La mare aux mots
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Walter

Vies pendant la Shoah [article en libre accès]

Par 27 février 2017 Livres Jeunesse

Lorsque j’ai eu envie d’écrire cette chronique, j’avais en tête l’idée qu’il fallait rappeler ce qu’il s’était passé il y a si peu de temps (les arrières grands-parents de nos enfants ont pour la plupart connu cette période… Ce n’est pas il y a 200 ans). À quelques mois des élections, je trouvais primordial de parler à nos enfants de la barbarie qui vient avec le fascisme. J’avoue m’être dit, à plusieurs moments, en lisant ces deux BD et ces trois romans que quand même, heureusement, on n’en était pas là, que ça n’arriverait plus aujourd’hui. Et mardi, alors que je préparais cette chronique, deux jeunes se sont fait agresser parce qu’ils portaient une kippa. Le devoir de mémoire est important, nos enfants doivent savoir, parce qu’il ne faut plus que ça arrive. Il ne faut plus qu’on laisse monter les extrémistes, apprendre l’Histoire est la meilleure chose à faire pour que les horreurs d’hier ne se reproduisent pas. Apprendre à nos enfants ce qu’il s’est passé c’est aussi couper l’herbe sous le pied aux négationnistes de tous poils qui voudraient leur faire croire sur certains sites que tout ça n’a pas existé. Voici donc deux BD et trois romans, pour ne pas oublier.

Irena travaille dans le ghetto de Varsovie. Nous sommes en mars 1941 et cette femme au fort caractère fait tout son possible pour aider ceux et celles qui sont enfermés là. Seulement, il y a des choses que le département d’aide sociale dans lequel elle travaille n’a pas prévu. C’est la peur au ventre pour ceux et celles qui travaillent avec elle et qu’elle entraîne dans son geste fou, qu’Irena va aller plus loin que les tâches qui lui sont confiées.
Irena a existé, elle s’appelait Irena Sendlerowa et les auteurs de la BD se sont documentés sur elle pour écrire cette magnifique série qui comptera trois volumes. Irena c’est un album extrêmement fort sur une femme qui décida un jour de sauver des enfants. Un bel album, mais parfois extrêmement dur (mais fallait-il enjoliver la réalité ou raconter ?) si bien qu’il sera peut-être nécessaire d’accompagner de jeunes enfants qui souhaiteraient le lire (car graphiquement, les plus jeunes vont être attirés).
Un album extrêmement fort sur une femme qui sauva de nombreux enfants du ghetto de Varsovie, si fort qu’on a du mal à le refermer… On attend la suite avec impatience !

Heinz, Trude, Ruth, Martin, Suzanne et Arek ont été des enfants juifs qui ont connu la guerre. Aujourd’hui, ils racontent. Leurs six témoignages rappellent la vie dans cette sombre période de l’Histoire quand on était juif. Ils racontent la persécution, les séparations, la fuite et bien d’autres choses encore.
Si Rescapés de la Shoah est, comme l’indique le communiqué de presse, illustré de façon à « dire les choses vraies, mais sans qu’elles soient insoutenables pour les jeunes lecteurs », ses illustrations seront aussi bien plus clivantes (personnellement, je trouve ça extrêmement laid). Mais il faudra aller au-delà pour ceux et celles qui comme moi seront repoussés par les dessins, car ce sont ici de vrais témoignages, forts et poignants. Chacun y raconte son enfance, puis on apprendra ce qu’il ou elle est devenu.e. On trouvera même un glossaire et des conseils lecture pour aller plus loin en fin d’ouvrage.
Un ouvrage qui nous permet de lire six témoignages d’enfance pendant la Shoah.

