La mare aux mots
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Violence

Contes d’ailleurs

Par 28 juillet 2016 Livres Jeunesse

Et si l’on allait se balader un peu, loin de nos contrées, dans des histoires dépaysantes ? Voici deux albums qui nous plongent dans des cultures lointaines.

Sorcière blanche
texte de Carl Norac, illustré par Herbéra
À pas de loups
16 €, 220×280 mm, 48 pages, imprimé en Belgique, 2016.
La goutte de miel
de Séta Papazian (d’après un conte arménien de Hovhannès Toumanian)
Cipango
15 €, 250×250 mm, 28 pages, imprimé en République tchèque, 2015.

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Parler de sujets graves

Par 26 octobre 2013 Livres Jeunesse

Deux époques, deux sujets graves, deux albums pour en parler avec les enfants, même grands. Deux coups de cœur !

Je suis un papillonUn papillon éphémère ne vit qu’une journée. Il estime avoir de la chance puisqu’il va la passer avec les Hoffmann qui sont tous réunis au jardin pour un repas familial. Il y a notamment Clara, avec ses deux nœuds dans les cheveux. Des enfants qui courent, des saucisses grillées, un air d’accordéon, une sieste dans la chaise longue,… Le temps s’écoule paisiblement, et chacun profite de cette belle journée. Et soudain, l’ambiance change radicalement… Des hommes en costume beige, brassard rouge et cheveux rasés, font irruption dans le jardin. La musique cesse, tout le monde baisse la tête et le papillon assiste à de violentes scènes : le mobilier vole, les coups aussi… Seule la petite Clara réussira à désarmer, avec sa candeur, ces hommes violents.

Alors que l’histoire démarre de la manière la plus paisible qu’il soit et que l’on s’attend à un délicieux récit de repas de famille, plein de détails savoureux qui nous plongent complètement dans l’ambiance, la rupture est brutale. Aussi brutale que la détermination de ces soldats nazis qui viennent semer la terreur, affoler tout le monde, et dessiner une étoile sur le portail bleu… Racontée du point de vue d’un papillon, pour apporter à la fois recul, légèreté et gravité (oui, c’est possible de mélanger les deux), cette histoire m’a beaucoup émue. Vincent Cuvellier choisit ses mots avec justesse, il n’en dit ni trop ni trop peu pour que chacun se figure à son niveau les événements. C’est fort ! Les illustrations de Sandrine Martin sont quant à elles parfaitement adaptées à l’ambiance, à la fois simples, vivantes et détaillées. C’est un album original, qui s’intéresse à un sujet difficile abordé sous un angle différent et qui fait monter les larmes aux yeux.

paris-paradisMoussa part pour Paris-Paradis, capitale de la France ainsi surnommée pour l’eldorado qu’elle représente pour le jeune homme et ses compagnons de galère. Il devra pour cela traverser des villages, parcourir des pistes et des déserts. Plusieurs véhicules pour rejoindre la côte, puis le paiement de l’accès à la pirogue avec toutes ses économies et enfin, la traversée, si dangereuse, avec les vagues, les enfants qui pleurent, et les passagers qui ne savent pas nager. A l’approche des côtes françaises, ils sont remorqués, puis Moussa rencontre Chloé…

Malheureusement très tristement d’actualité, Paris-Paradis deuxième partie (le premier tome racontait la prise de décision du jeune garçon de quitter l’Afrique, mais on lit sans problème les albums de manière indépendante), raconte l’épopée de ces centaines de personnes qui chaque jour tentent d’arriver en France, dans des conditions souvent très difficiles. Rien n’est épargné : l’épuisement, la trahison de certaines rencontres qu’il croit d’abord bienfaisantes, la fragilité de la pirogue, la peur des autorités, et les premiers pas sur le sol français… Didier Jean et Zad, comme à leur habitude, savent traiter des sujets les plus graves, avec émotion et justesse, mais sans pathos. Le texte est très poétique, très fort, et les illustrations de Bénédicte Nemo simplement magnifiques. On ressent la force de Moussa, mais aussi la force des éléments, et la dureté de l’épreuve. C’est beau, ça me donne envie de lire rapidement le premier tome en attendant de découvrir un jour le troisième, qui est prévu.

Quelques pas de plus…
Nous avons déjà chroniqué d’autres ouvrages de Vincent Cuvellier (Les socquettes blanches, La fille verte, La première fois que je suis née, Émile veut une chauve-souris, Émile fait la fête, Émile est invisible, Émile veut un plâtre, Emile se déguise), et de Didier Jean et Zad (Parle-moi Papa, Comme deux confettis, Gaufrette et Nougat jouent au papa et à la maman et Les Artichauts).

