La mare aux mots
Parcourir le tag

Yannick Jaulin

Petites magiciennes

Par 6 juillet 2017 Livres Jeunesse

Aujourd’hui, on rencontre deux petites filles qui ont quelque chose en plus. La première peut maîtriser la météo et la seconde, parler avec les animaux…

Coline ou les couleurs du temps
Texte de Yannick Jaulin, illustré par Benoît Perroud
Marmaille et compagnie
12 €, 240 x 240 mm, 40 pages, imprimé en France, 2017.
Lili et la louve
Texte d’Élise Fontenaille, illustré par Alice Bohl
Grasset Jeunesse
14,90 €, 217 x 292 mm, 32 pages, imprimé en Espagne, 2017.

You Might Also Like

Contes du monde

Par 29 juin 2015 Livres Jeunesse

L'échassier de l'empereurSes parents trouvaient Kogata si laid qu’ils lui faisaient porter un masque de bois pour dissimuler son visage. Forcément, pas facile pour l’enfant de se faire des amis. Il vivait rejeté des autres, seul, avec l’espoir d’entrer un jour dans l’école de samouraïs du seigneur Oyigashi. Son destin bascula le jour où ses parents le chassèrent et qu’il rencontra Gusto et Kaou, deux esprits.
L’échassier de l’empereur est un magnifique conte japonais où l’on parle de la différence, du rejet, du fait que chacun est utile, de croire en son destin. Marie Caudry illustre ce conte plein de sagesse avec de grandes planches pleine page.
Un conte japonais pour se rappeler que beau ou laid, ce n’est pas ce qui fait ce que nous sommes.

La papoteTrois sœurs vivaient sans parents dans une petite maison. Elles étaient pauvres, si pauvres qu’elles n’avaient qu’une robe pour trois. Elles gagnaient leur argent en vendant, tour à tour, des paniers d’osier au marché. Un jour où elles avaient gagné un peu plus d’argent, elles décidèrent d’acheter une seconde robe, mais Mimosa, la plus jeune des sœurs à qui l’on avait confié la course, rapporta une poupée dont on lui avait dit qu’elle faisait des crottes en or.
Yannick Jaulin est un conteur extraordinaire. Il nous raconte ici La papote, un conte vendéen, qui nous rappelle l’histoire de la poule aux œufs d’or. C’est extrêmement poétique tout en étant drôle (forcément une poupée qui fait tantôt des crottes en or tantôt des crottes en caca…). Yannick Jaulin parvient à ne jamais tomber dans le scabreux. C’est Samuel Ribeyron, illustrateur ô combien talentueux qui met en image le conte. Bref, vous l’aurez compris, c’est un régal !
Un conte vendéen raconté par un duo d’exception.

Une maison pour quatreIl y avait Tigre, Éléphant, Serpent et Hibou. Tous les quatre s’entendaient à merveille et avaient décidé de se faire une maison, ils y vivraient ainsi ensemble. Pas besoin de placard (ils n’avaient pas d’habits) ni de salle de bain (rien de tel que la rivière), mais des murs et un toit, tout simplement, leur suffisaient. Chacun s’y est mis et bientôt elle fut construite. Sauf que dès la première nuit…
Autre très grand conteur, Gilles Bizouerne a toujours dans sa besace des contes du monde, celui-ci nous vient d’Afrique. Adaptée aux plus jeunes (dès 3-4 ans d’après l’éditeur), voilà une histoire pleine d’humour qui va séduire les enfants ! Élodie Balandras accompagne à merveille les mots de Gilles Bizouerne pour des illustrations hautes en couleur !
Un joli conte africain sorti dans la collection Paroles de conteurs, collection qui ne nous déçoit jamais !