Ménaché Rozenbaum a fui la Pologne pour se retrouver en Belgique. Ce jeune juif va entrer dans la résistance, malheureusement il sera pris par les Allemands en possession de journaux clandestins et durant huit mois il va subir les pires tortures. Mais Ménaché a survécu, âgé de 95 ans il raconte. Il parle de son enfance, de ses ancêtres, mais surtout de la guerre.
Il faut absolument oublier les quelques maladresses de 8 mois dans les caves de la Gestapo (dans le texte et graphiquement) et lire ce témoignage fort, mais non dénué d’humour. Dans des chapitres courts, Ménaché Rozenbaum raconte : le ghetto, la résistance, la déportation, mais aussi sa vie de tailleur ou sa rencontre avec celle qui est devenue sa femme. Chaque chapitre est consacré à un sujet et se lit presque indépendamment des autres à tel point qu’il y a parfois des redites, qu’on se perd dans la chronologie, mais on a le sentiment de passer une soirée à écouter le vieil homme nous raconter sa vie, son enfance, témoigner. Et même si parfois on est un peu perdu, on est passionné par le propos, captivé par son histoire et au final on aura rencontré une personne qu’on n’est pas prêt d’oublier.
Un témoignage passionnant sur la guerre à lire comme on écouterait quelqu’un nous raconter sa vie.

Ilse commence son journal en 1938. Elle raconte sa vie, ses amies, sa famille, mais elle parle aussi de ce qui se passe autour d’elle : la nuit de cristal qui vient d’avoir lieu quand elle commence son journal, les privations de droits des juifs (d’ailleurs, elle-même n’a bientôt plus le droit d’aller à l’école) ou les persécutions. Mais bientôt, la vie d’Ilse va peut-être prendre un tournant inattendu.
J’ai fui l’Allemagne nazie est un roman passionnant et totalement original. Parce qu’il s’arrête en 1939 (même si un épilogue nous permet de faire un saut dans le temps) alors que la plupart des romans sur cette période couvrent plutôt les années suivantes, parce qu’il nous parle d’un événement peu connu (la fuite vers Cuba de 900 juifs) et l’on pourrait ajouter parce qu’il est sous forme de journal (même si ce n’est pas le premier). Voilà un roman qui va donner le goût de la lecture à ceux et celles qui ne l’ont pas, parce que le procédé du journal nous permet d’entrer en empathie tout de suite avec Ilse et qu’il permet aussi de faire en sorte que les chapitres sont courts. Parce que l’histoire est passionnante, pleine de rebondissements et qu’on ne sait pas comment ça va finir. Il est difficile de lâcher ce beau roman avant de l’avoir terminé.
Une jeune fille raconte la guerre et sa fuite, et ça donne un très beau roman.

Max vient d’avoir un poisson, il est rouge, avec un peu de jaune, il l’a appelé Auguste comme le clown au cirque qui l’a tant fait rire. L’eau du bocal fait de petites vagues quand les Allemands passent en faisant claquer leurs bottes. Max a une étoile sur ses vêtements, il la regarde briller, il aime cette étoile même si on lui a dit à l’école qu’elle puait (alors qu’elle ne sent rien, Max l’a reniflée pour vérifier). Max est un peu triste, alors que c’est son anniversaire il est emmené dans un grand stade où il y a plein de gens qui ont aussi des étoiles, du coup personne ne le lui fête.
Je termine par un énorme coup de cœur, Max et les poissons, un roman extrêmement fort et terriblement bien écrit par Sophie Adriansen. La force du roman, c’est l’écriture qui retranscrit parfaitement la voix de l’enfant, mais avec une extrême poésie et des phrases terriblement fortes (« la guerre, ça fait marcher les Allemands dans les rues et serrer fort les mains des petits garçons », « Le ciel est plein d’étoiles. Moi, avec la mienne, je suis un shérif », « les voisins disent “rafle” dans l’escalier, le mot fait le son du balai à poils secs qu’on passe sur le sol. »…). En fin d’ouvrage, quelques repères historiques.
Un roman magnifique à lire absolument, à offrir à tous les enfants à partir de 9 ans et même à leurs parents.

