Des enfants qui s’ennuient, un homme lassé par son quotidien et un ours en cage, aujourd’hui les héros et les héroïnes de nos histoires ne rêvent que d’une chose : s’échapper !
Les inséparables Carl et Elsa jouent dans la maison, sous la surveillance de la mère de Carl qui travaille de chez elle, car l’école est fermée. Les deux ami.e.s ont vite fait le tour des jouets de la maison et commencent à s’ennuyer. La solution s’impose d’elle-même : il faut aller jouer dehors ! Mais attention, dehors on peut croiser un loup qui se transforme en crocodile et se perdre dans la jungle !
Voilà un magnifique album qui rend hommage à l’imagination débordante des enfants. On y parle aussi d’une chose bien plus terre à terre, une situation que beaucoup d’entre nous connaissent bien et qui pourtant est peu traitée dans la littérature jeunesse : les parents qui doivent travailler avec les enfants à la maison (attention, ce n’est pas le thème du livre,
juste un des sujets en arrière-plan). Les grandes planches, riches en détails, sont magnifiques et l’on plonge avec délice dans les mondes inventés par Carl et Elsa. C’est plein de malice, de complicité et de suspense, bref c’est un magnifique album !
Encore un superbe album venu de Suède, ici pour parler de l’imagination des enfants et des grandes aventures que l’on peut vivre dans un jardin quand les parents sont trop occupés.
Finie la vie monotone pour Osvaldo, aujourd’hui il part à l’aventure avec sa valise. Mais ne croyez pas qu’il y a mis ce qu’on y range habituellement, ce sont des rêves qu’elle contient. Des rêves accumulés pendant toutes ces années où Osvaldo était trop débordé pour s’en occuper. Mais transporter des rêves n’est pas une chose facile, surtout quand on est suivi par un monstre qui s’en nourrit…
La valise d’Osvaldo est le genre d’album dont on découvre un peu plus l’histoire à chaque lecture, un album pas évident à première vue, qui ne se laisse pas apprivoiser facilement, mais qu’on aurait tort d’abandonner, car il finit par nous chavirer. On y parle de la monotonie, des rêves et de la générosité, de la différence. Les illustrations d’Alessandra Vitelli sont absolument sublimes
et l’on peut passer du temps sur chaque planche à admirer le très beau travail de l’illustratrice, mais aussi à repérer ce monstre qui se faufile dès le début de l’histoire. La valise d’Osvaldo est sorti dans une maison d’édition belge, que je découvre, Versant Sud, dont le catalogue est des plus prometteurs.
Un beau conte servi par de sublimes illustrations.
Dans une cage d’un zoo, un ours pleurait. Il repensait à sa forêt, à tout ce dont on l’avait privé. Il n’arrivait plus à vivre et les spectateur.trice.s l’invectivaient, car ils n’étaient pas venus pour voir un ours neurasthénique. Mais un jour l’animal repéra un enfant assis sur un banc avec un objet entre les mains. Il semblait heureux. Lorsqu’il fut appelé par ses parents, il remarqua cet ours triste et décida de lui faire cadeau de ce livre, car il s’agissait de ça. L’ours commença à tourner les pages, et c’est ainsi qu’il s’évada…
Un album qui parle du triste quotidien des animaux des zoos et qui rend hommage aux livres ne pouvait que me plaire ! Sans quitter sa cage, l’ours va traverser des mers et des forêts, rire, être surpris, avoir peur… il va surtout retrouver le sourire. Et même s’il restera en prison, grâce à la lecture, son quotidien sera un peu moins triste. On peut voir, bien sûr, à travers l’ours tout un tas de choses, de situations.
Un album fort qui dénonce les zoos et rend hommage à la lecture, un album pour se rappeler qu’« avec un brin d’imagination, on n’est jamais en prison » comme le dit la dernière page.
Carl et Elsa s’échappent![]() ![]() Texte de Jenny Westin Verona (traduit par Marie Valera), illustré par Jesús Verona Cambourakis 14 €, 225×305 mm, 32 pages, imprimé en Lettonie, 2017. |
La valise d’Osvaldo![]() ![]() Texte d’Emma Anticoli Borza, illustré par Alessandra Vitelli Versant Sud dans la collection Les pétoches 14,90 €, 230×285 mm, 40 pages, lieu d’impression non indiqué, 2017. |
C’est l’histoire d’un ours![]() ![]() Texte de Dominique Demers, illustré par Geneviève Després Dominique et compagnie 15,70 €, 260×260 mm, 32 pages, imprimé en Chine, 2016. |

Aimait la littérature jeunesse bien avant d’avoir des enfants mais a attendu d’en avoir pour créer La mare aux mots. Goût particulier pour les livres pas gnangnan à l’humour qui pique !




C’est marrant ce choix d’Osvaldo comme prénom. C’est pas banal et c’est le 2ème album en 6 mois avec ce nom là pour le personnage principal.
Je me suis dit la même chose ! Surtout que c’est le même thème, deux personnages qui veulent s’évader de leur quotidien !
Il y a parfois de drôles de coïncidences. En tout cas s’il est aussi réussi que l’autre ça promet un bon moment de lecture !