La mare aux mots
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Tious

Qui dit vacances dit cahiers d’activités

Par 23 décembre 2012 Loisirs Créatifs et Cahiers d'activités

Ça y est les enfants sont en vacances et vous le savez moi, quand arrive cette période où il faut les occuper, je parle… de loisirs créatifs ! (merci à ceux qui suivent) On va aussi parler un peu de livres jeux et aujourd’hui on va faire plutôt dans l’original.

Les trois petits cochons, l'histoire à colorier    Le Mariage, une histoire à colorierOn commence par deux grands (43 cm de haut !) et beaux coloriages. Depuis quelques temps L’école des loisirs nous sort de superbes coloriages qui sont en fait des histoires à colorier avec un beau papier qui permet même d’utiliser la peinture. Et ce sont des albums magnifiques (qu’on n’a pas envie de gâcher avec des enfants qui ne savent pas trop colorier, c’est le seul souci). Dans le premier, Les trois petits cochons par Alex Sanders, Le mariage, une histoire à colorieron retrouve le conte classique mais avec l’humour mordant de cet auteur qu’on adore. Les enfants vont donc pouvoir colorier les petits cochons (comme des cochons ?), le loup, les maisons (paille, bois et brique) et même le texte ! Dans le second, Le mariage de Malika Doray on retrouve toute la poésie de cet auteur qu’on adore également. Ici il est donc question d’un mariage et tous les animaux sont réunis. Le grand livre offre de multiples possibilités d’activités : on peut le colorier (pour un album de coloriage c’est toujours mieux !) mais aussi détacher les pages pour en faire une frise ou encore faire un puzzle géant ! (certains éléments de certaines pages coïncident entre eux). Un très très bel objet comme sait les faire Malika Doray. Dans le même esprit que ces deux grands albums je vous avais déjà parlé d’un album à colorier chez L’école des loisirs : La robe couleur de tout de Nadja.

13 étrange(s)On reste dans l’original avec un cahier de jeux… monstrueux signé Tious (que nous avons interviewé mercredi dernier). Nous avions évoqué ce cahier en vous donnant des extraits dans notre Hors-série du Pavé de la mare spécial été 2012 mais nous n’en avions pas vraiment parlé… et comment passer sous silence cet album aussi original que génial. Ici on va colorier, relier des points, chercher les intrus, chercher les différences… en compagnie de monstres ! C’est drôle et piquant comme sait l’être Tious, ça ne ressemble à rien de ce que j’ai l’habitude de voir (peut-être à feu Grodada). Ça fait du bien des objets comme ça, loin (très loin !) de toute mièvrerie, qui ne prennent pas les enfants pour les bisounours. Ils vont adorer colorier des montres avec un seul œil, rajouter des poils à des monstres qui n’en ont plus et vont rire aux jeux de mots de Tious… on parie ?

ChicheTout aussi original, la géniale Estelle Billon-Spagnol a sorti chez Philomèle Chiche ! et déjà… qu’est-ce que c’est beau ! Mais ce n’est pas qu’esthétique c’est aussi drôlement ludique. Sur chaque page de gauche un dialogue hilarant entre deux personnages qui nous fera trouver un mot ou une expression qu’on devra retrouver dans la page qui lui fait face et qui contient des tas de dessins et de phrases entremêlées. C’est pas forcément clair et rien ne vaut de bons exemples (ici). Tout comme pour Tious, c’est génial que des auteurs qui ont un vrai univers sortent des cahiers comme ça, on est très loin de ce qu’on trouve habituellement en terme de cahier de jeux… et quel bonheur ! L’album est absolument superbe avec ce noir (très noir) et blanc, un côté encre de chine, son papier épais et ses belles illustrations. Et l’humour d’Estelle Billon-Spagnol… C’est vraiment un album que vous allez piquer à vos enfants, je vous assure et croyez-moi… vous allez vous poiler autant qu’eux !

