison de me parler de cet album que je ne connaissais pas ! Quelle délicatesse, quelle poésie ! Tant dans le texte de Thomas Scotto que dans les illustrations d’Olivier Tallec. Certains y verront une amitié très forte, d’autres un petit garçon qui aime les garçons sans savoir encore ce que cela implique (lalbum est d’ailleurs dédié au Xavier d’Anne Sylvestre, chanson qui m’a valu de sacrés débats avec un copain sur le thème Xavier est-il homo ou pas).
Raphaël est un rêveur, un garçon légèrement différent des autres qui est bien content d’avoir trouvé Jérôme. Tout simplement magnifique.
Le même vu par Le cabas de Za.

DansCombien de terre faut-il à un homme- l’Ouest sibérien, Pacôme vivait avec sa femme et ses trois enfants. Ce paysan n’était pas riche, mais sa famille mangeait à sa faim. Pourtant il voulait plus, et quand il eut plus il voulut encore plus. Cette envie jamais assouvie le pousse à partir loin, puis encore plus loin, chez les Bachkirs. Là, on lui propose un étrange marché, il aura autant de terre qu’il peut en faire le tour en une journée. Seulement dans son envie d’avoir plus, Pacôme pense à aller le plus loin possible, mais pense peu au retour…

Combien faut-il de terre à un homme ?C’est une magnifique (et tragique) histoire de Tolstoï qu’adapte ici, avec beaucoup de talent, Annelise Heurtier. Un conte russe qui a plus d’un siècle et qui est pourtant tout aussi parlant aujourd’hui. À force de vouloir toujours plus, qu’avons-nous au final ? L’histoire est magnifique et la plume d’Annelise Heurtier est très belle, mais surtout le livre est sublimé par les illustrations de Raphaël Urwiller (un des membres d’Icinori dont nous avions adoré Issun Bôshi). De plus, Thierry Magnier a fait un bien bel ouvrage avec un beau papier épais.
Un bien beau livre, tant sur le fond que sur la forme, pour se rappeler que l’important est de profiter de ce que l’on a plutôt que d’en vouloir toujours davantage.

L’heureLa retraite de Nénette de la retraite a sonné pour Nénette, l’orang-outang du Jardin des Plantes à Paris. Faut dire qu’elle vivait enfermée depuis qu’elle était enfant, il était temps qu’on la laisse partir. On lui dégote donc un petit deux pièces sous les toits à Paris et on lui donne quand même quelques consignes : manger équilibré, faire un peu de sport, prendre ses médicaments pour la tension et nourrir le petit chat. Seulement, Nénette a du mal à suivre tout ça, elle mange surtout des bananes et elle grossit de plus en plus… Et si sa vie était ailleurs ?
Quel magnifique ouvrage ! Claire Lebourg a écrit, illustré et même édité ce très bel objet (là aussi tant au niveau du contenu que du contenant !) et soyons franc, je n’ai jamais vu un livre autoédité d’une telle qualité (à tout point de vue). Les illustrations sont superbes, le papier épais et l’histoire aussi drôle que poétique. Claire Lebourg s’est inspirée de la vraie Nénette du Jardin des Plantes (qui a moins de chance que son héroïne, car, elle, vit toujours enfermée). Au-delà de ça, on pourra aussi y voir une métaphore sur l’heure de la retraite chez nous, les hommes, cousins des orangs-outangs.
Une magnifique histoire sur la liberté, un petit bijou.
De nombreux extraits sur le site de Claire Lebourg.
Le même vu par Enfantipages.

