La mare aux mots
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Virginie Hanna

Chronique parfumée

Par 20 décembre 2013 Livres Jeunesse

Aujourd’hui, je vous propose une chronique aux parfums d’épices, asseyez-vous, je vous sers un thé à la menthe et une part de gâteau ?

la soupe aux épicesLorsque sa mère veut faire sa fameuse soupe aux cinq épices, un membre de la famille part chercher ce qu’il faut. Oh non ce n’est pas au supermarché du coin, c’est bien plus loin. Cette fois-ci, c’est le jeune Malo qui va partir de Cancale et traverser les océans pour ramener coriandre, cardamome, cannelle ou encore noix de muscade. Un voyage qui le mènera au Maroc, à l’Île Maurice, au Vietnam, au Brésil et dans bien d’autres lieux encore. Le voyage ne sera pas de tout repos, on aura peur parfois, mais il sera ponctué de belles rencontres… Prêts à partir ?

C’est un magnifique album que nous proposent Gaëlle Perret et Élodie Balandras, un album qui décoiffe, qui fait voyager. Le périple de Malo sera l’occasion de découvrir des endroits merveilleux, d’en savoir plus sur les épices, mais on va aussi évoquer Edmond Albius (dont nous avions déjà parlé avec La vraie couleur de la vanille) ou encore Pierre Poivre, on va nous raconter la légende des ombres qui suivent les voyageurs… Mais ce n’est pas ici un documentaire (même s’il nous apprend beaucoup de choses), il y a une vraie (et passionnante) histoire, une vraie aventure. On est ici plus proche du roman jeune lecteur que de l’album pour jeunes enfants. Un livre qui donne envie de larguer les amarres (ou, à défaut, d’aller redécouvrir toutes les épices).
Le même vu par Maman Baobab.
Des extraits en ligne ici.

Des oranges à la mentheÉmilie et Monsieur Farouk, son voisin, se ressemblent un peu. Tous les deux connaissent la solitude et l’on se moque d’eux quand ils passent. Monsieur Farouk parce qu’il n’est pas d’ici, Émilie parce qu’elle grandit sans mère. Alors quand ces deux-là se croisent, ils se sourient, ils se sentent moins seuls dans leur solitude. Un jour, Monsieur Farouk va même passer à l’étape au-dessus et proposer à la jeune fille de venir voir un thé à la menthe dans son jardin où se mêlent les parfums. Une amitié est née, tous deux vont parler de leur vie, et le vieux monsieur va apprendre à l’enfant à faire le thé, à reconnaître les saveurs. Ces deux-là ne seront plus seuls.

Des oranges à la menthe est le genre d’histoire bourrée d’émotions qu’on lit les poils des bras hérissés. On parle ici du partage, de la transmission, de l’amitié… mais de tellement d’autres choses encore. Une histoire riche et profonde, belle et magnifiquement illustrée par Marianne Alexandre. Un petit album qui invite à aller à la découverte des autres (peu importe leur âge, leur histoire ou leur origine) et à transmettre nos savoirs.
Des extraits en ligne sur le blog de Rêves bleus.

Mon voyage en gâteauPour faire un gâteau… il faut une poule, un champ de blé, des hectares de canne à sucre, une vache, un bateau… et tant d’autres choses encore…

Alice Brière-Haquet et Barroux (deux grands noms de la littérature jeunesse) signent ici un petit bijou de poésie. Les mots d’Alice Brière-Haquet, toujours justes, toujours choisis, accompagnés par les magnifiques illustrations très graphiques de Barroux. Ici, vous l’aurez compris, on explique que derrière les ingrédients du gâteau (œufs, farine, sucre, beurre, vanille…) il y a beaucoup de choses, ils ne sont pas arrivés comme ça. Un album qui rappelle à quel point toutes ces choses sont essentielles pour pouvoir manger ce gâteau… et qui rappelle aussi que « Pour faire un gâteau, il te faut : quelques amis à inviter pour pouvoir le partager… Et ça tombe bien : le monde en est plein ! ». En fin d’ouvrage, on trouve la recette du gâteau et une invitation à inventer soi-même ce qu’on y met dedans. Ai-je dit déjà que ce livre était un petit bijou ? Ah oui je l’ai dit plus haut…
Le même vu par Enfantipages et Maman Baobab.

