La mare aux mots
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Télévision

Deux mondes hostiles

Par 31 mai 2018 Livres Jeunesse

Aujourd’hui on embarque vers deux mondes effrayants chacun à leur façon : le premier, celui de la téléréalité, est fait de mensonge et de manipulation, tandis que le second est peuplé de créatures maléfiques. Frissons garantis !

La plus belle de toutes
de Rachel Corenblit
Le Rouergue
12,90 €, 140×205 mm, 192 pages, lieu d’impression non indiqué, 2018.
Spill zone, tome 1
Scénario de Scott Westerfield (traducteur·trice non crédité·e), dessins d’Alex Puvilland
Rue de Sèvres
16 €, 188×255 mm, 211 pages, imprimé en France, 2018.

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Une télé en panne et un croco en cavale

Par 1 mars 2018 Livres Jeunesse

Aujourd’hui, je vous présente deux très bons albums bourrés d’énergie ! Le premier nous fait (re)découvrir une bande d’animaux venus du froid aux prises avec une télé qui grésille, tandis que le second fait appel à nous pour aider un dangereux crocodile à s’échapper de ses pages. Allons-y !

Ça marche pas ?
de Jean Gourounas
L’atelier du poisson soluble
15 €, 163×208 mm, 40 pages, imprimé en République tchèque, 2018.
Qu’y a-t-il derrière cette porte ?
de Nicola O’Byrne (traduit par Rose-Marie Vassallo)
Père Castor
13,50 €, 230x290mm, 32 pages, imprimé en Chine, 2018.

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Adolescence et télévision

Par 4 août 2015 Livres Jeunesse

les étoiles en moiFord et Magnolia sont deux participants du dernier jeu de télé-réalité à la mode. Ils ont tous les deux décidé de s’inscrire au concours musical Spotlight afin d’échapper à leur vie quotidienne. Pour Ford, c’est son Arkansas natal et la négligence de ses parents qu’il faut fuir. Pour Magnolia, ses pensées noires et sa personnalité introvertie qui la tiennent éloignée des autres. Chacun cherche à se révéler, loin du poids du passé et de l’image négative que leur renvoient leurs proches. Mais comment trouver qui l’on est vraiment quand on est pris dans les faux-semblants du show-business ?
Cette comédie romantique est une vraie bonne surprise. Je dois avouer avoir débuté ma lecture avec beaucoup d’a priori : une romance sur fond de télé-réalité… Le risque était grand de tomber dans le feuilleton pour midinette. Passées les vingt premières pages, le doute se dissipe. On est déjà sous le charme des deux personnages principaux dont les points de vue sont alternés. Magnolia a un esprit aiguisé, une grande sensibilité et beaucoup de répartie. Ford est une sorte de mélange entre Johnny Cash, James Dean et Justin Bieber, avec une bonne dose de second degré pour parfaire le tout. Il est en effet beaucoup question de musique, dans cette histoire. Le lecteur est invité à consulter en ligne la liste des tubes chantés ou évoqués par les jeunes concurrents, et c’est un véritable voyage rock’n’roll dans les États-Unis des années 70 à nos jours qui nous est offert. L’intrigue laisse une place importante aux questionnements des adolescents en quête de célébrité, mais tout en restant parfaitement rythmée.
Un roman addictif qu’on referme à regret, la tête pleine de bonne musique.

