La mare aux mots
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Viol

Retours

Par 22 février 2019 Livres Jeunesse

Aujourd’hui, je vous propose un roman poignant sur un homme qui rentre dans son pays accompagné d’un enfant et une série de manga sur un garçon qui revient dans la vie d’une fille qu’il a persécutée à l’école.

Les murs bleus
de Cathy Ytak
Le Muscadier dans la collection Rester Vivant
12,50 €, 140×190 mm, 176 pages, imprimé en France chez un imprimeur éco-responsable, 2018.
A Silent Voice
d’Yoshitoki Oima (traduit par Géraldine Oudin)
Ki-Oon dans la collection Shonen
6,60 € par tome, 115×175 mm, 192 pages chacun, imprimé en France, 2015-2016.

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Des histoires fortes

Par 31 janvier 2019 Livres Jeunesse

Aujourd’hui, je vous présente un roman et un recueil de nouvelles. Le point commun entre ces deux livres ? Vous allez avoir du mal à laisser partir les héroïnes de ces histoires, elles vont rester avec vous pour un moment.

Un si petit oiseau
de Marie Pavlenko
Flammarion
17,50 €, 152×240 mm, 393 pages, imprimé en Espagne, 2018.
Sur le dos de la main gauche
d’Anahita Ettehadi
Le Muscadier dans la collection Rester Vivant
9,50 €, 140×190 mm, 86 pages, imprimé en Union Européenne, 2017.

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Collidram 2015

Par 24 avril 2015 Livres Jeunesse

Le prix Collidram est un prix de littérature dramatique remis par des collégiens. Chaque année, des élèves de collège (de la 6ème à la 3ème) de toute la France élisent ainsi leur pièce préférée. J’ai découvert ce prix dans l’émission de Véronique Soulé, Écoute, il y a un éléphant dans le jardin (où des classes participant au prix viennent partager leurs impressions) et j’ai eu envie de lire les quatre pièces finalistes. J’ai été assez surpris que les quatre pièces abordent des thèmes aussi forts (guerre et travestissement, viol, mort d’une mère, Alzheimer)

Un petit avertissement tout d’abord. Travaillant à l’école des loisirs depuis bientôt un an, je refuse, bien évidemment, de chroniquer les ouvrages d’une maison qui me paye. Or là, en chroniquant les quatre pièces nominées pour le prix Collidram il était impossible de faire l’impasse sur l’une des quatre. J’espère que vous comprendrez cette incartade et que mon avis vous semblera quand même objectif.

Sous l'armureAlors que Monseigneur s’apprête à partir à la guerre, Christine découvre les plans de son père en ce qui la concerne. Il décidé qu’elle rentrerait au couvent. Son frère adoptif, lui, partira à la guerre ce qui ne le ravit pas vraiment. Ils vont décider de changer le destin.
Sous l’armure de Catherine Anne est une pièce particulièrement intéressante en cette période où une poignée d’imbéciles ont décidé qu’on ne pouvait pas, en littérature jeunesse, représenter des filles ou des garçons qui ne ressemblent pas à une caricature de leur sexe. Ici, Christine va s’habiller en homme pour aller combattre auprès de son père plutôt que d’entrer au couvent. Il sera aussi question d’une quête et d’un dragon. La langue est parfois déroutante mais l’histoire est captivante.
Une très belle pièce entre histoire chevaleresque et récit fantastique.

Au boisAu bois il y a le loup. Il y a aussi la grand-mère et la petite fille doit aller la voir. Et il y a également un chasseur…
L’histoire est connue mais la façon dont elle est traitée ici est particulièrement originale… je dirai même déconcertante. J’avoue que c’est cette pièce qui m’a donné envie de faire cette chronique. C’est en entendant les collégiens en parler dans Écoute il y a un éléphant dans le jardin que j’ai eu envie de parler de théâtre et du prix Collidram. Le sujet semblait passionnant (une jeune fille abusée sexuellement par quelqu’un de plus dangereux que le loup). Mais je suis totalement passé à côté… Ici pas de ponctuation, pas d’indication sur qui parle (au metteur en scène ou à la metteuse en scène de choisir)… et moi j’ai pas réussi à rentrer dedans. Par contre, ça m’a donné particulièrement envie d’en voir une représentation, pour voir ce qu’une troupe pouvait en faire. Le langage est souvent cru, la scène de viol assez dure… j’aurai aimé aimer ce texte.

