La mare aux mots
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Véronique Massenot

Des histoires d’amitié et de solidarité

Par 26 septembre 2017 Livres Jeunesse

Aujourd’hui on parle d’amitié, de bons copains, de disputes et de réconciliations grâce à deux superbes albums : Emmett et Cambouy et Vie de Fourmis !

Emmett et Cambouy
Texte de Karen Hottois, illustré par Delphine Renon
Seuil Jeunesse
14,50 €, 196×240 mm, 64 pages, imprimé en France, 2017.
Vie de fourmi
Texte de Véronique Massenot, illustré par Magali Clavelet
L’élan Vert
12,20 €, 232×232 mm, 32 pages, imprimé en France, 2017.

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Les invité.e.s du mercredi : Sylvie Serprix et Véronique Massenot

Par 18 janvier 2017 Les invités du mercredi

Nous recevons aujourd’hui Sylvie Serprix et Véronique Massenot. La première a accepté de répondre à nos questions, la seconde nous livre ses coups de cœur et coup de gueule. Bon mercredi à vous !


L’interview du mercredi : Sylvie Serprix

Sylvie SerprixParlez-nous de votre dernier album, Moi parfois… sorti chez Bulles de Savon, comment avez-vous travaillé sur ce projet ?
J’ai reçu un mail de l’éditeur de Bulles de savon qui est fan de mon travail pour la presse. Au début de l’été, il m’a envoyé le texte d’Agnès de Lestrade, pour qui j’avais déjà illustré La vie sans moi. J’aime son écriture, concise et délicate. Celle-ci était en plus très drôle !
C’est un album pour les petits autour des émotions, le quotidien d’un enfant dans ses contradictions : passer des câlins à la bouderie, jouer avec un ami et ne plus vouloir lui prêter ses jouets, etc. L’histoire commence avec la petite fille de la couverture chaussée de baskets magiques qui la transforment ensuite en différents animaux suivant ses émotions. Le texte et les images sont construits en écho sur chaque double page, dans une ambiance très colorée et avec le sourire. À la fin les enfants peuvent continuer à imaginer d’autres rôles !
Pour la réalisation, il y a d’abord eu la recherche des animaux suivant leur rôle, j’ai donc fait passer un casting ! Ensuite j’ai travaillé les personnalités de chacun, les mouvements, positions, cadrage avec le décor, etc. Puis mis en place du story-board pour affiner l’ensemble, avec une première mise en place des couleurs en numérique. Petits allers-retours mail avec l’éditeur. Validation. Et finalisation des images avant maquette.
Nous avons aussi beaucoup travaillé la couverture. Au début la petite fille marchait simplement et puis le texte était tellement drôle que je l’ai fait sautiller en ajoutant un assistant, le petit écureuil. Au moment du story-board, j’avais juste dessiné le titre en imitant une écriture d’enfant. Finalement, on a gardé cette idée et je l’ai retravaillé en calligraphie.
Et suite à mes nombreuses rencontres scolaires, où les enfants me demandent aussi souvent la question de la réalisation, du coup j’ai réalisé un petit making of pour cet album que l’on peut voir sur mon site www.serprix.com.

Comment choisissez-vous les projets sur lesquels vous travaillez ?
Généralement, un éditeur connaissant mon travail me soumet un texte. Mais à deux reprises, le scénario s’est inversé. Ce fut le cas avec Marie-Sabine Roger pour mon tout premier album jeunesse Le roi sans terre, mention White Raven Bologne 2012 et adapté au théâtre. Puis avec Claire Gratias dont j’avais illustré la couverture de l’un de ses romans, ce qui a donné par la suite notre petit best-seller Arrête de lire !, Prix des Incorruptibles 2014.

Vous travaillez aussi beaucoup pour la presse, c’est un travail différent que celui d’illustrer un album ?
Déjà étudiante en école d’art, j’étais très presse. J’aime le rythme très rapide, mon délai le plus court étant à peine 4 heures pour le journal Le Monde ! Il faut réagir vite. C’est un exercice d’humilité aussi. Aussitôt le texte envoyé, l’idée validée, l’image rendue et publiée le lendemain, le jour d’après on passe déjà à d’autres actualités ! Le rapport texte-image est le même que pour les albums jeunesse. Par contre, le travail en presse m’oblige avant tout à être précise avec une idée très forte tout de suite. D’ailleurs, je garde ce côté « idée dans l’instant » pour illustrer les albums, même si c’est un long travail dans le temps avec des allers-retours entre l’auteur et l’éditeur.