Les rois malhonnêtes« Ce que tu fais, c’est à toi que tu le fais », voilà ce qu’avait dit un mendiant à un roi qui lui donnait une pièce. Une fois, puis une seconde fois. Le roi, ça l’avait rendu fou de colère. Il ne voulait pas de cette maxime qu’il ne comprenait pas, pourquoi le mendiant ne disait-il tout simplement pas merci ?
Un homme qui n’avait plus de bœufs pour labourer son champ l’avait loué à son voisin. Le jour où celui-ci trouva une marmite pleine d’or dans la terre, il voulut la rendre au propriétaire du champ, c’était bien à lui qu’elle revenait, le champ lui appartenait ! Seulement, voilà, celui-ci la refusait en disant que c’était grâce au travail du voisin que la marmite avait été trouvée. Ils décidèrent d’aller voir le roi pour savoir quoi faire. Mais le roi était cupide…
Les rois malhonnêtes réuni deux contes arméniens superbement illustrés par le talentueux Sébastien Pelon. Tout comme pour L’échassier de l’empereur (sorti d’ailleurs dans la même collection), la grande taille de l’album et les illustrations pleine page mettent particulièrement en valeur de travail de l’illustrateur.
Deux contes arméniens magnifiquement illustrés.

Le singe et le crocodileUn singe extrêmement gourmand n’avait plus de noix de coco sur son arbre. Un crocodile lui proposa de lui faire traverser le fleuve, de l’autre côté il en restait plein ! Le singe, qui ne savait pas nager accepta avec plaisir. Seulement à mi-parcours le crocodile jeta le singe à l’eau pour le manger…
On termine par un conte africain illustré par Jess Pauwels et sorti dans les classiques du Père Castor (donc à petit prix). Un conte plein de malice, de suspense et d’humour. Le crocodile n’aura peut-être pas le dernier mot, le singe a peut-être plus d’un tour dans son sac !
Un conte africain, joliment illustré, pour se souvenir qu’il ne faut pas toujours écouter les inconnus.

Quelques pas de plus…
Nous avons déjà chroniqués des ouvrages de Marie Caudry (Le pain perdu du Petit Poucet et Le dragon du vent), de Yannick Jaulin (La Cheneuille et Le tracteur aux dromadaires), de Samuel Ribeyron (La moufle, Yllavu, Ce n’est pas très compliqué, Les plus belles chansons anglaises et américaines, 38 perroquets, Le grand papa et sa toute petite fille, Super Beige, Super Beige, le retour, Beau voyage, Yllavu, Pi, Po, Pierrot et Salade de fruit. Et aussi les films Et 10,11,12 Pougne le Hérisson, L’hiver de Léon, Le printemps de Mélie et L’été de Boniface), de Gilles Bizouerne (Le jour où Loup Gris est devenu bleu, La bonne humeur de Loup Gris et Les histoires des musiciens de Brême racontées dans le monde), d’Élodie Balandras (La soupe aux épices), de Sébastien Pelon (Les fabuleuses aventures de Sinbad le marin, Robin des bois et Contes d’Afrique), d’Anne Fronsacq (Trotte souris) et de Jess Pauwels (H.E.N.R.I. a les oreilles qui bougent et H.E.N.R.I. a onze doigts). Retrouvez aussi nos interview de Samuel Ribeyron et de Sébastien Pelon.

L’échassier de l’empereur
Raconté par Maud Michel, illustré par Marie Caudry
Magnard Jeunesse dans la collection Contes et classiques du Monde
16,90 €, 280×320 mm, 48 pages, imprimé en France chez un imprimeur éco-responsable, 2015.
La papote
Texte de Yannick Jaulin, illustré par Samuel Ribeyron
Didier Jeunesse
12,50 €, 234×250 mm, 32 pages, imprimé en France chez un imprimeur éco-responsable, 2015.
Une maison pour quatre
Raconté par Gilles Bizouerne, illustré par Élodie Balandras
Syros dans la collection Paroles de conteurs
12,90 €, 205×320 mm, 30 pages, imprimé en France, 2015.
Les rois malhonnêtes
Texte de Reine Cioulachtjian, illustré par Sébastien Pelon
Magnard Jeunesse dans la collection Contes et classiques de Monde
16,90 €, 280×320 mm, 40 pages, imprimé en France chez un imprimeur éco-responsable, 2015.
Le singe et le crocodile
Raconté par Anne Fronsacq, illustré par Jess Pauwels
Père Castor dans la collection Les classiques du Père Castor
4,75 €, 210×180 mm, 24 pages, imprimé en France, 2015.


