La mare aux mots
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Viol

Collidram 2015

Par 24 avril 2015 Livres Jeunesse

Le prix Collidram est un prix de littérature dramatique remis par des collégiens. Chaque année, des élèves de collège (de la 6ème à la 3ème) de toute la France élisent ainsi leur pièce préférée. J’ai découvert ce prix dans l’émission de Véronique Soulé, Écoute, il y a un éléphant dans le jardin (où des classes participant au prix viennent partager leurs impressions) et j’ai eu envie de lire les quatre pièces finalistes. J’ai été assez surpris que les quatre pièces abordent des thèmes aussi forts (guerre et travestissement, viol, mort d’une mère, Alzheimer)

Un petit avertissement tout d’abord. Travaillant à l’école des loisirs depuis bientôt un an, je refuse, bien évidemment, de chroniquer les ouvrages d’une maison qui me paye. Or là, en chroniquant les quatre pièces nominées pour le prix Collidram il était impossible de faire l’impasse sur l’une des quatre. J’espère que vous comprendrez cette incartade et que mon avis vous semblera quand même objectif.

Sous l'armureAlors que Monseigneur s’apprête à partir à la guerre, Christine découvre les plans de son père en ce qui la concerne. Il décidé qu’elle rentrerait au couvent. Son frère adoptif, lui, partira à la guerre ce qui ne le ravit pas vraiment. Ils vont décider de changer le destin.
Sous l’armure de Catherine Anne est une pièce particulièrement intéressante en cette période où une poignée d’imbéciles ont décidé qu’on ne pouvait pas, en littérature jeunesse, représenter des filles ou des garçons qui ne ressemblent pas à une caricature de leur sexe. Ici, Christine va s’habiller en homme pour aller combattre auprès de son père plutôt que d’entrer au couvent. Il sera aussi question d’une quête et d’un dragon. La langue est parfois déroutante mais l’histoire est captivante.
Une très belle pièce entre histoire chevaleresque et récit fantastique.

Au boisAu bois il y a le loup. Il y a aussi la grand-mère et la petite fille doit aller la voir. Et il y a également un chasseur…
L’histoire est connue mais la façon dont elle est traitée ici est particulièrement originale… je dirai même déconcertante. J’avoue que c’est cette pièce qui m’a donné envie de faire cette chronique. C’est en entendant les collégiens en parler dans Écoute il y a un éléphant dans le jardin que j’ai eu envie de parler de théâtre et du prix Collidram. Le sujet semblait passionnant (une jeune fille abusée sexuellement par quelqu’un de plus dangereux que le loup). Mais je suis totalement passé à côté… Ici pas de ponctuation, pas d’indication sur qui parle (au metteur en scène ou à la metteuse en scène de choisir)… et moi j’ai pas réussi à rentrer dedans. Par contre, ça m’a donné particulièrement envie d’en voir une représentation, pour voir ce qu’une troupe pouvait en faire. Le langage est souvent cru, la scène de viol assez dure… j’aurai aimé aimer ce texte.

AtlantidesUne femme, un homme, leur fille. La mère s’est noyée lors de vacances (on pense évidemment au tsunami), la fille est devenue climatologue, le père tente de continuer à vivre. La mère se pose beaucoup de question… Retrouvera-t-on un jour son corps ? Où est sa fille à présent ?
On continue donc dans les sujets joyeux avec cette pièce très forte, Atlantides de Jean-René Lemoine. Un texte court (quinze pages) mais marquant. On parle donc ici du deuil, de la reconstruction. La mère est extrêmement présente dans le texte, et il est difficile de rester insensible au personnage.
La pièce est suivie, dans l’ouvrage, d’une autre, Le Voyage vers Grand-Rivière. Cette seconde pièce s’adresse aux plus jeunes. Il y est question d’une fille élevée par son père qui veut retrouver sa mère partie dans un monde étrange. J’ai trouvé ce texte particulièrement intéressant.

