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Sylvie Serprix

Les invité.e.s du mercredi : Sylvie Serprix et Véronique Massenot

Par 18 janvier 2017 Les invités du mercredi

Nous recevons aujourd’hui Sylvie Serprix et Véronique Massenot. La première a accepté de répondre à nos questions, la seconde nous livre ses coups de cœur et coup de gueule. Bon mercredi à vous !


L’interview du mercredi : Sylvie Serprix

Sylvie SerprixParlez-nous de votre dernier album, Moi parfois… sorti chez Bulles de Savon, comment avez-vous travaillé sur ce projet ?
J’ai reçu un mail de l’éditeur de Bulles de savon qui est fan de mon travail pour la presse. Au début de l’été, il m’a envoyé le texte d’Agnès de Lestrade, pour qui j’avais déjà illustré La vie sans moi. J’aime son écriture, concise et délicate. Celle-ci était en plus très drôle !
C’est un album pour les petits autour des émotions, le quotidien d’un enfant dans ses contradictions : passer des câlins à la bouderie, jouer avec un ami et ne plus vouloir lui prêter ses jouets, etc. L’histoire commence avec la petite fille de la couverture chaussée de baskets magiques qui la transforment ensuite en différents animaux suivant ses émotions. Le texte et les images sont construits en écho sur chaque double page, dans une ambiance très colorée et avec le sourire. À la fin les enfants peuvent continuer à imaginer d’autres rôles !
Pour la réalisation, il y a d’abord eu la recherche des animaux suivant leur rôle, j’ai donc fait passer un casting ! Ensuite j’ai travaillé les personnalités de chacun, les mouvements, positions, cadrage avec le décor, etc. Puis mis en place du story-board pour affiner l’ensemble, avec une première mise en place des couleurs en numérique. Petits allers-retours mail avec l’éditeur. Validation. Et finalisation des images avant maquette.
Nous avons aussi beaucoup travaillé la couverture. Au début la petite fille marchait simplement et puis le texte était tellement drôle que je l’ai fait sautiller en ajoutant un assistant, le petit écureuil. Au moment du story-board, j’avais juste dessiné le titre en imitant une écriture d’enfant. Finalement, on a gardé cette idée et je l’ai retravaillé en calligraphie.
Et suite à mes nombreuses rencontres scolaires, où les enfants me demandent aussi souvent la question de la réalisation, du coup j’ai réalisé un petit making of pour cet album que l’on peut voir sur mon site www.serprix.com.

Comment choisissez-vous les projets sur lesquels vous travaillez ?
Généralement, un éditeur connaissant mon travail me soumet un texte. Mais à deux reprises, le scénario s’est inversé. Ce fut le cas avec Marie-Sabine Roger pour mon tout premier album jeunesse Le roi sans terre, mention White Raven Bologne 2012 et adapté au théâtre. Puis avec Claire Gratias dont j’avais illustré la couverture de l’un de ses romans, ce qui a donné par la suite notre petit best-seller Arrête de lire !, Prix des Incorruptibles 2014.

Vous travaillez aussi beaucoup pour la presse, c’est un travail différent que celui d’illustrer un album ?
Déjà étudiante en école d’art, j’étais très presse. J’aime le rythme très rapide, mon délai le plus court étant à peine 4 heures pour le journal Le Monde ! Il faut réagir vite. C’est un exercice d’humilité aussi. Aussitôt le texte envoyé, l’idée validée, l’image rendue et publiée le lendemain, le jour d’après on passe déjà à d’autres actualités ! Le rapport texte-image est le même que pour les albums jeunesse. Par contre, le travail en presse m’oblige avant tout à être précise avec une idée très forte tout de suite. D’ailleurs, je garde ce côté « idée dans l’instant » pour illustrer les albums, même si c’est un long travail dans le temps avec des allers-retours entre l’auteur et l’éditeur.

Quelles techniques d’illustration utilisez-vous ?
Le travail de recherche est au crayon à papier, sur feuille libre. Je n’aime pas les carnets. Puis une mise en couleur rapide en numérique, pour donner une idée de l’atmosphère générale. Après validation, le rendu final est souvent en peinture acrylique avec parfois des montages pour des parties au crayon à papier suivant l’histoire. Les images sont ensuite numérisées et retravaillées sous Photoshop.