D’autres livres sur le sujet que nous avons chroniqué : la magnifique quatrilogie Une île trop loin, Surtout ne prends pas froid, Alex et Léon dans les camps français 1942/1943, Le royaume d’Eliousha et Les carnets de Lieneke.
À noter qu’en ce moment le Mémorial de la Shoah propose une exposition Shoah et bande dessinée. Plus d’infos.

Irena – T1 – Le Ghetto
Scénario de Jean-David Morvan et Séverine Tréfouël, dessin de David Evrard, couleurs de Walter
Glénat dans la collection Tchô !
14,95 €, 240×320 mm, 67 pages, imprimé en Belgique chez un imprimeur éco-responsable, 2017.
Rescapés de la Shoah
Texte de Zane Whittingham et Ryan Jones (traduit par Faustina Fiore)
Flammarion
15 €, 208×289 mm, 96 pages, imprimé en Chine, 2017.
8 mois dans les caves de la gestapo
de Ménaché Rozenbaum et Jacques Sobieski
Je réussi dans la collection Romans
9,90 €, 140×219 mm, 119 pages, imprimé en CE, 2014.
J’ai fui l’Allemagne nazie, journal d’Ilse 1938-1939
de Yaël Hassan
Gallimard Jeunesse dans la collection Folio Junior
4 €, 124×178 mm, 112 pages, imprimé en Espagne chez un imprimeur éco-responsable, 2015.
Max et les poissons
Texte de Sophie Adriansen, illustré par Tom Haugomat
Nathan
5,20 €, 120×181 mm, 88 pages, imprimé en France chez un imprimeur éco-responsable, 2015.

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Des bandes dessinées

Par 21 novembre 2013 Livres Jeunesse

Quelques semaines après ma précédente sélection de BD, en voici d’autres (je sais que c’est le genre d’ouvrages qu’on aime mettre sous le sapin).

Les aventures fantastiques et extraordinaires de princesse animalDans un royaume d’une autre dimension vit un roi, une reine et leur fille. La princesse ne correspond pas vraiment aux attentes de ses parents, les robes roses, les bals et tout le reste ce n’est pas vraiment son truc. Elle ce qu’elle aime c’est combattre les monstres ! Pour ça elle porte des pyjamas animaux qui la transforment en Princesse Animal !

On croise dans Princesse Animal le héros de Mini Chevalier maxi fort (que nous avions chroniqué ici), une bande dessinée que j’avais beaucoup aimée. Ici, c’est un peu le même esprit (sauf qu’on n’est pas dans l’imaginaire, la Princesse Animal est vraiment une petite princesse), le même humour qui m’avait tant plu dans le précédent. C’est drôle, coloré, plein de pep’s… bref une très bonne BD pour les plus jeunes.
Des extraits ici.

plouf tous a l'eauPour trois amis (un éléphant, un oiseau et un crocodile) c’est la journée baignade ! Chacun sa serviette (ne pas confondre), on fait les gourmands (mais faut faire avec ce qu’il y a) et on va plonger (chacun sa technique) ! La journée ne manquera pas de piquant !

Sortie dans la même collection (et dans le même esprit) que le précédent, Plouf ! Tous à l’eau d’Ethan Long est une BD, avec trois courtes histoires, pleine d’humour. On s’adresse ici aux tout jeunes lecteurs et même avant (on peut aisément comprendre les situations sans savoir lire). J’avais déjà chroniqué un autre album Ethan Long (Rick & Rack L’appel de la forêt) que j’avais beaucoup aimé, on retrouve ici cet esprit un peu potache, ces amis un peu crétins dont les bêtises nous font rire. Décidément la collection Balloon Toons chez Didier Jeunesse est une valeur sûre !
Des extraits ici.

octave et la dauradeOctave il aime bien être tranquille et surtout il a horreur du poisson, imaginez donc sa joie quand son grand-père lui annonce que le lendemain matin il le réveillera à quatre heure pour aller à la pêche ! Octave ne sait pas encore que ça sera pour lui le début d’une sacrée aventure.