La pyramide des besoins humainsChristopher a 14 ans. Un matin, après l’affrontement de trop avec les poings de son père, il quitte la maison et part pour Londres. Rapidement, il se retrouve à faire la manche dans le quartier de Soho, sans attendre plus de la vie qu’un hot-dog épicé, un carton pas trop humide pour passer la nuit, et que les passants lui lancent suffisamment de pièces pour qu’il puisse se saouler pour s’endormir. Cette vie sans perspective va être bouleversée par une affiche : un nouveau jeu de télé-réalité le défie de démontrer qu’il subsiste à ses besoins. Le jeu est inspiré de la pyramide de Maslow qui schématise les besoins humains en cinq grandes catégories. À la base de la pyramide, les besoins physiologiques (se nourrir, dormir…), ensuite viennent le besoin de sécurité, celui d’appartenance, celui de reconnaissance et enfin le besoin de réalisation de soi. À chaque étape du jeu, les candidats, qui se créent un compte en ligne, doivent écrire un texte prouvant la satisfaction de ces besoins successifs. Christopher prend ce défi comme une occasion de se sortir de la rue, mais aussi de démontrer que notre société moderne s’est éloignée de ce qui est vraiment important pour l’homme.
Cette histoire nous emmène dans les bas-fonds de Chinatown, à la marge de la vie moderne, de l’autre côté du caniveau que nous évitons du regard la plupart du temps. Ce qui marque, c’est la simplicité avec laquelle on adopte le point de vue du jeune SDF. Bien qu’il soit vindicatif, un peu déconnecté de la réalité à force de ne fréquenter que des drogués, prostituées et autres rebuts de la société, Christopher ne nous est pas étranger. Encore hier, il était un enfant qui allait à l’école, campait le week-end… Et tout a basculé avec une rapidité désarmante.
Caroline Solé critique notre société superficielle, plus préoccupée par la lueur qu’émet un écran de smartphone ou de télévision que par les plaintes d’un sans-abri. Sa description de la vie quotidienne dans la rue est brute, parfois choquante, sans tomber dans le misérabilisme.
Un roman peu commun qui évoque avec finesse les questions difficiles de la pauvreté et de l’exclusion.
Le même vu par Dans la bibliothèque de Noukette, Bricabook, et Sous le feuillage

La gelée d'étéCoup de tonnerre sur les vacances d’été de Pierre et Jean : la télé familiale ne fonctionne plus ! Pour les deux frères, c’est la catastrophe. Ils ont pour habitude de passer leurs vacances plantés devant leur écran. Et si cette panne était l’occasion de mettre enfin le nez dehors et de redécouvrir la saveur des moments partagés ?
Ce tout petit roman aborde avec légèreté l’abus d’écran par les enfants. Avec l’humour qui le caractérise, Mathis dresse un portrait tendre, mais moqueur de ces deux préados désespérés à l’idée de passer un été sans leur télé. Le texte est très court, mais nous fait rencontrer des personnages attachants. La complicité entre les frères est brillamment suggérée en quelques lignes de dialogue. Les relations familiales sont esquissées à la simple évocation d’une partie de Scrabble. Mathis, en dépit d’une grande économie de mots, raconte une histoire tendre relevée par un humour très fin.
Une réussite.
Le même vu par Bob et Jean-Michel.

Quelques pas de plus…
Nous avons déjà chroniqué des ouvrages de Mathis (Un parfait petit avion, Et pan !J’ai 1 an + 1 an + 1 an + 1 an, Salut Cousine !, Panique au Mini-MarketJe hais les vacances et Du bruit sous le lit).

Les étoiles en moi
de Brent Bradshaw et Andrea Seigel traduit par Éric Betsch
Hugo Roman dans la collection New Way
16,00 €, 131 x 205 mm, 354 pages, imprimé en France, 2015.
La pyramide des besoins humains
de Caroline Solé
l’école des loisirs dans la collection Médium
12,80 €, 149 x 219 mm, 128 pages, imprimé en France, 2015.
La gelée d’été
de Mathis
Thierry Magnier dans la collection Petite Poche
3,90 €, 105 x 150 mm, 44 pages, imprimé en République Tchèque, 2015.

 À part ça ? 

The Who, Nirvana, Peter Gabriel ou même Beyoncé, retrouvez tous les artistes mentionnés dans le roman Les étoiles en moi sur la chaîne Youtube d’Hugo Roman. De quoi se plonger un peu plus dans l’univers musical des deux personnages principaux Ford et Magnolia.

Laura

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Qu’est-ce qu’on se marre !