Pouvez-vous nous parler de votre parcours ?
Après mon diplôme d’Art Graphique de Penninghen, j’ai commencé par hasard par le dessin documentaire pour des guides chez Gallimard. Puis j’ai intégré deux agences de création, l’une pour un travail documentaire toujours, avec le Muséum d’Histoire Naturelle. Passionnant de travailler avec des scientifiques sur l’origine du monde. Puis une autre agence pour la réalisation graphique de sites Web, j’ai appris le java script ! … et la création de décors 2D pour des jeux vidéo. Passionnant également, si on aime les contraintes techniques. C’est un travail de fou !
Avant de me consacrer entièrement à l’illustration depuis 10 ans maintenant.
Pour la presse, je collabore régulièrement avec Le Monde, Libération, le JDD, Le Magazine Littéraire, Pèlerin magazine, l’OECD entre autres et j’ai depuis septembre une rubrique mensuelle pour le magazine Cerveau & Psycho.
Pour l’édition, j’ai commencé par des couvertures de romans adultes, puis jeunesse, puis romans illustrés et enfin depuis 7 ans, une quinzaine d’albums jeunesse parus.

Quelles étaient vos lectures d’enfant, d’adolescente ?
Toute petite j’étais très Martine, et puis il y a eu Jules Verne qui m’a beaucoup impressionné. J’ai eu une période polar. Je suis aussi fan de biographies ! Toutes celles concernant Churchill et celles qu’il a écrites lui-même, divinement écrites d’ailleurs, avec un humour féroce !

Quelques mots sur vos projets ?
La presse toujours. Et pour les albums jeunesse, il y aura deux projets musicaux et le troisième opus d’Arrête de lire !. Tout est en cours, donc difficile pour moi de donner plus de détails. À suivre donc. Et puis peut-être une expo.

Bibliographie sélective :

  • Moi, parfois…, illustration d’un texte d’Agnès de Lestrade, Bulles de Savon (2016).
  • Phototoutou, texte et illustrations, La Palissade (2015).
  • T’es plus mon amoureux, illustration d’un texte de Claire Gratias, Belin Jeunesse (2015), que nous avons chroniqué ici.
  • Le rendez-vous de Valentin, texte et illustrations, Grasset-Jeunesse (2013).
  • Tout blanc, illustration d’un texte de Marie-Sabine Roger, Casterman (2013).
  • D’une île à l’autre, illustration d’un texte de Nadine Brun-Cosme, Talents Hauts (2013), que nous avons chroniqué ici.
  • Arrête de lire !, illustration d’un texte de Claire Gratias, Belin Jeunesse (2012).
  • Contes d’un autre genre, illustration d’un texte de Gaël Aymon, Talents Hauts (2011), que nous avons chroniqué ici.
  • Mille petits poucets, illustration d’un texte de Yann Autret, Grasset Jeunesse (2011).
  • De ce côté du monde, illustration d’un texte de Marie-Sabine Roger, Casterman (2011).
  • Un beau jour du crocodile, illustration d’un texte de Valérie Guidoux, Mango (2011).
  • Samiha et les fantômes, illustration d’un texte de Clémentine Beauvais, Talents Hauts (2010), que nous avons chroniqué ici.

Le site de Sylvie Serprix : www.serprix.com.


Le coup de cœur et le coup de gueule de… Véronique Massenot

Régulièrement, une personnalité de l’édition jeunesse (auteur.e, illustrateur.trice, éditeur.trice…) nous parle de deux choses qui lui tiennent à cœur. Une chose qui l’a touché.e, ému.e ou qui lui a tout simplement plu et sur laquelle il.elle veut mettre un coup de projecteur, et au contraire quelque chose qui l’a énervé.e. Cette semaine, c’est Véronique Massenot qui nous livre son coup de cœur et son coup de gueule.

Mon coup de gueule, mon coup de cœur… ils sont liés, tous les deux.

Et comme j’ai horreur de râler, je ne vous parlerai que du second — mais vous comprendrez.
Mon coup de cœur, c’est la création de l’Association Encrages :

« Novembre 2016. Depuis des mois, des réfugiés campent dans le quartier de Stalingrad, rue de Flandre, à Paris. Des voisins se relaient pour partager avec eux un petit-déjeuner. De cafés en thés et de paroles en idées échangées, des bénévoles, des illustratrices, illustrateurs, des gens du livre révoltés par l’accueil déplorable fait aux réfugiés décident d’agir. Tout d’abord en parant au plus urgent : trouver des moyens pour “remplir la marmite” avec une vente de dessins au profit des associations qui aident les réfugiés. Pour organiser cette vente, une association est créée, et pensée pour d’autres actions à venir. C’est la naissance d’Encrages. »

Judith Gueyfier s’est chargée de lancer un appel auprès de ses confrères et sœurs. Nous avons été invités à offrir des illustrations pour qu’elles soient ensuite mises en vente, au profit de différents collectifs ou associations heureusement très actifs : 90 artistes ont donné une ou plusieurs de leurs œuvres.