Gabriel

You Might Also Like

Ouh les amoureux !

Par 1 mai 2014 Livres Jeunesse

Et si l’on parlait d’amour ?

La princesse OptipoisIl était une fois une princesse qui était obsédée par les petits pois. À chaque repas, les cuisiniers devaient lui servir ce légume. Quand elle jouait, c’était avec des petits pois. En guise de bonbon, elle mangeait des petits pois. Ses vêtements, forcément, étaient à pois. Il est donc aisé de comprendre pourquoi on la surnommait la Princesse Optipois ! Quand elle fut en âge de se marier, ses parents lui présentèrent toutes sortes de princes, mais à tous elle trouvait un défaut. Jusqu’au jour où…

Je ne vous révèle pas la chute de ce très joli conte plein d’humour, mais elle est savoureuse ! Notre princesse Optipois va trouver l’amour. Un bien joli texte signé Orianne Lallemand magnifiquement illustré par Peggy Nille. Ses illustrations sont colorées, pleines de vie. Un petit livre (à prix mini) qui nous conte une histoire originale avec en prime de très belles illustrations.
Le même vu par À l’ombre du saule.

La CheneuilleUn mille-pattes était si vieux qu’il n’avait plus aucune patte d’origine. On savait qu’il arrivait au bruit qu’il faisait, Berdic ! Berdac ! Un jour, il rencontra la plus belle cheneuille de tout le pays, il en tomba fou amoureux. Notre mille-pattes promit à sa belle de s’occuper de tout, elle n’aurait plus besoin de ne rien faire, ses repas lui seraient servis. La cheneuille en était rouge d’émotion. Ces deux-là passaient leur temps à se bisouiller, et faisaient même des envieux. Sauf que la cheneuille a fini par s’ennuyer à ne rien faire de la journée… Elle est devenue triste… Elle est tombée malade… Son amoureux transi a fait venir tous les médecins du coin, mais aucun n’était capable de la guérir… Et un jour…

Je ne vous raconte pas la fin de ce très beau conte de Yannick Jaulin (un grand conteur). Notre pauvre mille-pattes va apprendre qu’on ne doit pas trop emprisonner son amour sinon il finit par nous échapper (cela dit, c’est ma version de l’histoire, mais vous y verrez peut-être toute autre chose ! C’est le genre de conte si bien fait que chacun y trouve quelque chose de différent). C’est rare, finalement, de trouver des histoires complètement originales en littérature jeunesse, à ma connaissance, celle-ci ne ressemble à rien d’autre ! Au niveau des illustrations, c’est Toni Demuro qui a mis en image le très beau conte de Yannick Jaulin et il a fait un très beau travail (vous pouvez découvrir plusieurs planches sur le blog de Rêves Bleus). Parfois, l’amour n’est pas si simple…

La jeune fille habillée en garçonDans un petit village d’Afrique du Nord, deux hommes étaient liés par une forte amitié, si forte qu’elle faisait l’admiration de tous, si forte qu’ils s’étaient mariés le même jour et le jour de leur mariage ils s’étaient dit que s’ils avaient l’un un fils et l’autre une fille ils les marieraient. Sauf que ces deux-là se sont fâchés… et quand l’un eut un fils, l’autre prétendit que son enfant était un garçon également. Les enfants ont grandi… et même si les parents faisaient tout pour que ça n’arrive pas, ils étaient devenus inséparables, et plus encore…

Muriel Bloch, encore une conteuse, nous raconte ce très beau conte kabyle dans lequel un garçon tombe amoureux d’un garçon (mais rassurez-vous, c’est en découvrant que le garçon est bel et bien une fille qu’ils auront le droit de s’aimer !). Encore un petit conte sorti dans la collection Il était une (mini) fois, dont je vous ai déjà parlé à plusieurs reprises. Une super collection de petits contes, à prix tout doux, éditée par Didier Jeunesse. Encore un très beau titre, donc, dans cette collection à posséder absolument !

Chut, Lapingouin est amoureuxIl y a une nouvelle dans la classe de Lapingouin, elle s’appelle Chabeille. Lapingouin refuse de jouer avec elle, il rougit quand on lui parle d’elle, il est arrogant quand elle est là et sort même des phrases blessantes… mais qu’est-ce qui arrive à Lapingouin ?