Mon premier atelier de chanson traditionnelles    Mon atelier de chansons à transformer

Toujours très original mais dans un autre style, Les éditions des Braques sortent deux albums d’activité avec CD ! Sur le CD on va retrouver chansons et comptines (dans Mon premier atelier de chansons traditionnelles, dès 3 ans, ce sont des chansons connues : Il était un petit navire, Cadet Roussel, Ah les crocodiles,… dans Mon atelier de chansons à transformer, dès 6 ans, on trouvera des chansons classiques et d’autres moins connues) interprétées par Le Grand Orchestre du Splendid (quelle bonne idée !). Les deux CD sont franchement rythmés et plein d’énergie. On va bouger, remuer, danser. Ce sont vraiment de bonnes interprétations. Et donc ils sont à l’intérieur d’un cahier d’activité, où l’on retrouve les paroles de chaque chanson accompagnées à chaque fois d’une petite activité : dessiner des plumes qui volent autour de l’Alouette ou donner une bonne mine à Mon âne, par exemple dans le premier, trouver où se trouve la Lorraine sur une carte de France ou chercher les différences entre deux châteaux dans le second. Les activités ne sont pas toujours très… inspirées (ou inspirantes) enfin disons qu’elles apportent un petit plus mais les cahiers sont vraiment très beaux et les CD très bons donc même sans les activités c’est très sympa aussi.

On termine avec des choses plus classiques mais toujours efficaces.

Mes gommettes maternelles en feutrinePas si classiques que ça d’ailleurs les gommettes en feutrine de chez Lito ! Les gommettes on connaissait bien-sûr mais de cette matière c’est tout de suite plus sympa et on fait des choses bien originales ! Quelques exemples sont donnés au dos de la boite (et on peut en trouver d’autres dans un livre que j’avais chroniqué ici). On va faire des personnages ou des objets… tout doux ! Un exemple ici et un autre faits par ma fille (4 ans).

L'écologie des petitsOn reste chez Lito avec un album où l’on va écrire, lire et coller sur le thème de l’écologie ! C’est dans la collection Ma première encyclopédie en autocollants dont j’avais déjà parlé et donc ici aussi on va recoller des petits autocollants là où il faut, on va réécrire des phrases en suivant un modèle, et au fil des pages on va lire des textes (à deux voix car ce sont ces fameux textes avec des mots-images que Lito affectionne (et nous aussi), certains mots sont accompagnés par un dessin qui les représente et on peut donc faire lire l’enfant avec nous) sur l’écologie, la nature, le respect de l’environnement,… Comment être un écocitoyen, Pour ne pas polluer ma rue, Comment respecter la nature,… Ludique et drôlement éducatif !

EMILIE T7 - LES CHIFFRES EMILIE T8 - L'ALPHABETOn termine avec notre grande amie Emilie ! Le fameux héros de Domitille de Pressensé dont ma fille et moi sommes fan revient dans deux albums d’autocollants : un autour des chiffres et l’autre de l’alphabet. Dans le premier on va apprendre à compter jusqu’à dix en remettant, à leur place, des oies, des oiseaux, des moutons ou même les taches de la coccinelle (afin qu’ils soient le bon nombre), le bon chiffre en face du nombre de doigts que montre Emilie,… Dans le deuxième on va apprendre à lire les prénoms des amis d’Emilie, à remettre les lettres au bon endroit en suivant un modèle, à relier des choses et la première lettre de leur mot,… Dans les deux albums on trouve à la fin un petit puzzle. C’est très bien fait et tellement joli… Domitille de Pressensé sait faire des choses douces qui plaisent autant aux parents qu’aux enfants. Dans la même collection, Les autocollants d’Emilie, on retrouve : Le potager, La maison, Les couleurs, Les contraires et Les animaux du jardin.