Quelles techniques d’illustration utilisez-vous ?
Le travail de recherche est au crayon à papier, sur feuille libre. Je n’aime pas les carnets. Puis une mise en couleur rapide en numérique, pour donner une idée de l’atmosphère générale. Après validation, le rendu final est souvent en peinture acrylique avec parfois des montages pour des parties au crayon à papier suivant l’histoire. Les images sont ensuite numérisées et retravaillées sous Photoshop.

Pouvez-vous nous parler de votre parcours ?
Après mon diplôme d’Art Graphique de Penninghen, j’ai commencé par hasard par le dessin documentaire pour des guides chez Gallimard. Puis j’ai intégré deux agences de création, l’une pour un travail documentaire toujours, avec le Muséum d’Histoire Naturelle. Passionnant de travailler avec des scientifiques sur l’origine du monde. Puis une autre agence pour la réalisation graphique de sites Web, j’ai appris le java script ! … et la création de décors 2D pour des jeux vidéo. Passionnant également, si on aime les contraintes techniques. C’est un travail de fou !
Avant de me consacrer entièrement à l’illustration depuis 10 ans maintenant.
Pour la presse, je collabore régulièrement avec Le Monde, Libération, le JDD, Le Magazine Littéraire, Pèlerin magazine, l’OECD entre autres et j’ai depuis septembre une rubrique mensuelle pour le magazine Cerveau & Psycho.
Pour l’édition, j’ai commencé par des couvertures de romans adultes, puis jeunesse, puis romans illustrés et enfin depuis 7 ans, une quinzaine d’albums jeunesse parus.

Quelles étaient vos lectures d’enfant, d’adolescente ?
Toute petite j’étais très Martine, et puis il y a eu Jules Verne qui m’a beaucoup impressionné. J’ai eu une période polar. Je suis aussi fan de biographies ! Toutes celles concernant Churchill et celles qu’il a écrites lui-même, divinement écrites d’ailleurs, avec un humour féroce !

Quelques mots sur vos projets ?
La presse toujours. Et pour les albums jeunesse, il y aura deux projets musicaux et le troisième opus d’Arrête de lire !. Tout est en cours, donc difficile pour moi de donner plus de détails. À suivre donc. Et puis peut-être une expo.

Bibliographie sélective :

  • Moi, parfois…, illustration d’un texte d’Agnès de Lestrade, Bulles de Savon (2016).
  • Phototoutou, texte et illustrations, La Palissade (2015).
  • T’es plus mon amoureux, illustration d’un texte de Claire Gratias, Belin Jeunesse (2015), que nous avons chroniqué ici.
  • Le rendez-vous de Valentin, texte et illustrations, Grasset-Jeunesse (2013).
  • Tout blanc, illustration d’un texte de Marie-Sabine Roger, Casterman (2013).
  • D’une île à l’autre, illustration d’un texte de Nadine Brun-Cosme, Talents Hauts (2013), que nous avons chroniqué ici.
  • Arrête de lire !, illustration d’un texte de Claire Gratias, Belin Jeunesse (2012).
  • Contes d’un autre genre, illustration d’un texte de Gaël Aymon, Talents Hauts (2011), que nous avons chroniqué ici.
  • Mille petits poucets, illustration d’un texte de Yann Autret, Grasset Jeunesse (2011).
  • De ce côté du monde, illustration d’un texte de Marie-Sabine Roger, Casterman (2011).
  • Un beau jour du crocodile, illustration d’un texte de Valérie Guidoux, Mango (2011).
  • Samiha et les fantômes, illustration d’un texte de Clémentine Beauvais, Talents Hauts (2010), que nous avons chroniqué ici.

Le site de Sylvie Serprix : www.serprix.com.