AtlantidesUne femme, un homme, leur fille. La mère s’est noyée lors de vacances (on pense évidemment au tsunami), la fille est devenue climatologue, le père tente de continuer à vivre. La mère se pose beaucoup de question… Retrouvera-t-on un jour son corps ? Où est sa fille à présent ?
On continue donc dans les sujets joyeux avec cette pièce très forte, Atlantides de Jean-René Lemoine. Un texte court (quinze pages) mais marquant. On parle donc ici du deuil, de la reconstruction. La mère est extrêmement présente dans le texte, et il est difficile de rester insensible au personnage.
La pièce est suivie, dans l’ouvrage, d’une autre, Le Voyage vers Grand-Rivière. Cette seconde pièce s’adresse aux plus jeunes. Il y est question d’une fille élevée par son père qui veut retrouver sa mère partie dans un monde étrange. J’ai trouvé ce texte particulièrement intéressant.

La princesse, l'ailleurs et les siouxIl est très vieux, elle est très vieille. Elle perd la tête, il veille sur elle. Elle se croit princesse, petite fille. Il décide qu’ils vont apprendre le sioux pour stimuler leur mémoire.
Cette dernière pièce, la dernière que j’ai lue est celle qui m’a le plus touché. La Princesse, l’Ailleurs et les Sioux parle de la vieillesse, de la sénilité (on pourrait même dire Alzeihmer). Elle ne sait plus qui elle est, elle se découvre parfois vieille, apprend qu’elle a des enfants. Son mari tente d’empêcher l’esprit de sa femme de s’en aller. C’est extrêmement fort, la fin est bouleversante, c’est sans nul doute le texte qui m’a le plus touché.

Lorsque j’ai commencé à écrire cette chronique je ne savais pas que le résultat du prix avait été donné. J’ai donc lu les pièces sans savoir quelle était la pièce gagnante. Je trouve amusant de constater que c’est celle qui m’a le moins plu, Au bois de Claudine Galea.

Plus d’informations sur le prix Collidram sur le site de l’association Postures.
Écoutez l’émission Écoute, il y a un éléphant dans le jardin spéciale Collidram ici.

Quelques pas de plus…
Nous avons déjà chroniqué des pièces de théâtre (Mon frère, ma princesse, Huit farces pour collégiens et Sept farces pour écoliers) et également un ouvrage de Claudine Galea (À mes amourEs).

Sous l’armure
Texte de Catherine Anne
l’école des loisirs dans la collection théâtre
7 €, 125×190 mm, 79 pages, imprimé en France, 2013.
Au bois
Texte de Claudine Galea
Éditions Espace 34 dans la collection Espace Théâtre
12,50 €, 130×210 mm, 72 pages, imprimé en France chez un imprimeur éco-responsable, 2014.
Atlantides, suivi de Le Voyage vers Grand-Rivière
Texte de Jean-René Lemoine
Les solitaires intempestifs dans la collection Jeunesse
9 €, 110×175 mm, 61 pages, imprimé en France chez un imprimeur éco-responsable, 2014.
La princesse, l’ailleurs et les Sioux
Texte de Stanislas Cotton
Éditions Théâtrales dans la collection Répertoire contemporain
11 €, 150×210 mm, 41 pages, imprimé en France, 2013.

Gabriel

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Des histoires d’adolescentes

Par 9 janvier 2014 Livres Jeunesse

Trois beaux romans (pour adolescent-e-s) sur des adolescentes…

les ailes de la sylphideDans un hôpital, Lucie est interrogée par la police. La jeune fille doit expliquer comment elle s’est retrouvée nue, quelques os cassés, en bas d’un immeuble. Quelqu’un l’a-t-il poussée ? Lucie décide de tout raconter depuis le début. Sa naissance, sa passion pour la danse, ses amours… et surtout la découverte de ses origines, quand elle s’est aperçue qu’elle n’était pas du tout comme ses camarades…