Les trois petits cochons
d’Alex Sanders
École des Loisirs dans la collection Loulou & Cie
11,50€, 305×430 mm, 18 pages, imprimé en Malaisie, 2012
Le mariage, une histoire à colorier
de Malika Doray
École des Loisirs dans la collection Loulou & Cie
11,50€, 305×430 mm, 16 pages, imprimé en Malaisie, 2012
13 étrange(s)
de Tious
Frimousse
8€, 241×330 mm, 32 pages, imprimé en Europe, 2012
Chiche !
d’Estelle Billon-Spagnol
Philomèle
11€, 210×270 mm, 44 pages, imprimé en France, 2012
Mon premier atelier de chansons traditionnelles
de Charlotte Court et Nathalie Grivot, illustré par Nina Testut
Les éditions des Braques
14,90€, 230×284 mm, 56 pages, imprimé en France chez un imprimeur Imprim’Vert, 2012
Mon atelier de chansons à transformer
de Charlotte Court et Nathalie Grivot, illustré par Nina Testut
Les éditions des Braques
14,90€, 230×284 mm, 56 pages, imprimé en France chez un imprimeur Imprim’Vert, 2012
Mes gommettes maternelle en feutrine
Lito
9€, 160×190 mm, 70 gommettes, imprimé en Thaïlande, 2012.
L’écologie des petits
de Yvette Barbetti, illustré par Mélanie Allag
Lito dans la collection Ma première encyclopédie en autocollants.
5€, 240×290 mm, 18 pages, imprimé en UE, 2012.
L’alphabet
de Domitille de Pressensé
Casterman dans la collection Les autocollants d’émilie
3,95€, 191×249 mm, 14 pages, imprimé en Malaisie, 2012.
Les chiffres
de Domitille de Pressensé
Casterman dans la collection Les autocollants d’émilie
3,95€, 191×249 mm, 14 pages, imprimé en Malaisie, 2012.

A part ça ?

C’est pas du tout en français mais les photos suffisent parfois… des tas d’idées d’activités créatives ici.

Gabriel

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Les invités du mercredi : Tious et Le tour de la question « Les réseaux sociaux, amis ou ennemis ? » (+ concours)

Par 19 décembre 2012 Les invités du mercredi

Un mercredi monstrueux ça vous dit ? Tout d’abord je vous propose de lire une interview de quelqu’un que j’adore, une de mes plus belles rencontres de cette année (d’abord artistique puis humaine), le génial et déjanté Tious. Vous ne le connaissez peut-être pas encore mais croyez-moi, on va en entendre parler ! A la suite de l’interview vous pourrez participer à un concours pour gagner des coloriages collectors dédicacés. Ensuite j’ai voulu demander à des auteurs et illustrateurs leur point de vue sur les réseaux sociaux, amis ou ennemis ? Bon mercredi à vous !


L’interview du mercredi : Tious

TiousFaut-il être un monstre soi-même pour dessiner des monstres ?
Un psychanalyste a fait une conférence sur les monstres en marge d’une de mes expositions et a expliqué que nous avions tous des  » monstres » en nous.
Là j’ai compris que j’étais barge….

Comment devient-on dessinateur de monstres ?
« Quand j’étais petit j’aimais bien les monstres… » (Stupeflip) mais ça résume bien….
Lorsque mes enfants (3 quand même !) me demandaient de leur dessiner des animaux et bien ils ne les reconnaissaient jamais alors j’ai inventé des monstres en me disant si je fais quelque chose qui n’existe pas, au moins on pourra pas critiquer la ressemblance….
Tranquille !Et puis un jour (janvier 2009) on me demande d’exposer mes monstres (qui sont à la base des peintures et des sculptures) dans un centre culturel et depuis tout s’enchaîne, à une vitesse qui me dépasse un peu…

Quels sont les illustrateurs qui vous inspirent ?
C’est très varié… mais de manière générale, il y a un mélange de ce que j’ai lu regardé dans mon enfance (Domitille de Pressensé, Ungerer, Éric CarleLes fraggle rock, Le village dans les nuages,…) j’en oublie la blinde ; avec quelque chose de plus décalé j’aime ce qui est drôle et stupide en même temps (Franquin, Gotlib, Les robins des bois, Les nuls, Derrick…) ça peut sembler 13 étranges (oh, grave la transition!) mais quand je dessine un monstre, il y a un peu de tout ça.