Par 24 mars 2015 Livres Jeunesse

Ma famille normale contre les zombiesEn vacances en Bretagne où les mouettes contractent une maladie étrange, MadoLoup se retrouve acculée dans la maison de ses grands-parents devenus zombies, avec sa mère (surnommée « la petite personne » par ses enfants), son père (écrivain qui passe son temps à inventer des histoires qu’il décide de ne pas écrire), son frère ThéoPaïle (passionné par l’Apocalypse zombie), sa sœur Sarouchka (qui ne parle qu’en citations) et sa sœur Louve (5 ans, mais qui s’exprime comme une adulte), cherchant une solution pour échapper à l’attaque des morts-vivants et rentrer chez eux.
Alors, là, attention ! J’annonce : ce roman est un chef-d’œuvre. Je pense que je n’ai jamais autant ri en lisant un roman, jeunesse ou non. J’ai été bluffée par l’écriture de Vincent Villeminot, qui est drôle et subtile, et par son récit truffé de références littéraires, cinématographiques, télévisuelles, etc. La mise en page est également très chouette : uniquement en rouge et noir (« j’exilerai ma peur, j’irai plus haut que ces montagnes de douleur », Jeanne Mas, 1987), des illustrations partout, des gravures, des phrases manuscrites… Chapeau au graphiste, qui a dû y passer un temps fou, et à Yann Autret, qui dessine parfaitement bien les zombies à grandes oreilles !
J’aurais voulu ne jamais m’arrêter de lire ce texte. Heureusement, l’éditeur indique sur son site que c’est le tome 1 : sachant que ce tome est sorti en janvier 2015, quelles sont les chances pour que le tome 2 sorte demain ?…
Allez, une petite citation pour que vous faire sentir la portée de cet ouvrage : « Elle photographie des trucs sans intérêt (…) avec son polaroïd afin qu’on découvre qu’ils avaient en fait quelque intérêt. » C’est beau, non ? Plus sérieusement, que peut-on reprocher à un roman qui cite Sheila et La Cité de la peur ? Rien.
Des extraits sur le site de l’éditeur.
Le même vu par Sous le feuillage et Butiner de livre en livre.

NiakWahoo (oui, c’est le nom du héros), un jeune garçon d’une dizaine d’années, s’occupe de la ménagerie de son père, Mickey Cray, qui ne peut plus travailler depuis qu’un iguane gelé lui est tombé sur la tête. Mais dans cette ménagerie, pas de lapins, de poules ou de moutons, non, plutôt des serpents, des perroquets, des tortues et des alligators ! Bref, des animaux sauvages, que Wahoo et Mickey adorent et chouchoutent. Et c’est justement pour ça que la famille Cray est contactée par le programme de téléréalité « Expédition survie », une émission complètement truquée au cours de laquelle Derek Blair, vedette mégalo insupportable, doit survivre seul (mais entouré de caméras) dans une nature hostile (généralement reconstituée en studio), au milieu des animaux sauvages (mais apprivoisés, voire morts). Une émission qui n’est pas du tout du goût des Cray, mais quand on a des dettes à payer, on fait moins la fine bouche. Les voilà donc tous partis dans les Everglades, où le tournage ne se passe pas exactement comme prévu, surtout quand Derek Blair disparaît seul (vraiment seul cette fois) dans la forêt peuplée de vraies bêtes sauvages, après avoir été mordu par une chauve-souris qu’il tentait de manger crue et vivante.
C’est une satire bien sentie des trucages de la téléréalité que nous offre là Carl Hiaasen, et une bonne façon de faire comprendre aux préados qu’il ne faut pas croire tout ce qu’on voit à la télé ! On ne s’ennuie pas une seconde dans ce roman très bien écrit, qui traite de la famille, de l’écologie et de la société moderne, avec humour et subtilité. Sous ses airs de comédie railleuse, Niak aborde aussi des sujets sérieux comme l’alcoolisme et les parents violents. Ça n’est pas le sujet central de l’histoire, mais ça a le mérite de faire s’interroger Wahoo, et de fait le lecteur, sur la vie difficile de son amie Anguille.
En résumé, c’est fin, drôle et intelligent ! Foncez !
Le même vu par Chez Clarabel.

Le prince qui voulait rester propreVoilà un petit garçon dont tous les parents pourraient rêver ! En effet, ce petit prince déteste la saleté et n’aspire qu’à une chose : garder son bel habit tout propre. Un jour qu’il se balade sur son beau cheval, lui aussi tout propre, il croise une sorcière très très sale, qui fait du stop. Évidemment, il n’est pas question de s’arrêter, le prince risquerait de se salir. C’était sans compter sur les super pouvoirs de la sorcière qui, elle, est bien décidée à se frotter à ce petit garçon impeccable. Quand le prince découvre que cette sorcière l’emmène au Grand Congrès international des sorcières dégoûtantes, là, c’est vraiment la panique !
Un petit roman pour finir, parfait pour les enfants qui commencent à maîtriser la lecture ou qui n’aiment pas trop ça. C’est simple et rapide à lire, c’est marrant, c’est divertissant. Je suis sûre que les descriptions des sorcières plus dégoûtantes les unes que les autres, avec les illustrations qui vont bien, plairont beaucoup aux enfants !
Des extraits sur le site de l’illustrateur.