Le coup de cœur et le coup de gueule de… Véronique Massenot

Régulièrement, une personnalité de l’édition jeunesse (auteur.e, illustrateur.trice, éditeur.trice…) nous parle de deux choses qui lui tiennent à cœur. Une chose qui l’a touché.e, ému.e ou qui lui a tout simplement plu et sur laquelle il.elle veut mettre un coup de projecteur, et au contraire quelque chose qui l’a énervé.e. Cette semaine, c’est Véronique Massenot qui nous livre son coup de cœur et son coup de gueule.

Mon coup de gueule, mon coup de cœur… ils sont liés, tous les deux.

Et comme j’ai horreur de râler, je ne vous parlerai que du second — mais vous comprendrez.
Mon coup de cœur, c’est la création de l’Association Encrages :

« Novembre 2016. Depuis des mois, des réfugiés campent dans le quartier de Stalingrad, rue de Flandre, à Paris. Des voisins se relaient pour partager avec eux un petit-déjeuner. De cafés en thés et de paroles en idées échangées, des bénévoles, des illustratrices, illustrateurs, des gens du livre révoltés par l’accueil déplorable fait aux réfugiés décident d’agir. Tout d’abord en parant au plus urgent : trouver des moyens pour “remplir la marmite” avec une vente de dessins au profit des associations qui aident les réfugiés. Pour organiser cette vente, une association est créée, et pensée pour d’autres actions à venir. C’est la naissance d’Encrages. »

Judith Gueyfier s’est chargée de lancer un appel auprès de ses confrères et sœurs. Nous avons été invités à offrir des illustrations pour qu’elles soient ensuite mises en vente, au profit de différents collectifs ou associations heureusement très actifs : 90 artistes ont donné une ou plusieurs de leurs œuvres.

La vente a eu lieu à La Rotonde, place de la Bataille de Stalingrad, à Paris, le 13 décembre dernier. Un très bel événement ! Dans l’après-midi, des familles réfugiées et parisiennes ont été invitées à divers ateliers, à visiter l’exposition et à partager un goûter. Puis la vente s’est ouverte, accompagnée de lectures, de musique, de dialogues entre bénévoles, réfugiés et public. Ce fut un vrai succès. TOUT a été vendu. L’argent récolté a pu être versé, comme prévu, aux associations BAAM (soutien juridique et cours de français), CPSE/TIMMY (mineurs isolés) et Polyvalence, tandis que d’autres dons, matériels, ont pu être faits aux collectifs P’tit Dej’ de Flandre et La Cuisine des Migrants (distributions de nourriture).
Ensuite ? L’association n’en restera pas là. D’autres manifestations du même type, portées par des amis auteurs et illustrateurs vivant dans d’autres villes se sont tenues parallèlement — ou s’organisent encore, n’hésitez pas à les soutenir ! Ainsi à Angoulême, à Nantes (du 5 décembre au 5 février), à Lyon (le 18 février), à Rennes (le 12 mars), à Marseille… Par ailleurs, des ateliers d’écriture et de dessin seront mis en place et proposés aux publics en précarité, notamment les réfugiés.

Les coups de gueule poussés ici ont souvent à voir avec l’état du monde — et celui, bien malmené, de nos consciences face à lui — ou avec la situation précaire des auteurs et illustrateurs Jeunesse. J’adhère à tous. Voilà pourquoi mon cœur bat très fort pour ce genre d’action, où chacun essaie de faire sa part selon ses moyens, comme il peut… Mais à beaucoup, on peut beaucoup ! Même précaires, de nombreux artistes du livre se montrent généreux, simplement fidèles aux valeurs humanistes qu’ils défendent dans leur travail.

PS : Pour soutenir l’association, n’hésitez pas à vous rendre sur son site… et plus si affinités ! 😉

Véronique Massenot

Véronique Massenot est auteure.

Bibliographie sélective :

  • Le Géant qui rêvait, illustré par Peggy Nille, L’élan Vert (2016).
  • Tizan et l’Arbre à Bonbons, illustré par Sébastien Chebret, L’élan Vert (2016).
  • À l’eau, la Baleine !, illustré par Peggy Nille, L’élan Vert (2016).
  • La Perruche et la Sirène, illustré par Vanessa Hié, L’élan Vert (2015).
  • Merci Facteur !, illustré par Isabelle Charly, L’élan Vert (2015).
    • À Plume, à Poil et à Paillettes !, illustré par Peggy Nille, Gautier Languereau (2014).
  • Salaam Palestine ! [Carnet de Voyage en Terre d’Humanité], avec Marc Abel et Bruno Pilorget, La Boîte à Bulles (2013).
  • Hansel & Gretel, illustré par Xavière Devos, L’élan Vert (2012), que nous avons chroniqué ici.
  • Les Trois Musiciens, illustré par Vanessa Hié, L’élan Vert (2011).
  • Au Jardin de mon Cœur, illustré par Kim Hee-yeon, Flammarion (2010).
  • Grand Ménage de Printemps, illustré par Lucie Minn, Gulf Stream (2007), que nous avons chroniqué ici.