Mon résumé ne dit pas grand-chose de l’histoire. Les ailes de la Sylphide est un livre qui ne se résume pas (sinon je gâcherais votre plaisir d’être entraînés là où vous ne vous y attendez pas), il est impossible de vous dire de quoi ça parle (sinon je vous donnerais la clef du livre d’emblée). Les ailes de la sylphide est surtout une claque, le genre de roman fort qu’on ne referme pas comme ça puis on passe à autre chose, il nous reste longtemps en tête. Un roman superbement écrit, qui aborde un sujet délicat avec douceur, en y mêlant du fantastique (ou pas d’ailleurs). Un roman magnifique que j’espère vous aurez la curiosité de découvrir sans savoir de quoi il parle exactement.
Le même vu par Fantasia, Enfantipages, Délivrer et des livres et Clarabel.

Un jour j'irai chercher mon prince en skateDepuis ses douze ans, elle ne croit plus aux contes de fées, Frédérique, 14 ans, a décidé de ne plus espérer le prince charmant. Et c’est une marraine qui va peut-être changer sa vie. Pas du même genre de celle de Cendrillon, non, une marraine super punk qui n’avait pas sa langue dans sa poche.

Ici encore, mon « résumé » ne résume absolument pas ce livre extrêmement riche. Jo Witek nous présente d’abord une jeune fille en dehors des canons de beauté qui décide de renoncer à l’amour, mais très vite on passe à autre chose (un grand-père mourant lui fait rencontrer sa marraine qu’elle ne connaissait pas). Le roman est aussi drôle que tendre, on sourit (beaucoup), on est (souvent) ému. On est touché par les désillusions de Frédérique qui aimerait tant être comme on lui dit d’être pour séduire (mystérieuse, discrète…). Finalement, c’est en étant elle-même que les choses s’arrangeront. Un magnifique roman sur l’adolescence, ses doutes, ses espoirs, qui nous fait passer un moment délicieux.
Le même vu par Clarabel.


La Fille Seule dans le vestiaires des garçonsMarion aussi croyait au prince charmant, ou du moins elle voulait y croire. Enzo le garçon très lourd qui la taquinait à l’école et qui était soudain devenu si gentil allait-il être cet amoureux attendu ? Pourtant entre eux, tout n’avait pas si bien commencé, ça avait même dégénéré au point que Marion avait donné un coup de pied bien placé au bogosse du collège et que celui-ci avait promis de se venger. Mais sans ses copains, Enzo s’était révélé tout autre…

Le souci avec un roman qui s’appelle La fille seule dans le vestiaire des garçons c’est qu’on se doute que l’héroïne va vivre quelque chose de pas vraiment joyeux. On lit donc les premiers chapitres tout en se doutant que Marion va tomber dans un piège, que le garçon dont elle est tombée amoureuse n’est pas celui qu’elle croit. Mais malgré ce titre (trompeur en fait, mais je ne vous dis pas en quoi), on est vraiment pris dans ce roman, on a vraiment envie de connaître le dénouement dès les premières pages. On ne tombe jamais dans un roman malsain, l’ambiance n’est jamais vraiment lourde. On parle ici du harcèlement à l’école et sur les réseaux sociaux, des gens qui ne sont pas ce qu’on croit, de la lâcheté de certains hommes (et du courage d’autres), des pères absents, des mères solos (et de leurs amours)… un roman très riche écrit par une des meilleures plumes de la littérature jeunesse, Hubert Ben Kemoun.
Le même vu par Parfums de livres, Butiner de livres en livres et À l’ombre du saule.

Quelques pas de plus…
Nous avons déjà chroniqué des livres de Jo Witek (Le ventre de maman) et d’Hubert Ben Kemoun (Le nouveau doudou, La pire meilleure journée de ma vie, Seuls en enfer et L’épouvantail qui voulait voyager ).

Les ailes de la sylphide
de Pascale Maret
Thierry Magnier
9,80€, 122×211 mm, 192 pages, imprimé en France, 2013.
Un jour j’irai chercher mon prince en skate
de Jo Witek
Actes Sud Junior
11€, 135×215 mm, 126 pages, imprimé en France, 2013.
La fille seule dans le vestiaire des garçons
de Hubert Ben Kemoun
Flammarion dans la collection Émotions
13€, 136×211 mm, 217 pages, imprimé en Italie, 2013.