OnLe chevalier noir termine par une histoire pleine d’humour qui nous a bien fait nous bidonner, ma fille et moi.
Un chevalier s’avance vers une haute tour où vit une princesse. Il lui annonce être le célèbre chevalier noir et qu’il vient la délivrer, il suffit qu’elle lui jette les clés du château. La princesse ne voit pas pourquoi elle ferait ça, elle ne le connaît pas et visiblement elle est bien là où elle est ! Alors le chevalier menace, si la princesse n’obéit pas, il fera intervenir son géant. Un géant ? Notre princesse se marre, et affirme quant à elle avoir une fée. Sauf que d’après le chevalier les fées n’existent pas…
Je ne vais quand même pas vous raconter toute l’histoire, même si je suis bien tenté (et tout à l’heure encore, je la racontais en me marrant), mais voilà une histoire pleine d’énergie et d’humour avec une princesse vraiment pas nunuche (et un chevalier quand même un peu arrogant !). On y voit même un combat à mains nues entre les deux héros, et croyez-moi, la princesse n’est pas la plus faible !
Un album plein de punch, vraiment très drôle dont la fin me fait me gondoler.
Des extraits sur le site de l’illustrateur.

Quelques pas de plus…
Nous avons déjà chroniqué des ouvrages de Thomas Scotto (Un bond de géant – 1969, on a marché sur la lune), Olivier Tallec (La boum ou la plus mauvaise idée de ma vie, Qui quoi qui, Coffret Grand Loup & Petit Loup, MarlaguetteLe plus féroce des loups, Pas de pitié pour les baskets, Kevin et les extraterrestres, Restons Calmes !, Joyeux Noël Rita et MachinMaurice Carême chanté par Domitille, Mon cœur en miettesLe slip de bain, ou les pires vacances de ma vie et La croûte), Annelise Heurtier (L’affaire du chien, Babakunde, On déménage !, Drôle de rentrée !, Sweet Sixteen, Le carnet rouge et La fille aux cheveux d’encre), Raphaël Urwiller (Issun Bôshi, l’enfant qui n’était pas plus haut qu’un pouce), Michaël Escoffier (L’anniversaire, La croccinelle, Le ça, Tous les monstres ont peur du noir, Trois petits riens, Le jour où j’ai perdu mes super pouvoirs, Zizi, Zézette, mode d’emploi, Le grand lapin blanc, Vacances à la ferme, Bonjour FacteurLa plume et Sans le A, Bonjour Docteur) et Stéphane Sénégas (Y’a un monstre à côté). Retrouvez aussi nos interviews d’Annelise Heurtier et de Michaël Escoffier.

Jérôme par cœur
Texte de Thomas Scotto, illustrations d’Olivier Tallec
Actes Sud Junior
14,20 €, 285×225 mm, 30 pages, imprimé en Italie, 2009.
Combien de terre faut-il à un homme ?
Texte d’Annelise Heurtier d’après Tolstoï, illustré par Raphaël Urwiller
Thierry Magnier
17 €, 310×180 mm, 40 pages, imprimé en Italie, 2014.
La retraite de Nénette
de Claire Lebourg
Auto-édité
15 €, t155x246 mm, 56 pages, imprimé en Espagne, 2014.
Le chevalier noir
Texte de Michaël Escoffier, illustré parStéphane Sénégas
Frimoussedans la collection Sa majesté du soir
14 €, 225×292 mm, 24 pages, imprimé en Italie, 2014.

À part ça ?

Le mois de septembre est là, c’est le moment de vous donner nous coups de cœur de juillet-août. Marianne a choisi Wilo et Mi de Séverine Vidal et Christine Roussey (L’élan vert), Le jour où j’ai rencontré le monstre de Céline Claire et Barroux (Circonflexe) et Pousse Piano de Gilles Baum et Rémi Saillard (Le baron perché). Et moi : Le grand Antonio d’Élise Gravel (La Pastèque), Arlequin, Charlot, Guignol & Cie de Bénédicte Rivière et Gérard DuBois (Actes Sud Junior) et La princesse qui n’aimait pas les princes d’Alice Brière-Haquet et Lionel Larchevèque (Actes Sud Junior).
Retrouvez nos coups de cœur des mois précédents sur le blog, sur Facebook (ici pour les albums et pour les romans) et sur Pinterest (ici pour les albums et pour les romans).

Gabriel

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