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Thibault Prugne

Les invité·e·s du mercredi : Thibault Prugne et Marie Pavlenko

Par 19 décembre 2018 Les invités du mercredi

Dernier·ère·s invité·e·s de 2018 (comme chaque année, on prend nos vacances annuelles pendant les fêtes de fin d’année)… et quel·le·s invité·e·s ! Le premier vient de sortir un sublime album aux éditions Margot, la seconde sort bientôt son nouveau roman chez Flammarion Jeunesse… On commence par une interview de Thibault Prugne qui nous en dit plus sur son travail et son parcours, puis on part en vacances avec Marie Pavlenko ! Bon mercredi à vous !


L’interview du mercredi : Thibault Prugne

Pouvez-vous nous présenter le magnifique Maestro, votre dernier album ?
Maestro est un livre CD, que j’ai écrit et illustré, raconté par François Morel sur des musiques aux sonorités gitanes de Jean-Pierre Jolicard. Cet album raconte l’histoire de Téo, un jeune orphelin adopté par Lucien, un charpentier de marine. Il vit dans un village au bord de l’océan, où tous les habitants sont pêcheurs. Mais voilà, Téo n’est pas du tout à sa place ici. Pour lui, tout ce qui compte, c’est la musique. Il en crée avec tout ce qu’il touche, et en entend partout, dans le cliquetis des mâts et le clapotis des vagues, dans le chant des mouettes et le souffle du vent… Lorsqu’il a un moment, il emprunte une barque et file au large pour jouer du charango, un petit instrument bolivien à 10 cordes. C’est tout ce qui lui reste de ses parents. Un jour, il va rencontrer Wayra, une petite gitane, accompagnée par son père Djypee et sa famille. Leurs roulottes sont bloquées par la grande marée. Avec eux, Téo va découvrir son immense talent pour la musique. Il s’agit d’une histoire positive, qui a pour thème fort la poursuite de ses rêves.

Comment est née cette histoire ?
Cela faisait quelques années que nous voulions travailler ensemble avec Jean-Pierre Jolicard. Faire un livre-CD où mon texte serait porté par ses musiques. J’ai donc fait en sorte de trouver une histoire qui s’adapte à ses deux styles de prédilection : la musique gitane et la musique bolivienne. Ainsi, nous avons ces gitans qui apportent la touche gitane, et ce charango, dont joue Téo, qui est typique de Bolivie. Cela nous a permis de mélanger ces deux sonorités. Pour ma part, j’ai toujours aimé dessiner des instruments de musiques et peindre l’océan, les grands ciels, etc. J’avais donc un décor tout trouvé pour cette histoire. L’idée avec Maestro, c’était surtout que chacun se fasse plaisir et donne le meilleur.

Pouvez-vous nous raconter votre parcours ?
J’ai d’abord fait des études en architecture d’intérieur. Puis un jour, j’ai voulu changer de voie. J’ai toujours dessiné et voulais depuis tout petit devenir illustrateur ou auteur de BD. Mais c’est un rêve que j’avais plus ou moins mis de coté. Avec un ami, nous nous sommes lancés en 2011 dans un carnet de voyage, qui fut ma première expérience dans l’édition. Et j’ai trouvé cela super. Après ce livre, j’ai sorti mes gouaches et j’ai cherché des techniques pour faire de l’illustration jeunesse. Pour mon premier livre jeunesse, Le Bout du Fil aux éditions des Braques j’avais écrit l’histoire, l’avais illustré et composé les musiques, car il s’agissait aussi d’un livre CD. J’ai ensuite fait quelques albums dans différentes maisons pour enfin trouver un éditeur plus régulier, Gautier Languereau, avec qui j’ai fait 3 livres, écrits par Bernard Villiot. Pour Maestro, je voulais le faire aux éditions Margot, ma propre maison car la volonté première que nous avions avec Jean-Pierre Jolicard, c’était de réaliser notre livre sans aucune contrainte.

À propos des éditions Margot, dites-nous quelques mots sur cette belle maison ?
Nous avons créé cette maison en 2012 avec Anne-Fleur Drillon. Nous publions assez peu de livres et attachons une grande importance aux objets. Notre collection la plus marquante, dans laquelle s’inscrit Maestro, c’est celle des grands albums. Les formats permettent de mettre en avant les illustrations, de se plonger dedans, de s’immerger avec les personnages.

Quelles techniques d’illustrations utilisez-vous ?
Pour faire une illustration, je réalise d’abord plusieurs croquis, pour trouver les bonnes attitudes, le bon cadrage, etc. À cette étape, j’imagine d’où viendra la lumière, où seront positionnées les zones d’ombres, afin de définir un sens de lecture pour l’image. Je scanne ensuite mon croquis et l’imprime en plus grand pour le décalquer proprement à la table lumineuse sur un format 40×60 cm.
Pour la couleur, je travaille avec de la gouache très diluée. Cette technique s’approche de celle de l’aquarelle, où l’on monte les couleurs du plus clair au plus foncé. Mais la gouache me permet de travailler parfois plus en pâte, de rehausser mes lumières avec de la gouache blanche ou jaune pâle. J’utilise également du drawing gum, un liquide proche du latex, qui permet de cacher certaines zones. Cela me permet de réaliser des effets de textures, de reflets, etc. Pour finir, au crayon de couleur, je rehausse certains contours pour que chaque élément se détache bien les uns des autres.