On vous a déjà parlé plusieurs fois de ce petit personnage mi-pingouin mi-lapin et de ses amis qui sont tous des mélanges d’animaux. Une collection de livres qui jouent avec les mots tant sur le nom des personnages (Zébrillule, Chérisson, Tortuchon…) que sur les actions ou les objets (balloin, abeilloner, animathopées…). Illustrée par de jolis dessins pastels, Chut, Lapingouin est amoureux… est donc une histoire sur le fait de devenir méchant parce qu’on est gêné d’avoir des sentiments amoureux pour quelqu’un. Une histoire mignonne pour ceux qui aiment jouer avec les mots.

Quelques pas de plus…
Nous avons déjà chroniqués des ouvrages d’Orianne Lallemand (Le loup qui changeait de couleurLe loup qui fêtait son anniversaire, Sur les remparts de Saint-MaloLe loup qui n’aimait pas NoëlLes chaussettes de GaspardAu secours ! Un ogre gloutonP’tit loup rentre à l’écoleAu secours ! Une sorcière au nez crochuAu secours ! Un loup tout poilu et Pestouille et Jolicoeur), Peggy Nille (Le petit oiseau au grain de blé, Le voleur de lune, Le Petit Chaperon Rouge, Les amoureux du ciel, Le nom du diable et Contes d’un autre genre), Yannick Jaulin (Le tracteur aux dromadaires), Muriel Bloch (Le premier amour de grand corbeau, Le vieux Cric CracPetites sagesses du soir et Le Schmat doudou) et de Carole-Anne Boisseau, Galaxie Vujanic et Masami Mizusawa (En attendant Noël…, Raconte-moi quand j’étais né…, Aujourd’hui y’a école ? et Même pas peur des monstres).

La Princesse Optipois
Texte d’Orianne Lallemand, illustré par Peggy Nille
Lito dans la collection La minute papillon
3,90 €, 150×190 mm, 22 pages, imprimé en UE, 2012.
La Cheneuille
Texte de Yannick Jaulin, illustré par Toni Demuro
Rêves Bleus dans la collection Des livres d’enfants pour les grands
10 €, 145×210 mm, 34 pages, imprimé en Europe chez un imprimeur éco-responsable, 2014.
La jeune fille habillée en garçon
Texte de Muriel Bloch
Didier Jeunesse dans la collection Il était une (mini) fois
3 €, 115×165 mm, 26 pages, imprimé en France chez un imprimeur éco-responsable, 2014.
Chut, Lapingouin est amoureux
Texte de Carole-Anne Boisseau et Galaxie Vujanic, illustré par Masami Mizusawa
HC éditions dans la collection Lapingouin
12,50 €, 266×218 mm, 29 pages, imprimé en Espagne, 2013.

À part ça ?

Comme tous les mois, nous vous donnons aujourd’hui nos coups de cœur du mois dernier. En avril, c’était donc, pour Marianne : Coucou, le grand cache-cache des animaux, d’Édouard Manceau (Tourbillon), Pile-poil pour deux de Tracey Corderoy et Rosalind Beardshaw (Gallimard Jeunesse) et Fabuleuses histoires de géants de Gérard Pourret et Nancy Ribard (Mouk Editions). Et pour moi : Raja de Carl Norac et Aurélia Fronty (Didier Jeunesse), L’orphelin d’Anouk Grinberg (Cèdre Lune) et Contes d’un roi pas si sage de Ghislaine Roman et Clémence Pollet (Seuil Jeunesse).
Retrouvez nos coups de cœur des mois précédents sur le blog, sur Facebook (ici pour les albums et pour les romans) et sur Pinterest (ici pour les albums et pour les romans).

Gabriel

You Might Also Like

Parler de la mort…

Par 31 octobre 2013 Livres Jeunesse

Comme régulièrement voici une petite sélection de livres sur la mort. Parce que c’est un sujet tellement délicat qu’on est toujours content de trouver des livres jeunesse qui parlent de ce moment difficile que vont connaître certains enfants.