La vente a eu lieu à La Rotonde, place de la Bataille de Stalingrad, à Paris, le 13 décembre dernier. Un très bel événement ! Dans l’après-midi, des familles réfugiées et parisiennes ont été invitées à divers ateliers, à visiter l’exposition et à partager un goûter. Puis la vente s’est ouverte, accompagnée de lectures, de musique, de dialogues entre bénévoles, réfugiés et public. Ce fut un vrai succès. TOUT a été vendu. L’argent récolté a pu être versé, comme prévu, aux associations BAAM (soutien juridique et cours de français), CPSE/TIMMY (mineurs isolés) et Polyvalence, tandis que d’autres dons, matériels, ont pu être faits aux collectifs P’tit Dej’ de Flandre et La Cuisine des Migrants (distributions de nourriture).
Ensuite ? L’association n’en restera pas là. D’autres manifestations du même type, portées par des amis auteurs et illustrateurs vivant dans d’autres villes se sont tenues parallèlement — ou s’organisent encore, n’hésitez pas à les soutenir ! Ainsi à Angoulême, à Nantes (du 5 décembre au 5 février), à Lyon (le 18 février), à Rennes (le 12 mars), à Marseille… Par ailleurs, des ateliers d’écriture et de dessin seront mis en place et proposés aux publics en précarité, notamment les réfugiés.

Les coups de gueule poussés ici ont souvent à voir avec l’état du monde — et celui, bien malmené, de nos consciences face à lui — ou avec la situation précaire des auteurs et illustrateurs Jeunesse. J’adhère à tous. Voilà pourquoi mon cœur bat très fort pour ce genre d’action, où chacun essaie de faire sa part selon ses moyens, comme il peut… Mais à beaucoup, on peut beaucoup ! Même précaires, de nombreux artistes du livre se montrent généreux, simplement fidèles aux valeurs humanistes qu’ils défendent dans leur travail.

PS : Pour soutenir l’association, n’hésitez pas à vous rendre sur son site… et plus si affinités ! 😉

Véronique Massenot

Véronique Massenot est auteure.

Bibliographie sélective :

  • Le Géant qui rêvait, illustré par Peggy Nille, L’élan Vert (2016).
  • Tizan et l’Arbre à Bonbons, illustré par Sébastien Chebret, L’élan Vert (2016).
  • À l’eau, la Baleine !, illustré par Peggy Nille, L’élan Vert (2016).
  • La Perruche et la Sirène, illustré par Vanessa Hié, L’élan Vert (2015).
  • Merci Facteur !, illustré par Isabelle Charly, L’élan Vert (2015).
    • À Plume, à Poil et à Paillettes !, illustré par Peggy Nille, Gautier Languereau (2014).
  • Salaam Palestine ! [Carnet de Voyage en Terre d’Humanité], avec Marc Abel et Bruno Pilorget, La Boîte à Bulles (2013).
  • Hansel & Gretel, illustré par Xavière Devos, L’élan Vert (2012), que nous avons chroniqué ici.
  • Les Trois Musiciens, illustré par Vanessa Hié, L’élan Vert (2011).
  • Au Jardin de mon Cœur, illustré par Kim Hee-yeon, Flammarion (2010).
  • Grand Ménage de Printemps, illustré par Lucie Minn, Gulf Stream (2007), que nous avons chroniqué ici.

Le site de Véronique Massenot : http://veroniquemassenot.net.

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Amoureux fous

Par 21 août 2015 Livres Jeunesse

t'es plus mon amoureuxHoratio a une passion : les livres. Mais ces derniers temps, ses parents trouvent le petit rat bizarre… il rêvasse tout le temps. Pire : il lit de moins en moins ! La réponse est simple, elle s’appelle Cassandra.
Avec beaucoup de tendresse et de délicatesse Claire Gratias et Sylvie Serprix nous raconte une jolie histoire d’amour… et de livres ! Horatio est fou de Cassandra, mais l’aimera-t-il assez pour lui donner un de ses livres ? On parle d’amour, de partage, d’amour de la lecture… C’est à la fois tendre et drôle et les illustrations de Sylvie Serprix sont superbes.
Une nouvelle aventure d’Horatio, le héros d’Arrête de lire, dans une belle histoire d’amour.
Le même vu par Chez Clarabel, Enfantipages et Le cahier de lectures de Nathan.