Le site de Véronique Massenot : http://veroniquemassenot.net.

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Dis, tu peux lui demander… ? (Saison 2, 7/9)

Par 12 août 2015 Les invités du mercredi

Cet été, comme l’été dernier, vous pourrez lire, tous les mercredis, une question d’enfant et la réponse d’auteur-e-s, illustrateur-trice-s, éditeur-trice-s… Aujourd’hui, c’est une question de Madeleine, 7 ans : « Dans certains livres, on trouve parfois après l’histoire des informations documentaires. Est-ce que c’est l’auteur qui écrit cette partie ? Si oui, est-ce qu’il doit faire des recherches pour savoir autant de choses ? ». Les auteur-e-s Sigrid Baffert, Mymi Doinet, Anne Ferrier, Lionel Larchevêque, Véronique Massenot et Isabelle Wlodarczyk et l’éditrice Galia Tapiero ont accepté de lui répondre, vous découvrirez, en même temps qu’elle leurs réponses. Chacune des questions retenues fait en plus gagner un ouvrage à l’enfant qui l’a posée. Cette question Igor et Souky à la tour Eiffelpermet donc à Madeleine d’avoir la chance de recevoir, grâce aux éditions des éléphants, Igor et Souky à la tour Eiffel un album justement avec une partie documentaire écrit par Sigrid Baffert et illustré par Sandrine Bonini. Dans cet album (chroniqué ici), les deux héros récurrents visitent le célèbre monument parisien. Igor et Souky c’est une super série dont deux nouveaux tomes sortiront à la rentrée.


« Dans certains livres, on trouve parfois après l’histoire des informations documentaires. Est-ce que c’est l’auteur qui écrit cette partie ? Si oui, est-ce qu’il doit faire des recherches pour savoir autant de choses ? »
(Madeleine 7 ans)

Sigrid Baffert :
Bonjour Madeleine,
Plusieurs cas sont possibles : parfois, c’est l’auteur qui écrit cette partie, d’autres fois, il peut s’agir de l’éditeur, ou encore d’un « spécialiste » à qui l’éditeur fait appel lorsque le thème est très pointu.
L’intérêt de tels ajouts documentaires en fin de livre est d’élargir le sujet. Ça permet de donner à découvrir d’autres points importants que le récit n’a pas pu aborder, de préciser certains détails techniques, ou encore de nuancer un propos. Très souvent, ces recherches ont servi de tremplin en amont à l’auteur pour écrire l’histoire.
Car oui, la plupart du temps, l’auteur doit faire des recherches, il ne sait pas tout sur tout ! C’est justement ce qui est passionnant : il apprend des choses sur des sujets très variés qu’il n’aurait sans doute jamais abordés sans la nécessité de l’écriture, qu’il s’agisse ou non d’une commande.
Dans le cas des Mercredis d’Igor et Souky, une série d’albums de docu-fiction, c’est moi, l’auteur, qui effectue les recherches. Elles m’aident à aborder la partie fiction et sont écrites en premier, puis je me lance dans l’histoire. À la fin, on relit ensemble avec l’éditeur (les Éléphants), on affine. L’illustratrice de la série (Sandrine Bonini) dessine de petits cabochons pour aérer cette partie plus « aride ». Avec elle, tout devient digeste !
La première difficulté est qu’il faut faire des choix. « Qu’est-ce qui fait sens pour un enfant ? », il faut trouver des exemples imagés, percutants, insolites, amusants.
La seconde difficulté est qu’il faut sans cesse revérifier les sources et les données.
Il y a toujours la crainte de faire une erreur. On a beau relire cent fois, une information peut échapper ou évoluer, et une fois que le livre est imprimé, c’est trop tard ! Les chiffres et l’actualité se périment vite et certains sujets sont subjectifs.
Mais à vrai dire, les informations purement documentaires en fin d’ouvrage ne sont pas celles qui me posent le plus de difficultés. Les plus délicates sont celles qui sont distillées au sein même d’un récit de fiction. Quand on écrit un roman ou un album, il ne faut pas étouffer le lecteur avec un pudding de documentation, l’enjeu est de réussir à insérer les informations (techniques ou historiques) sans en avoir l’air, de les mêler à la narration de la manière la plus fluide et la plus naturelle possible, à travers l’action et les dialogues. Un bon auteur de fiction doit savoir coudre la technique dans l’ourlet de l’histoire avec du fil invisible.

