Aujourd’hui, je vous propose quatre très belles BD, toutes dans des styles différents.
Fantasio a été embauché comme groom au Pacific Palace, grâce à son ami Spirou. Un homme important va bientôt séjourner là, l’hôtel a donc été vidé, et il fallait des employés sérieux et corvéables à merci pour accueillir cet hôte prestigieux… mais controversé. Fantasio, par ailleurs journaliste, n’était peut-être pas le choix le plus judicieux…
Christian Durieux propose son Spirou à lui dans ce grand et bel album, Pacific Palace. Ce qui frappe en premier lieu, c’est la beauté des illustrations. Les planches sont somptueuses, les couleurs éclatantes. Côté scénario, l’auteur nous scotche totalement avec ce thriller politique. Difficile de lâcher l’album avant de l’avoir terminé. Il est donc question ici d’un dictateur de passage en France, des tractations (pas très glorieuses) qui se jouent en coulisse… mais il est aussi question de rencontres amoureuses ! C’est un album aussi beau que passionnant qui plaira autant aux jeunes ados qu’aux adultes.
Avant de devenir l’auteur à succès et de nous régaler avec ses chroniques birmanes, de Jérusalem ou encore de sa vie de (mauvais) père, Guy Delisle a travaillé dans une usine plusieurs étés, afin de gagner un peu d’argent. Là, il retrouvait chaque été des gens qui travaillaient à l’année, mais aussi d’autres qui, comment lui, ne faisaient que la saison estivale. C’est également là qu’il croisait son père qui travaillait au même endroit, et qu’il le voyait sous une autre facette.
Voilà encore une BD passionnante signée Guy Delisle qui, cette fois, nous raconte une partie de sa jeunesse, le temps de trois étés dans une usine du Québec. Toutes celles et tous ceux qui ont connu ce genre d’expérience reconnaîtront des moments qu’ils et elles ont vécus. Comme toujours, l’auteur nous passionne avec des petits riens, des scènes du quotidien, des gens que l’on croise sans connaître leur vie. Ici, il parle aussi de la relation (pas si simple) avec son père. C’est extrêmement tendre, drôle, bourré de bons moments… La BD est plutôt destinée à un public ado-adultes, même s’il n’y a rien qui pourra choquer les jeunes lecteurs et lectrices (mais ils et elles risquent juste de s’ennuyer).
Esther a maintenant 14 ans (enfin bientôt, car comme à chaque fois Esther fête son anniversaire au cours de l’album), elle est en quatrième dans un collège de bourges à Paris (mais elle n’en est pas une, elle le jure). Elle regarde avec curiosité les troisièmes se mettre en couple (alors qu’aucun quatrième ne l’est !), adopte un chat, entend parler des gilets jaunes et de la mort de Charles Aznavour, apprend le floss, assiste à l’incendie de Notre-Dame et va même à une expo Riad Sattouf où elle est prise à partie pour donner son avis sur le personnage inspiré d’elle-même ! Bref, la vie quoi.
Cinquième tome des aventures d’Esther, que l’on voit grandir depuis quelques années, et on n’éprouve aucune lassitude devant ses histoires d’ados, ses énervements, ses emportements, ses gros mots toutes les trois phrases… Esther est une jeune d’aujourd’hui, terriblement bien croquée par Riad Sattouf. Une jeune d’aujourd’hui qui vit les histoires que vivent les ados d’aujourd’hui, qui parle comme les ados d’aujourd’hui (que ça nous plaise ou non)… Bref voilà une BD qui sonne juste, qui reflète notre époque… Et ça fait du bien ! Alors bien sûr c’est extrêmement drôle, mais pas seulement…
Dans une petite maison perdue dans la campagne norvégienne, la voix de Peer Gynt résonne. Il s’emporte face à sa mère qui ne le croit pas quand il raconte ce qu’il vient de lui arriver… il faut dire que le jeune homme a l’imaginaire bien développé et qu’il lui arrive bien souvent de mentir… quand il ne fait pas des bêtises plus grosses…
Mais quelle beauté que les planches d’Antoine Carrion ! Les décors qu’il dessine sont absolument incroyables, d’une beauté à couper le souffle. Les dessins sont en noir et blanc, mais ici le noir est particulièrement profond et le blanc extrêmement lumineux. Le choix de garder le texte d’origine (Peer Gynt est une pièce de théâtre du XIXe siècle) est particulièrement audacieux et pourra rebuter les plus jeunes, mais le travail de l’illustrateur est tellement extraordinaire qu’on est forcément happé par l’album. Un second tome arrive bientôt, on a hâte de retrouver ce fougueux personnage !
Pacific palace![]() ![]() de Christian Durieux Dupuis 16,50 €, 240×320 mm, 80 pages, imprimé en Belgique chez un imprimeur éco-responsable, 2020. Achetez ce livre* via LesLibraires.fr, LaLibrairie.com ou Place des libraires. |
Chroniques de jeunesse![]() de Guy Delisle Delcourt, dans la collection Shampooing 15,50 €, 166×230 mm, 136 pages, imprimé en France, 2020. Achetez ce livre* via LesLibraires.fr, LaLibrairie.com ou Place des libraires. |
Les cahiers d’Esther – Histoire de mes 14 ans![]() de Riad Sattouf Allary 16,90 €, 248×309 mm, 56 pages, imprimé en France, 2020. Achetez ce livre* via LesLibraires.fr, LaLibrairie.com ou Place des libraires. |
Peer Gynt![]() d’Antoine Carrion, d’après la pièce d’Henrik Ibsen Soleil, dans la collection Métamorphose 17,95 €, 228×325 mm, 95 pages, imprimé en Belgique, 2020. Achetez ce livre* via LesLibraires.fr, LaLibrairie.com ou Place des libraires. |

Aimait la littérature jeunesse bien avant d’avoir des enfants mais a attendu d’en avoir pour créer La mare aux mots. Goût particulier pour les livres pas gnangnan à l’humour qui pique !