J'ai laissé mon âme au ventUn grand-père s’adresse à son petit-fils. Il lui conseille de ne pas s’inquiéter pour le jardin, le voisin s’en occupera. Il lui dit que les nuages seront toujours là pour l’abriter du soleil, qu’il y aura encore des sourires, des gourmandises (et qu’il faudra croquer dedans), lui… il a laissé son âme au vent.

Je commence par un coup de cœur, le magnifique J’ai laissé mon âme au vent de Roxane Marie Galliez et d’Éric Puybaret, véritable merveille de poésie. Ici, on dit que la vie continue, qu’il FAUT qu’elle continue malgré la tristesse. Le grand-père dit à son petit-fils qu’il est toujours là, quelque part et qu’il ne faut pas l’oublier. Mais quand il pense à lui il faut que ce soit en pensant à ses facéties, qu’il ne soit pas triste. Le texte est extrêmement bien écrit et les grandes illustrations d’Éric Puybaret les accompagnent à merveille. C’est assez rare un texte dont le narrateur est déjà mort. C’est souvent une personne âgée qui parle de l’après, là on y est… J’ai rarement été aussi ému par un album, un petit bijou.
Écoutez un extrait du texte sur le site de l’auteur.
Le même vu par Sous le feuillage et Enfantipages.

L'étoile de Grand'Pa Petit Ours entend ses parents parler, il perçoit des mots « Grand’ Pa », « lui dire », « demain »… Il sait très bien de quoi ils parlent, demain il ira voir son grand-père comme chaque été. Le lendemain, il se lève tout heureux, il a hâte d’y être. Sur le chemin, il imagine déjà tout ce qu’ils vont faire ensemble, il se remémore l’année dernière, il a hâte de lui montrer ce qu’il arrive à faire maintenant et qu’il ne savait pas faire avant. Son père, lui, est triste, il veut dire quelque chose à Petit Ours, mais n’y arrive pas. Quand ils arrivent chez Grand’ Pa ils ne l’y trouvent pas et ‘Pa trouve enfin la force de parler à son fils…

C’est une histoire sur la difficulté d’annoncer la mort aux enfants que nous raconte Jean-Marie Robillard. Que c’est difficile d’annoncer à un enfant qui se réjouit de revoir son grand-père que plus jamais il ne le reverra, mais qu’il est là toujours, en lui. Petit Ours se souviendra que son grand-père lui a dit que lorsqu’un ours meurt, un aigle vient cueillir sa dernière étincelle de vie et l’emporte dans le ciel, c’est ce qui fait les étoiles. Petit Ours saura ainsi que son grand-père veille sur lui. Xu Hualing  a fait un très beau travail sur cet album et certaines illustrations sont absolument merveilleuses. Elles sont bien mises en valeur par la taille de l’album et couvrent parfois des doubles pages. Un bien bel album sur ceux qui ne sont plus là, mais veillent encore sur nous.
Plusieurs planches du livres sur le site de l’illustratrice.

une chanson pour l'oiseauIl n’était pas mort depuis longtemps quand les enfants ont trouvé cet oiseau. Il était encore tiède, mais très vite il est devenu raide et froid. Alors, très tristes, ils décidèrent de l’enterrer. Ils ont creusé un trou dans la terre pour lui, ont mis une pierre sur laquelle ils ont écrit “Ici repose un oiseau qui est mort” et ils sont retournés jouer.

La collection Cligne cligne, chez Didier Jeunesse, ressort des petits trésors anciens de la littérature jeunesse, comme ce Une chanson pour l’oiseau sorti en 1958 aux États-Unis (et jamais sorti en France). Avec beaucoup de justesse et de poésie, Margaret Wise Brown et Remy Charlip nous montrent  les réactions des enfants face à la mort. C’est toujours la vie qui reprend le dessus, la tristesse est vite oubliée pour retourner jouer. C’est un petit album au format à l’italienne dont les doubles pages textes alternent avec les doubles pages illustrations. Un magnifique ouvrage sur l’enfance et son rapport à la mort.
Des extraits sur le site de Didier Jeunesse.
Le même vu par Fantasia, Les lectures de Kik et Les lectures de Liyah.