La princesse, l'ailleurs et les siouxIl est très vieux, elle est très vieille. Elle perd la tête, il veille sur elle. Elle se croit princesse, petite fille. Il décide qu’ils vont apprendre le sioux pour stimuler leur mémoire.
Cette dernière pièce, la dernière que j’ai lue est celle qui m’a le plus touché. La Princesse, l’Ailleurs et les Sioux parle de la vieillesse, de la sénilité (on pourrait même dire Alzeihmer). Elle ne sait plus qui elle est, elle se découvre parfois vieille, apprend qu’elle a des enfants. Son mari tente d’empêcher l’esprit de sa femme de s’en aller. C’est extrêmement fort, la fin est bouleversante, c’est sans nul doute le texte qui m’a le plus touché.

Lorsque j’ai commencé à écrire cette chronique je ne savais pas que le résultat du prix avait été donné. J’ai donc lu les pièces sans savoir quelle était la pièce gagnante. Je trouve amusant de constater que c’est celle qui m’a le moins plu, Au bois de Claudine Galea.

Plus d’informations sur le prix Collidram sur le site de l’association Postures.
Écoutez l’émission Écoute, il y a un éléphant dans le jardin spéciale Collidram ici.

Quelques pas de plus…
Nous avons déjà chroniqué des pièces de théâtre (Mon frère, ma princesse, Huit farces pour collégiens et Sept farces pour écoliers) et également un ouvrage de Claudine Galea (À mes amourEs).

Sous l’armure
Texte de Catherine Anne
l’école des loisirs dans la collection théâtre
7 €, 125×190 mm, 79 pages, imprimé en France, 2013.
Au bois
Texte de Claudine Galea
Éditions Espace 34 dans la collection Espace Théâtre
12,50 €, 130×210 mm, 72 pages, imprimé en France chez un imprimeur éco-responsable, 2014.
Atlantides, suivi de Le Voyage vers Grand-Rivière
Texte de Jean-René Lemoine
Les solitaires intempestifs dans la collection Jeunesse
9 €, 110×175 mm, 61 pages, imprimé en France chez un imprimeur éco-responsable, 2014.
La princesse, l’ailleurs et les Sioux
Texte de Stanislas Cotton
Éditions Théâtrales dans la collection Répertoire contemporain
11 €, 150×210 mm, 41 pages, imprimé en France, 2013.

Gabriel

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Des histoires d’adolescentes

Par 9 janvier 2014 Livres Jeunesse

Trois beaux romans (pour adolescent-e-s) sur des adolescentes…

les ailes de la sylphideDans un hôpital, Lucie est interrogée par la police. La jeune fille doit expliquer comment elle s’est retrouvée nue, quelques os cassés, en bas d’un immeuble. Quelqu’un l’a-t-il poussée ? Lucie décide de tout raconter depuis le début. Sa naissance, sa passion pour la danse, ses amours… et surtout la découverte de ses origines, quand elle s’est aperçue qu’elle n’était pas du tout comme ses camarades…

Mon résumé ne dit pas grand-chose de l’histoire. Les ailes de la Sylphide est un livre qui ne se résume pas (sinon je gâcherais votre plaisir d’être entraînés là où vous ne vous y attendez pas), il est impossible de vous dire de quoi ça parle (sinon je vous donnerais la clef du livre d’emblée). Les ailes de la sylphide est surtout une claque, le genre de roman fort qu’on ne referme pas comme ça puis on passe à autre chose, il nous reste longtemps en tête. Un roman superbement écrit, qui aborde un sujet délicat avec douceur, en y mêlant du fantastique (ou pas d’ailleurs). Un roman magnifique que j’espère vous aurez la curiosité de découvrir sans savoir de quoi il parle exactement.
Le même vu par Fantasia, Enfantipages, Délivrer et des livres et Clarabel.