Ma voisine est amoureuseSa voisine est amoureuse… d’un crapaud. Celui-ci raffole des libellules qui, elles, aiment se lover dans les nénuphars. Les nénuphars qui, eux, vénèrent le soleil…
Construit un peu comme une chanson en laisse (style Trois petits chats), Ma voisine est amoureuse nous raconte donc une histoire d’amour où chaque fois on apprend ce qu’aime l’élément aimé dans la page précédente. Une sorte d’histoire sans fin (puisqu’à la fin, la boucle est bouclée). Régis Lejonc illustre lui-même son texte et c’est, comme d’habitude, un régal !
Une réédition au format poche (donc à petit prix) d’un bel album de Régis Lejonc.
Des extraits sur le site de la maison d’édition.

Quelques pas de plus…
Nous avons déjà chroniqué des livres de Sylvie Serprix (D’une île à l’autre, Samiha et les fantômes et Contes d’un autre genre) et de de Régis Lejonc (La poupée de Ting-Ting, L’Ogre Babborco, Ianos et le dragon d’étoiles, La boîte à joujoux, Loup ?, La mer et lui, Le petit chaperon rouge ou La petite fille aux habits de fer blanc et Obstinément Chocolat).

T’es plus mon amoureux ?
Texte de Claire Gratias, illustré par Sylvie Serprix
Belin Jeunesse
12,90€, 245×290 mm, 34 pages, imprimé en France chez un imprimeur éco-responsable, 2015.
Ma voisine est amoureuse
de Régis Lejonc
Actes Sud Junior dans la collection Encore une fois…
4,95€, 151×191 mm, 32 pages, imprimé au Portugal, 2015 (première édition 2003).

Gabriel

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Maintenant, j’ai un ami

Par 15 novembre 2013 Livres Jeunesse

Unis main dans la main
A chaque seconde
On rit de ses chagrins
Quand on possède un bon copain
Avoir un bon copain, Jean Boyer

Dans les albums du jour il sera question de rencontres, d’amitié, d’entraide. Et je vous préviens, il y aura quelques pépites.

Une rencontreUne renarde rôde. Il fait froid, c’est l’hiver et la neige recouvre le sol. Elle s’approche d’un village, bien entendu elle est chassée par les habitants mais de la fenêtre de sa chambre un enfant observe. Il voit la renarde se réfugier dans la serre, il décide de l’aider.

Une rencontre est un album sans texte (comme tous les albums de la collection Histoire sans paroles très joliment sous-titrée Pour lire avant de savoir lire). Les très belles planches toutes en longueur sont signées Princesse Camcam et elles sont absolument magnifiques. Elle reprend ici le principe des papiers découpés qu’on avait adoré dans L’album de famille. C’est un album très doux, extrêmement poétique. Le petit garçon aide la renarde qui cherchait où mettre au monde ses petits, la renarde offrira un beau cadeau au petit garçon. Un magnifique album, format à l’italienne, présenté dans un fourreau en carton.
Vous pouvez voir des illustrations issues du livre sur le site de Princesse Camcam.

Le lion et l'oiseauAlors qu’il jardinait, Lion trouva un oiseau par terre, l’oiseau était blessé, il fallait le soigner. Ses amis avaient continué leur vol et il était maintenant seul. Lion allait prendre soin de lui, le réchauffer, le nourrir. Lion, qui vivait seul, était ravi de ce nouvel ami et ensemble ils regardaient passer l’hiver, bien au chaud. Au printemps, l’oiseau était guéri, ses amis repassèrent, il pouvait donc les rejoindre. Lion se retrouva à nouveau seul… il espérait que son ami reviendrait le voir.

