La mare aux mots
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Till Charlier

Le bandit, l’apprenti et le tout petit (semaine anniversaire, la chronique d’Estelle Billon Spagnol)

Par 28 août 2014 Livres Jeunesse

Pour fêter notre anniversaire nous avons demandé à des gens qui comptent beaucoup pour La mare aux mots de prendre notre place toute cette semaine.

Gabriel et Marianne


Quand Gabriel me demande quelque chose, je dis « oui ». Par habitude. Et parce que l’enthousiasme c’est contagieux. Après avoir stressé, cherché, changé 1000 fois, j’ai pris les trois livres qui se trouvaient en haut de ma bibliothèque-bordel, et j’ai ouvert mon ordi. Copie écrite en suant à grosses gouttes mais rendue ! (à la dernière minute -par habitude aussi-).

Le bandit au colt d'orLe bandit au colt d’or
éditions magnani

Simon Roussin

Le bandit au col d’or se passe aux temps de la conquête violente, sans foi ni loi, de l’Ouest.
Deux frères, Jesse et Henri, deviennent rapidement et violemment orphelins.
Ensemble au milieu de cet Ouest sauvage, ils essaient de survivre. Au hasard de la route et du destin, Jesse rejoint une bande de bandits, et Henri, lui, est sauvé du froid et de la faim par un vieux trappeur. Jesse devient le fameux bandit au colt d’or, Henri suit les traces de l’homme qui l’a recueilli.
Sans jamais cesser de penser l’un à l’autre, ils se retrouvent des années après au cœur d’une nuit glaciale. Je ne dévoile pas la fin, sombre (très), une fin qui ne se termine pas par « … et ils coulèrent des jours heureux », une fin qui fait qu’on referme le bouquin, puis qu’on le reprend.

Un récit fort et dur, depuis la mort des parents des jeunes Jesse et Henri jusqu’à la fin tragique.
Une histoire qui mêle action et contemplation. La nature y est présente à chaque page, devenant un personnage à part entière. On est ici dans un vrai western : attaques de diligence et de trains, pistolets, personnages sans attaches, paysages à couper le souffle…
Une écriture fluide et sans fioriture : juste.
Qui prend toute son ampleur avec les illustrations, aux feutres, carrément magnétiques : on sent la neige, on entend les chevaux jaillir ou les feuilles craquer, on tremble face à la dureté de cette vie. Quelques doubles pages, sans texte, donnent encore plus de force et de poésie à ce bouquin. Et forcent à la pause, à ralentir le rythme de la lecture pour se poser au bord d’une rivière, au milieu des montagnes.
Les couleurs sont flamboyantes, du coucher de soleil à la neige, des mouvements au calme presque mystique. Un travail d’une minutie folle allié au côté brut/vivant du feutre (il faut absolument aller visiter son site !).

Pour les fans de westerns, mais pas que. Pour ceux qui aiment l’aventure et la nature sauvage.

GALMOT_CHARLIER_LaBoulangerie_2011La boulangerie de la rue des dimanches
éditions Grasset-Jeunesse
Alexis Galmot

Till Charlier

C’est l’histoire d’un joueur -passable- de flûte qui s’éprend d’une joueuse -passable- de tuba. Ensemble ils jouent -passablement- Les quatre saisons de Vivaldi, se marient et ont un enfant : Jack. La famille est plus pauvre que pauvre, mais qu’importe, il y a les mouches pour les repas !
La mort de ses parents amène Jack dans un orphelinat qui lui, l’entraînera vers des baguettes pas trop cuites et des religieuses au chocolat.
Apprenti puis propriétaire d’une vraie boulangerie, il fera de sa boutique un passage incontournable pour les gens de son quartier.