Je suis un papillon
Texte de Vincent Cuvellier, illustré par Sandrine Martin
Gallimard Jeunesse Giboulées
12,50 €, 215 x 255 mm, 24 pages, lieu d’impression non précisé, 2013
Paris-Paradis, deuxième partie
Texte de Didier Jean et Zad, illustré par Bénédicte Nemo
2 Vives Voix dans la collection Bisous de famille
15,50 €, 220 x 320 mm, 40 pages, imprimé en France sur papier issu de forêts durablement gérées, à l’aide d’encres végétales, 2013

A part ça ?

Mercredi dernier Gabriel a présenté sa première chronique radio dans l’émission Écoute ! il y a un éléphant dans le jardin, sur Aligre FM. Retrouvez bientôt l’émission en intégralité en suivant ce lien, et écoutez dès à présent la chronique grâce à l’onglet dédié sur le blog.

Marianne

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Tous les adultes ne sont pas gentils…

Par 21 mars 2013 Livres Jeunesse

Sujet délicat que celui-ci… Apprendre aux enfants à faire attention à certains comportements. On parlera aussi, forcément, du corps.

Feu FolletIl y a un loup qui se fait passer pour un lapin à la sortie de l’école ! Il est malin ce loup, il a un masque de lapin et a toujours le bon mot pour attirer les enfants. A l’un il parle de jeux vidéo, à l’autre il donne des bonbons. Les parents de Louis l’ont prévenu, il faut faire attention… Ils lui ont donné un code, si un adulte vient le chercher et ne parle pas de Feu Follet, son hamster, c’est qu’il ne vient pas de leur part…
J’ai beaucoup aimé Feu Follet car il aborde les choses vraiment et on ne tombe pas dans quelque chose de dur, de traumatisant. Feu folletLes enfants reçoivent le message avec cette histoire d’animaux. La métaphore du loup qui se déguise pour mieux attirer les petits lapins est bien trouvée et franchement bien menée. C’est certainement le livre le plus intelligent et le mieux fait que j’ai vu sur le sujet, un coup de chapeau !

Mô-namourLa voiture d’Isée percute un arbre et voilà ses parents catapultés dans les cieux ! En attendant qu’ils retombent Isée est seule et erre à la recherche d’un endroit où aller. Elle rencontre Torlémo Damourédemorht qui adopte très vite la petite fille. Mais Torlémo adore placer Isée dans des balles en tout genre pour taper dedans. Et voilà notre enfant couverte de bleus… Pourtant il dit qu’il l’aime…
Mô-namour est signé Claude Ponti, et comme toujours chez cet auteur on est dans l’image poétique, les choses ne sont pas clairement dites, on les comprend comme on a envie de les comprendre (certains s’étaient d’ailleurs offusqués par rapport à la disparition des parents au début de l’album, en pensant qu’il s’agissait de leur mort, ce qui est une énorme erreur). Ici on évoque donc des sujets délicats de manière décalée, poétique. Claude Ponti on adhère… ou pas !

MargotMargot, c’est son amie. Elle a de grands yeux bleus comme l’océan. Ensemble elles perdent pied… Chez Margot il n’y a pas que les yeux qui sont bleus, il y en a sur sa peau aussi, de plus en plus gros.
Un livre coup de poing, un livre qu’on referme la larme au coin de l’œil et un sentiment de malaise… et pourtant qu’il est beau cet album, qu’il est prenant, déchirant bouleversant. Des phrases simples et pleines de sens, des illustrations à tomber par terre (sauf si on est hermétique au travail de Delphine Vaute, il y en a). Comme le Claude Ponti (mais absolument pas dans le même genre) ici chacun y comprendra des choses, chacun verra ce qu’il a envie de voir. Qu’ils sont beaux ces albums qui laissent une part à notre propre imaginaire, qui nous laissent inventer notre histoire. Un album absolument magnifique, poétique, plein de subtilité et de délicatesse… une vraie claque.

Zizi, Zézette : mode d’emploiUn zizi et une zézette c’est pas évident à utiliser ! Heureusement maintenant il y a un manuel ! On va apprendre comment faire leur entretien, a quoi ça ressemble et surtout à ne pas le montrer à la demande !
Avec énormément d’humour (Michaël Escoffier…), Zizi, Zézette : mode d’emploi explique donc plein de petites choses aux enfants sur le truc qu’ils ont entre les jambes ! Alors on parle des choses telles qu’elles sont (le zizi ou la zézette qui pique, le zizi qui devient tout dur) mais c’est jamais vulgaire, jamais grivois, toujours fait avec beaucoup d’humour. Apprendre à connaître son corps c’est important pour savoir reconnaître les comportements inappropriés. Les illustrations de Séverine Duchesne accentuent l’humour du décidément génial Michaël Escoffier.