Le lion et l’oiseau de Marianne Dubuc est également un magnifique album. Ici aussi on parle d’entraide, d’amitié. Le livre est extrêmement doux, poétique et si, contrairement au précédent, il y a du texte, c’est un texte court, parfois plusieurs pages n’en contiennent pas. J’avais déjà chroniqué un livre édité par La pastèque il y a peu (Joseph Fipps) et j’ai le même coup de cœur ici. Décidément une maison d’édition qui fait de beaux livres (tant niveau édition que dans le contenu), une maison d’édition à suivre de près !
Le même vu par Le cabas de Za, Enfantipages et Œil d’ailleurs.

coffret Grand loup et Petit loupGrand Loup avait toujours vécu sur sa colline, sous son arbre. Un jour il vit arriver Petit Loup qui s’installa aussi sous l’arbre… Grand Loup ne savait pas quoi faire, qui était cet inconnu ? Il le regardait du coin de l’œil. La nuit vint, Grand Loup se coucha, Petit Loup aussi. Grand Loup eu pitié de Petit Loup et partagea avec lui son drap de feuille. Très vite ces deux-là devinrent amis. Grand Loup connut le manque quand Petit Loup disparut (avant de revenir, rassurez-vous). Il accomplit un dangereux périple pour lui offrir une feuille qui le tentait tant et il partit à sa recherche quand Petit Loup se perdit.

Connaissez-vous Grand Loup & Petit Loup, cette série de Nadine Brun-Cosme et Olivier Tallec ? Trois albums sont sortis, ils sont ici regroupés en petit format dans un coffret. Si vous ne connaissez pas ces albums, ce sont des bijoux de poésie. Des textes superbes, extrêmement riches (ma préférence va à La feuille qui ne tombait pas, le deuxième livre, où Petit Loup désire plus que tout une feuille qui se trouve tout en haut de l’arbre, il a envie de la toucher, de la goûter et de se voir dedans. Grand Loup va aller la chercher pour lui mais il a tant attendu avant de le faire que la feuille se désagrège à peine il la touche, et elle tombe en poussière. Finalement, Petit Loup recevra une pluie de morceaux de la feuille mais il arrivera à en manger un petit bout, un morceau frôlant sa joue lui montrera qu’elle est douce et en regardant les morceaux tomber il verra à quel point elle brillait… magnifique). Les illustrations d’Olivier Tallec sont bien sûr superbes (Olivier Tallec…) et il nous réserve une surprise dans le dernier tome, quelque chose qui m’a laissé sans voix, perplexe, qui m’a donné envie d’en parler avec lui. Bref, voilà réunis 3 albums merveilleux, dans un bien joli petit coffret.
Grand Loup & Petit Loup (le premier album du coffret) vu par Le cabas de Za.

MarlaguetteMarie-Olga était une petite fille que tout le monde appelait Marlaguette. Un jour qu’elle cueillait des champignons dans les bois elle rencontra le loup ! Bien sûr le loup la prit dans sa gueule mais l’enfant se débattait tellement que le loup finit par se cogner… il ne bougeait plus, un peu de sang coulait de son front. Marlaguette ne pouvait pas le laisser comme ça. Ce fut le début d’une belle histoire.

Marlaguette est un conte classique que vous avez peut-être lu enfant et que vos parents ont peut-être même lu lorsqu’ils l’étaient eux-mêmes (il date de 1952). La version sortie dans les classiques du Père Castor est très connue. Ce bon vieux Père Castor a eu une super idée en la ressortant dans un grand album, au dos toilé, illustré par le génial Olivier Tallec. Les grandes planches sont absolument magnifiques, c’est vraiment un régal de redécouvrir les aventures de cette petite fille qui pardonne à celui qui voulait la manger et décide de lui venir en aide. On y parle aussi de la nature (et de ne pas aller contre elle). Une magnifique histoire d’amitié et d’entraide qui, éditée il y à 60, n’a pas vieillit depuis.

Le petit pêcheur et le squeletteTong vit dans une petite cabane, aux portes de la ville. Comme tous les matins, l’enfant part à la pêche sur son bateau, mais ce matin le ciel est sombre, très vite la mer se déchaîne. Tong pousse tout à coup un cri d’horreur, un squelette vient de monter dans son bateau et se dresse maintenant devant lui, imaginez la terreur du petit garçon qui lutte pour faire tomber cet occupant. Tong arrive a rentrer chez lui mais le squelette est toujours là, l’enfant s’évanouit. Le squelette ramasse l’enfant, l’aide à revenir à lui, s’en occupe puis découvre son image dans un miroir, à son tour il est terrorisé et s’effondre, ça sera l’enfant qui, à son tour, s’occupera de lui.