Un jour j'irai chercher mon prince en skateDepuis ses douze ans, elle ne croit plus aux contes de fées, Frédérique, 14 ans, a décidé de ne plus espérer le prince charmant. Et c’est une marraine qui va peut-être changer sa vie. Pas du même genre de celle de Cendrillon, non, une marraine super punk qui n’avait pas sa langue dans sa poche.

Ici encore, mon « résumé » ne résume absolument pas ce livre extrêmement riche. Jo Witek nous présente d’abord une jeune fille en dehors des canons de beauté qui décide de renoncer à l’amour, mais très vite on passe à autre chose (un grand-père mourant lui fait rencontrer sa marraine qu’elle ne connaissait pas). Le roman est aussi drôle que tendre, on sourit (beaucoup), on est (souvent) ému. On est touché par les désillusions de Frédérique qui aimerait tant être comme on lui dit d’être pour séduire (mystérieuse, discrète…). Finalement, c’est en étant elle-même que les choses s’arrangeront. Un magnifique roman sur l’adolescence, ses doutes, ses espoirs, qui nous fait passer un moment délicieux.
Le même vu par Clarabel.


La Fille Seule dans le vestiaires des garçonsMarion aussi croyait au prince charmant, ou du moins elle voulait y croire. Enzo le garçon très lourd qui la taquinait à l’école et qui était soudain devenu si gentil allait-il être cet amoureux attendu ? Pourtant entre eux, tout n’avait pas si bien commencé, ça avait même dégénéré au point que Marion avait donné un coup de pied bien placé au bogosse du collège et que celui-ci avait promis de se venger. Mais sans ses copains, Enzo s’était révélé tout autre…

Le souci avec un roman qui s’appelle La fille seule dans le vestiaire des garçons c’est qu’on se doute que l’héroïne va vivre quelque chose de pas vraiment joyeux. On lit donc les premiers chapitres tout en se doutant que Marion va tomber dans un piège, que le garçon dont elle est tombée amoureuse n’est pas celui qu’elle croit. Mais malgré ce titre (trompeur en fait, mais je ne vous dis pas en quoi), on est vraiment pris dans ce roman, on a vraiment envie de connaître le dénouement dès les premières pages. On ne tombe jamais dans un roman malsain, l’ambiance n’est jamais vraiment lourde. On parle ici du harcèlement à l’école et sur les réseaux sociaux, des gens qui ne sont pas ce qu’on croit, de la lâcheté de certains hommes (et du courage d’autres), des pères absents, des mères solos (et de leurs amours)… un roman très riche écrit par une des meilleures plumes de la littérature jeunesse, Hubert Ben Kemoun.
Le même vu par Parfums de livres, Butiner de livres en livres et À l’ombre du saule.

Quelques pas de plus…
Nous avons déjà chroniqué des livres de Jo Witek (Le ventre de maman) et d’Hubert Ben Kemoun (Le nouveau doudou, La pire meilleure journée de ma vie, Seuls en enfer et L’épouvantail qui voulait voyager ).

Les ailes de la sylphide
de Pascale Maret
Thierry Magnier
9,80€, 122×211 mm, 192 pages, imprimé en France, 2013.
Un jour j’irai chercher mon prince en skate
de Jo Witek
Actes Sud Junior
11€, 135×215 mm, 126 pages, imprimé en France, 2013.
La fille seule dans le vestiaire des garçons
de Hubert Ben Kemoun
Flammarion dans la collection Émotions
13€, 136×211 mm, 217 pages, imprimé en Italie, 2013.

A part ça ?

Nous recensons sur Pinterest les cartes de vœux des auteurs, illustrateurs, éditeurs, blogueurs… jeunesse. Jetez un œil régulièrement, on en ajoutera au fur et à mesure !

Gabriel

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Pendant ce temps là au collège…

Par 6 juin 2013 Livres Jeunesse

Deux romans pour adolescents qui se passent au collège.