13 étrange(s)Comment est née l’idée du cahier d’activité 13 étrange(s) ?
Ça a commencé parce que lors de mon expo, je faisais des ateliers avec les écoles et je donnais un petit livret fait artisanalement aux enfants. Il y avait dedans des coloriages et des jeux monstrueux. Ensuite lors d’un gros projet d’expo que j’ai réalisé à Cambrai dans le Nord en mai 2011 on m’a proposé d’éditer un album de coloriage à la place d’un catalogue des œuvres exposées, l’idée m’a plu et zou… un jour alors que je travaillais sur les illustrations de Tranquille, j’ai envoyé des planches de jeux et coloriages monstrueux à Sophie de Frimousse et re-zou!!!

Avec quels auteurs rêvez-vous de travailler ?
Je sais surtout avec quels auteurs je ne veux plus travailler.
Après je mets les pieds dans la cour des grands depuis peu alors je suis un peu impressionné… j’ai rencontré plein d’auteurs géniaux à Montreuil cette année, alors on verra…

Quels sont vos projets ?
Je viens de finir ma cuisine, j’attaque les travaux dans la salle de bains (Hou le lourdingue… en fait ça part dans tous les sens). En vrac : j’ai participé à un projet d’album jeunesse avec Code animal sur les animaux dans les zoos qui sortira en 2013, depuis, ils m’ont sollicité pour leurs campagne de com. Pour adulte, Laurence coquine un nouveau fanzine, où je peux travailler en toute liberté, et ça, ça fait du bien… d’ailleurs Aurélie m’a demandé de bosser sur un projet de fanzine pour enfants et là : BANZAI !!! On va s’poiler…
Je travaille aussi sur un jeu de société avec des monstres bien sûr !
Je fais des affiches pour des festoch… des ateliers dans des médiathèques… Heureusement que plein d’éditeurs me refusent des projets sinon je pourrai pas suivre (fausse phrase sincère)… Ha excuse moi mon agent me dit à l’oreillette que je ne dois pas tout dire… sinon comme j’ai une idée à la con toutes les 30 secondes faut faire du tri mais des projets va y en avoir!

Sa bibliographie :

Retrouvez Tious sur son blog : http://www.tious.fr où vous pouvez acheter ses toiles, des badges monstrueux,… Allez aussi suivre sa page facebook ici.

Comme je vous le disais avant l’interview, Tious a décidé d’offrir aux lecteurs du blog trois albums de coloriage collector (ceux de l’expo) qu’il va dédicacer. Quand je vous disais qu’il était sympa le monsieur ! Alors pour ça, allez voir sa galerie de monstres sur facebook (ici) et dites moi quel est votre préféré ! Vous avez jusqu’à lundi 20h pour me le dire en commentaire ensuite je tirerai au sort parmi vos réponses. Bonne chance à tous !


Le tour de la question… Les réseaux sociaux, amis ou ennemis ?

Une fois par mois je propose à plusieurs auteurs de répondre à une même question, ce mois-ci je leur ai proposé de nous dire ce qu’ils pensent des réseaux sociaux. J’ai aussi interrogé quelqu’un qui n’y est pas présent, Muriel Zürcher.