Octave et la daurade royale n’est pas qu’un livre sur la pêche (au départ, en tant qu’anti-pêche j’ai eu un peu peur), et sans vous dévoiler trop l’histoire je dirais même que le livre est assez engagé écologiquement (mais ce n’est pas un livre anti-pêche, disons le tout de suite). Une petite BD pleine d’humour (j’adore le trait d’Alfred), sur l’imaginaire, la nature et la transmission (entre autre), pour les jeunes lecteurs.
Des extraits ici.

Pan Pan PandaPraline et Panettone (un panda que la petite fille appelle Pan’Pan) vivent ensemble à la résidence Kanda, un petit immeuble au Japon. Le propriétaire, Monsieur Kanda, étant absent, c’est Panettone qui s’occupe de l’immeuble. Le panda s’occupe donc également de Praline, accueille les nouveaux résidents et se transforme même en Père Noël le soir de Noël.

C’est un très joli manga que publie Nobi Nobi ! (leur premier !). Un manga pour les plus jeunes, doux et plein d’humour. Des scènes du quotidien d’une petite fille qui vit avec un panda (normal…) et de leurs amis. On en apprend plus sur la culture japonaise grâce au manga mais aussi grâce à la partie documentaire en fin d’ouvrage (où on trouvera aussi des jeux, un plan de la résidence, une présentation des personnages, les croquis préparatoires,…). C’est un très bel ouvrage tant au point de vue graphique qu’au point de vue objet (couverture à rabats, dessins entièrement en couleurs,…). Une histoire pleine de douceur pour les jeunes lecteurs (et même avant) que je vous conseille fortement.
Des extraits ici et une bande annonce en vidéo là.

chi-6Chi est de retour, elle a décidé de s’amuser ! Elle court après les pigeons, détruit les boîtes de mouchoirs et les plantes, s’amuse avec des emballages… Elle va aussi se rendre compte qu’elle adore l’aspirateur (mais pas comme vous croyez) et faire tomber des choses des escaliers. Dans ce sixième tome de Chi, il y aura encore beaucoup de bêtises ! Mais il y aura surtout la rencontre avec Minou…

chi-7-glenatAprès avoir passé une nuit dehors, Chi est de retour à la maison… mais il va falloir la laver ! Chi va encore vivre de grandes aventures dans ce nouveau tome, surtout qu’il y a un nouvel occupant dans l’appartement : un poisson rouge ! Imaginez la joie de Chi d’avoir une proie à portée de main. La petite chatte va encore partir à la découverte du quartier avec Minou et Noiraud et elle va avoir la mauvaise idée de manger quelque chose qu’il ne fallait pas…

chi-8-glenatChi va apprendre ce que sont les ressorts de son corps, sa maîtrise des sauts va en être sacrément améliorée ! Avec Minou elle va follement s’amuser et découvrir des endroits extraordinaires… à ses risques et périls ! Chi va devoir affronter un chien, elle va être enfermée dans une cabane et va même attraper une conjonctivite ! Décidément, la vie de chat n’est pas de tout repos !

chi-9-glenatSuite à une conjonctivite, Chi porte une collerette et les Yamada ont un peu peur de la laisser sortir à nouveau… Seulement Chi est triste, elle regarde à travers la vitre les oreilles couchées. Dans le parc, Minou l’attend désespérément… Finalement les Yamada ont une solution, et si on sortait Chi en laisse ? Bien entendu elle ne se laissera pas faire et s’enfuira… en espérant que Minou l’ait attendue tout ce temps !