Igor et Souky à la tour EiffelSigrid Baffert vient de sortir deux Igor et Souky aux éditions des éléphants (Igor et Souky à la tour Eiffel et Igor et Souky au zoo de Paris) côté albums et côté romans Juste à côté de moi (La joie de lire) et La fille qui avait deux ombres (l’école des loisirs). À la rentrée, on découvrira deux nouveaux Igor et Souky (Igor et Souky à l’Opéra et Igor et Souky dans les égouts). Retrouvez-la sur son site : www.sigrid-baffert.com.

Mymi Doinet :
Oui, j’aime tout particulièrement ce travail de documentaliste, une façon pour moi de devenir incollable sur bien des thèmes. Et puis je trouve qu’un mini documentaire venant compléter une fiction est une piste de découvertes interactives pour les p’tits loups qui font leurs premiers vrais grands pas dans la lecture.
J’ai ainsi tout spécialement créé une double d’infos documentaires pour Les animaux de Lou et désormais aussi pour la série mettant en scène la tour Eiffel (Premières lectures parues chez Nathan). Pour tout ce qui est des documentaires sur la faune par exemple, je demande une relecture attentive à des spécialistes animaliers et de Marc Giraud, « bestiologue » auteur naturaliste hors pair, qui connaît tout des animaux, du minus acarien à la giga baleine bleue.

La tour Eiffel à New York !Mymi Doinet est auteure. Elle a notamment écrit la série Les animaux de Lou et Les copains du CP (tous deux chez Nathan). Elle vient de sortir la suite de La tour Eiffel à des ailes, La tour Eiffel à New York, illustré par Mélanie Roubineau chez Nathan là encore.
Son site : http://mymidoinet.blogspot.fr.

Anne Ferrier :
En général, c’est l’auteur lui-même qui rédige la partie documentaire. On fait des recherches qui peuvent prendre du temps, c’est vrai, mais comme en général on a effectué ces recherches avant, pour écrire le roman lui-même (si on parle d’un personnage historique, ou d’un château qui existe vraiment, par exemple, il vaut mieux avoir fait des recherches avant d’écrire l’histoire, pour être sûr de ne pas raconter trop de bêtises), il n’y a plus qu’à récupérer les notes qui nous ont servi pour le roman, et hop ! le travail est déjà fait !
Et moi, j’adooooore effectuer des recherches, j’adore apprendre plein de choses qui ne me serviront sans doute jamais : par exemple, sais-tu que les tatouages existaient déjà à la préhistoire ? Et qu’en shimaore (la langue de Mayotte), un escargot est un kowa ? Bon, c’est vrai, c’est difficile à caser dans une conversation. 😉
Parfois, c’est l’éditeur qui se charge de la partie documentaire, parce qu’il souhaite quelque chose de très précis par exemple : dans la série sur l’enfance des héros arthuriens, à la fin de chaque album l’éditeur a souhaité insérer une petite BD qui reprend les éléments essentiels de l’histoire.

Dernier combatAnne Ferrier vient de sortir, avec Régine Joséphine, une nouvelle aventure des Chroniques étranges des enfants Trotter, Le dernier combat (Oskar) et un album chez Utopique, Mon extra grand frère.
Retrouvez-la sur son site : http://www.anne-ferrier.fr.