Alice Brière HaquetAlice Brière-Haquet : Amis… et même vrais amis ! J’ai mis un peu de temps pour l’assumer. Le monde virtuel me semblait un demi-monde, un espace stérile où l’on perdait son temps en faux-semblants, les amis virtuels étaient donc des demi-amis et je ne les avouais qu’à moitié. Et puis un jour j’ai compris que derrière les écrans il y avait de vraies gens, avec de vraies sensibilités, et qu’il y avait moyen de faire ensemble de vraies belles choses. Alors j’ai ouvert mon blog. C’était le moment où j’écrivais mes premiers textes, le blog devait faire vitrine, il a aussi fait boudoir pour papoter, atelier pour présenter la patouille, carte de visite pour contacter les éditeurs. Internet s’est ainsi révélé être un lieu de rencontres formidable. Quand Facebook est devenu incontournable, j’y ai associé mon blog, c’est-à-dire que j’y annonce chacun de mes posts, et quand j’ai 5 minutes, je vais voir le « mur » de copains comme on va à la machine à café, prendre des nouvelles des enfants d’untel, ou du projet de machine. Tous ces gens, je les croise parfois sur des salons, et c’est sympa de se « retrouver », mais ce n’est finalement pas le plus important. Le « vrai » n’est pas dans le fait de se voir, le « vrai » c’est tout ce qu’on partage : les projets, les espoirs, les confidences… Autant d’échanges qui, paradoxalement, me manquaient cruellement avec mes collègues de salle des profs que je voyais pourtant quotidiennement ! Les faux-semblants sont là où on les installe, et Internet est un espace fécond pour qui veut bien y cultiver son jardin…. Alors voilà… Cinq ans plus tard, à travers tous ces petits mots croisés, j’ai l’impression de voir tissé autour de moi un réseau qui va bien au-delà d’une simple question de carnet d’adresses… Un truc fondamentalement humain… Et je trouve que la Toile, ça tient drôlement chaud parfois 😉
Alice Brière-Haquet est auteur. Elle vient de sortir Le Peintre des drapeaux, chez Frimousse, avec Olivier Philipponneau. Son blog : http://le-wonderblog.blogspot.fr

Anne LoyerAnne Loyer : Au début on me disait réseaux sociaux, je sortais mon revolver (en plastique). Hors de question de m’inscrire sur Facebook que je ne connaissais que par ouïe-dire et dont j’avais, a priori, une très mauvaise opinion. Mais, il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis c’est bien connu ! Lorsque je me suis retrouvée dans ma bulle-maison, dans ma bulle-bureau, avec pour seul face à face mon ordinateur j’ai vécu de grands moments de solitude. Alors j’ai cherché et j’ai trouvé : des forums d’abord sur le sujet qui me passionnait : la littérature jeunesse. Tiens, je pouvais rencontrer et échanger sur le net avec des personnes dites virtuelles ! Révélation. Et tiens, il y en avait même qui faisaient des blogs. Mais faire un blog quand on débute juste, on a l’air de quoi, ça ressemble à quoi ? Poussée par la curiosité, l’envie d’essayer, j’ai osé ! Deuxième étage de la fusée ! Et puis on m’a dit « Mais un profil facebook c’est pas forcément un profil perso… » Ah bon ? OK J’essaye aussi ! J’ai gravi mes dernières réticences et j’ai poussé la porte de facebook… et franchement ? Je ne le regrette pas ! J’avoue bien humblement m’être trompée ! Et j’en suis ravie. Personnellement je ne mets rien de personnel (justement). Mais professionnellement c’est un fameux tremplin ! Pour découvrir de nouveaux talents, échanger en direct avec des amis virtuels transformés d’un coup de baguette internet en vrais amis, se tenir au courant de l’actualité de l’édition, trouver un contact… C’est une nouvelle fenêtre qui s’ouvre dans cette activité d’écrire qui est quand même bien solitaire… grâce à elle je me sens beaucoup moins seule et même si ça ne remplacera jamais les vrais contacts, avec les vraies tasses de café, les vrais papotages les yeux dans les yeux, ça permet d’attendre le prochain salon avec beaucoup plus de sérénité ! Alors oui, bien sûr, à consommer avec modération – tout comme twitter, google +… – et avec prudence, mettre des frontières entre vie privée et « vie publique », ne pas tout mélanger, savoir s’éloigner et prendre du recul… mais une fois tout cela maîtrisé, les réseaux sociaux ? Je leur tire… mon chapeau !
Anne Loyer est auteur. Son dernier livre sorti est La petite enquiquineuse et le vieux géant que nous avons chroniqué ici. Son blog : http://anne-loyer.blogspot.fr

