Aujourd’hui on fait la connaissance d’un garçon un peu endormi et puis l’on découvre la turbulente et pétillante Adèle…
Ça commence avec Marco. Allongé, assoupi, le petit garçon rêve… Et ces rêves l’emportent loin. Il rêve de mer, d’océan et d’une barque. A l’intérieur de cette barque se trouve un pêcheur. Et ce pêcheur aussi il rêve, de montage et d’un alpiniste… A quoi rêve l’alpiniste ?
À quoi rêve Marco est une formidable déambulation poétique à propos du rêve. L’album de Luca Tortolini et Daniela Tieni est construit comme une ronde, une ritournelle. A chaque page on plonge dans le rêve d’un nouveau personnage : se succèdent Marco,
le pêcheur, l’alpiniste, un ours, le fantôme du chevalier Henri-Louis IV, une souris passionnée de lecture… Et à chaque page, la même question : à quoi rêve le personnage ? Le texte de Luca Tortolini est burlesque, les idées font mouche tandis que les illustrations de Daniela Tieni accompagnent à merveille cette drôle de comptine. Délicates et oniriques elles nous décrivent des univers fantasques et lumineux. Tel un funambule, le.la lecteur.trice est invité.e à sauter d’un rêve à l’autre, et on le fait sans se faire prier !
Un très joli album qui questionne le rêve… Et toi, à quoi tu rêves ?
Adèle est une drôle de fille, un peu zinzin disent ses voisins… Elle chante tout le temps (mais un peu faux), elle a des vêtements improbables et des chapeaux rigolos en forme d’animaux. Elle aime mettre des couleurs dans sa vie au propre comme au figuré. Bref, Adèle ne fait rien comme tout le monde et ça, ça ne plait pas… Car les braves gens n’aiment pas que l’on suive une autre route qu’eux…
Quel joli album qu’Adèle ! Encore une fois, bravo maison Eliza ! Bérengère Mariller questionne ici les notions de marginalité et de norme dans nos sociétés. Décrite par un petit narrateur on découvre cette jeune femme qui refuse de se plier aux règles barbantes du monde des adultes et décide de vivre comme elle l’entend : en chantant, en dansant, en ne s’habillant pas comme tout le monde, en s’intéressant aux marginaux, aux « à côtés ». Adèle fait partie de ces « gens qui trop écoutent leur cœur se balancer » pour reprendre la très belle chanson d’Anne Sylvestre, Les gens qui doutent. Adèle est une fée du quotidien qui pense que l’aventure est au bout de son jardin et que si l’on doit s’habiller, se coiffer et vivre comme tout le monde la vie ne vaut pas d’être vécue. Les illustrations poétiques et vives
réhaussent cette belle histoire, on suit avec plaisir cette drôle d’Adèle dans son quotidien et les regards des autres sur elle… La chute, très chouette, nous fait prendre conscience de l’importance de vivre sa vie telle qu’on l’entend, de la réinventer quotidiennement et de ne pas succomber aux sirènes de la « norme » ! Bref, les enfants, ne perdez ni votre âme ni votre originalité !
Un très joli album sur l’invention du quotidien !
À quoi rêve Marco ?![]() Texte de Luca Tortolini, illustré par Daniela Tieni Le Rouergue 12,50 €, 175×217 mm, 24 pages, imprimé au Portugal, 2017. |
Adèle ![]() ![]() de Bérengère Mariller Maison Eliza 14,90 €, 204×287 mm, 32 pages, imprimé en Italie, 2017. |

Née au début des années 90s, tour à tour professeure, amoureuse de la vie, de la littérature, de la musique, des paysages (bourguignons de son enfance, mais pas que…), des films d’Agnès Varda, des vers de Cécile Coulon et des bulles de Brétecher. Elle a fait siens ces mots de Victor Hugo “Ceux qui vivent ce sont ceux qui luttent”.



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