A part ça ?

Nous recensons sur Pinterest les cartes de vœux des auteurs, illustrateurs, éditeurs, blogueurs… jeunesse. Jetez un œil régulièrement, on en ajoutera au fur et à mesure !

Gabriel

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Pendant ce temps là au collège…

Par 6 juin 2013 Livres Jeunesse

Deux romans pour adolescents qui se passent au collège.

Là où je vaisUne heure de cours, entre 11h10 et 11h59. Une fille va vivre une belle histoire d’amour, un enfant né dans un autre pays va prendre conscience que sa différence n’est plus un problème, un garçon dont la sœur vient de mourir va se rendre compte que l’école n’est plus faite pour lui et une jeune fille va raconter l’inracontable. Quatre destins, quatre jeunes lycéens comme il y en a des milliers. Une heure, juste une heure dans leurs vies, à un moment particulier.

Là où je vais de Fred Paronuzzi est un bijou, un livre qui bouleverse, qui nous emporte comme finalement peu de livres le font. Scènes de vies, scènes d’amour, scènes de questionnement,… Fred Paronuzzi a une plume magnifique, il nous parle avec pudeur de sujets lourds sans que son roman ne soit jamais plombant. On suit les histoires de ses personnages et des gens qui gravitent autour (professeurs épuisés, CPE à l’écoute, conseiller d’orientation qui se préoccupe vraiment de ses élèves,…), ce qu’ils ramènent au lycée de leurs vies, de leurs fêlures. Le roman parle d’amour (homosexuel mais on s’en fout), de viol, d’immigration, d’intégration, d’amitié, de théâtre, de se trouver, d’écoute,… il parle de moi, de vous, de ceux qui nous entourent, ceux que l’on croise tous les jours. Une heure dans la vie de quatre jeunes que vous n’êtes pas prêts d’oublier.

L'arène du collègeC’est la rentrée pour Anna, grand moment de stress car c’est sa première. A partir d’aujourd’hui elle pourra dire qu’elle est prof, ça y est. Anna va devoir apprendre à gérer une classe en suivant, ou pas, les conseils de son tuteur, une classe parfois très dure, avec des élèves désespérés face à leur avenir (au point qu’une de ses élèves se suicide), des élèves qui pensent qu’il peut être amusant de faire craquer les profs. Alors bien-sûr il y a parfois le soutien des collègues qui vivent la même chose, du principal dépassé mais compatissant, des élèves plus sympa mais il y a aussi les parents qui pensent savoir mieux que les enseignants ce qu’ils doivent faire, les gens qui ne comprennent pas qu’un prof craque… Anna entre donc dans l’arène… mais est-elle un taureau ou un matador ?

J’ai trouvé L’arène du collège très fort et en même temps quelque chose m’a dérangé. Pour moi ce roman n’est pas du tout un roman pour adolescents. C’est tout au long de l’histoire la vie d’une prof, ses peurs, ses doutes, ses histoires de famille, ses histoires d’amour,… J’ai l’impression que la plupart des adolescents ne vont pas être intéressés (alors que forcément ça serait intéressant pour eux de connaître « l’autre côté », ce que vivent leurs profs). Passé ce sentiment de ma part, j’ai trouvé ce roman très fort sur la détresse et le sentiment de solitude que peuvent vivre des enseignants face à des jeunes qui ne croient plus en rien, des jeunes qui s’amusent avec les nerfs de ceux qui sont là pour les aider. C’est un roman franchement plombant par moment mais pourtant avec de l’optimisme. Un roman dur mais fort sur le quotidien des enseignants.

Quelques pas de plus…
Là où je vais chroniqué par Enfantipages.

Là où je vais
de Fred Paronuzzi
Éditions Thierry Magnier
7,20€, 122×211 mm, 80 pages, imprimé en France, 2013.
L’arène du collège
de Micheline Jeanjean
Le griffon bleu dans la collection On ré-agit !
7€, 147×210 mm, 133 pages, imprimé en France, 2011.


A part ça ?

Mon frère, ma princesse de Catherine Zambon, qu’on avait adoré et chroniqué ici a reçu le prix Collidram (prix décerné par des collégiens). Félicitation donc à Catherine Zambon !

Gabriel

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