Cécile VangoutCécile Vangout : Pour moi Facebook est, professionnellement parlant (sur le plan personnel ce serait plutôt une drogue, une horreur ce truc (rires)) un outil comme un autre, utilisé avec bon sens c’est bien pratique, plus interactif qu’un blog par exemple. Au tout début j’avais du mal avec cette petite phrase « untel aime untel et vous demande de l’aimer » !
J’ai un profil personnel sur lequel je ne me sens pas obligée de me « vendre », il y a bien sûr autant d’utilisations possibles que d’utilisateurs et ce n’est pas une critique, je m’y inclue d’ailleurs, mais il me semble qu’il y a une sorte de « copinage » un peu étrange qui peut parfois s’installer avec les profils perso, on a parfois du mal à poser des limites ou même à les distinguer. Et puis on s’auto censure, en tant qu’illustrateur on n’a pas forcément envie que tout le monde sache qu’on fait partie du club des amateurs d’andouillette ! Ou encore, j’ai eu l’occasion de le constater, il suffit parfois d’un mot, d’une phrase, mal interprété (ou pas), pour lancer de grands débats sur tout le réseau, avec le risque de se compromettre professionnellement.
A côté j’ai une page dédiée à l’illustration, mais du coup je décline plus systématiquement les demandes de contact sur le profil perso, c’est un peu le revers de la médaille car il m’arrive de faire de jolies rencontres par ce biais, il y a souvent de belles synchronicités, des personnes qui viennent à moi pour l’illustration mais avec qui je découvre de nombreuses affinités. L’un dans l’autre j’ai l’impression qu’il n’y a pas de réponse toute faite, entre soif de reconnaissance sociale et vrai plaisir d’échanger et de communiquer il faut faire preuve de souplesse et y aller au feeling, non ?
Cécile Vangout est illustratrice, son prochain album, Petit minus sort le 17 janvier chez L’élan Vert. Retrouvez-la sur son blog : http://cecilevangout.ultra-book.com

Nicolas GounyNicolas Gouny : J’ai effectivement une grosse présence sur les réseaux sociaux, je considère que c’est une partie de mon travail, et j’y consacre plusieurs heures par jour.
Je tiens à jour plusieurs blogs, trois pages Facebook, une page DeviantArt, trois boutiques en ligne et un site Internet (je crois n’avoir rien oublié)…
Donc clairement, pour moi, les réseaux sociaux sont des amis, d’autant plus que j’habite dans une campagne isolée, certes magnifique et peuplée d’animaux fabuleux, mais bien vide pour ce qui concerne mes co-disciples et les directeurs artistiques.
Comme tous les médias, ils ont un rôle déformant et grossissant. Il faut en tenir compte, et savoir que ce que l’on y bâti n’est qu’une image.
Et moi ça m’amuse d’en jouer, et de voir parfois le décalage entre l’opinion que se font mes « amis » de moi et ce que je crois être la réalité (finalement, on peut gommer des petits défauts, comme l’impatience, les caractères d’ours…).
Sans Internet, de toute manière, il serait inenvisageable, pour moi, de faire ce métier, c’est par Internet que j’y suis arrivé.
Nicolas Gouny est auteur et illustrateur, il vient de sortir Paolo !, que nous avons chroniqué ici, chez Frimousse. Retrouvez-le sur son site : http://www.la-parenthese-enchantee.fr