Lionel Larchevêque :
Bonjour Madeleine !
Dans les trois livres que j’ai faits pour la collection Le thé aux histoires, il y a d’abord une histoire et quelques pages documentaires sur le même thème. Pour le Graoully (un célèbre dragon qui vivait autrefois à Metz !), et La nuit du Kougelhopf c’est quelqu’un qui travaille au musée qui a aidé à écrire la deuxième partie du livre. Pour Mannele, c’est une pâtissière de talent qui a proposé une recette très gourmande !
Comme tu vois, ce sont à chaque fois des spécialistes de la question ! Je pense que c’est plus intéressant ainsi, car le lecteur peut apprendre davantage de choses, et moi aussi par la même occasion…
Car moi, pour écrire une histoire, j’ai souvent besoin de me documenter, et de lire beaucoup, mais je retiens peu de choses, je ne garde que des idées pour mon histoire. Chacun son métier ! 🙂

ManneleLionel Larchevêque a sorti il y a peu Mannele (aux éditions Feuilles de menthe, avec Clotilde Perrin). À la rentrée, on découvrira Je voulais un chat (chez Alice) et Joe, roi du lasso avec Sylvie de Mathuisieulx (chez Samir Éditeur).
Retrouvez-le sur son site : http://lionellarcheveque.blogspot.fr.

Véronique Massenot :
Chère Madeleine,
je pense qu’il y a plusieurs réponses à ta question, car tous les éditeurs ne fonctionnent pas de la même façon. Je vais donc te parler de mon expérience à moi, celle que je connais le mieux !
Dans la collection Pont des Arts, pour laquelle j’écris régulièrement des histoires inspirées par l’œuvre de grands artistes, les deux cas se sont présentés.
Pour mes premiers livres (Chagall, Hokusai, Le Corbusier, Picasso…) c’est moi, l’auteure de l’album, qui ai aussi rédigé la double-page documentaire terminant le livre – celle qui raconte la vie de l’artiste, son époque, sa manière de créer… Mais pour les suivants (le facteur Cheval ou Matisse) la formule a changé : maintenant, c’est l’éditeur qui s’en occupe directement avec son partenaire spécialiste de l’enseignement (CANOPÉ).
J’avoue que j’aimais beaucoup le faire. Ce n’était pas compliqué parce que, pour inventer l’histoire du livre, de toutes façons, je fais beaucoup de recherches sur l’artiste, sa vie, son travail, ses idées… (Quand c’est possible, je vais voir l’œuvre « en vrai » au musée, par exemple.) Ce que j’invente ensuite y est forcément relié. C’est d’ailleurs le but de cette collection : faire un pont entre les arts !
Cela dit, je participe toujours à cette dernière double-page. Car une partie de celle-ci (La marmite des auteurs) est désormais réservée aux créateurs du livre (texte et images) qui peuvent expliquer ce qui les intéresse chez l’artiste choisi et comment ils ont travaillé chacun : pourquoi l’auteur a-t-il eu l’idée de tel ou tel personnage, pourquoi l’illustrateur a préféré peindre de telle ou telle manière… C’est drôle parce que, finalement, au lieu d’être rédacteur du documentaire comme avant, l’auteur en est presque devenu une partie du sujet !

merci facteurVéronique Massenot a sorti cette année deux albums : Merci Facteur ! (illustré par Isabelle Charly, chez L’élan Vert, une petite vidéo pour le découvrir) et Le Vieux Tigre et le Petit Renard (illustré par Peggy Nille, toujours chez L’élan Vert).
Retrouvez-la sur son site : http://veroniquemassenot.net.

Isabelle Wlodarczyk :
Bonjour Madeleine,
En fait, ça dépend : parfois, ce sont des spécialistes qui écrivent la partie documentaire. Dans mes livres, je demande à la faire parce que pour gribouiller mes bouquins, je me documente beaucoup. J’aime bien ensuite raconter ce que j’ai lu, restituer les faits. Ça demande, comme tu le dis, de faire des recherches, un peu comme un détective : tu farfouilles dans les articles, les documents. Parfois, tu lis même des vieux papiers aux archives et tu te plonges dans le passé ! Il m’arrive de tomber sur des histoires incroyables, des disparitions étranges, des morts louches… C’est là que je puise mes idées de romans.