L’écriture belle, fantaisiste et délicate rend ce récit, parfois triste, délicieusement joyeux. On se régale de ces mots, qui sonnent comme une évidence à l’oreille et qui étonnent en même temps.
Et le charme continue grâce aux illustrations. Elles ont un charme rétro, un trait plein de vie, une couleur surannée qui donnent envie d’arrêter le temps et de savourer une pâtisserie (ou de s’allonger dans l’herbe, ou d’embrasser le premier venu).
Et puis le livre, l’objet, est beau. Il me rappelle la vieille armoire qui grinçait de ma grand-mère, avec ses bocaux de bonbons aux papiers passés et ses petits sachets de lavande (le rapport n’est pas évident, sauf peut-être pour ceux qui l’ont lu?).
Un livre précieux, qui rend guilleret, qui ouvre les yeux sur les petits riens magiques du quotidien et qui donne envie d’être amoureux (oui oui rien que ça!).

Tralalère François SoutifTralalère
éditions Kaléidoscope
François Soutif

Un album en accordéon sans texte. Avec une histoire, plus une autre, qui se répètent et se répètent.
Un ogre poursuit un garçon bien décidé à le manger. En pleine course, il tombe sur une fleur et, tellement charmé, en oublie sa petite victime. (recto)
L’enfant, vexé, essaie de regagner l’attention de l’ogre. Et finit par détruire la fleur. Ce qui met le géant en rage et redonne le signal de la poursuite. (verso) (ou l’inverse je ne sais jamais).

Je ne pense pas être claire, mais cette double histoire sans fin est jubilatoire !
Deux personnages – qui sortent de leurs sentiers battus-, des arrière-plans vert pistache ou framboise, une fleur, un couteau, et hop, l’auteur-illustrateur réussit à faire passer tout un panel d’émotions : la colère, la joie, la sérénité, la vexation, la provocation, le jeu… À faire en sorte que ça se tienne et qu’on recommence sans s’en rendre compte.
La simplicité alliée à l’absurdité. Juste génial. Et puis on sent le pinceau derrière, et ça, c’est la cerise !

Le bandit au colt d’or
de Simon Roussin
éditions magnani
20 €, 218×303 mm, 204 pages, imprimé en France, 2013.
La boulangerie de la rue des dimanches
Texte d’Alexis Galmot, illustré par Till Charlier
Grasset-Jeunesse
13 €, 150×210 mm, 77 pages, imprimé en France, 2011.
Tralalère
de François Soutif
Kaléidoscope
13,20 €, 200×200 mm, 1 page, imprimé en Malaisie, 2011.

À part ça…

À part ça, j’ai parlé de western avec Le bandit au colt d’or, je vous conseille également le roman de Larry Mc Murtry : Lonesome Dove. Captivant (j’ai tellement usé du dictionnaire des synonymes pour mes chroniques que je n’ai plus de mot ou de formule en stock…).
Et surtout à part ça, qu’est-ce que c’est comme boulot ! Gabriel, Marianne, un verre en terrasse, c’est pas mal non plus quand même hein ?

Et enfin, à part ça, COIN COIN COIN !!! Et merci.

annivmare

Estelle Billon-Spagnol

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Contes et pièces avec des sorcières… entre autres !

Par 20 mai 2013 Livres Jeunesse

Un recueil de contes néérlandais et du Pierre Gripari en théâtre et en contes.

Qui a peur de la méchante sorcièreLe lièvre, le hérisson et le hibou vivent en toute amitié dans la forêt, tout se passerait bien si leur voisine n’était pas une méchante sorcière ! Enfin méchante… quand elle est malade nos trois amis lui préparent sa soupe et elle-même aide le hérisson à construire sa cabane, donc pas si méchante que ça !