Quelques pas de plus…
Nous avons déjà chroniqué des ouvrages de Gaëlle Perret (Un jour grand-père m’a donné un ruisseau), de Marianne Alexandre (Anatole et le chêne centenaire), d’Alice Brière Haquet (MélinaPierre la Lune, Mademoiselle Tricotin, Une vie en bleu, Aliens mode d’emploi, Dis-moi l’oiseau, Le peintre des drapeaux, Paul, A quoi rêve un pissenlit ? et Perdu !) et de Barroux (Kako le terrible et La rentrée de Noé). Retrouvez aussi nos interview d’Alice Brière-Haquet et de Barroux.

La soupe aux épices
Texte de Gaëlle Perret, illustré par Élodie Balandras
Les p’tits Bérets dans la collection L’eau à la bouche
17€, 216×297 mm, 72 pages, imprimé en France, 2013.
Des oranges à la menthe
Texte de Mathilde Pascal, illustré par Marianne Alexandre
Rêves Bleus dans la collection Des livres d’enfants pour les grands
10€, 145×210 mm, 40 pages, imprimé en Europe chez un imprimeur éco-responsable, 2013.
Mon voyage en gâteau
Texte d’Alice Brière Haquet, illustré par Barroux
Océan jeunesse
15,20€, 207×227 mm, 36 pages, imprimé en Italie, 2012.


À part ça ?

On a volé la recette de la galette des rois !La mare aux mots hibernera du 23 décembre au 5 janvier… du coup nous ne serons pas là pour la galette ! (gardez-nous quand même une part). Ça sera donc trop tard pour vous parler du très joli livre que viennent de sortir Virginie Hanna et Laurent Richard aux éditions Larousse, On a volé la galette des Rois… donc je voulais le présenter brièvement ici (après tout, on est dans une chronique gourmande) ! Galette à la frangipane ou brioche aux fruits confits ? Les royaumes de Beurretout et Farinetout s’affrontent sur ce sujet depuis bien longtemps. Mais cette année… c’est la catastrophe ! Le roi Desfainéant a volé la recette du roi de Beurretout pour en fabriquer une pleine de colorant et de conservateurs. Les deux rois vont s’unir, car si ça arrive à l’un cette année, ça arrivera à l’autre l’année prochaine ! Un album qui parle de la galette des Rois, donc, mais ici, on n’apprend pas d’où vient cette tradition (d’autres livres existent déjà sur le sujet), mais on s’amuse beaucoup avec cette histoire aux illustrations colorées. Un album plein d’humour à savourer avec une bonne galette à la frangipane… ou une brioche aux fruits confits !
On a volé la recette de la galette des rois !, texte de Virginie Hanna, illustré par Laurent Richard. Larousse, 10,50€.

Gabriel

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Le goût de la lecture

Par 21 juillet 2013 Livres Jeunesse

Aujourd’hui je veux vous présenter des ouvrages sur la lecture, son apprentissage et le goût des livres. Deux livres-jeux pour les enfants et deux livres pour vous.

Sur la route des formesJe vous avais déjà parlé de Lire et jouer de Virginie Hanna, voici un autre livre-jeux dans cette collection. Après Sur la route des couleurs, c’est maintenant Sur la route des formes que les enfants ont rendez-vous ! Virginie Hanna nous raconte ici une histoire d’animaux qui partent en voyage, chacun prend avec lui une forme. Même principe que dans le précédent livre, une histoire avec des trous, des plaquettes aimantées et les enfants devront remettre les mots sur les images (le mot cercle sur la forme ronde, le chien sur un dessin de chien…). Les enfants vont donc apprendre à reconnaître les mots, devoir les placer au bon endroit, un formidable exercice d’apprentissage de la lecture. Cette fois-ci c’est la talentueuse Eleonore Thuillier qui illustre l’album. Un album très sympathique.