OLYMPUS DIGITAL CAMERAMuriel Zürcher : Je ne suis pas sur les réseaux sociaux. Ce n’est pas une question de principe (quoique j’aurais un gros pincement aux neurones si je me décidais à cocher la petite case des conditions générales d’utilisation de Facebook). Je raisonne plutôt comme on évalue un médicament, dans une logique bénéfices/coûts.
Côté bénéfices, difficile de se passer des réseaux sociaux pour partager son point de vue sur telle ou telle question ou pour expérimenter de nouvelles formes d’écritures, mêlant réalité et fiction, écriture interactive, ou encore se pliant à un format spécifique, du genre twitter fiction. Pour le moment, je n’ai pas ce type de projet. Ma présence sur le web se limite donc à une vitrine professionnelle et ça me suffit. Evidemment, je passe à côté des bénéfices secondaires : la circulation de beaucoup d’infos, probablement aussi les rencontres avec les collègues, les échanges avec les lecteurs.
Mais tout cela ne fait pas le poids face au coût à payer, celui d’y passer un temps fou ! Et du temps, j’en manque déjà tellement…
Sans compter que les réseaux restent là, à portée de main. Le jour où j’en ressentirai le besoin, plouf !
Muriel Zürcher est auteur, elle vient de sortir Krok mais illustré par Emilia Conesa chez Winioux, nous l’avons chroniqué ici. Son site : http://minisites-charte.fr/sites/muriel-zurcher

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De drôles d’oiseaux signés Géraldine Collet

Par 29 mars 2012 Livres Jeunesse

Je vous ai déjà parlé plusieurs fois de Géraldine Collet. Aujourd’hui elle revient en librairie avec deux très beaux albums qui parlent de deux oiseaux très différents

Ah ! Enfin tranquille ! se dit un oiseau en se posant. Sauf que quand on a trouvé un endroit sympa, les gêneurs arrivent ! Pas facile de rester tranquille !

On retrouve ici l’humour de Géraldine Collet que nous adorons, les petites phrases qui font mouche auprès des enfants (aussitôt après le lui avoir lu, ma fille se l’est accaparé pour le lire à ses doudous !). Les dessins de Tious m’ont fait penser à des dessins animés de mon enfance comme La noiraude (d’ailleurs je trouve qu’on est, même dans le texte, dans cet esprit là, un peu caustique, un peu absurde) et surtout à Antivol, un peu moins connu*. C’est un album très sympa et très beau (Frimousse fait toujours de beaux albums au papier épais).

Un nouvel animal arrive dans les cases des animaux… mais où mettre un oiseau à plumes rouges qui chante mal et qui a une patte plus courte que l’autre ? Quelle case est faite pour lui ? Et si Okimdam, c’est son nom, ne rentrait dans aucune case ?

On reste donc avec les oiseaux mais on est ici dans un tout autre univers. Okimdam, l’oiseau auquel il manquait une case est un album très poétique, plein de philosophie. Ici on parle de ceux qui classent les gens dans des catégories, qui cloisonnent. On parle surtout de faire exploser ces cloisons. Les animaux sont à l’étroit dans leurs cases, ils veulent en sortir. Le livre se termine d’ailleurs par une très belle phrase « Indépendance et liberté valent mieux que des cases ordonnées ». Là encore on a affaire à un très bel objet avec sa couverture vernie et ses pages épaisses.

Géraldine Collet a décidément le talent de dire des tas de choses en peu de mots, de faire travailler l’imaginaire avec des textes courts.

* ajout : Antivol (merci à la personne qui me l’a rappelé)

Tranquille ! de Géraldine Collet, illustré par Tious
Frimousse. 12,50€
Public : A leur lire / Lecteurs débutants

Okimdam, l’oiseau auquel il manquait une case de Géraldine Collet, illustré par Jessica Lisse
Éditions Thierry Magnier
. 12,80€
Public : A leur lire / Lecteurs débutants

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A part ça ?

Depuis mardi nous vous proposons des fiches thématiques (voir ici). Je vous conseille de les consulter quand vous cherchez des livres sur un thème précis. J’espère que vous apprécierez cette nouveauté !

Gabriel

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