Quelques pas de plus…
Nous avons déjà chroniqué d’autres livres de Yann Autret (Tour de magie de Toto) et de Christian Oster (Chevaliers et princesses avec gigot et L’invitation faite au loup).

Ma famille normale contre les zombies
Texte de Vincent Villeminot, illustré par Yann Autret
Nathan dans la collection Romans grand format.
14,90 €, 152×211 mm, 240 pages, imprimé en France, 2015.
Niak
Texte de Carl Hiaasen, traduit par Yves Sarda
Gallimard Jeunesse.
13,50 €, 140×205 mm, 294 pages, imprimé en France, 2013.
Le prince qui voulait rester propre
Texte de Christian Oster, illustré par Grégory Elbaz
l’école des loisirs dans la collection Mouche.
7,50 €, 125×190 mm, 56 pages, imprimé en France, 2015.

À part ça ?

La Fédération Française des Associations des Chiens guides d’aveugles a fait une super vidéo pour rappeler qu’il y a encore des endroits où les chiens guides d’aveugle, et de fait leurs maîtres, ne sont pas les bienvenus…

Marie

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En route pour l’imaginaire

Par 21 octobre 2013 Livres Jeunesse

Mon papa qui venait pour me border,
Moi, déjà, dans mon pays rêvé
(…)
J’étais pas là, j’étais pas là, j’étais pas là…
J’étais pas là, Alain Souchon

On fait souvent des chroniques sur l’imaginaire des enfants (à tel point que je n’ai plus d’idées de titre pour les chroniques !), parce que c’est un sujet intéressant et parce que ça donne généralement de bons albums (soit poétiques, soit déjantés). Voici donc une nouvelle sélection d’albums dans lesquels les enfants voient des choses que nous ne voyons pas, partent dans des mondes qui nous sont inconnus.

L'abominable sac à mainS’il y a bien une chose qui terrifie cette petite fille, c’est le sac à main de sa mère ! Une fois, il a même avalé des clefs ! Mais la mère de la petite fille, inconsciente sans doute, a plongé son bras entier dans la gueule de la bête ! Elle a fini par les trouver au fond de l’estomac du monstre ! Mais bon, il a recommencé plusieurs fois, c’est un sac sauvage ! Au boulot, ce monstre terrifiant doit être utile pour éloigner les Kolaborateurs et les Kollègues dont sa maman parle tant… Mais à la maison, qui sait ce qu’il fait quand on a le dos tourné ?

Énormément d’humour dans L’abominable sac à main d’André Bouchard sorti au Seuil jeunesse. Il faut dire que c’est quand même un objet intriguant (pas que pour les enfants). Ici, la petite fille imagine que ce sac est un animal (mal dressé) qui mange les objets. Le soir avant d’aller se coucher elle le gave de jouets (avec des gants au cas où) pour qu’il n’ait pas faim pendant la nuit, de peur d’être dévorée (mais il y a quand même des objets qui disparaissent) ! On voit la vie des adultes vue par les enfants et c’est tordant. Les grandes planches d’André Bouchard sont magnifiques. Un album qui fera beaucoup rire les enfants, et tout autant les parents.

Bonne nuit eddieEddie habite dans un haut manoir (pour de faux, car en vrai c’est dans une petite maison), la nuit il discute avec son dinosaure et son cochon ailé (qu’il a rencontré une nuit où on l’avait oublié, dans une grande forêt). Ce qu’Eddie aimerait par-dessous tout c’est disparaître et grâce à la machine qu’il construit il sait qu’il va y arriver !

Bonne nuit Eddie est un album magnifique, aussi poétique que drôle, sur l’imaginaire des enfants. Qu’ils s’inventent des mondes ou des machines, les enfants voyagent parfois sans quitter leur chambre. Eddie est de ceux-là. De ceux qui voient le monde autrement. Eddie a pourtant l’impression que personne ne le voit, qu’il n’existe pas. En même temps, c’est pratique ! Ses parents vivent leur vie tranquillement sans savoir qu’il a de sacrés amis avec lui et qu’il invente une machine qui va faire des choses incroyables. L’histoire est vraiment belle et les illustrations d’Estelle Billon-Spagnol à l’encre de Chine sont merveilleuses, le duo fonctionne à merveille. Un magnifique ouvrage.
Quelques pages du livre.