Quelles étaient vos lectures d’enfant, d’adolescent ?
Mon livre préféré quand j’étais petit, c’était Pélagie la sorcière. Je ne sais pas s’il est encore édité. Et plus grand, je lisais plus de BD humoristique, ou de grandes histoires. Peter Pan de Loisel est surement celles qui m’ont le plus marqué.

Sur quoi travaillez-vous actuellement ?
C’est ma grande question en ce moment. Après Maestro, j’ai du mal à me lancer sur autre chose, j’ai l’impression d’avoir mis tout ce que j’aimais dans cet album. Mais je vais finir par trouver une nouvelle idée. J’ai également un projet de BD, que j’ai également écrit, mais là, c’est le temps qui me manque.

Bibliographie sélective :

  • Maestro, texte et illustrations, Margot (2018), que nous avons chroniqué ici.
  • Monsieur Django et Lady Swing, illustration d’un texte de Bernard Villiot, Gautier-Languereau (2017), que nous avons chroniqué ici.
  • Le dompteur de vent, illustration d’un texte de Bernard Villiot, Gautier-Languereau (2016).
  • Le souffleur de rêves, illustration d’un texte de Bernard Villiot, Gautier-Languereau (2015), que nous avons chroniqué ici.
  • Les hirondelles, illustration d’un texte d’Anne-Fleur Drillon, Bilboquet (2014).
  • Brel, des nouvelles d’en bas, collectif, Margot (2013).
  • Brassens, un p’tit coin de paradis, collectif, Margot (2012).
  • Le bout du fil, texte et illustrations, Les éditions des braques (2012).
  • Le mystère des cinq soleils d’Égypte, illustration d’un texte de Jean-Michel Jakobowicz, Hachette (2012).
  • À la rencontre des plus beaux villages de France, illustration d’un texte d’Alexandre Marion, éditions Eyrolles (2011).
  • Y’a de la joie, illustration d’un texte de Charles Trénet, Casterman (2011).


En vacances avec… Marie Pavlenko

Régulièrement, nous partons en vacances avec un·e artiste. Je ne sais pas si vous êtes comme moi, mais moi j’adore partir comme ça avec quelqu’un, on apprend à la·le connaître notamment par rapport à ses goûts… cet·te artiste va donc profiter de ce voyage pour nous faire découvrir des choses. On emporte ce qu’elle·il veut me faire découvrir. On ne se charge pas trop… Des livres, de la musique, des films… sur la route on parlera aussi de 5 artistes qu’il·elle veut me présenter et c’est elle·lui qui choisit où l’on va… 5 destinations de son choix. Cette fois-ci, c’est avec Marie Pavlenko que nous partons ! Allez, en route !

5 albums jeunesse

  • Crotte de nez d’Alan Mets (L’école des loisirs)
  • Marlaguette de Marie Colmont et Gerda Muller (Père Castor)
  • Pou Poupidou d’Édouard Manceau (Albin Michel Jeunesse)
  • Les oiseaux globe-trotters de Fleur Daugey et Sandrine Thommen (Actes Sud junior)
  • Le Torchecul de François Rabelais et Pef (Mouck).

5 romans

  • Quatre-vingt-treize de Victor Hugo
  • Les Tombeaux d’Atuan d’Ursula Le Guin (deuxième volume du Cycle de Terremer)
  • La Vie devant soi de Romain Gary
  • Des souris et des hommes de John Steinbeck
  • La Guerre des mercredis de Gary d. Schmidt

5 DVD

  • Vertige d’une rencontre de Jean-Michel Bertrand
  • Sword of the stranger de Masahiro Andō
  • Quand la ville dort de John Huston
  • Il était une forêt de Luc Jacquet
  • Love Actually de Richard Curtis

5 CD

  • Odesea de Secret of elements
  • La jeune fille et la mort de Schubert
  • Fratres de Arvo Pärt
  • Re:member d’Ólafur Arnalds
  • Creatures de Rone

5 artistes

  • Hayao Miyazaki
  • Bill Watterson
  • Ramón Gaya
  • Caspar David Friedrich
  • Dalí

5 lieux

  • Le Parc de Marquenterre
  • L’île de Groix
  • Le Caillou de Soques, dans la vallée d’Ossau
  • Les rochers des Fiz, dans les Alpes
  • Toutes les forêts primaires de Thaïlande

Marie Pavlenko est romancière.

Bibliographie :

  • Un si petit oiseau, Flammarion jeunesse (2 janvier 2019)
  • Zombies zarbis, avec Carole Trébor, Flammarion jeunesse (3 tomes 2018-2019)
  • La Mort est une femme comme les autres, J’ai Lu (2018) – Pygmalion (2015)
  • Je suis ton soleil, Flammarion jeunesse (2017), que nous avons chroniqué ici.
  • La Fille-Sortilège, Folio SF (2017)

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