Parle-moi d’amour 6/8 ansOn termine cette sélection avec un autre livre sur le corps, destiné aux 6/8 ans. Parle-moi d’amour explique également aux enfants comment est fait le corps humain, ce qu’est être amoureux, comment les adultes font l’amour,… (entre autre car on parle aussi de la place dans la famille, d’être indépendant, de l’amitié, de la différence,…). Autant j’ai trouvé ce livre bien fait et bien amené, autant je l’ai trouvé très hétérocentré ! On montre plusieurs sortes de familles (multiculturelle, recomposée, nombreuse,…) mais visiblement la famille homoparentale n’existe pas, les garçons sont forcément amoureux des filles et vice-versa. Par contre on évite les clichés sexistes et on fait se questionner les enfants à propos des a priori sur les garçons et les filles. Un bon livre pour que les 6/8 ans comprennent un peu mieux le corps, l’amour… et le reste !

Quelques pas de plus…
Plus d’albums sur le sujet sur le forum (et vous pouvez y ajouter ceux que vous connaissez !).
Nous avons déjà chroniqué un livre de Claude Ponti (Blaise et le château d’Anne Hiversaire), un livre de Delphine Vaute (La grande collection) et de nombreux livres de Michaël Escoffier (Le grand lapin blanc, Vacances à la ferme, La plume, Bonjour Facteur, Bonjour Docteur et Sans le A). Nous avons d’ailleurs réalisé une interview de Michaël Escoffier.

Feu follet
de Alain Singeot, illustré par Ronan Javré
Balivernes dans la collection Calembredaines
12€, 225×200 mm, 21 pages, imprimé en Belgique, 2008.
Mô-Namour
de Claude Ponti
École des loisirs
18,80€, 315×200 mm, 40 pages, imprimé en Italie, 2011
Margot
de Fanny Robin, illustré par Delphine Vaute
L’atelier du poisson soluble
17€, 186×260 mm, 32 pages, imprimé en Espagne sur papier recyclé, 2013.
Zizi, Zézette, mode d’emploi
de Michaël Escoffier, illustré par Séverine Duchesne
Frimousse dans la collection Maxi Boom
15€, 236×307 mm, 26 pages, imprimé en Malaisie, 2012.
Parle-moi d’amour 6/8 ans
de Nadine Mouchet et Valérie Combes, illustré par Violaine Leroy
Éditions Amaterra
11,90€, 178×238 mm, 30 pages, imprimé en Chine, 2011.

A part ça ?

Un très bon article pour rappeler qu’un bisou ne s’exige pas.

Gabriel

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La classe et les claques

Par 11 septembre 2012 Livres Jeunesse

Nicolas a 5 ans. Il est en maternelle. En grande section précisément. C’est lui le narrateur de Les Tartines au Két-Cheupe, un roman pour grands enfants et adolescents de Marie-Sabine Roger, qui m’a tour à tour fait sourire, dérangée, émue. Nicolas nous fait vivre son quotidien de l’intérieur : ses copains, la cour de récré, les adultes qui ne comprennent rien, les activités inintéressantes, les enseignants pas toujours très marrants, ses amis les fourmis, mais aussi, les coups qui pleuvent à la maison… Pour lui, pour sa maman. La violence familiale et conjugale est abordée par le biais de ce petit gars, qui démarre sa vie dans une ambiance particulière…

Le récit est réellement écrit comme si on était au cœur des pensées de l’enfant. Parfois, c’est donc un peu étrange, un peu « bancal » et décalé, mais finalement, c’est quand même très parlant et percutant. Tendresse et tristesse se mêlent, pour dresser un portrait peu glorieux du monde des adultes. Les situations cocasses, les jeux avec la langue (fréquent à cet âge-là) permettent de traiter de ces sujets graves sur un ton en apparence plutôt léger. On rit souvent, même si on lit en filigrane toute la détresse de ce bonhomme et de sa famille. C’est une réédition d’un livre paru en 2000, mais malheureusement, ces questions sont intemporelles. Un roman qui ne s’oublie pas !

Quelques pas de plus…
Gabriel vous avait présenté un autre livre de Sabine Roger, illustré par Sophie Lebot, La princesse de Fertabelle et la princesse de Fertamaline.

Les tartines au két-cheupe
de Marie-Sabine Roger
Rouergue dans la collection Dacodac.
6,60 €, 120×170 mm, 94 pages, imprimé en France

A part ça ?

A Eyzies de Tayac, en Aquitaine, se trouvent le Pôle International de la Préhistoire et le Musée National de la Préhistoire. En ce moment, on peut y trouver une exposition-enquête, qui se déroulera en deux temps, jusqu’au 12 Novembre. Techniques de fouilles, nouvelles technologies, livret de questions. Plus d’informations sur les sites des musées, ici et .

Marianne

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