Aujourd’hui, on remonte dans le temps grâce à deux formidables romans historiques : celle qui sentait venir l’orage d’Yves Grevet et Il faut sauver la reine de Carl Aderhold et Michèle Lancina. Deux romans qui mettent en scène des héroïnes aussi intrépides que courageuses et qui questionnent le genre, chacun à leur manière…
1897. Frida est contrainte de fuir son village natal après la pendaison de ses parents, accusés d’assassinats. Après un court séjour chez les parents d’une amie, notre héroïne est recueillie à Bologne par le mystérieux docteur Grubel qui s’intéresse étrangement à son cas. Bienveillance réelle ou curiosité malsaine ?
Très vite, les doutes de Frida sont confirmés et la jeune fille va devoir se battre contre une armée de scientifiques, des malfrats sans cœur, et des croyances populaires bien ancrées pour faire triompher la vérité et réhabiliter ses parents.
C’est un trépidant roman d’aventures, mêlant enquête policière et récit historique que nous propose Yves Grevet. Avec Celle qui sentait venir l’orage, l’auteur nous fait revivre la folie scientifique de cette fin de siècle, apogée de la méthode de la physiognomonie fondée sur l’idée que l’apparence physique permet de déterminer le caractère de la personne, et dont les criminologues vont s’emparer pour tenter de démontrer que la criminalité est héréditaire et visible physiquement. Dans ce contexte, l’avenir de notre héroïne est incertain… Mais c’est sans compter sur la volonté de fer et la soif inébranlable de vérité et de justice qui l’habitent.
Un beau roman sur le combat face à l’oppression, la différence et l’amitié, plein de rebondissements, de suspens, d’alliances défaites et de trahisons qui vous captivera jusqu’à la dernière page !
Héloïse de Saint Phalle est une adolescente comme toutes les autres… ou presque. Elle est intrépide, n’a pas froid aux yeux et rêve d’aventures. Seulement voilà, nous sommes en 1792, trois ans après le début de la Révolution française, Héloïse de Saint Phalle est noble, et doit fuir la France, sans quoi elle sera emprisonnée ! Si ses parents réussissent à rejoindre l’Angleterre, ce n’est ni son cas ni celui de sa gouvernante… Les deux femmes sont contraintes de rester en France à leurs risques et périls. Déguisement, mensonge, fausse identité, Héloïse est prête à tout pour tromper les républicains, même le jeune Brutus, treize ans, aussi intrépide et courageux que notre héroïne et qui en pince un peu pour elle…
Après un éprouvant voyage, nos deux comparses rejoignent Madame de Vauséjour à Paris, la marraine d’Héloïse, dans son hôtel particulier, où se trame un complot pour sauver Marie-Antoinette…
Véritable roman historique, Il faut sauver la reine nous plonge dans la France révolutionnaire de 1792. On y croise Madame Campan, Marie-Antoinette, des espions anglais, des révolutionnaires coriaces et d’autres qu’il est facile d’entourlouper !
On suit les tribulations de notre jeune noble et de son comparse Brutus avec plaisir, et l’on attend avec impatience le tome 2 des aventures d’Héloïse de Saint Phalle !
Celle qui sentait venir l’orage ![]() d’Yves Grevet Syros 16,90 €, 151 x 221 mm, 391 pages, imprimé en France, 2015. |
Il faut sauver la reine![]() de Carl Aderhold et Michèle Lancina Leduc.s Editions dans la collection Zethel Jeunesse 14,90 €, 135 x 210 mm, 320 pages, imprimé en France, 2016. |

Née au début des années 90s, tour à tour professeure, amoureuse de la vie, de la littérature, de la musique, des paysages (bourguignons de son enfance, mais pas que…), des films d’Agnès Varda, des vers de Cécile Coulon et des bulles de Brétecher. Elle a fait siens ces mots de Victor Hugo “Ceux qui vivent ce sont ceux qui luttent”.