Coup de cœur pour ce joli livre où sont ici compilées dix histoires écrites par un auteur jeunesse néerlandais, Hanna Kraan. Entre Gripari et Winnie l’ourson, des contes drôles et poétiques dans lesquels il est question de partage, d’amitié, d’entraide,… Ce sont vraiment de beaux contes sans mièvrerie, que les enfants prennent énormément de plaisir à écouter (et nous à lire). Ma fille (5 ans) a adoré ces histoires et était toujours pressée de savoir la suite (quand, fatigué, je divisais l’histoire en deux) ou de découvrir l’histoire suivante. Certains personnages sont extrêmement drôles (notamment le hérisson, toujours en train de ronchonner et souvent avec une phrase « en boucle », qu’on s’amuse à répéter). Esthétiquement c’est un beau livre avec son dos toilée et ses illustrations pleines de vie. Si vous aimez les contes pleins de malice, je vous conseille fortement de rencontrer cette méchante sorcière là… je pense que vous ne la trouverez pas si méchante que ça vous non plus…

HUIT FARCES POUR COLLÉGIENS.Monsieur Pierre, Bachir, Nadia et la sorcière du placard à balais (qui osera dire « Sorcière sorcière prends garde à ton derrière » ?) sont de retour ! Ils ne sont pas venus seuls il y a aussi un ange qui a perdu ses ailes, un paysan qui veut vendre sa femme comme bourricot, un géant amoureux aux chaussettes rouges, un démarcheur chez le psy, une fée du robinet et des personnages de conte qui ont rendez-vous chez un certain Charles Perrault.

Certains de ses personnages vous disent quelque chose ? C’est normal, ils étaient présent dans les contes de Pierre Gripari, les voici héros de pièces de théâtre ! Huit farces pour collégiens regroupe donc huit pièces avec l’esprit si particulier et si drôle de Pierre Gripari. J’aime décidément beaucoup la plume de cet auteur, il a su adapter parfaitement son univers loufoque dans ces pièces (qui se lisent avec autant de plaisir que les contes).

Et puisqu’on parle de Pierre Gripari

Les contes de la folie MéricourtUn jeune pêcheur qui va devoir faire preuve de malice face à une sorcière et à sa fille, un personnage tout de glace à qui il vaut mieux bien parler, un enfant transformé en merle et les dix autres contes qui forment Les contes de la Folie-Méricourt (que j’avais déjà chroniqué ici) ressortent dans un très beau livre (grand format, dos toilé, beau papier, illustrations de Claude Lapointe). Ces contes sont des petites merveilles d’humour et de poésie, on trouve ici des contes russes et grecs et des contes nés de l’imagination de Pierre Gripari. Un très beau livre cadeau.

Quelques pas de plus…
Nous avons déjà chroniqué plusieurs livres de Pierre GripariContes d’ailleurs et d’autre part, Contes de la rue Broca, l’intégrale (déjà illustré par Claude Lapointe), Les contes de la folie Méricourt, Sept farces pour écoliers (déjà illustré par Till Charlier) et Histoire du prince Pipo, de Pipo le cheval et de la princesse Popi. Nous avons aussi déjà chroniqué un autre livre illustré par Till Charlier, La boulangerie de la rue des dimanches.

Qui a peur de la méchante sorcière
de Hanna Kraan (traduit par Anne-Lucie Voorhoeve), illustré par Annemarie van Haeringen
Syros
14€, 153×220 mm, 121 pages, imprimé en France chez un imprimeur éco-responsable, 2013.
Huit farces pour collégiens
de Pierre Gripari, illustré par Till Charlier
Grasset Jeunesse
dans la collection Gripari Théâtre
9€, 130×180 mm, 205 pages, imprimé en France, 2013.
Les contes de la folie Méricourt
de Pierre Gripari, illustré par Claude Lapointe
Grasset Jeunesse
23€, 235×247 mm, 144 pages, imprimé en Espagne, 2013.

A part ça ?

Ce week-end, à Paris c’est le Festival de l’Oh ! Lectures, heure du conte bilingue français/langue des signes, piscine à livres,… cliquez ici pour voir toute la programmation.

Gabriel

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Contes et pièces de Pierre Gripari

Par 27 avril 2012 Livres Jeunesse

A 34 ans… j’ai découvert Pierre Gripari ! Alors je sais que nombre d’entre vous avez lu les Contes de la rue Broca enfants, c’est un classique. Moi j’ai donc attendu d’avoir 34 ans !