Une girafe un peu toquéeElle en est sûre, si elle marche le long du trottoir sans tomber son frère va vivre jusqu’à 100 ans, si elle compte bien tous les petits pois sans se tromper, il fera beau tout l’été et si elle répète chaque fois le dernier mot de ses phrases, Malou sera amoureux d’elle. C’est certain ! Et pas seulement ça, il y a aussi les dalles noires qu’il faut éviter et ne marcher que sur les blanches, les poignées de porte qu’on tourne sept fois pour réussir les contrôles ou tant de choses encore ! Et elle n’est pas folle, sa girafe vous le confirmerait !

Avec la finesse et l’humour qu’on lui connaît, Séverine Vidal parle de ces jeux d’enfant qu’on a tous faits (non ?), marcher en suivant une ligne, compter nos pas (et si c’est un nombre pair elle va tomber amoureux de nous, sinon…), compter les voitures et se dire que si dans les 10 prochaines il n’y a aucune voiture bleue c’est qu’on n’aura pas de contrôle de maths… ce genre de petit jeu qu’on continue à faire un peu adulte (non ?), mais qui peuvent se transformer en tocs. Car c’est aussi de ça que parle Une girafe toquée, l’héroïne commence à faire ce genre de choses sans s’en rendre compte, puis ça commence à prendre une telle place dans sa vie que sa mère s’inquiète. Bien entendu, ce n’est pas lourd, jamais pesant (même si l’on devine des choses douloureuses) et l’on finit même par en rire. C’est ça le talent de Séverine Vidal. Le livre est sorti dans la collection Mouchoir de poche de chez Motus, très belle collection de livres noirs (donc le texte en blanc) dont l’auteur se charge lui-même des illustrations. Ici, Séverine Vidal a choisi d’illustrer son texte grâce à des fils de fer qu’elle a triturés (mon explication n’est sans doute pas claire mais l’illustration de la couverture est plus parlante). Un très beau texte, plein de poésie qui parle de l’imaginaire des enfants… quand il devient trop présent.

Du bout de mes doigtsDevant ses parents assis à la regarder, une petite fille raconte son périple. En levant le bras, elle a attrapé une noix de coco, puis elle a continué le voyage dans un lac et enfin sur la lune. Quelle belle aventure ce fut !

Avec peu de mots, Jorge Lujàn (traduit par Carl Norac) nous fait entrer dans le monde de cette petite fille qui voyage à dos de poisson et rencontre des licornes. Ses parents la regardent, attendris, raconter son histoire sur la première planche, sur la seconde ils sont encore là, dans un coin, un peu moins visibles, ensuite ils ne reviendront qu’à la fin du récit. Raconte-t-elle un rêve ? Un voyage qu’elle pense avoir vraiment fait ? Les illustrations de Mandana Sadat sont très belles et pleines de douceur et de poésie. Un bel album sur l’imaginaire, sensible et poétique.
Le même vu par Œil d’ailleurs.
Plus d’illustrations sur le site de l’illustrateur.

BulleBulle est si légère qu’elle s’envole à la moindre occasion. Elle est là et d’un coup la voilà dans le ciel, parmi les nuages. On a beau l’appeler, lui dire de redescendre sur Terre, Bulle n’est pas facile à ramener. Heureusement que parfois son père l’accroche à un fil pour pouvoir la faire rentrer à la maison.

Là aussi, quelle poésie ! Cette histoire d’enfant qui s’envole et qu’il est difficile à ramener parmi nous est pleine de douceur et de poésie (accentuées par les grandes et belles illustrations de Justine Brax). Bulle est un grand album dans lequel on a envie de s’évader, de suivre la petite fille dans ses voyages, de nous envoler avec elle. Un très bel album pour rêver, s’envoler.