Mon coffret Lecture MontessoriMon coffret de lecture Montessori, sorti chez Nathan, contient deux petits carnets et des lettres en cartons. Plusieurs exercices sont proposés dans le premier livret : des cartes sur lesquelles sont dessinées des objets à découper et à coller à côté du premier son du mot qu’elles représentent, des dictées muettes (on reconstitue les mots grâce aux lettres fournies en plaçant les cartes dans des cases à côté de dessins) et des cartes « mots » et des cartes « dessins » à associer. Le second livret est un premier livre de lecture. Des mots simples, les enfants vont s’amuser à lire (les mots se compliquent au fur et à mesure du carnet). J’ai testé ce coffret avec ma fille de 5 ans (qui va entrer en grande section) et c’est vraiment super bien fait, bien adapté. Même sur le premier livre de lecture elle a su déchiffrer plusieurs mots (du style « ami »). Les exercices proposés par le premier livret l’ont vraiment amusée. Bref pour les enfants déjà intéressés par les lettres c’est vraiment bien fait, très ludique tout en étant vraiment pédagogique. Ici on aime beaucoup.

80 Activites pour lui donner le Gout de la LectureDans 80 activités pour lui donner le goût de la lecture, Christian Poslaniec propose des tas d’idées (80 en fait) à faire autour des livres pour les enfants de la naissance à 10 ans. Car oui le goût de la lecture (et des livres) commence très tôt ! Personnellement je montre déjà des livres à ma fille d’un mois et quand ils sont adaptés (forts contrastes), ça l’intéresse. Certaines idées du livre sont franchement très bateaux mais on y trouve aussi plein de bonnes choses (des jeux par exemple). Le livre propose aussi une liste de « 100 livres et albums incontournables » dans laquelle on trouve aussi bien Roule-Galette ou Les aventures de Pinoccchio que Mon chat le plus bête du monde ou Le petit pot de Zaza ! Un livre qui regorge d’idées avec une maquette très sympa (bien aérée et de belles photos), vraiment agréable à lire pour y piocher des petits trucs, écrit par un spécialiste de la littérature jeunesse.

1001 activités autour du livrePour aller encore plus loin, 1001 activités autour du livre de Philippe Brasseur. Ce livre est une mine, un petit bijou (à tel point que je l’ai offert à l’institutrice de ma fille). On trouve ici des tas d’idées, de conseils, de choses à faire… que ce soit sur la façon dont organiser les livres pour les enfants, des jeux basés sur les livres, des astuces pour rendre la lecture plus ludique, comment aller au-delà du livre… Par exemple créer des défi-lectures (où plusieurs enfants lisent un même livre et s’interrogent ensuite en essayant de coincer l’autre), mettre en scène l’histoire qui est racontée dans le livre, créer des jeux de société à partir d’un livre… bref c’est souvent ingénieux, facile à mettre en place (parfois plus avec une classe qu’avec un seul enfant). Pour chaque activité l’auteur indique toujours à des enfants de quel âge c’est destiné, le nombre d’enfants, la durée et le matériel nécessaire. Le livre ne manque pas d’humour, on trouve aussi des textes comme Comment lui ôter le goût de la lecture (l’obliger à terminer ses livres, arrêter de lui raconter des histoires, ne jamais lire devant un enfant,…), un texte qui n’est pas sans rappeler Les 10 droits du lecteur de Daniel Pennac… qui sont justement sur la page d’à côté ! Le livre est bourré de liens vers un blog qui accompagne l’ouvrage avec des tas de choses à télécharger, des liens pour aller plus loin… Un livre absolument génial pour les enseignants, les bibliothécaires mais aussi pour les parents.

Quelques pas de plus…
Une autre chronique sur la lecture, Pour découvrir la lecture. et plusieurs ouvrages qui mettent en avant la pédagogie Montessori (Les formes géométriques à toucher de Balthazar, Le livre à compter de Balthazar à la poursuite du lapin brun, Balthazar et les couleurs de la vie et des rêves aussi, Mes chiffres Montessori100 activités d’éveil Montessori, Balthazar découvre la lecture, Balthazar prépare Noël, L’abécédaire à toucher de Balthazar, Balthazar et le temps qui passe, L’extraordinaire coffret de Balthazar, Balthazar et les lettres à toucher, Les chiffres à toucher de Balthazar et Le très très gros cahier d’activités de Balthazar et de Pépin aussi !, 60 activités Montessori pour mon bébé et Mon cahier Montessori).
Nous avons déjà chroniqué des livres de Virginie Hanna (Sur la route des couleurs et Paul et Félicie se préparent pour l’école) et d’Eleonore Thuillier (Gros GrisLa jungle en haleine, Adam est fort, Le grand lapin blanc, Mon papa est un zarzouilleur et Jour de piscine).