Là où je vaisUne heure de cours, entre 11h10 et 11h59. Une fille va vivre une belle histoire d’amour, un enfant né dans un autre pays va prendre conscience que sa différence n’est plus un problème, un garçon dont la sœur vient de mourir va se rendre compte que l’école n’est plus faite pour lui et une jeune fille va raconter l’inracontable. Quatre destins, quatre jeunes lycéens comme il y en a des milliers. Une heure, juste une heure dans leurs vies, à un moment particulier.

Là où je vais de Fred Paronuzzi est un bijou, un livre qui bouleverse, qui nous emporte comme finalement peu de livres le font. Scènes de vies, scènes d’amour, scènes de questionnement,… Fred Paronuzzi a une plume magnifique, il nous parle avec pudeur de sujets lourds sans que son roman ne soit jamais plombant. On suit les histoires de ses personnages et des gens qui gravitent autour (professeurs épuisés, CPE à l’écoute, conseiller d’orientation qui se préoccupe vraiment de ses élèves,…), ce qu’ils ramènent au lycée de leurs vies, de leurs fêlures. Le roman parle d’amour (homosexuel mais on s’en fout), de viol, d’immigration, d’intégration, d’amitié, de théâtre, de se trouver, d’écoute,… il parle de moi, de vous, de ceux qui nous entourent, ceux que l’on croise tous les jours. Une heure dans la vie de quatre jeunes que vous n’êtes pas prêts d’oublier.

L'arène du collègeC’est la rentrée pour Anna, grand moment de stress car c’est sa première. A partir d’aujourd’hui elle pourra dire qu’elle est prof, ça y est. Anna va devoir apprendre à gérer une classe en suivant, ou pas, les conseils de son tuteur, une classe parfois très dure, avec des élèves désespérés face à leur avenir (au point qu’une de ses élèves se suicide), des élèves qui pensent qu’il peut être amusant de faire craquer les profs. Alors bien-sûr il y a parfois le soutien des collègues qui vivent la même chose, du principal dépassé mais compatissant, des élèves plus sympa mais il y a aussi les parents qui pensent savoir mieux que les enseignants ce qu’ils doivent faire, les gens qui ne comprennent pas qu’un prof craque… Anna entre donc dans l’arène… mais est-elle un taureau ou un matador ?

J’ai trouvé L’arène du collège très fort et en même temps quelque chose m’a dérangé. Pour moi ce roman n’est pas du tout un roman pour adolescents. C’est tout au long de l’histoire la vie d’une prof, ses peurs, ses doutes, ses histoires de famille, ses histoires d’amour,… J’ai l’impression que la plupart des adolescents ne vont pas être intéressés (alors que forcément ça serait intéressant pour eux de connaître « l’autre côté », ce que vivent leurs profs). Passé ce sentiment de ma part, j’ai trouvé ce roman très fort sur la détresse et le sentiment de solitude que peuvent vivre des enseignants face à des jeunes qui ne croient plus en rien, des jeunes qui s’amusent avec les nerfs de ceux qui sont là pour les aider. C’est un roman franchement plombant par moment mais pourtant avec de l’optimisme. Un roman dur mais fort sur le quotidien des enseignants.

Quelques pas de plus…
Là où je vais chroniqué par Enfantipages.

Là où je vais
de Fred Paronuzzi
Éditions Thierry Magnier
7,20€, 122×211 mm, 80 pages, imprimé en France, 2013.
L’arène du collège
de Micheline Jeanjean
Le griffon bleu dans la collection On ré-agit !
7€, 147×210 mm, 133 pages, imprimé en France, 2011.


A part ça ?

Mon frère, ma princesse de Catherine Zambon, qu’on avait adoré et chroniqué ici a reçu le prix Collidram (prix décerné par des collégiens). Félicitation donc à Catherine Zambon !