La sorcière de la rue Mouffetard qui enferme la petite Nadia dans un tiroir caisse, le géant aux chaussettes rouges qui tombe amoureux de Mireille et va parcourir le monde pour être à sa taille, les chaussures amoureuses, Scoubidou la poupée qui va aider le petit Bachir à avoir un vélo, la patate et la guitare qui parlent et vont être employées par un cirque, le général Lustrucu, illustre inconnu qui pourtant a fait tant d’exploits, la fée du robinet qui va ruiner la vie de deux petites filles, le gentil petit diable qui va vouloir entrer au paradis, la sorcière qui sort du placard au balais si on prononce Sorcière sorcière, prends garde à ton derrière ! après minuit, la maison hantée de l’oncle Pierre, le prince Blub qui tombât amoureux d’une sirène, le cochon qui voulait aussi sa constellation et Manque-de-chance qui va partir à la recherche de Je-ne-sais-quoi, ils sont tous là réunis dans un superbe album au dos toilé, l’intégrale des Contes de la rue Broca !

Comme je vous le disais, je ne connaissais pas du tout. De nom bien-sûr, mais pas plus. J’ai été totalement séduit. Le style est absolument merveilleux, à la fois drôle et fin, c’est un véritable trésor ! On est loin ici des contes mièvres, on y parle quand même du derrière d’une sorcière, les patates sont exploitées dans des cirques et le roi essaye de voler la femme d’un autre ! Je ne regrette qu’une chose, ne pas l’avoir découvert avant. Enfant ces contes m’auraient enchanté. Ma fille est un peu petite (4 ans) pour saisir toute la subtilité des histoires et pourtant elle a adoré, on a dû mettre deux ou trois semaines à le lire, par morceaux et à peine fini elle a demandé à ce qu’on reprenne du début ! Je pense que ce sont les contes les plus enthousiasmant que j’ai lu depuis longtemps ! Encore une fois le livre est magnifique, couverture épaisse, dos toilé, grand format (225x240mm),… c’est une superbe idée de cadeau. Le genre de livre qu’on garde longtemps, longtemps puis qu’on transmet à ses enfants !

Le roi était triste… il n’avait pas de fils pour lui succéder… Après avoir consulté l’évêque et le docteur il partit voir la sorcière du Pays-où-l’on-ne-va-qu’en-dormant. Elle lui donnât à choisir son enfant dans le magasin d’enfants et il choisit Pipo. Mais tout n’est pas si simple, tout le monde veut cet enfant promis à un avenir exemplaire, et pour l’avoir il faut le convaincre. Le roi lui dit qu’à quinze ans il lui offrira un cheval rouge, Pipo est acquis. Quinze ans plus tard démarre l’histoire du prince Pipo et de son cheval Pipo. Histoire qui va mener dans un volcan, dans une auberge où l’on ne sort que si on raconte une histoire belle et inédite, dans une bibliothèque où sont consignés les livres de la vie,… Histoire qui va l’amener à rencontrer des personnages peu sympathiques comme une sorcière et un nain qui lui diront être ses parents, un homme qui se prétendra être son ami pour l’enrôler dans une armée, un dragon… mais aussi qui va l’amener à rencontrer celle qu’il voit en rêve, la princesse Popi.

On reste donc avec Pierre Gripari dans une histoire aussi absurde que passionnante. Absurde dans le vrai sens du terme, on pense ici au théâtre de l’absurde, à Ubu roi. Les personnages sont souvent grotesques, caricaturaux, on est vraiment toujours dans le conte (mais pour les un peu plus grand, c’est un roman de 200 pages). Ça m’a fait penser aussi à des choses assez noires et fantastiques mais ma culture dans ce domaine est plus cinématographique. Je pense à L’histoire sans fin par exemple ou à la fabuleuse série Monstres et merveilles. Au début l’auteur parle d’une histoire écrite en rêve et je pense que la clé est là, tout est possible dans le récit (être coincé par un couteau, être changé en dragon,…). C’est un roman absolument merveilleux que j’ai pris énormément de plaisir à lire. Les illustrations sont superbes (la couverture notamment). Pour les amateurs de grands voyages dans des contrées imaginaires.