Sur la route des formes
Texte de Virginie Hanna, illustrations d’Eleonore Thuillier
De La Martinière jeunesse dans la collection Sur la route des formes
15,90€, 220×165 mm, 20 pages, imprimé en Chine.
Mon coffret de lecture Montessori
de Marie Kirchner, illustré par Isabelle Nicolle
Nathan
20,90€, 210×180 mm, 32+48 pages, imprimé en Chine, 2013.
80 activités pour lui donner le goût de la lecture
Texte de Christian Poslaniec
Nathan
11,50€, 150×200 mm, 168 pages, imprimé en France chez un éditeur éco-responsable, 2013
1001 activités autour du livre
Texte de Philippe Brasseur, illustrateur non indiqué
Casterman
16,75€, 198×236 mm, 124 pages, imprimé en France, 2013

Gabriel

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Pour découvrir la lecture

Par 19 avril 2013 Livres Jeunesse

Aujourd’hui 5 ouvrages qui parlent des lettres, de la lecture, pour familiariser les enfants avec tout ça.

Balthazar decouvre la lectureBalthazar découvre la lecture… et nous on est très heureux de retrouver le personnage de Marie-Hélène Place et Caroline Fontaine-Riquier. Ici on va apprendre les phonèmes (ch, fr, on, eau,…) et comme toujours c’est un très beau livre, extrêmement bien fait. On va demander à l’enfant de trouver le son de chaque page et lui apprendre à l’écrire, c’est ludique et jamais ennuyeux pour lui. En fin d’ouvrage on retrouve des cartes-jeux pour associer sons et images. Apprendre en s’amusant et surtout en faisant tout seul, comme le préconise la méthode Montessori (toujours présente dans les Balthazar). C’est une collection que nous adorons tant pour son côté pédagogique que pour la beauté de ses livres.

Grafi s'amuse !Grafi s’amuse… et nous aussi ! Il se promène sur des petits bâtons de couleurs, bâtons GRAFI s'amusequi forment bientôt des lettres. Un livre très graphique (aux superbes illustrations de Séverine Cordier) pour entrer dans l’univers de la graphie. Ici Christelle Saquet (ou du moins son héros, Grafi) invite l’enfant à reproduire les formes (des petits bâtons se détachent des rabats de la couverture, astucieux et bien fait). En suivant les tailles des bâtons et les couleurs il reproduira d’abord une échelle puis un M et pourquoi pas le mot MAMAN ? Malin, très esthétique et vraiment ludique !

Sur la route des couleursÇa vous dit de Lire et jouer sur la route des couleurs ? c’est ce que nous proposent Virginie Hanna et Amandine Piu dans ce beau livre très coloré. Une histoire simple dans laquelle on va croiser un lion, un serpent, un zèbre et même un cacatoès. Le livre propose (dans un petit casier bien rangé) des petites plaquettes aimantées avec les mots écrits dessus, Lire et jouerl’enfant devra donc replacer les mots « zèbre » là où il y a un dessin de zèbre, « lion » quand il y a un… lion (c’est bien vous suivez !) et ainsi de suite. Même principe pour les couleurs, remettre le mot rouge sur une tache rouge, le mot vert sur une tache orange… mais non verte c’est bien ! etc. Quelques petits jeux viennent compléter le livre tout en fin d’ouvrage. Un album qui peut se lire aussi comme une histoire à trous où l’enfant dira les mots images… ou comme un livre tout court ! Le texte est d’ailleurs très bien écrit (ça ne sent pas le « on va se baser sur le côté ludique au détriment de l’histoire ») et les illustrations pleines de charme et de pep’s ! En résumé : ludique, esthétique, drôle, bien écrit, plein de surprise… que demander de plus ?