Gabriel

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Tarja et Lola, deux adolescentes

Par 24 janvier 2013 Livres Jeunesse

TarjaTarja est une salope, c’est écrit sur les murs, ceux des toilettes de l’école et ceux de facebook (un groupe facebook (site qu’elle qualifie de « chiottes virtuelles ») a même été créé pour que tout le monde le sache « Si toi aussi tu penses que Tarja est une salope »). Alors Tarja essaye de se faire discrète, elle rase les murs. Elle se souvient du jour où elle est passée de « bonne élève à élève bonne à baiser ». Elle a tellement entendu ces insultes à son sujet que pour elle c’est la vérité, c’est ce qu’elle est : une salope. Pourtant elle aimerait recommencer sa vie à zéro, « effacer toutes ces informations erronées, ces erreurs système du disque dur de (sa) vie ». Heureusement il y a Léon, son meilleur ami, celui qu’il lui reste. Léon avec qui elle partage le souvenir de Jessica, celle avec qui ils formaient une belle équipe jusqu’à ce qu’elle les quitte pour son « paradis personnel », celle dont elle était inséparable depuis la maternelle. Sans elle Tarja essaye de se raccrocher aux branches qu’elle peut… et parfois on tombe sur une mauvaise branche, celle qui semble solide et vous fait tomber encore plus bas…

Tarja est un roman qui coupe le souffle, qui laisse sans voix, qui assoit. L’héroïne principale, une sorte d’oiseau blessé qu’on voudrait recueillir chez soi pour l’aider à se reconstruire loin de tout son quotidien pour qu’elle puisse ensuite voler aussi bien qu’avant. Jean-Noël Sciarini a écrit un roman qui pourrait être dérangeant, déplaisant mais grâce à son style très lyrique, très littéraire, on n’est jamais choqué par les mots trop crus, les mots du quotidien de Tarja. Je vous le disais il n’y a pas longtemps, c’est un auteur qui a une vraie plume, une belle écriture. Ici on parle donc des adolescences brisées par une réputation, phénomène qui existe depuis toujours mais qui s’est amplifié ces dernières années avec les réseaux sociaux. On parle aussi d’amour, de rêves, d’amitié et de choses bien plus graves… un magnifique roman, de ceux qui marquent, qui restent.

Où est passée Lola Frizmuth ? Lola Frizmuth c’est le genre de fille qui a un portable rose paillette (Agatha Ruiz de la Prada, excusez du peu), qui pense que Rimbaud, s’il vivait aujourd’hui, aurait deux fans sur skyblog, qui parle de sa « best », de gens qui habitent à « whatmiles bornes » de chez elle et de gens « boooooring ». Bref une fille plutôt superficielle. Son amoureux (depuis la veille) est parti vivre au Japon, elle décide donc de le suivre, c’est le début d’une aventure à laquelle elle ne s’attendait pas…

Et soudain on se dit qu’on est trop vieux pour lire des romans d’ado… Sincèrement c’est une question qu’on peut se poser « A 35 ans, suis-je la bonne personne pour donner mon avis sur des livres qui s’adressent à des gens de 20 ans de moins que moi ? », il m’arrive de me la poser surtout quand je lis un roman comme Où est passée Lola Frizmuth… Langage SMS, mots anglais au milieu de français, personnage que je trouve absolument insupportable… J’avoue que je n’ai pas vraiment « kiffé »… Il y a une bonne intrigue (Lola va être mêlée à une histoire de yakuza) mais le personnage m’est tellement antipathique, je trouve que c’est une telle tête à claque que pour moi ce n’était pas possible. Je l’ai quand même lu (péniblement) jusqu’au bout, ce n’est pas mal écrit (même si je me demande si les ado qui utilisent déjà ce genre de langage à tout bout de champ ont besoin d’en retrouver en plus dans leurs livres… vaste débat), l’intrigue est bonne (donc) mais ce n’est vraiment pas pour moi. Le dossier de presse dit « une héroïne adolescente pleine de personnalité, qui irrite pour mieux séduire » j’avoue avoir juste été irrité…

Quelques pas de plus…
Nous avons déjà parlé d’un des livres de Jean-Noël Sciarini : Les disparitions d’Annaëlle Faier. Kik a aussi chroniqué Tarja ici.

