La mare aux mots
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Vincent Mathy

La nuit prochaine, promis, je ne mouillerai pas les draps !

Par 9 novembre 2012 Livres Jeunesse

 Si votre enfant a fait sa première rentrée, vous n’y avez sans doute pas échappé… le fameux décompte des jours avant la date butoir à laquelle il doit être propre ! Seulement voilà, la rentrée est passée, le petit dernier fait bien pipi dans les toilettes ou dans son pot la journée… mais la nuit c’est autre chose ! Voici quelques livres pour évoquer ce douloureux problème !

Dans l’obscurité d’une chambre un petit garçon ressent une drôle d’impression… son ventre le chatouille… Il n’a pas envie de quitter son lit car il fait nuit, il pense a un petit ruisseau qui dans sa prairie s’élance et grossit de plus en plus jusqu’à quitter son lit, lui… Le petit garçon ne quitte toujours pas le sien. Très belle histoire, très poétique que ce parallèle entre le petit garçon qui a envie de faire pipi et ce ruisseau que personne n’arrête, Cathy Ytak met beaucoup d’humour et de poésie dans ce texte. Il est agréable à lire à voix haute, les mots roulent. Côté illustrations c’est très coloré et lumineux, Vincent Mathy a illustré de façon très moderne cette histoire et en a fait un livre très esthétique. Petits ruisseaux est un joli petit livre, drôle et plein de charme.

Tora est un petit chat qui, chaque nuit, rêve qu’il va dans l’eau pour chercher de la nourriture qui l’appelle, seulement voilà, une fois dans l’eau il se retrouve tout mouillé et ça le réveille… et vous devinez la suite, dans son lit il est mouillé aussi ! Ce qui fait bien rire son frère d’ailleurs… Le petit chat qui se réveillait tout mouillé est un très joli livre japonais, vraiment plein de charme et d’humour. On parle ici des rêves qui malheureusement ont parfois une incidence sur la vraie vie (Tora rêve qu’il va dans l’eau et se retrouve mouillé). Les illustrations de Hisako Madokoro sont vraiment très douces et l’histoire simple à comprendre pour les petits. Le livre finit par une question qui amène les enfants à participer à l’histoire. Un très bel album.

Quand il était bébé, Barnabé avait des couches tout le temps, maintenant c’est juste la nuit. Parfois il essaye sans… et régulièrement c’est la cata ! Ses parents ont tout essayé : Cataplasmes au jus de patate, sirops aux crottes de poule et même un remède soit disant efficace à base de limace très amer… rien à faire, il fait pipi au lit ! C’est gênant… surtout le jour où il doit aller dormir chez sa copine, la jolie Lilou… Le pipi au lit c’est aussi ça, ne pas pouvoir dormir chez les copains sans stresser… mais si les copains étaient comme nous ? L’hippopotame de cette histoire est tout plein de charme et les enfants vont l’adorer, les illustrations sont superbes et très douces, elles sont parfaites pour cette histoire de Christine Naumann-Villemin qui sait toujours parler des petits soucis du quotidien.

Tipoussin a fait un tipipi et c’est l’occasion pour Mamie Poule de raconter l’histoire du canari qui avait fait pipi au nid. Une histoire dans laquelle un simple pipi va provoquer un enchainement de situations chez les animaux, le début d’un sacré quiproquo. Je n’ai pas adhéré au texte car, comme je l’ai déjà dit ici, j’ai du mal avec les mots qui font langage bébé dans les albums jeunesse. Par contre je suis toujours aussi fan des illustrations d’Hervé Le Goff, le livre est très beau, très esthétique. Si vous, les histoires avec des « tipipi », « pas pu pas faire pipipi pas pu pas… » ne vous dérangent pas, le livre peut vous plaire !

