Aujourd’hui on fait la connaissance de deux héroïnes courageuses et intrépides : Jolanda et Calpurnia. Deux héroïnes qui vont devoir faire face à des drames : la Première guerre mondiale pour l’une et la société patriarcale pour l’autre…
1914. La famille de Jolanda partie vivre en Autriche pour travailler est contrainte de retourner au pays (en Italie). Les deux nations sont désormais ennemies, le père et les frères de Jolanda sont envoyés au front. Jolanda reste seule, avec sa mère, sa petite sœur, ses amies et son ânesse Modestine. Si les conditions de vie des soldats au front sont difficiles, celles des personnes restées à l’arrière le sont tout autant. Notre héroïne va devoir faire face aux bombardements, aux accusations de pacte avec l’ennemi, et à un secret de famille…
Hors Champ est un superbe roman. On suit la vie de Jolanda et de sa famille durant les quatre années du conflit (avec certaines ellipses temporelles). Chaque chapitre s’ouvre sur une photo résolument vide, comme pour démontrer que ce qui a de l’intérêt se situe souvent à côté de l’image officielle… en hors champ. Chiara Carminati nous propose un roman initiatique passionnant, à la limite du documentaire et de la fiction : on découvre les conditions de vie de ces femmes restées à l’arrière, luttant pour leur survie, devant se méfier de n’importe quel soldat… et en attente des nouvelles de leur famille. Outre l’aspect historique, l’autrice nous offre une véritable œuvre romanesque : on rit, on pleure, on tressaille… On suit Jolanda sur les traces d’un secret de famille à travers l’Italie en guerre et son évolution en tant que jeune femme résolument moderne.
Un très beau roman d’émancipation sur fond de Première guerre mondiale !
1900. Calpurnia a 13 ans et une véritable passion pour la botanique, la nature, la faune et la flore. Avec son grand-père et son frère, elle parcourt les limites de son comté de Caldwell à la recherche d’une plante exotique ou d’un animal en piteux état (la passion de Travis, son cadet). Notre jeune héroïne semble mener une vie paisible… Oui mais voilà, un ouragan détruit la côte du Texas, contraignant la cousine de Calpurnia et un mystérieux docteur qui soigne les animaux à venir vivre sur ses terres… En plus de ça, Calpurnia doit se battre contre les projets de sa famille à son encontre… Vraiment, ce n’est pas facile d’être une jeune fille de 13 ans qui rêve de travailler et de faire des études au début du XXe siècle…
Deuxième tome de la magistrale saga de Jacqueline Kelly, Calpurnia et Travis reste totalement dans le ton du premier volume (d’ailleurs, vous n’avez pas vraiment besoin de lire le premier pour comprendre le second). On plonge avec passion dans cette fresque romanesque qui nous décrit l’émancipation d’une jeune fille refusant de se plier aux règles d’une société encore patriarcale et décidant de devenir maîtresse de son propre destin ! L’intrigue est bien construite et il est vraiment difficile de poser ce gros volume ! Les personnages sont denses, fournis et attachants (notamment le petit frère Travis qui a le chic pour s’attacher aux animaux en un claquement de doigts… notamment quand ils sont moches, qu’ils sentent mauvais et qu’ils sont mal en point. Les dialogues entre les deux protagonistes sont parfois hilarants.) Jacqueline Kelly signe ici un ouvrage remarquable, féministe et irrésistible ! Je ne saurais que trop vous le recommander !
Un ouvrage coup de cœur, passionnant qui raconte le combat d’une jeune femme pour son émancipation au début du XXe siècle… Sujet encore d’actualité !
Hors-Champ![]() de Chiara Carminati (traduit par Bernard Friot) La joie de lire 14,50 €, 143×211 mm, 172 pages, imprimé en Europe, 2017. |
Calpurnia et Travis![]() de Jacqueline Kelly (traduit par Dominique Kugler) L’école des loisirs 18,50 €, 149×218 mm, 366 pages, imprimé en France, 2017. |

Née au début des années 90s, tour à tour professeure, amoureuse de la vie, de la littérature, de la musique, des paysages (bourguignons de son enfance, mais pas que…), des films d’Agnès Varda, des vers de Cécile Coulon et des bulles de Brétecher. Elle a fait siens ces mots de Victor Hugo “Ceux qui vivent ce sont ceux qui luttent”.