Tarja
de Jean-Noël Sciarini
La joie de lire dans la collection Encrage
16,25€, 140×210 mm, 256 pages, imprimé en Allemagne, 2011.
Où est passée Lola Frizmuth
d’Aurélie Gerlach
Gallimard dans la collection Scripto
12,20€, 132×200 mm, 330 pages, imprimé en Italie, 2012.

A part ça ?

Vous avez de vieux annuaires qui trainent… Alex Quezal lui sait quoi en faire ! http://www.projectsgallery.com/Queral.htm

Gabriel

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Toutes les filles sont des princesses

Par 28 juin 2012 Livres Jeunesse

C’est la rentrée des classes pour Song-i, une jeune coréenne. À la rentrée il ne faut pas faire de vague, ne pas se faire remarquer pour ne pas devenir le souffre-douleur toute l’année. Song-i aimerait bien une amie, on le sait une personne seule est plus fragile. Heureusement Chun-hee arrive. Qui est cette inconnue, doit-elle se méfier et surtout doit-elle la croire quand elle dit être une princesse ?

Mon amie est une princesse est un très joli petit roman coréen sur les complexes sociaux, la précarité, l’amitié, la rentrée scolaire, le secret… et les princesses (réelles ou imaginaires). Parfait pour les jeunes lecteurs (l’éditeur le conseille à partir de 8 ans), il est superbement illustré par Charlotte Gastaud. On a peu (en tout cas moi) l’habitude de lire des romans coréens, c’est un vrai dépaysement, tant dans le style que dans l’histoire, la façon de vivre des personnages. La littérature est toujours un beau moyen de découvrir d’autres cultures.

Luz ça veut dire « lumière » en espagnol, ça veut aussi dire « amande » en arabe littéraire mais Luz c’est surtout le surnom de la jolie Lisa, jeune fille de 14 ans. Un peu trop jolie d’ailleurs, surtout dans son nouveau maillot de bain deux pièces,  car un des copains de son père traine un peu ses sales pattes sur elle. Luz n’en peut plus de ces ambiances de fin de banquet, de ces adultes alcoolisés, elle veut fuir, aller se baigner dans la Volte, retrouver des amis et essayer son maillot. Elle va y retrouver Thomas, le beau garçon dont elle est un peu amoureuse, et Manon une fille du collège un peu pimbèche que Luz n’aime pas… Elle leur propose de fuir le monde et de se retrouver dans une petite crique isolée et difficile d’accès, regrettant déjà la présence de Manon…

Voilà un roman très troublant et dérangeant. Il m’est difficile de vous le raconter sans trop vous en dire. Ce qui commence par une sortie avec des copains va vite se transformer en tout autre chose… Le roman est très vite prenant, on veut savoir la fin. On avance avec Luz dans une sorte de cauchemar, tout lui échappe. La nuit tombe et tout devient de plus en plus sombre pour elle,  on espère pour elle un dénouement heureux (à ce sujet il y a quelque chose qui me dérange sur la fin mais ça serait matière à débat). Un roman noir et angoissant pour ados (à partir de 13 ans d’après l’éditeur).

Quelques pas de plus…
Luz vu par Enfantipages.
Un autre roman sur la précarité que nous avons chroniqué : Des crêpes à l’eau de Sandrine Beau.

Mon amie est une princesse
de Konj Ji Hee, illustré par Charlotte Gastaut
Chan-ok dans la collection Matins calmes
9€, 80 pages, imprimé en Italie.
Luz
de Marin Ledun
Syros dans la collection Rat noir
14€, 128 pages, imprimé en France.


A part ça ?

Il ne vous reste que deux jours pour tenter de gagner des livres numériques La souris qui raconte. Pour ça il suffit d’envoyer une souris (dessin ou juste le mot) à concourssouris@lamareauxmots.com. Plus d’informations dans le Hors série de l’été ici (page 18)

Gabriel

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