Voltaire écraser l'infâmeIsabelle Wlodarczyk est auteure. Elle vient de sortir Voltaire, écraser l’infâme chez Oskar et elle sortira prochainement deux ouvrages en rapport avec l’Odyssée d’Homère : L’odyssée d’Homère pour réfléchir (chez Oskar) et Pénélope d’après l’Odyssée d’Homère (chez Amaterra). Retrouvez-la lors de l’interview que nous avons fait d’elle et sur son site.

Galia Tapiero (Kilowatt) :
Bonjour Madeleine,
Parfois les informations documentaires sont écrites par l’auteur mais pas souvent. Cela dépend de l’auteur et aussi de la longueur et de la difficulté de la partie documentaire. Mais quelle que soit la personne qui écrit, il faut faire des recherches pour être sûr de ne pas se tromper, pour ne pas oublier des informations importantes, pour vérifier une date ou un nom. On fait des recherches sur internet et on va à la bibliothèque. C’est passionnant de découvrir un nouveau sujet et d’apprendre. Chez Kilowatt, la partie documentaire de l’histoire Les Beignets de ma mère a été écrite par l’auteur et l’éditrice. Marion le Hir de Fallois, l’auteur, avait déjà vécu en Louisiane et s’intéressait beaucoup au sujet de la ségrégation. C’est elle qui a eu l’idée de rajouter une recette de cuisine. D’autres auteurs ont envie d’écrire des histoires sans se soucier du documentaire. Chaque livre est unique.

Galia Tapiero est éditrice chez Kilowatt.
Le site de la maison d’édition : http://www.kilowatt.fr.

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Deux contes classiques : Boucle d’Or et Hansel et Gretel

Par 6 mai 2012 Livres Jeunesse

Deux classiques qui parlent de la curiosité, des enfants qui vont aller mettre leur nez où il ne fallait pas !

Il était une fois une petite fille qu’on appelait Boucle d’Or… la suite vous la connaissez !
Cette version aux pages en carton épais (qu’on peut mettre entre les mains des plus petits) est vraiment une réussite ! Format à l’italienne, très belles illustrations pleine page (chaque fois le texte est écrit sur une page et l’illustration couvre la page en face) signées Marion Billet (illustratrice de Chamalo, dont je vous ai parlé il y a peu et d’une très belle version de Cendrillon en théâtre d’ombres). Une des plus belles versions pour les plus petits que j’ai vu de Boucle d’Or !
Dans la même collection, Les minis contes du tapis, est aussi sorti Le petit bonhomme de pain d’épice, d’autres titres sont à venir.

Hansel & Gretel est une histoire un peu moins connue mais qu’on a quelque part dans notre mémoire, deux enfants perdus dans la forêt par leurs parents, qui vont tomber sur une maison en bonbons habitée par une sorcière.

Ici c’est Véronique Massenot qui signe la version du texte et les illustrations sont de Xavière Devos. On est très loin du dessin de Marion Billet, c’est moins rond, moins sucré… je dirai que ça ne s’adresse pas au même public ! Je pense que les illustrations ne feront pas l’unanimité, moi j’ai adoré ! Il y a un côté « à l’ancienne », le genre d’illustrations qu’on trouvait dans les livres quand on était petit, un côté « classique », très esthétique. Elles vont parfaitement avec cette histoire assez cruelle (je vous rappelle que la sorcière enferme Hansel dans une cage pour l’engraisser avant de le manger et exploite Gretel, et qu’elle finit dans le four !). Bref le texte n’est pas mièvre du tout et les illustrations non plus ! L’album est grand (23,5 x 29,6 cm), esthétique et vraiment réussi.

Quelques pas de plus…
D’autres chroniques sur des livres illustré par Marion Billet : Chamalo et sa baby-sitter et Chamalo est jaloux.
Notre chronique sur Grand ménage de printemps illustré par Véronique Massenot

Boucle d’or et les trois ours
de Marion Billet d’après le conte traditionnel
Seuil Jeunesse dans la collection Les minis contes du tapis
7,50€
Hansel & Gretel
de Véronique Massenot d’après un conte de Grimm, illustré par Xavière Devos
L’élan vert dans la collection Galéjade
15,20€

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A part ça ?

Vous aimez Elmer ? Les éditions Kaléidoscope font gagner 50 exemplaires du tout premier album numérotés et dédicacés par l’auteur, David McKee à l’occasion de l’anniversaire de l’éléphant multicolore. Pour gagner les enfants doivent faire un dessin du goûter d’anniversaire d’Elmer. Plus d’infos ici.

