Aujourd’hui, deux histoires pleines de surprises ! La première dépoussière sérieusement le conte de Cendrillon, et la seconde nous présente une mystérieuse petite bête tapie au fond d’une grotte.
« Il était une fois une pauvre jeune fille qui vivait avec son exécrable belle -mère et ses encore plus exécrables belles-sœurs. Elle passait ses journées à faire le ménage pendant que ces dames prenaient le thé et s’empiffraient de petits gâteaux… ». Jusque-là, cette histoire vous dit probablement quelque chose, mais la suite risque de vous étonner ! Car pour cette Cendrillon-là, rien ne va vraiment se passer comme prévu : le jour du bal, la jeune fille qui n’a rien à se mettre appelle une fée marraine dont elle a trouvé le numéro dans un magazine. Mais comme on le sait les pubs sont souvent trompeuses, et de la robe (hideuse) aux chaussures (velues) en passant par le carrosse (un navet), tout n’est qu’une longue succession de déceptions. Et alors que Cendrillon arrive au (minable) château, sa rencontre avec le prince ne fait qu’accroître sa perplexité : car il faut se rendre à l’évidence, son mystérieux cavalier a une haleine de chacal ! Fort heureusement, la jeune fille va vite découvrir qu’elle peut être tout autre chose qu’une demoiselle en détresse.
Une Cendrillon aux Éditions Talents Hauts, ça décoiffe forcément ! Après Blanche-Neige et les 77 nains (chroniqué ici), Davide Cali revisite ce conte bien connu et donne à la princesse des opportunités bien plus variées que dans la version traditionnelle. Le texte, très astucieux, reprend les éléments habituels pour mieux s’en moquer et les détourner. C’est drôle, complètement irrévérencieux et vraiment savoureux ! Enfin les illustrations de Raphaëlle Barbanègre ne sont pas en reste : modernes, colorées et bourrées de détails amusants, ces dernières achèvent de donner à cette Cendrillon 2.0 un sérieux coup de jeune !
Dans la forêt habite une petite bête qui vit tapie au fond de sa grotte. Cette dernière, dont on ne voit que les deux yeux inquiets brillant dans le noir, ne quitte jamais son trou. En embuscade à l’entrée de la grotte, le loup, lui, aimerait bien qu’elle sorte, parce qu’il commence à avoir un peu faim… Et il a beau lui proposer toutes sortes d’activités plus passionnantes les unes que les autres (grimper aux arbres, jouer au ballon ou cueillir des fleurs), rien n’y fait, la petite bête ne bouge pas d’un poil… Mais quand elle aussi commence à avoir faim, un délicieux donut aux vermicelles pourrait bien avoir raison de sa timidité…
Attention, la grosse bête de cette histoire n’est pas celle que l’on croit ! Voilà un album assez classique mais plutôt réussi. La chute, que les plus grands auront peut-être vue venir mais qui surprendra sûrement les plus jeunes, est assez savoureuse, et le retournement de situation final est parfaitement efficace ! Quant aux illustrations, elles regorgent de détails rigolos aux airs de cartoon (des pièges machiavéliques du loup à ses mésaventures en tout genre) qui apportent un supplément de charme indéniable à cette drôle d’histoire.
Un album simple et réussi aussi charmant pour les petits que pour les grands.
Cendrillon et la pantoufle velue![]() ![]() Texte de Davide Cali, illustré par Raphaëlle Barbanègre Talents Hauts 15 €, 250×250 mm, 32 pages, imprimé en République tchèque, 2017. |
Gros loup et la petite bête![]() ![]() de Rob Hodgson Belin Jeunesse 12,90 €, 240×280 mm, 32 pages, imprimé en Chine, 2017. |
Aime les crêpes et les animaux rigolos.