Au pied de ma lettreAu pied de la lettre, qu’y-a-t-il ? Au pied du B la maman accourt, au pied du O un poussin naît,… J’aime beaucoup le principe de ce livre : la talentueuse Coralie Saudo a intégré une lettre à chaque décor et lorsqu’on soulève le flap sur laquelle elle est dessinée on trouve AuPiedDeMaLettre_Int_ouvertune « chose » commençant par cette lettre (vous aurez compris j’espère que pour le B c’est bébé et pour le O œuf !), la lettre est vraiment intégrée au décor comme le sera l’objet sous le flap. De A à Z (une logique qui se tient !), une lettre par page l’enfant va donc chercher quel est le mot caché. Le texte de Virginie Deverson-Otwinoski est plein de poésie, comme le sont les illustrations de Coralie Saudo. Un très beau livre aux illustrations pleines de douceur, format à l’italienne et pages cartonnées.

i MinusculeDans un tout autre style que les livres précédents, i minuscule est un bel album qui nous conte l’histoire de cette lettre qui vivait tranquillement dans un dictionnaire jusqu’à ce i Minuscule qu’elle perde son point. On lui propose un tréma ou un accent circonflexe mais le i c’est son point qu’il veut. On parle des lettres et de la ponctuation dans une histoire pleine de poésie avec des illustrations surprenantes (signées Rebeka Elizegi), mêlant les techniques. Intégrer ce genre de choses dans une petite histoire pour les enfants c’est aussi les familiariser avec l’alphabet. Les lettres sont ici des personnages et on n’oubliera plus de mettre les points sur les i !

Quelques pas de plus…

Balthazar découvre la lecture
de Marie-Hélène Place et Féodora Stancioff, illustré par Caroline Fontaine-Riquier
Hatier Jeunesse dans la collection Aide-moi à faire seul
12,70€, 205×220 mm, 72 pages, imprimé en Chine, 2013.
Grafi s’amuse
de Christelle Saquet, illustré par Séverine Cordier
Éditions amaterra
13,90€, 230×230 mm, 36 pages, imprimé en Chine, 2013.
Lire et jouer sur la route des couleurs
de Virginie Hanna, illustré par Amandine Piu
De La Martinière Jeunesse
15,90€, 220×165 mm, 20 pages (et 18 magnets), imprimé en Chine, 2013.
Au pied de la lettre
de Virginie Deverson-Otwinoski, illustré par Coralie Saudo
Millepages
14,95€, 309×207 mm, 26 pages, imprimé en Chine, 2012.
i minuscule
de Marie-Christine Dauner, illustré par Rebeka Elizegi
Balivernes éditions
13€, 250×290 mm, 32 pages, imprimé en Belgique, 2013

A part ça ?

Mercredi, avec ma fille, nous étions au Musée en Herbe pour la remise des prix du concours Ecole Canson (nous vous en avions parlé). L’événement était organisé par Didier Jeunesse et Canson, au programme ateliers, exposition… et bonbons ! On a passé un très bon moment ! Les ateliers (dont un organisé par Laëtitia Le Saux) étaient bien pensés (même pour les plus petits) et les enfants pas laissés à eux-mêmes (mais tout en les laissant libre de créer, on leur montrait comment faire mais on ne faisait pas à leur place). Bref nous avons adoré notre après-midi, comme vous pouvez le voir sur les photos !
Et j’en profite pour vous redonner le lien de l’espace Canson pour enseignants (avec de supers idées) : http://enseignants.lateliercanson.com

Gabriel

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« Moi j’aime bien l’école… » (des livres sur la rentrée scolaire)

Par 24 août 2012 Livres Jeunesse

Et oui, la rentrée approche à grand pas ! Pour certains c’est même la première rentrée… Des enfants qui stressent un peu (et des parents encore plus) ont besoin d’histoires avec des petits héros qui, comme eux, vont connaître les joies de l’école ! Je vous propose une sélection sur le sujet en deux parties. Aujourd’hui plutôt des livres avec des histoires, lundi des livres pour les un peu plus grands et vendredi prochain des livres jeux, loisirs créatifs, imagiers,… toujours sur le thème de l’école. Petit bonus, j’ai demandé à une amie institutrice, Cathy, de me donner son avis sur certains de ces livres. Et deuxième bonus, un livre, pour les grands que vous êtes, chroniqué dans le À part ça.