LES SORNETTES DE GUILLEMETTEPendant que les autres regardent une petite boîte carrée, bien à l’abri de leur maison, Guillemette, elle, raconte des sornettes. Elle voit des choses que les autres ne voient pas, elle invente des histoires, chante pour faire pousser les lampadaires au milieu de la place du village. Alors forcément on la trouve bizarre et son père, le boulanger, voit ça d’un mauvais œil (pensez, que va dire la clientèle ?). Alors Guillemette est triste, elle décide de partir loin en Papoutrie Nouvelle Guirlande et dans la grande forêt d’Âme-à-Zombie.

Ici, on parle des rêveurs, des créateurs, de la différence… Guillemette invente des histoires que les gens ne veulent pas entendre, ils préfèrent regarder la télé. Alors Guillemette fuit et ira raconter ses histoires à des gens qui veulent l’écouter et là-bas elle en apprendra d’autres, dans ce pays où l’on aime raconter et écouter. Au-delà de l’histoire sur l’imagination, la création, le livre critique assez finement le rapport à la télévision (on peut se dire que c’est parce qu’ils l’ont vu à la télé qu’une fois rentrée chez elle, les gens l’écoutent désormais). Un album bien plus riche qu’il n’y paraît.
Le même vu par Enfantipages, La littérature de Judith et Sophie et par Clarabel.

Quelques pas de plus…
Nous avons déjà chroniqué des livres d’André Bouchard (Avant quand y avait pas l’école et Quand papa était petit il y avait des dinosaures), Amélie Billon-Le Guennec (Eulalie de la grande rêverie), d’Estelle Billon-Spagnol (La catcheuse et le danseur, Bad Lino, Les chaussettes qui puent, Les soeurs Tsss, La planète des mius, Ti-Jack, Chiche !, La rentrée de Jacotte, Jacotte en vacances, 5h22, Petit Lagouin, Le jardin du secret, Jacotte, Le petit bois du dimanche soir, À table et Mister Mok), Séverine Vidal (Bad Lino, L’œil du pigeon, Au pays des vents si chauds, Petit Minus, Le laboureur de nuages & autres petits métiers imaginaires, La grande collection, Mon papa est zarzouilleur, Clovis & le pain d’épices, Rien qu’une fois, Philo mène la danse, Plus jamais petite, Comment j’ai connu papa, Arsène veut grandir, Lâcher sa main, Rouge Bitume, Comme une plume, J’attends Mamy, Roulette Russe tome 1 Noël en juillet, Je n’irai pas, Léontine, princesse en salopette, Mamythologie, On n’a rien vu venir, Du fil à retordre, Prune, tome 1 : La grosse rumeurPrune, tome 2 : Le fils de la nouvelle fiancée de papa, Prune, tome 3 : Prune et la colo d’enfer, 5h22, Les petites marées et La meilleure nuit de tous les temps) et Gwendoline Raisson (Fête d’anniversaire chez la famille Pompom). Retrouvez aussi nos interviews d’Estelle Billon-Spagnol et de Séverine Vidal.

L’abominable sac à main
d’André Bouchard
Seuil Jeunesse
15€, 246×318 mm, 32 pages, imprimé en France, 2013
Bonne nuit Eddie
d’Amélie et Estelle Billon
Grasset Jeunesse
12€, 152×205 mm, 32 pages, imprimé en France, 2013.
Une girafe un peu toquée
de Séverine Vidal
Motus dans la collection Mouchoir de poche
4,50€, 105×150 mm, 32 pages, imprimé en Italie, 2013.
Du bout de mes doigts
Texte de Jorge Lujàn (traduit par Carl Norac), illustré par Mandana Sadat
Syros
14,50€, 258×260 mm, 28 pages, imprimé en France, 2013
Bulle
Texte de Charlotte Demanie, illustré par Justine Brax
De la Martinière Jeunesse
14€, 256×347 mm, 32 pages, imprimé en Italie, 2013.
Les sornettes de Guillemette
Texte de Gwendoline Raisson, illustré par Sandra Poirot Chérif
Naïve
15€, 307×250 mm, 30 pages, imprimé en Belgique, 2013.

À part ça ?

L’excellente librairie Dialogues, à Brest, met en ligne des vidéos d’enfants très drôles. Ils proposent un mot (charabia, conspuer, chamarré,…) et les enfants imaginent ce que ce mot peut vouloir dire. Vous pouvez voir ces vidéos sur leur chaîne Youtube.

Gabriel

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