Le petit pêcheur et le squelette est un album bien singulier, il pourrait paraître terrifiant (le squelette arrive dans l’histoire avec un gros plan pleine page) mais ma fille de cinq ans (assez froussarde habituellement) n’a pas du tout été effrayée par ce conte (la notion de squelette n’est pas forcément associée à un revenant pour les petits). Ici aussi on parle d’entraide, ces deux-là vont s’occuper tour à tour l’un de l’autre. Et la fin est des plus heureuses (le squelette redeviendra humain grâce aux soins du petit garçon). Les illustrations sont superbes et accompagnent parfaitement ce joli conte, bien original.
Le même vu par Les livres de Dorot’.

Deux clownsUn clown blanc regardait vers l’horizon mais ne voyait rien venir, accompagné de son cheval il décida donc de quitter son pays. Il rencontra un petit homme perché sur un arbre, il lui expliqua que, grâce à de la peinture, il redonnait de la couleur aux arbres qui avaient perdu leurs feuilles. Les deux hommes sympathisèrent, ensemble ils partagèrent un repas puis jouèrent de la musique. Ils remarquèrent qu’ils avaient le même nez rouge et qu’en les voyant les enfants riaient. Un cirque passait par là, ils décidèrent de le suivre pour en devenir les clowns.

Deux clowns est aussi une très belle histoire d’amitié que nous propose Éric Battut, l’histoire de deux hommes, assez différents, mais avec quelques points communs, qui vont devenir amis. On reconnaît bien sur ici le clown blanc et l’Auguste, deux personnages connus chez les clowns. Ce bel album est sorti dans une toute jeune maison d’édition, Bulles de savon, qui a déjà un beau catalogue. A suivre donc (mais nous en reparlerons) !

D'une île à l'autreColin, Max et Rémi jouaient ensemble tous les jours sur leur rocher qu’ils appelaient leur île. C’était LEUR territoire, personne n’avait le droit de s’en approcher. Les trois garçons avaient chacun leur caractère, l’un aimait construire des tours et des châteaux, l’autre adorait courir, le troisième aimait les drapeaux. Un jour, Sarah arriva. Hors de question qu’elle joue avec eux, une fille ! Imaginez donc ! Alors elle les observa de loin, sur son propre rocher. Seulement, quand Sarah mit un drapeau, les garçons continuèrent à jouer mais en gardant un œil vers là-bas… Le lendemain ils était deux sur le rocher de Sarah… et ils n’étaient plus que deux sur le rocher des garçons.

D’une île à l’autre nous parle aussi d’amitié, d’aller à la rencontre de l’autre, peu importe sa couleur, peu importe son sexe. C’est tellement mieux de faire les choses à plusieurs que seul dans son coin, et comme le dit l’expression, plus on est de fous, plus on rit. De très belles illustrations à la peinture signées Sylvie Serprix mettent en image le texte de Nadine Brun-Cosme (dont on a déjà parlé dans cette chronique). Un très bel album pour aller vers l’autre qui a eu le soutien d’Amnesty International.
Le même vu par Enfantipages.

ChapillonUn papillon vole, un chat le poursuit. Le chat s’élance… va-t-il l’attraper ? Non, le chat retombe sur ses pattes et le papillon vole toujours. On retente de plus haut… le chat tombe dans la mare. Allez une autre tentative ?

On a commencé par un album sans texte, on termine la chronique par un album sans texte. Chapillon de Layla Benabid fait partie de la collection Cartoons de chez Rêves Bleus dont nous vous avions déjà parlée ici. Une très jolie collection de petits albums souples en noir et blanc (avec une couleur en plus). Ici on parle donc de l’histoire d’amitié entre un papillon et un chat, eux qu’on croyait ennemis. Un album très graphique et très esthétique, très tendre.
Le même vu par Butiner de livres en livres.

Quelques pas de plus…
Nous avons déjà chroniqué des livres de Princesse Camcam (Le jardin de Clara, Je danse à l’Opéra, L’album de famille, Marie de Paris, Marie voyage en France, Drôles de marchés ! et La fille aux cheveux d’encre), Nadine Brun-Cosme (Trop c’est trop et Le prince amoureux), Olivier Tallec (Le plus féroce des loups, Pas de pitié pour les baskets, Kevin et les extraterrestres, Restons Calmes !, Joyeux Noël Rita et MachinMaurice Carême chanté par Domitille, Mon cœur en miettesLe slip de bain, ou les pires vacances de ma vie et La croûte), Éric Battut (Mes petits bateaux, Le petit poisson rouge, Arthur 1er et le trône à trois pieds, Quand Grand-Mère revenait, Monsieur Scarlatine, Comme un pou), Sylvie Serprix (Samiha et les fantômes et Contes d’un autre genre) et Layla Benabid (Kid-do, Nours et Li-loup). Retrouvez aussi notre interview de Princesse Camcam.