Gabriel

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Une p’tite balade en compagnie d’une bernique et de personnages de contes (avec un passage à Nantes)

Par 23 décembre 2011 Livres Jeunesse

Ça vous dit une p’tite balade ? C’est le nom d’une collection (Les p’tites balades) de Gulf Stream, un éditeur nantais dont on vous a déjà parlé. De très jolis albums carrés qui s’adressent aux enfants à partir de 3 ans.

Annick est une petite bernique (mot qui me tient à cœur car c’est sous ce nom que je signe des sites) qui se pose beaucoup de questions, alors qu’elle mange, pour le goûter, une algue qui lui semble très fade, avec son ami Bruno le bigorneau, elle commence à se demander pourquoi cette algue n’est pas salée comme la mer… et d’ailleurs pourquoi elle est salée, la mer ? C’est ce qu’elle va tenter de découvrir. Bruno a son explication, mais elle est un peu farfelue. Annick rend donc visite à son grand-père qui lui a une explication des plus poétique, puis au professeur qui semble connaître la vraie raison… mais ça n’explique pas pourquoi l’algue était aussi fade…

Le texte est à la fois drôle et poétique. Avant de connaître la vérité et de l’apprendre, on sourit avec les versions farfelues qu’ont les personnages de la présence du sel dans la mer. C’est une délicieuse façon de répondre à une question que peuvent se poser les enfants. Les très belles illustrations signées Sigrid Martinez ajoutent encore plus d’humour au texte de Léna Ellka. Bref tout ça donne un album très sympathique.

Quelque chose a changé, non ? Il fait plus doux, les fleurs sont ouvertes, les animaux qui hibernaient sont de retour… mais oui c’est le printemps ! Et au printemps que fait-on ? le Grand ménage de printemps bien sûr !

Voilà le genre de petit album que j’adore, de très belles illustrations qui sont pleines de clins d’œil (ici on découvre sur chaque page des personnages de contes), un texte court drôle et poétique, le genre d’album que j’adore lire à ma fille. La longueur du texte (une phrase par page) permet de s’attarder sur les dessins, de chercher, de regarder, d’imaginer. Et j’aime cette accumulation de personnages de contes, qu’on essaye de reconnaître (comme dans La ronde des contes entre autre). Ce petit livre est une vraie réussite.

Annick la bernique et la mer salée de Léna Ellka, illustré par Sigrid Martinez
Grand Ménage de printemps de Véronique Massenot, illustré par Lucie Minne
Tout deux chez GulfStream dans la collection Les p’tites balades
9€50 chacun
Public : A leur lire / Lecteurs débutants (l’éditeur précise à partir de 3 ans)

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A part ça ?

On reste à Nantes (puisque j’y suis en ce moment) et, pour nos amis nantais ou pour ceux qui y seraient de passage, je vous propose de découvrir l’exposition Très toucher au muséum d’histoire naturelle. On l’a visitée avec ma fille et on l’a beaucoup aimée. Au programme donc des découvertes grâce au toucher, que ce soit froid ou chaud, rugueux ou doux, mou ou dur… on touche ! (et même avec les pieds puisqu’on doit enlever les chaussures) C’est ingénieux et original. Bref, je vous la conseille fortement. C’est jusqu’au 4 mars et vous pouvez en savoir plus ici. Et si après le musée on allait manger un morceau ? Allez donc faire un tour rue des Olivettes ! Le P’tit qu’a fait… est un café (au nom original) entièrement pensé pour les enfants. On est loin ici des cafés pour enfants parisiens à la clientèle exclusivement bobo et fortunée. Ici l’ambiance est sympa, les enfants ont vraiment de la place pour jouer (et de quoi faire !) et les tarifs intéressants (parce que je ne sais pas vous, mais moi la part de tarte à 7€ sous prétexte il y a quelques jouets dans un espace d’un mètre carré… ça ne passe pas !). Ils ont un blog : http://leptitquafait.over-blog.com et une page facebook. Et pour finir je vous conseille un blog sur lequel je suis tombé et qui est très sympa : http://mapetitesemainenantaise.blogspot.com.

Gabriel

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