La maman de Louis le lui a demandé « pas de pipi au lit ! » et il va falloir lui obéir. Seulement voilà la pluie frappe les carreaux et ça donne sacrément envie de faire pipi ! Mais le pot… où est-il ? Un album plein d’humour où un petit cochon va parcourir toute la maison pour retrouver son pot, aidé par toutes sortes de pots (du pot de miel au pot de peinture). On parle ici aussi des rêves, de l’imaginaire des enfants. Même si ce n’est pas un livre qui apportera vraiment une solution à l’enfant sur le pipi au lit, c’est un album amusant qui permettra de dédramatiser tout ça.

On finit par un livre plus classique, dans la série des Tom. Le petit lapin compte les jours avant d’aller dormir chez sa marraine et retrouver son cousin qu’il aime tant. Seulement voilà, il espère que là-bas il ne fera pas pipi au lit ! Comme dans Le pipi de Barnabé, c’est ici aussi par le biais de la nuit chez des amis qu’on évoque le pipi au lit. Les livres de Tom font partie des classiques pour évoquer les petits soucis de la vie, et généralement c’est assez bien écrit, là encore c’est le cas. Les illustrations toujours aussi douces. On évoque dans l’album les calendriers avec des jours de soleils et des jours de pluie, méthode que connaissent bien les parents confrontés au problème d’un enfant qui fait pipi au lit tardivement.

Quelques pas de plus…
Sur le même sujet, notre héroïne préférée, émilie qui elle aussi fait pipi au lit. Je vous conseille également Gros Pipi d’Émile Jadoul. La littérature de Judith et Sophie conseille, quant à elle, Fanfantôme. Bon courage pour les parents qui connaissent ce souci, cette chronique ne vous aura certainement pas donné de solution mais des livres qui vous permettront de montrer à vos enfants qu’ils ne sont pas les seuls à se réveiller mouillés.

Petits ruisseaux
de Cathy Ytak, illustré par Vincent Mathy
Éditions Sarbacane
12,90€, 172×242 mm, 32 pages, imprimé à Singapour
Le petit chat qui se réveillait tout mouillé
de Kazuo Iwamura (adapté en français par Florence Seyvos), illustré par Hisako Madokoro
L’école des loisirs
11,20€, 245×250 mm, 32 pages, imprimé en France
Le pipi de Barnabé
de Christine Naumann-Villemin, illustré par Elsa Oriol
Kaléidoscope
13,20€, 236×296 mm, 23 pages, imprimé en Italie
Le canari qui faisait pipi au nid
de Christine Beigel, illustré par Hervé Le Goff
Gautier Languereau dans la collection Les petites histoires du soir
6,90€, 196×198 mm, 20 pages, imprimé en France
Pipi de nuit
de Christine Schneider, illustré par Hervé Pinel
Albin Michel Jeunesse
10,65€, 202×259 mm, 31 pages, imprimé en France
Tom fait pipi au lit
de Marie-Aline Bawin, illustré par Elisabeth de Lambilly
Mango Jeunesse
8,50€, 235×220 mm, 24 pages, imprimé en Italie

A part ça ?

Sur le forum, j’ai créé des sujets sur les émissions de radio. Vous aussi venez parler avec nous de celles que vous écoutez, nous donner votre avis ou découvrir celles dont nous avons parlées ! C’est ici.