Non, non et non ! Octave ne veut pas aller à l’école ! C’est son premier jour et il refuse tout ! « Alors, c’est toi Octave ? » lui demande la maîtresse ? « non ! »,  quand elle veut lui montrer la classe, c’est encore « Non ! » et quand les autres veulent jouer avec lui c’est toujours « non ! ». Pourtant il y a une chose pour laquelle Octave ne va pas dire non ce sont les bonbons ! Et quand sa maman viendra le chercher il n’aura plus envie de rentrer.

Un album très doux et drôle dont le texte très simple va parler aux enfants. La peur de l’école, des autres,… à travers le regard d’un ours vraiment mignon. Bon après, doit-on faire aimer l’école aux enfants en leur donnant des bonbons, c’est tout un débat ! Mais l’album est plein de charme.
L’avis de Cathy : «  Je le trouve un peu cucul mais bon ça peut cadrer avec un gamin qui est à fond dans le « NON » pour aller à l’école… Car le personnage ne veut pas aller à l’école, pas voir la maîtresse, pas participer … Et puis il va piger que finalement un petit « Oui de bonne volonté » peut permettre de faire des activités sympa à l’école. »

Simon (le fameux lapin créé par Stéphanie Blake) va aussi à l’école pour la première fois demain. Vous le connaissez il n’a pas sa langue sans sa poche et sa seule réponse c’est « Ça va pas non ! ». Le soir dans son lit Simon n’est pas rassuré, l’école ça fait peur, même aux superlapins ! Et quand vient l’heure d’y aller, le lendemain matin, ce n’est pas plus facile ! « Ça va pas non ! » Pourtant à la fin de la journée, Simon, finalement, aimerait bien rester à l’école !

Ah ce lapin… je ne sais pas vous mais moi je l’adore ! Cet album est aussi drôle que les précédents, piquant, loin de toute mièvrerie. On est sur le même sujet que le précédent avec ce refus d’aller à l’école, cette répétition, cette envie de ne plus partir de l’école une fois la journée finie… mais pas sur le même ton ! Certains préfèreront le côté doux du premier, d’autres l’humour piquant du second.
L’avis Cathy :  « C’est sympa car c’est du Stéphanie Blake et qu’on peut retrouver « super lapin » dans d’autres aventures que celle d’aller à l’école. C’est flashy, les enfants accrochent bien et pour les parents c’est rapide à lire, avec un langage simple. Des fois pour les plus petits c’est pas mal de ne pas trop les embrouiller surtout si le terrain de l’école est « sensible ». Là, c’est le parti pris de l’humour et c’est un bon plan pour dédramatiser. »

Timothée est tout content, sa mère lui a fait une salopette neuve pour la rentrée ! « Formidable ! », il n’est pas peu fier… sauf que Claude, un nouveau camarade, lui dit avec dédain qu’on ne met pas de salopette le premier jour d’école. Timothée est triste et reviendra le lendemain en veste… pour s’entendre dire qu’on ne met pas de veste le second jour d’école… Bref pas facile de se faire un copain !

Un petit album très sympa sur les moqueries des autres, le paraître et l’amitié. Timothée se rendra compte que ce n’est pas ce bougon de Claude qu’il a envie d’avoir comme ami, mais la gentille Violette qui elle l’accepte comme il est. J’aime ce côté (assez rare finalement) où un garçon et une fille peuvent être amis sans que le sujet ne soit soulevé, le livre ne parle pas de ça, c’est un détail.
L’avis de Cathy : « J’aime bien. Petite école pour les animaux. Ça permet de parler de l’école sans que l’enfant se sente visé et ça permet inconsciemment ou consciemment de faire des liens avec la réalité. Ça me parait sympa pour aborder le thème sans pression et avec distance. »

La rentrée des classes c’est quelque chose quand on est 24 ! Et oui c’est le premier jour d’école pour les 24 petites souris ! Mamie Albertine a tricoté un manteau à chacun et maman a cuisiné un bon repas… mais ça ne suffit pas, l’école ça fait peur. Heureusement maman a pensé à coudre à chacun un petit cœur en feutrine rouge qu’ils pourront garder dans la poche et qui leur donnera du courage.

Là aussi on est dans « l’album mignon », surtout avec cette histoire de cœur en feutrine (dont l’explication pour le confectionner est donnée à la fin de l’ouvrage). On aime ou pas ce genre d’album. On parle encore ici de la peur de l’école, on évoque aussi les larmes des parents au moment de laisser leur enfant. Une jolie petite histoire d’une série que certains enfants connaissent déjà.