On est définitivement fans de Chi ici, je vous en parlais dans ma dernière chronique BD déjà, mais ça se confirme ! Ma fille de 5 ans réclame une peluche Chi (et la dessine), moi j’attends avec impatience le tome 10 (et espère voir Konami Kanata lors de sa semaine à Paris). C’est drôle, bien vu et en même temps plein de douceur, de tendresse, bien écrit. Comme dans beaucoup de mangas, en fin d’ouvrage on trouve toujours un petit bonus sympa (sauf que dans le tome 9 c’est tout un truc sur KFC, qui a fait des pub avec Chi… j’aime moins ce côté pub pour de la malbouffe dans un livre pour enfants). Chi, une vie de chat est une super série qu’il faut absolument découvrir. Si vous êtes en région parisienne la semaine prochaine, vous pourrez assister à plusieurs événements autour de cette série puisque la mangaka auteur de Chi sera présente le mercredi 27  novembre à la librairie Komikku (61 Rue des Petits Champs, 75001 Paris) de 10h à 12h30, puis à la FNAC Forum des halles de 16h30-19h, le jeudi 28 en Master class au salon du livre de Montreuil de 10h30 à 11h30, puis en dédicace sur le stand de Glénat de 14h30 à 16h30, le vendredi 28 à la Librairie BDNet (26 Rue de Charonne 75011 Paris) de 15h à 18h et le dimanche 1er décembre en dédicace sur le stand de Glénat au salon de Montreuil de 10h à 12h puis en Master class toujours au salon de Montreuil de 15h30 à 16h30.

Grot le gobelin amoureuxGrot est un gobelin, et autant ces congénères sont sales, stupides et cruels, autant Grot les dépasse dans tous ces points. Pourtant un jour Grot va tomber amoureux d’une jolie fée et il va tout faire pour lui plaire : se laver, bien se vêtir, préparer des cadeaux… mais est-ce vraiment ça qu’il faut faire pour séduire l’élue de son cœur ?

Grot le gobelin amoureux est une très bonne BD, aussi drôle qu’esthétique. On s’amuse tout au long des aventures de ce personnage horrible qui fait tout pour changer et la chute est vraiment très bonne. Graphiquement, je trouve absolument magnifiques les illustrations de Marco Paschetta (mais c’est le genre d’illustrations qui ne fera pas l’unanimité, je vous propose de vous faire votre propre opinion). Grot le gobelin amoureux est sorti chez Mamut dont on vous parle régulièrement, et c’est décidément une maison d’édition à suivre !
Des extraits ici.

QUETE D'EWILANCamille est une jeune fille de notre époque, de notre monde. Alors qu’elle est sur le point de se faire renverser par un camion la voilà qui se retrouve téléportée dans un monde étrange où, devant elle, un chevalier combat une créature horrible. La jeune fille trouve un pendentif dans l’herbe, le ramasse, le monstre la menace mais Camille est de retour dans notre monde. Sauf qu’elle ne sait pas encore que ce n’est que le début d’une grande aventure, pas de tout repos.

Je suis un peu embêté pour donner mon avis sur La quête d’Ewilan car je ne suis pas du tout un lecteur de Fantasy. Même si j’ai aimé des films comme Le seigneur des anneaux ou la série Game of Thrones, je n’ai jamais lu les livres et je suis souvent perdu dans les films/séries. Les mondes parallèles avec des elfes, des trolls, etc ont leur fan, je n’en suis pas. Une fois cela posé, j’ai quand même pris beaucoup de plaisir à lire La quête d’Ewilan (même si j’ai eu du mal à rentrer dans l’univers, comme c’est le cas chaque fois qu’il s’agit de fantasy). Les illustrations sont superbes, l’histoire est vraiment intéressante (signée Bottero, un des maîtres du genre si j’en crois mes amis fans de ce genre de littérature). Donc si vos ados (ou pré-ados) aiment les mondes fantastiques, voici le premier tome d’une série qui devrait leur plaire.
Des extraits ici.