On reste encore avec Pierre Gripari et dans l’absurde avec Sept farces pour écoliers. Ici ce sont sept pièces de théâtre écrites donc pour un jeune public. Elles font toutes une vingtaine de pages. Certaines m’ont énormément plu (d’autres un peu moins). Un homme confronté à une nouvelle secrétaire complètement idiote et qui ne sait rien faire, un chien et un bébé qui vont échanger sur la vie et surtout échanger leur nourriture, deux employés de bureau qui répondent au téléphone (celle-ci est un régal), une télé qui va faire une bonne farce à des parents, un diable et un ange qui vont se disputer l’âme d’un gourmand, une scène dans la cuisine de la belle au bois dormant et un marchand de fessée, voilà le programme de ces sept farces. On rit beaucoup, ce n’est pas politiquement correct, souvent totalement absurde et assez réjouissant. Les enfants vont adorer la télé qui dit « Pipicaca ! » et le marchand de fessée qui se retrouve pris à son propre piège, les parents vont adorer les jeux de mots, notamment ceux du dialogue entre les deux employés (parmi les gens qui appellent : Monsieur Impossible, qui n’est pas français, Monsieur Ventre Affamé qui est sourd, Mademoiselle Sureté qui passe ensuite sa mère Madame Prudence,…). Bref l’écriture est ici aussi belle, tonique, drôle, follement réjouissante, elle fait un bien fou !

Quelques pas de plus…
L’avis de Des pages et des images sur Contes de la rue Broca et celui de Za sur l’Histoire du pince Pipo, de Pipo le cheval et de la princesse Popi.

Contes de la rue Broca, l’intégrale
de Pierre Gripari, illustré par Claude Lapointe
Grasset Jeunesse
25€
Histoire du prince Pipo, de Pipo le cheval et de la princesse Popi
de Pierre Gripari, illustré par Laurent Gapaillard
Grasset Jeunesse
9€
Sept farces pour écoliers
de Pierre Gripari, illustré par Till Charlier
Grasset Jeunesse
9€

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A part ça ?

En ce moment, à l’occasion du jour de la Terre, La montagne secrète vous propose de télécharger gratuitement Le géant de la forêt ici et ce jusqu’au 28 avril. On vous avait parlé de ce conte .

Gabriel

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Dégustons une baguette assis sur un tabouret à trois pieds !

Par 6 mars 2012 Livres Jeunesse

En littérature jeunesse, le conte est une forme très fréquemment utilisée. Aujourd’hui je vous en présente deux, très différents.

Le premier s’adresse aux lecteurs déjà un peu autonomes. Il s’agit de La boulangerie de la rue des dimanches écrit par Alexis Galmot et illustré par Till Charlier, publié par Grasset-Jeunesse.

Louis Talboni et Adèle Pelviaire aiment la musique. Ils s’aiment et donnent un jour naissance à Jack Talboni. Malheureusement, ils décèdent quelques temps après. Le petit Jack va se débrouiller tout seul et faire son petit bonhomme de chemin. En sortant de l’orphelinat, il choisit un peu par hasard son futur métier : il sera boulanger-pâtissier. Il va transformer la vie de tout un quartier avec sa baguette pas trop cuite et sa religieuse au chocolat, seules choses qu’il sait préparer. Mais son secret est bien ailleurs…Une fée bleue, une horloge capricieuse, les Quatre Saisons de Vivaldi, accompagneront Jack vers un destin hors du commun, comme tout héros de conte qui se respecte, n’est-ce pas ?

