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Terence Blacker

Une fille qui fait disparaître les choses et un garçon qui se fait passer pour une fille

Par 17 janvier 2013 Livres Jeunesse

Les disparitions d'Annaëlle FaierAnnaëlle est une héroïne inversée. Elle ne vole pas, elle n’a pas de batmobile, elle fait disparaître les choses… Ça pourrait sembler positif, intéressant, utile… sauf qu’Annaëlle fait disparaître les sentiments (ceux de ses parents, ceux de son amoureux). La jeune fille voit aussi autour d’elle des tas de choses qui disparaissent. Elle voudrait que cesse cette malédiction.

Quel beau roman que Les disparitions d’Annaëlle Faier. Je découvre avec ce livre son auteur Jean-Noël Sciarini et ça aurait été dommage de passer à côté d’une telle plume. J’ai adoré son écriture, l’histoire d’Annaëlle. On parle ici des ruptures sentimentales, de l’amour, de la dépression, de l’amitié et de la magie. Le livre parle bien des moments où l’on sombre, où tout semble nous échapper. Il y a quelque chose de magique dans ce roman justement. Le genre de roman qui nous reste en tête bien après l’avoir posé. Le genre de personnage qui rentre vraiment dans notre vie. C’est à la fois beau et plein d’humour, Annaëlle jeune fille bien dans son époque qui bascule d’un coup dans une période noire tout en gardant son côté piquant. Jean-Noël Sciarini a mis dans son récit des tas de petites scènes ou de détails qui sont de très beaux moments (une théorie sur les gens et les livres, des couverts qui disparaissent et réapparaissent au restaurant, des anniversaires aléatoires). C’est beau, c’est poétique, c’est un roman qui fait du bien.

Garcon ou FilleA partir d’aujourd’hui, Matthew va devoir cohabiter avec son cousin Sam. Celui-ci vient de perdre sa mère et son père est en prison, il va donc quitter les Etats-Unis pour l’Angleterre et vivre dans cette famille très différente de la sienne. Pour les deux garçons pas facile de cohabiter. Sam est arrogant, méprisant et assez vite ça tourne mal. Pourtant il n’imagine pas arriver dans une nouvelle école sans amis et va donc devoir accepter un petit « jeu » pour se faire accepter, Matthew et ses copains ont eu comme idée que Sam deviendrait Samantha et qu’il se ferait donc passer pour une fille à l’école.

Ici on est très loin du style littéraire, de la belle plume de Jean-Noël Sciarini, on est plus proche de la littérature de plage mais Garçon ou fille est un roman plaisant à lire, où l’on ne s’ennuie jamais. Construit sous forme de petits chapitres qui donnent chaque fois la parole à des héros de l’histoire (excepté Sam), c’est un roman assez original. On pense à des films où plusieurs personnages raconteraient comment ils ont vécu un évènement. On va, par exemple, avoir la vision du barman lors d’une altercation dans un bar ou celle de la directrice de l’école lors d’une partie de foot au collège, chaque personnage, même croisé, aura ainsi la parole. Le roman parle aussi bien-sûr des différences entre les filles et les garçons et notamment des différences « clichées ». Les garçons jouent au foot et les filles sont plutôt superficielles mais elles vont se rendre compte qu’une fille peut faire du foot. De même un garçon et une fille vont tous les deux tomber amoureux de Sam en croyant que c’est un garçon… mais tout ça restera très bon enfant.

Quelques pas de plus…
Un autre roman de Jean-Noël Sciarini chroniqué par Kik, Tarja (dont je vous parlerai prochainement)

Les disparitions d’Annaëlle Faier
de Jean-Noël Sciarini
L’école des loisirs dans la collection Médium
10€, 125×190 mm, 231 pages, imprimé en France, 2013
Garçon ou fille
de Terence Blacker (traduit de l’anglais par Stéphane Carn)
Gallimard Jeunesse dans la collection Pôle fiction
6,70€, 110×180 mm, 332 pages, imprimé en France, 2012.

A part ça ?

Gallimard Jeunesse a commandé à l’institut Ipsos une grande étude nationale sur la lecture chez les 7-15 ans. Vous pouvez lire ces chiffres intéressants (et plutôt encourageants) ici.

Gabriel

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