Giacomo FoscariGiacomo est né dans une famille aisée, en Italie. Il est très troublé par le fils d’un des employés de son père, le très bel Andrea. Les années ont passées, Giacomo est maintenant un vieil homme, il vit au Japon, il se souvient de quand il est arrivé dans ce pays dans les années 60, de sa rencontre avec le troublant Shusuke qui lui rappelait Andrea.

C’est difficile de résumer le premier tome de Giacomo Foscari, beaucoup de personnages croisent la route du personnage principal. Il y sera question d’écrivains et de cinéastes, de transmission, de traditions, de différences sociales,… Il est aussi question d’homosexualité… ou pas ! Est-ce ce genre de troubles que provoquent en lui les très beaux Andrea et Shusuke ? C’est un très bel album mais les personnages et les situations sont nombreux, on aurait envie d’en savoir plus. C’est certainement dû au fait que c’est un premier tome, qu’il est là pour nous présenter les héros de l’histoire. En tout cas j’attends la suite avec impatience.
Des extraits sur le blog de Bricabook.


Françoise dolto L'heure justeFrançoise Marette est une petite fille un peu ronde, brune, yeux marrons et assez remuante, tout le contraire de sa grande sœur qui est grande, blonde, yeux bleus et sage. Pas étonnant que sa mère la lui préfère. Il y a aussi le fait que Françoise est curieuse de tout, elle veut même étudier et travailler et ça, sa mère ne le supporte pas (comment marier une telle femme ?). Pourtant à force d’insister, sa mère finira par accepter qu’elle devienne infirmière, c’était un premier pas avant qu’elle ne devienne le médecin que nous connaissons tous : Françoise Dolto.

J’avais déjà chroniqué une BD de cette collection, Grands destins de femmes chez Naïve, Isadora Duncan. Dans Françoise Dolto, L’heure juste on ne s’intéresse (hélas) qu’à l’enfance de celle qui révolutionna la pédiatrie. Comment est venue sa vocation, quels ont été les déclencheurs dans son enfance (malgré une famille aisée, une enfance pas toute rose). En plus d’être un bel objet éditorial, Françoise Dolto, l’heure juste est une BD passionnante sur une enfant qui allait devenir le célèbre docteur.
Des extraits sur le site de l’illustratrice.

Dora l'année suivante à BobignyDora et ses interrogations sur ses attirances, Odile et ses amours, la troublante manouche Geneviève… et la guerre d’Algérie, le théâtre, l’amour, la vie.

Je vous avais parlé dans ma dernière chronique BD de Dora, voici la suite L’année suivante à Bobigny. C’est plus un roman graphique qu’une BD, d’ailleurs. On suit donc ici les événements de 1962, on parle politique, engagement mais tout ça à travers une bande d’amis, leurs amours, leurs galères. C’est passionnant et surtout très esthétique, les dessins sont magnifiques (principalement en noir et blanc mais parfois avec des couleurs fortes). J’avais un peu hésité à vous parler du premier tome sur le blog (ce n’est pas une BD à destination du jeune public) j’ai encore plus hésité ici car il y a des passages un peu… chauds ! Moi je sais que ça ne me choque pas, mais je vous préviens pour que vous ne me disiez pas « hey t’as conseillé ça, je l’ai acheté pour ma fille de 12 ans et y’a des filles toutes nues dedans ! ». En tout cas une de mes plus belles découvertes en BD de ces dernières années (donc ça serait dommage de ne pas en parler, non ?).
Des extraits en ligne.

Quelques pas de plus…
Nous avons déjà chroniqué des albums de Pranas T. Naujokaitis (Les aventures fantastiques et extraordinaires de Mini chevalier maxi fort), Ethan Long (Rick & Rack, L’appel de la forêt), Alfred (Les contes imbéciles), Konami Kanata (Chi, une vie de chat 1,2,3,4, et 5) et Minaverry (Dora).