Pour Paul et Félicie aussi c’est l’heure de l’école. Paul est plus petit que Félicie mais il aimerait bien, comme sa sœur, s’habiller seul et quand il arrive devant l’école, c’est la classe de Félicie que Paul regarde… pourtant on s’habille bien plus vite quand on est aidé et dessiner et écouter des histoires, à l’âge de Paul, c’est bien mieux que d’apprendre l’alphabet.

Une petite histoire sympathique sur la préparation avant d’aller à l’école et sur le fait qu’on aimerait bien être comme les grands (tout en gardant les avantages des petits !). On retrouve ici les illustrations pleines de charme de Marion Billet.

On passe aux recueils avec un premier assez court, Mes cinq premières histoires à la petite école écrites par Agnès Bertron-Martin et illustrées par Charlotte Roederer. Dans la première, une maîtresse remplaçante qui ramène chaque jour des choses ramassées sur le bord de la route, une bonne occasion pour apprendre plein de choses ! Dans la seconde, Édouard est un sacré bagarreur, gare à celui qui se trouve sur son chemin… jusqu’au jour où… Dans la troisième, c’est la première rentrée pour Zibon, le petit sorcier, et même pour les sorciers l’école ça fait peur ! Dans la quatrième, une maman rêve de l’école des mamans. Et dans la dernière, enfin, Louison est une gourmande, à la cantine c’est elle qui mange ce que les autres ne mangent pas… a-t-elle un secret ?

Cinq petites histoires plutôt mignonnes pour dédramatiser l’école, montrer aux enfants qu’ils ne sont pas les seuls à être angoissés par la rentrée. Les illustrations sont assez classiques, modernes, plutôt réussies.

Vive l’école est beaucoup plus long, plus complet (et forcément plus inégal). Ici ce sont 13 histoires qui sont proposées sur le thème de l’école (dont 24 petites souris vont à l’école évoqué plus haut). On y parle d’arrivée dans une nouvelle école suite à un déménagement, passage au CP, changement de maîtresse en cours d’année,… mais on découvre aussi la vie des poux sur une tête et qui s’y sentent bien, un loup qui ne sait pas compter et qui est bien embêté pour jouer à cache-cache, une dame âgée qui devient amie des enfants d’une classe ou encore une mulotte qui laisse des lettres aux élèves d’une classe. De très nombreux thèmes sont abordés comme la solitude, l’amitié, l’entraide,… Certaines histoires sont vraiment drôles et bien illustrées (on retrouve ici Charlotte Moundlic, Sylvie Poillevé, Laurent Richard, Agnès Berton-Martin, Nathalie Choux, Martine Bourre, Nadine Brun-Cosme,…) d’autres sont bien plus anecdotiques, vite oubliées mais il est évident que tout le monde trouvera son bonheur dans un tel recueil. L’école à travers 13 histoires bien différentes.

Et on termine avec un livre CD : Pakita c’est la maîtresse des petits, ceux dont c’est la première rentrée. Au programme de la journée les au-revoir aux parents, l’accrochage des manteaux au porte manteau, le panier à doudou, la gym du matin, le tour aux toilettes, la recré,… bref tout ce qui rythme la journée des petits écoliers.

Ici ce sont 20 chansons et une histoire. Alors Pakita, pour être franc, elle m’a personnellement tout de suite horripilé… mais disons les choses comme elles sont : ma fille, elle, a tout de suite accroché, adoré. Le disque a été écouté de nombreuses fois, elle connaît déjà les chansons par cœur et donc c’est certainement le principal ! J’admets que les chansons sont bien faites : simples, rythmées, vivantes, elles suivent bien le cours d’une journée d’école, on sent que Pakita sait de quoi elle parle ! C’est proche du réel et jamais caricatural. Pour prendre un exemple très bête, combien de livres qui parlent de l’école ne montrent que des mamans qui viennent chercher les enfants ? Ici les papas sont aussi présents.