Une rencontre
de Princesse Camcam
Autrement dans la collection Histoire sans paroles
12€, 260×150 mm, 32 pages, imprimé en Chine, 2013.
Le lion et l’oiseau
de Marianne Dubuc
La Pastèque dans la collection Pamplemousse
16,40€, 199×249 mm, 60 pages, imprimé à Singapour, 2013.
Coffret Grand Loup & Petit Loup
Textes de Nadine Brun-Cosme, illustrés par Olivier Tallec
Père Castor
18€, 140×170 mm, 3×32 pages, imprimé en Chine, 2013.
Marlaguette
Texte de Marie Colmont, illustré par Olivier Tallec
Père Castor
13€, 280×260 mm, 32 pages, imprimé en Chine, 2013.
Le petit pêcheur et le squelette
de Chen Jiang Hong
L’école des loisirs
12,70€, 285×290 mm, 48 pages, imprimé en Italie, 2013.
Deux Clowns
d’Éric Battut
Bulles de savons
14€, 310×230 mm, 32 pages, imprimé en Union Européenne, 2013.
D’une île à l’autre
Texte de Nadine Brun-Cosme, illustré par Sylvie Serprix
Talents Hauts
14,80€, 226×306 mm, 25 pages, imprimé en Italie, 2013.
Chapillon
de Layla Benabid
Rêves Bleus dans la collection Cartoons
5,90€, 150×150 mm, 32 pages, imprimé en France, 2013.

A part ça ?

Les auteurs ne sont déjà pas bien riches, la loi des finances 2014 propose de les taxer encore plus. Une pétition à lire (et à signer) ici.

Gabriel

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Et Dieu dans tout ça ?

Par 15 juillet 2013 Livres Jeunesse

Commencer la semaine en parlant de Dieu, pourquoi pas ? On m’avait demandé une thématique sur la religion, n’étant pas croyant moi-même je n’en avais pas une réelle envie, je l’avoue. Cette chronique n’est donc pas vraiment une thématique (on pourrait me faire des reproches si c’était le cas). C’est plutôt une chronique pour parler de deux très beaux livres et d’un documentaire qui allait bien avec. Si vous cherchez de bons articles sur les livres abordant la religion je ne peux que vous conseiller le très bon blog Des enfants, des livres et la religion.

Le petit homme et DieuQuelle est cette chose que rencontre un jour Petit Homme en se promenant et qui prétend être Dieu ? Un être bien étrange, informe mais capable de se transformer en ce qu’il veut. Petit Homme et lui passeront la journée ensemble, une journée qui marquera l’homme… et Dieu.

Kitty Crowter signe ici un album très étrange, comme elle sait si bien le faire. Une sorte de conte qui peut être lu à plusieurs degrés, on peut aimer l’histoire sans comprendre toutes les références et sans être croyant. Qui est le plus étonné de ce qu’il voit, l’homme ou Dieu ? Qui a la vie la plus enviable ? L’homme n’est-il pas une sorte de dieu ? Un album d’une extrême finesse, très esthétique et plein de philosophie.

Samiha et les fantômesSamiha connaît d’avance son avenir, comme toutes les filles de sa famille elle sera un fantôme parce son oncle l’ordonne. Ça montre, dit-il, qu’on respecte son père, son frère et son mari. Pourtant, bien qu’il soit un garçon, Salman, son frère, n’est pas d’accord, il trouve ça laid lui les fantômes, et quand Samiha en sera un elle ne pourra plus monter aux arbres et même pour l’école ça sera moins simple couverte ainsi. Le destin de Samiha est-il vraiment d’être un fantôme cantonné à s’occuper des enfants et du linge ?

La très talentueuse Clémentine Beauvais signe un magnifique album sur le voile, une histoire pleine de poésie pour parler d’un thème pas évident à aborder. Le pari était risqué, et peu d’auteurs auraient réussi à faire une aussi belle histoire. Les illustrations à la peinture de Sylvie Serpix ajoutent de la douceur et de la poésie. Après, on peut s’interroger sur la « cible » de cet album (ou du moins qui va l’acheter). Clémentine Beauvais est décidément douée pour écrire des livres qu’on ne quitte pas « comme ça », en passant à autre chose, des livres qui continuent de nous habiter, de nous faire réfléchir.