Les aventures fantastiques et extraordinaires de Princesse Animal
de Pranas T. Naujokaitis (traducteur non indiqué)
Didier Jeunesse dans la collection Balloon Toons
9€, 215×165 mm, 40 pages, imprimé en France chez un imprimeur éco-responsable, 2013.
Plouf ! Tous à l’eau
de Ethan Long (traducteur non indiqué)
Didier Jeunesse dans la collection Balloon Toons
9€, 215×165 mm, 32 pages, imprimé en France chez un imprimeur éco-responsable, 2013.
Octave et la daurade royale
Scénario de David Chauvel, illustré par Alfred, mis en couleur par Walter
L’école des loisirs dans la collection Mille Bulles
6€, 170×235 mm, 32 pages, imprimé en France, 2013 (première édition 2004 chez Delcourt)
Pan’pan panda
de Sato Horokura (traduit par Arnaud Delage)
Nobi Nobi !, dans la collection Manga
9,45€, 131×179 mm, 110 pages, imprimé en Italie, 2013.
Chi, une vie de chat Tome 6
de Konami Kanata (traduit par Kayo Chassaigne et Élodie Lepelletier)
Glénat Kids dans la série Chi
10,75€, 130×180 mm, 162 pages, imprimé en Italie, 2011.
Chi, une vie de chat Tome 7
de Konami Kanata (traduit par Kayo Chassaigne et Élodie Lepelletier)
Glénat Kids dans la série Chi
10,75€, 130×180 mm, 160 pages, imprimé en Italie, 2012.
Chi, une vie de chat Tome 8
de Konami Kanata (traduit par Kayo Chassaigne et Élodie Lepelletier)
Glénat Kids dans la série Chi
10,75€, 130×180 mm, 150 pages, imprimé en Italie, 2012.
Chi, une vie de chat Tome 9
de Konami Kanata (traduit par Kayo Chassaigne et Élodie Lepelletier)
Glénat Kids dans la série Chi
10,75€, 130×180 mm, 152 pages, imprimé en Italie, 2012.
Grot, le gobelin amoureux
de Luca Blengino et Marco Paschetta (traduit par Jacques Barbéri)
Bang ediciones dans la collection Mamut
10€, 190×260 mm, 56 pages, imprimé en Espagne, 2013
La quête d’Ewilan, T.1 D’un monde à l’autre
de Lylian (d’après Pierre Bottero), illustré par Laurence Baldetti
Glénat dans la collection La quête d’Ewilan
14,95€, 240×320 mm, 67 pages, imprimé en France chez un éditeur éco-responsable, 2013.
Giacomo Foscari, Livre 1 Mercure
de Mari Yamazaki (traduit par Corinne Quentin)
Rue de Sèvres dans la série Giacomo Foscari
12,50€, 153×216 mm, 180 pages, imprimé en France, 2013.
Françoise Dolto, l’heure juste
Scénario de Marie-Pierre Farkas, illustré par Marianne Ratier
Naïve dans la collection Grands destins de Femmes
23,40€, 186×228 mm,120 pages, imprimé en France, 2011.
Dora, l’année suivante à Bobigny
de Minaverry (traduit par Chloé Marquaire)
L’agrume dans la série Dora
18€, 172×240 mm, 144 pages, imprimé en Lettonie, 2013.

A part ça ?

Biscoto Tsoin TsoinPuisqu’on parle BD… on reparle de Biscoto ! Le dernier numéro vient de sortir et c’est un spécial… Tsoin Tsoin ! Biscoto c’est un super journal (le journal plus fort que costaud) dans lequel on trouve des BD, des histoires, des blagues, un poster,… C’est vraiment un OVNI dans la culture jeunesse, le genre qui ose (c’est pas pour rien que Vincent Malone y contribue !). Bref si vous ne connaissez pas Biscoto, il faut absolument le découvrir. Plus d’infos ici.

Gabriel

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