Quelques pas de plus…
D’autres livres sur l’école chroniqués sur le blog : Mon cœur en miettes ou les plus beaux jours de ma vie de Charlotte Moundlic et Olivier Tallec (Michel vit une rentrée sans son meilleur ami mais avec une nouvelle qu’il trouve charmante), Je n’irai pas de Séverine Vidal, et Cécile Vangout (les vacances sont finies et la rentrée… ça fait peur !), L’entrée en maternelle de Sandrine Bosc et Sébastien Chebret (un très bon livre CD sur le thème de la première rentrée en maternelle), Tout seul ! et Tous ensemble ! de Géraldine Collet et Coralie Saudo (les poussins qui apprennent la vie en collectivité), L’histoire de Louis Trente-Deux, enfant-roi, de Catibou et Chadia Chaïbi-Loueslati (que se passe-t-il quand un enfant roi arrive à l’école ?), L’autre bout du monde de Chun-Liang Yeh et Sophie Roze (un enfant va recevoir de sa grand mère un cadeau qui va l’aider pour sa première rentrée) et d’autres sur le forum de La mare aux mots .
Dorot’ a aussi chroniqué des livres qui parlent de la rentrée, c’est ici (on en a quelques uns en commun).

Non, non et non !
de Mireille d’Allancé
L’école des loisirs
11€, 215×265 mm, 27 pages, imprimé en France
Je ne veux pas aller à l’école
de Stéphanie Blake
L’école des loisirs
12€, 225×280 mm, 28 pages, imprimé en France
Timothée va à l’école
de Rosemary Wells
L’école des loisirs
10€, 155×200 mm, 28 pages, imprimé en France
24 petites souris vont à l’école
de Magdalena, illustré par Nadia Bouchama
Père Castor, dans la collection Les plus belles histoires d’aujourd’hui
5,30€, 170×210 mm, 32 pages, imprimé en France
Paul et Félicie se préparent pour l’école
de Virginie Hanna, illustré par Marion Billet
Éditions Lito
6€, 175×225 mm, 24 pages, imprimé en Union Européenne
Mes cinq premières histoires à la petite école
d’Agnès Bertron-Martin, illustré par Charlotte Roederer
Éditions Lito
5€, 145×190 mm, 40 pages, imprimé en Union Européenne
Petites histoires du Père Castor : Vive l’école !
de Collectif
Père Castor
9,95€, 170×225 mm, 130 pages, imprimé en Asie
Pakita, la maîtresse magique !
de Pakita, illustré par Marion Piffaretti, musique d’Éric Jacquemin
Nathan
14,90€, 260×260 mm, 48 pages, imprimé en Espagne

A part ça ?

Au fond de la classe n’est pas un livre pour enfant, mais puisqu’on parle de l’école… (et puis vous êtes surtout des adultes à lire ce blog, non ?). Louise Deschamps Wallon n’a que des souvenirs traumatisants de ces années où elle se sentait enfermée par des gens qui ne la comprenaient pas. Pas dans le moule, différente, pas assez rapide,… elle va être mise à l’écart par les adultes, prise pour cible, devenir le bouc émissaire d’enseignants qui ont besoin de se défouler sur quelqu’un, être le vilain petit canard auprès de ses camarades. Tête sous l’eau, copies déchirées et piétinées et autres humiliations vont émailler sa vie d’écolière. Au fond de la classe est un superbe témoignage, très beau, très poignant. Louise Deschamps Wallon a une vraie plume, elle nous entraîne dans des scènes de son passé qui nous font monter les larmes aux yeux, on vit avec elle la dureté de ce système qui écrase ceux qui ne sont pas formatés pour suivre au même rythme que les autres. Esthétiquement le livre est une merveille, couverture toilée, papier épais, de très nombreuses photos de classes, matériel scolaire,… Non l’école n’est pas un endroit toujours rose et Louise Deschamps Wallon a su parfaitement nous le rappeler.

« Je déteste l’école parce que vous y êtes tous des cons. Vous n’aimez que vous. Dès que j’ai essayé de m’amuser avec vous, vous vous êtes moqués. Les grands et les petits. Vous ne me comprenez pas. Je me méfie de vous pour toujours. J’ai mes règles à dix ans et vous me dites que le diable s’est mis dans ma culotte

Au fond de la classe de Louise Deschamps-Wallon. Naïve, 29,50€

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