Gabriel

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Balade dans les rues

Par 2 juin 2012 Livres Jeunesse

A Vinaigrette-sur-Loire, on trouve la Rue de l’Articho. 16 illustrateurs très différents nous la présentent. C’est une rue très commerçante. On y trouve un boucher (Yassine), un pharmacien (Arnaud Boutin), un vendeur de farces et attrapes (Estocafich), un fromager (Vincent Pianina), une fleuriste (Nathalie Lété), un bazar (Delphine Durand), un magasin de sport (Lily Scratchy), un autre de jeux vidéos (Postics), un marchand de jouets (Vincent Mathy), un chausseur (Christian Aubrun), un poissonnier (Espen Friberg), un boulanger (Benjamin Chaud), une vendeuse de vêtements (Florie Saint-Val), une animalerie (Anouk Ricard), un libraire (Charles Dutertre) et un primeur (Chamo). Ça fait du monde j’en conviens ! Et ça donne donc lieu à un festival de couleurs et d’illustrations variées, souvent pleines d’humour. Le texte se résume à ce qu’on peut lire sur les vitrines à droite, et à la page de publicité de chaque magasin qui vante les mérites du commerce. C’est plein de jeux de mots, de produits farfelus, et de détails croustillants. Dans la vitrine de la librairie, qui a l’air d’être indépendante, soit dit en passant…), on retrouve par exemple des livres connus alors que l’animalerie propose des lapins myopes, des araignées funk, ou un caniche du Bengale. Et vous n’êtes pas au bout de vos surprises.
Même si de prime abord, j’ai pu penser que c’était une ode à la surconsommation, je l’ai finalement saisi dans l’autre sens : les illustrateurs, tous membres de l’association Articho qui vise à réunir des artistes d’horizons différents autour de l’image, se moquent finalement de toutes ces réclames, réductions, et stratégies plus farfelues les unes que les autres pour appâter le chaland !

On change de trottoir, pour se rendre Dans ma rue avec Rémi Saillard. Pas de mots, mais la force de l’illustration et de la trouvaille visuelle, et comme d’habitude, j’aime ces originalités. Le seul souci que je rencontre avec ce goût pour les livres un peu particuliers dans leur forme, c’est la difficulté que j’ai à être aussi claire que possible dans mes explications. Je me lance !
Dans ma rue, c’est donc une promenade dans cette allée résidentielle, de bâtiment en bâtiment. On démarre par la façade d’une petite maison à deux étages. On y observe des personnages : une dame qui regarde par la fenêtre, une jeune fille qui lit, un garçon qui s’avance d’un pas décidé vers l’arbre du jardin en tenant un nichoir dans ces bras, un homme marteau à la main et bleu de travail sur le dos… Sur cette page, deux trous.
On tourne la page, et comme par magie, on se retrouve à l’intérieur de la même maison, quelques minutes plus tard : on observe alors l’intérieur des pièces. Le temps a passé, les personnages ont bougé. La dame est affairée à soigner le doigt de l’homme (aïe le marteau), la jeune fille donne à manger au chien, le nichoir est en place et le petit garçon arrivé au grenier. On tourne de nouveau la page, et nous voici cette fois devant la façade de l’immeuble mitoyen. Et ainsi de suite, toujours sur le même principe. Tout au long des pages, on retrouve plusieurs détails : des personnages, mais aussi une cigale qui porte un baluchon, des oiseaux, des animaux…
J’aime beaucoup à la fois les traits et la fraîcheur des illustrations de Rémi Saillard (qui a aussi dessiné pour la presse, et dont j’ai reconnu immédiatement la marque, puisqu’il illustre plusieurs des magazines que je lisais enfant), mais également toute cette richesse visuelle. En écrivant la chronique, j’en découvre encore. Un beau support à la jolie couverture en relief cartonné, pour imaginer, discuter, et s’inventer les histoires de cette rue. Dans ces cas-là, le lecteur est auteur finalement, et j’aime cette idée !

Rue de l’Articho
de Yassine, Arnaud Boutin, Estocafich, Vincent Pianina, Nathalie Lété, Delphine Durand, Lili Scratchy, Postics, Vincent Mathy, Christian Aubrun, Espen Friberg, Benjamin Chaud, Florie Saint-Val, Anouk Ricard, Charles Dutertre, Chamo
Thierry Magnier
18 €
Dans ma rue
de Rémi Saillard
Escabelle
12,90 €

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A part ça ?

Une courte histoire d’amitié entre une marionnette de bois et un oiseau, c’est lumineux et poétique. Alors pourquoi s’en priver ?

Marianne

 

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