Le tracteur aux dromadairesC’est en patois que lui parlait son grand-père. Raphaël était très proche de ce vieux monsieur qui adorait son tracteur et qui se désolait de la désertification de la campagne. Le vieil homme se souvenait d’un voyage dans le Sahara, il repensait aux gens qui y vivent. Un soir, il prit une décision, après sa mort il voulait que son tracteur soit envoyé là-bas, il se disait qu’il aurait beaucoup plus d’utilité pour ces gens. Bien sûr, on l’avait écouté comme on écoute parfois (malheureusement) les paroles des vieux, se disant que ce ne sont que des délires séniles. Son petit-fils, lui, l’avait vraiment entendu.

J’avais eu la chance de voir il y a quelques années Yannick Jaulin sur scène (malheureusement trop brièvement). Très célèbre dans la région nantaise, sa popularité gagne de plus en plus le reste de la France… et réputation n’est pas usurpée ! Yannick Jaulin est fabuleux à écouter. Ici, il s’agit de le lire (mais tout en lisant l’histoire je l’imaginais la racontant). Il nous conte donc l’histoire de ce vieil homme plus vraiment écouté (parce qu’il ne parle pas comme ses enfants, parce que ses passions semblent désuètes) et de l’amour de son petit-fils. Alors bien sûr le grand-père va partir (sinon le livre ne serait pas dans une chronique sur la mort) et le petit-fils va tout faire pour honorer la mémoire de celui qu’il a tant aimé. C’est une histoire entre la réalité et le conte, un pied dans le réel (il y a rarement de tracteurs dans les contes) et un autre dans l’imaginaire (un enfant qui part en tracteur jusque dans le Sahara sans qu’on se demande où il trouve l’essence ou comment il traverse la mer). Et même si je n’ai pas du tout été touché par les illustrations (mais c’est une affaire de goût), j’ai trouvé très belle cette histoire sur la transmission, le partage, la mort et les expériences dont on sort grandit.
Des extraits sur le site de Rêves bleus.

Quelques pas de plus…
Nous avons déjà chroniqué des livres de Jean-Marie Robillard (Le messager du clair de lune), Xu Hualing (Manon et la caverne aux brigands) et Margery Williams (Le lapin en peluche).
Retrouvez toutes nos chroniques sur les livres pour enfants parlant de la mort et du deuil sur notre fiche thématique et sur le forum (que vous pouvez compléter !).

J’ai laissé mon âme au vent
Texte de Roxane Marie Galliez, illustré par Éric Puybaret
De la Martinière Jeunesse
14,50€, 251×352 mm, 32 pages, imprimé en Belgique, 2013.
L’étoile de Grand-Pa
Texte de Jean-Marie Robillard, illustré par Xu Hualing
Le buveur d’encre
16€, 300×280 mm, 40 pages, imprimé en Italie, 2011.
Une chanson pour l’oiseau
Texte de Margaret Wise Brown, illustré par Remy Charlip
Didier Jeunesse dans la collection Cligne Cligne
11,90€, 150×210 mm, 42 pages, imprimé en France chez un imprimeur éco-responsable, 2013.
Le tracteur aux dromadaires
Texte de Yannick Jaulin, illustré par Marie-France Goyet
Rêves Bleus
15€, 240×320 mm, 36 pages, imprimé en Europe chez un imprimeur éco-responsable, 2013.


À part ça ?

Paroles au Paradis Lucernaire 2013Puisque dans cette rubrique je parlais de conteur (avec Yannick Jaulin)… en ce moment au Lucernaire (à Paris) dans le cadre du festival Paroles au Paradis, un festival de contes, de très bons conteurs sont programmés. Moi je suis allé voir Zouj de Pierre Delye et Halima Hamdane, c’était absolument magnifique. Il s’agit d’un spectacle pour adultes dans lequel les deux conteurs content chacun à leur tour ou ensemble, en comparant les histoires de « chez eux ». Ils sont vraiment extraordinaires, il faut absolument aller les voir, c’est jusqu’au 9 novembre. Plus d’informations ici et sur le site de Clair de lune.

Gabriel

You Might Also Like

Secured By miniOrange