Ce livre n’est décidément pas comme les autres. Une belle couverture rigide, du papier épais, du texte aéré, et des illustrations soignées pour reprendre son souffle de jeune lecteur, en font déjà un bel objet. Ensuite, j’ai beaucoup aimé l’histoire. Certes, elle est un peu loufoque, mais c’est là toute sa force ! Parfois, on trouve des similitudes avec les univers de Roal Dahl (Matilda) ou de Pierre Gripari (et ses célèbres Contes de la Rue Broca). Il y a plein d’éléments ancrés dans le réel, et en même temps, des tas de côtés surréalistes, tendres, poétiques, et même tristes. On est également transporté dans une grande ville de la première moitié du XXème siècle, comme ont pu connaître nos grands-parents.
Le parcours de Jack est atypique, et ce petit orphelin est très attachant. On vit avec lui la pauvreté, la vie difficile, mais également l’amour et les bonheurs simples du quotidien. On s’émeut de son parcours et de ses sentiments à fleur de peau. Pour résumer un peu son état d’esprit, je ne résiste pas à vous livrer un petit passage :

« Mais, couvé entre les quatre murs de sa soupente cloquée, tendrement chéri par ses deux parents mélomanes, le petit Jack ignorait ce qu’était la misère, puisqu’il ignorait ce qu’était la richesse. Tous les jours, avec Papa et Maman c’était dimanche, tant il est vrai qu’Amour et Musique savent reboucher bien des trous, et panser bien des plaies ».

Enfin, le fait que toute sa vie tourne autour de la boulangerie et de la pâtisserie donne lieu à des phrases appétissantes et croustillantes assez réjouissantes !
Je pense que c’est un livre à plusieurs niveaux de lectures…qui conviendra donc autant aux enfants (je dirais à partir de 9 ans) qu’aux adultes avides de jolies histoires de vie !

Respectant un peu plus la traditionnelle structure du conte, Arthur 1er et le trône à trois pieds d’Eric Battut est paru dans la collection Les p’tites balades aux éditions Gulf Stream.

On part cette fois au temps des rois et des chevaliers. Baptiste est ébéniste et fabrique entre autres, des trônes. Or, le roi Arthur 1er, un enfant assez difficile, les refuse absolument tous. Baptiste en a marre, et fabrique pour son plaisir un tabouret, pour changer un peu. Il le vend à un pêcheur…qui l’envoie au diable. Une laitière l’intercepte…et finalement, l’envoie au diable. Un brigand l’attrape…et l’envoie au diable ! Maudit, le petit tabouret atterrit dans le cachot d’Arthur 1er, que l’on pourrait justement surnommer « Petit Diable »…Comment finira-t-il sa vie de tabouret ? Et Baptiste l’ébéniste alors ? Trouvera-t-il grâce aux yeux du Roi ?
Voilà pour l’histoire, qui reprend bien le schéma des contes du Moyen-Age, avec rebondissements, aventures, chevaliers, château fort, oubliettes, méchants et gentils. Et ça fonctionne plutôt bien. Le texte est assez classique mais comme il est court et très illustré, il est facilement compréhensible. En plus, il y a une vraie chute ! Les illustrations sont  quant à elles tout à fait dans le ton de l’histoire. A base de craft et de quelques couleurs seulement (blanc, rouge, vert, jaune…), l’univers et les personnages sont bien campés, rapidement et simplement. Il y a une sorte d’unité qu’on retrouve très souvent dans les contes et qui fait de cet album carré un livre particulier, mais assez intemporel.

La boulangerie de la rue des dimanches, Alexis Galmot et Till Charlier
Grasset-Jeunesse
Prix : 12,50 €
Public : Lecteurs débutants/Lecteurs confirmés

Arthur 1er et le trône à trois pieds, Éric Battut
Gulf Stream
Prix : 9,90 €
Public : A leur lire/Lecteurs débutants

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A part ça ?

Du 5 au 18 Mars, la 14ème édition du Printemps des Poètes bat son plein ! En plus, cette année le thème est « Enfances » ! On était donc obligé d’en parler par ici. Animations, concours, et lectures sont au programme de cette quinzaine. Plus d’informations sur le site de l’association. J’en reparlerai peut-être dans les prochains jours !
(en plus, la belle affiche est signée Joëlle Jolivet)

Marianne

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