La BibleComment Dieu créa-t-il l’Univers ? Pourquoi Caïn tua-t-il son frère Abel ? Que construisit le roi Salomon ? Qui furent les premiers à voir l’enfant Jésus ? 100 questions avec de courtes réponses pour connaître les personnages et les moments clefs de la Bible.

J’aime beaucoup la collection Questions-Réponses de chez Nathan, le principe fait que ce n’est jamais rébarbatif et qu’on trouve facilement ce que l’on cherche. Ici, c’est en 29 thèmes (L’Arche de Noé, La Terre promise, Les plaies d’Egypte,…) que le livre répond aux questions des enfants. Côté illustrations ça m’a rappelé les livres de catéchisme de mon enfance ou les brochures des témoins de Jéhovah, donc on reste dans le très classique. Une bonne approche sur les grands thèmes de la religion chrétienne.

Nous avons déjà chroniqué plusieurs livres de Clémentine Beauvais (La plume de MarieLes petites filles top-modèles, La pouilleuse et On n’a rien vu venir et un de Sylvie Serprix (Contes d’un autre genre).

Le petit homme et Dieu
de Kitty Crowther
Pastel
12,20€, 185×265 mm, 48 pages, imprimé en Italie, 2010.
Samiha et les fantômes
Texte de Clémentine Beauvais, illustrations de Sylvie Serprix
Talents Hauts
11,70€, 215×210 mm, 25 pages, imprimé en Italie, 2010.
La Bible
Texte de Dennis Doyle (traduit par Elisabeth de Galbert)
Nathan dans la collection Questions Réponse
8,90€, 241×289 mm, 64 pages, imprimé en Chine, 2013.

Gabriel

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Des contes qui vont devenir des classiques

Par 20 février 2012 Livres Jeunesse

Dans la série des livres qu’on trouve super qu’ils existent : Les contes d’un autre genre de Gaël Aymon.

Il était une fois… une princesse à qui on avait prédit qu’un jour elle se piquerait le doigt et sombrerait dans un profond sommeil, une guerrière sanguinaire et un prince nommé Perce-Neige qui était la honte de son père car il était très délicat et refusait de se battre.

Ces trois contes ont, au départ, un air de déjà vu… et pourtant ils ne vont pas prendre le chemin habituel. Ici les femmes ne sont pas nunuches et les princes pas forcément de vaillants chevaliers. Et qu’est-ce que ça fait du bien ! Souvent derrière ce genre de livre on sent le concept, le « tiens ça va plaire à une certaine catégorie de personnes », ici pas du tout ! Gaël Aymon a un vrai talent d’écriture, ça se lit avec beaucoup de plaisir, on oublie très vite les contes auxquels il se réfère et ceux-ci paraissent beaucoup plus « naturels ». C’est anti-sexiste mais ce n’est pas un livre « militant », dans le sens où on ne sent pas de prosélytisme, c’est vraiment le talent de Gaël Aymon. Je vous avais déjà parlé de lui à propos de son album Giga Boy (qui était déjà anti-sexiste), et je vous reparlerai de lui très vite ! Les contes d’un autre genre est vraiment un livre qu’on a envie de faire lire à ses enfants, aux camarades de ses enfants,… On a envie de l’offrir partout ! En plus l’objet est beau avec sa tranche toilée ! Bref un album à acheter de toute urgence !

Contes d’un autre genre de Gaël Aymon, illustré par François Bourgeon, Sylvie Serprix et Peggy Nille.
Talents Hauts, 14,80€
Public : A leur lire / Lecteurs débutants / Lecteurs confirmés (les contes font plusieurs pages donc pas trop pour les enfants trop petits)

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A part ça ?

Si vous habitez Lyon ou ses environs… vous avez de la chance ! Du 1er au 31 mars vous pourrez assister au Printemps des petits lecteurs, des spectacles, ateliers, expo,… gratuits dédiés aux 0-5 ans, notamment Tiroirs de cuisine, un atelier-spectacle interactif avec Nathalie Vassant-Cardoso, qui a l’air délicieux !. Inscription auprès des libraires dès mercredi et plus d’infos ici : http://www.bm-lyon.fr/printemps-petits-lecteurs/ateliers.php

Gabriel

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